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12 mars 2014

Le scandale bidon et les vraies affaires

Justice en marche
Ce pays est foutu, dirait l’autre. Nous avons un ancien président de la République cerné par 7 ou 8 affaires mais la une de l’actualité porte sur le chef du parti de ce président qui exige la démission de la ministre de la justice car elle a dit qu’elle n’avait pas eu vent des écoutes téléphoniques.

Notons que côté communication, ce gouvernement est totalement à la ramasse. Les versions de Manuel Valls et de Christiane Taubira sont peut-être vraies mais Jean-Marc Ayrault dit le contraire. Toujours est-il qu’il est plus facile de croire qu’ils étaient au courant que le contraire d’autant qu’avec sa circulaire du 31 janvier 2014, la Garde des Sceaux prévoyait explicitement le cas : ses services devaient être prévenus. Il était plus simple qu’ils disent : « on n’a pas à dire si on était au courant ou pas » le temps qu’ils se mettent d’accord.

Le pire est qu’on n’a strictement rien à cirer de savoir s’ils étaient prévenus ou pas. L’important est qu’ils ne soient pas intervenus dans la procédure et qu’ils n’aient pas demandé aux juges d’intervenir.

Nous voila revenu aux heures les plus sombres de notre histoires crient nos amis réactionnaires jouant la paranoïa la plus totale comme si, en deux ans, le pouvoir socialiste avait réussi à mettre une machine à ses ordres, surtout quand on connaît l’efficacité de ses cabinets dans les couacs. Mitterrand avait mis plus de temps que ça et avait du utiliser les grands moyens, comme passer la retraite à 60 ans pour pouvoirs virer discrètement des chefaillons acquis à la droite ou faire la décentralisation pour retirer du pouvoir à des fonctionnaires…

Il n’empêche que Nicolas Sarkozy est cerné par les affaires. Une recherche Google permet d’en dresser la liste, depuis qu’il est arrivé au pouvoir. Dressons la liste des plus sérieuses. L’ami Melclalex livre une infographie avec une première liste.

Le financement libyen

Des soupçons de financement par Kadhafi pour la campagne de 2007.

L’affaire Bettencourt et les agendas

Le président a été blanchi faute de preuve ou de motif solide mais ses agendas restent saisis.

Trafic d’influence

C’est le nouveau truc, celui révélé par les écoutes.

L’affaire Tapie

L’arbitrage face au Crédit Lyonnais a été très favorable à Nanard. C’est louche.

Favoritisme

Ce sont les fameux sondages de l’Elysées qui n’ont pas fait l’objet d’appel d’offre.

Karachi

Nicolas Sarkozy devrait être entendu comme témoin assisté même si l’affaire n’est pas récente.

J’en passe.

Jean-François Copé ferait mieux, d’ailleurs, de s’occuper de ses propres affaires, de faire le ménage au sein de la droite. Notons que les enregistrements de M. Buisson ne me choquent pas plus que ça si ce n’est que cela ressemble à une trahison. L’UMP devrait insister sur ce fait plutôt que d’insister sur une affaire d’Etat qui n’existe pas.

Surtout qu’on voit apparaître une affaire par jour. Hier, on apprenait que la patron de la PJ avait entrainé Brice Hortefeux en vue de son audition. Au moins, le scandale fait par l’UMP a permis d’étouffer ce truc.

Ce scandale est totalement bidon. A la limite, l’UMP devrait faire un scandale inverse : il a fallu près de 10 mois pour que la ministre de la justice soit informée du fait que l’ancien président de la République était sur écoute… « Or, en dénonçant "le scandale des écoutes", la droite entretient à dessein la confusion entre les deux procédures quand il ne s’agit de rien d’autre que d’une évolution de l’enquête judiciaire indépendante du pouvoir exécutif. »

Il est bien facile d’hurler au complot, au scandale, quand on est soi-même totalement fautif, noyé sous les affaires.

J’ai une pensée émue pour mes commentateurs de droite qui estiment qu’il y a autant d’affaires maintenant qu’auparavant. Ils me citent l’histoire de Cahuzac et des conneries dans deux fédérations du Parti Socialiste.

Qu’ils consultent la liste des affaires qui entachent le précédent quinquennat. Et qu’ils arrêtent de dire que c’est de l’acharnement. C’est de la justice.

11 mars 2014

Et la séparation des pouvoirs ?

L’UMP, plutôt que de se taire, contre-attaque ! Je vais lui donner un conseil. Que ses chefs disent : « que la justice se fasse, nous avons confiance. ». Quitte à dire le contraire après les municipales.

Christian Jacob, par exemple, a demandé que le Parlement soit convoqué d’urgence. On ne sait pas trop pour quoi, d’ailleurs. D’autres ont demandé la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. Je lui rappelle que les élus sont occupés sur le terrain pour leurs propres campagnes ou pour soutenir les gens de leur bord. Jean-Marc Ayrault lui a répondu assez violemment et à juste titre : « Mais dans quelle république sommes-nous ? Demander une commission d'enquête sur une affaire judiciaire en cours, dans quelle république sommes-nous ? » 

« Le premier ministre était forcément au courant de ces écoutes, il doit s'expliquer devant la représentation nationale. S'il refuse de le faire, cela veut dire qu'il y a des doutes importants sur le fonctionnement et sur le respect de nos institutions » a dit l’un de ces joyeux drilles. Je ne sais pas s’il était au courant. Le Canard Enchaîné de demain dit que Christiane Taubira et Manuel Valls étaient au courant, d’après Twitter.

Toujours est-il que s’ils étaient intervenus, on aurait trouvé des imbéciles pour hurler que c’est scandaleux…

Je rappelle à nos amis de droite les principes de base de la séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le judiciaire et le législatif.

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » nous dit la déclaration droits de l’homme et du citoyens de 1789 dans son article premier en oubliant les femmes ce qui devrait faire hurler les féministes. Je m’égare. Toujours est-il que c’est le cas pour tout le monde. L’article 5 dit : « Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas. » Ca faisait longtemps que je n’avais pas lu ce truc, moi. L’article 12 est joli, aussi : « La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. » Ils devraient le lire, aussi, à l’UMP…

C’est l’article 16 qui m’intéresse : « Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. »

Ce qui m’abuse c’est que les blogueurs de droite tentent de nous faire croire que la gauche ne respecte pas la séparation des pouvoirs alors que les élus de droite demandent que le Parlement contrôle les actions judiciaires.

Bravo les gars ! La stratégie semble être de masquer un scandale par un autre. Continuez à faire du bruit, cela donne l'occasion au gouvernement de s'expliquer et de rappeler les faits... Et cela va surement inciter les électeurs à vous faire confiance.

