Cathy,
Pierre-Alain,
Le
Cri du peuple,
El Fredo et d’autres
copains
blogueurs
politiques évoquent le bordel chez EELV avec le départ de Noël
Mamère
et l’annonce du départ prochain de Pascal Durand de la direction du parti.
Faut-il en penser quelque chose ? Non. Assurément non. Il faut en rigoler,
en toute amitié d’autant que j’ai de bons potes dans ce machin qui doivent bien
se demande où ils vont…
Mes condoléances. Une pensée pour la famille et les proches.
L’écologie politique est difficile mais les écolos français,
qu’ils soient proches de EELV, du FdG ou PS me paraissent être particulièrement
forts pour accumuler les erreurs grossières que cela soit dans leur
organisation ou dans leur communication. Le résultat est catastrophique et nuit
probablement à la cause de l’environnement. Quelques exemples.
Elections
Dès la primaire, il était évident qu’ils avaient désigné « le
mauvais cheval ». Eva Joly ne pouvait pas réaliser un score significatif.
Si EELV avait été un parti sérieux, ils auraient présenté Cécile Duflot (en
admettant qu’elle soit d’accord). On ne va pas refaire l’histoire mais elle a
un minimum de charisme et représente l’avenir. Une candidature aurait été très
formateur…
Quelques mois avant les élections, EELV a négocié un accord
de gouvernement avec le PS qui leur était très favorable. Voyant que la
mayonnaise ne prenait pas avec la candidature d’Eva Joly, ils auraient du la
retirer pour éviter une claque aux élections et surtout pour avoir une ligne
claire auprès des électeurs. On ne peut pas présenter une candidature contre un
parti qui allait vraisemblablement gagner une élection tout en concluant un
accord avec eux pour un projet politique et d’autres élections.
S’il y avait un accord, il aurait pu rester confidentiel et apparaître
après le premier tour, d’autant qu’il a créé des tensions (mais plus de la
faute du PS que des écolos).
Enfin, les cadres du parti font périodiquement entendre
leurs revendications auprès du gouvernement… Comment peuvent-ils passer pour un
parti de gouvernement sérieux ?
Nucléaire
Je ne suis pas spécialement partisan du nucléaire mais la
communication politique autour de cette histoire est très mauvaise. Les termes
de l’accord électoral ont d’ailleurs beaucoup nuit à François Hollande.
On ne peut pas communiquer sur la sortie du nucléaire et l’arrêt
des centrales. Cela sonne comme une terrible régression et un arrêt de l’indépendance
énergétique de la France, indépendance certes fictive, mais très importante pour
certains braves électeurs, dont moi, d’ailleurs… Auprès de ces électeurs, on
passe pour des apprentis sorciers qui risquent de provoquer des pénuries d’électricité…
En outre, le message est très négatif pour les salariés du secteur qui
représentent une part intéressante de l’électorat.
Par contre, on peut communiquer positivement sur le
développement des énergies alternatives et sur le fait de produire 50% de la
consommation d’électricité à partir de machins renouvelables.
La fermeture de centrales ne peut pas être une fin en soi.
Par contre, on peut facilement admettre qu’on peut éviter d’en construire d’autres…
Pourquoi communiquer sur des arrêts ?
Avec une coupure d’électricité pendant l’hiver, l’élection
aurait été perdue. On pourrait donc se mettre la transition énergétique dans la
poche…
Notre-Dame-des-Landes
Je vais parler de fond, mais c’est uniquement à titre d’exemple
parce que j’en ai beaucoup parlé depuis un an…
Les risques que cet aéroport fait courir sur l’eau sont une
excellente raison pour être opposé. Les Verts ont donc raison de s’y opposer. Par
contre, les autres formations politiques font une erreur d’utiliser les
considérations environnementales pour lutter contre : ils montrent qu’ils ne
pensent pas aux emplois créés et au développement économique de la région.
