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21 avril 2015

Mélenchon, Hollande et les années 70

Je n'ai pas fait de billet suite à l'émission de Canal+ avec pépère mais la polémique qui a suivi ses propos sur le FN qui ressemble à une affiche du PC des années 70 m'a fait rigoler, d'autant que je dis à peu près la même chose sur mon blog depuis des années... 

Ce qu'il y a d'amusant, c'est que personne n'avait ronchonné quand Jean-Luc Mélenchon avait dit "Madame Le Pen récite des morceaux entiers de notre programme (de la gauche). Leur ligne, c'est d'occuper l'espace politique de la gauche", car "l'espace politique de la gauche, c'est le peuple" et "le problème de la droite, c'est le peuple"

10 avril 2015

Là, Marine est royale !

Je ne voudrais pas faire de la peine à mes lecteurs réactionnaires ayant une légère tendance à voter pour le Front National. Au contraire : j'ai une bonne nouvelle. Le Front National est devenu un parti comme les autres avec des financements illégaux et des conflits internes.

Ca s'arrose. La "normalisation" et la "dédiabolisation" semble avoir réussi au delà des espérances de Mme Le Pen.

02 mars 2015

Deux gauches face au Front National

L’ami Sarkofrance est inquiet. A la lueur de ce qui se passe en Russie ou en Hongrie, il se demande si la situation ne pourrait pas devenir la même en France, avec l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen. Je n’ai rien pour le consoler. A la fin, il poste une question : « On nous promet des 21 avril en cascade. Il faudrait voter pour éviter l’accès au pouvoir la blonde frontiste. Pourquoi une gauche ne comprend-t-elle pas l’abstention ? » Je ne sais pas cette question veut dire.

Ce week-end, j’ai lu le Nouvel Obs. J’étais parfaitement d’accord avec l’éditorial ce qui n’est pas spécialement surprenant. L’auteur y parlait de la gauche, de ces deux gauches : celle qui continue à rêver et celle qui se fait élire et gouverne. Il reprenait un tas de thèmes que j’ai déjà développé dans mes blogs (et qui ont certainement déjà été traités dans des centaines d’éditos de l’Obs). Je lisais cela un peu après avoir fait mon billet à la gloire d’Emmanuelle Macron qui a été torpillé par une des gauches. L’édito était revigorant car il rappelait que cette dualité entre une gauche réaliste et une gauche idéaliste existe depuis la nuit des temps.

Alors, je vais répondre à la question de Sarkofrance que je ne comprends pas. Il y a une partie de la gauche, du moins de ses dirigeants, qui a intérêt à ce que François Hollande échoue et que le Front National gagne, pour des raisons électoralistes, pour pouvoir dire « ah vous voyez, j’avais raison ».

Dimanche midi, Marine Le Pen passait sur France 3. Je ne regarde qu’occasionnellement la télé mais là, j’avais une dizaine de minutes à tuer, au salon, avant l’apéro en famille pour la fête des grands-mères (j’aime bien les détails personnels, pour montrer que je m’intéresse à la vraie vie nananère) et je l’ai écoutée. J’ai été apeuré : elle raconte peut-être beaucoup de bêtises générant la colère des internautes mais elle tape juste. Je l’ai dit en commentaire chez Elooooody. Je cite une partie : « A un moment, tiens, elle a dit que tous les partis voulaient la mort des départements et que cela serait la fin de l'aide sociale. Elle a un discours (auquel je ne crois pas) beaucoup plus social et protecteur que les autres. »

Il s’agit effectivement de conneries. On pourrait l’analyser : aucun parti ne souhaite la mort des départements mais une partie souhaite une collectivité territoriale de moins, le Conseil général (qui deviendra le Conseil départemental dans quelques jours). Personne ne veut la fin des aides sociales. La plupart ont été mis en place par la gauche et c’est la droite qui les a transférées aux départements. S’il y a un consensus sur la suppression des Conseils ou leur fusion avec les conseils régionaux, personne ne parle de la suppression de leurs attributions… Sans compter qu’il est assez cocasse de voir le Front National défendre les aides sociales…

J’entends déjà les twittos ronchonner : oui, mais c’était au journaliste de la baffer. Sauf que le journaliste n’est pas un spécialiste de la chose, n’a pas fait des dizaines de billets au sujet de la réforme territoriale et comme elle raconte n’importe quoi, il tombe des nues.

Alors, je vais répondre à la question de Sarkofrance que je ne comprends pas. La gauche ne comprend pas l’abstention, certes, mais elle ne comprend pas l’électeur et le discours politiques des autres.

Alors, je vais répondre à la question de Sarkofrance que je ne comprends pas. La gauche, du moins celle qui ne souhaite pas la victoire de Marine Le Pen, celle qui espère que la présence du Front National générera des triangulaires ou empêchera l’accession de l’UMP au second tour, pour lui permettre de remporter des victoires, comprend parfaitement l’abstention. Mais il nous reste les deux gauches qui s’opposent. Marine Le Pen, dans son discours, traduisait n’importe comment les propos de Bernard Cazeneuve à propos de l’organisation de l’islam et elle répondait : ce n’est pas à l’Etat de s’occuper de ça, on est dans un Etat laïc et tout ça. Ses arguments cognent comme des baffes d’El Camino. J’ai d’ailleurs fait un billet, la semaine dernière, pour dire que ce n’était pas à l’Etat d’organiser l’islam. J’ai dit la même chose que Marine Le Pen (mais avant elle, ou, plus exactement, avant de l’avoir entendue). C’est limite fout-la-trouille comme dirait l’andouille.


Alors, je vais répondre à la question de Sarkofrance que je ne comprends pas. Ce n’est pas l’abstention qu’il faut comprendre mais ce qui fait que la gauche s’est fait piquer le social et la laïcité par Marine Le Pen et ce qui fait que certains, à gauche, se croyant propriétaires de tout, empêche les autres d’en parler.

28 janvier 2014

Inversons la courbe cette année, alors !

Certains la qualifiait d’objectif, l’autre de pari. Toujours est-il que c’est raté : l’inversion de la courbe du chômage n’était pas au rendez-vous en 2013. On a seulement une « diminution de l’augmentation » du chômage. Il faut positiver. Michel Sapin et François Hollande parlent de stabilisation. L’inversion est bien réelle pour les jeunes, depuis 8 mois, et même pour les moins de 50 ans mais reste préoccupante pour les plus de 50 ans.

Au premier trimestre, le nombre de chômeurs augmentait de 33000 par mois. Il augmente maintenant de 2500. Ce n’est pas génial mais c’est une amélioration. On se console comme on peut.

Que lit-on dans la presse ?

TF1 nous sort cette magnifique courbe. Je la recopie ici pour faire joli mais aussi parce que j’ai encore entendu des blogueurs de droite dire que la gauche ne peut plus faire le coup de l’héritage. Je ne vais pourtant pas me privé. Le seul a avoir réussi une inversion de la courbe est bien Nicolas Sarkozy… Le chômage galope en France parce que notre industrie est dans un piteux état et, sans la moindre vergogne, je vais dater cela de 2002. Attention ! Je ne fais pas « que » le coup de l’héritage. La droite pourra me répondre que c’est de la faute aux 35 heures. Je propose de remonter directement jusqu’à la dernière guerre et dire que c’est de la faute aux nazis, histoire de vérifier assez rapidement la loi de Godwin.