Mon copain FalconHill évoque souvent la mauvaise ambiance, en politique. Si les dirigeants de droite arrêtaient d'éructer, on n'en serait pas là.

10 mars 2014

Peut-on mettre sur écoute un avocat ?

La polémique continue : peut-on mettre sur écoute un avocat ? Les avocats sont furieux et la droite crie à la manipulation de la justice. Christiane Taubira défend les juges d’instruction. Elle refuse d’accorder l’impunité aux avocats tout en assurant que la vigilance est totale et rappelle qu’il y a des procédures, des recours,…

Le ministère de la justice a émis un communiqué où il rappelle la loi : « Aucune interception ne peut avoir lieu sur une ligne dépendant du cabinet d'un avocat ou de son domicile sans que le bâtonnier en soit informé par le juge d'instruction. », loi par ailleurs modifiée par la droie quand elle était au pouvoir.  La bâtonnière a bien été informée.

Il parait que le magistrat mis en cause a fait une tentative de suicide (elle a été démentie puis réaffirmée, je n’arrive pas à suivre).

Dans son billet, ce matin, Sarkofrance revient sur les réactions du « clan Sarkozy » et sur un article de Médiapart qui présente ce clan et en conclut : « C'est effectivement l'ampleur des enquêtes en cours qui est inédite: pour la première fois sous la Vème République, la totalité du cercle dirigeant qui entourait Nicolas Sarkozy quand il était président fait l'objet de procédure judiciaire. »

Quant à moi, je suis allé faire un tour dans les commentaires des blogs réacs. Ils dénoncent un complot organisé par les socialistes pour casser la seule menace à droite : Nicolas Sarkozy. Ils dénoncent cette gauche qui trouve des affaires qui dégoutent les gens de la politique. Ils dénoncent, dénoncent, dénoncent,…

Ils ont d’ailleurs la mémoire un peu courte et ont oublié toutes les lois sécuritaires passées par la droite et toutes les interventions du pouvoir dans les services de police. Ils ont oublié que la gauche est en train de se mettre à dos les avocats alors que le pouvoir n’est probablement pour rien dans cette histoire, que le juge d’instruction a agi conformément à la loi parce qu’il avait probablement de solides éléments. On ne met pas sur écoute un ancien président de la République pour se faire plaisir.

Ils ont oublié que, à la base, c’est bien Nicolas Sarkozy et son avocat qui sont soupçonnés de trafic d’influence et qui ont peut-être commis des délits… Ils ont oublié qu’il faut bien enquêter.

Ils ont oublié que c’est encore la gauche qui doit faire le ménage.

08 mars 2014

La trop grosse affaire

Au lendemain de la nouvelle affaire qui éclabousse Nicolas Sarkozy, le Nouvel Obs fait le tour de la presse pour recueillir l’avis des éditorialistes. La plupart sont évidemment indignés mais Le Figaro reste fidèle. Il semble voir une manœuvre du pouvoir socialiste pour affaiblir l’ancien président de la République.

Du coup, je suis allé faire le tour des blogs de droite. Si certains en rigolent, beaucoup n’échappent pas à cette ligne : c’est la gauche qui utilise la justice pour détruire le seul concurrent valable pour 2017.

Les blogueurs de gauche, par contre, sont étrangement muets, comme si l’affaire leur échappait, comme si elle était trop grosse et qu’ils ne savaient pas par quel bout la prendre. Pour tout vous dire, dans la bonne de copains, j’ai l’impression d’être le seul à en avoir fait un billet (et encore, c’est uniquement parce qu’on m’a transmis le lien vers l’article du Monde dès sa mise en ligne, je ne vois pas trop ce que je pourrais ajouter).

Authueil, blogueur de droite mais beaucoup plus distant que la plupart, tire de cette affaire une première leçon. Il parle d’un séisme démocratique, voire d’un double séisme : l’affaire en elle-même mais aussi le trafic d’influence supposé.

Il ne peut néanmoins pas ne pas se montrer surpris que toutes ces affaires sortent en même temps, à quelques semaines des municipales. « Mais au final, ce qui pose question, c'est que ces affaires soient sorties. Il ne faut pas se leurrer, que ce soit pour Copé, Buisson ou Sarkozy, C'est arrivé dans les mains de la presse par porteur spécial, comme d'habitude. Si c'est la même source qui a réussi le triplé, je lui tire mon chapeau. Tout cela à trois semaines des élections municipales. Cela fait longtemps que l'on n’avait pas vu une barbouzerie politique aussi superbement bien menée ! J'ai quand même quelques doutes sur une coordination, mais si c'est une coïncidence, elle fait drôlement mal, à la droite, mais aussi à la classe politique dans son ensemble. » Pour tout vous dire, je ne crois pas particulièrement à une barbouzerie, prenant les cabinets ministériels et les satellites du PS pour des amateurs…

Il n’empêche qu’on en a vu de belles, en uns semaine, entre les histoires de Jean-François Copé, celles de Patrick Buisson et celles de Nicolas Sarkozy.

C’est néanmoins un autre passage du billet d’Authueil qui attire mon attention. En l’occurrence, l’ex risque de tomber pour une faute relativement mineure (le trafic d’influence) malgré tout ce qui lui est reproché. A juste titre, il le compare à Al Capone, tombé pour une vague histoire de fraude fiscale. Nicolas Sarkozy est accusé d’un tas de trucs, comme le financement occulte d’une campagne électorale, mais pourrait très bien se faire avoir parce qu’il a été voir des potes à Monaco pour essayer de recaser un magistrat qui lui a rendu service…

Le traitement de toutes ces affaires a un côté surréaliste. La presse fait plus de unes au sujet de François Hollande qui a été surpris par un média parce qu’il allait voir sa copine en mobylette après le bal qu’au sujet de tous les dossiers entourant l’ex. C’est un peu comme si je comparais une pintade rôtie aux choux avec les cinq victoires de Bernard Hinault dans le tour de France. Ca n’a strictement rien à voir. Pourtant, ces cinq victoires font de lui un grand champion mais je mange plus souvent de la pintade rôtie aux choux qu’il ne gagne cinq fois le tour.

L’histoire de François Hollande ne nous regarde pas. Elle est strictement privée. Il n'a rien fait d'illégal. S’il a profité de sa position, c’est, peut-être, dans le pouvoir de séduction qu’elle confère. Mais on a beau tourner l’anecdote dans sa tête, elle n’a aucun intérêt. Le gars, il a fini sa journée de boulot et va voir sa grosse en scooter. C’est assez rigolo de voir la manière avec laquelle il se fait prendre. Les conséquences sont graves. Son ex en prend plein dans la tronche mais ça ne nous regarde pas. On peut faire un tas de billets pour plaindre Valérie Trierweiler mais ce sont bien ses histoires à elle. Nous sommes le 8 mars, c’est la journée de la femme. Ou plutôt, c’était. C’est devenu la journée des droits des femmes. Le progrès… Toujours est-il que @Valtrier a le droit qu’on lui foute la paix.

