En salle

Affichage des articles dont le libellé est François Bayrou. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est François Bayrou. Afficher tous les articles

21 octobre 2014

Les cieux de Bayrou

Yo ! Tu sais ce que j’ai fait lors de mon apéritif dominical de dimanche dernier ? Non ? J’ai regardé François Bayrou à la télé. Non, ce n’est pas du vice. C’est une tradition multiséculaire que nous avons depuis plusieurs années. Comme nous sommes issus d’une longue lignée démocrate chrétienne, nous regardons François Bayrou à la télé à l’heure de la messe.

François Bayrou est un grand monsieur de la politique française, une des personnalités les plus connues des Français. Ministre de l’Education Nationale de 1993 à 1997, trois fois candidats à la présidence de la République, grand spécialiste de tracteurs devant l’éternel et très bien coiffé mais moins que François Fillon.

Néanmoins, j’avais oublié à quel point il était vide. Tiens ! Il pourrait servir de plug anal Place Vendôme.

Il était interviewé par un gugusse de France 3 et Françoise Fressoz du Monde. Tiens ! Depuis le  temps que je la lis, elle, j’ai l’impression qu’elle fait partie de la famille. La voir parler dans le poste, ça fait bizarre. Je pensais qu’elle était muette et se contentait d’écrire des machins dans le truc. Ben non… Tous les dimanches, elle cause dans le poste. Heureusement qu’il n’y a pas Bayrou à chaque fois, elle s’emmerderait sérieusement.

Je retiens deux passages de l’interview. Il faut dire que j’ai écouté en diagonale, seulement. Pendant l’apéro, on a mieux à faire comme tweeter et parler avec la famille.

A un moment, on lui demande comment ça se fait que, depuis Giscard, aucun candidat du centre n’avait atteint le second tour des présidentielles. Je cite sa réponse de mémoire (la mémoire n’étant pas ma principale qualité) : ah mais détrompez-vous, en 2007, on a fait un très bon score.

A un autre, ils discutaient du plafonnement des allocations familiales. Il a dit qu’il ne fallait pas y toucher parce que ce n’est pas de la politique sociale. Dois-je comprendre que l’on doit toucher à la politique sociale et pas au reste ? Toujours est-il que vous seriez bien aimable de lui expliquer que la famille est une des branches de la sécurité sociale.

Il a dit qu’il fallait réduire le train de vie de l’Etat, des collectivités locales, de la sécu… pour diminuer les déficits. La routine. Il n’a fait aucune proposition concrète, néanmoins, mais il a cassé l’exemple du jour, le plafonnement en question.

En l’occurrence, il nous a expliqué qu’il fallait tout faire pour réduire les dépenses mais qu’il ne fallait réduire aucune dépense.


Après, il se demande pourquoi il n’est pas président de la République.

08 septembre 2014

Sortie d'adolescente

Paire
Quand on lit le machin de Valérie Trierweiler, il y a une question que l’on se pose sans cesse : pourquoi ne se sont-ils pas séparés avant ? A partir d’un moment, peut-être quand il a commencé à être à peu près sûr de remporter la primaire, elle le décrit comme devenant de plus en plus odieux. Parallèlement, on sent aussi qu’elle le gonfle de plus en plus. Et même avant, il paraitrait qu’il fut méprisant avec les pauvres et donc avec la famille de Mme Trierweiler…

On pourrait faire de la psychologie de comptoir, sur le rôle de la conjointe du président, la difficulté à prendre en compte la grandeur de la fonction et tout ça… Si j’étais président, je crois que j’aimerais bien avoir à la maison quelqu’un qui me comprenne, qui m’aide, qui me prépare les bagages avec le costume de rechange s’il pleut,… En plus du rôle protocolaire que l’on peut imaginer. Ca n’a rien de machiste, si j’étais le conjoint d’une présidente, je crois que m’effacerais et serais au petit soin tout en essayant de jouer le jeu. Il a beau être un président normal, je vois assez difficilement François Hollande laver ses chaussettes et reconstituer les paires.

Il y a aussi un sentiment bizarre quand on lit ce truc, tout simplement qu’il est mal écrit mais je n’ai pas la capacité à juger des qualités d’un livre. C’est un article du Nouvel Obs, terrible, qui m’apporte la réponse : « Trierweiler écrit comme une fillette de douze ans, et pas précoce » ! Evidemment, n’aimant pas la dame, cela m’a bien fait marrer.

Je rigole d’un rien. Tiens ! Le dernier à m’avoir fait sourire avec cette histoire est François Bayrou qui a foncé au secours de pépère : « je n’ai jamais vu le moindre indice de cette méchanceté-là, de cette condescendance, de cette manière de regarder avec mépris qui que ce soit. »

Et surtout « D’ailleurs si Valérie Trierweiler avait vu cela, peut-être n’aurait-elle pas vécu avec lui. »

Malgré des années de bayroutologie appliquée, je n’arrive pas à choisir entre deux traductions.
La première : qu’est-ce qu’elle vient se plaindre maintenant, elle ne pouvait pas se barrer avant ?
La deuxième : elle ment.


Qu’en pensez-vous ?

28 mai 2014

C'est quoi, être à droite ?

Avec le bordel à l’UMP (pardon, la refondation annoncée), beaucoup de billets et de commentaires surgissent pour dire ce que devrait faire l’UMP. J’apprends que François Bayrou a déclaré : « Il faut que la droite soit à droite, et que le centre soit au centre ». On pourrait en rigoler longtemps puisque le centre a toujours été à droite, en France, sauf à de rares occasions où il a préféré la gauche… Mais le sujet n’est pas là…

Il faut que la droite soit à droite. Soit, mais ça veut dire quoi, être à droite ?

Quand on est à gauche, on arrive assez bien à savoir ce qu’être à gauche veut dire même si on est souvent d’avis différents sur la question : voir tous les débats qu’on a eu à propos de la vraie gauche. Le problème est que le centre de gravité de la politique française est plutôt à droite ce qui fout le bordel. Quand on est à droite, on se plante beaucoup sur ce qu’est la gauche ce qui me fait doucement rigoler quand je lis certains billets réactionnaires.

Qu’on soit à droite ou à gauche, on arrive à peu près bien à voir ce qu’est le centre. C’est ce qui n’est pas trop méchant parmi ceux qu’on n’aime pas. Par contre, on qualifie généralement les autres de son bord qui ne sont pas au bout du bord de centristes. On les qualifie même souvent du camp opposé. Pour un réactionnaire libéral, Nicolas Sarkozy va passer pour un joyeux socialiste. Les mêmes erreurs sont faites à gauche, surtout depuis quelques temps, où l’on confond trop souvent droite et libéralisme.

