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21 mars 2014

UMP : l'autre scénario

[Fiction] Quand il eut lu la tribune de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé pris immédiatement la décision et sut, par instinct, qu’elle était bonne. Il prit son téléphone et appela François Fillon : « Allo, François, ça va ? Ta femme, les enfants ? » « Oui oui et toi, la campagne pour la mairie se passe bien ? » « La routine. Bon, trêve de babillage. Tu as lu la tribune de l’autre gougnafier ? Ca ne peut plus durer, il est en train de nous mettre hors circuit pour vingt ans, sans compter ton rival, l’autre tartiflette, qui accumule les bourdes. » « Ah ça ! Tu n’avais qu’à me soutenir… » « C’est malin… Bon, voila ce que je te propose… »

Il appela son secrétariat puis passa deux autres coups de téléphone puis se rendit directement à l’aéroport. Dans son pied-à-terre parisien, il travailla longuement.

A 8 heures du matin, il retrouva Michèle Alliot-Marie, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin devant le siège de l’UMP. Ensemble, ils se rendirent directement dans le bureau de Jean-François Copé dont ils forcèrent la porte. Alain Juppé s’assit directement dans le fauteuil du Président. Il sourit et dit : « Pauvre Jeff, il n’est pas près de profiter de son fauteuil à nouveau. » En même temps, les deux anciens premiers ministres dirent : « Bon, tu nous expliques ? »

« OK ! Asseyez-vous. Nicolas, qui a sut mener la droite à une belle victoire, par le passé, vient de commettre une lourde erreur. Sa tribune est ridicule, ses comparaisons de la justice et de la police avec la Stasi sont pitoyables. Je comprends son sentiment mais il risque de continuer tant qu’il aura ses casseroles. Il aurait du garder un silence complet et revenir mi 2016. Il aurait eu un boulevard pour être notre candidat. »

François Fillon était au courant depuis l’appel téléphonique de la veille. Les deux autres étaient subjugués. Ils se doutaient bien que s’ils avaient envahi le bureau du président de l’Union pour un Mouvement Populaire, ce n’était pas pour jouer aux billes mais pour le renverser. Par contre, la stratégie d’Alain Juppé devenait claire. Amusé de leur regard, ce dernier continua.

« Oui, vous avez bien compris. Je propose de torpiller Nicolas Sarkozy. Il restera un ami et je l’appellerai pour lui expliquer. La primaire de 2016 lui reste ouverte mais tant qu’il est empêtré dans des affaires judiciaires qui pourraient être très graves, le parti ne sera plus solidaire. Si on est dans ce bureau, maintenant, c’est parce que cette stratégie doit s’accompagner d’un grand changement du parti qui, même si nous tenterons de limiter la casse, commencera par ce qui passera aux yeux du grand public, comme un putsch. »

Michèle Alliot-Marie qui n’avait rien dit jusqu’alors pris la parole : « Alain, je suppose que tu vas nous exposer la suite et que nous aurions l’occasion d’en discuter mais j’ai deux questions à te poser. Avant cela, je tiens à préciser que je partage ton analyse : il n’y a pas d’autre choix que de larguer Jeff et Nico. La première question : pourquoi nous trois ? La deuxième question : pourquoi aujourd’hui, l’avant-veille d’une élection majeure dans laquelle tu es largement impliqué ? »

« Pourquoi maintenant ? Pour qu’on ne parle que de nous demain, samedi et dimanche soir. Si l’UMP remporte une victoire même relative, on ne pourra plus le faire. Enfin, le signal passé pourrait être très positif pour les électeurs si on leur montre qu’il y a quelqu’un à la barre. Tu veux d’autres raisons ? J’en ai besoin pour Bordeaux ! Oh ! Pas la municipale, je ne suis pas inquiet mais pour communauté urbaine. J’ai besoin de montrer que je peux être un chef qui agit. Alors, pourquoi vous trois ? François, c’est évident. Tout le monde sait qu’il a la volonté d’être le candidat en 2017 et il est le dernier chef de la majorité, quand nous étions dans la majorité. Toi et Jean-Pierre, c’est une question d’image auprès des militants. Désolé mais vous êtes, avec moi, les deux derniers vieux crabes de la chiraquie. François, je te laisse expliquer mieux pourquoi j’ai fait appel à toi. »

