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29 mars 2015

Le cèdre débouché

Cèdre portant plainte pour usurpation d'identité
La nouvelle politique du jour, à part une vague élection, est la probable création d’une nouvelle force politique suite à un scission des Verts, avec ceux qui sont favorables au retour au gouvernement, comme Barbara Pompili, François de Rugy, Jean-Vincent Placé, Denis Baupin,… qui seraient peut-être rejoints par le Front Démocrate de Jean-Luc Bennahmias ou le mouvement de Corinne Le Page.

Evidemment Gauche de Combat n’est pas content et les considère probablement comme d’affreux traitres ce qui nous les rend évidemment sympathiques, l’andouille, comme la plupart des militants de la vraie gauche, oubliant que pour peser politiquement, il vaut mieux être proche du gouvernement.

Il proteste le jour d’un deuxième tour d’une élection qui voit la gauche s’effondrer car elle n’a pas su faire l’union au plan local et mettre ses dissensions au niveau national sur leur oreille pour la fumer plus tard.

Je soutiens donc ces braves gens qui, pour des raisons variées, ne veulent pas plus que moi rejoindre le Parti Socialiste mais sont exaspérés par les autres forces de gauche. Ils sont, toujours comme moi, dans la mouvance de la majorité présidentielle dans une logique de rassemblement autour d’elle, le rassemblement n’empêchant pas le débat.

Je ne suis pas spécialement optimiste quant à leur capacité à réussir et il est probable que leur mouvement rejoigne Cap 21 et Génération Ecologie dans les oubliettes de la République mais je leur souhaite de réussir et d’être rejoints par quelques cadors du Parti Socialiste, du moins ceux qui se rendent compte du caractère quelque peu éculé (toi-même) de ce dernier.

Ils cherchent un nom et envisagent « le Cèdre ». On pourra faire des jeux de mots rigolos. Comme : « ils sont vendus au banque, c’est le Cèdre de l’IBAN. »


Je vais leur donner un conseil. Qu’ils nomment leur force « les Démocrates ». Cela aura de la gueule quand l’UMP s’appellera « les Républicains » et cela fait très « centre gauche ».  

25 février 2014

Ecoloscopie

Depuis ce week-end, on parle beaucoup des Verts. Le Lab (qui a changé récemment de formule, sauf si je suis en retard…) relate qu’une source gouvernementale met une grande partie de la responsabilité des ennuis avec EELV sur le dos de l’accord passé avec le PS alors dirigé par Martine Aubry, avant les élections.

Je suis parfaitement d’accord.

Pour être politiquement correct, je vais déclarer solennellement avant d’aller bouffer que les écolos ont toute leur place au gouvernement parce que le PS ne peut pas gouverner tout seul, sa majorité est trop faible et ce n’est pas sain de gouverner seul.

Il n’empêche qu’ils tiennent leur force à l’Assemblée uniquement de cet accord et qu’ils commencent à nous les brouter sérieusement.

Je ne vais pas charger Martine Aubry : c’est aussi par ses actions à la tête du Parti Socialiste que la gauche peut gouverner maintenant. Cet accord n’était pas réaliste et a failli faire perdre l’élection présidentielle en fragilisant François Hollande, en faisant passer les partis de gauche pour des margoulins qui ne pensaient qu’à leurs postes de députés et en effrayant les Français avec cette histoire de sortie du nucléaire. Voire en faisant passer tout le monde pour des guignols en faisant croire qu’on allait relancer l’économie en installant des doubles vitrages.

Voila, c’est dit… Bien mangé, moi ! Un rôti de port avec des tagliatelles. C’est étrange, j’aurais préférée de la purée.

02 janvier 2014

La tentation écologiste ou la tentation réactionnaire ?

Ce matin, je voulais faire un billet écolo en rebondissant sur une information trouvée dans l’Important : « Les OGM ont perdu la guerre contre les mauvaises herbes. » Je vais résumer : la nature a réussi à contourner ce qui a été mis en place dans les OGM pour faire fuir les mauvaises herbes réduisant à néant les efforts des chercheurs et montrant que les multinationales jouent aux apprentis sorciers pour gagner plus de pognon. Les mauvaises herbes sont un peu comme ces virus qui « mutent » pour résister aux médicaments que nous inventons…

Néanmoins, il m’est arrivé une anecdote sans la moindre importance, ce matin, qui m’a fait me rendre compte que je ferais un meilleur réactionnaire qu’écologiste. Je suis sérieux. Ce matin, je sors du métro à la station Esplanade de la Défense. Il y avait une touriste asiatique (mais peu importe dans cette histoire, c’est uniquement l’occasion de se foutre de la gueule des Japonais ou des Chinois) qui prenait des photos de la petite galerie marchande. J’ai trouvé ça grotesque.

Je rentre au boulot après 10 jours de vacances et tomber sur un touriste qui visite mon lieu de travail m’exaspère au plus haut point. N’allez pas vous fâcher : je sais que si vous n’y travaillez pas vous aimez bien visiter la Défense, ses tours, ses centres commerciaux,… Il n’empêche que c’est avant tout un lieu de travail où sont entassés des milliers d’abrutis dont moi, qui doivent se vautrer dans des transports en commun aléatoire. L’enfer. Je ne vous en veux pas. D’ailleurs, quand vous allez à l’étranger (voire simplement en province), vous aimez visiter les lieux de travail. Ca me rappelle la fois où j’avais été en séminaire au Sénégal. On avait visité un village dans la brousse (je suppose qu’il était reconstitué pour les touristes). On y voyait des femmes piler le mil. Les collègues s’extasiaient : « Oh ! Que de naturel ! Elles font ça avec amour pour nourrir la famille ! » Ce en quoi j’avais failli répondre : exactement, bandes d’andouilles, elles vont toucher un salaire en tant qu’acteur mais je suppose qu’elle préférerait acheter des frites surgelées dans un supermarché que de piler le mil.

Malheureusement, je ne peux pas faire réactionnaire de droite. Je pourrais bien faire réactionnaire de gauche mais on se cherche un peu. Alors écolo-réactionnaire de gauche, je vais avoir du mal à trouver une formation politique à ma pointure. Je vais rester socialiste tendance Hollande. En plus, je suppose que les réactionnaires défendent les OGM. Ils sont amusants. Ils vont défendre tout ce à quoi sont opposés les écolos. Tenez ! Je lisais un billet sur un blog réac (vu ceux que je lis, ça ne peut être que chez Koltchak), il diffusait un truc contre les éoliennes.

Forcément, les éoliennes ne produisent pas de courant quand il n’y a pas de vent (et quand il y en a trop, je suppose qu’il faut les débrayer). D’un autre côté, le nucléaire ne permet pas de répondre aux pics d’activités. C’est pareil avec les OGM. Ils vont être contents parce que ça permet de supprimer des insecticides et de produire plus de machins plus simplement mais ils ignorent les conséquences au niveau de l’environnement. Nous aussi, d’ailleurs… Mais le principe de précaution a du bon : ces putains de mauvaises herbes ont réussi à battre les OGM (et le roundup, voir l’article) et on en sait plus trop quoi faire pour les arracher à part faire venir de la main d’œuvre à bas coûts de pays en développement, pour énerver les réacs. Vous admettrez que c’est le bordel ! Et encore, je n’ai pas parlé du réchauffement climatique. Les réactionnaires sont un peu comme l’orchestre du Titanic… Et ils pensent qu’on est pareils, nous accusant de ne pas voir qu’on détruit la famille, la nation et tout ça avec toutes nos mauvaises actions.