C’est très compliqué. Mais cela ne nous dit pas ce qu’est la droite.

Les gens de droite n’hésitent pas à mettre des costumes trois pièces et ne s’épilent pas les poils de nez. C’est la définition que j’ai prise chez Jegounedia. Voyons donc ce que dit Wikipedia.

« En politique, le terme de droite désigne généralement l'ensemble des courants politiques ayant une doctrine, une tradition ou une idéologie plutôt conservatrice, économiquement libérale ou non. La droite manifeste un certain attachement à l'ordre, considéré comme juste ou comme un moindre mal, et réprouve les changements brusques sur les questions de société et les questions éthiques. Elle peut être partagée sur les questions économiques (droite conservatrice, par opposition à droite libérale). »

Comme à gauche, on n’est pas spécialement attaché au désordre ni aux changements brusques de société (quoi qu’on en dise, donner les mêmes droits aux homos qu’aux hétéros, pour prendre pour exemple le changement de société récent, ne s’est pas fait en quelques mois mais en dizaines d’années) et qu’économiquement, la droite ne veut rien dire, nous ne sommes pas bien avancés…

Voyons la suite.

« D'après Michel Winock, on ne devrait pas parler de droite au singulier, mais davantage des droites, qui, dès l'origine, ont divergé et se sont opposées. » Il va falloir que François Bayrou révise ses messages. C’est René Rémond qui parlait de trois droites : les réacs, les libéraux et les bonapartistes. En 2005 (merci Wikipedia), René Rémond a actualisé son bouquin. Il considère que les réacs sont marginaux en tant que force politique et retient la persistance de deux droites et l’arrivée d’une nouvelle, avec les radicaux et les démocrates chrétiens. Néanmoins, il se place dans l’histoire contrairement à moi…

Intéressantes réflexions. D’une manière générale, il ressort de ces lectures que les clivages ont changé, au fil des siècles, et, plus exactement, la manière de composer les majorités. Par exemple, il semble que Nicolas Sarkozy ait bien réussi à faire la jonction entre les trois droites en 2007, le libéralisme, le culte du chef et le nationalisme…

De ces lectures, il ressort aussi que les valeurs censées représenter chaque champ sont à géométrie variable. Ils citent par exemple « le cas de l'écologie, qui peut aussi bien être interprété comme un thème de gauche que comme un thème réactionnaire et donc de droite ». On notera aussi que les notions changent d’un pays à l’autre. Les libéraux américains, par exemple, sont considérés comme à gauche alors que les libéraux européens, la plupart, sont considérés comme à droite alors que l’interventionnisme économique est dominant.

Revenons aux trois droites qui sont plus

Les libéraux : disons qu’en France, ils peuvent être représentés par Giscard.
Les bonapartistes : l’ordre, le chef,… De Gaulle.
La droite contre-révolutionnaire : les réacs. La soumission au catholicisme, l’ordre naturel,…
La droite radicalisée : genre Philippe de Villiers.
L’extrême droite : genre Jean-Marie Le Pen.

La droite décomplexée

C’est le truc de Nicolas Sarkozy et de Jean-François Copé…

« Un réflexe de gauche consistant à faire honte à la droite, jusque dans la terminologie même du mot « droite », le seul fait de se revendiquer de droite passe pour une incartade « décomplexée ».

Dès 2006, Nicolas Sarkozy souhaite mettre de côté une droite « qui s’excuse depuis tant d’années de ne pas être de gauche ». Jean-François Copé s’insurge contre les « supercheries grotesques » utilisées contre la réputation de la droite. À titre d’exemple, il cite un sociologue prétextant que la droite « ne voit pas les étrangers d’abord comme des humains ». »

Toujours est-il que je n’ai pas répondu à ma question malgré une copieuse lecture… à laquelle, il me semble, il manque un positionnement à droite par rejet de la gauche (comme il existe un positionnement à gauche par rejet de la droite). Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé ont raison sur le fond mais plus qu’ils ne le pensent ! A écouter un type de la vraie gauche, tous ceux qui ne pensent pas comme lui sont à droite. Il tente bien de leur faire honte. Les deux ex ont donc bien tort d’en faire un argument électoral, à part, peut-être, pour motiver les militants… L’électeur de base s’en fout !

Les valeurs ?

Je n’aime pas ce débat sur les valeurs de droite ou de gauche. Trois mots sont dans la devise : liberté, égalité, fraternité,… Le gars de droite fera ce qu’il voudra mais je suis fatigué de voir des types, essentiellement très à droite, dire que les gens de gauche opposent les deux premiers. On nous dit que l’ordre est une valeur de droite. Tu parles ! Et l’ordre juste de Ségolène Royal, c’était de droite ?

Et Bayrou ?

« Il faut que la droite soit à droite, et que le centre soit au centre »

Ca veut dire quoi, concrètement ? Elle doit être libérale ? Alors que le Front National fait sa percée sur un projet qui est antilibéral contrairement aux éminents blogueurs et autres têtes pensantes du parti ? Elle doit être réactionnaire et continuer à exaspérer tous les centristes et autres républicains ? Elle doit être bonapartiste alors qu’elle n’a plus de chef ?

J’ai bon, là ?

François Bayrou est bien de droite. Je n'ai pas oublié ma première grande manifestation, en 1994... parce qu'il voulait augmenter le financement des écoles privées par le public. C'est de droite, bien réactionnaire, totalement antilibéral (le public qui finance le privé...). Il a reculé. Son chef a été balayé à l'élection suivante. Il est resté en poste.

Il sait où il est lui ?

19 janvier 2014

Bayrou Copé Pau

Jean-François Copé a appelé l'UMP à se ranger derrière François Bayrou pour conquérir la municipalité tenue par la gauche depuis près de 50 ans. C'est de bonne guerre.

2012 : Bayrou soutient Hollande.
2013 : Bayrou se rapproche de l'UDI.
2014 : Bayrou est soutenu par l'UMP.

2015 : Bayrou prend sa carte au FN ?


Cela étant, le PS a fait une connerie, en 2012. François Bayrou ayant appelé à voter François Hollande, le PS aurait pu soutenir sa candidature de député.

06 novembre 2013

L'occasion manquée de l'Alternative

Mon dieu ! Un nouveau parti centriste a profité d’une journée où j’étais à une conférence pour se créer : l’Alternative. Je n’ai donc pas eu le temps de me foutre de sa gueule en direct. Le nom de ce parti est idiot. D’ailleurs, ce mot est souvent très mal utilisé à un point qu’on oublie comment il devrait être. Par exemple, un sandwich au poulet est une excellente alternative au sandwich jambon fromage. Ou, pour le sandwich, il y a deux alternatives : pâté ou rillettes.

D’après ce dictionnaire, ce mot a trois sens.

