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08 juin 2014

Politiquement correct ?

Le prochain numéro de Causeur est dédié au « politiquement correct ». Dans le Figaro, je suis tombé sur une interview de la taulière, Elisabeth Levy. Vous me direz que j’ai de drôles de lectures pour un type de gauche mais il n’y a qu’en lisant les machins réacs qu’on peut réussir à comprendre comment le Front National arrive à 25% à des élections.

Je vous invite à le lire et à exprimer tout le dégoût que vous pourrez ressentir, il n’empêche que, par moment, on ne peut pas dire qu’elle a tort. Par exemple :

La question de la journaliste : « La chape de plomb de la bien-pensance semble avoir sauté, et on est loin de l'âge d'or où Plenel dictait la pensée unique dans les colonnes du «quotidien de référence». La rhétorique antiraciste, antifasciste et sectaire semble usée. N'avez-vous pas le sentiment d'avoir gagné la partie ? N'est-il pas temps de passer à autre chose ? »

La réponse : « Il est certain que si Plenel et Zemmour se présentaient à une élection, notre ami Zemmour gagnerait haut la main. »

Effectivement, si on a un combat à mener, il est temps de changer de méthode.

La conclusion : « Je réponds que, comme me l'a fait remarquer un lecteur assidu de Causeur, Finkielkraut, Zemmour et les autres ont plutôt eu un effet apaisant car, à travers eux, beaucoup de gens ont été soulagés que l'on arrête de leur dire qu'ils ne voyaient pas ce qu'ils voient et ne vivaient pas ce qu'ils vivent. En revanche, les anathèmes, les leçons de morale, les insultes proférées par le camp du bien ont peut-être fini par créer ce qu'ils dénonçaient, un camp véritablement réactionnaire qui fantasme un monde livré aux syndicats gauchistes et aux adeptes de la théorie du genre, est persuadé qu'on enseigne la masturbation à l'école et rêve d'un improbable retour à un passé qui n'a jamais existé. Bref, Najat Vallaud-Belkacem a fini par susciter Farida Belghoul. Eh bien, je ne veux ni Najat, ni Farida - rien de personnel, bien sûr. Voilà pourquoi nous sommes condamnés à nous battre sur deux fronts ! »


C’est moche, hein ?

Heureusement qu'on a la morale avec nous, ça va probablement garantir nos futures victoires sur le camp du mal...

15 avril 2014

Comment le CSA veut [ou pas] contrôler les vidéos sur le web ?

Le CSA a publié son rapport annuel. Il fait hurler les blogueurs réactionnaires qui crient à la censure socialiste et certains sites geeks, comme Numerama qui explique en titre : « Le CSA dresse la liste de ce qu'il veut contrôler sur Internet. » Vous pouvez lire, ça fait peur ! « Dans son rapport annuel, le CSA dresse la liste des domaines d'expressions dans lesquels il entend pouvoir exercer un droit de regard et de censure sur Internet. »

Rien que ça !

La vérité est tout autre. Nous avons actuellement des braves sociétés autorisées à émettre du contenu audiovisuel par le câble, le satellite, la TNT,… Ils ont un tas de contraintes : contribution à la production, délai de diffusion d’un film après la sortie, respect de règles de concurrence, obligation de distribuer certaines chaînes gratuites si l’émetteur en fait la demande et tout ça.

Avec l’arrivée d’internet, de nouveaux diffuseurs de contenu apparaissent et se multiplient sans qu’ils soient totalement sous le coup de la loi définition les attributions du CSA, notamment avec la diffusion à la demande.

Le CSA propose donc de mettre en œuvre une convention entre eux et lui, sans obligation. Cette convention contiendra des contraintes et des avantages. Globalement, les contraintes sont les mêmes que celles qui portent sur les autres diffuseurs, notamment par câble et par satellite, sur la promotion des services,... D’une manière générale, les engagements et avantages seront à la carte. Tu fais tel engagement, tu as tel avantage.

Les contraintes tournent autour du respect de la dignité humaine, de la protection de l’enfance,… Par exemple, ils pourront s’engager à ne pas diffuser de vidéo pornographique. Les avantages tournent autour de la facilité d’accès à la production, à la diffusion,… et la création d’un label « site de confiance » qui devra être utilisé par les services de contrôle parental.

En gros, vous pouvez donner la télécommande de votre télévision à votre gosse, il n’aura pas accès à un film de cul. Avec ce label et cette loi, cela sera pareil. Vous pourrez donner votre PC à votre môme, il ne risque pas de tomber sur un truc pas sain.

Et voila pourquoi certains geeks ou certains réacs crient au loup, à la censure, pire !, à la censure socialiste ! Ils s’imaginent que vos vidéos personnelles seront sous la coupe du CSA…

Cela n’a rien à voir sauf pour un détail : le CSA propose en plus d’avoir dans ses missions la vérification de la légalité de tout contenu vidéo sur le web, indépendamment de convention pour les diffuseurs numériques.

Je remercie Corto pour ses cris qui n’auront pas manqué d’agiter ses commentateurs habituels. Je ne vais pas l’accuser : il reprend l’article de Numérama qui est à la limite du mensonge quand il écrit : « Ce ne sont plus seulement les vidéos professionnelles qui seront soumises à la régulation du CSA, mais aussi vos vidéos personnelles. » C’est parfait pour faire hurler le lecteur mais le CSA n’a rien à cirer de la vidéo de votre belle mère qui se casse la gueule dans l’escalier. Ce ne sont pas les vidéos qui sont soumises à la régulation mais les sociétés qui auront signé une convention.

Ces sociétés respectent déjà les contraintes légales : droits d’auteurs,… En plus, des boites comme Youtube autorisent beaucoup moins de contenu que la loi française. Ces américains sont très pudibonds… Elles signeront avec plaisir (et avidité) la convention sans changer une ligne des contrats (les fameuses CGU) qu’elles ont avec leurs utilisateurs…

Mais auront un statut de diffuseur numérique, si elles le veulent, comme tous ceux qui diffusent du contenu en dehors d’internet.

La belle affaire !

Dans le détail

J’ai lu les propositions avant de faire mon billet. Je vais positiver et présenter ce qu’ils soumettent au Gouvernement (et pas ce que le Gouvernement propose). Tout d’abord, il s’agit de modifier une loi de septembre 1986 donc faite par la droite du temps de Charles Pasqua et tout ça.

Article 1

Il s’agit de définir de quoi on parle, la protection de l’enfance et tout ça. Actuellement, la fin est rédigée ainsi : « Les services audiovisuels comprennent les services de communication audiovisuelle telle que définie à l'article 2 ainsi que l'ensemble des services mettant à disposition du public ou d'une catégorie de public des œuvres audiovisuelles, cinématographiques ou sonores, quelles que soient les modalités techniques de cette mise à disposition. »  Le CSA propose de remplacer « quelles que soient les modalités techniques… » par « par voie numérique », en gros ! Tu parles d’une révolution !

Article 15

En gros, il concerne les programmes télé et les contrôles que peut faire le CSA. Le CSA propose d’ajouter un nouvel article pour dire qu’il est autorisé à lancer une concertation pour définir le pendant pour contrôler les vidéos sur Internet. Tu parles d’une révolution.

En gros, ça veut dire que les contraintes de diffusions de vidéos sur internet seraient les mêmes qu’à la télé, en plus des obligations légales (ou plutôt des interdictions légales : pédophilie, haine raciale,…).

Article 3-1

C’est un peu dans le désordre, leur truc !

Au début, l’article définit ses missions. Le CSA propose d’y ajouter : « et la promotion des
services audiovisuels numériques ».

