En salle

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29 mars 2015

Le cèdre débouché

Cèdre portant plainte pour usurpation d'identité
La nouvelle politique du jour, à part une vague élection, est la probable création d’une nouvelle force politique suite à un scission des Verts, avec ceux qui sont favorables au retour au gouvernement, comme Barbara Pompili, François de Rugy, Jean-Vincent Placé, Denis Baupin,… qui seraient peut-être rejoints par le Front Démocrate de Jean-Luc Bennahmias ou le mouvement de Corinne Le Page.

Evidemment Gauche de Combat n’est pas content et les considère probablement comme d’affreux traitres ce qui nous les rend évidemment sympathiques, l’andouille, comme la plupart des militants de la vraie gauche, oubliant que pour peser politiquement, il vaut mieux être proche du gouvernement.

Il proteste le jour d’un deuxième tour d’une élection qui voit la gauche s’effondrer car elle n’a pas su faire l’union au plan local et mettre ses dissensions au niveau national sur leur oreille pour la fumer plus tard.

Je soutiens donc ces braves gens qui, pour des raisons variées, ne veulent pas plus que moi rejoindre le Parti Socialiste mais sont exaspérés par les autres forces de gauche. Ils sont, toujours comme moi, dans la mouvance de la majorité présidentielle dans une logique de rassemblement autour d’elle, le rassemblement n’empêchant pas le débat.

Je ne suis pas spécialement optimiste quant à leur capacité à réussir et il est probable que leur mouvement rejoigne Cap 21 et Génération Ecologie dans les oubliettes de la République mais je leur souhaite de réussir et d’être rejoints par quelques cadors du Parti Socialiste, du moins ceux qui se rendent compte du caractère quelque peu éculé (toi-même) de ce dernier.

Ils cherchent un nom et envisagent « le Cèdre ». On pourra faire des jeux de mots rigolos. Comme : « ils sont vendus au banque, c’est le Cèdre de l’IBAN. »


Je vais leur donner un conseil. Qu’ils nomment leur force « les Démocrates ». Cela aura de la gueule quand l’UMP s’appellera « les Républicains » et cela fait très « centre gauche ».  

18 juillet 2012

Foire d'emploigne et scandale à l'Assemblée

Ce matin, les médias ont mentionné les foires d’empoigne qu’il y a eu cette nuit à l’Assemblée Nationale. Certains propos d'un député de gauche ont fait scandale et Christian Jacob a exigé des excuses. Il me parait important de replacer les propos dans le contexte, même si mon billet est un peu long (vous n'avez que mon billet à lire, les autres blogueurs gauchistes sont en vacances...).

Le compte rendu provisoire de la séance vient d’être mis en ligne. Du coup, comme ce matin, je vais vous en glisser une partie ici. Je ne vais pas stigmatiser Christian Estrosi, pour une fois, mais Pierre Lelouche.

« M. Pierre Lellouche. Souffrez, monsieur, qu’un de ceux que vous avez pris en flagrant délit de keynésianisme prenne la parole. (Sourires sur les bancs des groupes UMP et UDI.) J’ai appris tout à l’heure qu’il existait des moteurs à propulsion négative : c’est décidément une soirée très riche en enseignements !

Monsieur le ministre… Mais je vois que vous êtes en train de lire votre journal et je ne veux pas vous déranger. Comme j’ai quelques kilomètres au compteur, j’ai vu Mme Aubry lire des romans en séance publique pendant qu’elle nous infligeait les 35 heures. » Si c’est pour entendre les députés d’opposition faire du remplissage, je la comprends… Poursuivons les propos de M. Lellouche.

« Monsieur Cahuzac, la vérité, c’est que vous refaites la loi des 35 heures. (Exclamations sur les bancs des groupes écologiste, SRC, GDR et RRDP.) En effet, ce que nous avions tenté de faire, c’est de contourner la durée légale du travail en permettant aux gens de travailler plus pour gagner plus. Dès lors, bien sûr, on peut se demander si nous n’aurions pas mieux fait de la supprimer totalement. C’est une vraie question et je suis prêt à en débattre. (Mêmes mouvements.) » Nous y voila : quand la droite n’est plus au pouvoir, elle propose de supprimer la durée légale du travail (ce qui est une aberration, par ailleurs). Poursuivons…

« Je suis heureux de vous intéresser enfin et de vous réveiller, mes chers collègues de la majorité ! Ce que vous voulez faire avec cet article 2, donc, c’est revenir strictement aux 35 heures. Tout ce qui dépasse coûtera au patron, à l’entreprise, mais aussi et surtout aux ouvriers ! » Pure démagogie et mensonge ! Il n’est pas interdit de dépasser les 35 heures. Toutes les heures sont fiscalisées depuis « la nuit des temps » et les ouvriers continueront à avoir leurs heures majorées.

