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06 janvier 2015

Tous les blogueurs politiques sont des experts !

L’ami Pierre D a fait un billet, ce qui est une information en soi. Il évoque les « experts », ceux qui causent dans le poste pour nous dire quelle est la vérité. Il ronchonne car ils se sont tous plantés et ont été incapables de prévoir la situation dans laquelle nous sommes… Vous l’auriez prévue, vous, la division par deux du baril de pétrole ? Oui, hein ! Vous êtes des experts. Dans les blogs, on est généralement tous des experts.

Alors, je vais faire un exercice : prendre un billet politique récent au hasard et tenter d’évaluer à quel point les experts peuvent dire des bêtises dans les blogs. Le hasard a néanmoins été légèrement aidé, j’ai pris un blogueur de droite, le seul blogueur purement politique de droite que je lise régulièrement. J’aurais pu prendre n’importe lequel de mes billets mais ça aurait été moins rigolo. D’ailleurs, je vais moi-même me livrer à une contre-expertise pour bien signaler que les experts peuvent dire des choses opposées.

Pierre Parrillo nous fait ce matin un billet de 3200 signes pour expliquer qu’il ne reste rien de la prestation de François Hollande, hier. Avec l’esprit chafouin qui me caractérise par moment, je pourrais faire un billet pour démontrer le contraire : l’interview faisait la une de Google News et toute la presse en parlait ce matin… Mais ce n’est pas exactement l’objet du billet qui est : raconter n’importe quoi parce que je suis un expert.

Je pourrais aussi prendre chacune de ces phrases et les commenter. Prenons la première : « Je ne sais pas quel Président avant lui peut se targuer, durant l’exercice de son mandat, d’avoir vu sa parole impacter aussi peu l’opinion, même pas 24hs après avoir squatté une matinale sur le service public ! » Le verbe « impacter » est un anglicisme familier qui ne peut pas s’employer dans un écrit de haute qualité. On n’écrit pas « 24hs » mais « 24 heures » ou « 24h ». « Matinale » est un adjectif. A moins d’être sur le toit de la maison de la radio, on ne va pas « sur » le service public. Le seul président à avoir fait « une matinale sur le service public » avant lui fut François Mitterrand. Je ne sais plus ce qu’il a dit mais un an plus tard, il réussissait à nous faire voter pour Maastricht et à griller Rocard. Doit-on qualifier le niveau d’expertise en fonction du niveau du maniement de la langue française et de l’histoire politique ? Non. La moitié de la blogosphère disparaitrait…

J’ai été pendant six ans blogueur d’opposition, ce qui était bien confortable. Pendant cinq ans, avec les copains, on a tapé sur Nicolas Sarkozy. Au bout de quatre ans de mandat et jusqu’à six mois avant la fin de sa présidence, on se disait que n’importe quelle endive de gauche gagnerait 2012 face à lui avec 20 points de plus. L’endive batave que nous avons choisie n’avait que trois points d’écart à l’arrivée. On a failli perdre l’élection parce qu’on n’avait pas vu d’où venait le danger. Nicolas Sarkozy a ainsi remonté de plus de huit points dans les sondages en passant pour un type dynamique, un décideur, un type qui avait permis à la France de passer la crise… et le reste de la droit a réussi à faire passer la gauche pour des dangers publics en donnant le droit de vote aux étrangers et tout ça.

Pendant cette émission, François Hollande a dit une belle connerie, c’était à propos de Notre-Dame-des-Landes : « Quand les recours seront épuisés, le projet sera lancé ». Il aurait pu ajouter « selon les résultats des recours ». Pierre Parrillo en tire une vague conclusion que je n’aurais pas faite, surtout si j’étais un blogueur de droite (il dit que la contestation est inutile alors que Pépère a dit que le droit l’emporterait et qu’il était confiant dans la justice), mais il fait ce qu’il veut. Et il poursuit : « Coucou les écolos ! » C’est une erreur : la gauche a toujours été favorable à ce projet et les écolos ont commencé à ronchonné en sentant le vent tourner… Nicolas Sarkozy, en son temps, avait dit un truc du genre : « l’écologie, ça commence à bien faire. » François Hollande vient de le dire différemment : nous, on bosse, on avance, on fait bouger la France et ce ne sont pas quelques rétrogrades qui vont bloquer la reconstruction. Et, François Hollande, s’il prépare 2017 (il dit que non mais, dans ce cas, pourquoi passer à la radio ?), se fout totalement des écolos qui sont en cause, d’ailleurs, dans l’étroitesse de sa victoire… L’écologie, ça se traite discrètement, sinon, les gens ont peur de manquer d’électricité. Par exemple, Anne Hidalgo a augmenté le coût du stationnement résidentiel ce qui fait hurler un peu tout le monde. Néanmoins, elle a raison… S’il fallait toujours s’occuper des électeurs, on aurait construit une autoroute sur le Seine et remplacé Notre Dame par un parking. D’ailleurs, je suis sûr des experts y ont pensé…

Imaginons la présidentielle de 2017. Tous les scénarios sont possibles mais on peut imaginer qu’on aura dans le trio de tête François Hollande ou Manuel Valls, pour le PS, Nicolas Sarkozy, François Fillon ou Alain Juppé, pour l’UMP, et Marine Le Pen. Je suis expert, pas Madame Soleil, non plus.

Le candidat de gauche socialiste doit d’abord assurer sa présence au second tour. Il ne peut pas compter sur la gauche de la gauche, représentée, à cette élection, vraisemblablement par Cécile Duflot et Jean-Luc Mélenchon. Il ne peut compter que son électorat traditionnel, ce socle de 25% (oublié par Lionel Jospin en 2012,il manquait d’experts, mais Mitterrand a fait 25% en 81, plus en 1988 mais c’était exceptionnel, Jospin environ 24 en 1995, puis Ségolène Royal et François Hollande ont fait plus lors des deux dernières élections). François Hollande s’est adressé à son électorat, aux braves gens susceptibles de voter pour lui après avoir éliminé tous les autres pour différentes raisons. Il leur a dit : j’ai confiance, on continue, on travaille, les réformes vont porter leurs fruits, on s’est plantés sur le chômage mais c’est parce que nous n’avons pas été assez vite et parce que personne n’avait vu l’ampleur de la crise…

Poussons l’expertise, tiens ! Il a trois solutions : dire cela, ne rien dire et dire : « bon ben d’accord, on est nul, ça n’apporte aucun résultat mais il faut qu’on tienne à faire des conneries jusqu’en 2017 ». Mais il n’a réellement qu’un choix. A l’heure de l’information en continu, du buzz, de Twitter, la stratégie de la « parole rare » qui a réussi à certains de ces prédécesseurs ne tient plus. De toute manière, comme le note d’ailleurs Pierre Parrillo, il aurait fait la une de la presse puisque c’est le jour de son intervention que le projet de film à son sujet (suite au livre de son ex.) a buzzé.