A la fin, il propose de mettre : « Le Conseil supérieur de l’audiovisuel, afin de garantir la promotion des services audiovisuels numériques, fixe des options établissant les engagements que les services audiovisuels numériques peuvent prendre et les avantages dont ils peuvent bénéficier en contrepartie de ces engagements. » Ensuite, ils décrivent ce que peuvent être ces engagements. »

Tout tient en deux mots : « peuvent prendre ». Aucune obligation nouvelle.

La suite décrit les avantages et les engagements en question.

Ensuite, et c’est là que ça devient intéressant… : « Le Conseil supérieur de l’audiovisuel peut délivrer, dans les conditions qu’il définit, à la demande des éditeurs de services audiovisuels numériques, un label dit « site de confiance » permettant aux usagers d’identifier les services qui s’engagent à respecter des obligations complémentaires aux règles fixées par le Conseil en matière de protection de l’enfance et de l’adolescence, notamment la signalétique. »

La loi proposerait ainsi que le CSA puisse délivrer un label « site de confiance ». Tu parles d’une révolution ! D’une censure !

Ensuite, ils décrivent ce que pourraient être les aspects légaux de cette convention.

Article 34-4

Il est un peu chiant mais il traite de la diffusion des programmes en clair (TNT, satellite, câble…). En gros, ces braves gens n’ont pas le droit de refuser de diffuser des trucs gratuits si on leur demande et s’ils sont autorisés. Le CSA l’adapte à internet. Tu parles d’une révolution !

Article 2-1

C’est vraiment dans le désordre. Actuellement, il définit ce qu’est un distributeur de services sous le coup de cette loi. Ils le font évoluer pour définir les distributeurs de services audiovisuels numériques. Tu parles d’une révolution !

Article 17-1

Il décrit le traitement des différends entre les acteurs (éditeurs, diffuseurs, prestataires,…). Ca serait étendu aux diffuseurs numériques… Tu parles d’une révolution.

Article 28

Il porte sur la convention entre la société qui diffuse (TNT, satellite, câble,…) et le CSA. Le CSA propose d’adapter cette convention aux diffuseurs numériques d’autant que ça porte sur l’obligation de mise à disposition du public... Tu parles d’une révolution.

Articles 28 et 33

Allons bon ! Le 28 est modifié deux fois. Ils ont bu ?

En gros, c’est relatif aux obligations de contribution à la production. On s’en fout.

Article 17-2

Il serait tout nouveau ! On a vu le 17-1 plus haut… On s’en fout : le CSA propose de veiller aux bonnes conditions du respect de la concurrence.

Autres modifications

Elles ne nous concernent pas vraiment ou à la marge, comme l’obligation de diffuser Arte…

12 mars 2014

Quand les hommen appellent à pendre des juges

Les "hommen" appellent maintenant dans Twitter à pendre les magistrats. 

Qui sont les hommen ? Selon le Huff, c'est en gros un mouvement homophobe né dans le sillage des manifs pour tous et autres singeries du même tonneau. Ils sont surtout actifs dans Facebook. Selon leur présentation, ils défendent les enfants. Tu parles, Charles !

Toujours est-il qu'ils rebondissent sur les propos de l'UMP à propos de Christiane Taubira pour s'en prendre violemment au magistrats.

Même en étant plus au pouvoir, l'UMP continue à détruire la République.

03 février 2014

Education à la sexualité ?

Bon ! Mon billet de ce matin n’était pas sérieux. Il faut que je me ressaisisse. Ainsi, en faisant des recherches sur le volet « famille » du site web du Ministère des Affaires sociales et de la santé, je suis tombé sur ce pdf qui pourrait bien nous provoquer des crises d’urticaire à nos réactionnaires préférés.

Je vous en livre quelques extraits (assez peu, le document fait 160 pages).

« L’école est un vecteur important dans l’apprentissage de l’égalité entre les filles et les garçons, par les enfants eux-mêmes. La notion de respect mutuel est essentielle pour une éducation à la sexualité. Les représentantes du planning familial relèvent ce paramètre important prônant une sexualité choisie et non subie, comme certains clivages filles / garçons l’envisagent. Ainsi, on peut considérer que l’éducation à la sexualité à l’école a une place primordiale pour l’apprentissage de l’égalité entre les sexes. »

« L’Education à la sexualité dans le milieu scolaire est prévue dans les textes. Même si certains acteurs regrettent encore la diffusion d’une vision encore trop biologique, il est indéniable que des progrès en terme d’apprentissage du respect mutuel et d’intégration de la dimension psychoaffective de la sexualité ont été réalisés. Comme en témoigne la circulaire n° 2003-027 du 17 février 2003 et celle, plus récente, du 2 décembre 2011 qui réaffirment la volonté des pouvoirs publics d’une mise en œuvre effective de l’éducation à la sexualité en milieu scolaire. La circulaire n°2003-027 du 17 février 2003 stipule « l’évolution des mentalités, des comportements, du contexte social, juridique et médiatique dans le domaine de la sexualité, ainsi que des connaissances scientifique s liées à la maîtrise de la reproduction humaine a conduit les pouvoirs publics à développer l’éducation à la sexualité en milieu scolaire comme une composante essentielle de la construction de la personne et de l’éducation du citoyen. (...) L’éducation à la sexualité à l’école est inséparable des connaissances biologiques sur le développement et le fonctionnement du corps humain, mais elle intègre tout autant, sinon plus, une réflexion sur les dimensions psychologiques, affectives, sociales, culturelles et éthiques. » »

« L’éducation à la sexualité, prévoit une formation à destination de l’ensemble des élèves dans les écoles, les collèges et les lycées, avec trois séances d’information et d’éducation à la sexualité, organisées dans le courant de chaque année scolaire. La circulaire n°2011-216 du 2 décembre 2011 réaffirme quant à elle dans les sept objectifs prioritaires qui doivent être intégrés dans le projet éducatif de chaque école ou établissement, la généralisation de l’éducation à la sexualité. Inscrite dans le code de l’éducation (articles L121-1, L312-16, R421-46, R421-47), l’éducation à la sexualité est intégrée dans les compétences sociales et civiques du socle commun de connaissances et de compétences.
Conçue comme une composante de la construction de la personne, elle intègre en particulier, l’apprentissage du respect mutuel, l’égalité entre les garçons et les filles et l’acceptation des différences. »

« L’éducation nationale a clairement investi ce sujet, chaque plan académique a une formation sur l’égalité entre les hommes et les femmes. Beaucoup d’efforts sont faits pour mettre en avant les femmes. Si la circulaire de l’éducation nationale sur l’éducation à la sexualité dans le milieu scolaire, évoquée plus haut, est appropriée, reste qu’à ce jour plusieurs associations regrettent qu’elle soit encore peu appliquée dans ces termes. »

C’est un rapport au sujet de « L’hypersexualisation des petites filles » (comme celles qu'on voit parfois dans des poses « louches » pour des marques de fringues). Ce rapport a été rédigé par Chantal Jouanno début 2012 (elle n’était plus ministre) et publié à cette époque. Du temps de la droite au pouvoir, donc.

Je le diffuse aujourd’hui dans un billet à peu de frais parce que je suis fatigué de ces procès d’intention sans cesse faits aux socialistes au pouvoir.



26 janvier 2014

La marche des moisis

C’est encore Valérie Trierweiler qui fait la une de l’actualité, aujourd’hui. La séparation du couple n’aura échappé à personne, occultant la grande messe de l’UMP d’hier et le défilé « Jour de Colère » d’aujourd’hui.

Dans son blog, Lady W recense les mots utilisés par « la gauche » pour qualifier la manifestation de cette après-midi : « Peste brune, racisme, homophobie, rétrogrades, populisme, ignominie, skinhead, violence, crâne rasé, Dieudonné, stigmatisation, intolérance, haine, fascisme, intégrisme, endoctrinement, néo-nazis. » Moi, j’aime bien le mot « ranci » qui qualifie quelque chose qui a mal vieilli.