Nicolas Sarkozy est dans l’ombre des affaires depuis 20 ans. Il était ministre du budget et directeur de campagne d’Edouard Balladur, soupçonné dans l’affaire Karachi pour une histoire de financement de campagne. Elle s’est terminée avec une grosse dizaine de morts. Nicolas Sarkozy a été impliqué dans l’affaire Bettencourt. Il est maintenant suivi par la justice pour le financement de sa campagne de 2007. En marge, on suspecte un magistrat de lui avoir donné des renseignements sur le processus judiciaire qui le concerne avec, en ligne de mire, un truc de trafic d’influence. J’en oublie.

Je vous le dis : François Hollande ferait mieux de faire des magouilles que d’aller baiser en casque.

Les éditorialistes et les blogueurs de droite sont d’accord pour accuser la justice de favoriser la gauche alors que le fond de l’affaire est que des magistrats semblent avoir favorisé un ancien président de droite. Que l’affaire éclate montre que la justice est indépendante. Elle est indépendante vis-à-vis d’elle-même, d’ailleurs, puisque les magistrats se soupçonnent entre eux.

Ils sont mesquins.


06 août 2013

Laxisme ?

C’est Eric Ciotti qui est de permanence, à l’UMP, en ce début du mois d’août, pour dire des bêtises dans le poste. Il a accusé Christiane Taubira de mettre en péril le pacte républicain. On ne sait pas trop ce que ça veut dire mais l’esprit est toujours là : dénoncer le laxisme de la gauche. Alors on va rappeler quelques chiffres.

48 peines ont été mises à exécution en juillet à Chartres dont la moitié par le procureur. 143 personnes sont incarcérées pour 112 places disponibles.

123 700 peines ont été prononcées en 2011 et 129 300 en 2012. 112 400 peines ont été exécutées en 2011 et 128 900 en 2012. Ainsi, 90,9% des peines ont été exécutées en 2011 contre 99,7 en 2012.

Christiane Taubira l’a rappelé hier. Il n’y a pas d’instruction de différer l’exécution des peines mais le respect de la circulaire de septembre 2012 pour la mise en application des lois pénales de 2009.

La droite peut continuer à crier au loup, les chiffres sont là.

15 mai 2013

Le laxisme de Christiane Taubira

Dans les blogs, les commentateurs de droite aiment bien dire que Christiane Taubira est laxiste. Ils n’ont évidemment aucun fait concret pour étayer leurs âneries à part quelques détails… Christiane Taubira est une femme. Ca commence mal. Elle est petite, noire et brillante, ce qui fait d'elle un personnage inadmissible dans des cercles infréquentables.

La justice est impopulaire et ça n'est pas prêt de changer. 

Pourquoi ? Parce qu'elle libère des gens, parce qu'elle ne les exécute pas tous, parce qu'elle peu donner raison à un imbécile contre toi qui est, par définition, si intelligent. 

La police et l'intérieur, et même la présidence de la République, ont largement contribué à officialiser cette image de laxisme, poussés par Nicolas Sarkozy ministre et président qui montrait ses petits muscles sécuritaires à chaque occasion, même dans des situations intenables, juridiquement parlant. Sous Sarkozy ministre comme président, les Gardes des sceaux étaient à la botte de l'intérieur : ils subissaient des lois qui donnaient moins de pouvoir aux juges du siège (les juges qui prennent les décisions en toute indépendance  pour schématiser), plus au parquet (les magistrats façon avocats qui prennent leurs ordres à la Chancellerie, vecteurs de toute la politique pénale du gouvernement...) en rendant notamment les peines aussi automatiques que possible.

L'horreur des peines-plancher par exemple... Outreau est aussi passé par là pour taper encore un peu plus sur les juges. 

Il n'y a pas de laxisme, il y a des juges imparfaits, des lois plus ou moins bien adaptées aux situations, beaucoup de procédures non respectées et l'illusion d'une justice possible là où elle ne l'est pas parfois entretenue que par les parquets, surtout pour peu qu'ils soient géographiquement associés à des commissariats pratiquant une même politique du chiffre.

Les parquets, qui ont le pouvoir de poursuivre ou non au vu d'un dossier, font essentiellement du chiffre pour plaire à la Chancellerie (La Chancellerie note et leur donne des moyens non pas en fonction de leur efficacité réelle, mais en fonction du nombre de d'affaires donnant lieu à des poursuites !

Quand on voit tous les non-lieux prononcés sans que les parquets fassent appel, on voit toutes les affaires jugées inutilement, rien que pour faire du chiffre, du zèle. Au bout du compte, il y a l'illusion que la justice a pu être laxiste puisqu'elle n'a pas fouetté les uns ou les autres. 

En outre, les lois sont faites par les politiques, Nicolas Sarkozy et ses amis n'ont pas arrêté de bricoler de nouvelles lois à chaque fait divers un peu sensationnel pour un résultat lamentable : au bout de la chaîne zéro insertion et une récidive importante en partie due à la prison elle-même, aux rencontres qu'on y fait et aux épouvantables conditions de détention. 

Par ailleurs, l'argument du "ils savent qu'ils ne risquent rien" est faux. Le durcissement des peines s'accompagne rarement d'une baisse de la délinquance, et le niveau de délinquance début de siècle est historiquement faible par rapport à des époques où la pression pénale était plus forte.

Enfin, les pourfendeurs de laxistes n’oublieront pas que l'expérience montre que des compositions comportant des assesseurs non juges professionnels ont tendance à donner des peines moins élevées que des compositions à trois magistrats. 

S’ils pouvaient étayer un peu plus leurs arguments, ces pourfendeurs…

24 janvier 2013

N'oublions pas l'affaire Cassez !