« T’es gonflé ! Ha ha ! Voila, Alain a très bien compris ma stratégie. J’allais quitter le parti pour en fonder un autre. A vue de nez, la moitié des cadres m’auraient suivi. Peu importe les militants, dans un premier temps. Ils auraient fini par nous rejoindre mais il fallait qu’on développe une offre politique auparavant qui dépasse le vieux : il faut supprimer les 35 heures. L’opération aurait probablement marché. Beaucoup de gens ne supportent plus Jean-François et l’image du parti est mauvaise. Mais, en partant, c’est ma propre image qui aurait pris un coup dans l’aile. Je serais passé pour un diviseur. Alain, tu as compris comment, au fait ? »

« Mettons cela sur le compte de l’instinct. Tu aurais probablement attendu le lendemain du second tour mais tu n’avais pas d’autre choix que de te désolidariser de Nicolas et de l’UMP à cause de toutes ces attaques contre la justice. Tu serais peut-être passé pour le neuneu de service mais tu serais passé pour une espèce de sauveur des valeurs de la République. Mais, comme toujours, tu hésitais. Et il y a toujours un risque, si je puis dire, que l’UMP sorte renforcée de l’élection. C’est aussi pour ça, Michèle, que j’ai décidé d’agir maintenant. Et Jean-Pierre, tu n’as encore rien dit, même pas une de tes conneries habituelles, tu en penses quoi ? »

« Rien. Je crois que vous avez raison. Le chemin de la reconquête passe par la rénovation de l’appareil ».

« Stop ! Alain, continue à nous présenter ton projet. »

« OK… Jean-François et moi allons émettre simultanément deux communiqués de presse  annonçant la vérité, à savoir, pour ma part, que je lui ai demandé de démissionner, de même que Luc et Laurent [NDLR : vice-présidents de l’UMP], et de nommer, auparavant Marc-Philippe [NDLR : cherchez pas, c’est Daubresse, il est un des trois secrétaires généraux du parti] secrétaire général par intérim. Lui, dira en plus qu’il nous demande, à tous les trois, Michèle, Jean-Pierre et moi, d’organiser rapidement un congrès en vue de trouver une nouvelle direction au parti et préparant les prochaines échéances, à savoir les européennes, les régionales et les départementales, puis, la primaire, et l’organisation du parti à l’issue de cette primaire. François émettra un communiqué pour dire « qu’il prend acte et se félicite » tout en annonçant qu’il ne sera pas candidat pour la nouvelle direction du parti. J’aurai annoncé, pour ma part, que je serai candidat. »

« Mouarf ! Tu es sûr de gagner. »

« Je crois, oui, Jean-Pierre. Marc-Philippe fera un communiqué plus solennel expliquant qu’il se met immédiatement au travail pour se mettre en ordre de bataille pour le second tour et pour l’organisation de ce congrès. Sur le thème : je comprends l’importance de la mission qui m’est confiée. »

« Et les raisons annoncées ? »

« J’y viens, Jean-Pierre, arrête de m’interrompre. On va dire la vérité : l’UMP est dans la tourmente et n’a pas réussi à se donner une ligne politique rassembleuse. Jean-François a décidé de soutenir Nicolas Sarkozy alors qu’une stricte neutralité se serait imposée, du genre : « j’ai confiance dans la justice de ce pays ». Je serai grandiloquent, du genre : le parti que j’ai contribué à créer pour soutenir Jacques Chirac ne rempli plus ses missions. J’ai proposé à Jean-François d’en quitter la tête et de nommer une direction temporaire pour permettre de rebattre les cartes, après avoir demandé à François de ne pas être candidat, ce qu’ils ont accepté tous les deux. »

« Mais vous les publiez quand ? »

« Toujours pressée, Michèle ! Dans l'heure. Ils sont prêts. Dans ma sacoche. »

La porte du bureau s’est alors ouverte. Jean-François Copé est entré. Il avait été prévenu par son secrétariat qu’il avait quatre invités surprise. Dans le couloir, il avait imaginé plusieurs scénarios mais quand il vit Alain Juppé assis à place, il comprit immédiatement qu’il n’y en avait plusieurs.

Il n’eut qu’une question : « quand ? »

19 octobre 2011

Je vous salue, Alliot-Marie, de retour sur la scène

J’ai mauvais fond. Hier, je voulais démontrer à Corto l’état de délabrement de l’UMP, en panne sèche d’intelligence comme le souligne Yann, ce matin. Dans mes critères, je voulais insister sur le manque de personnalité de premier plan qui pourraient aider sérieusement Nicolas Sarkozy de part ce qu’ils représentent, comme des anciens Premiers Ministres ou des personnages ayant marqué l’histoire récente de la vie politique. C’est simple, on en compte deux : Alain Juppé et François Fillon. En cherchant bien, vous en trouverez peut-être un ou deux autres.