Corto qui fait aussi un billet à propos de ce rassemblement de rancis dit : « Des promesses d'hollande, une seule avait véritablement attiré mon attention: Une France apaisée. Il y a des promesses que l'on n'a pas le droit de trahir. » Qui va manifester ? Qui a foin du tonnerre à propos du couple présidentiel ?

Lady Waterloo disait l’autre jour que cette histoire intéressait tout le monde. Je vais lui répondre : non, elle ne nous intéresse pas. Ou, plutôt, elle nous intéresse pour ce qu’elle est : une affaire privée qui concerne des gens que l’on connaît, pour qui on a une forme d’affection parce qu’on les a suivis pendant des années.

Sarkofrance fait un billet, ce matin, où presque tout tient dans le titre : Hollande, Trierweiler, une séparation pour sortir de l’horreur médiatique. Alors que l’on imaginait que nos deux personnages allaient pouvoir cohabiter, Madame Trierweiler faisant peinardement le job que les usages de la Cinquième ont confié à la compagne du chef de l’Etat, ce dernier a été obligé de prendre la seule décision qui s’imposait, mettre fin à ce couple, pour faire redescendre la pression des médias, cette folie qui s’est emparée de nos journalistes, des blogueurs réactionnaires, ce qui se sont découverts réac dans les deux dernières années, ceux qui forment la France rancie d’aujourd’hui.

Ils hurlent parce que la gauche détruirait leur famille mais ils n’ont pas hésité à se livrer à une surenchère qui a abouti à la séparation d’un couple. L’affaire était strictement privée et ne nous regardait pas. Ils en sont, aujourd’hui, à commenter la déclaration de François Hollande, comme si elle avait le moindre intérêt.

Mon confrère El Camino a fait un billet sur ce jour de colère, billet repris par Corto et commenté par quelques uns de ces nouveaux réacs, qui aimeraient démontrer à notre confrère qu’il est ridicule.

La question est de savoir qui est ridicule… J’ai bien une idée.

Ils seront là, ce soir, à faire des billets expliquant que la manifestation était une réussi, qu’ils étaient des  dizaines, des centaines de milliers et qu’ils représentaient le peuple, le vrai. Ca me rappelle quelque chose.


Manifestants, regardez bien avec qui vous manifestez…

02 janvier 2014

La tentation écologiste ou la tentation réactionnaire ?

Ce matin, je voulais faire un billet écolo en rebondissant sur une information trouvée dans l’Important : « Les OGM ont perdu la guerre contre les mauvaises herbes. » Je vais résumer : la nature a réussi à contourner ce qui a été mis en place dans les OGM pour faire fuir les mauvaises herbes réduisant à néant les efforts des chercheurs et montrant que les multinationales jouent aux apprentis sorciers pour gagner plus de pognon. Les mauvaises herbes sont un peu comme ces virus qui « mutent » pour résister aux médicaments que nous inventons…

Néanmoins, il m’est arrivé une anecdote sans la moindre importance, ce matin, qui m’a fait me rendre compte que je ferais un meilleur réactionnaire qu’écologiste. Je suis sérieux. Ce matin, je sors du métro à la station Esplanade de la Défense. Il y avait une touriste asiatique (mais peu importe dans cette histoire, c’est uniquement l’occasion de se foutre de la gueule des Japonais ou des Chinois) qui prenait des photos de la petite galerie marchande. J’ai trouvé ça grotesque.

Je rentre au boulot après 10 jours de vacances et tomber sur un touriste qui visite mon lieu de travail m’exaspère au plus haut point. N’allez pas vous fâcher : je sais que si vous n’y travaillez pas vous aimez bien visiter la Défense, ses tours, ses centres commerciaux,… Il n’empêche que c’est avant tout un lieu de travail où sont entassés des milliers d’abrutis dont moi, qui doivent se vautrer dans des transports en commun aléatoire. L’enfer. Je ne vous en veux pas. D’ailleurs, quand vous allez à l’étranger (voire simplement en province), vous aimez visiter les lieux de travail. Ca me rappelle la fois où j’avais été en séminaire au Sénégal. On avait visité un village dans la brousse (je suppose qu’il était reconstitué pour les touristes). On y voyait des femmes piler le mil. Les collègues s’extasiaient : « Oh ! Que de naturel ! Elles font ça avec amour pour nourrir la famille ! » Ce en quoi j’avais failli répondre : exactement, bandes d’andouilles, elles vont toucher un salaire en tant qu’acteur mais je suppose qu’elle préférerait acheter des frites surgelées dans un supermarché que de piler le mil.

Malheureusement, je ne peux pas faire réactionnaire de droite. Je pourrais bien faire réactionnaire de gauche mais on se cherche un peu. Alors écolo-réactionnaire de gauche, je vais avoir du mal à trouver une formation politique à ma pointure. Je vais rester socialiste tendance Hollande. En plus, je suppose que les réactionnaires défendent les OGM. Ils sont amusants. Ils vont défendre tout ce à quoi sont opposés les écolos. Tenez ! Je lisais un billet sur un blog réac (vu ceux que je lis, ça ne peut être que chez Koltchak), il diffusait un truc contre les éoliennes.

Forcément, les éoliennes ne produisent pas de courant quand il n’y a pas de vent (et quand il y en a trop, je suppose qu’il faut les débrayer). D’un autre côté, le nucléaire ne permet pas de répondre aux pics d’activités. C’est pareil avec les OGM. Ils vont être contents parce que ça permet de supprimer des insecticides et de produire plus de machins plus simplement mais ils ignorent les conséquences au niveau de l’environnement. Nous aussi, d’ailleurs… Mais le principe de précaution a du bon : ces putains de mauvaises herbes ont réussi à battre les OGM (et le roundup, voir l’article) et on en sait plus trop quoi faire pour les arracher à part faire venir de la main d’œuvre à bas coûts de pays en développement, pour énerver les réacs. Vous admettrez que c’est le bordel ! Et encore, je n’ai pas parlé du réchauffement climatique. Les réactionnaires sont un peu comme l’orchestre du Titanic… Et ils pensent qu’on est pareils, nous accusant de ne pas voir qu’on détruit la famille, la nation et tout ça avec toutes nos mauvaises actions.

Un peu de sérieux !

Vous ne voyez probablement pas où je veux en venir avec mon histoire de touriste à la Défense. Je vais expliquer : je suppose que les écolos sont opposés aux ensembles de type La Défense. Les tours sont une catastrophe pour l’environnement malgré les nouvelles normes environnementales. Les gens sont entassés dans les transports et c’est un bordel monstre. Je suppose aussi que les réactionnaires sont opposés à ces quartiers d’affaire, sans âme, peuplés par des bureaucrates abrutis heureux d’être là, se mélangeant avec n’importe quel quidam. Pire que le vivre ensemble !

Et des touristes idiots n’ont strictement aucun respect pour notre environnement.

L’année 2013 a été marquée par des conflits « droite gauche », « vraie droite contre droite molle », « vraie gauche contre gauche libérale ». Tout cela me fatigue. Pas plus tard qu’hier, je discutais de sécurité et de Roms dans les commentaires de mon blog (c’était probablement, encore, avec Koltchak). Je ne vois pas pourquoi la gauche devrait garder cette casquette de laxisme en matière de sécurité. Le problème n’est pas d’expulser les Roms qui emmerdent les braves gens, le problème est de ne pas leur filer d’hébergement quand on les expulse, surtout parce que c’est une promesse de campagne de François Hollande.