Notre-Dame-des-Landes est emblématique d’un mauvais traitement
politique car les considérations environnementales sont mélangées avec toutes
les autres, notamment les aspects économiques. Et comme tous les autres me
paraissent mauvais, j’avais complètement zappé les enjeux écologiques.
Je résume les arguments que j’estime mauvais :
- Ca
va coûter cher. On s’en fout, c’est en grande partie payé par Vinci. On
aura peut-être un dépassement pour les infrastructures (routes,…) mais ce
sont des clopinettes.
- C’est
un PPP. Bof. Ce sont les compagnies aériennes qui vont payer Vinci.
- L’ancien
aéroport n’est pas à saturation, des aéroports similaires ont un trafic
bien plus important. Certes, mais c’est aérogare qui coince.
- On
peut refaire le nouvel aéroport. Certes, mais à quel prix ? Il faut
détourner une voie SNCF et personne ne dit ce que l’on fera pendant la
construction du nouvel aéroport. Plus d’avion à Nantes ?
- On
lèse les habitants des départements au sud de Nantes. Et ceux du nord, on
s’en fout ?
- Il y
a déjà trop d’aéroport en Bretagne. Et alors, s’ils ne fonctionnent pas ?
Z’avez qu’à engeuler les Allemands qui les ont construits pendant la
guerre…
- Il
ne sert à rien. Faux. Il mettra un tas de PME à un jet de pierre d’un tas
de villes Européennes.
- On
détruit un bocage. Faux. Avant que les terres ne soient progressivement réquisitionnées
pour l’aéroport, c’était des terres cultivées.
- Le
transport aérien n’est pas une industrie d’avenir à cause de la diminution
du pétrole. Heu… Pourquoi des industriels, dont Vinci, continuent-ils à
investir ?
- Le
transport aérien est mauvais pour l’environnement, il ne faut pas l’encourager.
Il n’est pas encouragé, il est optimisé et le nouvel aéroport est conçu
pour faire des économies d’énergie en limitant le « roulage »
des avions.
Je me répète, je ne refais pas l’instruction du dossier, je
montre à quel point une argumentation partiale et bordélique peut nuire à une
cause, celle de l’environnement, car il existe un vrai argument.
Par ailleurs, les luttes menées ressemblent à un combat d’arrière
garde. Il ressemble beaucoup à ce qui s’est passé dans le Larzac mais, à l’époque,
on se battait contre des militaires, c’était rigolo. Là, on lutte contre le
développement économique d’une région, c’est moins drôle.
Enfin, ce n’est pas un combat de gauche. On est là pour
défendre les gens, en principe. A NDDL, on finit par défendre des propriétaires
terriens (qui en plus, comme la plupart des agriculteurs, votent à droite).
Je le disais : il y a un argument de poids. Je vais
tenter de l’expliquer même si je n’ai pas compris grand-chose. Les deux pistes
de trois kilomètres de long vont être construites en zone humide. Les « fondations »
devront être très profondes pour reposer sur « du dur ». La
circulation des eaux souterraines pourraient donc être coupée, provoquant des
dommages importants et, peut-être, la coupure de l’alimentation en eau de la
ville de Nantes ce qui les obligerait à boire exclusivement du Muscadet.
Cet argument étant proprement imbittable, les opposants ont
multiplié les autres arguments dans une espèce de méli-mélo abominable et un
tas de contrevérités. Non seulement, il est imbittables mais la loi semble mal
faite : je ne vois pas comment on pourrait compenser un tel truc.
Dans leur lutte contre NDDL, les opposants ont omis les
arguments en faveur de l’aéroport, ce qui est de bonne guerre, mais il y en a
qui touchent l’environnement qui ont été très minimisé :
-
déconstruire l’aérogare de Nantes
permettra de construire des logements et des bureaux, permettant de diminuer l’expansion
urbaine de la métropole,
-
l’aéroport actuel de Nantes provoque probablement
autant de nuisance pour l’environnement que n’en provoquerait le futur tout en
gênant considérablement des gens.