Je donne cette date parce que la rumeur a couru, ce matin, qu’un ancien conseiller de Gerhard Schröder allait entrer au service de François Hollande : « Peter Hartz, ancien membre du directoire du constructeur automobile Volkswagen, avait été chargé en 2002 par M. Schröder de présenter une série de réformes du marché du travail allemand. Son fameux « Agenda 2010 » avait profondément remanié l'Etat-providence allemand pour remettre au travail une Allemagne plombée par le chômage. »

Cela a été démenti, ce matin, mais des lascars de gauche, attention la vraie, hein !, on commencé à se foutre de la gueule de Sarkofrance et moi, ce matin, en disant que nous allions devoir ramer pour continuer à faire du blogage du gouvernement (même si Sarkofrance prend plus régulièrement ses distances que moi). L’industrie allemande est pourtant bien un exemple mais pas son marché du travail ! A quoi bon gagner un maximum de pognon si c’est pour battre des records de pauvreté.

Il se trouve que la gauche allemande a fait ses réformes de droite à un moment où la droite était au pouvoir chez nous et n’a rien fait. Du coup, la gauche française est emmerdée maintenant et la droite allemande gagne les élections.

2002 est décidément une date clé dans la politique (d’autant que c’est l’année où nous avons commencé à avoir des euros dans nos poches).

Au secours, la droite revient !

Je retiens quelques propos, ce matin. Jean-François Copé a demandé la démission de Michel Sapin. Ce dernier lui a répondu que c’est le degré zéro de la politique, ce en quoi il a raison. Cela montre surtout que l’UMP n’a strictement rien à proposer…

Tiens ! Une devinette. Qui a dit : « L'augmentation du chômage en décembre met donc fin à ce sketch grossier, rejoué tous les mois depuis un an, d'une hypothétique inversion de la courbe du chômage. Tant que la politique économique de la France restera la même, c'est à dire l'eurostérité couplée à un ultra-libéralisme débridé, ni la croissance ni le chômage ne s'amélioreront. » ?

Non ! Ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon. C’est Marine Le Pen. Je le relançais un éternel débat, hier, sur le thème : comment faire baisser le Front National ? Tant que les militants de gauche n’auront pas compris que Marine Le Pen a changé son discours et même si le reste n’a pas changé, le dossier n’avancera pas. Ne vous voilez pas la face. Le Front National sera prochainement le premier parti politique de France : « des médias s'interrogeront sur cette "lepenisation des esprits". Le Front de gauche criera au complot médiatique, la gauche se demandera ce qu'elle a raté. La droite réfléchira à son avenir fusionné. »

Et ça ? « Il est indécent également de se féliciter du recul du chômage des jeunes, car cela veut dire que celui de toutes les autres catégories - en particulier de longue durée - progresse plus fortement que la moyenne. » C’est Robert Rochefort, du Modem… Les jeunes, vous savez pour qui ne pas voter…

Hervé Morin est interviewé par les Echos : « Je défends l’idée d’un vrai choc de compétitivité, autour d’une politique libérale qui dit aux Français : c’est par l’amélioration des conditions de production que l’on fera la meilleure des politiques sociales, c’est-à-dire le retour au plein-emploi ! » « D’abord, première mesure, il faut le passage à 39 heures payées 35 ! » « Enfin, redonnons plus de souplesse aux entreprises avec la mise en place d’un contrat de travail unique. Pour que les entreprises n’aient plus peur d’embaucher, il faut aussi qu’elles puissent licencier : faisons un contrat dans lequel les conditions de rupture soient connues au moment de l’embauche. »

Je note les propos de Monsieur Morin parce que c’est à peu près le seul à proposer quelque chose même s’il dit trois belles conneries. La première : on sait que le retour au plein-emploi n’est pas possible. La deuxième : le passage au 39 payées 35 est immoral, ridicule et inacceptable. Surtout, il créera un effet d’aubaine pour le patronat qui pourra produire autant pour moins cher avec 10% de salariés en moins. La troisième : une évolution importante du droit du travail a déjà été faite l’an dernier et le CDD ne disparaitra jamais : comment faire face à un congé maternité, par exemple ? Que fera-t-il de l’intérim, de l’autoentreprenariat,… ?

Un sondage est sorti hier à propos des Européennes. Des listes soutenues par l’UDI et le Modem arriveraient en quatrième position (derrière, dans l’ordre, le FN, l’UMP et le PS). Hervé Morin est en campagne. Le ton est donné : libéralisme. Le seul à oser est bien lui. François Fillon, par exemple, donnait une longue interview au Figaro, dimanche. Il ne dit rien, n’annonce rien, ne propose rien, à part une hausse de la TVA et une diminution de la progressivité de l’impôt sur le revenu. Les mêmes recettes appliquées par l’UMP depuis 2002…

Et au gouvernement ?

François Hollande a lancé son pacte de responsabilité. Quatre chantiers sont lancés :
-         la diminution des prélèvements sur les entreprises,
-         la fiscalité des entreprises avec les assises de la fiscalité des entreprises,
-         la simplification,
-         les contreparties nécessaires.

Les élections européennes approchent, donc. Les Français et les Allemands montrent qu’ils veulent continuer à travailler ensemble (l’actualité nationale est trop chaude pour que l’information soit en une de la presse mais il y avait un Conseil économique et financier franco-allemand ; l’amélioration des relations est nette).

Le travail doit continuer, chacun a ses sujets de prédilection (je compte beaucoup, par exemple, sur la réforme territoriale).

Et dans les blogs ?

Ils semblent étrangement muets. Le yakofaucon semble avoir disparu.

Mais au moins, on apprend que Philippe Katerine sortira bientôt un album.

22 octobre 2013

Lecture de gauche ?

Vous comptiez sur moi pour vous donner de la lecture, ce matin ? Je vais le faire. Pas vraiment de billet de blog, de la lecture ailleurs, à propos de la gauche de la gauche, de la lepénisation des esprits… Trois articles différents, un d’Arrêt sur image, un de Slate et un du Nouvel Obs.

L’éditorial de Laurent Joffrin. Intitulé « Léonarda et les hypocrites ».

Il tape sur la droite. « Il fallait montrer plus de courage, dit la droite. Quel courage, en effet, que de refuser tout geste d’indulgence à une gamine de quinze ans qui n’a jamais menacé personne ! Quel courage, en effet, que de s’aligner platement sur une opinion de plus en plus travaillée par les obsessions xénophobes ! »

Il tape sur la gauche. « Mais avant même que soient rendues publiques les circonstances exactes de l'expulsion, avant même que les autorités aient eu le temps d'enquêter sur une faute éventuelle, avant même que soit connu le moindre des éléments du dossier concernant la famille de la jeune fille, un déferlement d'insultes vertueuses, venues de la gauche et de l'extrême-gauche, s'est abattu sur le ministre de l'Intérieur et son gouvernement. »

L’article d’Eric Le Boucher, dans Slate, qui défend Hollande : « François Hollande, la ligne est bonne, tenez là! »

Ce journaliste n’est pas spécialement connu pour ses idées gauchistes. Il constate que la gauche de la gauche a perdu pour la seconde fois de ce début de quinquennat et que la ligne politique de François Hollande, la social-démocratie, l’a emporté. Je ne sais pas si je suis d’accord avec lui. Evidemment, Eric Le Boucher préfère cette ligne socdem à une ligne plus gauchiste…

« Les socialistes bien-pensants auraient sans doute dû mieux choisir leur cas. » Ca aurait du être l’objet de mon billet de ce matin si la ligne 7 du métro ne m’avait pas foutu dans la merde. Dans les commentaires d’un billet de blog, j’ai été accusé de « culpabiliser la vraie gauche ». En gros. Il ne s’agit pas de ça. Je me contente de signaler des points de désaccord.