Alors, il ne peut qu’afficher un message de confiance. Rappeler qu’il bosse,…  Et que des mesures sont bien de gauche. Tiens ! Le compte machin de formation. Je n’ai vu aucun blogueur de droite traiter du fond de sujet. Ils manquent d’experts, peut-être. Hé ho ! Les gars, c’est l’Etat qui va gérer la formation (la Caisse de Dépôts et Consignations, en gros). C’est du collectivisme. Ca devrait vous effrayer.

J’ai ainsi passé cinq ans à taper sur Nicolas Sarkozy et sa communication ce qui ne l’a pas empêché de faire un très beau score au premier tour en 2012… Alors Pierre Parrillo s’est abandonné à l’exercice obligé du blogueur d’opposition : taper sur le président en faisant croire qu’il est objectif.  Tous les blogueurs politiques sont toujours objectifs, n’est-ce pas ? Surtout qu’ils sont experts ! Je repérais les erreurs de communications de Nicolas Sarkozy et les affichais au fronton de mon blog. Il a failli être réélu alors que quelques mois avant les élections, l’hypothèse d’un « 21 avril à l’envers » n’était plus un cas d’école.

Le Figaro a lancé un sondage en ligne : croyez-vous au rebond de popularité de François Hollande en 2015 ? J’ai répondu « oui ». Ce n’est pas le résultat de mon optimisme légendaire mais une déduction : il ne peut plus baisser. J’avais déjà fait la même déduction l’an passé mais il a continué à baisser. Je suis un expert persévérant. 88% des sondés (a priori lecteurs du Figaro, ce sondage n’a évidemment strictement aucune valeur) ont répondu « non ». Ils ne sont pas experts.

Ça me fait penser à un autre sondage que l’on voit régulièrement : pensez-vous que d’autres feraient mieux que le gouvernement actuel ? Entre 60 et 70% des sondés répondent que « non ».  En d’autres termes, 60 ou 70% des français pensent que le gouvernement mène la meilleure politique possible. Il faut toujours voir le bon côté des chiffres, pour être un expert parfait.

Si François Hollande prépare 2017, revenons à Nicolas Sarkozy en 2012… Il a fait un très bon premier tour. Moins bon qu’en 2007, mais bien moins que Jacques Chirac en 2002 (à part qu’il a réussi à éliminer la concurrence pour le second). Un expert doit manipuler des chiffres. En 2002, il a fait moins de 20%, le score le plus faible jamais réalisé à un premier par un président élu au second, le tout alors qu’il n’avait pas de véritable concurrence à droite parmi les « partis de gouvernement » (en 1988, il y avait Barre, en 1995, Balladur et, lui-même, était face à Giscard en 1981). Pourtant, l’ensemble de la droite avait fait environ 55%, soit ce qu’elle fait à chaque présidentielle (sauf en 2007 où elle était proche de 65). Il n’empêche que si Bruno Mégret et Jean-Pierre Chevènement ne s’étaient pas présentés, le deuxième tour aurait probablement été sans M. Chirac…

 Lionel Jospin n’avait pas préparé le premier tout mais seulement le second. Parole d’expert, hein !

Alors, François Hollande prépare son premier tour. Et cela fonctionne. Le dernier sondage de popularité chez BVA dit qu’il avait, en décembre, la confiance de 74% des sympathisants socialistes, en hausse de 9 points par rapport au sondage précédent.

Alors, Hollande fait le job. Il défend sa politique pour s’assurer du premier tour. Pour le deuxième, on verra plus tard. Pour le premier, les candidats de droite importent peu à la gauche, dans le sens où on n’y peut pas grand-chose. S’il n’y a que Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy, personne au centre et 5 ou 6 candidats à gauche, c’est plié : le second tour ne sera pas passé.

Hollande fait le job. Le problème de la France est avant tout politique. C’est l’expert qui parle. Pas moi, non, mais Paul Krugman. Un confrère blogueur, mais un peu plus influent. Il a même eu le prix Nobel d’économie. Il critique régulièrement la politique menée par François Hollande. Je résumé son billet : le problème de la France et le fait que tout le monde tape dessus est essentiellement politique. A partir du moment où les politiciens français refusent de « limiter » l’Etat providence, c’est complètement con de continuer à lui taper dessus comme au début de la crise, d’autant que la croissance est supérieure à celle du Royaume-Uni et qu’elle peut emprunter à 0,8%.

Je suis expert en traduction mais un peu moins expert en anglais…

Et cela nous emmène à la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012, au second tour, il n’avait pas de programme et pas de bilan. Il avait un cap en 2007, il a fait demi-tour dès le début de la crise ne maintenant de la loi TEPA que la grotesque défiscalisation des heures supplémentaires.

Etre blogueur politique de droite et dire dans un billet : « Ravi de savoir que mon pays est gouverné par un type qui ne sait pas où il va ni comment il compte y parvenir » alors qu’on passe ce temps à critiquer le cap choisi par le type en question est fort.

On dit souvent (notamment des gros à moustache) que si l’élection présidentielle avait lieu maintenant, François Hollande serait battu à plate couture. Admettons que les candidats soient Cécile Duflot, Jean-Luc Mélenchon, François Hollande, Jean-Christophe Lagarde, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, en plus des traditionnels petits candidats qui cumuleront, disons, 10%. Pourquoi je cite Lagarde, parce qu’il est président du plus gros parti centriste. Ca pourrait être Bayrou mais je pense qu’il en a sa claque…

Imaginons ce résultat :
MLP
25
Hollande
23
Sarko
22
Lagarde
5
Mélenchon
10
Duflot
5
Autres
10

L’élection est gagnée. François Hollande fait le job, il montre que le gouvernement bosse, a un cap, mais ce n’est pas au blogueur politique de droite qu’il le montre mais aux types susceptibles de voter pour lui. Parole d’expert ! 74% des sympathisants socialistes lui font confiance et 60 à 70% des électeurs pensent que personne ne ferait mieux.

En 2012, il a passé le premier tour avec : « mon adversaire c’est la finance ». Cela ne fonctionnera plus…

Faire un billet pour dire qu’il ne restera rien de cette interview est un non-sens. François Hollande cherche deux ou trois points de popularité auprès de types vaguement à gauche, pas à convaincre un militant de droite, par petites touches.


Parole d’expert en billets qui ne servent à rien.

09 janvier 2014

Pacte de responsabilité : le plébiscite

Suite à l’annonce d’un pacte de responsabilité par François Hollande à l’occasion de ses vœux, les Echos ont commandé un sondage pour savoir ce que les Français en pensaient. Près de 70% pensent que ce machin est une bonne idée solution pour lutter contre le chômage, même si son contenu n’est pas encore connu (vive les sondages ! Surtout quand ils m'arrangent).

