En politique, l'important, c'est d'être d'accord avec le patron de bistro d'autant que son métier consiste essentiellement à taire ses désaccords avec les clients.
27 avril 2011
La santé publique en danger
21 janvier 2011
Défense de l'hôpital public
Pour le Service public
Je vous invite à vous rendre chez le grumeau pour y signer la pétition22 février 2009
Un handicapé insulté à l'hôpital
L'histoire est ignoble. Richard Fernandez, infirme moteur cérébral et "directeur d'un foyer pour personnes handicapées à Rennes, est tombé de son fauteuil en pleine rue à cause de la pluie. La tête en sang, il est conduit aux urgences du CHU de la ville. Le personnel hospitalier le prend rapidement en charge : il a besoin de douze points de suture sur le front. Puis le médecin arrive, et en le voyant aurait déclaré tout haut : "j'en ai marre de m'occuper des personnes grabataires débiles profonds", ajoutant en tournant les talons : "je vais boire un café"."12 janvier 2009
10000 morts par an pour erreurs médicales à l'hôpital
Voila encore une donnée brute donnée en pâture à nos émotions... Mais que représente 10000 "morts par erreur" ? Combien auraient pu être sauvés si l'hôpital - et les services d'urgences - avaient les moyens ? Si les malades étaient pris en charge rapidement aux urgences ?
29 décembre 2008
Des moyens à l'hôpital
Il y a quelques jours, j’ai fait un billet pour critiquer les médias et l’information qu’ils présentaient suite à l’histoire de cette pauvre infirmière probablement responsable de la mort d’un mort d’un môme. J’espère que la dernière « affaire d’hôpital », celle de ce type, mort parce qu’il n’y avait pas assez de place disponible en réanimation, permettra de dénoncer les vrais problèmes : le manque de moyen pour les hôpitaux.On croit rêver ! Le samedi 27 décembre 2008, deux jours après Noël, alors qu’une partie des Parisiens est partie pour les fêtes chez sa belle mère et que notre capitale s’en trouve vidée presque aussi sèchement qu’un verre de Côtes-du-rhône aux alentours de Tonnegrande, aucune place n’était disponible en réanimation dans les hôpitaux Parisiens.
Les zozos de l’UMP vont probablement nous expliquer que c’est à cause des 35 heures ou d’une épidémie de syphilis suite à une coupure de courant… mais on ne sera pas dupe.
Le problème saute aux yeux : les hôpitaux manquent gravement de moyens.
Je me répète, mais avec cette mauvaise gestion, en 2008, on se retrouve avec des hôpitaux de la capitale blindés. Lamentable.
27 décembre 2008
Hôpital de tous les maux
Et après, on se plaindra de manquer de toubibs, d’infirmières, … Vous qui sortez de l’école, un conseil : choisissez l’informatique bancaire, vous risquez moins un « procès » pour infanticide !
Quand un gamin est sauvé par l’hôpital, les parents ne disent souvent pas « Je remercie le personnel, ils ont sauvé notre enfant » mais « Putain, ils font chier avec leurs procédures administratives, il faut que je revienne lundi parce que j’ai oublié la carte Vitale et en plus ils veulent garder le môme en observation et il faut que je paye pour qu’il puisse regarder la télé ».
Amis journalistes, faites donc un sujet à chaque fois qu’une infirmière sauve un gamin suite à des conneries des parents !
18 août 2008
Chères administations hospitalière et policière
Qu’ai-je donc contre l’hôpital ?
L’accident au lieu samedi, lendemain d’un jour férié. Jim après sa chute allait bien. C’est le dimanche qu’il s’est réveillé avec le bras et la jambe enflée. Il est donc allé aux urgences à neuf heures… Il en est sorti après un rapide examen et une radio à 14 heures…
Ma première colère va donc contre l’organisation des urgences. On en parle régulièrement dans les médias. Même s’il y a des raisons valables pour que l’hôpital tourne en effectif réduit ce jour-là, il y en a plusieurs pour que la fréquentation des urgences soit faible, les clients potentiels préférant avoir des accidents à la mer, à la montagne ou à la campagne, au mois d’août !