Sens 1 : « Situation à laquelle il n'existe que deux solutions possibles. » C’est probablement dans ce sens que nos politiciens ont choisi d’utiliser ce mot. Il n’y a que deux solutions pour le centre : Jean-Louis Borloo ou François Bayrou.

Sens 2 : « Etats opposés qui se succèdent régulièrement. » Ils ont installé une présidence tournante entre Bayrou et Borloo.

Sens 3 : « Solution de remplacement. » Ah ! Je comprends mieux. L’Alternative est destinée à remplacer le PS et l’UMP. Pour un parti qui a vocation à être à la traine de l’UMP, c’est fort ! D’ailleurs, Raffarin a qualifié l’Alternative « d’Equipe B ». Ce n’est pas gentil de sa part. L’équipe B est généralement composée des joueurs qui n’ont pas été retenus pour jouer avec l’équipe principale et qui sont condamnés à jouer dans les divisions inférieurs. Par exemple, l’Alternative aura le droit de concourir pour obtenir la présidence des comités de quartiers en dehors des grandes villes.

L’Alternative ? Amusant comme mot. Il évoque un tas de trucs qui n’ont rien à voir avec la mouvance centriste, bien au contraire : le rock alternatif, Alternatives Economiques, les alter-mondialistes… Le « Modem » était déjà ridicule et ringardisé à l’heure des « box »…

Ce n’est pas grave.

Politiquement, ils ont fait une grosse erreur : ils se situent dans l’opposition de droite donc clairement avec l’UMP. Le positionnement du Modem me paraissait préférable. Par exemple, Jean-François Martins qui est le seul conseiller Modem de Paris a décidé de partir aux municipales sur les listes d’Anne Hidalgo. Il devrait être viré du Modem. Paris est une ville particulière (et dans ce sens, ce n’est pas la seule) : il s’agit de choisir entre l’équipe sortante et une nouvelle équipe. Le choix pour les Parisiens est clair et Monsieur Martins a choisi d’aller avec une des équipes car elle lui semble la meilleure pour gérer ou la plus à même de gagner (ce qui donnera du poids à sa position politique dans la future majorité). Par son positionnement politique, l’Alternative en fait un choix qui se réduit entre la droite et la gauche et où, elle-même, n’est pas une alternative.

L’Alternative se positionne donc explicitement dans l’opposition à la gauche et donc, je me répète, comme allié naturel et exhaustif de l’UMP. C’est une erreur. Une grande partie des électeurs de droite sont exaspérés par l’UMP. Je voyais un sondage, ce matin, où la popularité de ces pauvres Hollande et Ayrault était donné à un plus bas historique (ils doivent être habitués) mais avec seulement 39% des Français qui jugent que l’opposition ferait mieux. En quelque sorte, il n’y a pas d’alternative… L’Alternative se positionne donc dans le camp qui n’en est pas une.

Ils confondent l’allié naturel (les Français comprennent très bien que les centristes s’allient avec la droite pour les municipales) et l’allié exclusif. A part quelques exceptions, l’Alternative ne pourra pas gagner toute seule des élections municipales. Elle recommence donc ce qui a été sa perte depuis les années 80 : être la petite force de droite. Celle a qui on laisse les miettes. Elle aurait du reprendre ce qu’a fait François Bayrou en 2007 et qui lui a très bien réussi (plus de 18% au premier tour, soit autant que Balladur en 1995 et plus que Barre en 1988) mais qui a échoué parce qu’il était tout seul.

Il y a pourtant un sens, quand on n’est pas de gauche, à s’opposer à l’UMP. Par exemple, Jean-François Copé a critiqué Nathalie Kosciusko-Morizet à propos de l’écotaxe, faisant comprendre qu’elle est incompétente, alors qu’elle est la chef de file de l’UMP pour les municipales à Paris et qu’elle devrait recevoir un soutien total et sans réserve de son parti. Que va-t-il passer par la tête des candidats de l’UDI qui ont une chef de file massacrée par la tête de son propre parti et dont les chefs viennent de créer une nouvelle « formation » qui viennent de se lier les mains avec ce parti.

L’occasion ratée. Des incompétents qui n’ont rien compris à la situation politique : les électeurs sont découragés par la gauche au pouvoir mais ne veulent plus de l’UMP.

J’espère pour elle que l’Alternative saura jouer correctement la carte des Européennes où elle a une probabilité non nulle de devenir un des partis forts en France, voire d’arriver en tête en profitant de plusieurs phénomènes :
-         le Front National ne réussit jamais dans ces élections (10% en 2004, 6% en 2009),
-         l’UMP provoque plus de rejet qu’autre chose,
-         le PS pourrait subir un très gros vote de protestation.

Mais tant qu’elle merde et reste associée à l’UMP, l’Alliance ne peut pas nuire au Parti Socialiste.

Ils n’ont rien compris.

Un dernier point : ils ont trouvé un nouveau nom mais n'ont pas réussi à se débarrasser des anciens. C'est une erreur. Le Modem et l'UDI ont toutes les deux une mauvaise image (pour des raisons un peu différentes). Il fallait donc s'en débarrasser.

Ils auraient du créer une véritable nouvelle formation politique, ce à quoi tout le monde s'attendait...

14 novembre 2012

Une conférence de presse et des réactions

« Le président de la République a tenu un discours de vérité. Il a présenté ce qui avait déjà été fait et le chemin restant à parcourir. Il a montré le cap. » J’ai bon, là ? Je n’ai pas trouvé dans les médias les réactions des dirigeants du Parti Socialiste, alors je brode !

« Les Français ont vu aujourd’hui un Président de la République totalement déterminé à redresser le pays, qui refuse la fatalité du déclin de la France et qui dit la vérité sur la crise aggravée par dix ans de politiques irresponsables de la droite. »

Ah ! Si ! On trouve bien un communiqué de Harlem Désir sur le site web du PS. On trouve également une réaction de Martine Billard sur le site du Parti de Gauche. « F. Hollande a réaffirmé son obstination à se couler dans le moule libéral européen dessiné par le TSCG. En mettant comme priorité la lutte pour la compétitivité, la question de la dette et le coût du travail, il montre qu’il n’a pas l’intention de changer son orientation erronée. » Je suppose qu’on trouvera sur le site d’Europe Ecologie Les Verts une réaction officielle de cette formation, de même que sur leurs sites des réactions officielles des autres partis de gauche.

Par contre, on ne trouve rien dans Google News ! On trouve uniquement les réactions de Mmes Parisot et Le Pen et de MM Bayrou, Copé et Fillon.