Je me répète encore : l’objet de ce billet n’est pas de
parler de NDDL et je ne doute pas que des opposants pourraient fournir d’autres
arguments ou casser les miens. Je veux dire qu’il apparaît clairement à tous
ceux qui s’en foutent, c'est-à-dire 90% de la population, que ce combat est
mené par principe.
La cause de l’environnement n’en sort pas grandie.
N.B. : j’ai oublié un autre argument contre NDDL car je
n’ai pas de réponse : il n’y a pas de transport ferré entre Nantes et l’Aéroport.
C’est effectivement une belle connerie. C’est comme pour Orly, en fait !
Ils ont mis des années à penser à ça. Orlyval a été mise en service 30 ans
après l’aérogare et il faut être un spécialiste des transports en commun
parisien pour savoir où le prendre. Le tramway entre Villejuif et Orly devrait
entrer en service à la fin de l’année. Mais je m’égare.
La fiscalité écologique
Je suis contre toute fiscalité écologique. On ne devrait
pouvoir taxer que les richesses existantes et surtout celles produites :
les revenus dont les bénéfices des entreprises et la valeur ajoutée. A droite
on préfère la TVA, à gauche on préfère les revenus. La routine. Nous sommes de
gauche. Toute taxe carbone ou écologique est l’équivalent d’une taxe sur la
consommation puisqu’elle finit payée par le consommateur final. Il n’y a pas de
solution : il ne faut pas de fiscalité écologique.
Une fiscalité écologique revient à acheter un droit à
polluer : c’est abominable. Si la pollution est mauvaise, on limite la
pollution on ne la fait pas payer. Tiens ! Si un gros 4x4 est mauvais pour
la santé des Parisiens, on interdit les gros 4x4 dans Paris. Les beaufs
gueuleront et on pourra les traiter de crétins vue l’utilité de ces machins. Ce
n’est pas une taxe complémentaire qui leur interdira de faire les cons.
Peu importe. Encore une fois, ce n’est pas le débat.
Toujours est-il que le message passé auprès du public est très mauvais :
-
les riches ont le droit de payer,
-
on augmente les taxes et les impôts.
Récemment, il y a eu un débat à propos de l’alignement des
taxes sur le gazole avec celles sur l’essence. Les écolos devraient penser à ce
que vont ressentir les électeurs… Ce n’est pas seulement une charge
supplémentaire pour eux mais aussi un sentiment d’injustice : ils ont
acheté des Diésels parce que le carburant était moins cher. Ils se font donc
baiser. Ils se font baiser, en plus, par des apprentis sorciers puisqu’on leur
expliquait, il y a dix ans, que le gazole était moins polluant que l’essence,
ce qu’ils ne croyaient d’ailleurs pas, à cause de l’odeur.
On les a pris pour des cons. Ils ne pardonnent pas.
Logique électorale
C’est ballot mais une politique écologique ne peut pas être
mise en place si on n’est pas élus et on ne peut être élu qu’en étant sérieux.
J’ai cité quelques exemples :
-
une approche délirante des élections
nationales qui ressemble à des caprices de mômes,
-
l’arrêt du nucléaire qui fait prendre un
risque pour les ouvriers du secteurs et surtout pour l’alimentation en
électricité,
-
un projet d’infrastructure orienté vers
le futur avec une argumentation qui ne tient pas la route et qui laisse de côté
la communication sur les enjeux écologiques,
-
la fiscalité environnementale qui aboutit
à taxer les pauvres et à prendre les usagers des voitures pour des cons tout en ridiculisant les experts scientifiques.
Vous admettrez que les conditions ne sont pas remplies pour
une belle victoire électorale qui ferait avancer la cause. J’ajoute que le
comportement actuel des Verts provoque une exaspération du public.
Si Hollande fait la moitié de ce qu’il a promis, la cause de
l’environnement aura bien avancé. Beaucoup plus que si la droite avait gagné l’élection.
Ce qui aurait pu arriver. Il aurait suffit d’une coupure
électrique de trois heures au cours l’hiver avant les élections.