En salle

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28 novembre 2015

Après l'hommage, la raison et le vote !

Au lendemain du second tour, en 2012, l'ami Tonnégrande m'avait dit : « je suis sûr qu'il sera un grand président. » Je n'en étais pas sûr. Je savais ne pas être objectif : j'aimais bien le personnage et je m'étais battu pour lui. J'étais fier, fier de lui, fier d'avoir participé à la campagne même si je savais que ma contribution n'avais pesé en rien dans le résultat. Ce que j'étais sûr, c'est qu'il ne serait pas un aussi petit président que le précédent. On avait réussi à le foutre dehors, j'en étais content, la gauche était de retour au pouvoir, le changement allait être maintenant.

Le changement ? La gauche ? Je ne sais pas. Ce qu'il a de sûr, c'est qu'il nous fallait éliminer cette droite que traînait avec lui Nicolas Sarkozy, depuis bien avant son élection, une droite toute dans la communication, prenant des mesures ridicules, inefficaces et entrainant la France dans une chute. Puis, François Hollande est arrivé, les cafouillages ont commencé. Nous n'étions pas mieux que les autres et, en plus, nous n'avions pas réussi à nous débarrasser d'une espèce de gauche qui vivait encore sur l'héritage de Marx. Il y a eu Cahuzac, les autres guignols, les conneries de Montebourg,... Son départ, un peu après l'arrivée à Matignon de Manuel Valls a été un tournant, non pas à cause du départ de Jean-Marc Ayrault, que j'aimais bien, mais parce qu'un certain ménage a été fait au sein du gouvernement. Il y a bien sûr eu l'épisode des frondeurs mais tout ce qu'ils ont réussi à faire est de se ringardiser, emmenant avec eux Martine Aubry, Benoît Hamon s'étant déjà grillé en préférant quitter le poste ministériel le plus prestigieux qui soit pour tenter de « prendre le parti ».

Les alliés du Parti Socialiste, à sa gauche, ont été ridicules et ses ennemis, le Front de Gauche, au dessous de tout. Pourtant, au lendemain des attentats, Jean-Luc Mélenchon avait été très bien, une des seules personnalités politiques sachant rester digne. Si j'avais eu le temps, j'aurais fait un billet pour en dire du bien (mais je n'ai fait presque aucun billet depuis alors qu'en 2010, je pondais trois tartines par jour). Hier, après la cérémonie, il a tout gâché avec un tweet malheureux. Dans son dernier texte, l'ami Sarkofrance disait que cette anecdote, cette polémique, n'avait aucune importance. Il a tort. Elle est révélatrice de la petitesse du personnage.

Alors, il ne me reste plus qu'à espérer que le centre se ressaisisse, un centre large, de la gauche du PS prête à assumer des responsabilités gouvernementales à une droite qui a mieux à faire que courir derrière le Front National. Je ne parle pas d'un Front Républicain ou d'un gouvernement d'union nationale et de je ne sais quelle autre connerie, je parle d'alliance de gens largement majoritaires dans ce pays mais qui font gagner les autres, à cause de cet éternel clivage. Le centre gauche traîne ses marxistes du dimanche soir comme un boulet. Le centre droit ne sait que s'allier avec des gens qui courent à l'extrême. N'allez pas penser que je vire centriste voire droitiste. Dans n'importe quel autre pays du monde, je passerais pour un dangereux cryptocommuniste. Pas en France.

Depuis deux semaines, Nicolas Sarkozy a été au dessous de tout alors que les autres responsables de LR ont su montrer une « dignité », nécessaire en ce moment, pas facile, non pas parce qu'il suit des des événements tragiques mais aussi parce qu'il y a une double campagne électorale, aujourd'hui, une pour les proches régionales mais aussi une pour la prochaine présidentielle, réellement partie.

La cérémonie a été belle hier. Je suis fier de mon président. Il paraît qu'il a failli verser une larme. Des internautes se moquent de lui, d'autres en sont heureux : l’impitoyable aurait brisé la carapace. Grotesque. N'importe qui aurait versé une larme. Écouter « quand on n'a que l'amour » suivi de cette interminable liste de noms de morts. Alors, en tant que président de la République, porter cela sur les épaules...

Mais il nous faut atterrir. Nous avons une élection dans une semaine. Les événements, cet attentat suivi de la COP machin, la font passer aux oubliettes. Il faut quand même en parler, refaire de la politique. Seules deux régions me concernent : la Bretagne et l'Ile de France. Le Front National a très peu de chance d'y emporter, nous avons donc un combat entre le PS et LR.

A droite, nous avons d'un côté Valérie Pécresse, de la droite versaillaise, et, de l'autre, Marc Le Fur, proche de Civitas. Tous deux relativement proches de Nicolas Sarkozy, faisant partie de cette droite incompétente ayant pollué la France depuis 2002. Il faut leur faire barrage.

A gauche, nous avons, chacun d'un côté, Claude Bartolone et Jean-Yves Le Drian, de ma gauche. Il n'y a pas photo.

Alors, électeur indécis, que tu habites l'une ou l'autre de ces deux régions ou l'autre, qui préfères-tu avoir comme président ?


Et si toi aussi, tu as été fier de notre président, hier, ne laisse pas croire que la stratégie de Nicolas Sarkozy va payer. Imagine-le au milieu des Invalides, imagine-le représenter notre pays en ces temps de crise. Imagine son retour.

Même par amour pour la Nation, ne fais pas le con, bordel !

02 septembre 2015

Les sept erreurs de François Hollande

François Hollande aurait déclaré qu’il regrette avoir été si loin en début de mandat et qu’il aurait « gardé l’augmentation de la TVA décidée par Nicolas Sarkozy pour boucler le budget qu’il nous avait laissé, j’aurais fait le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) pour les entreprises et j’aurais évité les hausses dans les budgets suivants. » C’est ce que déclare Françoise Fressoz, journaliste au Monde, dans un nouveau bouquin.

On dirait qu’il se force à dire des bêtises (comme s’il en avait besoin [je fais des parenthèses défensives anti-trolls – espérons que cela marche]) pour me forcer à prendre ma plume pour aligner les pixels à l’écran afin de le défendre. Comme si j’étais le dernier blogueur batave ! C’est beau. Je vais lui envoyer un courrier,

Cher Pépère,

Ce n’était pas une connerie. C’était une promesse électorale. Enfin si, c’était une connerie ! Tu aurais pu la laisser, cette augmentation, et la foutre sur le dos de Nicolas Sarkozy mais à part ça, la vraie connerie était de la réaugmenter ensuite. Quand on pense aux cafouillages divers qui ont suivi, comme le coup des pigeons, ta politique fiscale n’a eu aucune visibilité et les blogueurs qui te défendaient sont passés pour des ânes voire ont arrêté de bloguer. Moi j’ai continué car j’aime bien les ânes, je les cite souvent dans mon blog. Ma lassitude est plus récente.

Nous y reviendrons mais je vais préciser les autres conneries que tu as faites. La première était la réforme des retraites. On est de gauche, bordel, on partage ! Tu aurais pu faire des âneries qui auraient fâché les gauchistes comme torpiller le code du travail mais on ne touche pas à l’équation : on produit des richesses et on les partage. Pour les produire, il faut du travail et on le partage. Il ne sert à rien de travailler plus vieux tant qu’on a un taux élevé de chômage (sans compter le fait que comme perspective, pour les vieux jours).

A la limite, en contrepartie du CICE, tu aurais pu accorder une semaine de congés payés en plus.  La limitation des charges est nécessaire et c’est aussi ce qui a fait le succès des 35 heures dont on ne parle pas assez… En outre, l’avenir n’est pas à la taxation du travail dans notre économie mondialisée mais aussi avec la baisse de l’activité salariée inéluctable au profit d’autres trucs comme la sous-traitance, l’auto-entreprenariat et tout ça. Il faut nous préparer à cela.

Par contre, dès la première année, tu aurais dû faire ce qu’on appelle « le matraquage fiscal » dont on parle maintenant (d’autant que cela aurait été plus loin de 2017…) à savoir une forte augmentation de l’impôt sur le revenu, visible par tous, qui est un impôt de gauche, progressif, sur les revenus,… Et tu devrais te moquer des gens de gauche qui gueulent mais sont incapables de calculer ce que leur aurait coûté la « TVA sociale de Sarkozy » et ce qu’a coûté la tienne.

Tu pourras me dire que tu as fait cette réforme des retraites pour rassurer les marchés, l’Europe et tout ça. Mon cul, si je puis me permettre. Regardons le PIB par heure travaillée et le nombre d’heures travaillées par habitant du pays, mélangeons tout cela et on verra que ta réforme ne changera rien d’autant que ce qui est supposé avoir des effets à plus de dix ans me fait toujours rigoler compte tenu des évolutions de la conjoncture.

La deuxième connerie que tu as faite est la réforme des rythmes scolaires. Je m’en fous et m’en rend compte sur le tard. Une histoire de Merle, notamment.  Mais je ne vais pas m’étendre car je ne connais pas le sujet. Le système précédent, imposé par Sarkozy était mauvais, l’école ne fonctionnait plus et tu arrives à le faire pire ! Quand tu as viré ce brave Peillon, fallait virer ses projets…

La troisième connerie est d’avoir laissé filer des conneries dites progressistes. Je ne dis pas qu’elles ne sont pas justes. Mais c’est une erreur de communication. Allez ! J’accélère. La quatrième connerie est de n’avoir pas repris le thème de la laïcité à ton nom, à celui de la gauche.  Le sujet n’est pas facile, certes mais on en arrive à ce que relate mon confrère Sarkofrance : la mise en place d’un site pour lutter contre l’islamophobie (c’est un exemple et ne déformez pas phrase, j’ai dit que le problème était qu’on était obligés de lutter contre, pas qu’on le fasse).