Cette situation est mauvaise pour la santé publique ! Heureusement que le brave Jim n’avait quasiment rien… Toujours est-il qu’il s’agit purement d’un problème d’organisation et de manque de personnel le matin. Le personnel étant resté jusqu’à au moins 14h30, les heures ont donc été payées – j’espère pour le personnel – mais s’il y avait eu plus de monde le matin, tout le monde aurait été soigné le matin pour le même nombre total d’heures… Je sais que ça n’est pas facile à organiser, mais les urgences des hostos ne datent pas d’hier…
Ma deuxième colère va contre le processus administratif ! Les braves soignants de l’hôpital ont mis Jim en arrêt de travail de dimanche à vendredi. Jim ne pouvait effectivement pas faire son boulot normal, serveur : il ne peut pas porter le plateau. Néanmoins, il aurait pu faire barman, cuistot, voire des gâteries aux clients. L’hôpital a envoyé la déclaration d’arrêt de travail directement à l’employeur et à la sécu. Ainsi, Jim ne peut pas bosser de la semaine. Son patron est en colère (normal…) et surtout est bien dans la merde : comment trouver un « employé responsable » (c'est-à-dire susceptible d’avoir les clés du bar et de le tenir tout seul aux heures creuses) en quelques heures ? Impossible. Les congés des autres (week-end, …) sont donc annulés.
Habituellement, quand un toubib vous colle un arrêt de travail, c’est vous qui décidez de le prendre ou non ! Jim aurait pu aller voir son patron et négocier une reprise dès aujourd’hui ou demain.
Non seulement le patron est dans la merde, mais Jim perd trois jours de salaire et pendant deux jours supplémentaires ne sera payé qu’au tarif de la sécu… Mais en plus, il devra travailler le week-end prochain pour compenser alors qu’il aurait du être en congés. Travailler plus pour gagner plus, qu'ils disaient...
Ma troisième colère va toujours contre ces administratifs qui n’ont pas réussi à faire passer le truc par la mutuelle alors que Jim est sensé être pris à 100%.
Venons en à la police…
Je précise d’emblée que je n’ai rien contre les policiers qui font leur job. Une conversation avec la fliquette du web et la lecture de son bouquin m’ont convaincu de la justesse de certaines procédures. C’est donc purement à l’organisation de la police que j’en ai !
Après l’accident, Jim a été emmené au poste avec les menottes. Il est resté attaché à un fauteuil pendant près de trois heures. Il a ainsi été « bloqué » 3h30. Les lecteurs de « mon blog ad hoc » s’étonnent de cet épisode, y compris d’ailleurs, Bénédicte, la fliquette en question. Je n’ai aucune explication à apporter ! Peut-être une peur des policiers qui ont voulu procéder à des vérifications : un accident avec un scooter ne lui appartenant pas (mais en présence du propriétaire) et qui n’était pas assuré ? Il n'y avait rien d'autre : Jim sortait du boulot, le propriétaire du scooter et celui de la voiture accidentée étaient là. Personne n'avait bu ou fumé des machins louches, tout le monde était parfaitement en règle, aucun blessé (ça n'est que le lendemain que Jim s'est trouvé enflé).
Il est sorti du commissariat avec une convocation pour aujourd’hui. Il est resté plus d’une heure trente à attendre et est resté une demi heure avec une inspectrice.
Dans son livre, que je vous conseille, Bénédicte évoque aussi certaines raisons qui font que les policiers ne sont pas aimés du public alors qu’ils ont un boulot plutôt merdique ! Ils ne font pas que mettre des PV aux types garés dans les voies d’autobus, ils font aussi les premiers constats quand des mômes tombent de la fenêtre du 5ème étage.
Jim est resté bloqué par
Toutefois, à l’heure de l’informatique, du Wifi, d’Internet, … l’affaire aurait pu être réglée en dix minutes dans la voiture des policiers sur le lieu de l’accident ! Il ne s’agit que, d’une part, verbaliser un habitant de la commune qui roule sans assurance et, d’autre part, vérifier que le scooter n’est pas volé, que les papiers sont en règles et de faire un joli procès-verbal pour couvrir la propriétaire de la voiture accidentée … On ne rentre pas encore dans le domaine de la délinquance.
Ce bazar nuit à l’image de la police mais aussi à son propre boulot : j’imagine que les agents intervenus samedi soir et ce matin ont mieux à faire que de traiter ce genre de pataquès !
Concluons vite…
On nous promet des réformes de l’hôpital et de la police depuis des années… Nos chers gouvernements comprendront-ils, un jour, que leur donner les moyens de travailler sans les engluer dans des processus administratifs délirant coûtera moins cher que ces processus.
