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21 mars 2015

Laissons l'écologie à des gens raisonnables

Ségolène Royal a refusé la circulation alternée demandée par la Mairie de Paris à cause des pics de pollution. C’est une très bonne chose et Bruno Roger-Petit nous explique pourquoi et, finalement, bien que totalement opposé à la voiture à Paris, je suis parfaitement d’accord avec lui, ne refusant absolument aucun paradoxe, ce qui nécessite quelques explications que vous trouverez dans un excellent billet de blog, ce matin, ici-même. Il nous rappelle aussi qu’elle avait empêché la loi interdisant les feux de cheminée, ce qui est aussi une très bonne chose.

Par contre, il faut que je fasse gaffe à ne pas devenir Ségoliste.

Halte à l’écologie punitive !

BRP évoque l’écologie sociale, ce qui ne veut rien dire mais je suis contre l’écologie incitative et surtout contre l’écologie punitive qui sont, tous les deux, antisociaux. Les incitations ne profitent qu’à ceux qui ont les moyens d’en profiter (demandez à un SDF s’il est content des aides fiscales pour l’isolation) et les punitions concernent les défavorisés (j’ai les moyens de payer pour ne pas me chauffer au bois). La gauche de la gauche qui a inventé « l’écosocialisme » a fait une grosse connerie, son score dans les urnes le montre. Je l’ai dit souvent, à un tas de sujets, comme le nucléaire ou Notre-Dame-des-Landes. Le nucléaire ne manque pas de défauts mais on n’a pas trouvé grand-chose d’autre pour rendre le service à bas prix sans trop polluer même si on trouve toujours des andouilles pour tenter de démontrer le contraire.

Electoralement, c’est de la connerie. Faire de la politique pour ne pas être élu ne sert pas à grand-chose et les écolos et socialos parisiens ont la chance d’avoir des électeurs riches et une droite conne.

Revenons à mes paradoxes

Je suis contre la voiture à Paris parce que cela génère de la pollution, des encombrements gênants pour ceux qui ont besoin de leur voiture (un plombier ne va pas trimbaler sa caisse à outils dans le métro et la famille qui va manger chez la grand-mère en grande banlieue n’a pas d’autre moyen pour tenter de capter l’héritage), des risques pour les piétons et une transformation de l’automobiliste en gros con, fier de lui, s’accordant tous les droits, y compris celui de prendre sa voiture.

Cela me rappelle ceux qui gueulent contre les lois du gouvernement « contre internet ». Je suis contre ces lois mais certains le font au nom des droits fondamentaux ! Comme si raconter des conneries sur le web était un droit fondamental. Comme si utiliser sa voiture était un droit fondamental ! On croit rêver. Le droit fondamental est de respirer dans Paris, ce qui n’est pas toujours possible pour tous….

Je suis aussi contre la voiture à Paris parce qu’elle ne sert généralement à rien

Ainsi, la circulation alternée quand il y a des pics de pollution m’amuse beaucoup vu qu’elle fait chier les gros cons. Il n’empêche qu’elle ne sert à rien en cette période, surtout quand elle est mise en œuvre après le pic de pollution.

L’écologie doit être un travail de longue haleine, une réflexion constante. Cela ne sert à rien de lutter contre les pics de pollution par une mesure qui emmerde les citoyens. La politique du « tout voiture » menée pendant des années a été néfaste, contreproductive, augmentant les temps de trajet… et surtout empêchant le développement et l’amélioration des transports en commun, cette amélioration qui nous permettrait de voyager peinards évitant les rames pourries, les changements qui n’en finissent pas,…

L’écologie ne doit pas être un gadget. BRP évoque les Vélib, à Paris. Ces machins plaisent certainement aux Parisiens un peu branchés qui s’imaginent sauver le monde mais ils ne sont que des gadgets voire des icônes, celles de l’écologie bobo, tout comme la fermeture des voies sur berge que j’approuve néanmoins, plongé dans mon paradoxe.

Un paradoxe, cela s’explique

Les voies sur berge sont un inconvénient pour les promeneurs, pour ceux qui voudraient déambuler dans Paris (qu’ils aillent au bistro, plutôt). Leur fermeture permettra de fluidifier la circulation en incitant les gens à ne pas prendre la voiture et générera une forte diminution de la pollution. Il n’empêche que les voies sur berge ne sont pas la cause d’un problème. La cause initiale est l’entassement des gens en région parisienne et l’obligation qui faite de se déplacer pour aller travailler. La cause supplémentaire est la volonté des gens à habiter des pavillons en banlieue, générant l’étalement urbain et rendant obligatoire l’utilisation de la voiture. Et cette cause initiale provoque non seulement des dégâts environnementaux mais aussi sociaux avec des gens qui se tapent plus de deux heures de trajet par jour, qui passent leur temps à courir pour s’occuper des gamins, faire les courses,…

Alors la circulation alternée, les cyclistes qui vont plus vite, les voies sur berge qui ferment les emmerdent. Ils conchient l’écologie et la cause initialement défendue. Dans la voiture, ils écoutent la radio et des écolos qui luttent contre des aéroports. Si les entreprises d’envergure nationale et internationale pouvaient s’installer en dehors d’un axe « Paris – Lyon – Marseille » en ayant des moyens de transport leur permettant de « rayonner », la cause de l’environnement ne serait-elle pas mieux défendue ?

Je ne fais pas une obsession sur Notre-Dame-des-Landes, rassurez-vous mais il est très drôle de voir des gens se battre contre au nom de l’écologie tout en racontant n’importe pour minimiser les dégâts de l’autre aéroport de Nantes, la gêne et la pollution qu’il provoque, l’étalement urbain dévastateur qu’il impose en occupant des mètres carrés au cœur de la cité…

Laissons l’écologie à des gens raisonnable, pas aux écolos.

Ségolène Royal est raisonnable.

Et on vit très bien sans voiture, à Paris.

On ne le dira jamais assez. Vélib est un symbole. Pas Autolib qui permet d'avoir une voiture seulement quand on en a besoin.


19 septembre 2014

La véritable histoire des stratèges du Parti Socialiste

Fin 2001, François Hollande était premier secrétaire du Parti Socialiste. L’élection présidentielle approchait. Le PS avait un bon résultat à l’issue de la législature avec une vraie diminution du chômage et une belle croissance, liées à de bonnes mesures de gauche, comme la réduction du temps de travail mais aussi la prime pour l’emploi, les emplois-jeunes, la baisse de la TVA, , mais aussi à une bonne conjoncture économique qui s’était néanmoins émoussée, sur la fin, avec l’éclatement de la bulle informatique.

Mais c’est la baisse du temps de travail dont il était le plus content même si elle avait été mal gérée par Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn, car il est évident que le progrès technologique permet de moins travailler et que la mondialisation galopante allait faire que les emplois industriels seraient pour beaucoup délocalisés dans des pays en développement. D’ailleurs, cette mondialisation et la création prochaine de l’Euro allaient avoir des impacts importants sur l’économie et le gouvernement Jospin avait pris des premières mesures radicales pour l’accompagner. Par exemple, il fallait privatiser France Télécom parce que nous connaissons aujourd’hui, la concurrence, le dégroupage,… étaient inéluctables. Ces mesures faisaient grincer, à gauche, évidemment, mais François étaient sûr de lui. D’ailleurs, 13 ans plus tard, on le constate : tout le monde à un mobile voire un smartphone et un accès à internet. Les mesures étaient bonnes.

Mais contestées. Entant que chef du premier parti de la majorité et éminent député, celui qui se ferait appeler volontairement Flamby, aidé par son ami Arnaud Montebourg, pour entretenir une image de bonhommie, les avait fidèlement accompagnées.

Fin 2001, il regardait la présidentielle arriver, quelques mois plus tard. Lionel Jospin était sûr de gagner. Il avait de bons résultats et Jacques Chirac une très mauvaise image. Il savait par ailleurs que, quel que soit le gouvernement, il aurait à continuer à gérer cette mondialisation et qu’il faudrait prendre des mesures très douloureuses. Il fallait que cela soit la droite qui les prenne sinon la gauche serait grillée pour des dizaines d’années et sa propre carrière serait compromise. Car il ne pensait qu’à cela : sa propre carrière et les dix ans qu’il allait passer à l’Elysée, en réformant la France et en laissant un nom dans l’histoire du pays et de l’Europe.