La quatrième connerie est d’avoir mis une forte personnalité au poste de ministère du travail. J’y pensais l’autre jour et la nomination d’un nouveau ministre, à l’instant, me le rappelle. Le ministre du travail est devenu le ministre du chômage… Pour le premier ministre, c'est le contraire. Il aurait fallu nommer quelqu'un à forte personnalité plutôt que Jean-Marc Ayrault. Je n'ai rien contre lui, hein ! Mais il faut quelqu'un qui puisse incarner la politique de la France (ce qui était toujours le cas autant des septennats). Sans compter qu'avec la bande de guignols forts en gueule de son gouvernement...

La cinquième connerie est peut-être de ne pas avoir fait certaines réformes mais on ne peut pas tout réformer en même temps et un gros boulot a déjà été fait, sans doute supérieur à ce qui a été réalisé au cours des législatures précédentes.

C’est la sixième connerie qui m’intéresse ici : l’augmentation de la TVA, la tienne. C’était une connerie au niveau de la communication parce qu’on avait dit qu’on ne le ferait pas et que ce n’est pas un truc de gauche.

Néanmoins, il faut minimiser tout cela.

Tu as augmenté le taux supérieur de 0,4 points (Nicolas Sarkozy voulait l’augmenter de 1,6 soit trois fois plus). C’est le taux dit « normal ». Tu as augmenté le taux intermédiaire de 3 (de mémoire). Tu as baissé de 0,5 point le taux réduit. Ce n’est pas la mer à boire. Ni à manger d’ailleurs.

Pendant que j’y pense la septième connerie est l’augmentation des taxes sur la bière mais il me fallait 7 conneries, revenons à la sixième (mon côté faux cul car vous aurez noté qu'il y a deux quatrième connerie ce qui fait donc huit pour le prix de sept, remerciez moi).

Les gens de gauche qui gueulent contre cette augmentation doivent relativiser et ne pas oublier qu’il gueulait quand Nicolas Sarkozy baissait la TVA dans la restauration en disant que c’était un cadeau aux entrepreneurs et tout ça, en oubliant que c’est le consommateur qui paye. En outre, on oublie que c’est un impôt qui est aussi payé par les touristes étrangers et que les guignols français payent sur les produits importés. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain : la fiscalité est une histoire d’équilibre. Mais la TVA n’est pas visible par le consommateur sauf quand les magasins disent qu’ils sont obligés d’augmenter leurs prix à cause de l’Etat.

J’ai parlé.

Merci donc de me donner du travail et de redevenir le François Hollande que j'ai soutenu depuis 2011 voire 2010.

Tu peux accepter l’expression de ma considération distinguée et tout ça.

Nicolas

23 août 2015

Quatre ans, déjà !

Illustre pantalon
Allons bon ! Les Inrocks citent mon blog alors que je n'ai pas eu le temps de lui mettre un caleçon propre. Vite ! Un article illustré par la photo de Romain Pigenel devant la Comète. A sa gauche, c'est Ronald, je suppose. Derrière, c'est Odette. Attention, néanmoins ! Vous trouvez un type habillé n'importe comment, ce n'est pas pour autant qu'il s'agit du sieur Pigenel, hein ! Vous connaissez Ronald. Quand à Odette, elle est aux blogs ce que la littérature est à la cuisine à l'huile.

D'ailleurs, c'est dans un article au sujet de Pigenel que les Inrocks citent mon blog.

Je vais me présenter : je suis Jegoun, blogueur à n'importe quel sujet pour rétablir la vérité. Par exemple, on nous dit que Jean-Luc Anglade s'est blessé en voulant activer le signal d'alarme. Or le machin n'est pas protégé par du verre (pourquoi pas du béton armé, non plus, andouille?). Anglade s'est blessé en essayant de prendre le métro pour casser les vitres pour fuir.

Je peux aussi raconter des conneries au sujet de la politique. Tiens ! Chevènement va se rapprocher de Dupont-Aignan, ce qui est bien son droit. Voila que se pointe Jacques Sapir célèbre économiste proche de la gauche de la gauche qui se pointe et déclare : « La présence de Jean-Pierre Chevènement[20] aux côtés de Nicolas Dupont-Aignan lors de l’Université d’été de Debout la France est l’un des premiers signes dans cette direction. Mais, ce geste – qui honore ces deux hommes politiques – reste insuffisant. A terme, la question des relations avec le Front National, ou avec le parti issu de ce dernier, sera posée. » Je résume : la gauche de la gauche devrait se rapprocher de la droite de la droite. Hop ! Du coup, les copains de la gauche de la gauche sont en émoi et traitent Sapir de gâteux. Je leur explique : il n'a fait que poser une pierre de plus et il va bien falloir, les gars, que vous posiez les yeux où il faut, nananère, et vous rendiez compte patati patata ce qui ne veut pas dire qu'on met l'extrême gauche et l'extrême droite dans le même sac, les derniers exterminaient des peuples pendant que les premiers mangeaient les enfants.

Du coup, avoir un blog de centre gauche, c'est assez plaisant. Les Inrocks reviennent sur l'époque où Romain a commencé à travailler pour pépère : « Sa stratégie consistait alors à fédérer les blogs de gauche, “le cœur du réacteur”. Ce soir-là ils sont plusieurs centaines, alors que tout avait commencé en septembre 2011, lors d’une rencontre exclusive organisée par Romain Pigenel à l’Assemblée nationale entre François Hollande et quinze blogueurs de gauche – dont Jegoun, à peu près son seul soutien assuré sur la toile à l’époque. »

Je me rappelle de cette première rencontre : j'étais vachement intimidé, j'avais en face de moi le prochain président de notre bordel. Du coup, comme à chaque fois, j'ai laissé les copains parler. Toujours est-il qu'avec cette phrase, je me demande si le journaliste de cet honorable magasine musical tout droit issu de ma jeunesse essaie de me faire passer :
  • pour un neuneu,
  • pour un précurseur.

13 juin 2015

Sarkozy et Hollande : l'inversion de la courbe des millions

Après une semaine consacrée à un sujet sans intérêt (le voyage de Manuel Valls) reprenons les billets de fond, la vraie politique et tout ça. Tu as vu, à gauche, là, c'est une copie d'écran de la page Facebook de Nicolas Sarkozy, le Giscard du pauvre.

Figurez-vous qu'il est passé récemment sous la barre du million de fan. 950766 ! 950765 pour être plus précis puisque, ayant constaté que j'étais moi-même fan en ajustant la copie d'écran, j'en ai profité pour me désinscrire ! Quand on pense qu'il avait reçu son millionième abonné en grande pompe..,

Notons bien que si le nombre a baissé, c'est parce que Facebook a résilié les abonnements de comptes inactifs.

Alors regardons maintenant une autre copie d'écran, là, à droite. C'est le compte Twitter de François Hollande. Il vient de dépasser le million d'abonnés (c'est tout frais, ce matin, je crois). 

Notons bien que je suis très fier du "@fhollande vous suit" (relativisons, c'est parce que quand il a créé son compte nous n'étions pas nombreux dans Twitter et j'étais proche de son équipe : il lui fallait bien des couillons à suivre). 

Notons bien aussi que la performance de François Hollande est méritoire. Outre le fait qu'il ne soit pas un ancien président de la République, Twitter a beaucoup moins d'utilisateurs en France que Nicolas Sarkozy. D'un autre côté, Twitter, c'est l'instant... Et d'un encore autre côté, c'est complètement con d'être populaire dans un réseau moins fréquenté.

Pour être sérieux cinq minutes, c'est étrange que l'un cartonne dans un réseau social et l'autre dans l'autre...

11 mai 2015

Hollande et les droits de l'homme à géométrie variable

Je tiens les noms des blogueurs de gauche qui s'offusquent parce que l'entourage de François Hollande a dit qu'il allait parler des droits de l'homme à Cuba alors qu'il ne le fait ailleurs, notamment dans les pays où on peut prendre du pognon.

Pas plus tard que la semaine dernière, il était en Arabie où il appelait à l'abolition de la peine de mort.

Bande de guignols...

07 mai 2015

La droite, la gauche, Sarkozy, Hollande et tout ça

Nicolas Sarkozy avait déclaré qu’un « instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur ». Pour vous rappeler qu’il était toujours capable de raconter n’importe quoi et il l’est toujours, la nouvelle cible de l’UMP – pardon, des Répu – étant la réforme du collège de Najat Vallaud-Belkacem. Non, le latin, le grec, l’allemand ne seront pas supprimés mais il faut bien raconter n’importe quoi… Ca me fatigue parce qu’il faut communiquer, dire « non, c’est faux, ils mentent. » Rétablissons des informations. Tiens ! Le justice a validé les écoute du monsieur. Tiens ! Franck Louvier vient d’être placé en garde à vue.

J’en passe.

J’ai fait des billets pour les 3 ans de l’élection de François Hollande en disant du bien, fidèle à ma ligne, et donc dire du mal de Nicolas Sarkozy. Du coup, des lascars viennent m’expliquer que c’était mieux avant et tout ça.

Alors, parlons-en.