Quand on entendait le silence de la droite suite à cette annonce, on se doutait bien qu’il y avait un loup. Ce machin est apprécié… dès deux côtés. J’imagine que parmi les 30% opposés, il y en a une partie qui vient de la droite, opposée par principe à tout ce qui peut venir de la gauche.

Son « principe est majoritairement approuvé par toutes les catégories de la population et plus particulièrement chez celles concernées au premier chef par le chômage, tels les moins de 25 ans et les ouvriers (75%) ainsi que chez les chômeurs ayant déjà travaillé (81%). »

Surtout, c’est « d’autant plus appréciable pour le duo exécutif que le pacte est majoritairement agréé chez les sympathisants de droite (65%) et quasiment plébiscité par ceux de gauche (81%). »

75% des électeurs du Front de Gauche approuvent ce bazar.

« Et ce alors même que le parti de Jean-Luc Mélenchon y voit au contraire un moyen de «continuer d’arroser les puissants et de maltraiter le peuple». «Il y a un vrai décalage entre les discours tenus par les dirigeants du Front de gauche et de l’aile gauche du PS et la base électorale» »

C’est ce que je me tue à dire. Relisez mes billets…

Bonne nouvelle pour finir une écrasante journée de travail. Je peux aller la tête haute au bistro.

29 octobre 2013

Un record d'impopularité

La récente période de fut pas facile pour la majorité (et les blogueurs joyeusement associés) et se termine par un record historique, celui de l’impopularité d’un président qui, pour la première fois chez BVA (pdf), tombe au dessous de 30%. Notons que tout ne va pas si mal puisque 3% de la population a encore une très bonne image du Président.

Je ne sais pas quel événement a le plus contribué à cette brutale chute tant ils se sont enchaînés depuis la rentrée, avec la confusion sur les chiffres du chômage du mois dernier, l’affaire Léonarda, ces histoires de taxes, la Bretagne au bord de la révolution,… Léonarda a probablement apporté le coup de grâce.

Que faut-il faire ? La première urgence est d’éteindre l’incendie en Bretagne. Nos ministres vont se réunir ce matin et prendre une décision. A part reculer encore cette écotaxe et revenir sur la taxation de l’épargne populaire, je ne vois pas trop ce qu’ils peuvent faire. Au fond de moi, j’aimerais qu’ils restent droits dans leurs bottes…

Parmi les chiffres de ce sondage, j’en note un : « le Président ne dispose d’une majorité de bonnes opinions auprès d’aucune des catégories de la population française, à l’exception des seuls sympathisants socialistes (75% de bonnes opinions). » 75% des sympathisants socialistes ont encore une bonne opinion de François Hollande. Je me sens un peu moins isolé. Peut-être qu’en ayant fait sa campagne, en l’ayant soutenu, sommes-nous beaucoup plus indulgents que le reste de la population d’autant qu’il y a une belle confusion du côté de la droite à part à l’UDI où ils semblent remonter la pente.

Je vais en noter deux autres.

Le premier est que Manuel Valls est plus populaire à droite qu’à gauche. Chacun en tirera ses conclusions. Pour ma part, je pense qu’il sert un peu de rempart…

Le deuxième est l’état lamentable de l’opinion envers les écolos et les socialos. Les deux partis, surtout le PS, sont en forte baisse. Le Parti de Gauche se trouve le moins populaire et le Parti Communiste grimpe légèrement depuis quelques mois. La stratégie d’attaque frontale ne semble pas la bonne.

EELV a perdu 10 points en quatre mois mais cette formation ne m’intéresse pas franchement. Ils ont une mauvaise stratégie : ils devraient soit sortir de la majorité soit y être plus soudés. Par contre, l’état du Parti Socialiste est préoccupant. La baisse de popularité au cours du dernier mois est particulièrement préoccupante.

La question pourrait être de savoir si c’est le Parti Socialiste qui entraine le gouvernement dans sa chute ou le contraire. Elle ne l’est pas : ils tombent ensemble. Le gouvernement et le président sont coincés : ils ne peuvent pas changer de politique. J’ai fait un sondage au bistro, hier. Les clients attendent un remaniement. Ils ne souhaitent pas franchement une autre politique : ils sont résignés. Ils attendent cette inversion des courbes qu’on leur promet pour fin 2013 depuis si longtemps. Ils veulent un remaniement mais il ne peut pas être fait maintenant, cela ne rimerait à rien.

Mon sondage est très sérieux. Je n’ai pas été voir les clients pour leur demander ce qu’ils en pensaient mais j’ai questionné les patrons de bistro pour savoir quels étaient les bruits de fond. Les gens veulent un remaniement. Ils ne pourront pas l’avoir avant les municipales. Ca donnerait l’impression d’agir dans la panique. L’effet serait désastreux.

Le changement doit venir du PS. Il n’y a qu’une seule solution : en changer le chef. Depuis quelques semaines, je milite de plus en plus dans ce sens. L’erreur faite par Harlem Désir avec Léonarda peut servir de prétexte.

On lit de temps que le gouvernement doit changer la communication. C’est peut-être vrai mais je ne sais pas comment. L’affaire Léonarda a été déclenchée par un billet du blog de RESF pendant que le ministre en charge du dossier était au bout du monde. L’enquête a été vite faite. Tout est parti en vrille. François Hollande a fait un discours catastrophique…

Je vais donner un conseil au président : se mettre au vert. Se faire oublier. Il doit continuer à faire le job mais arrêter d’intervenir en urgence en sachant que la communication ne peut plus se maitriser. Il doit montrer le cap comme on dit. Aujourd’hui, il est en Slovaquie. Il fait le job. Ses ministres se réunissent. Ils font le job. Jean-Marc Ayrault ou un ministre feront une annonce.

Quant à nous, les fidèles mais « pas très satisfaits », on est toujours là. On oublie que l’écotaxe a été décidée par la droite, que c’est Jean-Louis Borloo, l’homme qui monte dans les sondages, qui a décidé des modalités et signé le contrat avec la société privée en charge des « péages ».

On n’oublie pas que c’est sous le gouvernement précédent que la France a été ruinée, que le chômage est parti en vrille, que les dépenses publiques et la fiscalité ont explosé. On n’oublie pas, non plus, que Nicolas Sarkozy a fait la moitié de son mandat avec une image déplorable.

On va faire comme les clients du bistro : attendre le retournement des courbes. La fin d’année arrive. On saura alors.

Le mois d’octobre a été catastrophique.


Ne recommencez pas cette erreur. On va se lasser.

19 octobre 2013

Pauvres sondés, pauvres médias...

Mon confrère Elie Arié relève parfois des bêtises dans les sondages. Ce matin, j’ai surtout envie de dénoncer la connerie des sondés qui répondent n’importe quoi et les médias qui n’ont plus que ça à se foutre sous la dent.