Lors du précédent quinquennat, j’avais l’habitude de reprendre les déclarations des dirigeants de la majorité : elles étaient toutes ridicules. Au moins, les formations politiques de gauche semblent avoir compris la leçon : leurs dirigeants ferment leurs gueules. Un communiqué officiel et basta ! Je suppose néanmoins qu’on en trouvera certains à la télé ou à la radio.

Du côté des blogs, le silence est lourd. On voit uniquement le camarade Gauche de Combat se plaindre que le président de la République ait écarté le droit de vote des immigrés. Pour ma part, j'ai déjà fait plusieurs billets à ce sujet : il n'y a pas de majorité possible pour faire passer ce vote.

Que nous disent les gens de droite ?

Dans le contexte de la lutte entre François Fillon et Jean-François Copé, c’est assez amusant à observer. Jean François Copé semble avoir perdu la main et tient un discours conventionnel comme il a toujours fait. Les gens devraient rigoler. Reprenons.


« Cette conférence de presse, je la résumerai d'un mot: quelle déception ! » Ca fait deux mots. « Après six premiers mois d'un quinquennat pour l'instant désastreux, on attendait de François Hollande qu'il fasse preuve de lucidité, de courage et même d'autocritique. Nous n'avons absolument rien eu de tout cela. » Ben non. « La réalité, c'est qu'au bout de six mois, il est déjà comptable d'un bilan devant les Français. » Ben oui, la droite est comptable d’un bilan de six ans. « On attend de lui un cap, cette conférence de presse n'y a pas contribué. »

Ah ! Il n’a pas écouté.

Les Français ne l’écouteront pas, non plus. Ils attendent du fond.


« François Hollande a montré qu'il était un président qui enfonce encore un peu plus sa tête dans le sable en nous affirmant qu'il ne changera pas de politique, qu'il n'y a pas de tournant. » Toutes les déclarations de celui qui était à la tête d’un état en faillite sont-elles destinées à nous faire rigoler ?

Merci de nous confirmer que François Hollande maintient le cap.

« Et bien, moi je veux lui dire que s'il n'y a pas de tournant, au bout de la ligne droite il y a le mur de la récession et du chômage. » Parole de pro ! Cinq ans à la tête d’une mauvaise politique. Moi, je vais lui dire : s’il y a un tournant, il n’y a plus de ligne droite. C’est Jean-Pierre Raffarin qui lui a préparé son discours ?

Nier tout virage, « c'est une erreur. Car la politique économique avait besoin d'être changée. » Ben oui, elle avait besoin d’être changée. Ca a été fait en mai.


Je vous laisse lire sa déclaration. Elle semble être d’accord avec le Président mais elle a des négociations à préparer.

C’est inquiétant !


Elle juge que « le président de la République (avait) repris à son compte la doxa ultralibérale de toute la caste UMPS. » C’est sidérant ! Un dirigeant du PCF du début des années 80 aurait pu tenir le même discours.

Moi qui suit les blogs qui la soutiennent, je me demande ce qu’ils vont en penser : ils sont pour la plupart ultralibéraux. Ceci nous prouve donc que l’ultralibéralisme prôné par certains n’a plus aucune place en France. C’est réjouissant.

« Comme celle de Nicolas Sarkozy avant lui, sa politique se limite à une application servile des injonctions allemandes et européennes, à une fuite en avant dans l'hyper-austérité, l'explosion du chômage et de la pauvreté. Il a confirmé son abdication devant les puissances d'argent, l'abandon de l'éminente mission de redressement confiée par les Français pour enfiler les habits de petit gouverneur de la province France aux ordres de l'étranger, des technocrates et des banques. »

Jean-Luc Mélenchon n’a effectivement pas besoin de réagir.


Si ! Il existe encore… On le voit un peu partout, depuis une semaine…
François Hollande « a été à la hauteur de la fonction, il a été précis, maîtrisé dans son expression et montrant sa connaissance des sujets qu'il abordait et donc au bout du compte convaincant. » Bien ! Le PS pourrait l’embaucher pour rédiger les communiqués, s’il cherche du job.

« Il y a des frontières, il y a même des fractures, il y a des oppositions dans la vie politique française mais elles ne sont pas entre droite et gauche, elles sont entre les plus radicaux de chaque côté et ce que j'appelle la majorité centrale. » Ah ! Il se positionne pour remplacer Jean-Marc et diriger un Gouvernement d’union nationale ?

Cette nouvelle étape « dans laquelle la gauche va elle-même conduire ces réformes, c'est selon moi très positif pour le pays. »

Ouf ! Il confirme que c’est bien la gauche. Pendant un moment, j’ai eu peur.

Et moi, et moi, et moi ?

N’étant pas une personnalité politique, je suppose que les lecteurs n’ont pas grand-chose à cirer de ce que je pense de l’intervention de François Hollande. Ca tombe bien, je ne l’ai pas regardée. Il n’y a eu qu’une seule vraie annonce : le vote des étrangers ne se fera pas maintenant, faute de majorité. C’est à la gauche de travailler pour faire une majorité.

Il faudra qu’un jour on en tire une conclusion. Quelques jours avant le 6 mai, François Hollande était attendu avec un score de second tour entre 54 et 56%, tellement le rejet de Nicolas Sarkozy était fort. La droite a mené une campagne autour de ce droit de vote pour en dénoncer les dangers supposés. Les gens ont pris peur. François Hollande a fini avec moins de 52% des voix. On a eu chaud aux fesses. Il faudra qu’un jour la gauche arrête de mettre des conneries inapplicables dans son programme : ça ne sert à rien, ça ne peut pas être appliqué et ça fait courir un danger.

Pour le reste, je dirais que François Hollande a montré aux journalistes, ces pauvres chéris, qu’il avait bien un cap. Les unes de presse semblent positives, aujourd’hui, après deux ou trois mois de flottement, voire de « Hollande bashing ».

C’est peut-être le premier enseignement de cette conférence de presse : une conférence de presse est avant tout destinée à la presse. Yann Savidan le démontre très bien, ce matin. La conférence de presse n’est pas destinée au grand public, aux militants politiques ou aux twittos…


Mon confrère et néanmoins ami a publié son propre billet pendant que je rédigeais le mien, faisant « mentir mon introduction ». Allez le lire ! 

On résume ?

La droite traditionnelle est perdue ! J'avais conseillé à François Fillon de se mettre en retrait, il a refusé. Tout ce qu'il peut dire est retenu contre lui. Jean-François Copé perd de la crédibilité à chaque prise de parole, tant on a l'impression qu'il use en permanence de cette langue de bois qu'il critique. Laurence Parisot et François Bayrou sont dans l'attente et ne peuvent qu'approuver ce que dit le Président, sinon, ils sont coincés. Le Parti de Gauche et le Front National sont sur des positions similaires. Les deux devraient se poser des questions.