Encore une fois, l’avenir lui a donné raison : la gauche allemande, menée par Gerhard Schroder, a pris ses mesures et est évincée du pouvoir. Pire ! La droite ayant pris le relai, la situation économique du pays s’est bien améliorée mais, en l’absence de la gauche au pouvoir, personne n’a pu mener la politique sociale nécessaire à l’accompagnement des braves gens qui allaient subir les dommages causés par ses réformes.

En laissant Lionel Jospin gagner, il foutait en l’air sa carrière mais aussi tout le progrès social dans le pays. D’ailleurs, c’est Lionel Jospin lui-même qui le lui a dit. C’était un grand homme d’Etat et ne voulait pas laisser le peuple dans la merde. Et supputait déjà que l’image de Gerhard Schroder qui se préparait à faire ces réformes ne serait pas au top !

François Hollande et Lionel Jospin décidèrent alors de perdre la présidentielle. Ils allaient faire une mauvaise campagne, accumuler les bourdes. Mais François Hollande était déjà un fin tacticien électoral. Il savait que Jacques Chirac ne trouverait jamais 20% des électeurs pour passer le premier tour. Même en foirant la campagne, Lionel Jospin était sûr de gagner. Ils décidèrent alors de rencontrer Christiane Taubira et Jean-Pierre Chevènement. Le premier secrétaire du Parti Socialiste les invita a déjeuner au Récamier et leur dit la vérité : voila, nous ne sommes pas sur la même ligne politique mais si on gagne l’élection, la gauche est foutue pour l’avenir quelles que soient les mesures qu’elle pouvait prendre. Il poussa la réflexion dans tous les sens, exposa toutes les réformes possibles, celles qu’allaient faire l’Allemagne et celles qu’envisageaient la gauche de la gauche. Un seul constat : la gauche serait définitivement out et le peuple allait souffrir. Avant même que François le leur suggère, Christiane et Jean-Pierre comprirent. La seule solution pour ne pas gagner l’élection présidentielle était de perdre dès le premier et perdre le premier nécessitait d’avoir moins de voix que le candidat d’extrême droite. Il fallait laisser se disperser les voix de gauche. Christiane et Jean-Pierre seraient donc candidat et on allait laisser croire aux électeurs qu’on s’en foutait, on était sûr de gagner. Moi-même, je ne suis pas allé voter… Ca ne faisait pas un pli dans mon esprit : il y avait un seul candidat de gauche susceptible un bon score au premier tour et il y aurait forcément un candidat de gauche à ce deuxième tour…

La présidentielle de 2002 fut perdue avec brio. La seule anecdote notable de la campagne fût quand ils apprirent que Bruno Mégret serait candidat, en plus de Jean-Marie Le Pen ! Ce dernier, pas fou, savait que s’il était au second tour face à Jacques Chirac, il perdrait nécessairement, ce qui est logique. Un candidat frontiste ne pouvait gagner à un second tour que s’il était opposé à un candidat de gauche. Pire ! S’il passait le premier tour pour perdre un second, les Français comprendraient que le premier tour est important. Jean-Marie Le Pen avait compris la stratégie de Lionel Jospin et décidé d’appliquer la même : disperser son stock d’électeurs. Après sa « victoire », d’ailleurs, il comprit qu’il était grillé définitivement. Il fallait passer le relai à sa fille mais 2007 était trop tôt, il fallait attendre 2012 pour qu’elle soit candidate et prenne de l’expérience. Mais c’est une autre histoire.

François Hollande, soutenu par Lionel Jospin malgré une légère comédie de ce dernier, resta premier secrétaire  du parti et s’occupa de reconquérir les collectivités territoriales avec le succès que l’on connaît. C’était important pour lui, il fallait qu’il représente la gauche qui gagne. Il était resté sur un mauvais résultat, avec la présidentielle de 2002 mais aussi sur un résultat mitigé, aux européennes de 1999. Seules les élections locales lui réussissaient, comme les municipales de 2001 qui vit une victoire inespérée dans certaines villes. La liste qu’il menait était arrivée en tête, certes, mais sur fond de forte division de la droite. Alors, le Parti Socialiste gagna les cantonales et régionales de 2004. Le Parti Socialiste fit un très bon résultat aux européennes, cette année-là. Les élections locales de 2008 se sont correctement déroulées, également. Mais ne brulons pas les étapes.

Restons en 2004. Il y avait le referendum de 2005 à préparer, au sujet du traité européen. Il se foutait royalement de ce traité qu’il ne jugeait ni bon ni mauvais, à part sur la forme. C’est le traité de 1992 qui était mauvais puisqu’il n’incluait qu’un volet économique libéral et rien pour le peuple. D’ailleurs, seuls les Etat compteraient pour la gestion de l’Europe pendant des décennies : la démocratie européenne resterait balbutiante, ce qui, au fond, n’était pas un problème : les peuples n’étaient pas prêts et, au fond, c’est bien à eux que revient la décision ! Néanmoins, il savait que la question européenne diviserait profondément le Parti Socialiste et, surtout, ses militants, la plupart des cadres étant convaincus, comme François Hollande, qu’un parti antieuropéen ne pouvait pas prendre le pouvoir en France. Il eut alors l’idée d’organiser un vote interne : il savait que s’il soutenait le « oui », il serait largement en tête, ce qui est arrivé (59%). Il serait confirmé comme patron du parti malgré les lourds clivages internes.

Il lui fallait organiser le « non » pour ne pas prendre le risque de voir des électrons libres prendre de l’importance. Il a donc invité des amis à lui à prendre la tête des opposants au traités : Arnaud Montebourg (encore lui…), Manuel Valls (et oui !), Jean-Luc Mélenchon (tiens, le voilà) et Laurent Fabius (il fallait un homme de poids). Ils furent rejoints par Henri Emmanuelli mais c’est le hasard...

Vous connaissez la suite pour ce qui concerne ce vote. Hollande a pris la tête du oui de gauche. Sa réputation est clairement faite.

Cela nous pousse à 2006 ou, du moins, à la préparation de la présidentielle de 2007. Le constat était clair : la droite n’avait rien fait ou presque, écorchant les 35 heures, et, surtout, les gérant mal en ne poursuivant pas les travaux – mal – prévus par les lois de Martine Aubry notamment dans le secteur hospitalier. Pour le reste : rien. Tout le travail – de décorticage du droit du travail, il faut bien appeler les choses par leur nom – était à faire. On était dans la même situation qu’en 2002, mais avec une évolution évidente de la société, poussée par les nouvelles technologies et la poursuite de la mondialisation.

Il ne fallait pas que la gauche gagne 2007 sinon, elle serait foutue.

C’est le constat qu’a fait François Hollande devant sa compagne à l’issue d’une sieste crapuleuse (les livres d’histoires sont imprécis à ce sujet mais, au fond, cela ne nous regarde pas). Avec elle, Ségolène Royal, donc !, ils formaient un couple très moderne. Ils ne se sont jamais mariés mais on eut quatre enfants. Ils s’entendaient à merveille sur à peu près tout ! D’ailleurs, ils rigolaient beaucoup d’une jeune maitresse qu’il avait depuis peu, une journaliste à Paris Match…

