Comme je suis un blogueur influent (sur moi-même), je suis obligé de faire un bilan parfaitement objectif du débat d’hier.Je vais donc commencer par donner mon avis personnel à moi et à personne d’autre : Ségolène Royal était bien habillée, bien maquillée mais elle avait la coiffure qui partait en vrille à la fin. Quiconque me connaît (par exemple Eric, Franssoit et Gaël) saura que ce genre de détail ne pourrait pas me déplaire. A l’issue de ce débat je peux donc l’annoncer maintenant : j’ai choisi. Je vais voter Ségolène Royal.
En l’absence de candidat chauve, on n’a pas le choix dans la date : ça sera le 6 mai.
Ce qui n’empêche pas de redevenir sérieux cinq minutes : j’ai trouvé le débat chiant. Comme tout le monde, j’attendais le détail qui tue comme la petite colère de Nicolas Sarkozy. Rien n’est venu à part celle de Ségolène Royal vers la fin. Nicolas (je vais les appeler par leurs prénoms réciproques pour permettre à ceux qui impriment mes billets pour les lire dans le métro d’économiser de l’encre), Nicolas, donc, aurait du nous piquer une petite colère pour nous montrer qu’il a un aspect humain. Même pas ! La science fait des miracles.
Vous me connaissez ! Je dis ça sans la moindre méchanceté. Nos deux gugusses sont en campagne depuis je ne sais plus combien de temps : ils devraient être épuisés. Ségolène nous pousse une petite colère pour faire joli, on peut difficilement imaginer qu’elle n’est pas un peu forcée, et Nicolas reste parfaitement calme.
Je disais que j’ai trouvé ça chiant. En fait ça ressemblait un peu à un débat de technocrates. Mon regard partisan me faire dire que Ségolène dévoile un vrai projet pour la France alors que Nicolas continue à vouloir faire croire aux pauvres qu’ils le seront moins si leur patron s’enrichit. Néanmoins, je trouve que les grands sujets ont été passés à l’as. Quels seront les défis des prochaines années ? Heu… Petit 1 : faire donner une approche environnementale en plus que sociale à l’économie mondiale. Petit 2 : relancer la construction européenne. Petit 3 : au grand dam de nos équipementiers nationaux, favoriser la paix dans le monde.
Le reste n’est que du pipi de chat mais ces trois sujets n’ont pas fait 10% du temps de l’émission.
Même quand ils ont parlé énergie, ils se sont battus sur les chiffres du numéro de génération ou de part du nucléaire dans… on ne sait plus trop quoi.
Tiens ! L’énergie. C’est à peu près le seul sujet que l’on retient du débat hier, et encore, uniquement parce que les deux se sont plantés. A la pause café, on a parlé du débat avec les collègues : le seul sujet important ce matin est de savoir à quoi correspondent ces 17% de Ségolène et comment Nicolas peut se planter lamentablement dans le numéro de génération des réacteurs nucléaires.
Pour ma part, je m’en fous totalement du numéro de génération. Mais de la part d’un type qui a été Ministre des Finances, qui a orchestré la privatisation de GDF (rappelez-vous, il avait promis que la part de l’état ne descendrait pas au dessous de 70%, je crois), qui se vante d’avoir vendu l’EPR aux Finlandais, ça fait négligé.
Ainsi, rien que la position de Ségolène Royal sur le nucléaire devrait nous faire voter pour elle. Je rappelle, pour information, la position du candidat Nicolas Dublog, qui est assez proche : « pour l’instant, on n’a que ça, mais faudrait voir à dépenser des sous pour trouver autre chose ». La position de Nicolas Sarkozy est quant à elle parfaitement claire : « hors du nucléaire, point de salut, turlututu ! ».
Cela dit, on pourrait rigoler des heures avec ce débat. Par exemple, Nicolas a dit : « Je propose d'abord qu'il n'y ait plus un seul délinquant sexuel ». Bravo ! J’adhère ! Stop à la délinquance sexuel ! Ca c’est du programme ! « je propose qu’il n’y ait plus de délinquance ». Je n’invente rien ! C’est marqué là.
Et toujours la démagogie ! « Vous dites que l'on fait trop payer aux entreprises, mais dites-vous aux Français que les 35 heures coûtent 17 milliards d'euros chaque année pour empêcher les gens de travailler ? » Qu’il nous dise, Nicolas, qu’il va supprimer les 17 milliards d’exonérations de charges qui sont faites aux entreprises ! C’est quoi cette histoire du coût des 35 heures, à part des exonérations de charges sur le travail ?
« aujourd'hui les heures supplémentaires sont payées 10% de plus. Je ferai payer 25% de plus. Comme il n'y aura pas de charges, les entreprises pourront augmenter les salaires. » Tout est dans le « pourront ».
Françaises, Français ! Relisez la transcription du débat et étudiez chaque phrase !
« Qu'est-ce que vous changez dans les 35 heures? On n'y comprend rien. » Et qu’a fait la droite au pouvoir depuis cinq ans ? Que trouve-t-on dans le programme de Nicolas Sarkozy pour dérider les 35 heures ? Rien… A part payer les heures supplémentaires au taux où elles l’étaient avant les lois Fillon…
« Je souhaite que les impôts sur les bénéfices soient moins importants pour les sociétés qui investissent et créent des emplois en France et, plus important, pour celles qui ne le font pas. » Il a lu le pacte présidentiel !
« Les lois François Fillon ont permis de rééquilibrer l'égalité entre salariés du public et salariés du privé, qui cotisent quarante ans. Jusqu'en 2020, on n'a pas de souci majeur à avoir quant au financement de nos retraites. » Merci de nous rappeler que les lois Fillon ne couvrent que jusqu’à 2020 ! C’est-à-dire qu’elles ont permis de gagner 3 ou 4 ans avant la crise ! Belle efficacité !
« Comment finançons-nous nos retraites? Cela ne devrait pas être un sujet de bagarre politique, madame Royal. » Ah bon ! Ce n’est pas un débat politique le financement des retraites !
« La question des baisses d’impôts, je n'en fais pas un problème idéologique. » Ah ?
« C'est pourquoi je propose que l'on taxe les importations pour qu’elles financent la protection sociale des Français » Ca vous avait échappé dans le discours ? C’est ce type qui nous parle de relancer la construction européenne ?
Gag : « Non, ce que je propose, c’est pire. »
« C'est faux, madame. Il y a trois fois plus d'enfants handicapés scolarisés aujourd'hui qu'à votre époque. C'est faux, madame. » Faisons le compte !