La une de l’actualité porte sur la libération de Florence Cassez. Twitter était en liesse, hier soir. On ne parlait vraiment que de cela vers 21 heures. J’étais avec Sylvain, un vieux copain, et on est passé à l’Aéro. Karim, le patron, en était ému aux larmes. Une chaine d’information continue tournait en boucle sur le sujet comme si le monde s’était arrêté de... tourner, comme si on n’avait pas de soldats qui se battaient à quelques milliers de kilomètres, …

J’ai donc appris la nouvelle, hier, par Twitter. Une vraie folie. J’ai pourtant assez rapidement été incommodé. Du coup, j’ai montré mon fil Twitter à mon pote Tonnégrande (d’origine Guyanaise, c'est-à-dire plus intéressé par ce qui se passe dans ce coin du monde que moi). Il a eu la même réaction que moi, en gros, et m’a dit « Putain ! Mais ils sont fous. Ils croient qu’on est encore au temps de Pancho Villa ? »

Voila… Nos camarades de Twitter considèrent à peu près tous les pays un peu lointains comme des pays du tiers monde, sans justice, sans démocratie, … Surtout en cette période où l’on sert de gendarmes du monde et qu'on peut montrer qu'on est une grande puissance…

Je suis évidemment bien content pour Florence Cassez et pour sa famille. Néanmoins, je me demandais comment faire un billet sur le sujet. C’est directement cet article en une de Google News qui me fait rigoler. « Nicolas Sarkozy va accueillir Florence Cassez à l'aéroport. » Ben non. A cause de son comportement, on a failli rompre les relations diplomatiques avec le Mexique. On a « annulé l’année du Mexique ».

Jean-François Copé a déclaré : « Depuis plusieurs années, sous la Présidence de Nicolas Sarkozy, puis sous celle de François Hollande, les autorités françaises ont œuvré activement à ce dénouement heureux. » Rétablissons la vérité : sous la Présidence de Nicolas Sarkozy, les autorités française ont agi en « stigmatisant » la justice Mexicaine. Sous celle de François Hollande, la carte de l’apaisement a payé.

« A l’Elysée, on n’est pas peu fier de ce dénouement. « La stratégie diplomatique des petits pas et de la non-exposition médiatique est validée », claironne un conseiller. » « Depuis son élection, Hollande s’est attelé à « décrisper » les autorités mexicaines pour débloquer le dossier. En 2011, Nicolas Sarkozy avait fait le choix inverse en dédiant l’Année du Mexique en France à Florence Cassez. Du coup, le Mexique avait annulé sa participation à l’événement. « Sarkozy a roulé des mécaniques, le Mexique s’est braqué, Cassez est restée en prison et la relation bilatérale est restée au point mort », explique une source diplomatique. » « Dès son arrivée, Hollande a donc pris soin de ne pas heurter de front les dirigeants mexicains. Quitte à donner une impression d’immobilisme. Dès le G20 de Los Cabos, au Mexique, en juin, Hollande a rencontré le président Felipe Calderon. Sans grand espoir. Ce dernier « devait tenir compte d’une opinion publique très hostile à Cassez », rappelle un proche du dossier. Changement de climat en juillet avec l’élection du nouveau président, Enrique Peña Nieto, considéré par l’Elysée comme plus souple. Le 17 octobre, les deux hommes se rencontrent à l’Elysée. Hollande réaffirme alors sa « confiance dans l’indépendance de la justice mexicaine » tandis que Nieto regrette que cette affaire ait trop marqué les relations entre les deux pays. Une méthode douce qui a créé un nouveau climat sans doute bénéfique à Florence Cassez. » (Contrairement à d’habitude, je mets l’article dans sa quasi-totalité, pour vous éviter de cliquer et de vous fatiguer le doigt).

Je vais maintenant ranger ma casquette de blogueur de Gouvernement.


Une fois n’est pas coutume, je suis assez d’accord avec Jean-Luc Mélenchon (je n’ai pas vu la vidéo, juste la ligne de texte en commentaire) : « La France n'a pas à interférer dans l'affaire Cassez. » Que la France fournisse une importante aide « juridique » à ses ressortissants étrangers et un « soutien moral » à leurs familles est une chose. La France peut également proposer au Mexique que les ressortissants étrangers effectuent leurs peines chez nous. Mais de là à penser que l’on puisse intervenir dans une procédure judiciaire…

Le comportement de la France a été déplorable pendant cette période. Je ne vais pas la résumer, ici. Je vais citer Carlos Fuentes, un écrivain Mexicain : « el presidente Sarkozy se está comportando como un Trujillo, como un dictador bananero, para obtener popularidad » ce qui veut dire (en gros) : « Le Président Sarkozy se comporte comme un dictateur, comme le Président d’une république bananière pour améliorer sa popularité. » Il a ajouté « ha convertido esto en un asunto de Estado nacional porque su prestigio anda muy bajo, las encuestas demuestran que tiene una aprobación muy reducida, y esto le permite engrandecerse ante el público y convertirse en el defensor de la patria. » Il faut que je fasse tout, ici pour résumer : « Florance Cassez est devenue une affaire d’état parce que la popularité de Nicolas Sarkozy est a la ramasse, il veut passer pour un défenseur de la patrie. » (source)

La liesse d’hier montre qu’il a réussi. Tout le monde se réjouissait du dénouement de l’affaire, à juste raison, mais dans une proportion qui me dépasse. D’autant que ce n’était pas le seul ressortissant de chez nous détenu en prison à l’étranger.

A l’époque, tout le personnel politique était à la ramasse sauf quelques uns, comme Robert Badinter, qui avait déclaré : « Plaçons-nous du côté cette fois-ci du Mexique et des autorités mexicaines. Voilà une jeune femme qui a été accusée, jugée, condamnée. À tort ou à raison, ce n'est pas à nous de le dire. »

C’était à tort. La justice Mexicaine a tranché. L’action de François Hollande a probablement permi de détendre les relations entre nos deux pays mais c’est bien une décision de justice qui a permi la libération de la prisonnière.

A l’heure actuelle, elle est en vol pour Paris. Elle va retrouver sa famille. C’est heureux.

Ca serait ballot qu’un blogueur lance une polémique idiote. Mais Nicolas Sarkozy n’a pas à aller accueillir Florence Cassez. Elle peut néanmoins le remercier : grâce à lui, elle est très populaire…

07 février 2012

NKM et la justice de comptoir

« On annonçait une grande journée d'annonces fortes de François Hollande sur la sécurité des Français. Et le soir, on voit une proposition: supprimer la Cour de justice de la République. Moi je n'en ai jamais entendu parler dans les cafés à Longjumeau » nous a dit Nathalie Koscisko-Morizet. « 99,9% des Français s'en moquent complètement. J'écouterai avec intérêt les avis des constitutionnalistes sur le sujet. Je n'ai franchement pas d'avis tranché. Surtout je pense que les Français s'en moquent. »

On parle de bistros ? J’arrive ! Normal, dans mon blog, j’assimile souvent les électeurs aux clients des bistros que je fréquente. Mais un Ministre de la République, ça me laisse pantois…

Ne négocions pas…

NKM et moi ne devons pas fréquenter les mêmes bistros. Bien sur que les français n’ont rien à cirer de Cour de justice de la République ! La plupart ne savent probablement pas que ça existe.