François Hollande : voila, comment être sûr de perdre cette élection ?
Ségolène Royal : on n’a qu’à présenter une femme, dans ce pays de machos, elle n’aurait aucune chance d’être élue !
FH : oui, tiens ! Excellent ! T’as qu’à y aller...
SR : hé ho, tu crois que j’ai ça à foutre ?
FH : tu ne veux pas que je demande à Valérie, non plus ? Et tu verrais qui ? Martine… Tellement entêtée qu’elle serait capable de se faire élire. Toi tu as une bonne cote. On va organiser tout ça, tu vas voir. On va te créer des comités de soutiens, des réseaux sociaux et tout ça… De toute manière, Fabius et DSK n’ont aucune chance de passer la primaire, Fabius parce qu’il n’en veut pas, il me l’a dit quand on a préparé le vote pour le referendum, et Dominique parce qu’il est encore en plein dans les affaires.
SR : c’est OK ! Mais si je suis élue, on fait quoi ? Et tu passeras pour quoi, toi ? Et ta propre carrière ?
FH : on va faire en sorte que tu ne sois pas élue. Tu vas multiplier les gaffes et je ferai en sorte que le parti ne soit pas clairement derrière toi.
SR : oui, mais ça risque de te griller, tu risques de passer pour responsable de la défaite.
FH : Tu as raison. Trouvons autre chose !
SR : j’y suis ! Tu vas me larguer pour ta journaliste, la petite jeune, tu vas batifoler pendant la campagne, après la défaite, on se sépare et je continuerai à foutre la merde dans le parti, jusqu’au congrès de 2008 parce qu’il faudra bien que tu quittes la direction du parti… T’imagines que Martine gagne le congrès brillamment ? Tu es foutu pour 2012.
FH : OK, mais on tentera de se rabibocher, quand même après, hein ?
SR : ne t’inquiète pas, on verra à l’occasion. Tu auras peut-être encore besoin de Valérie et notre rivalité pourrait avoir des avantages…

Vous connaissez la suite, du moins pour 2006, 2007 et 2008. Notamment 2007 : l’élection était imperdable. Il a fallu la force de Ségolène Royal et de François Hollande pour réussir à la perdre.

Nous voilà fin 2008. 2012 était en ligne de mire mais François Hollande fit un constat : la gauche est malade, surtout la gauche de la gauche. Un candidat socialiste ne peut pas gagner sans une gauche de la gauche forte. Il faut sauver le parti communiste en les intégrant à une force politique modernisée. Pépère eut alors une idée : il appela son copain Jean-Luc Mélenchon. J’ai l’enregistrement de la conversation si vous voulez… Mais passons cet épisode.

En 2009, il y avait une échéance électorale importante : des européennes. François Hollande et Ségolène Royal, et donc leurs soutiens réciproques, ne pouvaient pas tolérer une victoire du Parti Socialiste qui aurait été mise au crédit de Martine Aubry. François Hollande invita alors à déjeuner Daniel Cohn Bendit, Eva Joly, Cécile Duflot et quelques autres. Il leur tint à peu près ce discours : le PS est divisé, les partisans de Ségo ne peuvent pas blairer Aubry, vous faites des listes ouvertes avec des têtes de liste comme Bové et vous avez un boulevard pour être à égalité avec le PS.

Et hop !

Après la réussite de ce nouvel échec du Parti Socialiste, François Hollande commença à préparer 2012, mais pour lui, cette fois ! Si un autre type était élu, à gauche, sa carrière serait terminée. En outre, il apparaissait évident que Nicolas Sarkozy conduisait une mauvaise politique et qu’il ne fallait pas laisser le pays aux mains de ces gens-là. Tant pis ! On a laissé la droite faire des conneries en espérant qu’elles prennent des bonnes mesures mais tout ce qu’elle a fait est de créer le statut d’auto-entrepreneur, signifiant encore plus la fin du salariat.

Dans dix ou vingt ans, il n’y aura plus de salariés ou, du moins, leur nombre aura diminué au profit de travailleurs indépendants de statuts divers, forcément précaires. Il faut préparer la société à cette évolution et, pour se faire, il faut renforcer notre modèle redistributif ce qui nécessite de sortir de la spirale infernale du chômage, de l’aide aux PME et à toutes formes d’entreprise, de statut, susceptibles de travailler auprès de grands groupes aux mains des puissances financières.

Tiens ! « Mon adversaire, c’est la finance » serait un bon truc, non ?

C’est ainsi que raisonnait François Hollande en se rasant.

Il lui restait évidemment une étape à franchir. Il est rapidement apparu, au vu des sondages, que la présidentielle ne serait qu’une formalité, d’autant qu’à l’été 2010, Nicolas Sarkozy a commencé à durcir ses propos, faisant fuir les centristes.

Il restait une formalité : la primaire. Il se mit en campagne : le tour de France pour présenter son projet, la relation avec Valérie Trierweiler, le régime,… Elle n’aurait vraiment été qu’une formalité. Face à Dominique Strauss-Kahn, lui, le social libéral, allait passer pour le gauchiste de service. A mourir de rire… DSK s’était grillé en allant au FMI et s’était grillé pour la présidentielle. Nicolas Sarkozy n’avait pas compris cela et était même persuadé du contraire : Dominique Strauss-Kahn était son pire concurrent. Il a donc organisé sa chute en passant par des intermédiaires Libyens (cette partie de mon récit est outrageusement romancée alors que le reste n’est qu’embelli).

Catastrophe ! Il serait opposé à Martine Aubry et elle pouvait très bien gagner, il lui fallut organiser le deuxième tour, dès le premier. Il a donc choisi lui-même ses copains pour être candidat au premier tour : Ségolène Royal, sa fidèle vaguement compagne, Jean-Michel Baylet, pour montrer l’ouverture, Manuel Valls et Arnaud Montebourg qui pourraient faire leur premières armes dans des ministères le temps de penser à leur propre carrière alors qu’ils sont minoritaires au PS et pour montrer qu’il ratisse large au sein du parti. Il avait réussi son coup : les quatre candidats éliminés au premier tour se sont prononcé pour lui pour le second. Mais, dès le mois de juillet – deux mois après l’affaire DSK – il fallait bien se rendre compte que Martine Aubry ne voulait pas y aller. Comme elle n’avait pas compris la stratégie de pépère, elle organisa elle-même sa propre chute en promettant une augmentation de 30% du budget de la culture. Elle s’en foutait ! Elle aura alors été la femme qui a remis de l’ordre au sein du Parti Socialiste et qui lui a permis de garder le pouvoir.

La campagne pour 2012 pouvait démarrer. François Hollande serait enfin candidat à la présidence de la République, pour sauver la France et était absolument sûr de gagner. Néanmoins, les sondages lui donnaient une telle avance que cela compromettait sa stratégie pour la suite. En effet, si un candidat socialiste était élu avec 60% des voix, il serait obligé de mener une politique franchement de gauche ce qui était en désaccord complet avec ses idées : la quantité de travail allait diminuer tout comme la part de salariés réalisant ce travail. Il fallait relancer l’industrie française et supprimer quelques avantages liés au travail pour permettre de faire fonctionner l’économie et améliorer la redistribution pour ceux qui ne pourraient pas gagner de l’argent avec un travail salarié. Il fallait dépasser l’Allemagne, libéraliser le travail tout en protégeant les êtres humains…

Avec 60%, il était sûr de ne pas pouvoir le faire.

Il eut un coup de génie et a appelé Martine Aubry. De mémoire, il lui a dit : dis donc, Martine, comme tu as la réputation de ne pas pouvoir me blairer, tu ne pourrais pas me faire un coup dans le dos ? Après tout, je t’ai bien rendu service en gagnant la primaire.

Elle répondit (toujours de mémoire) : ah oui, tiens ! J’y pensais ce matin en me rasant. Je me disais que si j’avais gagné, j’aurais du faire un accord électoral foireux avec les écolos. Tu veux que je le fasse pour toi ?
Lui : mouarf ! Extra ! Prévoit des trucs rigolos comme la sortie du nucléaire pour bien faire peur aux Français et tout ça.

Lui-même ajouta deux ou trois conneries dans sa campagne, comme le droit de vote des étrangers aux élections locales. Ca allait souder les gauchistes et donner à la droite l’occasion de s’exciter et ça allait faire hurler François Bayrou.

Tiens ! Le Bayrou ! Dès le début, François Hollande l’a appelé : dis donc, cher homonyme, tu te rends compte que tu feras un petit score. L’autre lui répondit : ben, oui, ça commence à me gaver, tout ça, mais je n’ai pas le choix… mais ça sera la dernière fois sauf si Morin se présente en 2017.
Hollande : j’ai une idée, tu ne fais pas campagne contre moi, je te promets que je vais réellement m’attaquer au problème de la dette, tu me soutiens au second tour pour ce prétexte et, comme l’UMP présentera un candidat contre toi, je m’arrange pour que le PS te soutienne aux législatives.
Bayrou : OK pour le soutien d’entre deux tours, mais rends-moi service. J’en ai ma claque d’être député. Ca n’avance à rien et si le PS me soutient, je serais catalogué à gauche, je ne pourrai plus rien faire au centre. Tu vas t’arranger pour que je sois battu à cause du PS.
Hollande : OK.