Un peu de sérieux !

Vous ne voyez probablement pas où je veux en venir avec mon histoire de touriste à la Défense. Je vais expliquer : je suppose que les écolos sont opposés aux ensembles de type La Défense. Les tours sont une catastrophe pour l’environnement malgré les nouvelles normes environnementales. Les gens sont entassés dans les transports et c’est un bordel monstre. Je suppose aussi que les réactionnaires sont opposés à ces quartiers d’affaire, sans âme, peuplés par des bureaucrates abrutis heureux d’être là, se mélangeant avec n’importe quel quidam. Pire que le vivre ensemble !

Et des touristes idiots n’ont strictement aucun respect pour notre environnement.

L’année 2013 a été marquée par des conflits « droite gauche », « vraie droite contre droite molle », « vraie gauche contre gauche libérale ». Tout cela me fatigue. Pas plus tard qu’hier, je discutais de sécurité et de Roms dans les commentaires de mon blog (c’était probablement, encore, avec Koltchak). Je ne vois pas pourquoi la gauche devrait garder cette casquette de laxisme en matière de sécurité. Le problème n’est pas d’expulser les Roms qui emmerdent les braves gens, le problème est de ne pas leur filer d’hébergement quand on les expulse, surtout parce que c’est une promesse de campagne de François Hollande.

Ainsi, en cette période de fêtes, on se pose vraiment beaucoup de questions sur la nature de chaque décision du gouvernement. Le mariage pour tous est indubitablement un truc de gauche. La hausse de la TVA est un truc de droite. Il n’empêche que je ne vois pas en quoi réduire la dette serait un truc de droite d’autant que les intérêts considérables sont payés à des institutions privées. Certes, on aurait préféré une tranche supplémentaire des impôts sur le revenu mais ce n’est pas le choix qui a été fait.

Fatigué

Je suis ainsi fatigué de cette course à la légitimité. Prouver que l’engagement politique est légitime. Prouver qu’on ne se trompe pas de côté.

A la lecture de ce billet, le lecteur aura peut-être compris pourquoi je ne suis pas réac de droite mais pas pourquoi je ne suis pas écolo. Il ne lit pas assez mon blog et n’a pas vu les 15 ou 20 billets que j’ai fait en un an pour défendre Notre-Dame-des-Landes et les infrastructures nécessaire au développement industriel de nos régions. Il n’a pas vu les billets que j’ai faits contre l’écotaxe,…

Je suis réactionnaire : je n’aime pas les évolutions de la société. Toi non plus, là, tel que je te vois. Ou alors, viens bosser un mois à la Défense… Jure-moi que tu ne passes pas certains de tes samedis après-midi dans des grandes surfaces spécialisées.

Je ne suis pas réactionnaire : j’ai encore passé la soirée avec d’affreux immigrés, hier… Volontairement. Pas pour le plaisir de fréquenter des gens venus d’ailleurs mais parce qu’à l’Aéro, il y a des pochetrons comme vous et moi (pas moi, hier, en l’occurrence, j’avais des restes de la veille, je suis resté très sage) mais venus d’ailleurs et j’étais sûr de trouver une bonne ambiance, comme dans le temps, quand les bistros étaient mieux. Ah merde ! Je suis réactionnaire.

Je suis écolo : je n’ai pas de voiture, je prends les transports en commun, je n’allume pas le chauffage chez moi quand il ne fait pas vraiment froid, je défends la transition énergétique et la diversification des sources d’énergie, je soutiens la suppression du nombre de voitures à Paris,…

Je ne suis pas écolo : je trouve dangereux électoralement de militer pour la fermeture de centrales nucléaires en oubliant que les Allemands ont remplacé leurs par des machins qui produisent des trucs à effet de serre, je trouve grotesque de penser que deux pistes de 3,5 km sont plus mauvaises pour l’environnement que des centaines de lignes grande vitesse,…

Je suis opposé aux partis réactionnaires et écolos. Je vous passe les raisons d’être opposées aux formations réacs quant aux écolos, quand un de leurs principaux dirigeants refuse de payer des amendes pour l’utilisation de sa voiture, ça se passe d’explication.

Reste l’orientation politique du gouvernement.

Je suis sidéré devant le nombre de gens qui ne sont pas sidérés que je ne sois pas sidéré par ces orientations. Prenons cette augmentation de la TVA. L’ami Sarkofrance revient dessus, ce matin (elle devrait coûter environ 40 euros par an aux ménages dépensant 10000 euros dans la consommation - hors logement, donc). Je me rappelle quand le gouvernement précédent avait baissé la TVA sur la restauration. J’étais pour. Mes confrères de gauche contre. Ils sont aujourd’hui contre son augmentation.

Dès qu’il est parti en campagne pour la primaire, François Hollande évoquait une taxe écologique sur la consommation. J’étais contre. Par contre, il avait bien dit qu’il fallait augmenter certaines taxes… Je ne suis pas surpris par sa ligne politique.

« En 2011, Nicolas Sarkozy avait fait voter une hausse du taux général (de 19,6% à 21,2%), soit 11 milliards d'euros d'augmentation estimée. » (je cite Sarkofrance). Cette hausse a été annulée conformément aux promesses de campagne mais elle a été remplacée par une hausse de 0,4 points (pour un motif que je ne partage pas). Le taux réduit de TVA a 5,5% est maintenu : « sur les travaux d’amélioration de la qualité énergétique des logements » (je cite le site du gouvernement). Il reste que l’augmentation de 5,5% à 10% porte essentiellement sur la restauration, alors que la baisse avait été critiquée par la gauche, et pour les travaux pas liés à l’amélioration de la qualité énergétique. Pour le reste, je vous laisse lire le code des impôts… C’est à peu près conforme à ce que Hollande disait pendant sa campagne (non pas l’augmentation générale mais la modulation des taux selon des critères liés à l’environnement).

Social-libéral ?

Ce qualificatif est ressorti en 2013. Nous serions devenus des sociaux-libéraux. Je ne sais pas trop ce à quoi cela correspond et je me demande si ceux qui utilisent ce terme le savent vraiment.

Si le gouvernement était libéral, « il autoriserait le voile à l'école et la dérégulation des taxis » (je cite qui je veux…). Pour ma part, je suis pour l’interdiction du voile ce qui fait de moi un anti-libéral contrairement à bon nombre de gens de la vraie gauche qui voudraient bien défendre ces pauvres opprimées porteuses de voile et donc un parfait réactionnaire alors que les réactionnaires sont généralement libéraux. Je suis pour la dérégulation des taxis. Je ne sais pas ce qu’en pense la vraie gauche mais les taxis me paraissent généralement être d’affreux réactionnaires. Ils se revendiquent probablement très libéraux mais sont dans une des professions les plus réglementées du pays.

Tout cela est bien compliqué. Militons pour une année 2014 sans casquette.

22 octobre 2013

Le budget et l'actualité politique

Les cadres d’EELV confirment qu’ils souhaitent que les lycéens continuent à manifester ce qui me semble complètement irresponsable. Léonarda a donné une interview à Canal Plus où elle dit que, finalement, elle pourrait revenir. Ca me parait surréaliste. Jean-François Copé ne cesse de courir après le Front National et propose maintenant de supprimer le droit du sol. C’est délirant. Alors que le budget va passer en vote solennel, les acteurs de la vie politique oublient totalement ce fait sauf en manifestant contre l’écotaxe.