Sondage 1. 65% des Français sont opposés au retour de Léonarda. De quoi se mêlent-ils ? Moi, je suis favorable à ce que la loi soit appliquée. Je me fous de son retour : je ne la connais pas. Si son expulsion a été réalisée en toute légalité, qu’elle reste au pays. Si elle est réellement Italienne que ses défenseurs lui fassent retrouver des papiers et elle sera bienvenue chez nous. On fait n’importe quoi, avec cette histoire, et je me demande comment 65% des gens peuvent avoir un avis aussi tranché.

Sondage 2. 65% (le même chiffre) des sympathisants socialistes approuvent la position de Manuel Valls dans cette histoire. Je ne connais pas sa position. Je n’ai pas d’avis. Je sais simplement qu’il est rentré précipitamment des Antilles pour cette histoire qui n’est finalement qu’une polémique à la petite semaine. Que vont en penser nos amis d’Outre Mer ?

Sondage 3. 87% des Français donnent raison à la directrice de la crèche Baby-Loup. Moi, je m’en fous. Si elle n’a pas respecté le droit du travail, elle peut perdre devant la justice, ce n’est pas à moi de décider. Je l’invite à modifier le règlement intérieur de sa boite et j’invite le législateur à agir mais pas n’importe comment ce qui va nous amener au prochain sondage. Ce qui me chagrine, par contre, c’est l’attitude de la plaignante. On ne fait pas n’importe quoi chez nous et il y a des coups de pied au cul qui se perdent.

Sondage 4. 84% des Français sont partisans d’une loi pour interdire les signes religieux dans les entreprises privées. Ca veut dire quoi ? Ils veulent qu’on interdise la soutane dans les églises ? Qu’un boucher Hallal ne peut plus être barbu ? Qu’une serveuse de bistro ne puisse plus porter sa cornette ?


Je ne mets volontairement pas de lien : toutes ses informations ont été relevées en une de Google News, ce matin, montrant que les médias sont vraiment à la ramasse.

Edit : à lire aussi chez Rosa Elle a qui j'ai pompé l'idée de ce billet sans même la mettre en lien.

10 octobre 2013

Ne pas regretter Nicolas Sarkozy

Il y a un sondage qui tourne dans la presse et les réseaux sociaux, ce soir : 54% des Français ne regrettent pas Nicolas Sarkozy, ce à quoi j'ai répondu dans Twitter, pour rassurer l'ancien président, que 95% des gens ne regrettaient pas Giscard. 

Pendant la cinquième République, nous avons eu quelques présidents. Charly, Pompom, Gigi, Tonton, Jacquot et les autres. Les deux autres. Les deux encore vivants, en plus de ceux qui ne sont pas morts.

Laissons donc encore trois ans avant de regretter pépère ou de ne pas le regretter. Selon qu'il soit réélu, qu'il ait réussi et tout ça.

Mais parmi les 46% des gens qui regrettent Nicolas Sarkozy ou qui n'en ont rien à cirer, je me demande combien regardent objectivement l'état de la France après son passage...


09 octobre 2013

Européennes : c'est parti pour 8 mois de sondages ?

Un nouveau sondage est paru à propos des Européennes. Le principal résultat serait une forte hausse du Front National qui arriverait en tête et une forte baisse des Verts et donc de la majorité présidentielle, malgré une légère hausse du PS.

Notons que je n’y crois pas vraiment, voire pas du tout. Aux trois dernières élections Européennes, le Front National n’a pas dépassé 10% et n’a jamais atteint les 12% alors qu’aux présidentielles, le candidat du Front National à la présidentielle fait plus de 14% depuis 1988 (sauf en 2007). Néanmoins, on est à l’abri de rien. La raison est la suivante, selon moi : les électeurs qui sont opposés à l’Europe ne vont pas voter à cette élection qu’ils jugent néfaste ou inutile. C’est très bien ainsi et pourvu que ça dure.


Sondage
En 2009
Ecart
FN
24
6
18
Autre droite
2
7
-5
UMP
22
28
-6
UDI Modem
11
8
3
PS
19
16
3
Verts
6
16
-10
FdG
10
6
4
NPA
2
5
-3

Le total ne fait pas 100 mais tant pis. Vous n’allez pas me déranger pour rien.

Je vais faire deux remarques.

La première : la gauche perd beaucoup (six points) mais c’est surtout EELV qui prend une baffe (ils avaient fait un score exceptionnel en 2009). Elle se retrouve à environ 37% alors qu’elle faisait généralement un score supérieur à 43%, ce qu’elle a d’ailleurs fait, environ, au premier tour de la présidentielle de 2012 (contre 37 en 2007). Si le PS monte, c’est parce qu’il avait fait un très mauvais score en 2009…

La deuxième : l’UMP perd pas mal mais je m’attendais à pire (en 2009, les centristes hors Modem étaient avec eux).

Je n’ai qu’une seule conclusion : il est temps de finir ce billet et d’aller au bistro.

07 octobre 2013

Sondages : même pas honte !

C’est le dernier sondage pondu par le Figaro et qui faisait la une de l’actualité quand je me suis réveillé. Elle est reprise ici par Ouest France, par exemple, qui titre : « Délinquance. 75% des Français jugent la réforme pénale inefficace. » Cet honorable journal aurait mieux fait de titrer « 95% des Français ne savent pas ce qu’il y a dans la réforme pénale mais les trois quarts la jugent inefficace. »

Ayant une formation en statistiques, je n’ai pas l’habitude de taper sur les sondages mais, cette fois, nos braves journalistes dépassent les bornes. Ils ont même fait pire puisqu’on apprend, dans le Figaro que 34% des Français font plus confiance à Manuel Valls qu’à Christiane Taubira, 7% l’inverse, 14% accordent une même confiance (ce qui est mon cas, chacun fait son boulot) et 45% ne font confiance à aucun des deux. Je ne sais pas comment vous lisez ce sondage, mais j’en tire une conclusion : 55% des Français font confiance au gouvernement pour ce qui concerne la justice et la sécurité…

Parmi les sondages, nous avons ceux de popularité, dont celui de TNS Sofres qui a fait beaucoup parler de lui la semaine dernière, avec la bonne popularité de Marine Le Pen. La question posée est : « Pour chacune des personnalités suivantes, voulez-vous me dire si vous souhaitez lui voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir ? »

La question est bien « voulez-vous me dire » pas « souhaitez-vous ». Ainsi, ma réponse serait : Oui, je veux bien vous dire si je souhaite voir jouer un rôle important à Madame Le Pen. La réponse est : Non, je ne veux pas lui voir jouer un rôle important.

Tout cela est grotesques.

17 juin 2013

Popularité : ça va mieux...

Le dernier sondage réalisé par BVA pour iTélé et Le Parisien, Aujourd’hui en France est réjouissant, et pas seulement parce qu’il a été réalisé le 12 et 13 juin par téléphone et internet auprès d’un échantillon de 1050 de personnes âgées de 18 ans ou plus avec la méthode des quotas mais parce que ça va mieux pour François Hollande.