Une comparaison avec le PS aurait été amusante (Ségolène Royal, Martine Aubry, Bertrand Delanoë, Laurent Fabius, Lionel Jospin, … sans compter les « autres » candidats à la primaire qui jouissent d’une certaine notoriété et ceux que j’oublie, ou des personnes comme Jean-Pierre Chevènement s’il rejoint les rangs).

Les deux partis ne manquent pas de seconds couteaux très bien, voire de personnalités plus connues mais crédibles uniquement dans un cercle restreint d’observateurs de la vie politique.

Néanmoins, je n’en ai pas fait un billet. Les critères sont parfaitement subjectifs et j’aurais été trollé, par des andouilles peine-à-jouir ne pouvant supporter Fabius ou Juppé sans même se rendre compte que ça tient surtout à des rancœurs personnelles dont je n’ai strictement rien à cirer. En outre, je ne demande pas à quelqu’un de gauche d’apprécier Jean-Pierre Raffarin ni à quelqu’un de droite de soutenir Elisabeth Guigou… On parle à ses électeurs potentiels pas à ceux de l’autre camp.

Mais, ce matin, une information entendue à la radio pendant que je me rasais (ceci est un billet sérieux, mais dans la réalité, j’étais tout nu et m’apprêtais à enfiler mon caleçon).

François Fillon était hier soir à une réunion du machin de Michèle Alliot-Marie et je vois maintenant qu’elle animera prochainement une convention de l’UMP sur la solitude (ce qui ne manque pas de sel, pour quelqu’un qui avait été lâchée par son parti).

Ainsi, l’équipe de Nicolas Sarkozy a fait le même constat que moi et est partie récupérée les personnalités historiques, notamment celles d’une vieille Chiraquie…

Quel retour en grâce !

Nous ne manquerons pas de rappeler son passif...

26 février 2011

Ne mâchons pas notre rancoeur

Voila nos amis Turcs (lire chez Romain) qui ne sont pas contents. « Le maire d'Ankara Melih Gokcek a fait savoir samedi qu'il s'était permis de mâcher du chewing-gum en présence de Nicolas Sarkozy lors de sa courte visite en Turquie vendredi, en réaction au "manque de respect" dont le chef de l'Etat français avait fait preuve selon lui en faisant de même. »

Mon billet de ce matin est mal passé auprès de certains et contrairement à d’habitude, ça a plutôt tendance à me faire rigoler. Les gauchistes en peau de lapin que nous sommes tous derrière nos claviers ont l’impression d’avoir gagné une grande victoire avec le départ annoncé de Michèle Alliot-Marie, plein de grâce, comme si nous étions pour quelque chose. Certains ont même pensé que je plaignais la dame. Pas du tout : elle a fait des conneries, visiblement, elle est virée, basta.

Je constatais juste qu’il eut été vaguement prudent de prendre quelques pincettes dans l’analyse, Nicolas Sarkozy ayant réussi à virer la dernière personne qui ne soit pas totalement rentrée dans le rang et restait le symbole d’une autre droite, que j’ai toujours combattue, mais qui me semblait un tantinet plus rébublicaine.

Des peuples arabes ont gagné : ils ont eu la peau de leurs dictateurs. Félicitons-les. Les blogueurs gauchistes ont gagné : ils croient avoir eu la peau d’un des ministres.

MAM était Ministre des Affaires Etrangères. Je ne sais pas si elle savait faire des bulles de chewing-gum. N'est pas Justin Bieber qui veut, hein Luciamel ? (illustration)

La Ministre des Affaires Etrangères a été virée.

« "M. Sarkozy est descendu de la passerelle de l'avion en mâchant un gros chewing gum. Il s'est arrêté un instant, a regardé autour de lui et a continué à mâcher... Personnellement j'ai été vexé", a rapporté M. Gokcek à l'agence Anatolie.

"Il avait fait preuve du même manque de respect précédemment en présence de notre président Abdullah Gül en France", a ajouté le maire, sans détailler. »

La Ministre des Affaires Etrangères a été virée.

Je ne sais pas si la diplomatie Française sort grandie.

Les blogs politiques de gauche un peu connus ne parlent pas de cette histoire de chewing-gum. Vous les excuserez, ils préfèrent se réjouir du départ de MAM.

Je ne fêterai pas le départ de MAM !