Hier matin, j’ai vu un communiqué de presse du Front de Gauche (ou du Parti de Gauche), repris par la presse. « Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, a demandé lundi à François Hollande de "sortir de son silence", après la publication d'informations faisant état d'une interception massive en France de communications par l'Agence de sécurité américaine (NSA), estimant que "c'est lui qui aurait dû convoquer l'ambassadeur des Etats-Unis et non Laurent Fabius". »

Comment voulez-vous que les citoyens prennent ce genre d’information ? Il ne s’agit pas de donner raison ou tort à Méluche (ça nous amène directement au point suivant). Il s’agit d’imaginer la réaction des électeurs. Ils vont voir le seul objectif de Jean-Luc Mélenchon.

L’articled ’ASI : « Quand Le Pen dénonce la lepenisation des esprits ».

Il est réservé aux abonnés alors je vais le résumé grossièrement. L’émission d’Yves Calvi, hier, portait sur l’affaire Léonarda. Il y avait différents invités dont Marine Le Pen qui dès le début est intervenu à propos de l’espionnage par la NSA. Yves Clavi est désarçonné. Elle : « l'espionnage américain, ça, ça mérite une intervention officielle du président de la République française ! » « Et d'énumérer les sujets qui, davantage que l'expulsion de la famille Dibrani, auraient mérité la parole présidentielle : l'agro-alimentaire, l'explosion du chômage, la faillite de l'entreprise Gad en Bretagne, etc. »

« Que se passe-t-il à cet instant ? Cette horreur : devant son poste, on se sent exprimé par Marine Le Pen. Quelques secondes, on se sent totalement en accord avec elle. »

Le fait que France 2 et Yves Calvi consacrent cette émission à ce sujet est un simple constat de la victoire de Marine Le Pen. Et c’est elle qui le dénonce. Elle peut placer ses billets pour avancer…

C’est dommage que vous ne soyez pas abonnés à ASI…

Où en sommes-nous ?

Jean-Vincent Placé a dit ce matin qu’il souhaitait la reprise des mouvements lycéens. Il n’a rien compris à ce qui s’était passé en une semaine ?

12 octobre 2013

Que ne pas faire contre le FN ?

Les discussions n'en finissent plus au sujet de ce que l'on doit faire pour empêcher la montée du Front National. Moi, je vais vous le dire : il faut sortir de la crise et arrêter toutes les conneries de gauche qui exaspèrent les gens. Maintenant qu'on sait ce qu'il faut faire, ne me remerciez pas, nous allons voir ce qu'il ne faut pas faire si on veut vraiment que la montée du Front National cesse. Car Marine Le Pen hisse ! Il fallait que je la sorte, je suppose qu'elle subit ce genre de plaisanterie depuis qu'elle est à l'école. Désolé.

Ne pas le considérer comme un parti comme les autres.

Marine Le Pen a fait un formidable boulot pour dédiaboliser son parti. Elle a réussi. On a perdu. Il faut arrêter de se voiler la face. En juin 1984, le FN frôlait les 10% à une élection à caractère national. Il a gagné 10% de 81 à 84 et 10 autres % dans les trente années suivantes. C'est ainsi.

Laissons leur des victoires, des alliances avec l'UMP,... Ils deviendront un parti comme les autres et partagera la merde plutôt que de surfer dessus.

Regardez la photo du candidat du FN à Brignolles. Comme à Villeneuve-sur-Lot avec 20 ans de plus... Propre sur lui, l'air sérieux,... Bien loin de ce que l'on voyait il y a encore 10 ans.

Jouer avec les mots.

On a le droit de penser que le FN est d'extrême droite et est un ramassis de fascistes mais ça n'apporte plus grand chose de le dire. L'électeur s'en fout. Ca ne sert pas à grand chose de heurter l'électeur. Laissons Jean-François Copé dénoncer les extrêmes. Nous, on sait que les deux extrêmes ne se valent pas, qu'une est fréquentable et pas l'autre.

Par contre, je me refuse à penser qu'un électeur sur cinq est d'extrême droite et donc infréquentable. Et je ne crois pas que lui dire qu'il est infréquentable soit une bonne chose.

Continuer avec des amalgames.

Un type qui n'aime pas l'Islam n'est pas un raciste. Par définition. Arrêtons de manier ce mot à toutes les sauces. Je n'aime pas les religions donc je n'aime pas l'islam. Ca ne fait pas de moi un islamophobe et encore moins un raciste.

C'est pareil pour l'homophobie. Un type qui est contre le mariage pour tous n'est pas un homophobe.

Parce qu'à force de manier ces mots à toutes les sauces, on finit par les rendre acceptables ; par déculpabiliser l'électeur ! « Ah ben si vous avez décidé que j'étais raciste, hein ! On va dire oui pour vous faire plaisir... »

Laisser Jean-François Copé parler à la télé sans se foutre de sa gueule.

J'ai du mal à comprendre comment Jean-François Copé ait pu rater à ce point sa prestation, jeudi ! Et encore, je ne l'ai pas vue. D'ailleurs les chiffres d'audience sont mauvais. Toujours est-il que les articles de presse qui relatent cette émission sont mauvais. Il s'est planté sur à peu près tout, notamment cette histoire de fonctionnaires.

A propos du Front National, il s'est planté sur deux points. Il a dit que le Front National montait grâce à François Hollande ou par la volonté de ce dernier. C'est une connerie. Comment pépère pourrait-il faire monter le Front National ? Les électeurs ne sont pas tarés. Ils savent très bien que c'est la décomposition de l'UMP et les conneries de Nicolas Sarkozy et de Jeff qui sont à l'origine de tout. 

Surtout, pour en revenir à notre sujet, il a dit qu'il n'appellerait pas à voter PS en cas de duel FN – PS à un second tour. Electoralement, c'est une connerie : il devrait se montrer responsable et appeler à voter pour le PS. Il a simplement indiqué aux électeurs du Front National qu'ils avaient bien raison.

Débattre avec le Front National.

Je ne sais pas pourquoi les gens pour le Front National. On sait tous que le programme économique de ce parti aboutirait à la ruine mais je ne crois pas que les électeurs votent pour le Front National pour un programme notamment pour des municipales...

Débattre serait contre-productif puisque nous obligerait à détailler le programme du Front National sans même qu'il ait à intervenir.

Croire savoir les motivations des électeurs.

On les connaît bien évidemment dans les grandes lignes : la crise, l'échec des autres partis patati patata... Mais on oublie que les raisons pourraient bien plus profondes, comme un sentiment d'abandon par la République ou par l'Europe.

Et on oublie qu'on oublie des raisons.

Chaque blogueur, par exemple, aura ses marottes. Mon dernier billet un peu poussé porte sur les fonds de commerce. Je finis par donner mon avis sur ce qu'on devrait faire pour réorienter l'économie du commerce de proximité dans un sens « qui aille mieux ». Il n'empêche que je ne sais pas ce que pourrait en penser un électeur du Front National. Alors je ne m'en occupe pas. Sans doute que la moitié d'entre eux serait d'accord avec mes propositions mais pas l'autre.