Les différents instituts de sondage enregistrent depuis peu une légère embellie de « la cote du couple exécutif ».

Par exemple, 43% de la population pense qu’ils marquent une volonté plus grande de réformer le pays. Au moment où il n’y a plus d’annonce et qu’on semble attendre la reprise. C’est bien.

28% des gens trouvent qu’Hollande exerce mieux la fonction présidentielle.

Un point de plus trouve qu’il est compétent, capable de prendre les décisions qui s’imposent. Deux points de plus trouve qu’il rassembleur. Trois points de plus trouvent qu’il explique bien son action et qu’il est dynamique (22% des gens le trouvent dynamique contre 19 avant…).

L’amélioration est surtout sensible chez les « catégories socioprofessionnelles supérieures…

29 mai 2013

Baromètre politique - juin 2013

Jacques Etienne relève quelques incongruités dans le dernier baromètre politique Figaro Magazine réalisé par TNS Sofres. Il note par exemple que 24% des gens de gauche souhaitent voir jouer un rôle important dans les années à venir à MM. Juppé et Fillon alors qu’ils ne voteront jamais pour eux.

C’est en effet délirant. Si la droite revenait au pouvoir, je souhaiterais que ça soit avec des personnalités comme ces deux anciens premiers ministres mais en aucun cas je ne souhaite la droite revenir au pouvoir. Je ne souhaite donc pas les voir jouer un rôle important. Pour aller plus loin, je souhaite que M. Copé soit le prochain candidat à la présidentielle pour l’UMP, c’est, à mon avis, la meilleur chance pour la gauche de gagner. Quand je fais des billets, comme hier, à propos de l’UMP, ne cherchons pas à traficoter mes intentions : je ne soutiens personne à droite.

Ce sondage révèle bien des surprises. Commençons par la fin.

Le parti politique qui a la meilleure image est Europe Ecologie Les Verts. Ca me laisse sur le cul tant j’ai une mauvaise image de ce parti (sauf Mme Duflot et M. Cohn-Bendit…). Vient ensuite le PS… Cela m’étonne aussi mais c’est relativement bon signe. L’UMP a une très mauvaise image. C’est aussi bien et si personne, chez eux, ne se pose des questions, ça me ravit !

La question précédente est celle sur la cote d’avenir des principaux dirigeants de nos partis. La question est étonnante : « Voulez-vous me dire si vous souhaitez le lui voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir ? ». Je peux vous dire que je réponds « oui » à tous : je veux bien dire si… Je ne vais pas les prendre tous…

Manuel Valls : c’est le plus populaire. Sa cote de popularité est en forte hausse à gauche. C’est étrange, il a pris plein de baffes dans la gueule le mois dernier.

François Fillon : il arrive deuxième mais est en forte baisse à droite. Il a raison de faire la paix avec Jean-François Copé…

Nicolas Sarkozy : c’est le plus populaire à droite. Et presque que le moins à gauche. Cette différence de perception est étrange.

Alain Juppé : il est relativement populaire (au même niveau que Fillon pour la gauche) mais en dessous des deux précédents (ce qui est logique dans un classement mais m’étonne, je le vois un peu comme un vieux sage).

Martine Aubry : sa cote augmente fortement à gauche. Serait-elle attendue comme une sauveuse ?

François Bayrou : la chute libre…

Bertrand Delanoë : il reste stable. J’aurais pensé le voir en tête de ce classement.

Jean-Louis Borloo : en chute libre, à droite. C’est la personnalité de droite la plus populaire à gauche, me semble-t-il. Il m’est d’ailleurs sympathique mais je ne souhaite lui voir jouer aucun rôle… à part comme candidat à la présidentielle pour affaiblir l’UMP.

Marine Le Pen : elle est bien classée et, surtout, elle est très populaire à droite (52%) ce qui me parait très surprenant. Ca montre bien l’état dans lequel est l’UMP. Plus de la moitié des électeurs de droite pensent que le salut pourrait venir de Madame Le Pen...

Jean-Luc Mélenchon : il progresse à droite mais est en baisse auprès des sympathisants du PS ce qui me fait dire qu’il devrait changer de stratégie : il exaspère « ma » gauche.

Ségolène Royal : elle remonte fortement de tous les côtés.

Najat Vallaud-Belkacem : elle remonte fort à gauche. C’est aussi un sentiment personnel que j’ai : elle monte beaucoup dans mon estime.

Laurent Fabius : il baisse à droite. Pourquoi ?

François Baroin : il y a plein de personnes que je ne cite pas. Je le cite, lui, parce qu’il était l’objet de mon billet d’hier. Il monte fortement à gauche (même s’il reste à un niveau bas). Je ne souhaite pas qu’il revienne mais c’est effectivement un des types pour lequel j’ai le plus d’estime à droite.

Jean-François Copé : il baisse partout. Ils ne sont plus que 42% de sympathisants UMP à souhaiter qu’il joue un rôle.

Jean-Pierre Raffarin : c’est lui qui baisse le plus, à droite ! Le pauvre…

Stéphane Le Foll : sa très faible popularité à droite me surprend un peu. Je ne sais pas pourquoi mais je l’aime bien.

Avant ça, nous avions la cote de confiance envers Jean-Marc Ayrault. Elle augmente légèrement mais reste très basse, à 26%. Seul Villepin avait fait pire au 13ème mois. Pas grand-chose à dire mais la popularité augmente assez fortement au centre (même s’il faut prendre ces chiffres avec précaution).

Avant, c’était celle de François Hollande qui était étudiée. Sa popularité est en forte hausse. Mise à part le fait qu’elle reste très basse et que je ne suis pas spécialement objectif quand on parle de Pépère, c’est aussi un sentiment que j’ai, une reprise de confiance. En illustration de ce billet, la courbe de popularité des différents présidents au cours jusqu’à leur treizième mois. Celle de François Hollande est étrangement parallèle à celle de Nicolas Sarkozy.

La première courbe porte sur l’optimisme des Français. Le moral reste mauvais mais c’est impressionnant de constater, sur les courbes, qu’elles restent relativement constantes sur le long terme (à part des pics d’espoir à chaque élection…). Cela étant, il est relativement surprenant de voir que 6% des gens trouvent que les choses vont en s’améliorant…

Ils ne regardent pas les chiffres du chômage ?

23 mai 2013

Mariage pour tous : le large consensus

Mon confrère Bembelly publie ce matin un sondage à propos du mariage pour tous. La question posée était de savoir si, en cas de retour de la droite au pouvoir, les gens souhaitaient qu'elle revienne sur la loi en question.

52% des sondés répondent non et 35% oui. 

La question a encore fait des vagues à l'UMP hier, en marge des municipales à Paris. Guillaume Peltier a eu un "avertissement" pour avoir critiqué la position de Mme NKM.