La position de Jean-Louis Borloo semble ne pas intéresser les médias. Et pour cause... Sa réaction est, pour partie, un peu la même que la mienne. Devrais-je me poser des questions à mon tour ?

Dans l'attente, je vais lui laisser le mot de la fin :

"La réelle finalité de l'exercice, c'était de séduire les observateurs, les journalistes, de leur faire du charme. De ce point de vue, c'était réussi. Il est physiquement en forme, content d'être président, et la presse va être contente, car elle ne l'a pas taclée."

C'est bien l'essentiel, non ?

01 octobre 2012

Week-end politique

L'actualité politique était chargée, ce week-end. Trop : j'ai failli louper l'espèce d'université d'été du Modem. On a en vrac : la manif contre le traité, la présentation du budget, les libéraux qui couinent et François Fillon qui parle. 

Je trouve ce dernier assez gonflé dans ses explications. Comme s'il avait oublié qu'il était le Premier Ministre qui a laissé la France dans cet état ! Il gueule contre les augmentations d'impôt en oubliant que la gauche avait annulé l'augmentation de la TVA. 

D'ailleurs Valérie Pecresse a confirmé que le Gouvernement précédent a fait des erreurs. Cela étant, elle a aussi comparé Nicolas Sarkozy à Jésus. Ca nous a bien fait rigoler dans Twitter. Enfin, c’est nous qui portons la croix….

Autre sujet : Jérôme Cahuzac est interviewé par le quotidien Métro, ce matin. J'ai même l'impression qu'il a été interviewé un peu partout ce week end. Toujours est-il que c'est une petite phrase qui retient mon attention. La mise en place d'une imposition du même niveau entre les revenus du travail et du capital semble être la première étape d'un rapprochement entre la CSG et l'impôt sur le revenu. Bonne nouvelle. 

Tiens ! À propos de cette imposition, les libéraux ont beaucoup gueulé ce week-end. Les entrepreneurs sont considérés comme des pigeons. Néanmoins, ils n'ont toujours pas réussi à me convaincre des raisons qu'ils auraient d'échapper à l'impôt. 

Le régime des auto-entrepreneurs a également beaucoup fait parler de lui. Les gens (et surtout ses supporters) racontent n'importe quoi. Je vous laisse lire mes confrères Gabale, Politeeks, Romain et Seb Musset à ce sujet. 

Les manifs ? C'est bien. Il faisait beau. 

Je n'ai pas vu un seul blogueur du Front de Gauche donner son avis sur le budget. 

C'est ballot !

Le Modem, maintenant...

Je trouve quand même que ça sent drôlement le sapin, tant ils sont divisés sur la direction à prendre. 

D'une lecture en diagonale de la presse, je retiens que le Modem voudrait une primaire ouverte entre François Bayrou et Jean-Louis Borloo pour l'élection de 2017 alors que l'UDI (le nouveau parti de Borloo) voudrait une primaire avec toute la droite, donc l'UMP. 

Ce qui nous confirme, donc, que l'UDI n'a pas la vocation à présenter un candidat à la Présidentielle. 

Toujours est-il qu'on n'a pas fini de rigoler. 

11 juin 2012

Le Modem a perdu le signal

Hervé Torchet n’estpas content. Il estime que François Bayrou se fait voler sa circonscription par la candidate du Parti Socialiste. Le PS aurait du ne pas présenter de candidat après que François Bayrou ait dit qu’il allait voter pour François Hollande, ce que j’ai moi-même dit ici.

« Bayrou s'est affaibli localement pour faire passer le candidat PS à la présidentielle et le PS en profite pour lui prendre son siège de député. Une telle manœuvre n'a qu'un nom : l'abjection. »

Ce qui est abject est surtout de ne pas respecter la démocratie : la candidate socialiste a obtenu 35% alors que François Bayrou a obtenu 24%. Elle n’a pas à se retirer. Elle aurait pu ne pas se présenter mais ce n’est pas la décision qui a été prise. C’est fait : les électeurs ont tranché et ont placé Nathalie Chabanne en première place. Se retirer maintenant serait les trahir et c’est autrement plus intéressant que la carrière personnelle du chef d’un parti complètement à la dérive, qu’il n’a pas su mener où il fallait alors qu’il représentait près d’un cinquième des électeurs en 2007.

« Si Bayrou avait appelé à voter pour Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle, il serait réélu dans un fauteuil. » Oui, mais il n’a pas appelé pour Nicolas Sarkozy parce qu’il a une plus haute opinion de la démocratie que ses propres militants. François Bayrou a toujours dit qu’il n’était pas dans un processus de négociation.

Dans une logique républicaine, c’est François Bayrou qui devrait retirer sa candidature et appeler à voter pour Nathalie Chabanne vu qu’il est arrivé second et qu’il se place dans une logique contre l’UMP.

François Bayrou est un grand républicain : il a appelé à faire battre Nicolas Sarkozy. On ne va pas entrer maintenant dans des basses combines. Un grand républicain mais qui tient son poste d’une posture de l’UMP qui n’avait présenté de candidat contre lui en 2007. Et ses partisans voudraient maintenant qu’il soit élu sur la base d’une posture du Parti Socialiste ?

Un peu de sérieux !

On est probablement d’accord qu’un peu de proportionnelle à ce suffrage ne nuirait pas pour permettre à toutes les formations politiques d’être représentées au parlement.

Il n’empêche que le siège de François Bayrou ne lui appartient pas, d’autant que ça fait 26 ans qu’il est Député (ou Ministre de droite).

Le constat est clair : le Modem a recueilli 1,76% des voix. L’Hérétique est beaucoup plus raisonnable que Hervé : « Les résultats viennent de tomber et le MoDem de disparaître politiquement. Hélas, ce score était prévisible. Pas de campagne nationale et plus rien à dire depuis le mois de janvier dernier. »

Le Modem n’a plus sa place, aujourd’hui. Pourtant, il y a un large espace pour le centre droit suite à la radicalisation de le l’UMP vers une droite toujours plus dure.

Les gars, vous avez jusqu’aux prochaines échéances électorales, en 2014, pour vous remettre. Vous aurez, cette année-là, des Européennes, des Municipales et des Cantonales, voire des Régionales (la réformes territoriale prévoit la fin du mandat des Conseillers Régionaux en 2014, je ne sais pas comment se traduira son annulation par la gauche).

Au boulot ! Que François Bayrou pense à structurer un parti politique plutôt qu’à sa propre survie politique…

Et qu'on arrête de dire qu'il a fait gagner François Hollande, ça ferait passer tous les électeurs pour des moutons...

28 mai 2012

Adieu, François Bayrou !