Nous voila au 17 mai 2012, le lendemain de l’investiture. François Hollande avait été élu au ras des pâquerettes, comme il le voulait, alors que des sondages le donnaient à 60%, il avait été odieux avec Sarkozy lors de la cérémonie d’investiture.

Il avait réuni sa garde rapprochée dans un des salons de l’Elysée et leur tint se discours : il faut absolument que notre popularité baisse très rapidement pour que l’on puisse avoir les mains libres dès le début. Sur une idée de toi, Ségo, j’ai obtenu de Valérie qu’elle envoie un tweet de soutien à Falorni. Je comprends bien que tu n’aies pas envie de redevenir député et que ta situation serait impossible. Obligée de conquérir la présidence de l’Assemblée avec moi à l’Elysée… Ca aurait été complètement grotesque. Mais je tiens à te remercier. Après, on va nommer un gouvernement de branquignoles, je vais faire des conneries, comme convoquer les journalistes pour mon départ en vacances en TGV et des trucs comme ça. Tiens ! On va mettre Cahuzac ministre du budget, avec toutes les casseroles qu’il a au cul… J’ai appelé Plenel, tiens ! Je lui dois un service à propos d’un épisode pendant la campagne. Sinon, on va mettre Harlem à la tête du PS et quand il aura bien foutu la merde, on le nommera ministre.

Les autres étaient pliés de rire !

Fin 2013, début 2014, la popularité n’était pas encore inscrite durablement au-dessous des vingt pourcents et il y avait un risque pour qu’elle remonte, surtout que la droite était toujours en lambeaux… Le travail avait été pourtant bien fait avec le mariage pour tous qui a fait plaisir aux gauchistes en fâchant les réacs et d’autres mesures comme l’ANI qui avait eu le résultat inverse.

Il fallait frapper fort. La décision de faire un tournant social libéral et de mettre Valls premier ministre après les municipales mais toujours avec un gouvernement de branquignoles, à peu près les mêmes, d’ailleurs, était prise depuis longtemps mais il fallait frapper fort.

Valérie Trierweiler commençait à s’ennuyer à l’Elysée. Pas facile d’être première dame, pas possible de coucher à droite ou à gauche contrairement à son homme. Elle fit une proposition à François Hollande vu qu’elle avait un copain qui bossait pour Closer. La scène aurait tellement été ridicule qu’il fut convaincu dès le début que l’idée était bonne. Il prit soin, alors, de peaufiner le scénario : on va faire un peu de bordel pendant quelques temps, je vais te larguer ! Tiens ! Tu pourrais même sortir un bouquin sur notre histoire, vers la fin de l’été, ça te permettra de gagner un peu d’oseille, en plus, car je ne pourrais plus t’entretenir, avec tes fistons.

Il fallait tenir au plus bas jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy annonce officiellement son retour. C’est chose faite. Je peux réécrire l’histoire. Compte tenu du positionnement politique de Hollande, il ne pourra que proposer une politique ultralibérale sur le plan économique et bien à droite pour le reste. L’élection de 2017 serait une formalité : François Hollande passera pour un rempart contre cela et pourra mettre en œuvre la politique qu’il a toujours voulu mener.


Comment tout ce bordel serait-il possible si cette histoire n’était pas rigoureusement exacte ?

04 septembre 2014

Le coup de grâce ou la faute politique ?

Madame Bovary se demandant ce qu'elle vient foutre dans cette galère.
Le jour de sa sortie, le livre de Valérie Trierweiler fait encore la une de l’actualité. Il est qualifié de « livre de rupture dévastateur » par la presse. Dans ma TL, une majorité de twittos condamnent ce livre et son auteur, assez violemment. C’est le cas, d’ailleurs, de celui qui est l’auteur du tweet que je mets en illustration de ce billet. Néanmoins, il prend, ici, la peine de préciser que François Hollande est « un sale type ».

Je trouve amusant que l’on puisse dénoncer un livre et tirer des conclusions de son contenu, d’autant qu’il ne l’a probablement pas lu… C’est une espèce de paradoxe de la vie politique française. Pour résumer, tout le monde dit que la vie privée des politiques de nous regarde pas mais on ne parle que de ça, moi le premier d’ailleurs, vu que je me fous totalement de ce que peut faire pépère dans le privé, voire comment il appelle les pauvres, mais je suis au troisième ou quatrième billet sur le sujet…

Avant de défendre son ex, Ségolène Royal a déclaré : « Je n'alimenterai en aucune façon ce débat. » puis : « il faut avoir une certaine dignité de la fonction politique que l'on exerce et ne pas s'en laisser dévier. »

Je vais citer, là, immédiatement, pour vous faire plaisir, les trois premiers paragraphes d’un article des Echos. Tenez-vous prêts.

« Selon le baromètre Ifop pour Paris Match publié mercredi 3 septembre, la cote de popularité du président de la République s’établit à 19% en septembre. C’est le dernier sondage qui montre, une fois encore, la désaffection des Français pour ce président qu’ils ont élu à 51,7 % des voix en 2012.

Le passage de quelques chaînes traditionnelles à un grand nombre de chaînes et l’émergence grandissante des chaînes d’infos en continu ont favorisé une concurrence accrue de l’information, et donc une surenchère permanente qui les a fait s’orienter vers une zone grise, plus nuageuse, où les frontières de la vie privée sont parfois franchies.

A n'en pas douter, la publication du livre de l’ex Première Dame de France, en alimentant la machine médiatique, va accompagner, si ce n'est amplifier le mouvement de désacralisation de la fonction présidentielle. Malgré sa forte impopularité, le président de la République avait gardé jusqu’alors une image personnelle relativement bonne : sympathique, intègre et proche des gens. Le livre ne peut qu’entacher gravement et durablement cette image. »

Vous pouvez lire la suite. J’aurais d’ailleurs pu tout citer. L’article montre comment François Hollande a accumulé les erreurs de communication depuis le début. Voilà comment un twittos arrive à dire que le président de la République est un sale type. Vous pouvez lire. D’ailleurs, il est aussi disponible dans Le Figaro, c’est étrange…

Je ne vais citer une autre partie, la conclusion : « De son absence totale de maitrise du temps jusqu’à la multiplication répétée d’erreurs de communication en passant par la dramatique mise en scène de son action politique, l’opinion publique ne retiendra de lui que l’image d’un président impuissant. Ajoutez à cela le livre déconstruisant le seul élément positif attribué par l’opinion à son image et vous obtenez une situation inédite : jamais un président n’a paru aussi éloigné des Français et de leurs préoccupations. A vouloir apparaître comme l’anti-sarkozy absolu, il a fini assimilé à un René Coty molettiste. »

Parlera-t-on un jour du « François Hollande vallsiste » ?

Avec cette histoire de « président normal », François Hollande a voulu désacraliser la fonction présidentielle et force est de constater qu’il a réussi au-delà de ses espérances.

Je suis évidemment convaincu de la bonne foi de François Hollande, je ne le crois pas capable, par exemple, de tenir les propose que rapporte son ex de manière méprisante. Il n’empêche que le mal est fait. Que restera-t-il de cette histoire ? Ce qu’il y a de sûr, c’est que Valérie Trierweiler conservera l’image d’une femme antipathique, celle qu’elle a toujours eue. Elle a voulu se venger, elle a probablement raté son coup puisqu’elle risque de prendre des baffes dans tous les sens.

Pour ce qui concerne François Hollande, je ne sais pas si les dommages seront terribles dans la mesure où il est déjà au fond du trou. Il reste une petite vingtaine de pourcents de braves gens qui lui font confiance et ils ne sont pas intéressés par ce genre de bordel mais uniquement par la politique menée. Je les connais bien, j’en fais partie. D’ailleurs, un sondage IFOP pour Paris Mach, sorti hier, disait que les français étaient de plus en plus nombreux à penser que la droite ne ferait pas mieux si elle était au pouvoir. La déprime se stabilise…

Un autre article du Figaro part de ce thème : il ne faut pas raisonner en termes de popularité dans la mesure où elle est au plus bas. Lisez-le aussi, je vais en citer des extraits.