Ce que je retiens de ce sondage, c'est que seuls 24% des Français semblent résolument opposés à ce mariage alors que l'UMP communique sur une majorité. En fait, le débat n'a presque plus lieu d'être (tout débat est utile, quand même !). L'UMP déclarait encore récemment qu'ils reviendraient sur cette loi quand ils seront élus. N'est-ce pas une grossière erreur ?

28 mars 2013

La compétence du président

Ah ! Un nouveau sondage vient de tomber : 29% des gens trouvent que François Hollande est compétent. 60% le trouvent incompétent. Je propose un nouveau sondage ou plutôt une interrogation des gens. Je parie que 95% des gens ne connaissent pas le rôle du président de la République ! Nous avons donc des gens qui répondent à un questionnaire sur la compétence mais ne savent pas à quoi cela se rapporte... De mieux en mieux.

Pour mieux juger du rôle du président, il faut se rappeler des trois périodes de cohabitation que nous avons subies. Je résume : la seule action notoire d'un président en période de cohabitation est celle de Mitterrand quand il avait interdit à Chirac de légiférer par ordonnance... Sans compter que ça nous avait fait rigoler.

Ainsi, le rôle du président porte surtout le fonctionnement des institutions (ordonnances, dissolution, référendum,...) avec aussi quelques prérogatives en matières de diplomatie et un rôle particulier vis-à-vis de l'armée.

Sinon, il a quelques pouvoirs de nomination, dont une notoire, celle du Premier Ministre, celui qui va diriger la politique du pays.

De part le calendrier électoral qui fait que depuis 2002, les législatives ont lieu quelques semaines après la présidentielle, c'est bien la campagne électorale du président qui détermine la politique à mener et donc le président qui décidé quel Premier Ministre aura pour rôle de mettre en œuvre les promesses de campagne.

Imaginons un "21 avril 2017". Premier tour : grosses divisions à gauche. Au deuxième tour, Marine Le Pen est opposée à Jean-François Copé. Personne ne peut le blairer. Les électeurs de gauche n'iront pas voter. Les électeurs de droite sont persuadés du contraire et s'autorisent à voter pour la candidate du FN pour rappeler à Copé qu'il est à droite alors qu'il mène une campagne plutôt à gauche pour convaincre les électeurs de gauche de venir voter. Bref ! Le bordel ! Marine Le Pen est élue. C'est une fiction, restez calmes !

Ensuite, il y a les législatives. L'UMP est anéantie. La gauche fait front commun et se mobilise à fond ! Le Front National se demande ce qu'il lui arrive et n'a pas de candidats potables à mettre partout. La gauche gagne. Le Parti Socialiste remporte la majorité absolue. La présidente nomme Harlem Désir, le premier secrétaire du PS, Premier ministre. Ne paniquez pas, ça reste une fiction.

10 mois après. Nouveau sondage : Mme Le Pen est-elle compétente ? Je réponds "oui". Elle a pris la meilleure décision qu'elle avait à prendre : nommer premier ministre le patron du parti majoritaire.

C'est quasiment tout ce qu'elle aura pu faire comme présidente. Elle pourra faire une dissolution (au bout d'un an je crois).

Revenons à nos moutons.

François a nommé Jean-Marc comme Premier Ministre en lui disant : "hop hop hop, tu fais ce que je dis, on essaie de mettre en œuvre ces putains de 60 engagements."  JM obtempère sinon il est lourdé.

2014 : le PS prend une baffe aux deux élections. 2015 : pareil. François Hollande a trois solutions. 1. Continuer ainsi. 2. Dissoudre l'Assemblée. 3. Changer de PM.

1. Il a été élu pour cinq ans et 60 engagements. Il est compétent et continue.
2. Sa politique ne marche pas. Il recommence tout. Il est compétent et laisse la droite se démerder. En 2017, il est réélu, comme le sortant en 1988 et 2002. Doublement compétent.
3. Il change de premier ministre et nomme Martine Aubry qui symbolise une autre ligne à gauche. Il lui dit : "tu te démerde". Il est compétent en tentant autre chose. Une espèce de cohabitation débute et il est réélu en 2017. Doublement compétent.

Le domaine de compétence du président porte donc sur le fonctionnement des institutions et sur le fait de se faire réélire, ce que l'on ne peut juger que lors du quinquennat suivant.

Jacques Chirac était très compétent. Il a fait une dissolution qui a permis la mise en place d'un bon gouvernement puis s'est fait réélire. Ensuite, il a permis l'élection de quelqu'un de sa majorité. On pourrait en dire autant de François Mitterrand. Il était encore plus compétent. Il a fait les dissolutions en début de mandat ce qui lui a permis de faire de qu'il voulait. Puis il a permis de faire élire Jacques Chirac qui était celui qui lui a permis d'être président en 1981, d'après la rumeur.

Nicolas Sarkozy a été totalement incompétent. Il a dirigé une politique, ce qui n'est pas son rôle, qui a été désastreuse pour la France, et n'a pas été réélu. Et en plus, il a la justice au cul.

Tout ça pour dire que ce sondage est complètement con, tout comme les gens qui y ont répondu. Si on m'avait posé la question, j'aurais répondu : "je n'en sais rien, bordel, je ne sais pas ce que fait Hollande quand il bosse. J'aurais plutôt tendance à dire qu'il semble plutôt incompétent parce que, vue sa popularité, je ne vois pas trop sa réélection en 2017 mais tout peut arriver. Est-ce bien la question que vous me posez ?"

Ainsi, les deux présidents les plus incompétents de cette République furent Valéry Giscard d’Estaing et Nicolas Sarkozy. Non seulement, ils n’ont pas été réélus mais ils ont eu les plus mauvais résultats en matière d’économie. N’oublions pas que « sous » Giscard, le chômage a été multiplié par quatre.

Je n’oublie pas que l’heure est à la pédagogie. Quelques extraits de la Constitution :

« ARTICLE 5.

Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'État.

Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités. »

La Constitution est respectée. Les pouvoirs publics fonctionnent… La nation est indépendante, le territoire est intègre et, si les traités ne sont pas respectés, c’est de la faute de la droite qui n’a pas été foutue de respecter ces putains de 3%.

« ARTICLE 8.

Le Président de la République nomme le Premier ministre. Il met fin à ses fonctions sur la présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement.

Sur la proposition du Premier ministre, il nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions. »

François Hollande est très compétent, il a nommé un Premier ministre et des membres du Gouvernement.

« ARTICLE 9.

Le Président de la République préside le conseil des ministres. »

Je n’ai pas vérifié, mais je suppose qu’il le fait.

« ARTICLE 10.

Le Président de la République promulgue les lois dans les quinze jours qui suivent la transmission au Gouvernement de la loi définitivement adoptée.

Il peut, avant l'expiration de ce délai, demander au Parlement une nouvelle délibération de la loi ou de certains de ses articles. Cette nouvelle délibération ne peut être refusée. »

A ma connaissance, François Hollande promulgue très bien.