Mais Mme KM n’a pas compris le message adressé par François Hollande alors je vais traduire, vu qu’elle semple plus habitué au langage du bistro. Il a dit : c’est terminé, cette justice à deux vitesses, protégeant les élus du peuple, je vais la faire cesser. Il n’y aura plus de privilèges devant les tribunaux.

Parce que les gens, dans les cafés, ils en parlent de ces procédures à rallonge, des hommes politiques qui passent à travers les mailles du filet. Ils en ont marre de ces affaires qui s’étalent à la une des quotidiens, de ces scandales qui ont éclaboussé tout le quinquennat, le gugusse qui se faisait payer ses cigares et l’autre qui prenait un jet privé pour arriver de New York à l’heure à un pot…

Les clients des comptoirs auront compris le message. Les déclarations d’intention et les propos outrés des politiciens ne suffisent plus. Il faut des actes. La suppression de la CJR en sera un symbole.

J’en parlerai avec les copains, ce soir, à la Comète, pour voir. Parce que moi, je vais réellement au bistro, discuter avec les gens. Pas en tant que Maire ou Ministre, en tant que client.

La tournée sera pour moi.

22 novembre 2011

La récidive récidive

Grâce à JeanVéronis, on peut facilement rechercher un mot dans les discours de nos politiciens. J’ai cherché « récidive » thème privilégié de Nicolas Sarkozy dans la liste de ses discours alors que le gouvernement nous promet encore de nouvelleslois.

11 juin 2005 : « Concernant mes priorités sur la sécurité, je dirais deux choses. Il nous faut d'abord répondre à ce que je veux appeler le scandale de la multi récidive. Je veux dire avec force que l'on ne peut plus accepter que ce soit toujours les mêmes qui viennent encombrer nos tribunaux correctionnels. »

25 mars 2006 : « Je rappelle que 80% des mineurs sanctionnés à leur premier délit ne récidivent pas. C'est dire qu'un geste d'autorité vaut souvent mieux qu'un geste de complaisance ! »

27 mars 2006 : « Changeons la loi pour que le mineur qui commet un délit soit jugé tout de suite et réellement sanctionné. C'est lui rendre service que de lui fixer des bornes. Cela lui évitera le risque de la récidive. »

8 juin 2006 : « Un troisième domaine est celui de la récidive.

À cet égard, je propose une série d'orientations :

- accélérer la mise en oeuvre du dispositif de placement sous bracelet électronique,

- mettre en place un système de peines planchers dont la durée augmenterait de manière certaine et prévisible avec le nombre de récidives. À la deuxième infraction par exemple la peine ne pourrait être inférieure à la moitié de la peine prévue par le Code pénal, sans possibilité de sursis. À la troisième elle ne pourrait être inférieure aux 2/3...

- correctionnaliser automatiquement une contravention à la troisième récidive et criminaliser automatiquement un délit à la troisième récidive,

- mettre en oeuvre une procédure rapide du jugement des individus devant être jugés en récidive. »

6 juillet 2006 : « Il faut mettre en place un ensemble de peines dont la durée augmenterait de manière certaine et prévisible avec le nombre de récidives. »

29 mai 2007 : « La pensée unique disait que les peines planchers ce n'était pas possible. Elle disait que la réforme de l'ordonnance sur les mineurs, ce n'était pas possible. Comme je m'y suis engagé, les peines planchers seront instaurées parce que la multi- récidive doit être sanctionnée sévèrement. »

1er août 2007 : « J'avais pris l'engagement auprès des Français, de donner à la justice les moyens de lutter contre ce fléau qu'est la récidive. J'ai tenu cet engagement.

Le Parlement a adopté le projet de loi renforçant la lutte contre la récidive. »

30 octobre 2007 : « Le centre de détention de Borgo a précisément été construit pour favoriser les conditions de sortie des condamnés dont la famille réside en Corse. On sait qu'une fin de peine bien préparée, avec un maintien des attaches familiales, c'est une garantie contre la récidive. Je l'ai annoncé et je tiendrai ma parole. »

29 novembre 2007 : « J'ai pris l'engagement auprès des Français de renforcer la lutte contre la récidive. La loi qui a été votée, dès avant l'été, outre qu'elle est la réponse directe à un de mes engagements, donne un message clair à tous les délinquants : l'emprisonnement est désormais la règle pour les multirécidivistes et, plus important encore, ils ne peuvent ignorer la peine minimale qui leur sera normalement infligée. »

22 janvier 2008 : « Une fois les peines exécutées, si l'individu est dangereux, on le gardera dans une structure fermée. À quoi cela servirait-il d'avoir le principe de précaution dans la Constitution pour protéger la nature et laisser des fauves en libertés, alors que l'on sait très bien que le risque de récidive existe ? Ce n'était plus tolérable. »

26 janvier 2008 : « Les délinquants ont des droits, c'est parfaitement entendu, mais on n'a pas à laisser des gens en liberté alors que l'on sait que le risque de récidive est considérable. Vous le voyez, notre pays est en train de changer. »

8 février 2008 : « Tel est le message que j'ai voulu adresser à tous les délinquants par la loi sur la récidive et l'excuse de minorité qui a été votée en août dernier. »

19 mars 2008 : « Je pense aussi à l'autonomie des universités, au service minimum dans les transports, aux régimes spéciaux de retraite, à la protection des consommateurs, à l'indexation des loyers, au rachat des jours de RTT, au déblocage de l'épargne salariale, au crédit d'impôt recherche, au plan Alzheimer, à la carte judiciaire, à la récidive, à la rétention de sûreté. »

7 janvier 2009 : « Pour la doter des armes nécessaires face à la délinquance d'aujourd'hui, plusieurs réformes ont été conduites par le gouvernement ; je pense aux sanctions applicables à la récidive, à la rétention de sûreté. »

25 janvier 2011 : « Je souhaite que la Justice travaille très vite, très efficacement afin que toute la vérité soit connue. Je recevrai la famille dès mon retour, mais je veux vous dire que la récidive criminelle n'est pas une fatalité et je ne me contenterai pas d'une enquête sans suite, je le dis très sereinement, mais il n'y aura pas une enquête de plus ou l'on dira aux Français que tout a été parfait, sauf une petite jeune fille qui ne demandait qu'à vivre et qui a disparu, ce n'est pas possible. »

10 ans d’échec de la droite.

(photo)

Le budget de la justice

Alors que les déclarations ridicules se succèdent suite au meurtre "d'Agnès", Marine Le Pen voulant rétablir la peine de mort et, plus récemment, Claude Guéant, voulant nous sortir une nouvelle loi sécuritaire pour les mineurs à six mois de l'élection Présidentielle, l'étude de ce graphique nous en dit beaucoup...

10 ans de droite. 10 ans d'échec en matière de sécurité.