Depuis ce matin, j’erre sur Internet à la recherche d’un billet à pondre, pas nécessairement pour révolutionner le monde, juste pour rythmer le blog, marquer une nouvelle journée. Mes copains Elmone et Yann ont réussi à reparler de MAM. Je n’ai pas envie. Je n’ai pas envie d’ironiser à propos de notre ministre sur le départ, elle faisait partie de ces personnalités politiques qui m’inspiraient le respect, peut-être parce qu’elle était une des dernières figures du RPR d’avant, celui qui, malgré tout ce qu’on pouvait lui reprocher, ressemblait encore à un machin républicain, avant que l’UMP naissante balaie tout sur son passage. MAM a enquillé 4 ministères régaliens, elle a été la première femme Ministre de la Défense, puis la première Ministre de l’Intérieur. Pourtant, depuis quelques semaines, elle déçoit.

Son affaire n’aurait été rien si elle avait tout raconté dès le début mais de semaines en semaines, elle s’enfonce. On (je !) la voyait comme une espèce d’emblème de la République et elle s’accroche maintenant à son poste, incapable de voir qu’elle rend impossible toute politique étrangères, à la France. Alors Nicolas Sarkozy va être obligé de la virer, comme une malpropre, parce qu’il n’a pas d’autre solution.

Les peuples arabes ont exigé et obtenu la tête de quelques dictateurs. On s’en réjouit.

Alors ma « time line » Twitter défile et je vois des twittos gauchistes qui se réjouisse de voir tomber une tête, celle de Michelle Alliot-Marie. Je ne me réjouis pas car j’ai mauvais caractère. J’avais expliqué en commentaire chez Le Coucou que je ne croyais pas ce départ forcé de MAM.

Elle était la dernière présidente du RPR, celui qu’on avait plaisir à combattre parce qu’il représentait quelque chose, une droite, une vraie, une ennemie, autre chose que l’UMP actuelle qui ne représente plus rien à part une machine à gagner les élections nationales pour le plus grand bonheur des copains du patron en promettant la lune à un peuple qui y croyait. L’UMP avait créé la « croissance social » et l’art de conjuguer le mot « social » à toutes les sauces, ils ont ensuite sublimé la notion d’ouverture mettant en place une politique qui a ruiné la France, ruiné les clivages traditionnels qu’on s’efforce de faire renaître en dénonçant des lois iniques. L’UMP a réussi à mettre le Front National au centre de la prochaine élection, probablement parce que la seule solution, pour elle, de gagner au deuxième tour est qu’aucun candidat de gauche n’y figurent.

Alors les twittos gauchistes se réjouissent. Ils ont « eu la tête d’un ministre ».

Pendant ce temps, je n’ai vu aucun billet de blog, aucun twit, sur la dernière sortie de Marine Le Pen :  « il faut "repousser les migrants dans les eaux internationales" ». Il ne s’agit plus de reconduire les « illégaux » dans leur pays d’origine, il s’agit de donner des coups de rames jusqu’à ce que ces pauvres gens périssent, au milieu de la Méditerranée. La marine française contre les boat people. Personne n'a réagi ! Pas une billet, pas une dépêche montrant le côté inique de ces propos...

Alors j’erre de site de presse en site de presse, de blog en blog. Et c’est à 11h30 que je réagis. Mon complice Sarkofrance (bientôt quatre ans de blogage parallèle, environ trois ans d’une amitié que seuls peuvent ressentir deux blogueurs qui se lisent du coin de l’œil depuis si longtemps, en menant le même combat, avec des armes diffférentes), mon complice Sarkofrance n’a pas fait de billet ce matin.

Aurait-il le même coup de bourdon que moi ? La fin de la politique. L’observation d’un nouvel acte du gouvernement, l’acte 2 comme dirait Jean-Pierre Raffarin, moins de trois mois après le dernier remaniement qui aurait du transformer la majorité en machine à gagner la prochaine présidentielle.

MAM va probablement être représenté par un des derniers représentants de la Chiraquie, Alain Juppé, celui qui a payé à la place du chef, celui qui avait tenté un retour au premier plan. Celui qui avait été obligé de démissionner du premier Gouvernement Fillon parce qu'il avait été battu aux législatives. Celui qui revient par la grande porte, comme s'il avait gagné des législatives... Tous les symboles sont à jeter. J'imagine des blogueurs gauchistes, moi le premier, d'ailleurs, se "réjouir" de l'arrivée d'un gaulliste historique à ce poste de Ministre des Affaires Etrangères, saluant un bon coup de Nicolas Sarkozy alors que, tout fout le camp, ma pauvre dame...

Quel gâchis… !

10 février 2011

La République à son plus bas niveau

Mon ami Le Coucou reprend le blogage avec un très bon billet où il démontre que l’on DOIT exiger la démission de Michelle Alliot-Marie et de François Fillon car on ne peut pas badiner avec la corruption. Lisez-le et faites tourner.