François Hollande est très compétent. Mais ce n’est pas superman.

27 mars 2013

Le sondage de trop ?

Un nouveau sondage vient de sortir et fait la une de Google News. Titre de l’article : « En dix mois, François Hollande a déçu 2 Français sur 3 ». Cette interprétation du résultat est grotesque. La question posée était : « François Hollande a été élu président de la République en mail 2012. En ce qui vous concerne, si vous deviez donner votre sentiment actuel, êtes vous aujourd’hui satisfait ou déçu de son élection ? »

Attention ! Je vais faire des mathématiques… Accrochez-vous. A peu près 48% des gens ont voté pour Nicolas Sarkozy. Nous pouvons donc d’emblée en conclure que le 6 mai au soir, 48% de la population était déçue. Le nouveau sondage donne un chiffre de 68% de déçus. On peut donc en déduire qu’en dix mois François Hollande a déçu 20% des français, ce qui représente 40% de son électorat. C’est déjà beaucoup.

Le sondage que je citais ce matin, disait que la cote de confiance était passée de 55% à 30% ce qui fait une baisse de 15 points, donc environ, également de 40%.

On est bien loin des deux Français sur trois déçus depuis l’élection. On est à 20% soit un sur cinq.

Vous allez me dire que je chipote. Vous avez raison mais je n’aime pas lire des bêtises en une de Google News (sauf quand je manque de temps pour faire un billet et que ça me donne une idée toute trouvée).

Je chipote mais je peux même retourner totalement les chiffres. Par exemple, François Hollande a eu 27% au premier tour. S’il conserve 32% (100 – 68) de gens qui ne sont pas déçus, c’est qu’il surprend agréablement 5% de la population. Je plaisante.

Il n’empêche que c’est important. Dans mon précédent billet, je parlais de l’image du gouvernement mais des milliards de réactions dans Twitter ou dans les commentaires me laissent à penser que je me suis mal fait comprendre. En particulier, je n’ai pas nié le problème d’image.

J’ai seulement dit qu’un gouvernement de gauche n’aura jamais une bonne image auprès du peuple de droite et vice versa.

Le Gouvernement n’arrivera pas à résoudre son problème de popularité, donc son problème d’image, sauf à la marge en évitant les couacs.

25 janvier 2013

Popopulisme

Les Français sont déprimés, leur confiance dans l'action politique et dans les acteurs concernés est en chute libre. Tout est en place pour un retour au populisme. 

La gauche n'y gagnera pas.
 
Comme nous le dit Sistraer, Jean-Christophe Cambadélis a écrit une lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon. « La gauche est plurielle mais elle partage les mêmes valeurs. »  Je vais résumer en quelques mots : JCC, comme moi, n’est pas content car JLM donne l’impression d’avoir pour cible le PS et jamais la droite. Pire, il ne tient presqu’aucun propos positif pour les actions du Gouvernement alors que, par exemple, nous défilerons ensemble dimanche. Ceci est très lassant.

De fait, en tant que blogueur plutôt proche du Gouvernement, j’ai l’impression de recevoir plus de baffe sur ma joue gauche que sur ma joue droite…

J’ai été un peu fainéant, sur ce blog, depuis hier, pour des raisons professionnelles. Je tiens néanmoins à signaler cet article du Monde, sur la base d’un sondage Ipsos. Il est déprimant. « On savait les Français pessimistes, inquiets de l'avenir et persuadés du déclin du pays. » « L'enquête d'Ipsos […] ne confirme pas seulement ces tendances lourdes de l'opinion publique. »

Les chiffres sont terribles. Un français sur deux pense que le déclin de la France est inéluctable, économiquement et culturellement. 60% voient dans la mondialisation une menace pour la France et que la France doit se protéger plus. Par contre, moins de 30% veulent sortir de l’Euro… Est-ce de la résignation.

Plus de 70% des Français estiment que la démocratie fonctionne mal. Plus de 80% pensent que les élus ne pensent qu’à leur gueule et plus de 60% pensent qu’ils sont corrompus.

« Mais cette enquête va plus loin. Elle dresse du pays un portrait beaucoup plus sombre. Sur bien des points, en effet, la société française semble taraudée dans ses profondeurs : elle glisse de la défiance au rejet, de l'inquiétude à l'anxiété, du repli sur soi à la peur de l'autre, du pessimisme au catastrophisme ».

Cette enquête que je vous laisse lire pointe pêle-mêle des Français qui estiment qu’il faut plus d’autorité pour diriger la France, qu’il y a trop d’immigrés, ces Français qui assimilent l’islam à l’intégrisme….

« Les ingrédients d'un populisme massif sont donc réunis : le traditionnel "tous pourris !", l'appel au "chef" et la désignation de boucs émissaires. […] Mais si l'Histoire ne se répète jamais, elle invite à souligner le rôle dangereux de ceux qui, loin de les apaiser, attisent ces peurs. Ils trouveront dans cette enquête la justification de leurs philippiques. Ils feraient mieux d'y voir le résultat de leur travail d'incendiaires. »

Si je qualifie Jean-Luc Mélenchon de populiste, je vais me faire engueuler par un tas de militants… Pourtant, il serait bon de redonner confiance, de montrer comment la démocratie fonctionne, comment le travail avance, progressivement, pas à pas,… Certes, le Font de Gauche n’est pas sur la même ligne politique que le Parti Socialiste. Mais il n’a pas remporté les élections.

Je pense que l’heure n’est pas à tirer sur le Gouvernement. L’heure est à montrer que l’autoritarisme et la méthode politique employée par Nicolas Sarkozy étaient mauvais et que seul un travail calme et déterminé peut payer.

Néanmoins, dans l’enquête du Monde, il y a un truc qui me fait franchement rigoler. Il y a plus de monde au Front de Gauche à pratiquer le culte du chef qu’au PS.

Alors si le chef doit être un peu populiste…

N’oublions pas les prochaines échéances électorales, les municipales. Il faut que la gauche arrive unie pour limiter des dégâts forts probables, ce genre de suffrages est toujours défavorable à la majorité au niveau national.

Si le PS perd des communes, le Front de Gauche en perdra avec… Les Français sont pessimistes. Taper sur le Gouvernement ne les aidera pas à retrouver le moral, bien au contraire…

Et la victoire ne sera ni pour le Front de Gauche ni pour le Parti Socialiste.

Le Front de Gauche pourra se défouler lors des élections suivantes, les Européennes.

08 novembre 2012

La cote de confiance de nos dirigeants

Les sondages se suivent et se ressemblent : on ne peut pas dire que les cotes de popularité de François Hollande et Jean-Marc Ayrault, même si dans la dernière enquête IFOP, le président reprend un point (voir le pdf ici). Selon sa sensibilité politique, chacun trouvera des explications à ces mauvais chiffres.