14 septembre 2011

Nicolas Sarkozy et le piège aux partisans du TSSR

Nicolas Sarkozy a annoncé hier différentes mesures relatives à la sécurité ou aux prisons, dont celle visant à soumettre les mineurs délinquants. Comme c’est une mesure phare de Ségolène Royal, à laquelle je suis farouche opposé, je me suis permis d’en rigoler dans Twitter, en titillant mes camarades twittos soutenant Mme Royal.

Mon côté joueur…

J’espère qu’ils en profiteront pour apprendre aux jeunes délinquants le maniement les armes, dans le cadre de leur formation à la délinquance professionnelle.

Par contre, j’ai reçu un tweet d’une sympathique twittos qui m’a dit « Ce te gène pas trop d’être tombé dans l’Enorme panneau que Sarkozy vient de tendre aux partisans du TSSR » (Tous sauf Ségolène Royal). N’y comprenant rien, je me permets de demander des précisions et j’ai obtenu la réponse « Quel panneau ? Tu le vois vraiment pas ? Il a décidément très bien joué son coup, le Sarko ! Ca promet ! ».

Je dois avouer que non et j’aimerais bien qu’on m’explique.

D’une part, il n’y a plus de partisans du TSSR. Moins que de « TSSH », je pense… C’est de la pure parano.

D’autre part, Nicolas Sarkozy vient de valider ce que je dis depuis longtemps : ce n’est pas un thème de campagne possible pour un candidat de gauche. Je ne dis pas que la mesure est mauvaise : je me fous totalement de ce qu’on peut foutre des 2 ou 300 mineurs délinquants qui perturbent certaines banlieues, probablement déjà acquises au Front National, du moment qu’on les empêche d’agir de façon exemplaire pour que leurs copains n’aient pas spécialement envie de les remplacer.

Cela dit, quand ils sortiront de leur machin militarisé, ils reviendront dans leurs banlieues avec un statut de caïd confirmé par la République…

Je me demande ce que les militaires pensent de cette mesure. Je doute qu’ils se soient déclarés volontaires pour le changement de couches-culotes.

Je reprends donc ma question : en quoi suis-je tombé dans le panneau tendu par Nicolas Sarkozy aux partisans du Tous Sauf Ségolène Royal avec cette plaisanterie ?

N.B. : de mémoire, il s’agissait d’un truc comme : « Tiens ! Sarko se droitise, comme Ségo » mais ça n’est pas très important, ça n’était qu’une plaisanterie.

19 mai 2011

Jurés populistes...

Hé ! T’as vu ? J’ai illustré ce boulot avec des éminents personnages de mon blog bistro. Là, à gauche, le Gros Loïc et le Vieux Jacques. Plus bas, à droite, Le Vieux Joël et Henri le Ferrailleur. Enfin, tout en bas, Marcel le Fiacre. J’aime bien cette photo. Marcel rentrait d’une randonnée cycliste. Le vieux Jacques l’avait amené à Chartres et il est rentré en pédalant. Pas mal pour son âge…

J’aime beaucoup sa tenue. Lui aussi. Mais pour les mêmes raisons.

Je pensais à eux, cette après-midi, en lisant cette information : « Le Sénat a adopté jeudi le projet de loi portant sur l'introduction de jurés populaires en correctionnelle. Selon le texte, seront donc mis en place deux « citoyens assesseurs » majeurs qui siégeront aux côtés de trois juges professionnels en première instance et en appel. » Je ne suis pas un spécialiste des machins judiciaires (c’est un euphémisme).

Quand je vois les âneries que peuvent débiter certaines éminentes personnalités pour défendre DSK, j’imaginais les dialogues de mes cinq potes dans un jury populaire, à l’Américaine, comme s’ils avaient à juger d’une affaire grave. Tiens ! Un directeur Américain d’une grande institution nationale ayant son siège à Paris. L’UNESCO, par exemple. Il aurait violé une femme de chambre Portoricaine, dans un hôtel.

Bienvenue dans le bistro la salle de délibération. Eloignez les enfants.

Marcel Le Fiacre : « Ah ! Dis ! Donc ! Quand j’étais taxi, j’avais pour cliente, une petite Portoricaine. A chaque course, elle voulait que je m’arrête pour qu’elle me suce. Le pire, c’est qu’elle payait quand même la course. »
Le Gros Loïc : « Ouais. Et en plus, avec le cul qu’elle a, c’est sur qu’elle aime le chibre, celle-là. Il a pas du s’emmerder le gros ricain. »
Le Vieux Joël : « Oui. Elle a des yeux, comme si elle était excitée en permanence. Mmmmh. »
Henri le Ferrailleur : « Je te mettrais ça sur le trottoir, moi, histoire de payer mes petits kirs, quand je vais m’en jeter un, le soir, avec ma grosse. »
Jacques : « Ah ! Quand je bandais encore, je me l’aurais bien mise sur l’oreille, c’est sûr. »

J’aurais pu citer Djibril, aussi, dans cette liste parce qu’il lui arrive de lire mes billets. Alors je le prends à témoin, il pourrait certifier que cet échange pourrait être possible. D’ailleurs, je me demande si j’invente les répliques ou si elles me reviennent en mémoire après les avoir entendues à quelque comptoir, depuis trois jours.

Je ne fais pas ce billet pour répondre à Yann, dans son billet (que j’ai mis en lien sous « les âneries », plus haut). Il s’y étonne des sorties de quelques personnalités.
Bernard Henri Lévy « C'est quand même pas une Cosette qui va faire la loi ? »
Jean-François Kahn « un troussage de domestique, ce n'est pas bien... »
Jack Lang « Il n'y a pas mort d'homme... »
Yann se demande pourquoi des blogueurs, dont moi, n’avaient pas réagi aux propos de ses éminences. C’est simple : je ne sais pas quoi dire.

Mardi, c’est Olympe qui relevait les sommes d’âneries qui ont été dites à propos de la femme de ménage :
« Les avocats auraient été surpris, lors de la comparution, de voir arriver une jeune femme très peu séduisante. » « Cette femme de ménage était une trentenaire très jolie, qu'elle avait de gros seins et de belles fesses. » « Il pourrait plaider qu'elle a mal interprété son comportement, qu'il a fait un numéro de charme et qu'elle l'a mal compris. » « L’uniforme des femmes de ménage du Sofitel est composé d'une jupe beige qui arrive au niveau des genoux, une veste beige manches longues qui s'arrête à la taille et un tablier noir. »

Ces propos sont odieux.

Mais, ils n’ont pas le même caractère, pour moi, quand ils sont prononcés par des personnalités en vue, des éminences grises diverses, des intellectuels des journalistes, que quand ils sont ânonnés à un comptoir.

Allez savoir pourquoi ?