Tiens ! Les écolos qui braillent contre les décisions de François Hollande, ils pensent quoi de l’arrivée d’une vraie politique fiscale écologique en France ?

Ils pensent quoi d’un gouvernement qui commence enfin à taxer les transports de marchandise pour favoriser une production de proximité et diminuer les conséquences de notre production délirante.

Dans les médias, on lit un peu n’importe quoi. Le premier est qu’il favorisera les importations. Ridicule. Comme si les marchandises importées n’étaient pas transportées. Il n’y aura aucune concurrence déloyale. D’ailleurs, plusieurs pays d’Europe ont mis en place un système équivalent, dont l’Allemagne. Tous les poids lourds, y compris étrangers, seront soumis à l’écotaxe.

L’écotaxe représente 13 centimes par kilomètre. Un poids lourd qui transporte 10 tonnes de tomates sur 500 kilomètres paiera donc une taxe de 65 euros soit moins d’un centime par kilo. C’est bien loin des annonces que l’on peut voir dans la presse. C’était dans les médias. L’impact est évalué par des gens sérieux à 0,4% des produits.

Ils sont nous nos écolos ?

La troisième ânerie des médias est de ne pas dénoncer les élus de droite qui critiquent cette écotaxe alors qu’elle a été mise en œuvre dans le cadre du Grenelle de l’Environnement, qu’ils ont eux-mêmes encouragés. C’est lamentable.

Ainsi, cette après-midi, les députés vont voter solennellement la loi avant qu’elle ne passe au Sénat. Le budget contient 15 milliards d’économies. Plusieurs mesures protègent les plus modestes :
-         le dégel du barème de l'impôt sur le revenu,
-         le maintien de l'avantage fiscal pour les parents d'élèves du secondaire et du supérieur,
-         le relèvement de 4% du revenu fiscal de référence.

Les entreprises qui font un chiffre d’affaire supérieur à 250 millions gagneront un alourdissement temporaire de l’impôt sur les sociétés et la taxe de 75% sur les salaires de plus de un million sera mise en œuvre.

Les prélèvements obligatoires n’augmenteront que 0,15% du PIB dont une grande partie de la lutte contre la lutte fiscale.            

Des polémiques

A l’occasion des débats, on voit fleurir des belles polémiques. La dernière en date porte sur la TVA sur les transports. Je suis personnellement contre les augmentations de TVA (et de toute fiscalité reposant sur la consommation, dont l’écotaxe – me moment pour la mettre en place ne me parait pas le bon) mais je ne vois pourquoi les transports en commun devraient avoir une fiscalité réduite (d’autant que j’ai déjà fait des billets pour dire qu’ils devraient être gratuits).

Il y a aussi la « contribution climat énergie », c'est-à-dire, pour la première fois, la taxation du CO2.

Les écolos devraient voter ce budget. C’est un axe politique majeur. La majorité est donc unie sur le texte de loi le plus important de l’année. Le budget fait l’objet d’un consensus, comme de rigueur et je m’en réjouis comme si cela pouvait intéresser quelqu’un.

Qu’est-ce qu’ils ont à appeler les lycéens à manifester ?


25 septembre 2013

Impossible écologie politique

Cathy, Pierre-Alain, Le Cri du peuple, El Fredo et d’autres copains blogueurs politiques évoquent le bordel chez EELV avec le départ de Noël Mamère et l’annonce du départ prochain de Pascal Durand de la direction du parti. Faut-il en penser quelque chose ? Non. Assurément non. Il faut en rigoler, en toute amitié d’autant que j’ai de bons potes dans ce machin qui doivent bien se demande où ils vont…

Mes condoléances. Une pensée pour la famille et les proches.

L’écologie politique est difficile mais les écolos français, qu’ils soient proches de EELV, du FdG ou PS me paraissent être particulièrement forts pour accumuler les erreurs grossières que cela soit dans leur organisation ou dans leur communication. Le résultat est catastrophique et nuit probablement à la cause de l’environnement. Quelques exemples.

Elections

Dès la primaire, il était évident qu’ils avaient désigné « le mauvais cheval ». Eva Joly ne pouvait pas réaliser un score significatif. Si EELV avait été un parti sérieux, ils auraient présenté Cécile Duflot (en admettant qu’elle soit d’accord). On ne va pas refaire l’histoire mais elle a un minimum de charisme et représente l’avenir. Une candidature aurait été très formateur…

Quelques mois avant les élections, EELV a négocié un accord de gouvernement avec le PS qui leur était très favorable. Voyant que la mayonnaise ne prenait pas avec la candidature d’Eva Joly, ils auraient du la retirer pour éviter une claque aux élections et surtout pour avoir une ligne claire auprès des électeurs. On ne peut pas présenter une candidature contre un parti qui allait vraisemblablement gagner une élection tout en concluant un accord avec eux pour un projet politique et d’autres élections.

S’il y avait un accord, il aurait pu rester confidentiel et apparaître après le premier tour, d’autant qu’il a créé des tensions (mais plus de la faute du PS que des écolos).

Enfin, les cadres du parti font périodiquement entendre leurs revendications auprès du gouvernement… Comment peuvent-ils passer pour un parti de gouvernement sérieux ?

Nucléaire

Je ne suis pas spécialement partisan du nucléaire mais la communication politique autour de cette histoire est très mauvaise. Les termes de l’accord électoral ont d’ailleurs beaucoup nuit à François Hollande.

On ne peut pas communiquer sur la sortie du nucléaire et l’arrêt des centrales. Cela sonne comme une terrible régression et un arrêt de l’indépendance énergétique de la France, indépendance certes fictive, mais très importante pour certains braves électeurs, dont moi, d’ailleurs… Auprès de ces électeurs, on passe pour des apprentis sorciers qui risquent de provoquer des pénuries d’électricité… En outre, le message est très négatif pour les salariés du secteur qui représentent une part intéressante de l’électorat.

Par contre, on peut communiquer positivement sur le développement des énergies alternatives et sur le fait de produire 50% de la consommation d’électricité à partir de machins renouvelables.
La fermeture de centrales ne peut pas être une fin en soi. Par contre, on peut facilement admettre qu’on peut éviter d’en construire d’autres… Pourquoi communiquer sur des arrêts ?

Avec une coupure d’électricité pendant l’hiver, l’élection aurait été perdue. On pourrait donc se mettre la transition énergétique dans la poche…

Notre-Dame-des-Landes

Je vais parler de fond, mais c’est uniquement à titre d’exemple parce que j’en ai beaucoup parlé depuis un an…

Les risques que cet aéroport fait courir sur l’eau sont une excellente raison pour être opposé. Les Verts ont donc raison de s’y opposer. Par contre, les autres formations politiques font une erreur d’utiliser les considérations environnementales pour lutter contre : ils montrent qu’ils ne pensent pas aux emplois créés et au développement économique de la région.

Notre-Dame-des-Landes est emblématique d’un mauvais traitement politique car les considérations environnementales sont mélangées avec toutes les autres, notamment les aspects économiques. Et comme tous les autres me paraissent mauvais, j’avais complètement zappé les enjeux écologiques.