Non, ne parlons pas des procédures judiciaires dans le cadre des mandats donnés par la République et dont n’a pas assez d’éléments formels. Ca serait méchant. Il n’empêche qu’il va finir par tomber. Alors que Pépère, hein ! Il n’a pas beaucoup de casseroles. A ce stade, on ne peut pas affirmer formellement que Kadhafi a financé la campagne de 2007 mais l’affaire Bygmalion n’est probablement un écran de fumé. Tiens ! Au fait ! On a su aujourd’hui que Bygmachin aurait financé des bricoles à l’occasion du mariage de Jean-François Copé. Evidemment, des blogueurs de droite passent leurs journées à critiquer des agissements d’élus du PS mais il n’en trouve que peu à la tête de l’Etat. N’en parlons pas mais rappelons les enquêtes toujours ouvertes à ma connaissance (ou du moins selon ma mémoire), comme celle des sondages de l’Elysée, l’affaire Tapie,…

Pendant qu’on en parle, dans son billet du jour, il sous-entend que les socialistes tolèrent la pédophilie à l’école mais tombent facilement sur Robert Ménard. J’ai bien rigolé, à un moment, quand il écrit : « Comment peut-on d’un côté dénoncer la création d’une liste fichant les élèves en fonction de leur appartenance religieuse alors qu’une telle liste s’impose pour la création de menus spécifiques à la cantine en raison de l’appartenance religieuse, ou lors de l’inscription dans une école, notamment du fait des cours de religion… » Heureux d’apprendre qu’il y a des cours de religion à l’école (sans compter le fait qu’un type qui s’appelle Mohamed n’aura plus le droit de manger du porc).

Revenons à Nicolas Sarkozy.

Non, ne parlons pas de la vie privée. François Hollande aurait eu une maitresse. Est-ce un scandale dans l’histoire de nos Républiques ? Il a été la voir en scooter. Ah ? Il aurait du déranger la garde républicaine ? L’ex a fait un livre et un scandale. C’est de la faute à Hollande ? Nicolas Sarkozy, en 2007, faisait croire au peuple, a priori, qu’il menait une vie de couple idéale. Juste après son élection, le divorce. Pas très joli, de travestir une vérité pendant une campagne électorale. Et la convocation de la presse à EuroDisney pour annoncer ses fiançailles avec Carla ? C’était vraiment un moment grandiose de l’histoire de notre République ?

Non, ne parlons pas des promesses de campagne non tenues. On se rappelle des promesses de Nicolas Sarkozy en 2007. Le chômage à 5% et plus personne obligé de dormir dans la rue. Sans compter le travailler plus gagner plus qui a généré la loi TEPA qui a été aux trois quarts annulées pendant le quinquennat.

Non, ne parlons pas de fiscalités. Si ! Parlons-en, puisque l’on parle de campagne. Fin 2011, Nicolas Sarkozy a fait voter une large augmentation de la TVA qui s’appliquerait après l’élection. Ni vu ni connu. La gauche l’annule et les militants de droite accusent la gauche de matraquage fiscal.

Non, ne parlons des types qui abusent des moyens de la République. Avec Hollande, on a un type qui réserve une pièce à l’Elysée pour faire travailler le type qui lui cire les pompes, avec Sarkozy, on a un type qui affrète un avion privé pour rentrer de New York en urgence pour assister à un cocktail sans compter un autre qui se faisait payer ses cigares par la République.

Ne parlons pas du contenu politique. Encore que… On pourrait rigoler avec le nombre de lois sécuritaires ou des machins comme le service minimum, vous savez, ce truc qui devrait permettre qu’on ne voit plus quand il y a une grève.

Parlons de la Présidence.

Là, je ne cite pas de mémoire, je cite de Wikipedia car il ne faut rien oublier.

Le discours sur la laïcité positive…
La création du comité de liaison de la majorité présidentielle.
La révision de la constitution adoptée à deux voix prêt.
La sauvegarde du système bancaire (ben oui, filer du pognon aux banques quand on se fait élire avec un projet libéral) sans compter qu’elle était sans contrepartie.
Les discours au début de la crise (la fin du capitalisme financier et tout ça).
La piteuse ouverture (et les résultats associés…).
La création de la Société du Grand Paris pour retirer du pouvoir à la région (socialiste).
Le Grand Paris annoncé mais pas financé.
Le discours sur la relance et le grand emprunt parallèlement à l’annonce de la nécessité de rétablir les comptes tout en refusant un plan de rigueur.
Air Sarko One.
Areva (qui annonce aujourd’hui licencier, d’ailleurs).
Le discours de Grenoble.
La fusion Suez GDF (c’est politique mais il avait promis qu’elle ne se ferait pas).
La princesse de Clèves.
Guy Moquet.
La présidence des télés publiques.
Cécilia qui va chercher les infirmières bulgares et l’appropriation de la libération.
Le retour dans le commandement de l’OTAN.

Je vous passe la politique européenne (les traités imposés) et internationale (Kadhafi, Dakar,…). Je vous passe la convocation des syndicats pour imposer le résultat des négociations à venir.

Des actions du président…

Ne parlons pas des proches compromis par la justice. Vous allez me citer Cahuzac et Thevenoud et on pourrait s’envoyer des histoires au travers de la tronche. Il n’empêche que ce sont des histoires privées, scandaleuses, certes !, mais strictement privées, tout comme ce qui arrive à Tron, sauf qu’il a fauté, s’il a fauté, dans le cadre d’un mandat électif. On ne va pas parler de Joyandet et Blanc, vous me répondriez avec l’andouille qui faisait cirer ses pompes. Mais il n’utilisait pas l’argent public pour le faire et n’était pas ministre. Et cette pauvre Michelle Alliot-Marie ?

J’ai fait une belle liste ! Faites la même pour Hollande, en sortant tout ce qui est du ressort du privé et du programme politique.

Vous allez trouver :
La pitoyable inversion de la courbe.
Le pantalon en tire-bouchon pour accueillir la reine d’Angleterre.
La pantalonnade des pigeons et des 75%.
Le discours suite à l’affaire Léonarda (le fait qu’elle pourrait revenir mais seule).

Ne me sortez pas sa cravate de travers, je sors la photo de Sarko qui fait du jogging ou du vélo.

Quant à ce dernier, j’avais oublié le triplement de son salaire.

C’est amusant, on trouve aujourd’hui des types qui ne peuvent pas blairer Hollande comme nous, on ne pouvait pas blairer Nicolas Sarkozy.

Mais on a des faits pour étayer nos propos.

Mais la droite n’a rien. L’école est partie en couilles entre 2002 et 2012. La gauche fait une réforme. Certainement contestable. Mais les types de droite se basent sur des mensonges pour la dénoncer.


Ce n’est plus de la politique. 

06 mai 2015

60 engagements - bilan d'étape

Dans mon dernier billet, je ne croyais pas si bien dire. C'est Stéphane Le Foll qui sort un bilan détaillé des actions commises dans le cadre des 60 engagements (pdf). Je le lirai plus tard... L'époque est pain béni pour le blogueur de gouvernement.

Bon anniversaire, Pépère !

Cela fait 3 ans que tu as été élu, que je pleurais comme une madeleine, sous l’émotion, en t’écoutant à la télé. Tu parlais de la Concorde et j’étais avec les copains à l’Aéro. Tu avais réussi un premier pari qui se traduisait par l’éviction de Nicolas Sarkozy. Trois ans après, il n’y a plus la télé dans le bistro et le discours du Bourget avec son élan gauchiste est loin dernière nous. Tu avais fait un programme en 60 engagements dont un, de rétablir les comptes, tablant sur une reprise de l’activité fin 2013, comme tant d’économistes. C’est raté.

Nous sommes encore quelques-uns à te soutenir, dans les blogs. Ta popularité est au plus bas, c’était l’objet d’un de mes billets d’hier. Je citais les chiffres de TNS Sofres. La question posée est : « Faites-vous tout à fait confiance, plutôt confiance, plutôt pas confiance ou pas du tout confiance à François Hollande pour résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement ? » Si on me posait la question ainsi, je répondrais « non », sans hésiter, sauf si j’ai envie de faire mentir les chiffres. Je répondrais d’ailleurs « non » pour toute personnalité. Par contre, je répondrais immédiatement « oui » si on me posait la question : « François Hollande est-elle la meilleure personnalité pour présider la République dans notre contexte ? » D’ailleurs, les sondages ne mentent pas. Quand on pose la question « la droite [ou tout autre parti] ferait-elle mieux ? » la réponse est non…

Le problème est qu’on ne peut pas se satisfaire de sondages… surtout s’ils ne sont pas satisfaisants.

Bon ! Tu as manqué de bol dès le départ. On est très peu à avoir compris le concept du « président normal »… Pour ma part, ça ne me dérange pas que tu ailles voir ta copine en mobylette. D’ailleurs, ceux qui critiquent ce genre de truc sont les premiers à admirer les pays comme la Suède où le chef de l’Etat va au boulot en transports en commun. Après, il y a eu les couacs, les affaires et tous les machins. Sans compter l’inversion de la courbe que l’on attend toujours.

Je ne suis pas le seul à faire un billet d’anniversaire. Mon confrère Sarkofrance t’en souhaite un mauvais et je souhaite répondre à ses deux derniers paragraphes.

« N’oubliez pas le projet arc-en-ciel de 2007. Son souvenir m’empêche naturellement d’en vouloir aux soutiens actuels (il y en a encore, si si) de François Hollande. Son souvenir me rend mal à l’aise quand je lis la haine à l’œuvre dans certaines joutes politiques à gauche.

Le Parti socialiste semble devenu un lieu détestable. Je parle du parti, pas de ses militants ou sympathisants. Une fraction des dirigeants socialistes (Monsieur 5% de la primaire socialiste et quelques autres) n’en a plus rien à faire de sa gauche. Or qu’est-ce que le PS sans la dizaine de pourcents de suffrages sur sa gauche ? Rien, absolument rien. Nada, un parti d’opposition durable, prochainement marginalisé. »

J’adore l’arithmétique électorale. En 2007, Ségolène Royale a fait 26% au premier tour et sa gauche 10. Elle a fait 46% au second tour. Elle a donc récupéré 10 points sur sa droite et 10 points sur sa gauche. En 2012, la gauche était plus forte mais François Hollande a quand même du gratouiller 8 points sur sa gauche. Aucun parti de gauche ne peut être majoritaire tout seul. D’ailleurs, aux élections présidentielles, jamais le pourcentage des voix des parties de gauche n’a atteint 50%.