Quant à moi, hier soir, passé une journée de boulot copieuse, je me faisais différentes réflexions alimentées par les copains de bistro mais aussi par Twitter et des proches, au téléphone.

On a atteint le sommet du ridicule. La République a atteint son plus bas niveau.

Toute la journée, les radios ont tourné en boucle avec le discours du Président de la République qui demande à ce que les Ministres demandent au Premier Ministre et à la cellule diplomatique de l’Elysée l’autorisation de partir en vacances à l’étranger.

C’est ridicule, d’abord, parce que ce sont Michelle Alliot-Marie, en principe chef de la diplomatie, et François Fillon, Premier Ministre, qui se sont fait épingler, ce qui génère cette mesure.

C’est ridicule, ensuite, parce qu’elle démontre, ensuite que le Président de la République n’a plus confiance en ce qui sont, en principe, ses plus proches collaborateurs, les Ministres.

C’est ridicule, enfin et surtout, parce que les membres du Gouvernement ne sont plus jugés suffisamment responsables pour organiser leurs propres vies privées.

La République a atteint son plus bas niveau.

Par ailleurs, on dirait que le Président de la République a totalement perdu la main en matière de communication. Son discours d’hier était une ode à la déresponsabilisation de ces collaborateurs. Peut-être le pire discours depuis sa nomination. Où sont ses conseillers ?

Je ne sais pas ce qu’il va dire, ce soir, mais il a du boulot pour remonter la pente.

(photo)

02 octobre 2009

Castré chimiquement, ça fait moins mal ?

La nouvelle politique du jour nous est offerte par Michèle Alliot-Marie, que je je salue, pleine de grâce. Elle veut castrer chimiquement les auteurs de viol à leur sortie de prison pour pas qu'ils ne recommencent pas. Les commentaires s'enchaînent à la radio ce qui tombe bien car j'avais quatre heures de route.

Il est logique que je fasse un billet, même si je n'ai pas encore fait le tour des blogs pour savoir ce qu'en disent les copains. D'ailleurs, il faut que j'en parle. Je trouverai bien quelques conneries à raconter, c'est une affaire à caractère sexuel. Oui ! Sexuel. On ne castre qu'assez rapidement les endives aux jambons.

En fait, cette histoire de castration, on s'en bat les couilles. Ah non ! On peut plus. Disons qu'on s'en branle. Ah ? Non Plus. Bref, … Elle ne nous intéresse pas tellement.

Cela dit les gens dans le poste disaient des choses intelligentes. Par exemple, le taux de récidive est si faible que la loi ne servira à rien. Si un type est assez cinglé pour tuer une fille, le transformer en chapon pour le réveillon ne changera probablement pas grand chose. Ce matin, le journaliste était exaspéré par la pratique gouvernementale qui consiste à pondre des lois au fur et à mesure des faits divers, pour amuser la galerie. Le journaliste a raison mais s'il faisait correctement son boulot, il s'apercevrait que ça fait quelques années qu'on le dit dans les blogs.

Par contre, je n'ai pas entendu de journaliste ronchonner parce que le budget de la justice est trop faible pour mettre tout le monde en taule et pour soigner correctement les gugusses qui en ont besoin.

Tant que personne ne dira ça dans le poste, je continuerai à dire des conneries dans le blog.


Que penser de cette castration ?

Elle n'est pas sympathique pour le violeur. Il faut pas oublier qu'il aura été lui-même violé en prison après avoir bêtement laissé tomber le savon sous la douche. S'il récidive, c'est donc en connaissant ce que ça fait : c'est bien moins grave car il a jugé ça bon et ne voit donc pas le mal. Il me mérite pas d'être castré.

Par ailleurs, cette loi serait profondément injuste. Cette loi ne pourrait s'appliquer qu'aux hommes. Castrer une femme est en effet assez délicat. Elle introduit une profonde discrimination. J'appelle la Halde immédiatement.

En outre, on oublie souvent de penser à l'épouse du violeur. Imaginons une petite dame qui a son mari en taule depuis huit ans pour viol. S'il ressort castré, elle risque d'être frustrée et de se mettre elle-même de violer des gens. Déjà qu'elle n'a pas eu une vie heureuse. Huit en auparavant, elle a appris que son mari avait besoin de main d'oeuvre extérieure forcée pour satisfaire ses propres besoins. Ca qui veut dire qu'en plus d'être cocue, elle est sexuellement inefficace. A ce propos, je pense qu'il faudrait envisager d'étudier la responsabilité des épouses des violeurs...