Je résume les arguments que j’estime mauvais :
  1. Ca va coûter cher. On s’en fout, c’est en grande partie payé par Vinci. On aura peut-être un dépassement pour les infrastructures (routes,…) mais ce sont des clopinettes.
  2. C’est un PPP. Bof. Ce sont les compagnies aériennes qui vont payer Vinci.
  3. L’ancien aéroport n’est pas à saturation, des aéroports similaires ont un trafic bien plus important. Certes, mais c’est aérogare qui coince.
  4. On peut refaire le nouvel aéroport. Certes, mais à quel prix ? Il faut détourner une voie SNCF et personne ne dit ce que l’on fera pendant la construction du nouvel aéroport. Plus d’avion à Nantes ?
  5. On lèse les habitants des départements au sud de Nantes. Et ceux du nord, on s’en fout ?
  6. Il y a déjà trop d’aéroport en Bretagne. Et alors, s’ils ne fonctionnent pas ? Z’avez qu’à engeuler les Allemands qui les ont construits pendant la guerre…
  7. Il ne sert à rien. Faux. Il mettra un tas de PME à un jet de pierre d’un tas de villes Européennes.
  8. On détruit un bocage. Faux. Avant que les terres ne soient progressivement réquisitionnées pour l’aéroport, c’était des terres cultivées.
  9. Le transport aérien n’est pas une industrie d’avenir à cause de la diminution du pétrole. Heu… Pourquoi des industriels, dont Vinci, continuent-ils à investir ?
  10. Le transport aérien est mauvais pour l’environnement, il ne faut pas l’encourager. Il n’est pas encouragé, il est optimisé et le nouvel aéroport est conçu pour faire des économies d’énergie en limitant le « roulage » des avions.

Je me répète, je ne refais pas l’instruction du dossier, je montre à quel point une argumentation partiale et bordélique peut nuire à une cause, celle de l’environnement, car il existe un vrai argument.

Par ailleurs, les luttes menées ressemblent à un combat d’arrière garde. Il ressemble beaucoup à ce qui s’est passé dans le Larzac mais, à l’époque, on se battait contre des militaires, c’était rigolo. Là, on lutte contre le développement économique d’une région, c’est moins drôle.

Enfin, ce n’est pas un combat de gauche. On est là pour défendre les gens, en principe. A NDDL, on finit par défendre des propriétaires terriens (qui en plus, comme la plupart des agriculteurs, votent à droite).

Je le disais : il y a un argument de poids. Je vais tenter de l’expliquer même si je n’ai pas compris grand-chose. Les deux pistes de trois kilomètres de long vont être construites en zone humide. Les « fondations » devront être très profondes pour reposer sur « du dur ». La circulation des eaux souterraines pourraient donc être coupée, provoquant des dommages importants et, peut-être, la coupure de l’alimentation en eau de la ville de Nantes ce qui les obligerait à boire exclusivement du Muscadet.

Cet argument étant proprement imbittable, les opposants ont multiplié les autres arguments dans une espèce de méli-mélo abominable et un tas de contrevérités. Non seulement, il est imbittables mais la loi semble mal faite : je ne vois pas comment on pourrait compenser un tel truc.

Dans leur lutte contre NDDL, les opposants ont omis les arguments en faveur de l’aéroport, ce qui est de bonne guerre, mais il y en a qui touchent l’environnement qui ont été très minimisé :
-         déconstruire l’aérogare de Nantes permettra de construire des logements et des bureaux, permettant de diminuer l’expansion urbaine de la métropole,
-         l’aéroport actuel de Nantes provoque probablement autant de nuisance pour l’environnement que n’en provoquerait le futur tout en gênant considérablement des gens.

Je me répète encore : l’objet de ce billet n’est pas de parler de NDDL et je ne doute pas que des opposants pourraient fournir d’autres arguments ou casser les miens. Je veux dire qu’il apparaît clairement à tous ceux qui s’en foutent, c'est-à-dire 90% de la population, que ce combat est mené par principe.

La cause de l’environnement n’en sort pas grandie.

N.B. : j’ai oublié un autre argument contre NDDL car je n’ai pas de réponse : il n’y a pas de transport ferré entre Nantes et l’Aéroport. C’est effectivement une belle connerie. C’est comme pour Orly, en fait ! Ils ont mis des années à penser à ça. Orlyval a été mise en service 30 ans après l’aérogare et il faut être un spécialiste des transports en commun parisien pour savoir où le prendre. Le tramway entre Villejuif et Orly devrait entrer en service à la fin de l’année. Mais je m’égare.

La fiscalité écologique

Je suis contre toute fiscalité écologique. On ne devrait pouvoir taxer que les richesses existantes et surtout celles produites : les revenus dont les bénéfices des entreprises et la valeur ajoutée. A droite on préfère la TVA, à gauche on préfère les revenus. La routine. Nous sommes de gauche. Toute taxe carbone ou écologique est l’équivalent d’une taxe sur la consommation puisqu’elle finit payée par le consommateur final. Il n’y a pas de solution : il ne faut pas de fiscalité écologique.

Une fiscalité écologique revient à acheter un droit à polluer : c’est abominable. Si la pollution est mauvaise, on limite la pollution on ne la fait pas payer. Tiens ! Si un gros 4x4 est mauvais pour la santé des Parisiens, on interdit les gros 4x4 dans Paris. Les beaufs gueuleront et on pourra les traiter de crétins vue l’utilité de ces machins. Ce n’est pas une taxe complémentaire qui leur interdira de faire les cons.

Peu importe. Encore une fois, ce n’est pas le débat. Toujours est-il que le message passé auprès du public est très mauvais :
-         les riches ont le droit de payer,
-         on augmente les taxes et les impôts.

Récemment, il y a eu un débat à propos de l’alignement des taxes sur le gazole avec celles sur l’essence. Les écolos devraient penser à ce que vont ressentir les électeurs… Ce n’est pas seulement une charge supplémentaire pour eux mais aussi un sentiment d’injustice : ils ont acheté des Diésels parce que le carburant était moins cher. Ils se font donc baiser. Ils se font baiser, en plus, par des apprentis sorciers puisqu’on leur expliquait, il y a dix ans, que le gazole était moins polluant que l’essence, ce qu’ils ne croyaient d’ailleurs pas, à cause de l’odeur.

On les a pris pour des cons. Ils ne pardonnent pas.

Logique électorale

C’est ballot mais une politique écologique ne peut pas être mise en place si on n’est pas élus et on ne peut être élu qu’en étant sérieux. J’ai cité quelques exemples :
-         une approche délirante des élections nationales qui ressemble à des caprices de mômes,
-         l’arrêt du nucléaire qui fait prendre un risque pour les ouvriers du secteurs et surtout pour l’alimentation en électricité,
-         un projet d’infrastructure orienté vers le futur avec une argumentation qui ne tient pas la route et qui laisse de côté la communication sur les enjeux écologiques,
-         la fiscalité environnementale qui aboutit à taxer les pauvres et à prendre les usagers des voitures pour des cons tout en ridiculisant les experts scientifiques.

Vous admettrez que les conditions ne sont pas remplies pour une belle victoire électorale qui ferait avancer la cause. J’ajoute que le comportement actuel des Verts provoque une exaspération du public.

Si Hollande fait la moitié de ce qu’il a promis, la cause de l’environnement aura bien avancé. Beaucoup plus que si la droite avait gagné l’élection.

Ce qui aurait pu arriver. Il aurait suffit d’une coupure électrique de trois heures au cours l’hiver avant les élections.