Payer un administratif d’hôpital à faire en sorte qu’un type prenne bien des jours d’arrêts payés par la sécu, jours d’arrêts passés dans les locaux de la police ne me semble pas très efficace.
Ils veulent probablement lutter contre « la triche »… mais n’aurait-on pas mieux à faire, parfois ?
10 avril 2008
Larcher lance une flèche contre l'hôpital
Et hop ! Un nouveau rapport sur les hôpitaux !« Gérard Larcher souhaite libérer l'hôpital public de ses "carcans". Il assure que la réforme qu'il recommande à Nicolas Sarkozy ne supprimera aucun hôpital. » Il dit ça pour nous faire rire ? Non ! J’ai compris… il ne supprimera physiquement aucun bâtiment.
Ca commence fort ! On ne supprime pas d’hôpitaux… juste les services d’urgence et les blocs opératoires. Remarque ! Ca n’est pas cette réforme qui supprime les hôpitaux…
Encore une belle opération de communication ?
« "Il y a dix ans, l'hôpital public, c'était plus de 50% de la chirurgie. Dans dix ans, si nous ne changeons pas, ce sera moins de 30% de la chirurgie, ce sera de plus en plus de secteurs non conventionnés", a déclaré le sénateur UMP des Yvelines sur Europe 1. » Deux questions s’imposent à moi. Petit 1 : qui est au pouvoir depuis 6 ans ? Petit 2 : à qui profite le crime ?
Ne répondons qu’à la deuxième : au secteur privé. Nous avons un gouvernement de droite. Presque tout est dit.
« Gérard Larcher […] doit remettre […] un rapport sur les missions de l'hôpital public, qui préconise 16 mesures. Parmi elles, le regroupement d'hôpitaux en "communautés hospitalières de territoire". » C’est à hurler de rire ! Certains de mes lecteurs ne savent pas pourquoi, c’est bien normal. Mais mes lecteurs ruraux (pas seulement ceux qui ont du fumier sur les bottes) savent !
Tiens, j’habite dans deux patelins : Loudéac dans le Centre Bretagne et le Kremlin-Bicêtre en banlieue Parisienne. A Bicêtre, on a de la chance on a un beau CHU… un peu plus que nos voisins d’Ivry-sur-Seine, modeste patelin de 56 000 habitants. On vient de leur sucrer leur maternité. Logique comptable. Les habitants d’Ivry (surtout les habitantes) sont priés de venir accoucher à Bicêtre. A Loudéac, l'hôpital est en cours de fusion avec celui d'une commune voisine.
« "On ne supprimera pas d'hôpital, on lui donnera des fonctions pour répondre aux besoins de la population", a assuré Gérard Larcher » On va remettre une maternité à Ivry ?
« "Notre méthode est l'anti-carte judiciaire. Tout ne se décide pas à Paris et il n'y a pas de dessein préalable de réforme", insiste-t-il dans un entretien au Monde. ». Un petit coup de griffe à Rachida Dati ne fait jamais de mal.
« Mesure-phare du rapport, la création de "communautés hospitalières de territoire" s'inspire du système des communautés de communes. Des entités seraient regroupées sous l'égide d'un hôpital référent. » J’aime bien quand des types de droite font l’apologie du centralisme…
« Pour stopper la fuite des médecins vers le privé, une réforme du statut des praticiens est envisagée. Ils pourraient être payés en fonction de leur activité ou de leurs responsabilités. » Nous y voilà ! Le paiement à l’activité, voire à l’acte !
C’est ainsi que notre belle droite compte orienter le secteur hospitalier ! Toujours une logique comptable : aucune réflexion sur les besoins globaux de la santé en France ou sur son financement ! Une question de rentabilité…
C’est ainsi que se passe l'hospitalisation en France. Vous ne restez pas le nombre de nuits nécessaire à vos soins… mais le nombre de nuits que l’hôpital a besoin de facturer !
Ils appellent ça une bonne gestion… mais elle ne conduit qu’à couler le système.
(photo - notez la qualité du jeu de mot dans le titre. J'ai honte)
29 janvier 2008
A votre santé !