Ainsi, en cette période de fêtes, on se pose vraiment beaucoup de questions sur la nature de chaque décision du gouvernement. Le mariage pour tous est indubitablement un truc de gauche. La hausse de la TVA est un truc de droite. Il n’empêche que je ne vois pas en quoi réduire la dette serait un truc de droite d’autant que les intérêts considérables sont payés à des institutions privées. Certes, on aurait préféré une tranche supplémentaire des impôts sur le revenu mais ce n’est pas le choix qui a été fait.

Fatigué

Je suis ainsi fatigué de cette course à la légitimité. Prouver que l’engagement politique est légitime. Prouver qu’on ne se trompe pas de côté.

A la lecture de ce billet, le lecteur aura peut-être compris pourquoi je ne suis pas réac de droite mais pas pourquoi je ne suis pas écolo. Il ne lit pas assez mon blog et n’a pas vu les 15 ou 20 billets que j’ai fait en un an pour défendre Notre-Dame-des-Landes et les infrastructures nécessaire au développement industriel de nos régions. Il n’a pas vu les billets que j’ai faits contre l’écotaxe,…

Je suis réactionnaire : je n’aime pas les évolutions de la société. Toi non plus, là, tel que je te vois. Ou alors, viens bosser un mois à la Défense… Jure-moi que tu ne passes pas certains de tes samedis après-midi dans des grandes surfaces spécialisées.

Je ne suis pas réactionnaire : j’ai encore passé la soirée avec d’affreux immigrés, hier… Volontairement. Pas pour le plaisir de fréquenter des gens venus d’ailleurs mais parce qu’à l’Aéro, il y a des pochetrons comme vous et moi (pas moi, hier, en l’occurrence, j’avais des restes de la veille, je suis resté très sage) mais venus d’ailleurs et j’étais sûr de trouver une bonne ambiance, comme dans le temps, quand les bistros étaient mieux. Ah merde ! Je suis réactionnaire.

Je suis écolo : je n’ai pas de voiture, je prends les transports en commun, je n’allume pas le chauffage chez moi quand il ne fait pas vraiment froid, je défends la transition énergétique et la diversification des sources d’énergie, je soutiens la suppression du nombre de voitures à Paris,…

Je ne suis pas écolo : je trouve dangereux électoralement de militer pour la fermeture de centrales nucléaires en oubliant que les Allemands ont remplacé leurs par des machins qui produisent des trucs à effet de serre, je trouve grotesque de penser que deux pistes de 3,5 km sont plus mauvaises pour l’environnement que des centaines de lignes grande vitesse,…

Je suis opposé aux partis réactionnaires et écolos. Je vous passe les raisons d’être opposées aux formations réacs quant aux écolos, quand un de leurs principaux dirigeants refuse de payer des amendes pour l’utilisation de sa voiture, ça se passe d’explication.

Reste l’orientation politique du gouvernement.

Je suis sidéré devant le nombre de gens qui ne sont pas sidérés que je ne sois pas sidéré par ces orientations. Prenons cette augmentation de la TVA. L’ami Sarkofrance revient dessus, ce matin (elle devrait coûter environ 40 euros par an aux ménages dépensant 10000 euros dans la consommation - hors logement, donc). Je me rappelle quand le gouvernement précédent avait baissé la TVA sur la restauration. J’étais pour. Mes confrères de gauche contre. Ils sont aujourd’hui contre son augmentation.

Dès qu’il est parti en campagne pour la primaire, François Hollande évoquait une taxe écologique sur la consommation. J’étais contre. Par contre, il avait bien dit qu’il fallait augmenter certaines taxes… Je ne suis pas surpris par sa ligne politique.

« En 2011, Nicolas Sarkozy avait fait voter une hausse du taux général (de 19,6% à 21,2%), soit 11 milliards d'euros d'augmentation estimée. » (je cite Sarkofrance). Cette hausse a été annulée conformément aux promesses de campagne mais elle a été remplacée par une hausse de 0,4 points (pour un motif que je ne partage pas). Le taux réduit de TVA a 5,5% est maintenu : « sur les travaux d’amélioration de la qualité énergétique des logements » (je cite le site du gouvernement). Il reste que l’augmentation de 5,5% à 10% porte essentiellement sur la restauration, alors que la baisse avait été critiquée par la gauche, et pour les travaux pas liés à l’amélioration de la qualité énergétique. Pour le reste, je vous laisse lire le code des impôts… C’est à peu près conforme à ce que Hollande disait pendant sa campagne (non pas l’augmentation générale mais la modulation des taux selon des critères liés à l’environnement).

Social-libéral ?

Ce qualificatif est ressorti en 2013. Nous serions devenus des sociaux-libéraux. Je ne sais pas trop ce à quoi cela correspond et je me demande si ceux qui utilisent ce terme le savent vraiment.

Si le gouvernement était libéral, « il autoriserait le voile à l'école et la dérégulation des taxis » (je cite qui je veux…). Pour ma part, je suis pour l’interdiction du voile ce qui fait de moi un anti-libéral contrairement à bon nombre de gens de la vraie gauche qui voudraient bien défendre ces pauvres opprimées porteuses de voile et donc un parfait réactionnaire alors que les réactionnaires sont généralement libéraux. Je suis pour la dérégulation des taxis. Je ne sais pas ce qu’en pense la vraie gauche mais les taxis me paraissent généralement être d’affreux réactionnaires. Ils se revendiquent probablement très libéraux mais sont dans une des professions les plus réglementées du pays.

Tout cela est bien compliqué. Militons pour une année 2014 sans casquette.

30 juillet 2013

Des réactionnaires en hollandie

Les sujets sociétaux nous ont bien occupés au cours du premier semestre, avec le mariage pour tous puis la mort de Clément Méric, l’incarcération de Nicolas,… Du coup, j’en ai fait des billets de blog. Didier Goux écrit ceci, dans son journal de juin (par ailleurs recommandé dans toutes les bonnes boulangeries), à mon sujet : « Il se passe, je crois, que Nicolas est de plus en plus mal à l'aise vis-à-vis de son soutien inconditionnel au régime actuel. Il s'y entête (et il n'a pas tort : le reniement au premier vent contraire n'a rien de spécialement glorieux), mais en même temps il est assez lucide pour voir que Hollande et sa bande de branquignols, non seulement se renient tous les jours, mais en plus vont droit dans le mur. Par compensation, il se rue sur le moindre sujet “sociétal” (mariage pour tous par exemple), le plus banal fait divers (une échauffourée entre voyous d'extrême droite et d'extrême gauche qui se termine par la mort de l'un d'eux), parce qu'il n'y a guère que dans ces domaines marginaux qu'il peut encore soutenir Hollande et sa clique, dans la mesure où ces sujets ne sont pas à l'épreuve des faits, mais relèvent de la pure jactance (en français d'aujourd'hui : du débat d'idées…). Il en remet une couche d'autant plus épaisse, et qui finit par devenir indigeste, qu'il voit arriver la question de la réforme des retraites, dont il sait bien – il l'a d'ailleurs dit – qu'elle va être particulièrement pénible pour les béats de l'hollandisme. »

Il commet quelques erreurs…

Par où commencer ?

Tout d’abord, Hollande et sa bande branguignols ne vont pas dans le mur. Ils ont fait un tout un paquet de réformes et la reprise économique arrive doucement. Je ne suis pas Madame Soleil mais je ne suis pas non plus une sorte de « décliniste » comme on en voit tant partout, des andouilles qui souhaitent que le gouvernement se casse la gueule pour prouver qu’ils avaient raison.

A force de polémiquer sur un tas de conneries, on voit peu le travail qui est fait. Peut-être que je ne fais pas assez mon job de blogueur de gouvernement. Par exemple, j’ai très peu parlé de la loi bancaire et de ces cent mesures. Je n’ai pas parlé du premier bilan semestriel de la BPI. Je ne fais pas mon job. Mais ce genre de billet n’intéresse pas les lecteurs.