19 juillet 2013

Débats à gauche autour du Grand Paris

Le débat autour du Grand Paris bat son plein à l’Assemblée Nationale mais pas dans les commentaires de mon blog. Mon billet d’hier a eu moins de 200 lecteurs, c’est vous dire ! Ou ne rien vous dire vu que vous ne connaissez pas l’audience de mon blog (c’est environ le nombre de lecteurs que j’ai pour un message de service, comme l’annonce d’une réunion de blogueurs). Jean-Luc Laurent qui, bien qu’étant dans la majorité Présidentielle est en lutte contre le projet du gouvernement, présente dans son blog l’article du Parisien et celui du Figaro où ses propos sont cités.

Toujours est-il que les élus de la région ronchonnent. Ceux de droite le font ouvertement, c’est leur boulot. Ceux du PS sont un peu muselés par la discipline de groupe. Les autres élus de gauche sont plus loquaces. Les Verts font n’importe quoi. Jean-Luc Laurent, lui, est du MRC et représente donc tout seul l’opposition de gauche sérieuse à ce projet.

Les Verts font n’importe quoi.

Heureusement qu’il y a des blogueurs politiques qui sont des professionnels du travail législatif pour repérer leurs conneries, je n’ai pas que ça à foutre que de tout lire. C’est le boulot d’Authueil et il fait son dernier billet sur un amendement déposé par EELV et que le gouvernement est obligé d’accepter pour aller dans le sens de sa majorité.

J’avais lu cet amendement, hier, puisqu’Authueil l’avait tweeté au cours d’une discussion avec Doudette et David, mais il faut le regard d’un professionnel pour le comprendre même si, à la relecture, ça saute aux yeux. « Le conseil métropolitain est composé d’un collège de conseillers métropolitains élus au suffrage universel direct et d’un collège de représentants des communes. Le nombre de conseillers métropolitains élus au suffrage universel direct est au minimum équivalent au nombre de représentants des communes dans les conditions prévues par le code électoral. »

Juridiquement, ça ne veut pas dire grand-chose. En gros, selon Authueil, ceci est nul, mal préparé, inapplicable…

Mais en français, ça veut dire que la métropole du Grand Paris sera dirigée par une Assemblée dont les membres seront, pour la moitié, élus au suffrage universel. Ceci est politiquement très critiquable : une intercommunalité est une « association » de communes pour travailler ensemble et doit donc être gérée uniquement par les communes en partenariat avec les collectivités territoriales.

Imaginer un vote pour cela est de la pure démagogie, du populisme de bas étage. C’est un peu comme si vous organisiez des élections pour la direction du syndicat de traitement des eaux. Comme si, en tant qu’électeur, j’avais les moyens et le temps d’étudier ce que proposent chacun pour finir par voter pour le PS parce que c’est mieux, pour le MRC parce que c’est la couleur politique de ma commune, pour le PC pour faire chier la majorité de gauche de gouvernement ou pour EELV parce qu’ils devraient être plus compétents… Je ne plaisante pas : la Métropole du Grand Paris est créée essentiellement pour gérer le logement. Une fois qu’on a un budget, ce n’est plus tellement un sujet droite gauche… Et les électeurs n’y connaissent rien, il s’agit d’avoir une vision à long terme de l’évolution de la métropole tout en gérant les urgences.

Ajouter des élections n’est pas démocratique. On sait que les électeurs se mobilisent peu pour les élections autres que les municipales et les nationales donc les départementales, régionales et européennes.

Mais ces élections intermédiaires sont souvent une rente pour les formations politiques minoritaires, rente démultipliée lors des scrutins par liste.

Donc pour EELV.

Régionales 2010 – abstention : 53,67% - EELV : 12,18%
Présidentielle 2012 – abstention : 20,51% - EELV : 2,31%

Je me demande si le PS n’a pas quelques difficultés avec ses alliés…

23 septembre 2012

Pitres verts

Daniel Cohn-Bendit n'est pas content et se met en retrait d'Europe Ecologie Les Verts et on le comprend : « Hier, lors du Conseil fédéral d'Europe Ecologie-Les Verts, une motion anti-traité a été adoptée par 77 voix pour, 24 contre et huit abstentions. Le Traité sur la stabilité, la coordination et le gouvernance (TSCG) ne répondra pas "durablement" à la crise et "constitue un obstacle à la transition écologique", explique la motion qui recommande aux parlementaires écologistes de soutenir ces positions lors des débats et des votes au Parlement. »

DCB estime qu'il y a une dérive gauchiste de EELV. Il a parfaitement raison : EELV fonctionne comme la gauche de la gauche. Ils tapent tous contre la gauche de gouvernement pour bien les empêcher de faire des avancées. Mais eux, ils en font partie de la gauche de gouvernement.

EELV n'est composé que de pitres : ils décident de faire partie d'une majorité de gouvernement mais font des motions pour appeler leurs députés et sénateurs à voter contre les textes de ce gouvernement. C'est d'autant plus stupide qu'ils doivent leurs sièges à la bienveillance du Parti Socialiste.

Aucune conscience politique.

Des pitres.

N.B. : je précise bien que ce n'est pas un éventuel vote individuel contre le texte par les Parlementaires écolos qui me gêne mais bien le fait que le parti vote une motion les appelant à voter contre.

22 juin 2012

Les écolos et leur déplorable image

Daniel Cohn-Bendit a lancé une violente charge contre Europe Ecologie Les Verts en disant qu’ils ont une image déplorable. Je ne peux que lui donner raison : je ne sais pas ce qu’en pensent mes braves lecteurs qui ont les commentaires de ce billet pour s’exprimer sans modération (sauf celle des commentaires), mais, personnellement, ça fait que ce parti me sort par les trous de nez.

Ca ne date pas d’hier, mais tout empire. Au début de la campagne pour la Présidentielle, il y a eu la primaire de ce mouvement pour choisir un candidat. Je considère qu’Eva Joly n’était pas une bonne candidate mais que, de toute manière, la finale de la primaire n’avait pas un bon casting.

Cette primaire aurait du se jouer entre Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit pas entre les deux autres qui ne représentent pas grand-chose (mais je conçois que Mme Duflot et M. CB n’avaient pas envie…). J’ai lu quelque part, récemment, que Daniel Cohn-Bendit regrettait de ne pas avoir participé à la primaire du PS (ou de ne pas avoir poussé quelqu’un, Cécile Duflot, donc, à le faire). Les choses auraient été beaucoup plus claires par la suite.

A la fin de l’année, l’histoire de l’accord avec le PS a été déplorable, tant pour le PS que pour les écolos mais ces derniers ont surtout donné l’impression d’aller à la soupe pour avoir des sièges de députés, comme s’ils allaient à l’Election Présidentielle uniquement pour rigoler. D’ailleurs, je crois bien que DCB avait dit qu’il aurait souhaité que Mme Joly se désiste et se rallie à François Hollande. Ca m’aurait paru la moindre des choses (et surtout la seule solution pour ne pas faire un score dérisoire).

Jean-Vincent Placé a été vu beaucoup des photos prises lors d’événements qui ont suivi l’élection de François Hollande, comme si son propre parti n’existait et qu’il a fait partie de l’équipe de campagne du nouveau Président. Ce matin, il se permet, tout comme le remplaçant de Cécile Duflot, de pester contre le remaniement d’hier soir et le changement de Ministre de l’Ecologie. Comme s’il regrettait de ne pas avoir eu le poste.

