En salle

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05 mars 2014

L'épineux Buisson

On ne parlait que de ça, ce matin : Patrick Buisson a enregistré Nicolas Sarkozy. Pourtant, je ne suis pas spécialement offusqué : ces enregistrements – ou, du moins, leur contenu – ne concernent pas spécialement le grand public. Dans les quelques conversations qui ont été diffusées par la presse, je ne vois strictement rien d’important, à part, peut-être quelques propos de Buisson le même.

Ces enregistrements compromettent en fait essentiellement cet obscur homme de l’ombre qui a entrainé Nicolas Sarkozy vers une lourde défaite en lui dictant une mauvaise stratégie et mis l’UMP dans la tourmente, avec ces batailles internes au cours de laquelle Jean-François Copé a adopté cette ligne clivante dévastatrice, avec la victoire de la ligne Buisson incarnée par Guillaume Peltier et Geoffroy Didier.

La presse nous dit ce matin que Nicolas Sarkozy est furieux avec cette histoire ! Tu parles, Charles…

Que dit la presse du contenu des enregistrements ? Cherchez bien : rien. Les journalistes retranscrivent les conversations mais n’en tirent aucune conclusion. Ne serait-ce pas parce qu’il n’y a rien à en conclure ? Nous avons d’un côté des considérations sur quelques ministres, de l’autre une conversion entre Carla Bruni et Nicolas Sarkozy dans le registre « on est amoureux, on rigole bien » et, enfin, des critiques de Buisson sur le ministre de la justice qui ne maitrise pas les magistrats et, de l’autre, au contraire, des compliments à Claude Guéant parce qu’il gère bien son monde.

Nicolas Sarkozy sort le grand gagnant de cette opération. Il a été trahi par un conseiller qui tenter de tout régenter depuis l’Elysée, qui a donné une mauvaise stratégie,… Pour un peu, l’ex ne serait plus responsable de sa défaite et de tout ce qui s’est passé à l’Elysée. Vous allez voir que les affaires des sondages vont totalement repose sur les épaules de celui qui passera pour le traitre.

Nicolas Sarkozy a commencé à préparer son retour. La semaine dernière, il prônait un renforcement de la zone euro, pour faire plaisir, aux centristes tout en tapant sur la commission européenne et le Parlement qui prennent des décisions qui ne devraient pas être de leur ressort, pour faire plaisir aux réacs. Cette semaine, il grille Buisson et toute la stratégie, toute la stigmatisation, la division des Français,…

Ces enregistrements sont bien un scandale. La victime en est Nicolas Sarkozy. C’est tout ce que l’on retiendra de cette histoire : il a été trahi par celui qui l’a mal conseillé.

Depuis quand ce retour est-il préparé ? Qui nous dit que la fuite est fortuite ? Comment les enregistremetns sont-ils arrivés jusqu'à la presse ? Qui nous dit qu'ils datent bien des années où Nicolas Sarkozy était bien à l’Elysée ? Qui nous dit que les enregistrés n’étaient pas au courant ? Qui nous dit qu’ils ne répétaient pas des textes appris par cœur ?

A qui profite le crime ?

Quel est l’imbécile qui crie au complot ?

11 décembre 2012

Il n'y a pas dix solutions

Patrick Buisson, ancien conseiller très droitiers de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, est de retour ! « que François Hollande sera contraint de dissoudre l'Assemblée nationale. "On a la conjonction d'une impopularité chronique et d'un vote-sanction à l'égard du Parti Socialiste", a-t-il analysé au regard des élections partielles de dimanche. » Tout d’abord, on peut se demander s’il ne fait pas une erreur d’interprétation de ces partielles. Dimanche, selon mon confrère Romain Blachier, le résultat « a été banal: trois circonscriptions de droite ont mis des candidats de droite en tête du premier tour.  Les législatives […] ne faisaient pas exception à la règle: il y a avait des circonscriptions avec des sortants de l'opposition, très solidement implantés dans leurs territoires. »

Que Patrick Buisson dise le contraire, c’est normal, mais il n’y a aucune raison de faire une dissolution. Le président de la République dispose d’une majorité parfaitement claire et légitime. L’élection date de 6 mois à peine. On aura beau trouver des blogueurs pour ronchonner, les faits sont là. Je conçois parfaitement qu’on puisse souhaiter le changement du Premier Ministre pour des raisons bassement politiciennes mais on ne trouvera personne avec une légitimité plus forte que Jean-Marc Ayrault, soutenu par plus de 300 députés de gauche, même si on supprime les Verts.