Avec le gouvernement précédent, les annonces se succédaient mais le boulot ne suivait pas. Maintenant, c’est le contraire…

J’ai fait les critiques que j’avais à faire sur le gouvernement. Par exemple, de plus en plus le CICE me parait, disons, obscur… Pour ne pas dire une connerie. Effectivement, la réforme des retraites pourrait donner à jaser. Néanmoins, la piste d’une augmentation de la CSG semble se confirmer de jour en jour. Je suis partisan de l’imposition sur le revenu et la CSG est un impôt sur le revenu. Didier pourra vérifier en lisant les archives de mon blog.

Certains sujets n’intéressent pas les lecteurs. Par exemple, je peux bosser pendant deux heures sur la réforme territoriale ou le Grand Paris, le compteur de visites aimablement fourni par mon hébergeur montre qu’il y a environ 200 lecteurs. Un billet comme celui d’hier, à propos des vacances de Valérie Trierweiler finira vers 600. Mon dernier billet à propos de Brétigny est arrivé à 900.

Cela étant, ce n’est pas l’essentiel des propos de Didier, je crois.

Les sujets sociétaux

Didier manque singulièrement de recul ce qui est surprenant de sa part. Je vais prendre deux exemples : Brétigny et la « théorie du genre ». Je prends ce dernier parce que c’est le sujet du dernier billet d’Elooooody et parce que mes billets restent trollés longtemps après leur publication. Je prends l’autre parce qu’il est récent.

La théorie du genre : elle n’existe pas. Pourtant, les réactionnaires disent partout que la gauche va obliger son enseignement à l’école et nier les genres. Selon eux, les instits devraient expliquer aux enfants qu’ils pourront décider plus tard s’ils sont des garçons ou des filles. C’est évidemment une immense connerie qui prête à rire, ce que je fais volontiers avec des billets parodiques, mais il est particulièrement significatif de la vie politique française : les réactionnaires racontent n’importe quoi sur la gauche et pousse une droite au pouvoir, droite dont on voit tous les jours que la gestion est une catastrophe. Il y a dix ans, nous pouvions lutter avec l’Allemagne. Maintenant, nous sommes à la traine.

Et les responsables sont bien les électeurs de droite et ceux qui communiquent avec des bêtises. Mon billet de ce matin est encore un exemple puisque j’y parle d’un commentateur qui explique que le civisme et la morale sont des valeurs de droite. Dans les réseaux sociaux, le but des blogueurs est de rétablir certaines vérités.

Pourtant, la réforme territoriale aura bien plus d’impact sur la vie de tous les jours et le développement économique que les modifications qui seront faites dans les programmes scolaires pour éviter que les exercices de mathématiques commencent par « Maman va au marché et achète deux carottes à 5 francs et 3 courgette à 8 francs. Pendant ce temps, papa va chez Lidl pour acheter huit bouteilles de Côtes-du-rhône. Que vont-ils en faire ? ».

Brétigny : on le sait, des rumeurs sont parties pour dire que des jeunes des banlieues ont dépouillé des cadavres. Les réactionnaires auraient voulu qu’il soit établi que des hordes de jeune musulmans se sont précipité pour empêcher les services de sécurité et d’intervenir pour pouvoir dépouiller les victimes plus longtemps. Ce n’est pas la vérité. Ils ne peuvent pas répandre leur propagande et leur haine.

C’est ballot ! D’un autre côté, ils devraient plutôt faire des billets de blogs pour expliquer l’immigration et étudier les impacts de la présence de la droite et de la gauche au pouvoir, pour que l’on puisse rigoler. Dans cette étude, ils oublieront probablement que les sans-papiers sont employés… par des employeurs.

Avec Brétigny, ils se sont rendus ridicules. Avec les autres affaires aussi. Les gazés des manifs pour tous nous ont bien fait rire. Quand ils ont fait de Nicolas un martyr, on a bien rigolé aussi ! Ils étaient mignons, tous ces blogueurs réactionnaires.

A propos de Nicolas, embastillé suite à un contrôle de police, Didier reprend un de mes propos et dit qu’il a du mal à me le pardonner. Il a tort. J’ai seulement une phrase qui est mal branlée. Ce qu’il y a, c’est qu’on n’aurait jamais du parler du Nicolas en question qui a fait trois semaines de prison après deux refus d’obtempérer, le pauvre. Je connais des gens qui pensent que les 3 ou 500 connards qui ont foutu le bordel à Trappes devraient être punis, emprisonnés,… Je suis d’accord ! Augmentons les impôts en conséquence pour entretenir une caserne avec 2000 policiers dans chaque ville de banlieue. Et ça n’empêchera rien…

Les réactionnaires devraient oublier que le gouvernement n’est pas là pour leur faire plaisir. Si les ministres prennent des vacances trop longues, les blogueurs – je ne parle pas de Didier – vont immédiatement faire des billets pour les traiter de fainéants.

Pourtant, le boulot ne se fait pas uniquement par les ministres. Des gens travaillent. Tout prend du temps.

On sait très bien qu’on ne sortira du Sarkozysme en claquant des doigts. On a cinq ans pour ça.

Le plus drôle, pendant cette période, c'est quand Jacques Etienne s'est fâché avec moi et est venu me descendre en commentaires (non sans faire un billet pour dire qu'en réponse je l'avais insulté) parce que je n'étais pas d'accord avec lui, probablement à propos de l'affaire Méric.

Ce ne sont pas les blogueurs de gouvernement qui sont en difficulté, mais bien les blogueurs d'opposition, (des deux côtés), notamment chez les réacs qui, par définition, ne supportent pas que le monde évolue dans le sens qui n'est pas le leur et qui ne reconnait pas la légitimité des urnes quand la gauche gagne.

Pour en finir à propos des blogs, j'avais fait le calcul, mi juin : 70% des billets des blogs de droite militants sont consacrés à des sujets sociétaux contre 30% à gauche (un peu plus chez moi, mais comme je faisais 3 ou 4 billets par jours, ces derniers mois...).

Sur les 30%, vous enlevez les billets personnels, les critiques idiotes du gouvernement ("oh ! t'as vu ? le chômage il a augmenté à cause de ces cons ?" ou "ah ! la Trierweiler est partie en vacances en Grèce, c'est mal"), il ne reste plus aucun sujet de fond !

Didier, mettez donc vos blogueurs au boulot...

19 juillet 2013

Le Point, les réacs et la catastrophe de Brétigny

En commentaire de mon billet d’hier soir à propos de Marine Le Pen et de Brétigny, je discutais avec les braves gens, un tantinet réactionnaires… On sent qu’ils sont déçus que leur version ne soit pas retenue : ils n’ont pas réussi à convaincre qu’il y a vraiment eu des hordes de jeunes des cités (dans leur langage, ça veut dire des délinquants d’origine étrangères) à avoir détroussé les cadavres.

Heureusement qu'ils ont le Point  pour les aider dans leur mission : il faut convaincre le peuple qu'"on" lui ment. Que la gauche dissimule la barbarie des jeunes des cités, issus de l'immigration et probablement dirigés par des Imans ou je ne sais quoi.

Qu’ils soient déçus me surprend : pour ma part, j’espère bien qu’il n’y a pas de bande de détrousseurs de cadavres en France. Mais ça ne sert pas leur cause politique, cette mission presque divine.

Revenons sur les faits. Les derniers :
-         hier soir, Le Point a diffusé un article où ils expliquent qu’ils ont pu avoir eu accès à un rapport des CRS expliquant que les détroussages ont effectivement eu lieu mais qu’ils avaient eu l’ordre de la fermer,
-         ce midi, le Figaro diffuse une dépêche (AFP d’origine, je crois) expliquant que la version du Point ne peut pas être bonne.