Ensuite, pendant huit ans, elle a été obligée de se finir à la manivelle, aucun homme ne voulant satisfaire ses besoins au sein de cette dame dont l'inefficacité sexuelle a fait le tour de la presse pendant quelques jours.

Alors, hein ? Si son mari sort castré, elle fait quoi ?


Ne me faites pas de procès, tout ça c'est rien que des bêtises que j'écris que pour faire engager mes copines enragées... en leur souhaitant, en vous souhaitant, un excellent week-end.

18 août 2009

Prisons : les rapports passent, les suicides continuent

Alliot-Marie rebondit sur un nouveau suicide de détenu pour annoncer un nouveau machin.

La politique du fait divers…

Je rappelle que le Pacte Présidentiel de Ségolène Royal prévoyait un doublement du budget de la justice, notamment pour mettre à niveau les prisons (personnel et bâtiments). Bon. D’accord. Ca coute cher. Il n’empêche que le budget de la justice est de l’ordre de 8 milliards, environ le sixième de celui de la défense.

Pendant ce temps, les rapports passent et les suicides continuent.

22 juillet 2009

Hadopi 2 ! La vache !

Pardon pour le titre. Désolé. Vraiment. Ca a été plus fort que moi. Il n’empêche qu’au hasard des clics, je suis tombé, hier matin, sur la retransmission en direct des débats à l’Assemblée Nationale où commençaient les discussions sur Hadopi 2.

Je suis resté scotché pendant plus d’une heure devant mon écran, sans même consulter le moindre site pornographique et sans m’enfiler la poindre pucelle ou la moindre bière.

J’ai ainsi pu écouter les discours de Patrick Bloche qui défendait une motion au nom du PS et de Jean-Pierre Brard qui en défendait une autre pour les cocos. Je connais Monsieur Brard depuis longtemps car je me tape la plupart des débats budgétaires. Il est toujours très drôle. Je connais moins Monsieur Bloche.

Après l’intervention de Patrick Bloche, j’ai pu écouter rapidement la réponse que lui a faite Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture et de la Communication, et d’un député UMP dont je n’avais jamais entendu parler, Philippe Gosselin. Tous les deux ont été pitoyables. La seule argumentation était : « il faut le faire, faisons-le, on réfléchira ensuite » !

Voilà comment nous traitent nos représentants !

Voila d’ailleurs la réponse faite par le Ministre suite à une intervention de plus d’une demi heure, celle de M. Bloche : « Monsieur le député, nous aurons évidemment l’occasion d’évoquer longuement les points sur lesquels vous nous appelez à débattre. Il y a urgence : pendant que nous parlons, le piratage continue ! Cela fait des mois que l’on travaille sur ce texte, il faut maintenant passer à la prochaine étape. »

Pourtant, dans son long réquisitoire M. Bloche (député de Belle Paire ?) a méthodiquement cassé cette loi, techniquement ridicule et inapplicable. Il a décortiqué la procédure, point par point, virgule après virgule. Vous pouvez lire son intervention sur le site de l’AN. J’étais sidéré (ce qui explique le temps que j’ai passé à écouter) tellement c’est évident, à l’écouter, que cette loi est nulle, totalement nulle. Je ne dis pas ça parce que j’y suis opposé par principe, parce que c’est un machin Sarkozyste ou autre. Non. Cette loi est totalement nulle. Outre « ce principe », elle est inapplicable. Elle va coûter des millions, submerger nos tribunaux de boulot débile, … pour ne protéger, ce que j’ai appris hier, que 1000 films et quelques dizaines de milliers de morceaux de musique. C'est-à-dire qu’elle ne va protéger que quelques artistes, les plus fortunés. Elle ne va même pas défendre la création !

Rien. Un gaspillage infâme.

La démonstration de Monsieur Brard fut autant pertinente. Je vous laisse la découvrir.

En écoutant ces deux sympathiques gaillards, j’observais la tête des députés UMP, des membres du Gouvernement, dont Madame Alliot-Marie, nouvelle ministresse de la justice. Ils étaient tous consternés à se retrouver à défendre cette ignominie ! Jamais je n’avais vu une telle brochette de parlementaires faisant la gueule.

On a appris hier que le vote serait remis à la rentrée, partiellement grâce à un bon travail « d’obstruction parlementaire » du PS.

Monsieur Mitterrand, si vous ne savez pas quoi faire de vos congés, je vous conjure de les passer au Cap Nègre à convaincre Nicolas Sarkozy que cette loi doit être supprimée. Vous en êtes vous-même persuadés. Vous l’avez dit dans votre discours : il faut un travail supplémentaire. Pourquoi le faire après avoir adopté, de force, cette loi qui aura fait sombrer dans le ridicule votre passage au gouvernement ? Un Ministre de la Culture devrait systématiquement laisser son nom dans l’Histoire. Pas l’histoire de la comédie ubuesque, celle de la Culture.