On me dit dans l’oreillette que Jean-Marc Ayrault manque d’autorité. Il n’a pas le temps, il est en train de prendre des mesures pour les plus dévalorisés. Ce matin, je lisais dans 20minutes, ce matin, que les écolos allaient déposer un projet de loi pour interdire purement et simplement le gaz de Schiste alors que le Président de la République répète que « que sa «ligne de conduite» serait d'interdire systématiquement l'exploitation du gaz de schiste. » Si Jean-Marc Ayrault se positionne contre la proposition de loi, ce que je l’invite à faire, il subira automatiquement la fronde des Verts et du Parti de Gauche, les mêmes qui l’accuseraient de manquer d’autorité.

Qu’on laisse tomber ! L’Assemblée Nationale est parfaitement légitime : elle résulte du choix des Français.

Ils sont surprenant, au Front de Gauche. Enfin… Je l’entends surtout parler au travers des blogueurs. « J’appelle donc à la barre les blogueur(se)s qui le souhaitent à répondre à celle-ci : « Qui selon vous serait le meilleur premier ministre en cas de dissolution ? ». Je tiens à préciser que bien entendu, ce n’est pas tant le choix de la personne que la qualité des arguments qui le fondent qui sont intéressants dans l’histoire. » Telle est la question que pose le camarade Gauche de Combat à une brochette de blogueurs. Il ose rebondir sur les propos de Patrick Buisson.

L’hypothèse d’une dissolution rapide est hasardeuse. GdeC voudrait probablement que Jean-Luc Mélenchon soit le Premier Ministre.

Poser la question d’une dissolution est un déni de démocratie. Souhaiter un changement de Gouvernement est espérer une mesure de communication du Président, ce qui ne me semble pas bien brillant.

La qualité des arguments, demande notre ami…

Je me pose d’abord la question de la qualité de la question. Quelles sont les hypothèses retenues ? Quelle composition de l’Assemblée Nationale serait à prendre en compte ?

Je ne lis pas dans le marc de café. Le Parti Socialiste pourrait prendre une belle veste en provoquant un vote de rejet ou, plus précisément, il pourrait pâtir d’une forte abstention. Néanmoins l’UMP apparaît à peu près incapable de présenter un projet cohérent. Le Front National serait probablement le grand gagnant et pourrait doubler le nombre de députés.

Je vais tenter de répondre à mon camarade blogueur. Je n’ai pas à répondre à Patrick Buisson : il fait son job, taper sur le Gouvernement en oubliant que Nicolas Sarkozy a passé plus de quatre ans, pendant le quinquennat, avec entre 20 et 40% des gens qui lui faisaient confiance.

Soit la droite arrive largement en tête. Dans ce cas, le Président de la République n’aurait pas d’autre choix que de nommer le patron de la plus grosse force politique, en l’occurrence Jean-François Copé.

Soit la gauche arrive largement en tête. Dans ce cas, le Président de la République n’aurait pas d’autre choix que de nommer le chef de la majorité, en l’occurrence Jean-Marc Ayrault.

Soit il n’y a pas de nette majorité. Dans ce cas, le Président de la République serait obligé de monter une majorité dite d’union nationale et de prier Jean-Marc Ayrault de négocier avec l’UDI.

« Qui selon vous serait le meilleur premier ministre en cas de dissolution ? »

Je suppose qu’en 1997, Jacques Chirac pensait que c’était Alain Juppé… Aujourd’hui, un blogueur Front de Gauche penche que sa formation serait en position d’avoir son champion comme Premier Ministre.