Nos deux canards de droite se piquent le leadership…

Quelques questions se posent.

Petit 1 : les détroussages et autres saloperies ont-ils pu avoir lieu ?

Mon avis est que non. Brétigny-sur-Orge n’est pas spécialement une « cité » au sens où on pourrait l’entendre et n’est pas spécialement connue pour sa délinquance, ce en quoi je me trompe peut-être. J’ai une collègue qui habite là-bas et ne m’a jamais rien dit alors qu’un rapide calcul indique que j’ai déjeuné probablement plus de 1200 fois avec elle… Des copains qui connaissent du monde là-bas m’ont dit à peu près la même chose.

Brétigny-sur-Orge est une « ville à la campagne », la gare ne peut parait pas proche de cités où l’on pourrait voir des tonnes de délinquants.

Enfin, il me semble que lors d’une telle catastrophe, les forces de l’ordre arrivent très vite et que des abrutis n’auraient pas le temps d’arriver pour faire des conneries.

Cela étant, je ne connais de Brétigny que ce que m’a dit ma collègue, ce qu’indique Wikipedia et ce que l’ont peut voir avec Google et ses vues aériennes.

Petit 2 : le black-out est-il possible ?

Cela a été dit plusieurs fois : à l’heure des smartphones et de Twitter, il est surprenant qu’on n’ait pas vu d’image de ces saloperies.

S’il y avait un ordre de black out, la décision aurait sûrement mis plusieurs heures à arriver. S’il y a eu ces détroussages, les forces de police auraient écarté les connards pour laisser bosser les secouristes. Pendant ce temps, les autorités devaient organiser les secours, on s’attendait à des dizaines de blessés, il fallait mobiliser les hôpitaux de toute la région… Mieux à faire que penser aux conséquences de potentielles conneries de délinquants.

Néanmoins, il y a probablement une tradition policière de ne rien dire dans ces cas, ce qui est parfaitement normal : il revient aux autorités de donner une version officielle, pas à la police. Il y a une enquête de justice et les magistrats décideront de la suite à donner.

Par contre, je ne nie pas que les démentis officiels ultérieurs sont un peu suspects, notamment le « un peu rude » du ministre qui semble vouloir minimiser les faits.

Comment a éclaté la polémique ?

Tout est parti de propos d’une syndicaliste d’un syndicat de policiers classé à droite. Je ne sais plus ses propos exacts mais peu importe. Elle a pu dire :
-         soit un gros mensonge,
-         soit une interprétation de ce qu’ont dit ses collègues,
-         soit ce que lui ont dit ses collègues.
On peut même dire que le journaliste qui a sorti la dépêche se soit trompé dans la retranscription de ses propos. Nous ne sommes donc pas plus avancés…

Le buzz est parti parce que les journaux n’avaient que ça à faire en attendant d’avoir un comptage définitif des victimes. C’est le problème de l’information en continu démultiplié par Twitter. Au fond, qu’est-ce qui est intéressant dans cette catastrophe, indépendamment des putatifs délinquants :
-         le bilan, le nombre de mort,
-         la cause « technique »,
-         l’éventuelle responsabilité des acteurs (manque d’entretien,…),
-         ce que l’on va faire pour éviter que cela se reproduise,
-         l’impact sur le réseau et la circulation des trains dans le secteur, notamment le RER C.

Or, tout ça n’est connu que bien après. L’ampleur de la catastrophe a été connue vers 21 ou 22 heures. On savait que le nombre de morts serait inférieur à une dizaine. Pour le reste, on a su ou on saura plus tard.

Reste qu’il faut bien occuper les journalistes qui ne pensent, au fond, qu’à récupérer de l’audimat, donc à satisfaire les clients que nous sommes. Ils n’ont rien à dire. Une information bidon leur tombe sous la main, le buzz est lancé. La catastrophe de Brétigny est l’événement de la soirée, les journaux doivent en parler absolument en boucle et n’ont qu’un fait potentiel à se mettre sous la dent.

Peu importe la vitesse à laquelle les démentis sont arrivés, le buzz est retombé,…

Le lendemain, le buzz se poursuivait dans les réseaux sociaux, d’autant que la réponse du ministre a été maladroite (« un peu rude »). Il aurait mieux fait de dire : « quelques habituels connards ont jeté trois pierres sur les pompiers comme lors de chacune de leurs sorties et un téléphone portable a été piqué. »

Ce sont essentiellement des internautes de la droite de la droite qui ont fait ce buzz parce qu’ils sont persuadés que le gouvernement leur ment (comme nous étions persuadés que le gouvernement précédent nous mentait). Ils cherchent des arguments et, avec l’affaire Méric et quelques autres histoires, ils se donnent l’impression d’enquêter absolument sûrs d’eux alors que, à la base, il n’y a toujours rien hormis la déclaration de la syndicaliste de droite.

Dans ces dénégations, le blogueur Koltchack a été bien actif. Il a refait un billet hier (il me semble avant l’article du Point) avec un nouveau témoignage dont il ne remet pas en cause l’exactitude alors qu’il s’agit encore une fois de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours. Or sa source est le site web d’un média dont on peut suspecter la neutralité et qui pourrait avoir intérêt à défendre l’idée que les banlieues françaises sont envahies d’islamistes dangereux. Je mets bien du conditionnel, je ne connais pas ce site, ce média mais uniquement la page Wikipedia !

Arrive, près d’une semaine après les faits (mais les échanges ont continué dans les réseaux sociaux) la dépêche du Point qui n’apporte aucune preuve : un journaliste écrit qu’ils ont eu accès à je ne sais quel rapport de la direction des CRS (ou un truc comme ça). On ne sait pas si le rapport est authentique, comme le Point l’a eu…

Ce que je sais, notamment en tant que blogueur, c’est que le Point est un des canards les plus actifs contre le Gouvernement… Ca devient sa marque de fabrique. Je n’invente rien. A l’heure où je vous parle, le deuxième titre en une de leur site web est : « Exclusif : les vrais chiffres de la délinquance du 14 juillet ». L’article est bien à charge : les voitures brulées ont augmenté et le nombre de délinquant arrêté est moindre. Et comme pour l’article d’hier à propos de Brétigny, on a « exclusif » dans le titre. L’un article commence par : « Le Point.fr a pu consulter les chiffres officiels concernant les faits délictueux du week-end dernier. » Hier, l’article commençait par : « Le Point.fr s'est procuré un document confidentiel de la direction centrale des CRS qui fait état de jets de projectiles et de vols sur les victimes du déraillement du train. » (un des auteurs a déjà été victime d’intox et l’autre est un plagiaire d’Authueil…).

L’air de dire, pour satisfaire l’électorat de droite : « z’avez vu, les gars, nous on a la vraie information sur la délinquance, on a nos sources ! ». Je propose à Fdesouche de mettre en page d’accueil un lien vers Le Point, le boulot sera fait et ils pourront prendre des vacances tranquilles.

On sait à qui profiterait l’information comme quoi les jeunes des banlieues, donc des types d’origines étrangères probablement musulmans, sont de pire en pire : à l’extrême droite… On pourrait penser que le syndicat qui a sorti l’information (plus précisément, c’est, selon Wikipedia, un syndicat policier classé à droite et la référence pour avoir cette information fournie par l’encyclopédie en ligne est… un article du Point qui explique que les policiers sont de gauche).

A noter que nous avons d’autres journaux qui traitent du sujet, notamment, aujourd’hui, Essonne Info, dont les journalistes étaient présents et confirment n’avoir rien vu. Mais, au risque de leur faire de la peine, je ne sais pas à quel point ils ne seraient pas un peu proche des socialistes locaux… Je les crois néanmoins.

A qui profite le crime ?