La seule chose qui m'importe est de savoir si mes propositions fonctionneraient... C'est le seul but qu'on doit avoir. La lutte contre le FN n'est pas une fin en soi. Celle contre l'extrême droite, si.

04 octobre 2013

Marine débouchée

La popularité nouvelle de Marine Le Pen fait beaucoup jaser depuis quelques jours. Certains voient le Front National au pouvoir dans les prochaines années. J'en ai fait deux billets hier et j'ai lu plein de trucs ce matin. Tout le monde a la solution miracle pour le faire chuter : il faut répondre aux attentes du peuple et tout ça. Pendant ce temps-là, la popularité du président et du gouvernement baisse. Celles des autres personnalités du PS se cassent la gueule. Tous les dirigeants de droite (sauf Raffarin et Le Maire !) stagnent ou baissent.

Et quand on entend les solutions des copains pour enrayer la montée, on hurle bêtement ! "Il faut continuer à la diaboliser !" "Non ! C'est contreproductif !" Tiens ! Je lisais une interview d'Harlem Désir, dans 20 minutes, ce matin. Il rappelait pourquoi on doit toujours la considérer comme d'extrême droite puis disait qu'il fallait démonter son programme. Je ne suis pas d'accord. D'ailleurs, j'invite souvent mes lecteurs à lire son programme pour comprendre pourquoi elle monte. On aura beau dire que son application, dont la sortie de l'euro, serait une catastrophe, les gens s'en foutent. Ce qu'ils veulent, c'est se débarrasser de la clique actuelle !

La clique actuelle ?

C'est d'abord une UMP et des centristes lamentables. La montée du FN est sans doute imputable dans la plus grande partie à Nicolas Sarkozy, autant par la politique qu'il a menée, les discours qu'il a tenus que par l'état dans lequel il a laissé son parti.

C'est aussi notre camp. Ces couacs, cette impression d'amateurisme,... Ils arrivaient aussi sous la droite mais Sarko tranchait et donnait l'impression d'être le chef. Il n'était chef de rien, sa gestion a été une catastrophe et il n'a pas été réélu. On aura du mal à se débarrasser de ces années de Sarkozysme, toujours à attendre un ordre du chef. Or on n'a pas besoin d'un chef. On a besoin d'une équipe qui bosse, d'un premier ministre qui coordonne et tranche et d'un président qui donne le cap.

Or tous ces couacs, toutes ces polémiques font qu'on ne parle que de ça, pas du travail qui est fait, pas du cap,... Fermez donc tous vos gueules. Ne parlez que de vos projets. Et quand vous vous exprimez à titre personnel, dites-le ! Le problème n'est pas de savoir qui a raison ou tort mais d'assurer une cohérence.

Pour moi, le couac le plus grave a eu lieu entre Montebourg et Ayrault à propos de Mittal. Je ne sais pas ce qu'il fallait faire (j'ai une opinion personnelle : l'Etat ne doit pas soutenir les industries du passé mais celles du futur). Toujours est-il que je me suis toujours demandé pourquoi Nono avait fait des annonces aussi franches alors que rien n'avait été décidé. Ce n'est qu'un exemple, c'est une impression que j'ai.

On pourrait multiplier les exemples. Fleur Pellerin a fait une étrange annonce hier (Google est ton ami, je suis dans le métro et n'ai pas internet). Tous mes copains de gauche ronchonnent. On a l'impression que les ministres n'arrivent pas à discuter entre eux, à consulter les parlementaires,... avant de faire des annonces.

On demande des résultats à l'issue du quinquennat, pas d'éternelles communications. Les années Sarkozy ont fait beaucoup de mal.

Mais on se fait aussi du mal, sans le gouvernement. Avant-hier, il y a eu ce dessin lamentable de Plantu. J’ai dit le soir que c’était surtout le dessin du Monde. J’ai vu un tas de tweet ou de publication Facebook de braves gens qui criaient au scandale. Je l’ai fait aussi, mais j’ai surtout insisté sur le fait que le dessin était nul. Par contre, mon confrère Abadinte rageait hier après un dessin de Wolinski sur une affiche du PCF et du Front de Gauche pour défendre la retraite à 60 ans. La légende est : « la vie commence à 60 ans. » et représente un sexagénaire avec la main aux fesses de deux femmes. On pourra trouver ce dessin lamentable, moi, il me fait rire. Et me donnera une occasion de répliquer aux gens du Front de Gauche qui me trouveront sexiste.

Nos perpétuelles jérémiades ne servent à rien et cette politique de la pensée doit cesser. Par exemple, un groupe de parlementaires a proposé de sanctionner les clients des prostitués. Croient-ils vraiment que la mesure est efficace ? Je veux bien lutter contre la prostitution. Je veux bien imaginer que c’est une priorité pour beaucoup. Mais les parlementaires socialistes ne pourraient-ils pas réfléchir entre eux avant de faire des annonces ?

Ils croient réellement que c’est une priorité pour les électeurs ?

Alors, la popularité baisse. Le public assimile ces quelques parlementaires à la majorité dans son ensemble et la popularité baisse. Alors, les électeurs ils vont se tourner ailleurs. L’UMP est morte.

Que reste-t-il ?

17 septembre 2013

François Fillon et Marine Le Pen main dans la main

Suivre la politique n’est pas toujours facile. D’un côté, François Fillon persiste et signe dans ses propos sur le Front National. De l’autre côté, Marine Le Pen semble dire à peu près la même chose que « nous » en ayant des propos mesuré. Elle a déclaré ce matin à la télé que le bijoutier n’était pas en état de légitime défense et devrait être jugé mais que les jurys prendraient probablement en compte l’exaspération et tout ça.

François Fillon attise le feu pendant que Marine Le Pen semble calmer le jeu, continuant sa stratégie de dédiabolisation. Comme si elle voulait montrer un positionne raisonnable. Clairement, les deux se rapprochent.

L’ancien premier ministre a déclaré : « Je prends un risque, je le prends en connaissance de cause. J'accepte d'être minoritaire dans mon parti si c'est le cas. » « Je veux qu'on arrête de caricaturer, stigmatiser, exclure des électeurs qui sont des Français. Je ne condamnerai jamais un Français qui vote pour un autre Français. »

Je disais ce matin qu’il avait d’ores et déjà conquis la réacosphère, qui semble si puissante et si désireuse d’avoir une droite forte. Je ne sais pas comment elle va réagir aux propos de Marine Le Pen qui semblent aller à l’encontre de ce que disaient nos braves blogueurs…

El Fredo continue l’analyse des propos de François Fillon. Son billet est intéressant (lisez-le…). L’ex. dirait le contraire des autres responsables du parti pour apparaître un recours : il ne s’adresse pas aux électeurs mais à la base du parti. A la limite, il n’a rien à cirer du parti et pourrait partir en solo. J’en rajoute une couche : et si c’était une solution pour torpiller le retour de Nicolas Sarkozy ?

« La presse juge sévèrement le volte-face de François Fillon sur le FN » titre le Nouvel Obs. Est-ce bien à la presse de juger.

Il n’y a plus qu’une feuille de papier à cigarettes entre Marine Le Pen et François Fillon qui semble soutenu par les militants mais pas les cadres et c’est justement ce qu’aiment bien les électeurs : envoyer bouler les cadres parisien.

François Fillon est-il en train de faire un rapt sur l’UMP, avec le soutien tacite de Marine Le Pen qui aura besoin des voix de l’UMP pour conquérir des municipalités ?