On peut toujours prendre des chiffres, des phrases… Le bilan, on le fera en 2017. On verra les promesses tenues. Celles non tenues. Celles qu’il était évidemment impossibles de tenir comme la séparation des activités des banques. Celles qu’on peut nier être tenues comme la renégociation des traités européens, comme si une négociation devait forcément aboutir comme on le voulait. Et comme si les électeurs votaient réellement pour ces conneries…

Alors, Pépère, bon anniversaire !

J’ai voté pour toi lors de la primaire de 2011 parce qu’il me semblait que tu étais le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy et tu l’as battu. J’ai voté pour toi, aussi, parce que tu étais sur une ligne politique que l’on qualifie de social-libérale, comme moi, et tu la mènes, même si des électeurs qui ont voté pour toi ne le comprennent pas, ne l’admettent pas, qu’il faut faire une politique pour tous les électeurs qui ont voté pour toi et pas seulement pour les électeurs de la gauche de la gauche, les 10 ou 15%, qui ont permis ton élection parce que ceux du centre ont voté pour toi aussi ce qui n’aurait pas été le cas si ton programme avait été gauchiste, si tu n’avais pas promis de réduire le déficit et tout ça.


Continue.

05 mai 2015

Des sondages et une stratégie pour 2017

Président sympathique
Le blog Perdre la Raison du copain Jeff compare les cotes de popularité de François Hollande et Nicolas Sarkozy au bout de trois ans à l’Elysée. Les chiffres sont mauvais pour François Hollande. Mais c’est un autre sondage qui m’intéresse aujourd’hui, celui du Parisien, Bembelly, sur son blog, note que Manuel Valls serait éliminé au premier tour laissant en tête Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy.

Il semble occulter complètement un des enseignements de ce sondage : Manuel Valls fait mieux que François Hollande. Mais il y revient dans la conclusion que je partage : je pense que François Hollande ferait mieux que Manuel Valls.

L’avantage de Manuel Valls est vrai également chez les sympathisants du PS (je ne vois pas l’intérêt de faire un sondage auprès des électeurs de droite, d’ailleurs, tout comme je ne vois pas pourquoi des sondages veulent nous démontrer que l’électorat de gauche préfèrerait qu’Alain Juppé soit le candidat de la droite).

Voila la conclusion de l’article du Parisien : « Plus étonnant, le score est identique si l’on considère la gauche élargie — incluant donc les partisans de Jean-Luc Mélenchon ou du Parti communiste — qui étrille pourtant régulièrement les idées « social-libérales » du Premier ministre. « Ce qui prime dans l’opinion, c’est le sentiment de compétence et de volontarisme, plus que le positionnement idéologique », analyse Gaël Sliman, le président d’Odoxa. »

François Hollande a bien un problème d’image que j’admets volontairement mais ai du mal à comprendre. Pour moi, et je l’ai déjà dit dans le blog, c’est quelqu’un d’éminemment sympathique alors que je n’apprécie pas spécialement Manuel Valls (même si nos lignes politiques ne sont pas éloignées, si tant est que j’en aie une).

Sur ma lancée, je suis allé voir les sondages du premier tour d’il y a cinq ans pour la présidentielle de 2012. Ils sont assez justes pour le candidat de l’UMP, comme s’il avait un socle aux alentours de 26 ou 28% des voix, ce que donne, d’ailleurs celui du Parisien que je cite. Pour les autres candidats, ils sont farfelus.

J’en sors un au hasard, celui de mai 2010 avec Hollande candidat du PS : Sarkozy 27, Hollande 18, Le Pen 12, Bayrou 12, Villepin 9, Besancenot 7, Mélenchon 6, Duflot 5, Dupont-Aignan 2, Arthaud 2 ! On connaît les vrais scores maintenant : visiblement, les soutiens de Bayrou et de Villepin ont plus voté pour Hollande ou pour Marine Le Pen. Et les électeurs de gauche sont relativement plus disciplinés !

Les sondages pour le second tour sont, quant à eux, beaucoup plus précis : Hollande, début 2010, commençait à dépasser Nicolas Sarkozy mais personne ne donnait François Hollande candidat…  Mais une large partie des sondages donnait DSK largement en tête.

Alors que faire ? C’est un peu la question que pose Bembelly à la fin de son billet sans dire ce qu’il pense réellement. Charge au lecteur qu’on suppose qu’il pense qu’il faut virer Manuel Valls et changer de politique. A mon avis que je partage volontiers mais avec peu de monde, c’est exactement le contraire de ce qu’il faut faire.

Si je n’étais pas franchement athée et anticlérical, je dirais qu’il faut prier la vierge pour que les résultats économiques arrivent et que les Français s’en souviennent au moment de mettre le bulletin dans l’urne. On peut aussi parier sur le fait que Marine Le Pen s’essoufflera notamment à cause de toutes les affaires qui la cernent comme les bisbilles avec son daron ou les conneries à Bézier.

Petit 1 : il faut se mettre dans le crâne dès aujourd’hui que François Hollande est le seul à pouvoir remporter l’élection présidentielle à gauche. Non seulement c’est un excellent stratège électoral et, en plus, il aura en 2017 ce qui lui manquait en 2012 : l’expérience.

Ce n’est pas une question de positionnement politique : je conçois très bien que l’on puisse penser que la politique menée n’est pas assez à gauche, ce qui explique le manque de résultat et donc la désaffection des électeurs, même si je ne suis pas d’accord. C’est une question pratique : s’il n’est pas candidat, le PS n’aura pas le temps d’organiser des primaires et ne trouvera pas le candidat ad hoc. Donc, la droite gagnera. Je sais ! Tout peut se discuter… Mais les sondages indiquant que seuls 38% des Français envisagent de voter pour un candidat de gauche, penser qu’il faut être plus à gauche pour récupérer des voix est une erreur.

Il faut donc claironner dès aujourd’hui qu’il sera candidat en 2017 sauf si les résultats ne sont pas au rendez-vous, à savoir si la courbe du chômage ne s’inverse pas réellement.

Petit 2 : il faut continuer les réformes mais pas celles qui fâchent (on se fout du travail du dimanche, bordel !). Cesser tout ou presque est aussi ce qui a fait perdre Nicolas Sarkozy. Rappelez-vous ses deux dernières années : aucune réforme de structure visible et des hausses d’impôt, des retours sur ce qu’il avait fait, conformément à son programme, en début de mandat,… François Hollande, au moins, a pris les mesures difficiles en début de mandat.

Petit 3 : baisser le prix de la bière.

Petit 4 : ne pas analyser de travers la cote de popularité. Comme Nicolas Sarkozy mais dans des proportions bien plus importantes, François Hollande a perdu l’essentiel de sa popularité au cours de la première année. Après, ça va, ça vient…  Et on sait pourquoi il a perdu plus en début de mandat (les couacs, les vacances à Brégançon, la taxe à 75% retoquée par le Conseil Constitutionnel, l’affaire Cahuzac,…) Surtout, il n’a pas perdu beaucoup plus en début mandat… Il avait une cote de confiance déjà inférieure de près de 10 points lors de sa prise de fonctions.

Petit 5 : il ne faut rien changer dans sa manière d’être, de faire de la politique,… Le rôle du président de la République est de montrer un cap et d’agir à l’international. Nicolas Sarkozy a changé de cap et est passé pour un guignol à l’international, son activisme autour d’Angela Merkel lors de la crise, son discours de Dakar et les conneries Lybie… Il ne faut pas changer son image mais mettre dans l’esprit des gens que son comportement est normal.

Petit 6 : mettre une certaine distance avec le gouvernement, ce que n’a pas su faire Nicolas Sarkozy.


Petit 7 : ne pas partir perdant. 

21 avril 2015

Mélenchon, Hollande et les années 70

Je n'ai pas fait de billet suite à l'émission de Canal+ avec pépère mais la polémique qui a suivi ses propos sur le FN qui ressemble à une affiche du PC des années 70 m'a fait rigoler, d'autant que je dis à peu près la même chose sur mon blog depuis des années... 

Ce qu'il y a d'amusant, c'est que personne n'avait ronchonné quand Jean-Luc Mélenchon avait dit "Madame Le Pen récite des morceaux entiers de notre programme (de la gauche). Leur ligne, c'est d'occuper l'espace politique de la gauche", car "l'espace politique de la gauche, c'est le peuple" et "le problème de la droite, c'est le peuple"

07 février 2015

Chassé-croisé dans l'ascenseur politique

Presque absent de l'actualité politique (si tant est qu'on peut y être présent...) de la semaine à cause du travail et de l'espèce de grippe qui me terrasse (de bistro), je profite du week-end pour rattraper mon retard et je suis amusé par la position dominante sur le web : Hollande monte et Sarkozy descend.

Notre bon actuel président semble avoir enfin accédé à la présidence de la République. Il est amusant de voir les blogueurs de droite voire de la vraie gauche penser qu'il abuse des dramatiques événements du début de l'année alors que les mêmes se foutent de la gueule de son cabinet suite à l'article du Nouvel Obs au sujet de la « jeune garde » avec les photos des jeunes loups.