« Or, l'homme qui exerce le pouvoir est depuis devenu un homme ordinaire, recherchant avant tout le lien affectif, la proximité avec ses compatriotes, la sympathie du public: toutes les mises en scène des enfants et des femmes des hommes de pouvoir vont dans ce sens.

Ce qui me frappe, c'est qu'on assiste à une rupture. Jusqu'ici, ce système fonctionnait car il était sous contrôle. Là, François Hollande semble être dépassé par la machine médiatique et la communication présidentielle est juste mobilisée pour tenter d'éteindre l'incendie. »

Ce n’est pas pour se faire du bien, mais à l’occasion du précédent quinquennat, c’était déjà le cas… Rappelez-vous les interventions désastreuses des proches de Nicolas Sarkozy, les éléments de langage sortis par l’UMP qui nous faisaient tant rigoler dans les blogs… D’ailleurs (selon TNS Sofres, cette fois), si François Hollande a obtenu un record d’impopularité, en juin (16% d’opinions positives), Nicolas Sarkozy avait aussi atteint des planchers (certes supérieurs, à 20%). Jacques Chirac était tombé à ce faible niveau (16%) également, à une époque où Twitter n’existait pas et où l’information était traitée différemment et où la conjoncture économique était plus favorable, avec une nouvelle période de baisse du chômage.

Le journaliste pose la question : « Alors que le président accumule les crises (politique, diplomatique avec la Russie, économique), ce nouveau camouflet peut-il être tourné à son avantage? Peut-il utiliser cette publication pour regagner la sympathie des Français ? » La personne interviewée répond : « A mon avis, François Hollande a surtout intérêt à baisser la tête, laisser passer l'orage et montrer qu'il se bat pour la France. Plus que jamais, la séparation entre vie privée et vie publique doit être claire et sans faille. Tout ce qu'il dira sur Valérie Trierweiler le desservira ; il doit montrer qu'il ne se préoccupe même pas du dérisoire, des règlements de compte, et que seul importe son combat pour notre pays. »

Alors, François Hollande peut-il rebondir. La réponse est assurément positive… En politique tout peut arriver. Enfin d’article, l’interviewé démontre que François Hollande n’a probablement pas perdu la majorité de son électorat. De toute manière, seule la situation économique en fin de quinquennat devrait jouer, sauf crise diplomatique infernale… et nous n’en sommes pas loin.

On devrait faire un sondage auprès des électeurs de François Hollande. Pensez-vous qu’à part ces deux mots utilisés par Valérie Trierweiler pour montre que François Hollande méprise les pauvres, ce livre a-t-il le moindre intérêt ? On pourrait alors faire un deuxième sondage : pépère méprise-t-il réellement les pauvres ? J’ignore le résultat.

Continuons les questions de ce sondage… Ne croyez-vous pas que toutes ces histoires commencent à nous les brouter sérieusement ? Ne pensez-vous qu’il y a plus important ? Ne croyez-vous pas que François Hollande est la victime de tout ce pataquès et qu’il mérite un brin d’empathie ?

Ce livre sera oublié dans trois jours. Mme @Valtrier en vendra 20 ou 50000 exemplaires, essentiellement à des journalistes politiques et à quelques vieilles réactionnaires voulant un élément de plus les confortant que François Hollande est un salopard… Il laissera néanmoins des traces.

Une des questions que l’on pourrait poser est : n’estimez-vous pas que ce livre est une grave attaque contre les institutions, une déstabilisation de la Cinquième République ?

C’est ce qu’exprimer Renaud Dély, dans le Nouvel Obs.

« Et une menace pour nos institutions puisqu’il s’attaque à un de ses piliers, la fonction présidentielle, garantie de stabilité, qui perdurera après le passage de François Hollande à l’Elysée.

En agissant de la sorte, Valérie Trierweiler piège les commentateurs, contraints de se pencher sur ces secrets d’alcôve qui auraient dû le rester, et pollue un peu plus le débat public, qui n’avait pas besoin de ça. Puisque nous ne pouvons-nous forcer à regarder ailleurs, dépêchons nous d’oublier ce que nous aurons lu, et entendu. Car la démocratie ne repose pas uniquement sur la transparence la plus absolue, combat nécessaire et quotidien, pour connaître le ressort des décisions des responsables publics, elle exige aussi un droit à l’ignorance quant à l’intimité de ces mêmes responsables. »

A défaut d’y croire réellement, j’espère que cette histoire agira comme un vaccin auprès des Français et auprès d’une presse complètement à la dérive, forcée de parler de sujets sans le moindre intérêt (la crise en Ukraine n’occupe que la cinquième place de Google News, après le livre, l’ado qui avoue le meurtre de sa sœur, l’audition d’un type dans une affaire de Nicolas Sarkozy, le redressement judiciaire d’une société, la SNCM, qui n’en finit pas de se redresser). La presse va perdre ses moyens financiers. Amen.

Alors je laisse la conclusion à Renaud Dély.

« Au passage, en participant à la démolition de François Hollande, et en se détruisant elle-même, Valérie Trierweiler rehausse un peu plus la stature de son ancienne rivale. Mue par la vengeance et la rage d’être trompée, la "femme blessée" l’était moins lorsqu’elle était elle-même la maîtresse d’un François Hollande alors en couple avec Ségolène Royal, laquelle ne s’était pas abaissée à réagir publiquement de la sorte.

Sans doute, l’appât du gain, et un contrat de 500.000 euros, suffisait-il à justifier cette oeuvre de démolition. Cela peut se comprendre. On est loin des états d’âme d’Emma Bovary, qui elle n'avait rien touché. »


Pendant ce temps, une nouvelle affaire menace Nicolas Sarkozy. Ca n’est pas une consolation. C’est la vie politique en France.

30 juillet 2014

Transition énergétique : c'est parti ?

Depuis le début, je suis très perplexe sur la transition énergétique, non pas que je pense qu’elle ne soit pas souhaitable, au contraire, mais je suis persuadé que l’on partira dans le mauvais sens. Les annonces de Ségolène Royal (qui fait décidément beaucoup parler d’elle en cette période) sont l’occasion pour en faire une première analyse (sur la base de cet article).

500.000 logements rénovés chaque année d’ici à 2017

Non, je n’ai pas changé… Ce n’est pas à l’Etat d’aider les propriétaires. C’est mon côté très libéral et très de gauche…

7 millions de bornes de recharge pour les véhicules électriques

« Pour passer de quelques milliers de prises aujourd’hui à 7 millions de bornes de recharge en France, toutes les nouvelles constructions, qu’il s’agisse de bureaux, de commerces et de logements, devront être équipés de bornes pour recharger les véhicules électriques. »

A la limite, pourquoi pas ? Mais le gouvernement parle sans cesse de simplifier les normes, en voilà une nouvelle. Je préférerais que les normes soient concentrées sur la consommation d’énergie par ces constructions. En outre, faut-il que seuls les salariés qui bossent dans des bureaux neufs bénéficient de cette mesure ?

Des «chèques énergie» pour les foyers modestes

« Pour lutter contre la précarité énergétique, des aides seront accordées aux ménages les plus modestes sous la forme de «chèque énergie». Sans remettre en cause les tarifs sociaux du gaz et de l’électricité, ces chèques devraient permettre aux ménages les plus modestes de rénover leur logement. […] »

Ça revient à la rénovation des logements, non ?  Heureux de savoir que les ménages les plus modestes sont propriétaires de leurs logements…

Soutenir les énergies renouvelables

« […] Réunis ce mardi par la ministre de l’Ecologie, les industriels des filières renouvelables ont été rassurés sur les aides qui leur seront accordées: les tarifs de rachat seront maintenus et des appels d’offre seront bientôt lancés pour l’éolien offshore et le solaire. »

Encore un truc qui va bénéficier principalement à ceux qui ont du pognon.