19 juillet 2013

L'Europe et la rente de la famille Le Pen

Marine Le Pen a salarié son compagnon, Louis Aliot, au frais du Parlement Européen, comme assistant parlementaire alors que c’est interdit (« L’enveloppe financière des parlementaires ne peut pas financer l’emploi des conjoints ou des partenaires stables non matrimoniaux. ») et pas très moral.

Ainsi, la famille « Aliot - Le Pen » vit aux frais du contribuable, ce qui ne me choque pas outre mesure, mais compte tenu de la rémunération des députés européens, le couple reçoit entre 10 et 15 000 euros par mois.

Allons donc expliquer ça à ses électeurs quand elles expliquent que tous les autres partis politiques sont des pourris… alors qu’elle triche peut-être elle-même pour sa propre rémunération.

Elle a dans son programme la sortie de l’Europe mais cette Europe lui assure l’essentiel de sa rémunération, une espèce de rente d’autant qu’elle n’a que près de risque de ne pas être élue…

C’est beau.

27 juin 2013

DSK et MLP : ce qu'ils en pensent

Dans Facebook, ce matin, je lisais d'intéressants échanges à propos de Marine Le Pen et d'autres à propos de Dominique Strauss-Kahn entre militants du PS, des vrais, contrairement à moi qui me contente de taper au hasard sur des touches de mon clavier en espérant que ça ressemble à autre chose. J'étais surpris de voir à quel point j'étais en désaccord avec eux sur la perception de ces personnalités par le public. 

C'était d'ailleurs aussi ce que je me disais en lisant certains blogueurs réactionnaires, ces derniers jours : ils sont persuadés que tout le monde pense comme eux. Leurs conclusions sont généralement de dire que si on ne se range pas à leurs arguments, nous autres qui disons le contraire sur nos blogs, c'est qu'on est idiots. Ils représentent le degré zéro de la politique. 

Chacun a ses idées de ce que pensent les électeurs. Voila les miennes. 

Marine Le Pen

A gauche, beaucoup pensent qu'il faut la diaboliser et insister sur le Front Républicain. Pas moi, mais ce n'est pas l'objet du billet. Ça fait trente ans que toutes les stratégies ont échoué contre le Front National. Diabolisation, lutte antifachos,... 

Le fait est que Marine Le Pen est entrée dans le paysage politique. Les gens sont habitués à elle. Elle a probablement une intelligence politique hors du commun. Preuve en est : la partielle à Villeneuve sur Lot. Alors qu'on savait que cette élection allait être très médiatisée, elle a envoyé un candidat, un petit jeune propre sur lui qui présente bien,... rompant ainsi avec l'image traditionnelle d'un candidat FN d'une zone rurale (non, je ne stigmatise pas les ploucs). Elle-même est relativement jeune et sa nièce est députée du parti. 

L'image a été inversée en quelques années. On ne diabolise pas des anges. Il faut changer de stratégie... Ne vous trompez plus sur ce qu'ils représentent. 

Dominique Strauss-Kahn

Il s'exprimait hier devant une commission du Sénat. Certains à droite comme à gauche ont été scandalisés. Pas moi. Toujours est-il que mes camarades de Facebook dégoisaient sur l'image auprès du public d'un éventuel retour en politique, la plupart disant qu'il serait désastreux. 

DSK a été coupé dans son élan voila deux ans. S'il avait pu continuer, il très probable qu'il aurait perdu les primaires, l'aile gauche du PS se serait rangée derrière François Hollande qui n'en aurait pas, pour autant, changé de discours (imaginer l'aile gauche du PS se rangeant derrière Pépère a un côté jouissif).

Néanmoins, deux ans après, il est probable que les Français ont une image assez bonne : c'est le sauveteur de la France qui a été stoppé par la justice américaine puis française pour des histoires de cul dans lesquels il a été décrété innocent. 

Je comprends que les militants politiques lui en veuillent : il a sali ce en quoi ils croyaient. Il n’empêche que…

Perception

Je ne sais pas qui a raison. Il est possible que le résultat d’une étude précise montrerait que 60% des électeurs ont une opinion négative de DSK et pensent que Marine Le Pen représente un danger pour la démocratie. Il n’empêche qu’on peut remplacer les deux noms, respectivement, par François Hollande et Jean-François Copé et que le résultat serait probablement le même. Or ce sont potentiellement les deux finalistes de la prochaine présidentielle.

Oui, Marine Le Pen et Dominique Strauss-Kahn représentent le mal, mais pas le même ! Il n’empêche qu’à force de taper dessus, on oublie ce que les gens en pensent (et l'effet du matraquage, pas nécessairement positif).

Qu’à droite, ils le fassent, ça nous arrange bien. Mais à gauche, on a tendance à oublier que Nicolas Sarkozy n’était pas loin de gagner l’élection alors que nous le pensions détesté par une grande partie de la population…

N.B. : ne me lisez pas de travers. Je ne mets pas DSK et MLP dans le même panier. Je ne souhaite pas le retour de DSK et je considère le Front National comme un parti dangereux. Ce qui importe n'est pas ce que je pense.

26 mars 2013

Recomposition à droite

L'entrefilet du Parisien est terrible : des études ont prouvé ce que je pensais hier. Dans cette législative partielle, ce sont bien des électeurs du Parti Socialiste qui ont voté pour le Front National au second tour. L'expert interrogé par 20minutes est moins formel. Je parlais de décomposition du paysage politique, hier matin. Elie Arié, en commentaire, m’interrogeait sur la recomposition, un peu pour rebondir sur son billet d’hier, où il s’interrogeait sur notre incapacité à voir l’avenir…

Pour l’instant, cette recomposition, je la vois beaucoup autour du Front National…

Je suis tombé sur un seul blog de droite parlant de ce scrutin. Il met le résultat sur le dos du PS et de François Hollande. Certes, le Parti Socialiste a du mouron à se faire, mais je tire une conclusion complètement opposée à celle de ce blogueur. Si le "front républicain" ne fonctionne plus, c'est aussi parce que l'électeur de veut plus de l'UMP.

Ce matin, je voulais faire un tour des blogueurs de droite que je connais vaguement pour voir leur récit de la manif pour tous. Je m'attendais à des « c'était bien, on était avec les copains, il faisait beau, l'ambiance était bon enfant, j'espère que Hollande va plier, c'est moche quand même l'utilisation des lacrymos avec la présence des enfants. »

Je l'ai trouvé mais j'ai aussi trouvé des propos très durs de gens qui trouvaient les forces de l'ordre illégitimes quand elles les empêchaient d'aller sur les Champs. J'ai trouvé des gens qui tentaient partout les moyens de contourner l'Etoile pour pénétrer dans "notre Avenue Nationale". Et en un ou deux clics, on tombe sur des sites d'extrême droite donnant des argumentaires, préparant la révolution. Mon confrère El Camino en rigole ce matin mais je suis tombé sur un article de FranceTVInfo qui décrit comment tout cela est parfaitement préparé.

Il en ressort que Frigide Bardot est complètement débordée. Les appels au calme qu'elle a lancés sont durement critiqués par ces blogueurs que je pensais proche d'une droite modérée. Je suis tombé en commentaire d'un blog que je ne connaissais pas (mais j'ai déjà croisé la taulière dans des blogs réacs) sur un type qui s'était dit proche du Palais de l'Elysee, à la limite de franchir le pas.