François Bayrou ne devrait pas être réélu député et AlainLambert s’en émeut. Pas moi. Je le dis aussi facilement : j’avais été parmi ceux qui pensaient que le Parti Socialiste aurait du lui renvoyer l’ascenseur après sa déclaration en faveur de François Hollande. Le « centre » n’existe pas, en politique. Le centre est à droite. C’est ballot. Quand les gens de droite, de cette droite modérée, qu’on pourrait presque apprécier, oseront dire qu’ils sont à droite, la France se portera mieux.

François Bayrou est au "centre" de la vie politique Français depuis plus de 25 ans (il a été élu député en 1986).  

C’était à lui, au cours de la campagne, d’affirmer son positionnement politique. Avec un Nicolas Sarkozy à la dérive vers l’extrême droite, il avait un boulevard devant lui avec un positionnement au centre droit.

Ca fait quelques jours que je ne cesse de donner des conseils à « cette droite ». Je vais recommencer : tant que vous n’assumerez pas, vous êtes condamnés à laisser l’autre droite, la dure, occuper tout l’espace. Et tant que vous ne défendrez pas votre politique, nous autres, andouilles gauchistes, n’auront pas mieux à faire que lutter contre l’espèce d’extrémisme qui pousse vos collègues de l’UMP.

François Bayrou s’est exprimé à propos de cette guerre des chefs à l’UMP. « Il y a une partie de la droite française, républicaine, dont les idées et les valeurs sont absolument ouvertes, à mes yeux profondément justes et avec qui, naturellement, des gens comme moi peuvent travailler. C'est François Fillon, pour qui j'ai de l'estime, et ce n'est pas un secret de le dire » « Et puis, il y a, depuis des années, une autre sensibilité qui est profondément différente. Cette sensibilité accepte qu'entrent dans le débat public des sujets de profondes divisions, de profonds antagonismes entre Français, des sujets qui mettent le feu, parce que [ces représentants] estiment qu'électoralement c'est plus payant. Et ils voient dans la montée du FN la preuve de ce qu'il faut faire » « Cette ligne-là s'accompagne en même temps d'une vision de rapports de force de la société, sur l'argent, la condamnation des partenaires sociaux et des corps intermédiaires... Tout cela fait une vision du pays qui est, me semble-t-il, en contradiction avec ce que la droite française a donné de meilleur depuis des décennies. » « C'est une vision profondément antagoniste qui ressemble à ce qu'une partie de la droite américaine, ce qu'on appelle les Tea Party, veut faire entendre. C'est sur ce point qu'il y a une ligne de clivage » « Et, donc, je ne crois pas que ce qui se passe au sein de l'U MP soit uniquement un choc d'ambitions [...], mais c'est sur du fond que ce débat va avoir lieu, et il est pour moi très intéressant. »

Nous n’aurons pas le débat de fond. François Fillon a été le Premier Ministre de Nicolas Sarkozy pendant cinq ans. François Bayrou qui nous dit vouloir rompre avec les vieux clivages doit aussi rompre avec l’UMP et ne pas acclamer ceux qui représentent le pire, sans distinction.

Sans compter que François Fillon a des chaussettes rouges.

François Bayrou aurait du être le chef de ce centre droit. Il a décidé de passer les clés à un autre..

Tant pis ! Une page va se tourner. Il n'avait qu'à prendre ses responsabilités.

11 mai 2012

Faut-il sauver le soldat Bayrou ?

Personnellement, j’aurais souhaité que le Parti Socialiste ne présente pas de candidat face à François Bayrou. Ce n’est pas la décision prise par le parti et Romain nous explique pourquoi. Pour résumer, il s’agit d’enlever un argument à Méluche et ses équipes, pour ne pas qu’ils puissent rappeler que c’est eux la "vraie gauche".

Soit.

Je ne suis pas d’accord.

Tout d’abord, nous ne sommes pas sûrs d’avoir la majorité absolue. Avoir un centre indépendant et fort pourrait nous aider. N’oublions pas 1988. Les socialistes et les communistes avaient au total 281 députés or il en faut 289 pour avoir une majorité ce qui ne nous a pas empêché de faire le RMI, la CSG et un tas de belles choses. Même si ça s’est terminé par une branlée électorale.

Cela étant, ce n’est pas en retirant un candidat qu’on se positionne de manière à avoir la majorité absolue…

Mais les dirigeants de l’UMP se sont « droitisés » en une dizaine d’années. Pas les électeurs et pas tous les dirigeants. Par exemple, le responsable de l’UMP près de chez moi vient de faire un billet où il dénonce la stratégie de l’UMP et l’invite à y réfléchir. Je citais dans mon annexe un illustre blogueur de droite qui tenait à peu près les mêmes propos. Et je suis persuadé que mes copains de droite (sans être blogueurs engagés) comme FalconHill ou Vlad pourraient tenir les mêmes propos. Ce qu’il y a de bien est que la stratégie de la droite pousse l’UMP droit dans le mur et garantit donc la victoire de la gauche.

Par delà le clivage droite gauche, les vantardises « plus à gauche que moi tu meurs » ou ceux qui nient ces clivages (à propos, Alain Lambert ne sera pas candidat à Paris), il y a un clivage plus important pour l’instant, entre la ligne officielle de l’UMP et les autres, peut-être 60 ou 70% de la population, qui ne veut pas de cette stratégie de haine.

Ce clivage est plus important que tout parce qu’il valide les idées de rejet de l’autre, de haine et tout ce que mes camarades gauchistes dénoncent au jour le jour dans leurs blogs… et qu’a dénoncé François Bayrou quand il a annoncé son ralliement à François Hollande. Dans ce rejet d’une droite dure, nous sommes nombreux, de la gauche de la gauche jusqu’à ce centre incarné par François Bayrou (et Alain Lambert).

Nous sommes ensemble…

Et tout le monde doit le reconnaître. Le combat pour la vraie gauche passe après, il n’est pas question de gouverner avec François Bayrou, il a d’ailleurs clairement rejeté le projet de François Hollande.

Je n’ai pas envie de redevenir, après six semaines, blogueur d’opposition parce qu’il aura fallu faire plaisir à la gauche de la gauche et leur retirer un argument. Le PS aurait pu ne pas poser sa candidature face à François Bayrou : il ne s’agissait pas de faire sa campagne (qui n’a par ailleurs que peu de sens puisqu’il sera nécessairement dans l’opposition s’il est élu).

Les projets que nous avons à défendre jusqu’au second tour des législatives sont différents, comme ils l’étaient au cours des dernières semaines.

Il n’empêche que François Bayrou a aidé toute la gauche – toutes les gauches ! – à sortir Nicolas Sarkozy de la Présidence de la République.

Qu’importe un siège de député ? La droite va en perdre une centaine.