La production d’énergie plafonnée

« EDF reste maître de ses opérations mais la production globale d’énergie sera plafonnée par décret. Une manière d’obliger l’électricien à réduire la voilure lorsque de nouvelles capacités de production seront mises en service. Comprendre, un EPR ouvert contre une centrale vieillissante fermée. «Nous prenons en compte l’engagement présidentiel de fermer Fessenheim», a rappelé Ségolène Royal. »

C’est une aberration ! Le problème énergétique est mondial (on exporte de l’électricité, on en importe, bref, on se débrouille). Limiter la production alors qu’on fait une fixation sur la compétitivité des entreprises est délirants, surtout quand il s’agit d’une entreprise publique qui pourrait récupérer ainsi du pognon.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, François Hollande s’était engagé à fermer Fessenheim, il faut le faire. Mais cette mesure revient à conditionner la fermeture de centrales à la mise en exploitation d’autres… On n’est pas près d’atteindre les 50%...

Et aussi ?


Et alors ?

Le projet est lancé fin juillet : le projet de loi a le traitement médiatique qu’il mérite. Je viens d’aller voir cinq sites d’information (Google News, Le Monde, Le Parisien, Le Figaro et Libération). Aucun des cinq n’en fait de gros titres. Les trois premiers n’en parlent pas en page d’accueil. Le Figaro revient sur une interview d’Hervé Mariton qui critique la loi (pitoyablement comme peut le faire un type de l’opposition) et Libération fait un payer (réservé aux abonnés) sur « l’énergie » de Ségolène Royal.

Je suis très critique mais les écolos sont pour : le texte va donc dans le bon sens pour l’environnement (même si on peut trouver assez peu de personnes croyant à la baisse du nucléaire dans les proportions et délais promis par François Hollande).

Je suis très critique mais je ne propose rien.

23 février 2014

Aidons François Hollande à préparer le remaniement

Hier, nous avions invité Julien Dray à la Comète, avec les copains blogueurs. Il n’est pas venu. N’y voyons qu’une explication : il prépare le remaniement que va annoncer François Hollande au lendemain des municipales. Le changement de gouvernement semble acquis par la presse même si je me dis que c’est une belle connerie. Je n’arrive d’ailleurs pas à y croire, je le verrais plutôt dans 18 mois.

Le départ de Valérie Treirweiler de l’Elysée a ouvert la porte à un retour de certains proches de François Hollande qu’elle ne pouvait pas piffer, comme Ségolène Royal et Julien Dray. Pépère peut difficilement nommer Ségolène Royal comme première ministresse vu que c’est son ex. A ma connaissance, par contre, il n’a pas couché avec Julien Dray : il pourrait entrer à Matignon. Nous ferons préventivement tous les jeux de mots possibles, tel que : c’est bien, il nous montre le chemin. Moi, j’aime bien Julien Dray même s’il est moins bien coiffé que Jean-Marc Ayrault.

Ne croyant pas au remaniement, je pense que peu de ministre gicleront. On va rentrer dans le détail, poste par poste. Mais, en résumé, doivent partir : Mmes Filippetti et Pellerin et M. Moscovici. Je propose de mettre Ségolène Royal pour remplacer Mosco. Il lui faut un truc important, tant pis si elle n’y connaît que dalle.

Nous ne retiendrons pas de force Mmes Pinel et Touraine. On trouvera bien d’autres gonzesses pour les remplacer, si elles servent à quelque chose. Mme Benguigui par exemple, dont je me fous comme de la première fois où j’ai du m’arrêter pour pisser en rentrant à la maison, a un ministère qui ne sert à rien. Elle pourrait remplacer une des deux.

Les ministères avec un nom con seront renommés. Montebourg aura l’industrie. Point barre. C’est quoi ce ridicule « redressement productif » ?

Quelques ministères seront supprimés. Pas trop, il faut des gens pour faire le job. Mais les trucs inutiles ne servent à rien comme les lapalissades qu'on répète deux fois.

Dans le détail et par ordre alphabétique du prénom.

Alain VIDALIES. Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement. Je ne vois pas pourquoi le virer. Pour recaser Ayrault.

Anne-Marie ESCOFFIER.  Ministre déléguée auprès de la ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique, chargée de la décentralisation. Pour moi, la décentralisation est incarnée par Marylise Lebranchu. Que Mme Escoffier s’occupe de la fonction publique.

Arnaud MONTEBOURG. Ministre du Redressement productif. Intouchable aussi. Changeons le nom de son gouvernement.

Aurélie FILIPPETTI. Ministre de la Culture et de la Communication. Je ne peux pas la blairer. Dehors !

Benoît HAMON. Ministre délégué auprès du ministre de l'Economie et des Finances, chargé de l'Economie sociale et solidaire et de la Consommation. Il est très bien là. On pourrait peut-être lui filer une promotion. Changeons le nom de son ministère, pour commencer.

Bernard CAZENEUVE. Ministre délégué auprès du ministre de l'Economie et des Finances, chargé du Budget. On pourrait le remplacer par Jérôme Cahuzac. Nan. Je déconne.

Cécile DUFLOT. Ministre de l'Egalité des territoires et du Logement. Elle est écolo et fait le job. On la garde.

Christiane TAUBIRA. Garde des Sceaux, ministre de la Justice. Ah ! Premier cas intéressant. Elle est adorée par la droite et détestée par la gauche. Son remplacement aurait un sens mais ferait hurler. C’est ballot. Bon courage à Pépère. Je souhaite qu’elle reste pour qu’on puisse continuer à se foutre de la gueule des réacs.

Dominique BERTINOTTI. Ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée de la Famille. Elle me plait bien, elle. Néanmoins, faut-il conserver un ministre de la famille ? Le mariage pour tous est passé et François Hollande ne doit pas avoir envie de déclencher une nouvelle guerre avec les réacs. Il n’empêche qu’il reste du boulot à faire : le droit des beaux-parents et tout ça.

Fleur PELLERIN. Ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Innovation et de l'Economie numérique. Elle, je ne peux pas la blairer. Je ne sais pas pourquoi. Ca date de la campagne pour la présidentielle.

François LAMY. Ministre délégué auprès de la ministre de l'Egalité des territoires et du Logement, chargé de la Ville. On ne sait pas trop ce qu’il fait…

Frédéric CUVILLIER. Ministre délégué auprès du ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche. Ministère trop large. Laissons lui uniquement les transports. Supprimons « la mer » et foutons la pêche à l’agriculture.

Geneviève FIORASO. Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Je m’en fous.

George PAU-LANGEVIN. Ministre déléguée auprès du ministre de l'Education nationale, chargée de la Réussite éducative. Commençons par renommer son ministère. L’intitulé est grotesque.

Guillaume GAROT. Ministre délégué auprès du ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, chargé de l'Agroalimentaire. Oui ! Nous avons un ministre qui s’appeler Guillaume Garot. Vous l’ignoriez ? Pareil ! Viré…

Hélène CONWAY-MOURET. Ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Français de l'étranger. Mon côté con : ils sont Français ou étranger ? Pourquoi leur faut-il un ministre ? Encore une mode imposée par Nicolas Sarkozy.

Jean-Yves LE DRIAN. Ministre de la Défense. Il est très bien là. En plus, c’est un Breton copain du président…

Kader ARIF. Ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants. Tiens ! Je l’avais oublié, lui. Ce ministère ne sert à rien à part à remplacer Le Drian pour inaugurer des chrysanthèmes.

Laurent FABIUS. Ministre des Affaires étrangères. Aucune raison de le virer. Il fait le job et est un pilier. Il faut des vieux sages.

Manuel VALLS. Ministre de l'Intérieur. Intouchable ?

Marie-Arlette CARLOTTI. Ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion. Encore un ministère à virer. Néanmoins, il me semble qu’elle fait un vrai boulot. On n’a qu’à la garder.

Marisol TOURAINE. Ministre des Affaires sociales et de la Santé. Je n’ai jamais réussi à accrocher. Je ne sais pas pourquoi. Je suppose que des Français sont comme moi. D’ailleurs, on leur demanderait qui est le ministre de la santé mais pas des pieds qu’ils ne sauraient pas. On remplace. Je n’ai pas de nom en stock. Faudrait une gonzesse.