Tout ceci n’est que des impressions. Je ne suis pas au cœur de ce parti pour regarder ce qu’il s’y passe. Mais je crois que Cohn-Bendit à raison : l’image est déplorable.

Les écolos devraient regarder les autres petits partis de la gauche pour apprendre ce qu’il ne faut pas faire… Et les autres petits partis de la gauche devraient regarder les écolos : au moins, ils ont des ministres et des députés…

25 novembre 2011

En Vert et contre tous

Mon copain Nicolas de l’excellent blog Regarder le Ciel se lance aujourd’hui dans le blogagepolitique et pose un certain nombre de questions auxquelles je vais répondre sur le ton du trou du cul qui croit s’y connaître plus que tout le monde.

« Tout d’abord, je trouve étrange que concernant les négociations entre EELV et les PS sur l’attribution de circonscriptions pour les législatives de juin prochain, on puisse se baser sur les sondages (mauvais) attribués actuellement à Eva Joly, en oubliant les bons scores d’EELV aux dernières élections régionales et européennes. »

C’est une bonne question. Pour ma part, je trouve étrange que EELV ait rendu ses négociations publiques et ridicule qu’on les fasse dès maintenant comme si on s’en foutait des résultats de la Présidentielle. Comme si la candidature d’Eva Joly ne servait à rien.

Pour répondre à sa question, les « petites formations politiques » font régulièrement des bons scores aux régionales et aux européennes que les électeurs ne prennent pas franchement au sérieux et en profitent pour donner des baffes aux deux gros. A la Présidentielle, beaucoup plus de lascars se déplacent (voir les taux d’abstention) pour confier les clés de la boutique à une personne en qui ils ont confiance pour gérer le bordel pendant cinq ans.

A cause de notre constitution devenue grotesque au fil des jours, seule l’élection Présidentielle a une réelle importance.

A regarder le score aux précédentes Présidentielles, Eva Joly devrait faire 2 ou 3%. Le total, avec François Hollande et Jean-Pierre Chevènement, devrait atteindre 30 (plus si on se base sur les sondages mais moins si on se base sur les dernières présidentielles). Le PS envisage de laisser 10% de ses circonscriptions aux Verts, c’est mathématique.

Nicolas aurait pu se poser la question dans l’autre sens : pourquoi le PS se fait-il chier à laisser des circonscriptions à un parti qui lui met des bâtons dans les roues au risque de ne pas pouvoir réunir à lui tout seul la majorité absolue ?

« Ensuite, je suis surpris que l’on rappelle les mauvais scores (encore !)  des candidats écolos aux dernières présidentielles, les choses ont évolué depuis quelques années, l’environnement préoccupe de plus en plus les gens, enfin je crois… »

Pas du tout… D’ailleurs je viens de les rappeler… Qu’on se rappelle la dernière présidentielle… Dans les mois de préparation, on avait Nicolas Hulot qui gesticulait dans tous les sens et avait réussi à faire signer par tous les candidats son pacte pour l’environnement. On se disait que l’écologie rentrait enfin au cœur de la politique française. Tu parles ! Dominique Voynet a fait un score dérisoire à l’élection, les vainqueurs ont gesticulé autour du Grenelle de l’Environnement et plouf.

« Bon, il est vrai que seul Noël Mamère a dépassé les 5%  jusqu’à maintenant à une élection présidentiel… Les écolos aurait-il toujours misé sur le mauvais cheval ? Possible. »

Cette année, ça me parait certains ! Pas les années précédentes. En 2002, Noël Mamère a fait un bon score en partie parce que la campagne des socialos et de Lionel Jospin a été nulle. Moi-même je n’ai pas voté au premier tour… En 2007, Dominique Voynet a fait un mauvais score pour différentes raisons mais aussi parce que les Français ont choisi de « voter utile » en souvenir de 2002.

« Les sondages attribués actuellement à Eva Joly  ne sont-ils pas aussi le résultat du Grenelle de l’environnement ? »

Non. C’est le résultat d’une erreur de casting. Mais, suite à l’épisode Hulot de 2007 que je rappelais et au Grenelle, l’écologie est devenue ridicule d’un point de vue politique…

« Sarkozy n’a-t-il, finalement, pas réussi avec ce Grenelle à faire croire que l’écologie n’avait pas besoin des écologistes ? »

Je ne sais pas. Les électeurs savent que le Grenelle n’a rien donné. Et, je me répète, c’est le comportement de Nicolas Hulot en 2007 qui a tout fait foirer en laissant entendre que l’écologie n’était ni de droite ni de gauche (ce qui est peut-être vrai, la question n’est pas là, mais sa participation à la primaire ont donné un gros doute sur le positionnement politique des Verts).

« Le PS ne profite-t-il pas aussi de cette situation ? » A quel point ? Le PS subit les conneries des Verts dans les médias qui sont tout bénéfice pour l’UMP et laisse des circonscriptions aux écolos… Je n’appelle pas ça « profiter ».

« J’ai l’impression qu’il reste toujours un vaste fossé entre ceux qui ont des convictions écolos et ceux qui veulent faire une politique écologiste, que le terrain d’entente n’a pas encore été trouvé sur ce point même au sein d’EELV. »

C’est un des problèmes des écolos français, plus le sentiment qu’ont une majorité de militants qu’ils ont le monopole de l’écologie mais aussi que l’écologie était une fin en soi…

Vous vous rappelez de l’époque où l’UMP essayait de nous vendre une Taxe Carbone suite au Grenelle. Cécile Duflot avait été reçue à l’Elysée en grande pompe mais, de mémoire, elle trouvait que la taxe n’était pas assez élevée…

Elle avait pourtant oublié que la Taxe Carbone était un impôt sur la consommation qui allait peser sur les plus faibles ; je crois d’ailleurs que c’est Ségolène Royal qui avait été la première personnalité politique à le rappeler.

Quand les écolos croient gagner des victoires politiques de ce type, ils se plantent largement.

Par exemple, la bourse du carbone, mise en place après les accords de Kyoto, est un bon exemple : « Une bourse du carbone est un marché de négociation et d'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre (CO2, méthane, protoxyde d'azote…). » Elle revient concrètement
-         d’une part à permettre à certains d’acheter le droit de polluer,
-         d’autre part à confier « aux marchés » la protection de l’environnement.

C’est une erreur grossière et les gens, les électeurs, du moins ceux qui ne s’en foutent pas à peu près autant que de ma première bière, ne sont pas dupe.

« un vaste fossé entre ceux qui ont des convictions écolos et ceux qui veulent faire une politique écologiste » ?

C’est quoi une politique écologique ? Mettre en place un marché de la pollution ? Taxer les plus démunis ?

Une politique, qu’elle soit écologique ou non, se caractérise essentiellement, d’une part, par des lois qui fixe ou enlève des obligations ou des interdits et, d’autre part, par un budget et une politique fiscale.

Aussi, j’ai beaucoup plus confiance pour la sauvegarde de l’environnement en un candidat qui prône une très grande réforme fiscale en début de mandat qu’en un candidat qui veut fermer des centrales nucléaires nous laissant dans l’expectative pour tout le reste…

Tiens ! « Face à la croissance anémiée, à l’industrie diminuée et à la base productive réduite, nous devons engager un nouveau pacte productif avec le pays. Redresser l’industrie française est une nécessité pour relancer l’emploi, accroître le pouvoir d’achat et permettre la transition écologique de notre économie. » Z’avez droit de lire la suite en cliquant sur le lien.