Je vais uniquement faire un commentaire. Je lisais dans la presse ce matin que la chute de la popularité de François Hollande était la plus forte de l’histoire de la Cinquième mais ce n’est pas totalement exact. Dans la même période, selon TNS, Jacques Chirac avait perdu 8 points de plus en 1995.

Ce qui n’est pas une consolation.

Selon TNS, la cote de confiance de Jacques Chirac était de 37% en novembre 1995 alors que celle de François Hollande, 17 ans après, est de 36%, soit quasiment la même chose. Nicolas Sarkozy a mis quatre mois à être aussi impopulaire. Au cours de son mandat, Nicolas Sarkozy n’a pas souvent dépassé 40%. L’étude de la popularité de Jacques Chirac au cours de son premier septennat n’a pas beaucoup d’intérêt à cause de la cohabitation, mais au cours de son second septennat, il a mis près de deux ans à descendre au dessous de 40%.

Je ne sais pas si on peut comparer avec les années précédentes. Toujours est-il que François Mitterrand, lors de son premier septennat, avait mis trois ans à descendre vers 40% (et presque 5 ans pour le deuxième). Valéry Giscard d’Estaing, quant à lui, semble avoir toujours eu une relativement bonne cote de confiance… ce qui ne lui a pas servi à grand-chose, à la fin de son mandat…

Ceux qui sont aussi vieux que moi se rappelleront les grands événements qui ont accompagné ces phases de chute de popularité. C’est notamment le cas de Jacques Chirac qui m’intéresse, lors de son premier mandat, parce que sa chute est supérieure à celle de François Hollande (mais il partait de plus haut !). Rappelez-vous de l’histoire des Jupettes. Ou utilisez Wikipedia : à cette époque, il « met l'accent sur la lutte contre le déficit budgétaire et la dette de l'État afin de respecter le pacte de stabilité de l'Union européenne et d'assurer l'arrivée de l'Euro. Pour ce faire, le mouvement des privatisations […] se poursuit. […]Dès juillet 1995, une de ses toutes premières décisions est d'effectuer une ultime campagne d'essais nucléaires. […] » C’est surtout la page Wikipedia d’Alain Juppé qui est intéressante pour se rappeler des actions politiques de l’époque… qui avait débouché sur un remaniement d’un Gouvernement qui était jugé bien peu sérieux.

Le deuxième point qui m’intéresse est l’impact d’Internet sur cette popularité. Prenez l’exemple de l’interview de Jean-Marc Ayrault dans le Parisien, récemment, et de sa sortie à propos des « 39 heures », le tabou… L’encre de cet honorable canard n’était pas sèche que Twitter chauffait avec des gens de gauche qui criaient au scandale. A l’époque du début du mandat de Nicolas Sarkozy, si son Premier Ministre avait fait une telle sortie, les blogs de gauche auraient rigolé, les blogs de droite auraient siffloté discrètement en l’air.

D’ailleurs, François Fillon avait fait une « belle bourde » en déclarant qu’il était à la tête d’un état en faillite. L’affaire a surtout fait parler d’elle parce qu’il s’était fait engueulé par l’Elysée et qu’il avait été obligé de faire du rétropédalage par la suite. Quel rôle a joué Internet dans ce pataquès ?

En 1995, Internet n’existait quasiment pas et les réseaux sociaux étaient encore dans les testicules de leurs géniteurs.

On en tirera les conclusions qu’on voudra. De toute manière, toi, cher lecteur, si j’écris un truc, tu remettras en cause mon objectivité sans te demander si ce n’est pas toi, par hasard, qui manquerait un peu d’objectivité…

Je vais me contenter de faire deux remarques.

La première : dans l’absolu, François Hollande n’a pas à se préoccuper de sa cote de popularité mais… il est impossible de faire des réformes sans popularité.

La deuxième : ça fait trente ans (28 ?) que le président de la République a très souvent une popularité dérisoire. C’est lamentable. Ca fait 30 ans que les Français n’ont plus confiance dans leurs dirigeants.

François Hollande est, à ce titre, un président tout à fait normal…

C’est un autre point de l’étude de l’Ifop que je cite en introduction qui a retenu mon attention (ou, plutôt, celle de mon confrère Melclalex qui me l’a signalé ! D’ailleurs, n’oubliez pas de lire son billet du jour avec l’étude des impacts des évolutions de la fiscalité en fonction du niveau des revenus).

A la question : « Selon vous, l’opposition ferait-elle mieux que le gouvernement actuel si elle était au pouvoir ? » 58% des sondés répondent par la négative et ce taux est en baisse. (voir l'illustration)

C’est avec beaucoup d’émotion que je vois les cadors de l’UMP faire de la communication dans tous les sens, aujourd’hui, alors qu’il est absolument évident que c’est contreproductif…

24 septembre 2012

Populaire popularité

Il est de bon ton, dans la presse et dans les blogs, de tenter d'expliquer la mauvaise popularité de François Hollande et du gouvernement. C'est à se demander si ces analyses n'expliquent pas toutes seules le coup de mou dans les sondages. 

Toutes ces analyses sont sûrement fort justes et brillantes. Les rédacteurs peuvent être fiers. 

Cela étant on a cassé les c... de nombres de lecteurs avec la mauvaise popularité de son prédécesseur, ce qui nous faisait bien plaisir. 

Dans ma voiture, hier, j'écoutais François Fillon et, ce matin, Valérie Pécresse. Ils sont d'un culot incroyable quand ils tentent d'expliquer cette mauvaise popularité. Les socialistes découvriraient l'ampleur de la crise et n'auraient pas de projet (vous vous rappelez du projet de l'UMP ?). Surtout, ils nient leurs propres responsabilités.

Bah ! Ils font leur boulot. Boulot inutile d'ailleurs, les élections sont dans cinq ans. C'est toujours inutile, d'ailleurs, quand on est dans l'opposition mais il faut bien exister. Au moins, avec l'UMP, on a des lascars qui n'hésitent pas à dire que Hollande a raison de ratifier le traité européen. 

Je voulais ainsi apporter ma pierre au lot d'explication de la mauvaise popularité de c'te équipe : leurs choix sont validés par l'équipe précédente qui n'avait comme projet que d'augmenter la TVA. 

Il était d'ailleurs assez rigolo, le Fillon, hier soir, au Grand Jury. Il nous expliquait que François Hollande fait une grave erreur en n'augmentant pas la TVA ou la CSG, voire les deux. 

J'imagine la tronche de la popularité si, en plus, "on" avait augmenté ces impôts...

Je vais tenter une autre explication pour la mauvaise popularité : les précédents nous avaient habitués à une telle bêtise que les sondés pensent que nos dirigeants sont nécessairement débiles légers. 

Au fond le discours de François Fillon est : ah ah ! Vous allez en chier. Mais avec nous ça aurait été pire. 

Et après, on se demande pourquoi les Français dépriment.