Alors, j'ai lu l'article (ce que n'ont pas fait les andouilles qui ont fait le buzz). Il nous explique que François Hollande a remplacé des vieux crabes, dont certains issus de la promotion Voltaire, au profit de jeunes talents, totalement à son service parce que leur carrière est devant eux, avec une confiance réciproque totale pour différentes raisons, une sorte de paternalisme (j'espère que ce n'est pas de la pédophilie, hein !). Ceci explique le changement de communication de pépère.

L'article est totalement positif pour la présidence et les jeunes en question. Faire un buzz négatif est franchement crétin. Cela étant, qu'un article du Nouvel Obs au sujet d'une présidence socialiste soit positif...

Mais c'est bien la chute de Nicolas Sarkozy qui est surprenante, la défaite à la partielle, la position tordue qui s'en suit, le voyage à Abu Dhabi pour une conférence,... Je suppose que vous avez lu la presse avant moi.

Le soir de l'annonce de la position de l'UMP, j'en ai fait un rapide billet, un peu en colère. J'ai utilisé des mots forts sans donner d'explication. Il apparaissait ce soir là que Nicolas Sarkozy avait une position opposée à celle de son parti pour montrer qu'il était le gentil face au méchant. Je trouvais ça abject, ce qui a provoqué le billet, mais c'était compter sans un détail : on s'en fout à peu près autant que de la première fois où on a joué à touche pipi à l'adolescence, sous la tente, avec les copains. Sauf que ça ne dure qu'un temps, avant une réorientation radicale.

Il y a dans cette histoire deux erreurs : Nicolas Sarkozy a montré qu'il n'était pas vraiment le chef de l'UMP... et l'UMP a montré qu'elle n'avait pas de chef. C'est quand même facile de dire « à l'issue du débat, nous avons unanimement conclu que... » (quelle que soit la position).

La deuxième est électorale. L'UMP aurait du dire franchement que la seule manière de faire barrage au FN, c'était de voter pour le socialo. J'ai bien dit que c'est une erreur électorale, le reste, le Front Républicain, ce que doit faire la droite, les aspects moraux,... ne me regardent pas. Je ne suis pas à l'UMP.

Avec ce « ni ni », l'UMP a mis le FN dans le même sac que le PS. Ce sac est celui des partis capables de gouverner, d'accéder au pouvoir national ou local. Ils viennent de dire : « électeurs de droite, vous pouvez voter pour le FN » sous-entendu : « ce n'est plus la peine de voter pour nous ». Et ce pauvre Nicolas Sarkozy ajoutant qu'il n'était plus exclu de voir le Front National arriver aux responsabilités.

Le tout à quelques semaines d'une importante échéance électorale où cette configuration (le PS, l'UMP et le FN en tête, avec quelques primaires en vue) devrait ce généraliser, sans compter les régionales, à la fin de l'année qui seront primordiales.

La loose. 

J'invite les socialos à refuser tout Front Républicain pour les départementales. L'UMP a depuis longtemps "rompu la digue", il y a eu le discours de Grenoble et tout ça et il y aura des accords entre l'UMP et le FN à l'initiative de l'UMP car le FN devrait refuser pour ne pas se dissoudre dans la droite. Laissons Nicolas Sarkozy et son parti se débrouiller.


07 décembre 2014

Bad buzz en boucle

Les deux sujets ont fait le tour des réseaux sociaux entre vendredi soir et samedi matin : le montant de la retraite potentielle de François Hollande et la photo avec le président du Kazakhstan. Les deux sujets n’en sont pas : tous les présidents se sont fait prendre en photo dans des costumes locaux, c’est une tradition, et le montant de la retraite est faux.

Ce dernier mériterait une étude plus précise. Google donne accès à un tas d’information. La rémunération de Valéry Giscard d’Estaing en  fait l’ancien chef d’Etat le plus payé au monde et celle de Jacques Chirac dépasse 30 000 euros. Quant aux revenus de Nicolas Sarkozy, ils alimentent fréquemment les chroniques. L’ami Jacques relève le billet du blogueur de droite Pierre Parrillo et sa conclusion : « Alors la gauchiasse haineuse toujours prompt à donner des leçons de morale aux autres... Elle est où ? » Le blogueur aurait gagné en concluant différemment et en utilisant Google pour connaître le montant des retraites des anciens chefs de l’Etat. Ce qui est d’ailleurs un vrai sujet, de même que l’éventuel cumul pratiqué par François Hollande.

Quant à la photo de François Hollande, il convient évidemment d’en rire, comme l’on riait de ses prédécesseurs dans les mêmes situations. Je dois reconnaitre d’ailleurs que c’est son air coincé qui m’a fait le plus rigoler mais même quand il sourit, il n’est pas photogénique…

Mais c’est l’information brute et la photo qui ont fait le buzz, devançant les autres informations politiques du week-end, comme François Hollande qui renoue le dialogue avec Vladimir Poutine et l’UMP qui se remet progressivement en ordre de marche, mettant fin à deux ans et demi de crise.

Les réseaux sociaux ont encore permis d’atteindre des sommets de bêtise et la personne de François Hollande en est devenue, presque physiquement, une cible privilégiée, comme l’était son prédécesseur, à une époque (mais Twitter ne faisait que débuter…), pour d’autres raisons, plus faciles à décrire : le personnage était irritant, alors on se lâchait dans les blogs. François Hollande ne l’est pas, je crois. On peut détester sa politique et ce que peut incarner une certaine gauche, mais le haïr est difficile. Le blogueur de droite ne peut sortir que des âneries comme celle que j’ai citée. Il est amusant ce mot « gauchiasse ». Jamais un blogueur de gauche n’a utilisé un tel terme pour qualifier les types de droite.

La photo n’a aucun intérêt. François Hollande y affiche la tronche du type qui sait qu’il va être tourné en ridicule mais il pouvait difficilement dire au président Kazakh : ton costume de merde, tu te le gardes. Mais Twitter est capable du pire, de faire buzzer une photo. Hollande y aurait affiché le sourire niais qu’on lui connait, que le résultat aurait été le même. Des abrutis l’ont tweeté en pensant très fort : mais qu’est-ce qu’il a l’air con fringué ainsi.

Il y a pourtant eu des tweets très drôle, du genre « que fait la pelisse ? » Ou « c’est chapkastophique pour son image. »  

Mais Twitter préfère la bêtise.



10 novembre 2014

Ce que n'a pas dit François Hollande

« Ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paye » François Hollande n'a pas dit ça jeudi soir, pourtant des centaines d'internautes et blogueur avec du poil dans les oreilles ont fait du bruit pour se faire plaisir à tenter de démontrer, de se démontrer, que le pouvoir socialiste ne fait rien qu'à faire des bêtises.

C'est l'Express qui revient sur cela. Pour résumer : une phrase est sortie de son contexte, transformée puis mise dans un autre contexte.

Ils sont mignons, à droite... La politique par le mensonge.

08 novembre 2014

Hollande et sa communication : ne peut pas mieux faire ?

Dans le train qui ramenait en Bretagne, hier, après la rédaction de mon (mauvais) billet, je lisais un tas d'analyse dans la presse et les blogs à propos de la prestation de François Hollande et de l'échec de sa communication depuis son élection. Je crois que c'est Suzanne, du Merle Moqueur qui a une des meilleure explication : on ne comprend pas François Hollande. Tous les autres textes m'amusaient beaucoup parce que les rédacteurs se croient plus intelligents que les autres, normal, et que les arguments donnés sont en contradiction entre les articles, je ne peux que rigoler.

Alors, je me suis posé la question autrement : aurait-il pu réussir sa communication ? Je me suis donc apporté la réponse : non. Il n'aurait pas pu réussir. Il aurait tout juste pu éviter quelques boulettes. Par exemple, dès le lendemain, il nommait un ministre du redressement productif. Cette appellation, qu'il a préféré à ministre de l'industrie, était ridicule et faisait perdre de la crédibilité. Mais ce n'était qu'une bricole.

Ainsi, nos analystes ont oublié ce fait : il était impossible de réussir. Je vais donner trois raisons et vous pouvez en ajouter d'autres.

La première : l'information en continu. Les chaînes d'information en continu et l'usage d'internet pour suivre l'actualité se sont progressivement développés et les politiciens n'ont pas su le gérer. Il y a une vraie fracture vers 2005, peut-être avant. La date importe peu mais je me rappelle très bien que le porte parole du gouvernement était Jean-François Copé. J'ai commencé à bloguer peu après. Les médias, bien obligés de vivre, ont donné plus d'espaces à la politique (politicienne) et le « personnel politique traditionnel » n'a pas su gérer la transition.

La communication du gouvernement et du président sont devenus difficiles à gérer et les partis politiques (y compris le PS jeudi soir, nous révélait Le Lab) ont été obligés de diffuser des éléments de langage. Les interventions des politiciens sont devenues des caricatures.

François Hollande s'est exprimé à la télé, jeudi soir. Environ un électeur sur 5 l'a écouté. C'est rien. On a donc quatre électeurs sur cinq qui n'ont un retour que le brouhaha courant fait par les médias qu'ils suivent.

Ainsi, d'ailleurs, aucun des analystes que j'ai vu a parlé des 35 ou 37 millions « d'inscrits » qui n'étaient pas devant le poste.

La deuxième : Nicolas Sarkozy a changé la pratique de la présidence avec ce qu'on a appelé l'hyper-présidence.

Rappelez-vous "avant". On avait des Présidents qui étaient un peu des rois fainéants. Ils laissaient le Premier Ministre et intervenaient à l'occasion genre : je décide, il exécute. Nicolas Sarkozy a fait l'inverse. C'est sa personnalité. Il avait le même fonctionnement avant, quand il était ministre de l'intérieur (mais on pourrait remonter à la prise d'otage dans une maternelle à Neuilly sur Seine). En a suivi le "un fait divers une loi".