Si l’opposition pouvait nous éviter ses analyses à la petite semaine… Poursuivons.

« M. Yves Censi. Très bien ! » Tiens ! Qu’est-ce qu’il vient nous interrompre, lui ? Poursuivons.

« M. Pierre Lellouche. En dépit de votre grande intelligence, monsieur Cahuzac, vous refaites les mêmes erreurs que Mme Aubry, en invoquant d’ailleurs les mêmes arguments, selon lesquels les heures supplémentaires prennent le travail des autres – ce qui, en termes économiques, constitue une bêtise gravissime ! » Heu, non ! Cela étant, si on pouvait éviter de dire dans l’hémicycle que les arguments des autres sont des bêtises… Poursuivons ! « Partout ailleurs, en Europe et dans le monde, on sait que lorsqu’un système travaille, il crée de la richesse, à l’inverse de ce que vous prétendez ! Vous devriez le savoir ! J’étais ici, en 1997, quand cette aberration a été inventée. Et quinze ans plus tard, on y revient ! » Oui. Et la situation économique mondiale est catastrophique. Le chômage a rarement été aussi élevé et nous sommes au bord de l’effondrement… Poursuivons…

« Votre deuxième erreur est une erreur politique remontant à cinq ans. En 2007, alors que vous étiez dans l’opposition, vous n’aviez de cesse de critiquer le bouclier fiscal, et aviez finalement réussi – n’est-ce pas, monsieur Le Roux – à nous coller les étiquettes de « Président des riches » et de « gouvernement des riches ». (« Et alors ? C’était vrai ! » sur les bancs du groupe SRC.) » Heu… D’ailleurs, la majeure partie du bouclier fiscal a été supprimée par le gouvernement qui l’a mis en place. Poursuivons…

« Savez-vous ce que vous êtes en train de vous faire à vous-mêmes ? Vous êtes en train de vous coller l’étiquette « majorité qui pique de l’argent aux pauvres » ! Vous êtes devenus le parti des bobos, et ceux que vous voulez taxer ce soir, ce sont les ouvriers et les petits employés ! (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et écologiste.) » Ah ? Et voulait augmenter la TVA pour tout le monde, celle de ces ouvriers, bien sûr, mais aussi celle de ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir faire des heures supplémentaires, celle des retraités, des chômeurs, des étudiants… ?

« Moi qui habite rue des Martyrs, je peux vous dire que les bobos qui ont voté pour vous ne sont pas concernés par les heures supplémentaires. En revanche, le commis boucher de la rue des Martyrs, il en a besoin, lui, des 500 euros que vous voulez lui prendre ! » Quels 500 euros ? «  Vous avez abandonné les ouvriers pour devenir le parti des bobos, des petits bourgeois ! (Mêmes mouvements.) Je les plains, les cocus de la gauche ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et UDI.) Mais croyez-moi : dans les cinq ans à venir, les Français vont vous faire payer ce que vous êtes devenus ! Ils n’oublieront pas que vous leur avez menti, que vous les avez faits cocus ! »

Je voulais signaler cette partie (entendue sur France Info ce matin) car des propos qui ont été tenus en réponse auraient scandalisé des députés UMP…

On va abandonner M. Lellouche, je vais juste citer deux extraits de la fin de ses propos. « Vous allez vous rendre responsables de centaines de milliers de chômeurs en plus, et d’une aggravation du déficit du commerce extérieur. » Heu… Quand on voit ce qui a été fait en 5 ans et en dix ans.  « Je prends date devant vous, mes chers collègues, et devant vous, monsieur le ministre : n’oubliez pas ce que je vous ai dit ce soir ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et UDI.) » Il peut prendre date si ça l’amuse mais il peut aussi relire les avertissements des députés socialistes

J’en viens aux propos qui ont scandalisé… II s’agit de ceux de François de Rugy, co président du groupe écolo.

« M. François de Rugy. Monsieur le président, mes chers collègues, j’ai l’impression qu’en cette heure tardive, nous avons droit au défilé des acteurs de l’UMP, des acteurs plus ou moins bons, comme si M. Copé était revenu tout exprès parmi nous – c’est dire si l’enjeu est de taille, car on ne le voyait plus tellement à l’Assemblée ces derniers temps – pour organiser une espèce de Copé Comedy Club. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes SRC, écologiste et RRDP.) » Ah, ça commence bien !

« Mme Marie-Christine Dalloz. Il est où, Mamère ?