Les commentateurs réactionnaires qui interviennent suite à mes billets nous expliquent que le gouvernement aurait une volonté de minimiser tous les actes de délinquance dont celui-là. Restons sur celui-ci.

Je vais commencer par un peu de méchanceté : avec tous les couacs provoqués depuis un an par les cabinets ministériels, j’ai du mal à imaginer qu’ils puissent organiser un black out aussi rapidement un vendredi soir de juillet avec musèlement de la presse…

Vous pourrez toujours me fournir ce qui aurait pu motiver le gouvernement à organiser ce black out, je pourrai toujours sortir des raisons contradictoires.

Petit 1 : les forces de l’ordre sont intervenues très rapidement ce qui montre leur efficacité.
Petit 2 : la meilleure chance de la gauche de gagner les prochaines élections municipales est une multiplication des triangulaires avec le FN et l’UMP. Autant faire monter le FN.
Petit 3 : le black out risque de leur retomber sur la gueule.
Petit 4 : la ville de Brétigny semble bien implanté à gauche, autant montrer que les forces de l’ordre arrivent rapidement, les gens savent bien qui habitent leurs « quartiers ».
Petit 5 : on est encore en début de mandat. En aucun cas, il ne peut y avoir eu des hordes de jeunes à détrousser les cadavres, donc s’il y avait eu quelque chose, ça aurait une dizaine d’imbéciles, au niveau de la communication, il aurait été beaucoup plus efficace de les embastiller pour l’exemple que de déclencher ce black out.

Mes lecteurs sont majoritairement de gauche et ne savent peut-être pas ce qui peut se passer dans le crâne d’un réactionnaire. Dans un autre blog, alors que je demandais les motifs potentiels du gouvernement de nier le machin, une blogueuse probablement réactionnaire indique : « bah grosso-modo le même poursuivi depuis 30 ans ? Vivre-ensemble, la diversité est une richesse, le problème de la délinquance est social... toussa toussa, non ? »

Il nous faudrait peut-être une explication de texte. Ou alors qu’elle remette ses neurones dans l’ordre. Ou qu’elle évite les platitudes.

Didier Goux abonde évidemment dans son sens. « Chère Laura, je crois que vous vous escrimez en vain : si on vous affirme, ici ou là, dans les ministères et les blogs de déférence, qu'il n'y a eu aucun incident, c'est qu'il n'y a eu aucun incident ! Si vous persistez, on sera conduit à penser que vous avez mauvais esprit, voire pire… »

Didier, Koltchak et les réactionnaires habituels qui trainent ici, je vous invite à vous exprimer clairement sur les raisons qui auraient pu pousser le gouvernement à taire une affaire qui, de toute manière, ne serait l’œuvre que de quelques abrutis (s’il y avait eu du monde, l’affaire n’aurait pas pu être étouffée). Dites le clairement, pas sous forme de sous-entendus.

Ne me dites pas pourquoi vous pensez le contraire ou, du moins, vous vous battez pour faire croire aux gens que le gouvernement ment, je connais vos raisons, le grand remplacement et « toussa toussa, non ? »

Vous avez vu ce qui vient de sortir sur le Point : « Quand la gauche sombre dans le négationnisme » ? Tout y est, y compris les références à Philippe Murray. L’auteur n’apporte aucune réponse. Il ne fait que confirmer que Le Point est un canard particulièrement réactionnaire.

Il va falloir que le Figaro fasse des efforts pour rester devant.

14 juillet 2013

Cette réacosphère qui déraille

C’est l’histoire d’une ignoble manipulation de la fachosphère, aussi évoquée par mes confrères CC, Cyril, Seb,… et sur ce site (sur lequel je base mon récit). Juste après la catastrophe de Brétigny, des sites réactionnaires ont fait monter une rumeur : des jeunes (comprenez : « des jeunes des banlieues issus de l’immigration ») ont tenté de dépouiller les cadavres et les blessés. Ceci est largement faux mais ça n’a pas empêché nos amis de trépigner, allant jusqu’à expliquer dans les blogs que les pouvoirs publics mentaient.

Lamentable.. Ils n’ont rien. Pas un témoignage direct, rien.

19h38 : deux connards sont arrêtés pour avoir volé des téléphones portables. Des véhicules de secours sont caillassés.
20h41 : Valérie Pécresse dénonce une tension sur place.

22h20 : une syndicaliste policière (Alliance). « Un « groupe de jeunes » semblant venir au secours des victimes est finalement décrit comme des pillards et détrousseurs de cadavres. 

5h44 : Le Monde : « Tout de suite après l'accident, selon des témoins, une trentaine de jeunes venus des environs ont tenté de voler des effets des victimes, sacs, portables ou autres. Ils ont également caillassé les pompiers qui intervenaient. Puis ils ont été évacués hors du périmètre par les CRS. Les échauffourées se sont poursuivies encore quelques temps, avant de s'apaiser. » (démenti à 8h04)

Progressivement les cadres d’extrême droite reprennent l’histoire et les réseaux sociaux s’emballent. La droite modérée entre en jeu, comme mes amis Authueil et FalconHill, qui en font des billets.

Florian Philippot s’y met : « Jusque dans l’horreur les racailles empoisonnent la vie des Français, comme constaté encore aujourd’hui à Brétigny ».

La plupart des sites réac s’y mettent à l’exception de Fdesouche qui reste relativement posé.

Dans la matinée, pourtant, le ministre des transports dément ses agissements, la presse publie les témoignages du Préfet et du patron de la Croix Rouge. Des sources policières démentent les pillages. Fdesouche publie ses propres doutes.

La théorie du complot prend place : les autorités nous mentent et tout ça. Lionel Lucca est un des premiers à déclencher le feu.

Dans la soirée, pourtant, l’affaire retombe et la théorie du complot monte de l’autre côté : la réacosphère a bien fait monter des informations fausses.

Les commentateurs des blogs continuent néanmoins à rajouter une couche.

Derrière tout ça, il n’y a rien. Deux types arrêtés. Pas une seule vidéo, pas un seul tweet d’un journaliste ou d’une personne sur place. Rien. Tout est parti d’une vague déclaration d’un syndicat de police. La presse s’est emballée dans cette histoire avant de se calmer et les cadres de l’UMP et du FN se sont engouffré dans ce bordel pour le faire résonner encore plus.

Une infâme manipulation de l’information.

Tant pis pour les victimes, tant pis pour les familles dans l’angoisse.

Lamentable.


Voila le dernier commentaire que j’ai vu, laissé chez Didier Goux :

« 24h après les faits, pratiquement aucun article dans la gauchosphère, relatif au déraillement du train à Brétigny. Seul E.Arié semble appeler un chat, "un chat". Un autre billet nous explique que la réacosphère se serait précipité pour récupérer un évènement qui en fait n'aurait pas eu lieu.
Bref du grand classique.

Et l'on voit bien que la discussion devient impossible. On sent bien de plus en plus qu'il n'y aura "pas de réconciliation possible", pour reprendre le titre de ce billet. C'est triste et ça pue. »

Ces ânes viennent même jusqu’à nous accuser de ne pas reprendre l’information fausse. Je vais répondre à ce type : connard, c’est toi qui pue. Avec ta supériorité naturelle, tu affirmes des trucs mais tu n’as rien. Je ne demande pas une preuve mais un simple témoignage direct…


Rien. Seulement le délire collectif d'une droite perdue.