Je suis tombé sur des gens qui appellent au "printemps français" après les printemps arabes... Et je suis tombé sur des braves gens, qui s'appellent eux-mêmes ainsi, qui relayaient des appels à l'insurrection... On va dire qu'ils sont manipulés ou qu'ils écrivent des âneries dans le feu de l'action, dans l'excitation,... Peu importe.

Les plus drôles sont peut-être ceux qui exigent la démission de François Hollande qu'ils jugent ne plus être légitime. Ils l'exigent au nom de la démocratie. Je dis "drôle" parce qu'ils me rappellent certains blogueurs de gauche, dont moi, peut-être, qui demandaient la même chose pour Nicolas Sarkozy en 2008. A la limite, c'est très amusant d'imaginer ce qu'ils auraient dit en cas de grosses manifestations "de gauche", traitant les manifestants de terroristes…

Hier, je critiquais les propos de cadres de l'UMP qui tapaient sur les forces de l'ordre. J'ai vu ce matin que la droite Parisienne avait interpellé le Préfet de Police. C'est une double erreur. D'une part, ils sont des élus de la République et n'ont pas à donner des signes d'encouragement à des gens qui ne respectent pas les règles : on ne manifeste pas sur les Champs Élysée. D'autre part, le respect de l'ordre est un truc de droite.

Jean-François Copé a réuni les cadres de son parti samedi pour préparer les municipales. Il leura dit qu'il ne fallait pas laisser le terrain de la sécurité aux mains du PS et du FN. Le lendemain, il fait le contraire et s'en prend aux forces de l'ordre.

Que dit Marine Le Pen ? Rien. Elle laisse des réseaux réactionnaires exciter des "braves gens de droite" et en tirera tous les bénéfices... Pour un peu, c’est elle qui va lancer un appel au calme !

L'UMP devrait réagir...

Vous allez me dire que je tape beaucoup sur la droite et peu sur la gauche pour expliquer la montée du Front National. C'est mon job.

Néanmoins, ce que je retiendrai du week-end, plus que cette manif et l'élection partielle, ce sont les propos d'Harlem Désir suite à ceux de cadres du Parti de Gauche. Il aurait eu l'occasion de s'affirmer en tant que patron de la gauche et dire clairement qu'on ne travaille pas avec des gens qui nous insultent et que le PCF doit en tirer les conclusions. Il aurait eu l'occasion de critiquer le populisme. Il n'a rien trouvé de mieux que de tenir ces propos foireux sur les années 30 qui ont généré des délires sur l’antisémitisme présumé et bien sûr faux de Jean-Luc Mélenchon.

Vous allez me dire aussi que je ne parle pas de la politique du Gouvernement. Je reconnais. La popularité de l’exécutif est au plus bas, les gens ne voient pas la sortie de la crise, les inquiétudes croissent, …

Je parle peu de la gauche parce que la première recomposition du paysage politique français viendra de la droite. Le Front National poursuit sa stratégie : devenir la principale force politique pour les municipales. Il ne cherche pas nécessairement à gagner ces municipales (la dernière fois qu’il a géré des grosses villes, les cadres élus ont fini par quitter le parti ou la gestion s’est avérée désastreuse). Le seul objectif du Front National est, pour l’instant, d’affaiblir ses adversaires, notamment l’UMP, en préparation de l’élection de 2017.

Depuis hier matin, je cherche à répondre à Elie Arié, à propos de la recomposition.

Cette dernière interviendra à l’occasion des municipales et de leur préparation. La perceptible montée du Front National n’est peut-être qu’un épiphénomène, lié à la crise, au mécontentement, à une UMP qui n’arrive pas à se trouver un projet. Le FN a déjà connu des victoires importantes lors de municipales, en 1995 (et 1997, à Vitrolles). L’extrême droite a déjà été à 18% en France ce qui n’a rien de réjouissant.

Il n’empêche qu’il s’est passé quelque chose d’inquiétant, ce week-end. Pour la première fois, un membre du Front National a failli être élu député dans un scrutin majoritaire à deux tours, sans triangulaire, certes avec un taux de participation de 33%.

Mais quand même…

22 février 2013

Créer un boulevard pour Marine Le Pen : la priorité nationale ?

Dans le métro, j'ai rencontré un copain blogueur politique, ce matin. Nous avons papoté puis, comme il n'avait pas vu l'émission avec Marine Le Pen, hier, il m'a demandé si je l'avais vue ou si j'avais eu des informations. Je n'avais lu qu'un article dans un site de presse assez politique mais je n'en gardais qu'un souvenir imprécis. Je lui ai donc dit qu'elle me semblait avoir été bonne.

Avant d'aller déjeuner, me voilà à aller faire un tour dans Google+ (oui, ça m'arrive). Louis avait publié un billet qu'il avait lu dans Le Plus du Nouvel Obs. Vu le nombre de lecteurs (70 000 à 14 heures), ce billet avait vraisemblablement fait la une du site du Nouvel Obs, voire celle de Google News. L'auteur, probablement militant PS, expliquait comment Malek Boutih avait démonté Marine Le Pen.

En toute objectivité, je dois avouer que je n'aime pas Malek Boutih ; il me parait avoir piqué la place de Julien Dray à l'Assemblée Nationale et j’aime bien Juju, une des premières personnalité politique à s’être intéressée aux blogueurs.

Je suis donc allé voir un site d'information grand public qui diffuse des dépêches AFP. L'article décrivant l'émission était très positif sur la prestation de Madame Le Pen. Je vais faire un nouvel aparté : l'article était le même que j'avais vu ce matin dans le site d'information assez politique. Ils ne se font pas chier...

L'article montrait comment Marine Le Pen progressait dans sa stratégie de dédiabolisation du Front National, dans le but de démontrer qu'il n'y a pas de racisme et tout ça.

Ainsi, un militant socialiste trouve que Malek Boutih a rempli sa mission. C'est normal. Mais le pire est que j'ai l'impression que le gars est sincère. Je me trompe peut-être. Il y a bien des lecteurs qui me croient sincère quand je dis que la cravate de Hollande de travers lui donne une touche d'élégance raffinée.

Au risque de le décevoir, je l'informe que le journaliste politique de l'AFP n'est pas d'accord avec lui. Je l'informe aussi que le rédac chef de permanence dans le site d'info politique que j'ai vu ce matin non plus. Et je peux même penser que les spectateurs de l'émission non plus, probablement. Sauf les militants politiques...

Il est toujours amusant de constater que des militants politiques puissent croire que Marine Le Pen s'adressent à eux.

Fouillant un peu plus la presse politique, on trouve des analystes qui nous expliquent que Marine Le Pen a toujours la même stratégie. Sortir des chiffres faux non vérifiables, balancer des conneries aussi grosses que moi,... C'est leur boulot mais on s'en fout. La stratégie de Marine Le Pen fonctionne. Ces braves analystes feraient mieux de convaincre leurs directions de faire des une sur les gros mensonges des personnalités politiques plutôt que sur leurs histoires de cul... Et d'arrêter de mettre en une de leurs sites d'information des billets des blogueurs du Plus expliquant que Marine Le Pen a été terrassée par un politicard de seconde zone. Pourtant, je suppose que les rédacteurs en chef sont les premiers à pleurer dans leurs salons privés en constatant la montée du Front National...

La communication politique est quelque chose visiblement difficile.

Deux exemples...