On s'est tous précipités dedans.

François Hollande a été obligé de plonger dedans et n'a pas su en sortir, d'autant qu'il a été obligé un premier ministre qui a rapidement eu une image de second rôle ou de technocrates (quelles que soient les qualités de Jean-Marc Ayrault, que je ne conteste pas).

Et la presse poussait dessus. A l'été 2012, il prend quinze jours de vacances et on le fait passer pour un fainéant. Cette presse idiote qui ne disait rien quand les prédécesseurs partaient trois ou quatre semaines, ce qui était bien normal ! Tout juste a-t-elle un peu ronchonné quand Chirac partait aux Îles Marquise aux frais de la princesse...

Le troisième : les réseaux sociaux et ces machins qui font croire aux citoyens qui peuvent être acteurs.

Rappelez-vous le bijoutier de Nice et sa page Facebook qui a fait un carton. Le type tue un voleur. Les braves gens se précipitent : oui, il faut le défendre. Il me parait pourtant évident qu'il faut laisser la justice se faire.

C'est incontrôlable.

Quelques vraies erreurs

Il y a bien eu les couacs qui ont nuit à l'image du gouvernement et donc du président sans compter l'affaire Cahuzac et des conneries comme ça, mais, au fond, qu'y pouvait François Hollande ?

Je vais citer deux erreurs :

La première : Hadopi. Pourquoi ne pas avoir abrogé ce truc dès le début ? On était contre et tout ça. Aucun prétexte pour ne pas y mettre fin, quitte a trouver un nouveau système ensuite...

Le deuxième : l'Ecotaxe. Pareil. On était contre, mais on fait une loi pour mieux la cadrer parce que le contrat avec la boite était signé par les prédécesseurs. Pourquoi avoir attendu deux ans et demi avant de sous-entendre qu'on va l'abroger, donnant ainsi l'effet de reculer devant les bonnets rouges ? On était contre et elle était mauvaise, les modalités techniques de mise en œuvre étaient abominables et elle allait coûter très cher.

J'ai des confrères qui citeraient des affaires comme celle des pigeons, en plus. Libre à eux. Mais je considère que les réseaux sociaux (déjà évoqués précédemment) y ont leur part de responsabilité, tout comme, voire surtout, les services de Bercy qui n'ont pas su évaluer les conséquences. Il n'empêche que la communication a été très mauvaise. Il aurait fallu envoyer chier les entrepreneurs... tout en prenant en compte une partie de leurs revendications au cours des débats parlementaires. L'Assemblée est là pour ça : améliorer les textes de lois.

Et il y a une autre erreur : ne pas avoir soutenu François Bayrou pour la législative à Pau. Elle ne porte qu'indirectement sur la communication mais les centristes, qui « nous » ont permis d'être élu, l'ont eu en travers de la gorge.

Alors que faire ?

Je n'en sais rien. Je ne sais même pas si j'ai raison pour tout ce que je viens de baragouiner en disant en préambule que les analystes se plantaient. Pourquoi pas moi ?

Je vais donc raconter une anecdote avant de donner des conseils avisés qui ne seront pas écoutés.

L'anecdote

Au bistro, hier, je discutais avec une copine et deux copains. La copine lit mes blogs (salut, Karine !) et me disais en rigolant : alors, tu vires centre gauche ? Elle faisait allusion à certains billets. Je lui ai répondu : non, mais je ne peux plus piffer les socialos et une partie de la gauche de la gauche. Outre qu'ils pourraient être plus soudés avec le gouvernement, le traitement qu'ils ont des sujets sociétaux est un repoussoir à électeurs (j'en ai fait assez de billets pour ne pas m'expliquer maintenant). Les trois ont approuvé.

Alors, Karine a demandé : mais pour qui voter en 2017 ? Je lui ai répondu que c'est trop tôt pour se poser la question d'autant qu'on ne sait pas pour qui sera candidat...

Toujours est-il que, deux ans et demi avant les élections, ils n'envisagent ni de voter pour François Hollande ni de voter pour un candidat issu du PS, du FdG ou d'EELV.

Je vous laisse en tirer les conclusions non pas sur les votes de ces braves gens qui voteront probablement à nouveau pour le candidat du PS, mais à reculons...

Alors que faire ?

Demandais-je avant d'être interrompu par moi-même. Je vais laisser le PS, le FdG et EELV se débrouiller, non sans donner un conseil au PS (vous n'avez pas d'autre choix que d'améliorer la solidarité avec le gouvernement) et à EELV (arrêtez vos prises de position iconoclastes, ça ne sert à rien et vous passez pour des guignols, vous auriez du rester au gouvernement jusqu'au bout pour montrer votre capacité à être un parti de gouvernement ; de toute manière, vu l'état de la gauche, vous ne récupérerez pas rapidement du poids).

Je vais donner un conseil plus sérieux au PS. Le PS a un numéro un. Il a plusieurs porte-parole. Il doit limiter le nombre de porte-parole. Seuls eux deux doivent parler dans les médias au nom du parti, en plus des chefs de groupe dans les deux assemblées.

Des conseils à François Hollande

Mets-toi en repli. Tu as promis de faire une conférence de presse tous les six mois. Tu te limites à cela, en plus des traditionnelles interventions que tu peux faire, à l'occasion de déplacement à l'étranger ou du nouvel an, du 14 juillet,... Mais tu ne parleras de politique intérieure qu'à l'occasion des deux conférences de presse annuelle.

Quand ta vie privée est mise en cause, tu fais un communiqué de presse, toujours le même, sur le thème : j'fais c'que j'veux, c'est ma vie, j'avoue ce que vous voulez mais ça ne vous regarde pas. Et ce dès que l'affaire sort.

Des conseils aux communicants de l'Elysée ou du gouvernement ?

Le premier n'est pas facile d'autant que certains des communicants sont des copains. Je vais le faire sous forme d'une question. Pendant le machin de pépère, jeudi, vous avez organisé une soirée à Solférino pour « riposter » dans Twitter et les réseaux sociaux. Pensez-vous qu'il y ait un seul impact positif pour l'image du président ou du gouvernement ?

Le deuxième ne sera pas facile à mettre en œuvre. Le gouvernement a un premier ministre, un porte-parole et un type en charge des relations avec le Parlement. Ce sont les seuls à être habilités à parler de tous les sujets généraux. Les autres membres doivent se limiter à ce qui est du ressort de son ministère. Par exemple, l'Ecotaxe c'est bien du ressort de Ségolène Royal mais son remplacement est du ressort du ministre des finances et de celui du budget.

Ainsi, ce n'est pas la peine que les ministres se déplacent dans les médias le lendemain de l'intervention de pépère, ça ne sert à rien. C'est au secrétaire général du PS et au porte-parole du gouvernement d'éteindre le feu par rapport aux propos de l'opposition.

Des conseils à tous (dans les médias) !

Fermez-la !

Vous pouvez faire un sondage au près de la population à n'importe quel sujet : pensez-vous que François Hollande ait réussi pour le chômage ? Pensez-vous qu'il doit démissionner ou dissoudre l'Assemblée ?

C'est très drôle et ça vous donne du grain à moudre.

19 septembre 2014

La véritable histoire des stratèges du Parti Socialiste

Fin 2001, François Hollande était premier secrétaire du Parti Socialiste. L’élection présidentielle approchait. Le PS avait un bon résultat à l’issue de la législature avec une vraie diminution du chômage et une belle croissance, liées à de bonnes mesures de gauche, comme la réduction du temps de travail mais aussi la prime pour l’emploi, les emplois-jeunes, la baisse de la TVA, , mais aussi à une bonne conjoncture économique qui s’était néanmoins émoussée, sur la fin, avec l’éclatement de la bulle informatique.

Mais c’est la baisse du temps de travail dont il était le plus content même si elle avait été mal gérée par Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn, car il est évident que le progrès technologique permet de moins travailler et que la mondialisation galopante allait faire que les emplois industriels seraient pour beaucoup délocalisés dans des pays en développement. D’ailleurs, cette mondialisation et la création prochaine de l’Euro allaient avoir des impacts importants sur l’économie et le gouvernement Jospin avait pris des premières mesures radicales pour l’accompagner. Par exemple, il fallait privatiser France Télécom parce que nous connaissons aujourd’hui, la concurrence, le dégroupage,… étaient inéluctables. Ces mesures faisaient grincer, à gauche, évidemment, mais François étaient sûr de lui. D’ailleurs, 13 ans plus tard, on le constate : tout le monde à un mobile voire un smartphone et un accès à internet. Les mesures étaient bonnes.

Mais contestées. Entant que chef du premier parti de la majorité et éminent député, celui qui se ferait appeler volontairement Flamby, aidé par son ami Arnaud Montebourg, pour entretenir une image de bonhommie, les avait fidèlement accompagnées.

Fin 2001, il regardait la présidentielle arriver, quelques mois plus tard. Lionel Jospin était sûr de gagner. Il avait de bons résultats et Jacques Chirac une très mauvaise image. Il savait par ailleurs que, quel que soit le gouvernement, il aurait à continuer à gérer cette mondialisation et qu’il faudrait prendre des mesures très douloureuses. Il fallait que cela soit la droite qui les prenne sinon la gauche serait grillée pour des dizaines d’années et sa propre carrière serait compromise. Car il ne pensait qu’à cela : sa propre carrière et les dix ans qu’il allait passer à l’Elysée, en réformant la France et en laissant un nom dans l’histoire du pays et de l’Europe.

Encore une fois, l’avenir lui a donné raison : la gauche allemande, menée par Gerhard Schroder, a pris ses mesures et est évincée du pouvoir. Pire ! La droite ayant pris le relai, la situation économique du pays s’est bien améliorée mais, en l’absence de la gauche au pouvoir, personne n’a pu mener la politique sociale nécessaire à l’accompagnement des braves gens qui allaient subir les dommages causés par ses réformes.