Toujours est-il que je ne suis pas persuadé que le Sénat a eu une bonne idée de voter cette loi cette semaine.

Les sénateurs qui ont voté pour sont probablement les mêmes qui ont passé trois ou quatre jours à taper sur le système judiciaire américain.

Très joli le tee shirt américain de Marcel...


« L'introduction de jurés populaires » : moi, je veux bien introduire les jolies jurées…J'espère qu'Olympe ne comprendra pas ce billet de travers, j'ai rendez vous avec elle pour boire une bière au Kremlin des Blogs.

27 août 2010

Une justice à deux vitesses...

Les propositions d'amendements permettant la déchéance de la nationalité pour faire suite au discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy ont été présentées au gouvernement, nous dit France Info.

Par delà toutes les critiques qu’on pourrait faire – et qui seront faites – notamment sur le retour de la double peine, pourtant supprimée en fanfare par Nicolas Sarkozy, une bricole me surprend.

« Le second texte permettrait de déchoir de leur nationalité les étrangers naturalisés depuis moins de dix ans, et condamnés à "une peine d’au moins cinq années d’emprisonnement" pour "acte qualifié de crime ou délit" visant une personne dépositaire de l’autorité publique. C’est ce que Nicolas Sarkozy avait annoncé lors du discours controversé de Grenoble, fin juillet. Mais l’amendement va plus loin : il propose que les atteintes à la vie des sapeurs-pompiers, gardiens assermentés d’immeubles, jurés, avocats, ainsi que de "leur conjoint, leurs ascendants, leurs descendants" entraînent également la déchéance de la nationalité. »

En fait, je ne supporte plus qu’on divise sans cesse la France.

Ma concierge n’est pas assermentée. C’est moins grave de la tuer que le gardien du HLM d’un côté ?

C’est moins grave de menacer un prof débutant dans une zone quelconque qu’un gendarme sur les Champs Elysées ?

C’est moins grave de casser la gueule à un procureur ou un juge qu’à son avocat ?

Il faut que ça cesse…

16 juillet 2010

Pour une justice indépendante et impartiale

C'est Le Coucou qui nous démontre ce matin la casse de la justice par Nicolas Sarkozy et nous invite à signer la pétition de Médiapart pour une justice indépendante et impartiale.

25 juin 2010

Réforme de la justice

En feuilletant l’actualité, je suis tombé sur cette dépêche qui indique que Nicolas Sarkozy souhaite bien mener la réforme de la justice.

« "Renoncer à ces grandes réformes, ce n'est pas très raisonnable alors même que je dois expliquer la réforme des retraites, je dois vous dire que je ne renoncerai pas à la réforme de la justice". Une réforme, a-t-il précisé, attendue par les Français qui ne peuvent plus supporter les dysfonctionnements de la Justice. »

Je ne sais pas si les Français sont vraiment préoccupés par le fonctionnement de la justice.

« Le palais de Justice de Paris avait été quasiment bouclé et fermé deux heures avant l'arrivée du chef de l'Etat. »

Les dysfonctionnements de la justice…

25 septembre 2009

Bracelet électronique : nous suivre à la trace ?

Hypos se réjouit d'une possible future expérimentation d'un "procédé du port du bracelet électronique pour les conjoints violents". Pour résumé, ce machin permettra de prévenir les femmes qui "ont été" battues que leur "ex-conjoint" violent se rapproche d'elles.

Faut-il s'en réjouir ?

Tout ce qui peut-être mise en oeuvre pour faire diminuer la violence envers les femmes doit être salué. 156 femmes tuées par leurs "époux" en 2008. Combien de battues ?

Il n'empêche qu'on autorise ça maintenant. La justice pourra probablement utiliser le système pour pister le gars. Un jour, on proposera un tel dispositif pour les pédophiles sortis de prison et on s'en réjouira ensuite. Puis on ajoutera les terroristes, puis les voleurs, puis tous les types qui sortent de prison.

Ensuite, on ajoutera tous les revendeurs de hachich, puis tous les consommateurs.

Puis les buveurs de Côtes-du-rhône qui ont perdu leur permis de conduire suite à une conduite en état d'ébriété puis tous les buveurs de Côtes-du-rhône ne marchant pas droit sur le trottoir.

Puis les buveurs de bière.

Puis tout le monde.

Pour quels résultats ? Parce qu'une étude a montré une baisse de 14% en Espagne. Et parce que personne n'a pris le temps que 20 morts de plus ou moins, en un an, peut-être le fruit du hasard, d'une évolution des mentalités, d'une meilleure politique psychojenesaisquoi.

On prend le risque que, d'ici dix ou vingt ans, un grand ordinateur enregistre tous nos mouvements pour nous fliquer dans tous les sens...

Gauchistes, continuez à gueuler contre les caméras de surveillance...

J'ai juste une question. Une seule. Quand on est assez fou pour tuer un conjoint, on ne peut pas arracher un bracelet électronique ?

18 août 2009

Prisons : les rapports passent, les suicides continuent

Alliot-Marie rebondit sur un nouveau suicide de détenu pour annoncer un nouveau machin.

La politique du fait divers…

Je rappelle que le Pacte Présidentiel de Ségolène Royal prévoyait un doublement du budget de la justice, notamment pour mettre à niveau les prisons (personnel et bâtiments). Bon. D’accord. Ca coute cher. Il n’empêche que le budget de la justice est de l’ordre de 8 milliards, environ le sixième de celui de la défense.

Pendant ce temps, les rapports passent et les suicides continuent.

04 mars 2009

Loi pénitentiaire : autant pisser au violon

« Le Sénat se penche sur le projet de loi pénitentiaire » nous apprenait le Figaro avant-hier (via Rubin qui en cause aussi).


La première mesure parait louche : il s’agit d’autoriser l’administration à foutre plusieurs gugusses dans la même cellule. Ben ouais. C’est interdit actuellement alors que c’est fait. Quand on a un problème, la solution est simple : pour le résoudre il suffit de changer la loi et de lever l’interdit. On se demande pourquoi on se pose des questions…


La deuxième mesure me parait bien. Il s’agit de l’aménagement de peines : que les mecs en détention provisoire restent chez eux quand c’est possible avec un bracelet électronique. Bête comme je suis, je crois que c’était déjà le cas : ça fait des années « qu’ils » font des annonces sur le bracelet électronique. Bête comme je reste, je n’aurais pas imaginé qu’il fallait changer la loi pour ça…


La troisième mesure est bien. Il s’agit de leur donner accès au téléphone. Pareil, bête comme je suis, j’ignorais qu’il fallait une loi pour ce genre de connerie. Enfin, j’espère qu’ils auront droit à un iPhone.