Je ne suis pas d'accord avec la décision du PS. Je ne vais pas en chier une pendule, juste un billet de blog.

Edit :vu la tonalité de certains des commentaires, je précise que je ne mets pas en cause la décision du PS (d'où mon "je ne vais pas en chier une pendule"), je dis uniquement que je ne suis pas vraiment d'accord avec le motif exposé par Romain dans son billet, si c'est celui utilisé par le PS. Pour le reste, j'ignore les autres contraintes du PS. Je reste contre la désignation d'un candidat comme d'autres personnalités éminentes du PS mais je me plie au décision d'autant plus facilement que je ne suis pas au PS.

03 mai 2012

François Bayrou, fier Batave !

Vers 18 heures, Jonathan Bouchet-Petersen (journaliste à Libération) a annoncé sur compte Twitter que François Bayrou devrait appeler à voter pour François Hollande lors de son intervention de 19 heures (repris sur son blog, voir l'illustration).

Je planifie donc ce billet pour 18h59 (à 19 heures, je serai dans le métro). Je l'effacerai si François Bayrou annonce autre chose.

Ainsi, JBP a annoncé : "François Bayrou devrait appeler à voter François Hollande tout en revendiquant le statut de premier opposant #subtilité." Ce qu'il y a de bien, en France, c'est qu'on a beaucoup de premiers opposants.

J'adore la subtilité. Dur métier, Président du Modem...

Patrick Beauvillard (@pbeauvillard), Conseiller Régional d'Aquitaine MoDem, a, quant à lui, tweeté : "Fin du Conseil National. En tant qu'élu MoDem, je choisis Hollande au 2nd tour. Je publierai ma tribune dans le train du retour."

Bayrou gonflé ?

Je vire gâteux. Je sors de table, reviens à mon bureau et j’ai cette pensée insensée : « Pourvu que François Bayrou se soit prononcé que je puisse faire mon billet de blog ! » Me voila à attendre une parole de François Bayrou. C’est grave, docteur ?

François Bayrou avait dit qu’il parlerait après le débat d’hier. Tiens ! A propos de ce débat, j’ai vu un tweet qui m’a fait rigoler, de la part d’une de ces éternelles andouilles qui se croit au dessus du lot : « Comme d’habitude, les fanatiques de chaque candidat s’imaginent que leur chef a gagné. » D’un autre côté, je le disais moi aussi, hier. Mais avant le débat. Je vais néanmoins lui répondre : il ressort que seul François Hollande sort gagnant de ce débat, tous les observateurs un tantinet objectifs le reconnaissent. Même la presse internationale est d’accord. On va résumer : il a gagné parce qu’il n’a pas perdu alors que Nicolas Sarkozy avait affirmé pouvoir le laminer.

Non mais sans blague…

Et François Bayrou dans tout ça. Je n’en sais rien.

J’espère qu’il va bien s’amuser en lisant Le Monde, aujourd’hui, avec les déclarations des zoziaux de l’UMP. Tiens ! Nathalie Kosciusko-Morizet s’est dite « choquée" par "l'agressivité de Hollande qui l'a interrompu une vingtaine de fois au moins. » Allons bon ! On n’a probablement pas regardé la même émission… La palme revient à Henri Guaino : « Qui est M. Hollande pour porter des jugements moraux ? Il n'y a pas un seul scandale dans ce quinquennat. » Woerth, Bettencourt, Karachi, Kadhafi, Bolloré, Fouquet’s…


C’est bon, Monsieur Bayrou, vous avez lu ? Répétez après moi : « chers électeurs, le 6 mai, mettez vous une pince à linge sur le nez si vous voulez mais aller voter pour François Hollande qui est le seul à avoir le moindre degré de crédibilité. Allez voter pour le socialiste, ça fait mal mais un peu moins qu’une sodomie, parait-il. Allez voter pour François Hollande pour nous débarrasser définitivement de « la bande à Sarko » et des propos outranciers en direction des électeurs du Front National ».

Ainsi soit-il. 

25 avril 2012

Lettre ouverte (attention aux courants d'air) à François Bayrou

Corinne Le Page a écrit à François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit lui a lancé un appel. Je ne voudrais pas être en retard d’une mode.

Monsieur Bayrou, Cher François,

Mon blog a maintenant un peu plus de six ans et, depuis le début, je vous lance de fréquentes piques. Je vous ai toujours pris pour un homme de droite. Vous êtes d’ailleurs le premier à m'avoir fait descendre dans la rue, en janvier 1994, si ma mémoire est bonne (en 1986, je n’avais pas le statut d’étudiant). En août 1996, je descendais également dans la rue, avec Gaël, à cause de mesures (l’évacuation de sans-papiers de l’église Saint-Bernard) prises par un gouvernement auquel vous participiez. J’avais même été coursé par les CRS, c’est à peu près la dernière fois que j’ai couru (sauf retard à l’apéro, bien sûr).

Dans 20minutes, ce matin, une page vous était consacrée avec l’attente d’un positionnement pour le deuxième tour. L’article expliquait que vous pouviez difficilement le faire pour différente raison.

Votre positionnement politique est maintenant plus précis, même si je n’y crois pas un instant. Les électeurs, d’ailleurs, ont eu l’air de penser comme moi, malheureusement (pour vous). Vous voulez travailler avec tout le monde, par delà les clivages traditionnels, pour redresser les comptes de la nation.

Ce travail avec tout le monde ne se fera certainement pas. Peut-être votre formation politique travaillera-t-elle avec le nouveau gouvernement, quel qu’il soit. Vous-même, je n’y crois pas. Il faudrait que vous soyez Premier Ministre et je ne pense pas que vous fassiez confiance en Nicolas Sarkozy pour vous laisser cinq ans à ce poste avec assez de marge de manœuvre pour travailler comme vous le souhaitez.

Quelle que soit la majorité qui se dégagera à l’issue du second tour et des législatives, si vous êtes député, vous voterez probablement pour certains textes et pour d’autres. Vous voterez contre des motions de censure et pour d’autres. Cela vous honore sans doute, je ne suis pas payé pour vous remouiller la compresse.

Cela étant, vous avez devant vous deux candidats, les deux promettant un assainissement des comptes à plus ou moins la même échéance. Mon opinion personnelle et que je vous engage à partager (relisez le titre de mon blog) est que seul François Hollande est crédible, d’autant qu’il prend soin de travailler à la croissance avec nos partenaires Européens. Nicolas Sarkozy est Président de la République depuis cinq ans et était membre du gouvernement les cinq années précédentes. Regardez l’évolution des comptes de la nation, depuis. François Hollande, quant à lui, était patron du Parti Socialiste pendant la période où il était au pouvoir et où les comptes de la Nation ont connu un formidable progrès. Je vous concède que les circonstances économiques n’étaient pas du tout les mêmes, il ne s’agit pas pour moi de lancer une polémique.