En laissant Lionel Jospin gagner, il foutait en l’air sa carrière mais aussi tout le progrès social dans le pays. D’ailleurs, c’est Lionel Jospin lui-même qui le lui a dit. C’était un grand homme d’Etat et ne voulait pas laisser le peuple dans la merde. Et supputait déjà que l’image de Gerhard Schroder qui se préparait à faire ces réformes ne serait pas au top !

François Hollande et Lionel Jospin décidèrent alors de perdre la présidentielle. Ils allaient faire une mauvaise campagne, accumuler les bourdes. Mais François Hollande était déjà un fin tacticien électoral. Il savait que Jacques Chirac ne trouverait jamais 20% des électeurs pour passer le premier tour. Même en foirant la campagne, Lionel Jospin était sûr de gagner. Ils décidèrent alors de rencontrer Christiane Taubira et Jean-Pierre Chevènement. Le premier secrétaire du Parti Socialiste les invita a déjeuner au Récamier et leur dit la vérité : voila, nous ne sommes pas sur la même ligne politique mais si on gagne l’élection, la gauche est foutue pour l’avenir quelles que soient les mesures qu’elle pouvait prendre. Il poussa la réflexion dans tous les sens, exposa toutes les réformes possibles, celles qu’allaient faire l’Allemagne et celles qu’envisageaient la gauche de la gauche. Un seul constat : la gauche serait définitivement out et le peuple allait souffrir. Avant même que François le leur suggère, Christiane et Jean-Pierre comprirent. La seule solution pour ne pas gagner l’élection présidentielle était de perdre dès le premier et perdre le premier nécessitait d’avoir moins de voix que le candidat d’extrême droite. Il fallait laisser se disperser les voix de gauche. Christiane et Jean-Pierre seraient donc candidat et on allait laisser croire aux électeurs qu’on s’en foutait, on était sûr de gagner. Moi-même, je ne suis pas allé voter… Ca ne faisait pas un pli dans mon esprit : il y avait un seul candidat de gauche susceptible un bon score au premier tour et il y aurait forcément un candidat de gauche à ce deuxième tour…

La présidentielle de 2002 fut perdue avec brio. La seule anecdote notable de la campagne fût quand ils apprirent que Bruno Mégret serait candidat, en plus de Jean-Marie Le Pen ! Ce dernier, pas fou, savait que s’il était au second tour face à Jacques Chirac, il perdrait nécessairement, ce qui est logique. Un candidat frontiste ne pouvait gagner à un second tour que s’il était opposé à un candidat de gauche. Pire ! S’il passait le premier tour pour perdre un second, les Français comprendraient que le premier tour est important. Jean-Marie Le Pen avait compris la stratégie de Lionel Jospin et décidé d’appliquer la même : disperser son stock d’électeurs. Après sa « victoire », d’ailleurs, il comprit qu’il était grillé définitivement. Il fallait passer le relai à sa fille mais 2007 était trop tôt, il fallait attendre 2012 pour qu’elle soit candidate et prenne de l’expérience. Mais c’est une autre histoire.

François Hollande, soutenu par Lionel Jospin malgré une légère comédie de ce dernier, resta premier secrétaire  du parti et s’occupa de reconquérir les collectivités territoriales avec le succès que l’on connaît. C’était important pour lui, il fallait qu’il représente la gauche qui gagne. Il était resté sur un mauvais résultat, avec la présidentielle de 2002 mais aussi sur un résultat mitigé, aux européennes de 1999. Seules les élections locales lui réussissaient, comme les municipales de 2001 qui vit une victoire inespérée dans certaines villes. La liste qu’il menait était arrivée en tête, certes, mais sur fond de forte division de la droite. Alors, le Parti Socialiste gagna les cantonales et régionales de 2004. Le Parti Socialiste fit un très bon résultat aux européennes, cette année-là. Les élections locales de 2008 se sont correctement déroulées, également. Mais ne brulons pas les étapes.

Restons en 2004. Il y avait le referendum de 2005 à préparer, au sujet du traité européen. Il se foutait royalement de ce traité qu’il ne jugeait ni bon ni mauvais, à part sur la forme. C’est le traité de 1992 qui était mauvais puisqu’il n’incluait qu’un volet économique libéral et rien pour le peuple. D’ailleurs, seuls les Etat compteraient pour la gestion de l’Europe pendant des décennies : la démocratie européenne resterait balbutiante, ce qui, au fond, n’était pas un problème : les peuples n’étaient pas prêts et, au fond, c’est bien à eux que revient la décision ! Néanmoins, il savait que la question européenne diviserait profondément le Parti Socialiste et, surtout, ses militants, la plupart des cadres étant convaincus, comme François Hollande, qu’un parti antieuropéen ne pouvait pas prendre le pouvoir en France. Il eut alors l’idée d’organiser un vote interne : il savait que s’il soutenait le « oui », il serait largement en tête, ce qui est arrivé (59%). Il serait confirmé comme patron du parti malgré les lourds clivages internes.

Il lui fallait organiser le « non » pour ne pas prendre le risque de voir des électrons libres prendre de l’importance. Il a donc invité des amis à lui à prendre la tête des opposants au traités : Arnaud Montebourg (encore lui…), Manuel Valls (et oui !), Jean-Luc Mélenchon (tiens, le voilà) et Laurent Fabius (il fallait un homme de poids). Ils furent rejoints par Henri Emmanuelli mais c’est le hasard...

Vous connaissez la suite pour ce qui concerne ce vote. Hollande a pris la tête du oui de gauche. Sa réputation est clairement faite.

Cela nous pousse à 2006 ou, du moins, à la préparation de la présidentielle de 2007. Le constat était clair : la droite n’avait rien fait ou presque, écorchant les 35 heures, et, surtout, les gérant mal en ne poursuivant pas les travaux – mal – prévus par les lois de Martine Aubry notamment dans le secteur hospitalier. Pour le reste : rien. Tout le travail – de décorticage du droit du travail, il faut bien appeler les choses par leur nom – était à faire. On était dans la même situation qu’en 2002, mais avec une évolution évidente de la société, poussée par les nouvelles technologies et la poursuite de la mondialisation.

Il ne fallait pas que la gauche gagne 2007 sinon, elle serait foutue.

C’est le constat qu’a fait François Hollande devant sa compagne à l’issue d’une sieste crapuleuse (les livres d’histoires sont imprécis à ce sujet mais, au fond, cela ne nous regarde pas). Avec elle, Ségolène Royal, donc !, ils formaient un couple très moderne. Ils ne se sont jamais mariés mais on eut quatre enfants. Ils s’entendaient à merveille sur à peu près tout ! D’ailleurs, ils rigolaient beaucoup d’une jeune maitresse qu’il avait depuis peu, une journaliste à Paris Match…

François Hollande : voila, comment être sûr de perdre cette élection ?
Ségolène Royal : on n’a qu’à présenter une femme, dans ce pays de machos, elle n’aurait aucune chance d’être élue !
FH : oui, tiens ! Excellent ! T’as qu’à y aller...
SR : hé ho, tu crois que j’ai ça à foutre ?
FH : tu ne veux pas que je demande à Valérie, non plus ? Et tu verrais qui ? Martine… Tellement entêtée qu’elle serait capable de se faire élire. Toi tu as une bonne cote. On va organiser tout ça, tu vas voir. On va te créer des comités de soutiens, des réseaux sociaux et tout ça… De toute manière, Fabius et DSK n’ont aucune chance de passer la primaire, Fabius parce qu’il n’en veut pas, il me l’a dit quand on a préparé le vote pour le referendum, et Dominique parce qu’il est encore en plein dans les affaires.
SR : c’est OK ! Mais si je suis élue, on fait quoi ? Et tu passeras pour quoi, toi ? Et ta propre carrière ?
FH : on va faire en sorte que tu ne sois pas élue. Tu vas multiplier les gaffes et je ferai en sorte que le parti ne soit pas clairement derrière toi.
SR : oui, mais ça risque de te griller, tu risques de passer pour responsable de la défaite.
FH : Tu as raison. Trouvons autre chose !
SR : j’y suis ! Tu vas me larguer pour ta journaliste, la petite jeune, tu vas batifoler pendant la campagne, après la défaite, on se sépare et je continuerai à foutre la merde dans le parti, jusqu’au congrès de 2008 parce qu’il faudra bien que tu quittes la direction du parti… T’imagines que Martine gagne le congrès brillamment ? Tu es foutu pour 2012.
FH : OK, mais on tentera de se rabibocher, quand même après, hein ?
SR : ne t’inquiète pas, on verra à l’occasion. Tu auras peut-être encore besoin de Valérie et notre rivalité pourrait avoir des avantages…

Vous connaissez la suite, du moins pour 2006, 2007 et 2008. Notamment 2007 : l’élection était imperdable. Il a fallu la force de Ségolène Royal et de François Hollande pour réussir à la perdre.

Nous voilà fin 2008. 2012 était en ligne de mire mais François Hollande fit un constat : la gauche est malade, surtout la gauche de la gauche. Un candidat socialiste ne peut pas gagner sans une gauche de la gauche forte. Il faut sauver le parti communiste en les intégrant à une force politique modernisée. Pépère eut alors une idée : il appela son copain Jean-Luc Mélenchon. J’ai l’enregistrement de la conversation si vous voulez… Mais passons cet épisode.