La quatrième m’inspire les mêmes réflexions. « En cas d'agression, le détenu pourrait être placé en quartier disciplinaire pour une durée de trente jours contre quarante-cinq aujourd'hui. » Il faut une loi pour diminuer une « durée maximale » ?


Je résume : cette loi on s’en fout. Pour ma part, ça fait des années que je dis qu’il faut augmenter très largement le budget de la justice, ce qui était d’ailleurs dans le programme de Ségolène Royal.


Etait-ce la peine de me réveiller pour parler d’une loi dont au sujet de laquelle je ne vois pas trop l’intérêt ? D’ailleurs, je ne vais pas diffuser ce billet : la loi est vide de contenu alors que le violon déborde à force de pisser dedans.

08 janvier 2009

L'instruction en cause

Beaucoup de billets sont rédigés par mes confrères blogueurs à propos de la réforme « de l’instruction » annoncée par Nicolas Sarkozy hier. Je ne vais en citer que deux, de personnalités politiques de sensibilités différentes, mais opposés à cette réforme : Le Chafouin et Le Coucou. Je me suis moi-même exprimé sur le sujet récemment, pour faire le parallèle avec la nomination du patron de France Télévision par le Président de la République.

Indépendamment du mode de fonctionnement (mes collègues connaissent mieux le sujet que moi), deux point me viennent à l’esprit.

Le premier est que c’est encore une de ces idées annoncées sans tenir compte des résultats des commissions mises en place, ce qui montre soit qu’elles sortent d’une stratégie de communication, soit qu’elles sont purement idéologiques, soit que Nicolas Sarkozy a réellement une vision d’une évolution globale de la société : dans tous les cas ça fait peur.

Le deuxième est qu’un aspect essentiel pour la justice est oublié : le pognon. C’est le principal problème actuel qui aboutit à un engorgement des tribunaux, des affaires peut-être bâclées, des prisons qui débordent… Pourtant ce pognon est primordial et urgent (on ne forme pas des magistrats en dix minutes et on ne construit pas des prisons en huit jours).

Toutes les réformes successives ne pourront qu’empirer le fonctionnement de la justice si le pognon ne vient pas. N.B. : Le budget de la justice est actuellement de l'ordre de 5 milliards (à mettre en relation avec les 15 milliards de paquet fiscal).

10 novembre 2008

Blogs et justice : lachez nous...

Nos législateurs semblent passionnés par Internet et par la législation qui pourrait l’encadrer. Ils se basent avec délectation sur des chiffres trafiqués pour inventer n’importe quoi. Ils ne se rendent d’ailleurs pas compte que la plupart de leurs combats sont voués à l’échec, les progrès technologiques faisant que les fraudeurs divers peuvent agir impunément à partir de la France sur des serveurs à l’étranger, mais je ne suis pas un spécialiste de ce domaine et je vous laisse juge.

Imaginez que j’écrive sur le blog que je suis un âne. Je ne vois pas comment je pourrais porter plainte contre moi-même dans la mesure où je ne peux attaquer que l’hébergeur qui est aux USA. Nos camarades législateurs peuvent modifier la loi mais on doit pouvoir la détourner à l’infini. Imaginons que j’ai un copain en Allemagne : je lui faxe mes textes et c’est lui qui les diffuse… Ni vu ni connu ?

Nos camarades législateurs pourraient dépenser le pognon de la république à des choses plus utiles, comme diminuer la TVA sur la bière, par exemple.

Ces temps-ci, ils ont dépensé un maximum d’énergie pour lutter contre le piratage des films ou des musiques, pour le plaisir d’interdire et de rajouter des taxes dans tous les sens. Toujours est-il qu’ils ne font que ramer pour permettre aux différentes compagnies de production, d’édition, … de gagner de l’argent car elles ont complètement loupé un virage technologique et elles se trouvent prises à leur propre piège : dépenser un maximum de pognon pour assurer la diffusion d’un film merdique ne fait qu’encourager son piratage.

Il ne faudrait pas remplacer un problème industriel par un arsenal juridique !

Nos camarades législateurs pourraient dépenser le pognon de la république à des choses plus utiles, comme lutter contre la pédophilie sur internet. Quoi que… La pédophilie – ou plutôt la lutte contre – redevient un peu trop à la mode ces temps-ci. Il ne faudrait pas qu’un retour de pudibonderie nous fasse revisiter notre histoire.

Passé les derniers procès contre les blogueurs (j’en ai évoqué certains ici), nos braves sénateurs sont en train de renforcer l’arsenal juridique contre eux. L’article en lien parle des sites institutionnels comme ceux des journaux… mais je ne crois pas que la loi définisse précisément la frontière entre les blogs et ces sites de journaux.

Il faut que le législateur prenne en compte la dimension marginale des blogs, voire leur audience. Un exemple au hasard : le blog politique numéro 1 au classement Wikio a reçu environ 15000 visites au mois d’octobre, dont la moitié de types cherchant des renseignements particulièrement intéressants ou procédant à des vérifications utiles. Exemple : « Claude Makélélé en a-t-il une grosse ? ». Ainsi, par déduction, on va se rendre compte que PMA a entre 100 et 150 vrais lecteurs par jour en moyenne (et encore…), la moitié étant des copains ou des concurrents au Wikio.

Souvent, l’été, j’écoute l’émission « la-bas si j’y suis » sur France Inter. Pendant le générique, ils passent des messages de leurs auditeurs, enregistrés sur le répondeur de l’émission. Les propos tenus sont dix fois pires que les pires propos que j’ai lus dans des blogs et ont des centaines de milliers d’auditeurs... soit des milliers de fois plus que PMA.

Pendant les élections municipales, j’ai beaucoup critiqué certains candidats à Loudéac et au Kremlin-Bicêtre. A part les blogs ou sites des candidats, j’avais probablement le blog le plus actif sur ces secteurs. Il faudrait compter, parmi mes lecteurs, le nombre de types qui ont lu un de mes billets locaux en tant qu’électeur (et non membres des équipes de campagne ou journaliste attendant que je dérape). Pour toute la durée de la campagne, le chiffre doit être de l’ordre 50 pour le KB et de 20 pour Loudéac.

Autant dire : rien.

Dans son souci de renforcer la législation autour du web, le législateur devrait prendre en compte cette audience des blogs et qu’on nous lâche la grappe !

Mmes et MM les Députées, Députés, Sénatrices, Sénateurs, réfléchissez donc avant de faire des lois délirantes et inutiles… et uniquement néfastes pour des braves gens, les blogueurs, qui n’ont rien fait de mal mais n’ont pas les moyens de se payer un bon avocat, celui qui arrivera à démontrer que quand je critique un homme politique sur mon blog, je suis autant entendu que quand je pète dans la baignoire.