M. François de Rugy. On voit ainsi défiler les anciens ministres – les meilleurs d’entre eux, bien sûr : M. Woerth, M. Bertrand, M. Lellouche…

M. Xavier Bertrand. Fait personnel !

M. François de Rugy. …qui viennent nous expliquer comment l’économie fonctionne. C’est vrai qu’ils en connaissent un rayon en matière de fonctionnement de l’économie : il n’y a jamais eu autant de faillites d’entreprises en France, jamais autant de délocalisations que lorsqu’ils étaient aux affaires ! Monsieur Lellouche, ministre du commerce extérieur, il n’y a jamais eu plus de déficit que de votre temps ! (Mêmes mouvements.) » Il n’a pas tort, je le disais ci-dessus. M. Lellouche devrait tourner sept fois sa langue dans sa bouche.

« Dans tous les concours de stand-up, il y a une blague qui revient sans arrêt : chez vous, c’est la blague des 35 heures, et vous racontez la même depuis dix ans ! Mais les Français ont bien compris que vous avez gouverné pendant dix ans, et que vous avez eu la majorité à l’Assemblée nationale durant la même période, qui vient tout juste de prendre fin – ce dont vous avez, semble-t-il, un peu de mal à prendre conscience. Si les Français avaient souhaité que vous supprimiez définitivement les 35 heures, vous l’auriez fait ! Mais Jacques Chirac s’en est bien gardé lorsqu’il était Président de la République : il ne fallait pas toucher à ce qu’il considérait comme un acquis social ! » Et paf !

« M. François Rochebloine. Eh oui ! Il a raison !

M. François de Rugy. Nicolas Sarkozy n’y a pas touché non plus, craignant de se rendre impopulaire. Pourquoi vouloir revenir sur cette histoire maintenant que vous êtes passés dans l’opposition ? » Ben, c’est périodique. Poursuivons…

« Vous semblez redécouvrir ce qu’est un ouvrier, un employé, voire un fonctionnaire. Vous voudriez vous faire les hérauts de la fonction publique, ce qui ne va pas vraiment de soi, pour des membres de l’UMP ! (Applaudissements sur les bancs des groupes écologiste et SRC.)

Je pense que M. Woerth et M. Bertrand, lorsqu’ils étaient respectivement trésorier et secrétaire général de l’UMP, étaient beaucoup plus habitués, en tant que membres du premier cercle, à ce qu’on leur parle de l’ISF et du bouclier fiscal que de la défiscalisation des heures supplémentaires. (Applaudissements sur les bancs des groupes écologiste, SRC et RRDP.) » Et paf ! Poursuivons, je crois bien que c’est la suite qui a fait scandale, en plus du Copé Comedy Club, ci-dessus.

« Il est vrai qu’il y a peut-être une exception en ce qui concerne les heures supplémentaires : M. Copé, alors qu’il était à la fois député de Seine-et-Marne, maire de Meaux, président d’une communauté d’agglomération et président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, trouvait encore le moyen de faire quelques heures supplémentaires dans un cabinet d’avocats – des heures supplémentaires fort bien payées, si j’en crois les informations publiées dans la presse. Je comprends que les questions de défiscalisation aient alors revêtu une certaine importance à ses yeux ! (Applaudissements sur les bancs des groupes écologiste, SRC et RRDP – Exclamations sur les bancs du groupe UMP.) » Maintenant, vous pouvez relire le discours de M. Lellouche et juger ce qui est pire. Poursuivons.

« M. Christian Estrosi. C’est scandaleux ! » Non, c’est rigolo. Tiens ! J’avais dit que je ne le stigmatiserai pas. Ca lui apprendra à interrompre les séances. Poursuivons.

« M. François de Rugy. Je savais bien que j’allais vous faire réagir, mes chers collègues, c’est d’ailleurs ce que je voulais. 

M. le président. Veuillez conclure, monsieur de Rugy, en tâchant d’éviter les réflexions d’ordre personnel. » Au fait ! C’est Marc Le Fur, député UMP, qui préside la séance… Poursuivons…

« M. François de Rugy. La vérité que vous ne voulez pas avouer, c’est que le cadeau fiscal que vous avez fait, vous l’avez fait payer pendant cinq ans aux autres salariés ! Eh bien oui, nous voulons mettre fin à cette politique consistant à opposer les salariés les uns aux autres, en supprimant une mesure particulièrement injuste ! (Mêmes mouvements sur les mêmes bancs.) »

C’est exactement ça…

Vous devriez lire plus souvent les comptes rendus des débats, on rigole bien à l’Assemblée Nationale !