Redresse l’industrie française et contrôler la production de ce que nous consommons tout en limitant les importations et leur coût énergétique me parait bien plus écolo que d’arrêter l’EPR.

Les écolos ont commis une erreur : non seulement, ils ont limité leur communication à la de l’environnement (même s’ils abordent différents sujets, ce n’est pas ce qui est perçu par l’opinion), elle-même réduite, dans cette communication, à la lutte contre la production d’énergie nucléaire, celle-là même qui pourrait nous permettre de développer le transport « propre » et tout ça.

Si les écolos ne sont plus crédibles, aujourd’hui, ne n’est pas de la faute du Parti Socialiste ou de Nicolas Sarkozy et de son Grenelle de l’Environnement.

Ca serait trop facile.

C’est ballot, hein ?

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24 novembre 2011

Europe Cacophonie Les Verts

« Il faut encadrer la candidate. » Je ne sais plus quel responsable de EELV a dit ça, hier, mais ça m’a bien fait rigoler. Ces Messieurs Dames sont en train de nous expliquer que la personne qu’ils voudraient voir présider la nation est incapable d’agir par elle-même et ne fait que des conneries ! Ils sont tous incompétents.

Pour être objectif, ça ne fait pas que quelques jours que les écolos affichent en public leur désaccord et leur bordel interne.

Il n’empêche qu’il est temps que cette bande de guignols prenne la mesure de leur mission : ramener la gauche au pouvoir en France.

Je suppose que le jeudi trois mai au soir, peut-être le lendemain, il y aura un grand meeting, le dernier de la campagne, pour porter François Hollande (j’espère) à la victoire. Ce soir-là, on aura besoin d’une belle photo, sur la tribune, avec Hollande encadré de Martine Aubry, Eva Joli, Cécile Duflot, Jean-Luc Laurent, Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon et j’en passe, comme Yann Savidan, David Burlot, Seb Musset, Isidore Poireau, pour montrer que la gauche est forte et suffisamment unie pour accéder aux responsabilités dans ce pays !

Ben non, voila les Verts s’y efforcent de démontrer qu’ils ont choisi quelqu’un d’incompétent, prouvant ainsi leur nullité à tous. Entre Méluche qui traite Hollande de capitaine de pédalo et les verts qui s’égosillent à raconter des conneries, la gauche est mal barrée. Et encore, je ne cite pas les conneries du PS. On ne tire pas sur une ambulance, surtout si elle est de son camp.

Pourtant, tout le monde à sa place dans cette campagne, pour qu’au soir du premier tour on juge des rapports de force.

Pour l’instant, on a mieux à faire

Tiens ! L’antisarkozyme ! Faudrait pas oublier. C’est un peu ce que disait Juan (qui est passé à la radio, dans l’émission avec Guy). Nicolas Sarkozy remonte dans les sondages. Il serait bon de continuer à rappeler qu’il est responsable de la situation dans laquelle on est et au cœur d’un tas d’affaires.

Et l’écologie…

Ils ont de quoi parler chez EELV.

Il me paraitrait plus utile de faire la une des journaux avec le bilan du Grenelle de l’Environnement et toute l’écologie ramenée par Nicolas Sarkozy au rang de gadget électoral qu’avec des petites phrases et des revendications de circonscriptions…

On avance, bordel !

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17 novembre 2011

Le Mox qui tousse

« Y font chier, les écolos ! » telle est la parole prononcée en roulant les « r » par mon gras camarade de comptoir, hier soir, approuvé à l’unanimité des accoudés, à savoir Djibril, le vieux Joël et moi.

Jusqu’à hier matin, 99,9% des électeurs n’avaient jamais entendu parler du Mox. Mon blog a vocation à être pédagogique : Mox veut dire Mélange d’Oxydes. Dans une demi-heure, j’aurai oublié.

Tout ce que l’histoire retiendra de cette affaire c’est une histoire de circonscriptions négociées pour que les écolos ferment leurs gueules et qu’ils n’y arrivent même pas alors qu’ils les ont obtenues, foutant ainsi la grouille au chez leurs alliés.

Fiers de leur gain, ils oublient qu’il y a encore des élections à gagner avant d’entrer au Parlement. François Hollande fait preuve d’une grande fermeté, dans cette affaire, mais quand un môme devient insistant après avoir essuyé un refus, il finit toujours par mériter des baffes.

François Hollande a déclaré à la télé, hier : « Patron, remets-nous ça ! » Ah ! Non, ça c’était moi. Lui, il a dit : « En revanche je veux le rassemblement. Si demain je veux gouverner avec le souci de mettre le plus de Français dans le mouvement, j'ai besoin de la gauche, des écologistes et même, au-delà, de Français qui se retrouvent dans l'action que j'aurai à conduire. »

Si les écolos ne veulent pas être « dans le mouvement », il faudra en prendre acte.

D’autant que le PS pourrait se présenter contre eux dans les quelques circonscriptions qu’il leur reste.

16 novembre 2011

Un peu de sérieux, maintenant ?

Maintenant qu’un accord a été conclu entre le Parti Socialiste et EELV, on commence à voir les choses plus clairement et j’espère que les prochaines semaines vont être l’occasion de calmer le jeu d’autant que François Hollande a annoncé sonéquipe de campagne.

Il reste néanmoins quelques zones d’ombre.

Par exemple, Cécile Duflot a obtenu d’avoir une circonscription gagnable à Paris. Le problème est que le député PS actuel, Danièle Hoffman-Rispal, n’a aucune raison de perdre sa place. Elle n’est pas contente et le fait savoir.

Le parachutage ne me semble pas glorieux. Virer une femme qui a permis au PS de « prendre » cette circonscription ne me semble pas aller dans le bon sens.

Le débat à propos du nucléaire va pouvoir se poursuivre. Les arguments des uns et des autres m’ont fatigué. Des pseudos spécialistes pour ou contre le nucléaire donnent leurs avis dans tous les sens et les démonstrations opposées fleurissent… On va tous s’accorder sur la nécessaire sortie du nucléaire mais sur la difficulté de trouver une alternative. Quant aux arguments financiers, ils me paraissent tous plus ou moins louches.

Il est temps d’avoir une attitude raisonnée. Dans les commentaires de ce billet, un des gugusses s’échauffe et nous explique que « La sortie du nucléaire ET la transition énergétique, peut se faire avec les énergies renouvelables suivantes (par ordre d'importance décroissante) » puis cite une série de proposition, la première étant « La sobriété énergétique. »

Il est temps d’être sérieux. La « sobriété énergétique » n’est pas une énergie renouvelable.

Ainsi, la position retenue au terme de cet accord me parait sérieuse et me plait bien, ce qui est la moindre des choses – n’en débattons pas – puisque je la soutenais.

Dans son dernier billet, mon confrère Sarkofrance tente, un peu comme moi, de tirer quelques conclusions. Il dit ceci : « Que les écolos et les socialistes n’aient pas la même idée sur l’avenir du nucléaire, c’est probable. Honnêtement, je pense que les divergences sont faibles. Les socialistes priorisent davantage l’exigence sociale. Les écolos la survie d’une planète. »

Je suis à peu près d’accord mais j’ajouterais que l’équipe de François Hollande a « priorisé » aussi l’exigence électorale.