1. Avec un copain, hier, on parlait de l'annonce, cette semaine, de l'objectif de réduction du budget à 3% qui ne serait pas tenu. L'annonce a été faite en premier, je crois, par Laurent Fabius. Elle a été commentée par Delphine Batho puis par je ne sais plus combien de personnalités. Ça donne un sentiment de confusion. Seuls Pierre Moscovici et Jean-Marc Ayrault devraient être habilités à donner et commenter cette information. Le journaliste qui a interrogé Delphine Batho à ce sujet mérite des claques : elle est ministre de l'environnement, pas des finances.

2. Avec le même copain, on constatait l'implication des ministres dans tous les dossiers chauds, notamment dans ces histoires de fermetures d'usines (ou dans cet histoire de bœuf équin et de cheval bovin : Benoît Hamon s'est comporté comme s'il était le directeur des services vétérinaires...). On voit Arnaud Montebourg en première ligne dès qu'une usine ferme. Ce n'est pas le job des ministres d'être en premier plan surtout s'ils sont impuissants dans la plupart des dossiers. M. Montebourg est ministre du redressement productif, pas des usines de production de pneus. Il devrait mettre en place un plan à long terme pour l'industrie Française. Il serait mieux dans des émissions de télévision à expliquer, par exemple, comment les réformes faites vont permettre aux entreprises, dans les régions, de se développer, technologiquement, industriellement et commercialement.

Qu'on ne recommence pas les erreurs de Nicolas Sarkozy qui annonçait en permanence qu'il allait sauver le monde et s'entourait de ministres qui ne faisaient pas sérieux (je dis ça pour ne pas dire qu'ils passaient pour des clowns) !

Pendant ce temps, Marine Le Pen prospère ! Tant que les gens auront l'impression qu'on les prend pour des cons, ça continuera.

Comme je suis de bonne humeur, ce midi, je vais donner un troisième exemple. M. Borloo, ce matin, a déclaré qu'il fallait arrêter la politique de rigueur et faire un plan de relance. Je ne suis pas en total désaccord avec lui mais je rappelle que ça ne devrait pas être le positionnement politique de son parti qui devrait être un machin proche des libéraux. Il faut arrêter de prendre les électeurs pour des abrutis.

Je ne serais pas objectif si je ne citais pas, non plus, Jean-François Copé qui "estime que "pour renouer le lien de confiance avec les Français, il faudra réfléchir à des réformes institutionnelles en bousculant un tabou", reconnaître que "les élus ne représentent plus la réalité de la société"."A force de courir derrière Marine Le Pen, on finit par confirmer ses propos... Bravo...

Créer un boulevard à Marine Le Pen commence à ressembler à une priorité nationale.

14 novembre 2012

Une conférence de presse et des réactions

« Le président de la République a tenu un discours de vérité. Il a présenté ce qui avait déjà été fait et le chemin restant à parcourir. Il a montré le cap. » J’ai bon, là ? Je n’ai pas trouvé dans les médias les réactions des dirigeants du Parti Socialiste, alors je brode !

« Les Français ont vu aujourd’hui un Président de la République totalement déterminé à redresser le pays, qui refuse la fatalité du déclin de la France et qui dit la vérité sur la crise aggravée par dix ans de politiques irresponsables de la droite. »

Ah ! Si ! On trouve bien un communiqué de Harlem Désir sur le site web du PS. On trouve également une réaction de Martine Billard sur le site du Parti de Gauche. « F. Hollande a réaffirmé son obstination à se couler dans le moule libéral européen dessiné par le TSCG. En mettant comme priorité la lutte pour la compétitivité, la question de la dette et le coût du travail, il montre qu’il n’a pas l’intention de changer son orientation erronée. » Je suppose qu’on trouvera sur le site d’Europe Ecologie Les Verts une réaction officielle de cette formation, de même que sur leurs sites des réactions officielles des autres partis de gauche.

Par contre, on ne trouve rien dans Google News ! On trouve uniquement les réactions de Mmes Parisot et Le Pen et de MM Bayrou, Copé et Fillon.

Lors du précédent quinquennat, j’avais l’habitude de reprendre les déclarations des dirigeants de la majorité : elles étaient toutes ridicules. Au moins, les formations politiques de gauche semblent avoir compris la leçon : leurs dirigeants ferment leurs gueules. Un communiqué officiel et basta ! Je suppose néanmoins qu’on en trouvera certains à la télé ou à la radio.

Du côté des blogs, le silence est lourd. On voit uniquement le camarade Gauche de Combat se plaindre que le président de la République ait écarté le droit de vote des immigrés. Pour ma part, j'ai déjà fait plusieurs billets à ce sujet : il n'y a pas de majorité possible pour faire passer ce vote.

Que nous disent les gens de droite ?

Dans le contexte de la lutte entre François Fillon et Jean-François Copé, c’est assez amusant à observer. Jean François Copé semble avoir perdu la main et tient un discours conventionnel comme il a toujours fait. Les gens devraient rigoler. Reprenons.


« Cette conférence de presse, je la résumerai d'un mot: quelle déception ! » Ca fait deux mots. « Après six premiers mois d'un quinquennat pour l'instant désastreux, on attendait de François Hollande qu'il fasse preuve de lucidité, de courage et même d'autocritique. Nous n'avons absolument rien eu de tout cela. » Ben non. « La réalité, c'est qu'au bout de six mois, il est déjà comptable d'un bilan devant les Français. » Ben oui, la droite est comptable d’un bilan de six ans. « On attend de lui un cap, cette conférence de presse n'y a pas contribué. »

Ah ! Il n’a pas écouté.

Les Français ne l’écouteront pas, non plus. Ils attendent du fond.


« François Hollande a montré qu'il était un président qui enfonce encore un peu plus sa tête dans le sable en nous affirmant qu'il ne changera pas de politique, qu'il n'y a pas de tournant. » Toutes les déclarations de celui qui était à la tête d’un état en faillite sont-elles destinées à nous faire rigoler ?

Merci de nous confirmer que François Hollande maintient le cap.

« Et bien, moi je veux lui dire que s'il n'y a pas de tournant, au bout de la ligne droite il y a le mur de la récession et du chômage. » Parole de pro ! Cinq ans à la tête d’une mauvaise politique. Moi, je vais lui dire : s’il y a un tournant, il n’y a plus de ligne droite. C’est Jean-Pierre Raffarin qui lui a préparé son discours ?

Nier tout virage, « c'est une erreur. Car la politique économique avait besoin d'être changée. » Ben oui, elle avait besoin d’être changée. Ca a été fait en mai.


Je vous laisse lire sa déclaration. Elle semble être d’accord avec le Président mais elle a des négociations à préparer.

C’est inquiétant !


Elle juge que « le président de la République (avait) repris à son compte la doxa ultralibérale de toute la caste UMPS. » C’est sidérant ! Un dirigeant du PCF du début des années 80 aurait pu tenir le même discours.

Moi qui suit les blogs qui la soutiennent, je me demande ce qu’ils vont en penser : ils sont pour la plupart ultralibéraux. Ceci nous prouve donc que l’ultralibéralisme prôné par certains n’a plus aucune place en France. C’est réjouissant.

« Comme celle de Nicolas Sarkozy avant lui, sa politique se limite à une application servile des injonctions allemandes et européennes, à une fuite en avant dans l'hyper-austérité, l'explosion du chômage et de la pauvreté. Il a confirmé son abdication devant les puissances d'argent, l'abandon de l'éminente mission de redressement confiée par les Français pour enfiler les habits de petit gouverneur de la province France aux ordres de l'étranger, des technocrates et des banques. »

Jean-Luc Mélenchon n’a effectivement pas besoin de réagir.