Les bornes du ridicule sont presque franchies.

(photo)

24 juin 2009

Remaniement comme il respire

On est bien d’accord ! Il y a eu un remaniement ministériel et un blogueur politique doit faire un billet. La bonne occasion de recycler un titre de billet et de raconter des bêtises à peu de frais. Je vais donc pomper partiellement celui de mon camarade Peuples.net, ça lui apprendra à ne pas venir à Paris le 27 août.

Des jeux de chaises musicales :

Justice : Rachida Dati est remplacée par MAM , celle-ci est affublée de Jean-Marie Bockel. Je veux bien. Tonnegrande aime bien MAM mais pas pour les raisons que vous pensez.

Intérieur : Brice Hortefeux remplace MAM. Hé bé. Il aura pas fait beaucoup temps dans un truc social, lui.

Sports : Rama Yade prend le ministère du coup son ancien portefeuille des droits de l'Homme n'existe plus. Les droits de l’homme non plus, d’ailleurs. Faut avoir une pensée émue pour Bernard qui l’a prise, par Rama, Laporte. Rappelez-vous. Nicolas Sarkozy élu en grande pompe en 2007. On nous annonce Laporte, non pas à l’ouverture, mais aux sports mais il fallait attendre d’avoir gagné la coupe du monde de Rugby. Il n’aura pas fait long feu, le pauvre.

Education : Luc Chatel remplace Xavier Darcos, ce dernier étant bien décidé à échouer ailleurs.

Travail et relations sociales : Xavier Darcos. Tiens le revoilà.

Agriculture : Bruno Le Maire remplace Michel Barnier. Il faudrait surtout remplacer Nicolas Le Président.

Anciens combattants : départ de Jean-Marie Bockel. Il est remplacé par qui. Un autre type de Mulhouse ?

Mais également des arrivées :

Grand Paris : Christian Blanc intra-muros extraverti. Au Petit Paris, on retrouvera Michel Noir ?
Secrétaire d'état chargé des ainés le divin enfant : Norra Berra

Culture : Frédéric Mitterrand remplace Christine Albanel repartie fabriquer du papier alu.

Industrie : Chritian Estrosi fait son entrée. Il avait quitté le gouvernement pour devenir Maire de Nice car il ne voulait pas cumuler.

Affaires Européennes : Pierre Lellouche remplace Bruno LeMaire. Mettre Lellouche aux affaires, il fallait le faire.

Outre-Mer : Marie-Luce Penchard remplace Yves Jégo aussi appelé "le double-coaché de la martinique". Rien à redire.

Logement : Benoist Apparu remplace Christine Boutin. Qu’est-ce qu’elle devient, elle ? A la longue on finissait par s’attacher. Bon. Un nouveau ministre avec le nom duquel on pourra sans doute faire un tas de jeux de mots stupides.

Espace rural : Michel Mercier fait son entrée dans ce gouvernement. Et sa sortie du Modem. Ministre de l’espace rural, c’est nouveau, ça.

Relation avec le parlement : Henri de Raincourt mais juste au dessus des oreilles.

20 janvier 2009

La confiance à 22 euros

« La ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie a annoncé ce matin, en commentant le bilan de la délinquance en 2008, que des rencontres entre la police et la gendarmerie avec la population auraient lieu «partout en France», à l'échelon des cantons, avant d’en tirer un bilan lors d’assises nationales. L'objectif est de renforcer le «lien de confiance entre les Français et les responsables de leur sécurité». »


Dépêche suivante : « Une automobiliste a été verbalisée pour avoir fumé en conduisant ».

Renforcer le lien de confiance entre les Français et les responsables de leur sécurité ?

25 décembre 2008

Je vous salue, Michèle Alliot-Marie !

Je suis désolé, je fais le même jeu de mot crétin pour chaque Noël. Ca me fait rire. Et elle le cherche : "Auparavant, la ministre avait souligné, sur RTL, que ce n'est pas "parce que quelqu'un est connu qu'il ne doit pas pouvoir bénéficier de la loi". "Il y a une loi et (...) cette loi a été appliquée. Il y a toujours eu un certain nombre de grâces qui ont été exercées par tous les présidents de la République", avait-elle ajouté."
Quelqu'un peut-il lui expliquer qu'il vaut mieux être connu, voir avoir été un sous-fifre de l'ex-mentor du Président de la République pour avoir les faveurs de ce dernier ?