Marylise LEBRANCHU. Ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique. On la garde. C’est une loudéacienne. Il n’empêche que je la verrais bien ne plus s’occuper que de la réforme de l’Etat et de la décentralisation. Laissons sa collègue se débrouiller avec la fonction publique.

Michel SAPIN. Ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social. C’est un copain du président. Il est très bien à son poste. On est habitués à le voir expliquer que le chômage évolue positivement dans la négative qui décroit.

Michèle DELAUNAY. Ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes âgées et de l'Autonomie. Tiens ! Elle pourrait remplacer sa chef. Supprimons son ministère dans la foulée. Inaugurer les maisons de retraite n’est pas un job à plein temps…

Najat VALLAUD-BELKACEM. Ministre des Droits des femmes, porte-parole du Gouvernement. Elle est très bien comme porte parole du gouvernement mais comme ministre des gonzesses, elle m’énerve. Supprimons ce ministère.
Nicole BRICQ. Ministre du Commerce extérieur. Encore une avec qui je n’accroche pas.

Pascal CANFIN. Ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement. Ce n’est pas un écolo, lui ? Il faut donc le garder.

Philippe MARTIN. Ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie. Il vient de commencer.

Pierre MOSCOVICI. Ministre de l'Economie et des Finances. Lui, il doit partir. Il est trop impopulaire dans tous les sens et communique très mal. On va mettre Ségolène Royal à la place. Elle n’y connaît peut-être rien mais il faut bien la caser quelque part ça ne peut être que dans un ministère important.

Stéphane LE FOLL. Ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt. Je ne savais pas qu’on avait un ministre de la forêt. Pourquoi pas un ministre des bocages ou des alpages ? C’est un copain du président. En plus, c’est un ministère dont personne ne veut.

Sylvia PINEL. Ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme. Virée ! Je ne la connais que pour le merdier qu’elle a foutu avec les taxis.

Thierry REPENTIN. Ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé des Affaires européennes. J’avais oublié son existence.

Valérie FOURNEYRON. Ministre des Sports, de la Jeunesse, de l'Education populaire et de la Vie associative. On va la garder mais je ne sais pas trop à quoi ça sert, un ministre des sports.

Victorin LUREL. Ministre des Outre-Mer. Il faut le laisser, lui. J’ai dîné une fois avec lui à la Comète. Il a le gosier en pente.

Vincent PEILLON. Ministre de l'Education nationale. On peut difficilement le virer : il porte une réforme importante en cours.

Yamina BENGUIGUI. Ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Qui est l’imbécile qui a eu l’idée de ce billet de blog ?


08 août 2013

Mes personnalités politiques préférées

Pour le redémarrage de son blog, Guillaume dresse la liste des personnalités politiques qu'il préfère. Excellente idée de billet. Je la lui pique ! Je pourrais aussi lui piquer une partie de son introduction mais je vais le dire autrement.

Petit 1 : j’ai horreur de la logique des courants au sein du PS, logique complètement absconse pour toute personne qui n’adhère pas au parti (ni aux parties comme le calbute quand il fait très chaud dans le métro). Ce que l’on retient d’un congrès du PS, c’est soit les batailles internes, soit le nom du type qui a été élu Premier secrétaire, pas le texte des motions…

Petit 2 : je me fous des personnes en tant que telles sauf que je n’oublie pas que ce sont elles qui vont dans les médias et ont en charge de recueillir les suffrages, ce que la gauche, contrairement à la droite, a souvent tendance à oublier. D'ailleurs, je pense que les militants du PS votent pour des motions en fonction de ceux qui les porte et pas de leur contenu. Dans les blogs, je trouve toujours rigolo les analyses des motions par les blogueurs engagés derrière une personne. Ca frise le grotesque.

Trois précisions en préambule :
-         pour faire ma liste, je ne prends pas en compte la ligne politique ! Je vais même citer deux types de droite,
-         pour beaucoup des gens que je cite (tous sauf deux), il y a une histoire personnelle qui fait que je me suis intéressé à elles avant qu'elles ne soient au premier plan au niveau national. Ces anecdotes personnelles n'ayant pas d'intérêt, je ne les raconte pas nécessairement ici.
-         il n'y a pas de hiérarchie dans la liste ci-dessous, sauf pour le premier.

François Hollande

Il y a plein de raisons pour le mettre dans cette liste. Je ne vais en citer que deux.

La première : c'est lui qui a permis le retour de la gauche aux manettes, ce qui est d'autant plus méritoire que personne n'aurait parié sur lui 18 mois avant son élection, sauf peut être des andouilles comme moi (mais j'ai hésité avec Martine Aubry).

La deuxième : je l'ai toujours apprécié pour ce que les militants socialistes pouvaient lui reprocher, comme d'être l'homme du consensus mou... C'est indispensable en politique et c’est avec ça qu’il a gagné la présidentielle.

Ségolène Royal

Mes vieux lecteurs seront peut-être surpris de la trouver là. D'ailleurs, je l'ai presque détestée pendant longtemps (contrairement à son pacte présidentiel que j’ai préféré aux 60 engagements). Un jour, tout a changé. Probablement pendant la primaire. Peut-être avant. L’anecdote de la législative à La Rochelle a renforcé cette impression. Pour moi, elle a été victime d’une injustice, voire d’un manque de respect.

Allez savoir ! Les sentiments, ça ne se discute pas...

Toujours est-il que c'est, actuellement, avec Martine Aubry et, peut-être Julien Dray, la seule personnalité d'envergure au PS qui ne soit pas au gouvernement et qui a des propos qui sonnent juste quand elle cause dans le poste.

C'est elle qui devrait être à la riposte contre la droite. Et ça nous changerait d'une quiche à la tête du PS.

Martine Aubry

Tout en n'y croyant pas, j'ai longtemps rêvé qu'elle succède à Nicolas Sarkozy. A l'époque je disais dans mon blog qu'elle pourrait incarner "la République apaisée".

Je n'oublie pas non plus qu'elle était la première secrétaire du PS pendant le long processus qui a permis au parti de conquérir le pouvoir avec ses alliés. Même si le processus d’accession à la tête du parti n’a pas été très clean, on peut dire qu’elle a fait un bon boulot : elle a fait gagner la gauche, c'est ce qu'on lui demandait...

Marylise Lebranchu

Les raisons de sa présence dans cette liste sont essentiellement personnelles. J'en ai déjà parlé ici et elles viennent du fait que nos familles (et nous…) soient originaire du même patelin. On a un tas de connaissances communes…

Il en découle, par exemple, que c’est la personnalité du PS de référence, pour Loudéac, un peu comme si elle était marraine de la section, alors qu'elle n'habite plus là !

Dans le cadre de son activité au gouvernement, c’est probablement la ministre qui en chie le plus : avec sa double casquette, elle doit se fader les syndicats de fonctionnaires et les élus locaux… Rien que pour ça, elle mérite beaucoup de respect !

Christiane Taubira

Je l’ai détestée, aussi, lui mettant sur le dos la défaite de 2002 mais j’ai appris à la connaître depuis (un de mes copains a milité en même temps qu’elle en Guyane et m’en parle souvent ; d’ailleurs, un jour où il était saoul, je lui ai piqué son portable et j’ai pu récupérer « le 06 » de la ministre)(je l’ai perdu depuis). Elle me semble faire un très bon boulot au ministère mais je ne suis pas persuadé d’avoir moi-même les compétences pour juger de celles d’un ministre, surtout de la justice ! Pourtant, beaucoup ont des avis. Surtout dans les blogs de droite.

C’est une des seules personnalités politiques à pouvoir faire un long discours structuré, avec des références historiques et tout ça, sans consulter ses notes.

Depuis sa nomination, j’adore comme elle sert de punching ball à la droite, cette pauvre droite qui n’a rien à se mettre sous la dent à part taper sur « une femme noire qui incarne le laxisme de la justice avec la gauche au pouvoir ». Je dis cette pauvre droite car elle est en train de se prendre les pieds dans le tapis et donne l’occasion à la gauche de démontrer qu’elle n’a pas échoué uniquement dans les domaines économiques, la gestion de l’immigration, la sécurité… : il y a aussi la justice. On va bientôt pouvoir s’occuper de l’Education… Un type de droite objectif finirait presque par voter à gauche, d'autant que la politique du gouvernement n'est pas spécialement gauchiste...