En 2009, il y avait une échéance électorale importante : des européennes. François Hollande et Ségolène Royal, et donc leurs soutiens réciproques, ne pouvaient pas tolérer une victoire du Parti Socialiste qui aurait été mise au crédit de Martine Aubry. François Hollande invita alors à déjeuner Daniel Cohn Bendit, Eva Joly, Cécile Duflot et quelques autres. Il leur tint à peu près ce discours : le PS est divisé, les partisans de Ségo ne peuvent pas blairer Aubry, vous faites des listes ouvertes avec des têtes de liste comme Bové et vous avez un boulevard pour être à égalité avec le PS.

Et hop !

Après la réussite de ce nouvel échec du Parti Socialiste, François Hollande commença à préparer 2012, mais pour lui, cette fois ! Si un autre type était élu, à gauche, sa carrière serait terminée. En outre, il apparaissait évident que Nicolas Sarkozy conduisait une mauvaise politique et qu’il ne fallait pas laisser le pays aux mains de ces gens-là. Tant pis ! On a laissé la droite faire des conneries en espérant qu’elles prennent des bonnes mesures mais tout ce qu’elle a fait est de créer le statut d’auto-entrepreneur, signifiant encore plus la fin du salariat.

Dans dix ou vingt ans, il n’y aura plus de salariés ou, du moins, leur nombre aura diminué au profit de travailleurs indépendants de statuts divers, forcément précaires. Il faut préparer la société à cette évolution et, pour se faire, il faut renforcer notre modèle redistributif ce qui nécessite de sortir de la spirale infernale du chômage, de l’aide aux PME et à toutes formes d’entreprise, de statut, susceptibles de travailler auprès de grands groupes aux mains des puissances financières.

Tiens ! « Mon adversaire, c’est la finance » serait un bon truc, non ?

C’est ainsi que raisonnait François Hollande en se rasant.

Il lui restait évidemment une étape à franchir. Il est rapidement apparu, au vu des sondages, que la présidentielle ne serait qu’une formalité, d’autant qu’à l’été 2010, Nicolas Sarkozy a commencé à durcir ses propos, faisant fuir les centristes.

Il restait une formalité : la primaire. Il se mit en campagne : le tour de France pour présenter son projet, la relation avec Valérie Trierweiler, le régime,… Elle n’aurait vraiment été qu’une formalité. Face à Dominique Strauss-Kahn, lui, le social libéral, allait passer pour le gauchiste de service. A mourir de rire… DSK s’était grillé en allant au FMI et s’était grillé pour la présidentielle. Nicolas Sarkozy n’avait pas compris cela et était même persuadé du contraire : Dominique Strauss-Kahn était son pire concurrent. Il a donc organisé sa chute en passant par des intermédiaires Libyens (cette partie de mon récit est outrageusement romancée alors que le reste n’est qu’embelli).

Catastrophe ! Il serait opposé à Martine Aubry et elle pouvait très bien gagner, il lui fallut organiser le deuxième tour, dès le premier. Il a donc choisi lui-même ses copains pour être candidat au premier tour : Ségolène Royal, sa fidèle vaguement compagne, Jean-Michel Baylet, pour montrer l’ouverture, Manuel Valls et Arnaud Montebourg qui pourraient faire leur premières armes dans des ministères le temps de penser à leur propre carrière alors qu’ils sont minoritaires au PS et pour montrer qu’il ratisse large au sein du parti. Il avait réussi son coup : les quatre candidats éliminés au premier tour se sont prononcé pour lui pour le second. Mais, dès le mois de juillet – deux mois après l’affaire DSK – il fallait bien se rendre compte que Martine Aubry ne voulait pas y aller. Comme elle n’avait pas compris la stratégie de pépère, elle organisa elle-même sa propre chute en promettant une augmentation de 30% du budget de la culture. Elle s’en foutait ! Elle aura alors été la femme qui a remis de l’ordre au sein du Parti Socialiste et qui lui a permis de garder le pouvoir.

La campagne pour 2012 pouvait démarrer. François Hollande serait enfin candidat à la présidence de la République, pour sauver la France et était absolument sûr de gagner. Néanmoins, les sondages lui donnaient une telle avance que cela compromettait sa stratégie pour la suite. En effet, si un candidat socialiste était élu avec 60% des voix, il serait obligé de mener une politique franchement de gauche ce qui était en désaccord complet avec ses idées : la quantité de travail allait diminuer tout comme la part de salariés réalisant ce travail. Il fallait relancer l’industrie française et supprimer quelques avantages liés au travail pour permettre de faire fonctionner l’économie et améliorer la redistribution pour ceux qui ne pourraient pas gagner de l’argent avec un travail salarié. Il fallait dépasser l’Allemagne, libéraliser le travail tout en protégeant les êtres humains…

Avec 60%, il était sûr de ne pas pouvoir le faire.

Il eut un coup de génie et a appelé Martine Aubry. De mémoire, il lui a dit : dis donc, Martine, comme tu as la réputation de ne pas pouvoir me blairer, tu ne pourrais pas me faire un coup dans le dos ? Après tout, je t’ai bien rendu service en gagnant la primaire.

Elle répondit (toujours de mémoire) : ah oui, tiens ! J’y pensais ce matin en me rasant. Je me disais que si j’avais gagné, j’aurais du faire un accord électoral foireux avec les écolos. Tu veux que je le fasse pour toi ?
Lui : mouarf ! Extra ! Prévoit des trucs rigolos comme la sortie du nucléaire pour bien faire peur aux Français et tout ça.

Lui-même ajouta deux ou trois conneries dans sa campagne, comme le droit de vote des étrangers aux élections locales. Ca allait souder les gauchistes et donner à la droite l’occasion de s’exciter et ça allait faire hurler François Bayrou.

Tiens ! Le Bayrou ! Dès le début, François Hollande l’a appelé : dis donc, cher homonyme, tu te rends compte que tu feras un petit score. L’autre lui répondit : ben, oui, ça commence à me gaver, tout ça, mais je n’ai pas le choix… mais ça sera la dernière fois sauf si Morin se présente en 2017.
Hollande : j’ai une idée, tu ne fais pas campagne contre moi, je te promets que je vais réellement m’attaquer au problème de la dette, tu me soutiens au second tour pour ce prétexte et, comme l’UMP présentera un candidat contre toi, je m’arrange pour que le PS te soutienne aux législatives.
Bayrou : OK pour le soutien d’entre deux tours, mais rends-moi service. J’en ai ma claque d’être député. Ca n’avance à rien et si le PS me soutient, je serais catalogué à gauche, je ne pourrai plus rien faire au centre. Tu vas t’arranger pour que je sois battu à cause du PS.
Hollande : OK.

Nous voila au 17 mai 2012, le lendemain de l’investiture. François Hollande avait été élu au ras des pâquerettes, comme il le voulait, alors que des sondages le donnaient à 60%, il avait été odieux avec Sarkozy lors de la cérémonie d’investiture.

Il avait réuni sa garde rapprochée dans un des salons de l’Elysée et leur tint se discours : il faut absolument que notre popularité baisse très rapidement pour que l’on puisse avoir les mains libres dès le début. Sur une idée de toi, Ségo, j’ai obtenu de Valérie qu’elle envoie un tweet de soutien à Falorni. Je comprends bien que tu n’aies pas envie de redevenir député et que ta situation serait impossible. Obligée de conquérir la présidence de l’Assemblée avec moi à l’Elysée… Ca aurait été complètement grotesque. Mais je tiens à te remercier. Après, on va nommer un gouvernement de branquignoles, je vais faire des conneries, comme convoquer les journalistes pour mon départ en vacances en TGV et des trucs comme ça. Tiens ! On va mettre Cahuzac ministre du budget, avec toutes les casseroles qu’il a au cul… J’ai appelé Plenel, tiens ! Je lui dois un service à propos d’un épisode pendant la campagne. Sinon, on va mettre Harlem à la tête du PS et quand il aura bien foutu la merde, on le nommera ministre.

Les autres étaient pliés de rire !

Fin 2013, début 2014, la popularité n’était pas encore inscrite durablement au-dessous des vingt pourcents et il y avait un risque pour qu’elle remonte, surtout que la droite était toujours en lambeaux… Le travail avait été pourtant bien fait avec le mariage pour tous qui a fait plaisir aux gauchistes en fâchant les réacs et d’autres mesures comme l’ANI qui avait eu le résultat inverse.

Il fallait frapper fort. La décision de faire un tournant social libéral et de mettre Valls premier ministre après les municipales mais toujours avec un gouvernement de branquignoles, à peu près les mêmes, d’ailleurs, était prise depuis longtemps mais il fallait frapper fort.

Valérie Trierweiler commençait à s’ennuyer à l’Elysée. Pas facile d’être première dame, pas possible de coucher à droite ou à gauche contrairement à son homme. Elle fit une proposition à François Hollande vu qu’elle avait un copain qui bossait pour Closer. La scène aurait tellement été ridicule qu’il fut convaincu dès le début que l’idée était bonne. Il prit soin, alors, de peaufiner le scénario : on va faire un peu de bordel pendant quelques temps, je vais te larguer ! Tiens ! Tu pourrais même sortir un bouquin sur notre histoire, vers la fin de l’été, ça te permettra de gagner un peu d’oseille, en plus, car je ne pourrais plus t’entretenir, avec tes fistons.

Il fallait tenir au plus bas jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy annonce officiellement son retour. C’est chose faite. Je peux réécrire l’histoire. Compte tenu du positionnement politique de Hollande, il ne pourra que proposer une politique ultralibérale sur le plan économique et bien à droite pour le reste. L’élection de 2017 serait une formalité : François Hollande passera pour un rempart contre cela et pourra mettre en œuvre la politique qu’il a toujours voulu mener.


Comment tout ce bordel serait-il possible si cette histoire n’était pas rigoureusement exacte ?