Je constate juste qu’il est difficilement possible de faire confiance à Nicolas Sarkozy pour épurer les comptes.

Vous voulez travailler avec les uns et avec les autres pour le bien de la Nation (et de ses finances). Vous ne croyez pas qu’il serait temps de laisser la place aux autres, d’autant que les uns n’arrêtent pas de « droitiser » leur discours ?

Si j’étais vous, j’appellerais sans concession à faire battre le candidat de cette droite dure, qui, de toute manière, a très peu de chance d’être réélue (les sondages montrent que 70% de vos électeurs n’envisagent pas de voter pour Nicolas Sarkozy). Il faudrait un miracle. Ainsi, l’UMP pourrait exploser et une force politique de centre droite, totalement indépendante de la plupart des cadres actuels aurait toute sa place. Le centre droit revivrait.

Je dis ça, je ne dis rien. De toute manière, nous ne serons politiquement jamais d'accord et je doute que nos formations respectivement soient amenées à travailler ensemble à un niveau national. Il me parait juste que nous allions dans la même direction pendant 10 jours vers un objectif commun : virer de la Présidence de la République celui qui a coulé le Pays, même s'il fait appel, maintenant, à la Nation.

Etes-vous vraiment sérieux quand vous dites que vous allez poser des questions par écrit et que vous allez attendre les réponses qui pourraient vous-être présentées lors du débat de la semaine prochaine ? Plus exactement, pensez-vous sérieusement pouvoir croire les promesses de Nicolas Sarkozy ?

Les deux candidats ont des très jolis prénoms.

Bien cordialement,
Nicolas

29 mars 2012

François Bayrou, Premier Ministre de Nicolas Sarkozy ?

Ainsi, c’est Valérie Pécresse qui a été envoyée par Nicolas Sarkozy dire François Bayrou pourrait être Premier Ministre. « tout était possible », cela « dépendrait des accords de second tour » et « Ce que je remarque, c'est que ses thématiques sont celles qui sont les nôtres, que ce soit sur l'éducation, la dette, la formation des chômeurs ou l'Europe. Il y a de grandes similitudes. »

Si tout est possible.

Qu’en pense le principal intéressé ? Je n’en sais rien, à part qu’il me semble qu’il s’est toujours prononcé contre. Il n’empêche qu’aller à la soupe, ça ne manque pas de charme… Mais je suppose qu’il a un autre plan de carrière que d’être Premier Ministre jusqu’au second tour des législatives et servir ensuite de potiche, un peu comme François Fillon pendant ces cinq années…

Quel est le message donné par Valérie Pécresse qui s’adresse visiblement aux électeurs centristes, les prenant pour des lapins de six semaines ?

Petit 1 : François Bayrou est bien un homme de droite. Je n’en ai jamais douté. Le centre n’existe pas. Ceux qui se revendiquent du centre ont toujours été avec la droite. Les vrais centristes, les indécis, ceux qui basculent d’un camp à l’autre, d’une élection à l’autre, sont invités à voter pour François Hollande pour garantir un parfait équilibre…

Ah ! On me chuchote dans l’oreille que ça n’est pas exactement ce qu’elle a voulu dire.

Petit 2 : Nicolas Sarkozy étant proche de François Bayrou, on ne peut pas le placer vraiment à droite. Les électeurs de droite sont invités à voter pour Marine Le Pen pour rappeler à Nicolas Sarkozy les fondamentaux.

Comment ? Ce n’est pas ça ?

Petit 3 : Les lignes de François Bayrou étant très proches de celles de Nicolas Sarkozy, les électeurs de droite exaspéré par l’homme omniprésent, bling bling et tout ça sont invités à voter pour le candidat du Modem qui mettra Nicolas Sarkozy comme Premier Ministre ou Ministre de l’Intérieur, de l’Extérieur ou tout ce que vous voudrez.

Non ? J’ai le droit à un nouvel essai ?

Petit 4 : Alors que Jean-Luc Mélenchon commence à monter sur la gauche de François Hollande, votez massivement pour François Bayrou et Marine Le Pen pour que les cinq principaux candidats se retrouvent presque à égalité autour de 18 ou 19% et que les deux candidats du second tour soient choisis en fonction du hasard des urnes ?

Encore raté !

Petit 5 : selon les résultats du Premier Tour, Nicolas Sarkozy annoncera que François Bayrou sera son Premier Ministre pour faire croire que François Bayrou appelle à voter pour Nicolas Sarkozy, donc votez pour qui vous voulez mais en choisissant Nicolas Sarkozy vous créerez l’élan pour son élection et la nomination de François Bayrou pour diriger le gouvernement. Donc en votant pour Nicolas Sarkozy vous favorisez les idées, méthodes et visions de François Bayrou.

Ah ! Je sens que je me rapproche.

Tout cela est grotesque et pitoyable.

Sujet suivant…

09 mars 2012

Engagez-vous, rengagez-vous, qu'il disait !

« Il nous dit : quoi qu'il arrive, de toute manière, il continuera avec son petit statut tranquille d'homme politique » « Ce n'est pas ce que veulent les Français. » « les Français veulent savoir ce qu'on propose à la France pour 5 ans, que chacun d'entre nous, on s'engage complètement ».

Voila ce qu’à déclaré Nicolas Sarkozy lors d’une visite à Nice. Est-ce possible qu’il soit complètement déconnecté de la réalité pour autant faire la promotion de son principal adversaire ?

Au fait ! Il faut que j’interrompe ce récit pour raconter ce que je pense de la prestation de François Bayrou, hier soir, à la télé.

Voila, c’est fait.

Monsieur Sarkozy ne sait donc pas qu’il est rejeté par une grande partie de la population Française parce qu’il n’a pas un statut tranquille d’homme politique. Nos concitoyens veulent une France apaisée !

Les Français veulent effectivement que chaque candidat s’engage complètement.

Comme Nicolas Sarkozy en 2007, qui s’était engagé fortement, pour ne citer que deux exemples, à ce que plus personne ne dorme dans la rue et à ce que le chômage soit ramené à 5%.

Ce n’est pas le tout, de s’engager. On veut aussi du résultat. D’ailleurs l’encore Président avait établi une évaluation des résultats de chacun de ses ministres. L’évaluation a rapidement cessé.

Hier, c’était la journée de la femme. Voila ce qui était au programme de Nicolas Sarkozy en 2007 : « Dès le mois de juin, je réunirai une conférence avec les partenaires sociaux afin que l’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes soit totale d’ici 2010. »

On veut des résultats. Pas des promesses jamais tenues qui font désespérer les Français de la politique.

Le changement, c’est maintenant.