Si ! Il existe encore… On le voit un peu partout, depuis une semaine…
François Hollande « a été à la hauteur de la fonction, il a été précis, maîtrisé dans son expression et montrant sa connaissance des sujets qu'il abordait et donc au bout du compte convaincant. » Bien ! Le PS pourrait l’embaucher pour rédiger les communiqués, s’il cherche du job.

« Il y a des frontières, il y a même des fractures, il y a des oppositions dans la vie politique française mais elles ne sont pas entre droite et gauche, elles sont entre les plus radicaux de chaque côté et ce que j'appelle la majorité centrale. » Ah ! Il se positionne pour remplacer Jean-Marc et diriger un Gouvernement d’union nationale ?

Cette nouvelle étape « dans laquelle la gauche va elle-même conduire ces réformes, c'est selon moi très positif pour le pays. »

Ouf ! Il confirme que c’est bien la gauche. Pendant un moment, j’ai eu peur.

Et moi, et moi, et moi ?

N’étant pas une personnalité politique, je suppose que les lecteurs n’ont pas grand-chose à cirer de ce que je pense de l’intervention de François Hollande. Ca tombe bien, je ne l’ai pas regardée. Il n’y a eu qu’une seule vraie annonce : le vote des étrangers ne se fera pas maintenant, faute de majorité. C’est à la gauche de travailler pour faire une majorité.

Il faudra qu’un jour on en tire une conclusion. Quelques jours avant le 6 mai, François Hollande était attendu avec un score de second tour entre 54 et 56%, tellement le rejet de Nicolas Sarkozy était fort. La droite a mené une campagne autour de ce droit de vote pour en dénoncer les dangers supposés. Les gens ont pris peur. François Hollande a fini avec moins de 52% des voix. On a eu chaud aux fesses. Il faudra qu’un jour la gauche arrête de mettre des conneries inapplicables dans son programme : ça ne sert à rien, ça ne peut pas être appliqué et ça fait courir un danger.

Pour le reste, je dirais que François Hollande a montré aux journalistes, ces pauvres chéris, qu’il avait bien un cap. Les unes de presse semblent positives, aujourd’hui, après deux ou trois mois de flottement, voire de « Hollande bashing ».

C’est peut-être le premier enseignement de cette conférence de presse : une conférence de presse est avant tout destinée à la presse. Yann Savidan le démontre très bien, ce matin. La conférence de presse n’est pas destinée au grand public, aux militants politiques ou aux twittos…


Mon confrère et néanmoins ami a publié son propre billet pendant que je rédigeais le mien, faisant « mentir mon introduction ». Allez le lire ! 

On résume ?

La droite traditionnelle est perdue ! J'avais conseillé à François Fillon de se mettre en retrait, il a refusé. Tout ce qu'il peut dire est retenu contre lui. Jean-François Copé perd de la crédibilité à chaque prise de parole, tant on a l'impression qu'il use en permanence de cette langue de bois qu'il critique. Laurence Parisot et François Bayrou sont dans l'attente et ne peuvent qu'approuver ce que dit le Président, sinon, ils sont coincés. Le Parti de Gauche et le Front National sont sur des positions similaires. Les deux devraient se poser des questions.

La position de Jean-Louis Borloo semble ne pas intéresser les médias. Et pour cause... Sa réaction est, pour partie, un peu la même que la mienne. Devrais-je me poser des questions à mon tour ?

Dans l'attente, je vais lui laisser le mot de la fin :

"La réelle finalité de l'exercice, c'était de séduire les observateurs, les journalistes, de leur faire du charme. De ce point de vue, c'était réussi. Il est physiquement en forme, content d'être président, et la presse va être contente, car elle ne l'a pas taclée."

C'est bien l'essentiel, non ?

13 mai 2012

Méluche ou le syndrome de la gauche qui perd

Le pire que j’ai vu est ce tweet insultant les socialos qui critiquaient la candidature de Jean-Luc Mélechon contre Marine Le Pen : « Au moins, Mélenchon a le courage de combattre Marine Le Pen, lui, il mérite le respect ». J’ai beaucoup de respect pour Jean-Luc Mélenchon mais force est de constater froidement : il vient de mener un combat contre Marine Le Pen. Pour se faire, il n’a eu cesse de la mettre en avant. Marine Le Pen a fini avec près de 20%.

Ceux qui combattent Marine Le Pen ont tendance à oublier en permanence la sociologie électorale de ce pays, où plus de la moitié des électeurs s’en foutent. Sinon, ils auraient voté comme moi, comme eux, au premier et au second tour de l’élection Présidentielle…

Combattre Marine Le Pen, c’est présenter au quotidien l’idée d’une France plus ouverte, plus solidaire, plus généreuse, plus sympathique (et plus à même d’être épinglée sur les Modernoeuds). Combattre Marine Le Pen n’est pas parler de ses idées « nauséabondes aux relents machin des heures les plus sombres de l’histoire. »

A Hénin-Beaumont, François Hollande a fait 57,85% au second tour. C’est une terre socialiste. Au second tour, Marine Le Pen a fait 35,48%, François Hollande 26,82%, Nicolas Sarkozy 15,76, Jean-Luc Mélenchon 11,98.

En clair, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy ont cumulé plus de 50% des voix. Tu parles d’une terre socialiste ! Dans les commentaires de mon précédent billet à ce sujet, un abruti prétendait qu’ils avaient cumulé 47% des voix. Voila la vraie gauche, en France, aujourd’hui : elle base ses théories sur le mensonge.

Il est à peu près évident qu’à Hénin-Beaumont, aux législatives, Marine Le Pen et le candidat socialiste seront au second tour et que le socialo sera élu député. Les électeurs ne sont pas des abrutis, ils ne vont pas voter pour Méluche, ils savent qu’il est parachuté même s’il prétend le contraire, que l’élection est nationale et tout ça ! Ancien Sénateur en Ile de France et Député Européen dans le Sud-Est, il aurait une légitimité à défendre des terres dans le nord !

Les trolls peuvent s’exciter ! Ils ne pourront que convaincre les électeurs du coin qu’on les prend pour des cons.

Le seul résultat de la candidature de Méluche est que le duel va exciter les médias qui le mettront en avant au détriment de tout autre sujet, renforçant ainsi la popularité de Marine Le Pen. Il ne sera pas élu mais renforcera les thèmes de la droite au niveau national. Sa candidature n’est pas courageuse, elle est suicidaire pour la gauche, mais il s’en fout : il gardera son mandat de député européen.

Cette candidature est une erreur : elle peut faire perdre la gauche. Si Méluche avait réellement du courage, un courage autre que d’aller faire le guignol dans les médias, il la retirerait.

Il finira à 10 ou 15% mais on n'aura parlé que de lui. Il sortira avec l'image du combattant mais aura renforcé l'adversaire.

C'est lamentable mais des nuées d'andouilles chanteront des louanges à sa gloire, oubliant qu'il ne pense déjà plus qu'au combat qu'il aura à mener en 2017 pour faire 15% mais finira à 6% en 2022.

Ce dont n'a rien à cirer le peuple oublié d'Hénin-Beaumont, dans ce très vieux bastion de la gauche, d'une gauche ouvrière que certains regardent avec nostalgie en croyant la vénérer alors qu'ils la méprisent.

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