Ainsi, j’aime bien comment Christiane Taubira répond à la droite.

Tout ça devrait être l’objet de mon billet d’après déjeuner.

Manuel Valls

Lors de l'université d'été du PS, pendant la primaire, je glandais en salle de presse en regardant une interview de Martine Aubry par je ne sais quel journaliste célèbre. Nous étions deux, debout, Valls et moi. Il devait passer après Titine et avait visiblement le trac. Faisant le double de son volume, j’avais envie de le réconforter, presque de lui taper sur l’épaule en lui disant : « c’est pas grave, va, mon gars, c’est une étape à passer dans ta carrière politique. » C’était d’autant plus grotesque qu’il est plus vieux que moi et savait ce qu’il faisait.

C’est important de reconnaître que les raisons qui font qu’on suit des personnages politiques sont grotesques. Beaucoup de militants devraient faire pareil, ça permet de reprendre de l’objectivité à l’heure de faire des choix (voir l’introduction de ce billet : on choisit des gens dans les partis pour faire gagner le parti, pas parce qu’on les aime bien ou qu’on apprécie ses idées, finalement peu différentes des autres mais qu'il ne mettra pas en application, au final, à cause de compromis ou de contraintes extérieures).

Depuis, j’observe son parcours…

Par ailleurs, comme pour François Hollande, je l’apprécie pour des raisons qui font que d’autres ne l’aiment pas. Je me rappelle par exemple de son discours à l’université d’été de la Rochelle, l’année suivante, alors qu’il était ministre. Les militants-socialistes-qui-tweetent-en-se-croyant-plus-intelligents-que-tout-le-monde se foutaient de sa gueule, de la fermeté de son discours. Ils ne se rendaient même pas compte qu’il était normal qu’un ministre de l’intérieur parle de la République, de sécurité,...

Un autre exemple : on évoque souvent les expulsions de Rom : c’est son job. Les recaser ailleurs ne lui revient pas. Il est là pour faire respecter l’ordre sur le territoire de la République. Si on a des reproches à faire à quelqu’un, c’est à François Hollande qui avait promis qu’on n’expulserait personne sans les recaser ailleurs. Autre exemple, j’ai vu des types de droite lui mettre sur le dos les émeutes à Trappes, c’est profondément ridicule et du pur ressort de la posture politique.

Julien Dray

Allez savoir pourquoi, quand il était à l’Assemblée, avant que je ne le connaisse personnellement, c’était déjà un des députés de référence. Depuis, il a rencontré les blogueurs, dont moi au moins trois fois, et a su me séduire d’autant plus facilement que c’était la première personnalité politique de ce niveau que je rencontrais. Tous les chefs socialos que j’ai rencontrés ensuite m’ont aussi parlé d’une anecdote avec Mitterrand. Dray était le premier. Pour les autres, je me foutais de leur gueule.

Néanmoins, j’ai deux raisons supplémentaires de l’apprécier.

La première : c’est le premier homme politique à s’intéresser réellement à un de mes loisirs préférés, le blogage, et à penser que les réseaux sociaux (c’était avant le boum de Twitter) avaient de l’avenir en politique.

La deuxième : encore plus qu’Alain Juppé, je le considère comme victime des affaires judiciaires dans le sens où elles ont eu un impact démesuré sur sa carrière.

Dominique Strauss-Kahn

C’est cette histoire d’affaire judiciaire qui m’y fait penser (à cause de la cassette, quand il était ministre, pas du Sofitel et du Carlton !). Il n’est plus une personnalité politique donc n’en parlons pas mais si j’avais fait ce billet entre 2003 et 2007, il aurait probablement été largement en tête pour la pédagogie qu’il mettait en œuvre. Les personnalités politiques disent souvent qu’il faut faire preuve de pédagogie pour faire passer des mesures ce qui est grotesque : quand une mesure est nulle, elle est nulle. Par contre, DSK avait un réel don, ce qui lui a donné cette impression de « compétence » (comme si, un simple quidam pouvait juger de la compétence d’un ministre, voir ce que je disais à propos de Christiane Taubira et de ses compétences comme Garde des sceaux).

François Baroin

En 1995, je partais pour un week-end faire la fête avec un copain. Je conduisais et c’est avec la radio qu’on a appris que François Baroin était nommé ministre. Vu qu’on a à peu près le même âge (Baroin a un an de plus), 30 ans à l’époque, on rigolait avec mon pote, on partait faire la fête comme des types de 18 ans alors que d’autres allaient être ministre. On ne savait pas encore qu’il allait être viré six mois plus tard… Depuis, je me suis toujours intéressé à ce qu’il a fait.

Avec Alain Juppé (et peut-être Dominique de Villepin mais il a disparu), il est un des représentants de cette droite que j’estime hautement respectable (même si je ne suis pas d’accord politiquement). Je ne comprends d’ailleurs pas qu’il soit redevenu un des ministres de Nicolas Sarkozy. C’est le seul (bizarrement, je considère que Juppé avait sa place dans ce gouvernement, en tant que vieux sage).

Alain Juppé

J’en parlais à l’instant… Je dirais en plus que j’aime bien ce côté vieux sage de la droite qu’il représente. Je dirais aussi, d’une part, que la plupart de mes collègues bordelais de gauche reconnaissent qu’il fait du bon boulot comme maire et, d’autre part, que, comme Julien Dray, il est victime de ses affaires judiciaires.

On va dire que dans les affaires du RPR, il a payé pour d’autres et ça lui a coûté sa carrière puisqu’il était successeur désigné de Jacques Chirac.

Je considère en plus que Nicolas Sarkozy lui a piqué le job ce qui me le rend encore plus sympathique. Il aurait été le dernier rempart contre cette droite insupportable.

Mais aussi

J’aurais pu faire une liste des personnalités politiques que je déteste, il m’aurait suffi de copier l’organigramme de l’UMP.

J’ai probablement oublié du monde et il y en a certains que je n’ai pas cités pour des raisons précises. Par exemple, Jean-Luc Laurent, le président du MRC, aurait eu toute sa place ici (parce que je le connais bien, beaucoup mieux que les autres, mais aussi parce que j’aime bien le travail parlementaire qu’il a fait au moment du Grand Paris non pas sur le fond mais comme il ne fait pas partie du groupe socialo, il mené tout seul l’opposition de gauche au projet ou presque !). Mais il n’est pas connu par l’opinion (de même que Marylise Lebranchu que je cite pourtant)…

Je n’ai évidemment cité personne du Front National puisque je ne peux pas les blairer mais Marine Le Pen mérite une mention spéciale dans un billet sur l'efficacité des personnalités politiques vu que son parti est au top.

Je n’ai cité personne chez les écolos. J’aurais pu citer Cécile Duflot que j’aime bien mais il aurait fallu que je cite tous les ministres que j’aime bien, Benoit Hamon, Michel Sapin, Jean-Yves Le Drian, Najat Vallaud-Belkacem, Stéphane Le Foll, Victorin Lurel, voire Arnaud Montebourg mais, au contraire de beaucoup d’autres, c’est une anecdote personnelle qui fait qu’il me gonfle, voire aussi Jean-Marc Ayrault, mais je trouve qu’il passe mal. A le faire, il aurait fallu que je prenne la liste des élus que j’aime bien comme Bruno Leroux et tant qu’à être objectif que je prenne les lascars de droite, y ajouter Alain Lambert (on est copains de Twitter). Et que j’aille voir plus loin : Anne Hidalgo et Jean-Luc Roméro, par exemple, à la mairie de Paris, de même évidemment que Bertrand Delanoë, Gérard Collomb. J’aurais fini par citer les copains blogueurs élus…

Je n’ai cité personne au Front de Gauche et c’est regrettable. Les militants et cadres devraient se poser des questions. J’espère que des gens comme Pierre Laurent pourront figurer dans cette liste dans quelques années. Jean-Pierre Brard aurait figuré dans cette liste quand il était à l’Assemblée, c’était mon député préféré.

Lecteur, si tu as un blog, à toi de jouer !