Le système de soins Français est dans un état catastrophique. J’en parlais pas plus tard qu’hier avec un toubib et la semaine dernière avec le patron d’un laboratoire.Catastrophique ? Non pas qu’on soit mal soignés… mais il est sur une très mauvaise pente.
Dans la plupart des campagnes, il est impossible de voir un docteur sans prendre rendez-vous, souvent, une semaine à l’avance. Vous vous réveillez, le matin avec un petit mal de gorge et une légère fièvre. Il y a dix ans, vous passiez en coup de vente chez votre généraliste qui vous confirmait un début d’angine et vous donnait les médicaments vous permettant d’être sur pieds en deux jours. Maintenant, il faut prendre rendez-vous pour la semaine suivante…
Je ne parle pas des spécialistes : souvent il faut trois mois pour avoir un rendez-vous. Essayez donc de voir un ophtalmo à Pâques sans avoir pris rendez-vous à Noël !
Quant aux hôpitaux, la situation est ubuesque. A moins d’être mourant, vous n’avez plus aucune chance d’être soigné. Je connais trois exemples qui me laissent penser que la situation est la même en Centre Bretagne et dans les hôpitaux huppés de la Région Parisienne. Prenez mon pote, le Vieux Jacques. Il est soigné à l’hôpital Saint-Louis – excusez du peu – pour une maladie grave de la peau. Pendant les fêtes, il a fait une espèce d’œdème pulmonaire. Le voilà admis en urgence à la Pitié-Salpêtrière. Il ne se refuse rien ! De là, il s’est retrouvé transféré dans une clinique privée de Bagnolet. Un autre exemple ! Mon copain Michel avait été opéré d’un truc à l’œsophage au Mans. En vacances avant les fêtes au Kremlin-Bicêtre, il a une durit qui pète. Le voilà aux urgences au CHU de Bicêtre. Il a été abandonné 12 heures dans les couloirs… et quand il est enfin tombé sur un toubib a priori compétent, il lui a expliqué que c’est le premier hôpital qui avait fait une bévue.
J’arrête les exemples ! Tout le monde connaît la situation.
Les gouvernements successifs essaient de nous mettre tout ça sur le dos en sortant de plus en plus de réformes, des non remboursements, des augmentations de forfaits hospitaliers, des franchises médicales, … On essaie de nous faire croire que ça coûte trop cher… On est pourtant pas idiots. On sait bien que la santé coûte de plus en plus cher du fait d’une part, du vieillissement de la population et d’autre part des progrès technologiques. Néanmoins, la seule politique menée par la droite est de casser de plus en plus le système… sans penser à récupérer le pognon où il est.
Le but ? Heu… Je ne sais pas ! Probablement torpiller la sécu pour la privatiser puis privatiser l’hôpital. Je ne vois pas autre chose. Une démarche de démolition systématique.
Alors qu’à la base, le gros du problème, outre le vieillissement de la population, repose sur des erreurs de gestion qui deviennent de plus en plus caractéristiques depuis le fameux carnet de santé d’Alain Juppé.
Nos braves technocrates ont essayé de faire de la carte Vitale un instrument de lutte contre la fraude puis de suivi des dossiers médicaux… alors qu’il s’agit à la base uniquement d’un outil d’identification électronique des patients pour permettre l’automation des traitements des dossiers par la sécurité sociale. On continue à dépenser des millions pour mettre un maximum de trucs dans la puce, ce qui ne sert à rien, … tout en renforçant la concurrence entre les hôpitaux qui ne sont plus là pour soigner les gens mais pour facturer des actes à la Sécurité Sociale.
Vous tombez malade. Vous rentrez à l’hôpital. Le nombre de nuits que vous y passerez ne dépend pas de ce que vous avez mais du nombre de nuits intéressant à facturer tout en libérant la chambre au cas où un autre malade serait plus rentable du fait des examens spécifiques qui pourraient être facturés.
Oui. Je parle bien de l’hôpital public.
Un des volets les plus emblématiques de cette gestion de la sécurité sociale est la mise en œuvre des « médecins traitants ». A cause des 5% de la population qui abuse peut-être, vous devez absolument facturer une consultation chez un généraliste avant de voir votre proctologue préféré… Du coup, les généralistes sont débordés et vous n’arrivez plus à soigner une grippe !
On nous a dit que l’espérance de vie était une des plus importantes en France. Oui ! Mais c’était pour ceux qui ont vieilli avant les réformes de ces dernières années…