10 novembre 2007

Toujours pareille, la politique

La politique Française est un éternel recommencement.

Un ministre fait une réforme idéologique de l’université. Les étudiants se mettent en grève. Ca me rappelle 1986 : j’étais étudiant. Dans le privé, honte sur moi. Aucune école publique ne prévoyait alors la possibilité pour un type avec un DUT moyennement réussi de faire autre chose que de travailler immédiatement pour gagner une fois et demi le SMIC, à condition de venir travailler à Paris. Ce ne m’empêche pas, maintenant, d’être un des plus prospères (youpla boum) rédacteurs d’Equilibre Précaire.

Pendant ce temps-là, pas un seul étudiant ne se pose la question de savoir si l’université française est vraiment au top alors que Bruno Juliard se rapproche de l’âge de la retraite. Aucun ministre n’organise réellement des réunions de travail, avec des politiques, des employeurs, des étudiants, des profs, des chercheurs, … pour décider comment faire évoluer l’université. Car elle en a besoin, ce n’est pas Versac (éternel étudiant ?) qui me contredira (je cite Versac car il a un bon blog et mérite de gagner des places dans les classements de blogs politiques).

Idéologique, disais-je ? Je n’ai même pas vu le contenu… Je n’en sais rien et ça ne me touche pas personnellement, j’ai un peu quitté l’école depuis 20 ans et mes mômes sont trop jeunes pour s’y intéresser. Tellement jeunes qu’ils ne sont pas encore conçus.

Idéologique aussi la dernière annonce de Michèle Alliot Je vous salue Marie. Le doublement du nombre de caméra de surveillance. Un symbole de la droite française. On diffuse des chiffres. Tiens ! On va installer 300 000 caméras. Au hasard. Ils ont fait une réunion au ministère. Plein de gens en cravate. Des directeurs, des attachés, des détachés, des consultants, … Un seul sujet : combien de caméras installer ? Le gros dans le fond a dit : « frappons fort : un million ». Le boutonneux avec des lunettes : « non c’est trop cher ». La pimbêche en tailleur Channel : « coupons la poire en 3,33 : 300 000 ». Les autres : « Tope-là ! ».

L’art de prendre un problème à l’envers. On ne se pose pas la question de savoir ce qu’il faut sécuriser, comment s’organiser, … Non ! 300 000.

Ils ont du faire pareil au Ministère des Expulsions de Brice menu Hortefeux. Tiens, virons 25 000 type, ça sonne juste, c’était dans le programme du chef. Ils vont être emmerdés s’ils arrivent à 25 005 ou 24 495 !

Idéologie…

Idéologique aussi la méthode la méthode utilisée par Rachida Dati pour fermer des tribunaux. On décide lesquels à Paris et on se déplace ensuite dans toutes les régions pour annoncer les mesures et faire croire qu’elles ont été décidées en local après concertation.

Pourquoi pas décentraliser les conseils des ministres pour faire croire que les décisions sont prises plus près du peuple ?

Bon. Je vais trouver une photo de Valérie Pécresse pour illustrer ce billet. Elle est plus jolie que Christine Boutin et je n’ai pas parlé de Rama Yade. Qui est le con qui a glissé une paire de fesses à droite ?


09 octobre 2007

Drone de politique

Allo ! Quelqu’un peut-il expliquer à Michèle Alliot-Marie qu’utiliser des engins de guerre dans nos banlieues n’est pas la meilleure solution pour y entretenir un climat de paix ?

Intox2007 nous apprend en effet qu’elle envisage de doter la police de drones pour surveiller les citoyens.

Les drones, pour ceux qui ne le savent pas, sont des espèces de petits hélicoptères télécommandés équipés de caméras de surveillance (voire d’armes) utilisés par l’armée pour ne pas risquer la vie de pilotes dans des endroits dangereux comme des zones de combat.

Voilà ce à quoi Michèle Alliot-Marie, François Fillon et Nicolas Sarkozy assimilent nos banlieues.

Je pense qu’il faudrait même doter la police et la gendarmerie de chars Leclercq, d’hélicoptères de combat et pourquoi pas de Rafale histoire de faire tourner à fond les usines de M. Dassault aux frais du contribuable.

Nicolas Sarkozy et sa clique ont été élus en prônant une politique libérale et voilà qu’on se retrouve sous la surveillance d’engins de guerre ! Excusez du peu.

La haute cours de justice, pour ces tristes personnages, on ne pourrait pas la convoyer avant d’avoir une guerre dans les banlieues ?