26 juin 2013

L'assurance d'une réacosphère

Avec le mariage pour tous, certains blogueurs réactionnaires, qui s’attribuent se qualificatif ou pas, se sont sentis pousser des ailes, trouvant enfin un sujet d’unité. Ils se sont crus majoritaires, je suppose et ont imaginé représenter le peuple, tout le peuple. Les bons scores du Front National lors des partielles leur ont, semble-t-il, prouvé que l’électorat validait les thèmes de « la droite dure » alors que l’électorat ne fait que rejeter le parti au pouvoir et celui qui pour eux, au fond, devrait être le seul à avoir la légitimité pour gouverner mais fait n’importe quoi. Il y a eu, ensuite, deux histoires, celle d’Esteban et celle de Nicolas B, de jeune, qu’ils prennent pour des martyrs, victimes d’un pouvoir de gauche qui fait ingérence dans les histoires de la justice.

Il faut croire que bloguer dans l’opposition n’est pas si facile. Je le sais, je l’ai fait pendant six ans et demis. Du coup, ils perdent la tête. Tiens ! J’ai fait un billet, hier, à propos d’Esteban (et plus précisément de Clément Méric), il y en a plusieurs qui ont fait des commentaires à propos de Nicolas B., en citant le billet de Maitre Eolas. Ils mélangent tout.

Nicolas B a été emprisonné parce qu’un juge a pensé qu’il devait l’être. Je n’ai aucune raison de penser que le juge puisse avoir tort mais le blogueur réactionnaire sera persuadé que le juge a tort, est aux ordres du pouvoir, … Ils en viennent à raconter n’importe quoi. Pour Esteban, c’est différent ! Ce type fait partie d’un groupe d’extrême droite et, évidemment, la gauche lui tombe dessus. Certains ont dit de grosses conneries, d’ailleurs. Il n’empêche que nos blogueurs réactionnaires se sont ligués pour défendre Esteban, un peu comme quand ils luttaient, ensemble, contre le mariage pour tous, tout en prétendant ne pas le défendre. Pour se faire, ils n’avaient qu’un seul angle attaque : taper sur Méric. On voyait, dans les réseaux sociaux proches de l’extrême droite (ils sont très bien organisés), un tas d’informations qui circulaient, démontrant que Méric n’était pas un ange. Néanmoins, en façade, ils disent que ce n’est qu’une bagarre de jeunes qui a mal tourné et qu’on en fait tout un plat. Mais ils continuent à diffuser des informations sur les « antifas ».

Hier, alors qu’ils étaient encore « sous la joie » des bons scores électoraux du Front National de dimanche, ils ont eu « leur bonne nouvelle ». RTL sort une information : ils ont vu une vidéo qui montrerait que c’est Méric qui est en tort. Explosion de joie !

Peu après, Libération sort un article pour dire qu’on ne voit rien, dans cette vidéo, à part que « la bande à Esteban » a été physiquement plus virulente que celle de Clément. Je ne sais pas qui a raison mais j’en ai fait un billet pour me foutre ouvertement de leur gueule. Le sacrilège !

Voila que les blogueurs réactionnaires en question me tombent dessus. Ce blogueur, par exemple, vient faire un billet me traitant de menteur. Je vous invite à lire les commentaires suite à mon précédent billet pour juger le niveau de certains.

Je vous invite aussi à lire ce billet d’un autre blogueur. Non ! Ne lisez pas, j’ai eu la flemme de le faire. Lisez le dernier paragraphe. En voilà des extraits. « Les blogueurs de gauche verront certainement dans ce billet la défense des folkloriques zigotos d’extrême droite. Contre cela, je ne peux rien. On ne peut pas forcer quelqu’un à retirer ses œillères, faire fi de ses préjugés, à faire œuvre d’intelligence. » Je suppose qu’il parle principalement de moi. D’ailleurs, ces commentateurs m’ont reconnu. Je traduis cette phrase : « les blogueurs de gauche ne sont pas d’accord avec moi, ce sont des cons. » Ce type n'a rien compris à la politique. Si tout le monde était d'accord, le débat aurait moins de charme. Je vais lui expliquer : mon canard, si tu prends tant de peine pour expliquer que Méric est le coupable, c'est bien pour défendre l'autre qui est de ton camp, sinon, tu t'en foutrais.

Un autre extrait : « Mon propos ne consiste pas à défendre qui que ce soit, mais à relever leur parti pris, au mépris de la plus élémentaire des prudences, et ce en dépit de témoignages qui attestaient du fait que les agresseurs n’étaient pas ceux qu’ils imaginaient. » Ce type a « oublié » que la dépêche de RTL ne disait peut-être pas la vérité et il nous reproche ses propres travers : le mépris de la plus élémentaire des prudences.

« Je me contente de pointer leur deux poids, deux mesures habituel, la bêtise consistant à faire de ce jeune homme un héros mort pour ses idées, abattu en pleine jeunesse par la bête immonde. » Il est mort en pleine jeunesse parce qu’il croyait lutter contre les fascistes. Ca n’en fait pas martyr ou un héro mais ça mérite le respect. « Le procédé n’est pas nouveau, mais je gage qu’ils auront du mal à faire de Clément Méric le nouveau Horst Wessel. » Il est fou ! Horst Wessel fut justement un nazi sauf… C’est à peu près le cas inverse sauf qu'il a été assassiné, réellement. « Ceci dit, les cons ça ose tout, c’est même à ca qu’on les reconnait. » Si Audiard savait le nombre de cons qui osent utiliser ses répliques.

Dans les commentaires de ce billet, on trouve celui d’un certain Béret Vert. « Ca me fait penser que Jegoun c’est un peu le Méric de la blogosphère: Il insulte tant qu’il se croit intouchable derrière son ordi. » Ce type est tellement con, désolé, qu’il ne se rend pas compte qu’il se croit intouchable derrière son ordi, avec un pseudonyme qui garantit son anonymat. « En ce qui me concerne il a été contraint à passer à une seconde étape: puisque m’insulter ne suffit pas à me faire taire (je précise que mes posts sont toujours parfaitement polis) il a choisi de me censurer. » Le censurer ? Il a encore commenté mon dernier billet. Il n’empêche qu’il m’expliquera pourquoi mon blog devrait servir de vitrine aux abrutis réactionnaires. Ses posts sont polis ? Ah ! Oui ! Il n’y a pas de gros mot. Il cherche juste à démontrer que je ne comprends rien. Il est d’une bêtise incroyable.

Cette assurance de certains blogueurs réactionnaires est relativement récente. Disons qu’elle est montée progressivement depuis qu’il est devenu évident que Nicolas Sarkozy ne gagnerait pas la présidentielle de 2012. Je suppose qu’elle va monter encore, s’ils continuent à perdre toute raison.

Ils voudraient qu’une droite dure reviennent en France, prenne le pouvoir. Pas nécessairement le Front National mais une droite dans la ligne de Nicolas Sarkozy. Pourtant, ce dernier est grillé. Il fait croire à son retour, pour la forme, mais des affaires judiciaires pourraient le mettre dehors pour des années, qu’il soit coupable ou innocent. Tiens ! Le financement de la campagne d’Edouard Balladur, en 1995, fait à nouveau la une de l’actualité. Les affaires vont s’enchaîner.

Je commence à bien connaître les blogueurs réactionnaires. Pour résumer, il y en a deux catégories. Il y a ceux qui constatent que la société ne bouge pas dans le bon sens. Je les rejoins pour bien des aspects. Et il y a les autres qui deviennent militants politiques en herbe, derrière un clavier, persuadés d’avoir raison et, comme beaucoup de militants politiques derrière un clavier, sont sûrs de représenter le peuple.

Faisons une brillante synthèse de cet excellent billet : les réactionnaires sans recul ne sont plus les bienvenus dans les commentaires de ce blog. Leurs commentaires seront donc supprimés. Ce n’est pas de la censure : ce blog est un blog personnel, j’y diffuse ce que je veux.

Je vais quand même donner un conseil. J'ai utilisé plus haut le mot "assurance". Vous devriez faire attention : vous n'êtes pas majoritaires mais croyez l'être. C'est ballot et ça conduit à des erreurs d'interprétation.