Ca commence à bien faire de dire partout ce qu’il faut faire mais ne pas se mettre en position d’accéder au gouvernement. Refuser l’EPR aurait peut-être été une bonne chose, écologiquement et économiquement, mais cette position aurait fait peur à l’électeur à qui on vend le nucléaire depuis 30 ou 40 ans… D’autant qu’on risque fort d’avoir des coupures électrique à répétition, cet hiver.

Il faut maintenant gagner cette élection.

Ce qui est possible « sauf si le conseil fédéral d’EELV désavoue ses négociateurs samedi, la chose est faite et pliée. »

Un refus m’amuserait beaucoup et règlerait le problème de Cécile Duflot et de Danièle Hoffman-Rispal.

15 novembre 2011

Verts vides

C’est une information que je viens de relever chez mon copain FalconHill. Daniel Cohn-Bendit a déclaré : « Hollande est en train de se ségoléniser. Il a fait une bonne primaire, et juste après, il est déjà en cellule de crise, alors que rien n'a commencé. »

C’est dommage, généralement j’aime bien l’analyse politique de Daniel Cohn-Bendit. Cette fois, il devient insultant et est complètement à côté de la plaque.

DCB est membre créateur d’une formation politique dont la candidate pourrait très bien ne pas dépasser les 2%. Et encore, je suis gentil. Cette formation est en train de tenter de sauver les meubles dans une négociation absurde tant ils n’ont strictement rien à mettre dans la corbeille.

En cellule de crise ? Il est juste dans une période où le candidat du Parti Socialiste se fait taper dessus par ses alliés historiques qui ont néanmoins oublié que François Hollande est largement le candidat le plus légitime de la gauche, vu qu’il a été largement élu pour cela.

« Un échec entre le PS et EELV signerait le début de la reconquête de Nicolas Sarkozy. »

Pour l’échec serait-il à mettre sur le dos du PS ?

EELV a choisi de médiatiser des négociations pour peser dessus. Il va bien falloir qu’ils assument. François Hollande a été élu sur la base d’un projet. Il ne peut revenir dessus maintenant, notamment sur ce type de symbole qu’est l’EPR, il trahirait les électeurs qui lui ont fait confiance.

« Quand on veut être chef d'Etat, on ne s'arrête pas à une petite phrase incorrecte d'Eva Joly ou de Cécile Duflot. On essaye de formuler l'intérêt général. »

L’intérêt général est la victoire de la gauche. Pas la satisfaction d’une entité politique qui n’a plus rien pour exister, par la faute de Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit, les seuls qui avaient une légitimité, un charisme et une stature nécessaire pour se présenter à l’élection présidentielle.

DCB enjoint M. Hollande « à trouver un compromis » et « à prendre en considération l'avis des citoyens et pas seulement celui des partis ».

Outre le fait que les citoyens en question ne savent pas ce qu’est l’EPR (désolé, les gens, mais je n’ai pas un diplôme de physique quantique), je me demande bien qui est DCB pour penser que les citoyens ont le même avis que lui : les urnes jugeront. Nous partons des 1,6% de Dominique Voynet à la dernière présidentielle.

L’avis des partis ? De quel parti ? EELV ?

« Trouver un compromis » ?

Quel compromis ? C’est EELV qui ne veut pas transiger et impose la suspension de l’EPR ?

EELV ne pourrait pas trouver un compromis, également ?

10 novembre 2011

Des négociations à une face cachée ?

Je reviens sur mon dernier billet à propos des négociations entre les « petits partis de gauche » et le PS. Ces négociations sont normales mais les Verts gagneraient beaucoup à tout mettre sur la table ou à ne pas communiquer sur le sujet… Ou à expliquer les vrais enjeux.

L’application de la réforme territoriale sera appliquée pour la première fois en 2014.

Les élections Régionales et Cantonales disparaitront et les élections se feront par des espèces de nouvelles circonscriptions ou de nouveaux cantons entre des candidats et plus des listes. Les petits partis seront défavorisés pour deux raisons :
-         les scrutins ne seront plus « sur liste » avec une partie des sièges distribués en fonction du pourcentage des voix recueillies par chaque liste,
-         les cantons seront plus grands que les cantons actuels, les fortes colorations politiques locales du fait de la personnalité d’un élu joueront beaucoup moins.

Même si c’est un sujet que j’ai traité, je vais rappeler le bordel que ça sera en 2014 en détaillant ma propre zone géographique. Mon Maire est issu du MRC (le parti de Chevènement) et a été élu Conseiller Régional sur la liste du PS. Mon Conseiller Général est communiste et a été élu, de mémoire, avec le soutien du PS. Ainsi, MM. Alain Desmarest et Jean-Luc Laurent sont tous deux « mes » élus territoriaux.

Mathématiquement, avec la réforme territoriale, il y aura donc un élu d’une petite formation politique de moins « dans mon coin ». Peut-être même deux si le PS se fâche. Le PC risque de perdre les derniers départements qu’il gère et le MRC ses deux (?) élus au « futur » Conseil Régional.

Les Verts sont peu présents dans mon coin mais je suppose qu’ils ont les mêmes problèmes ailleurs.

Il y a deux solutions :
-         soit François Hollande gagne la présidentielle,
-         soit le candidat de l’UMP, a priori Nicolas Sarkozy, la gagne.

Dans le premier cas, le PS pourra se montrer royal (si je puis me permettre) et offrir des circonscriptions à ses alliés, leur permettant ainsi de bénéficier, outre de députés et d’un groupe à l’Assemblée Nationale, d’un juteux financement de la part de l’état (les partis touchant des subventions selon le résultat de scrutins nationaux).

Dans le deuxième cas, les petites formations de la gauche ne bénéficieront d’aucun élan leur permettant d’avoir un nombre conséquent d’élus voire risquent de perdre des députés. Surtout si le PS est en colère.

Dans le deuxième cas, la réforme territoriale sera mise en application et les petites formations vont perdre des implémentations locales. Surtout si le PS est en colère. Elles risquent même de perdre des fiefs historiques, ce qui serait très mauvais pour elles.

Dans le premier cas, la nouvelle majorité, composée des forces de gauche réunies autour de la plate-forme établie entre les deux tours et en préparation des législatives, pourra arrêter la mise en œuvre de la réforme.

Et même si ce n’est pas possible (ces temps-ci, les économies sont très à la mode : arrêter la réforme pourra difficilement être un argument de campagne, une autre réforme serait néanmoins possible), le Parti Socialiste pourra avoir certaines largesses…

Dans mon billet de ce matin, un commentateur (FalconHill) disait : « Et si le PS envoyait bouler une bonne fois pour toute les Verts et ces partis un peu extrêmes sur les bords qui ne pèsent rien dans les urnes ? »

Ca me parait être une excellente idée sauf que je pense qu’une majorité doit être plurielle pour mieux représenter les citoyens.Il n'empêche que s'il faut en passer par là pour que la gauche puisse, un jour, gagner des élections nationales...

Néanmoins, aux « primaires citoyennes » organisées par le Parti Socialiste, 2 860 157 ont voté. François Hollande a recueilli 1 607 268 voix au second tour. Aux dernières législatives (le dernier scrutin national), les candidats Verts ont recueilli 845 884 voix au premier tour (90 975 au second ; les périmètres ne sont pas exactement comparables). Ainsi, dans un scrutin « privé », François Hollande a recueilli deux fois plus de voix que les écolos à un scrutin national.

Dans son projet, il avait une position mesurée à propos du nucléaire : la réduction à 50% de l’énergie produite en 2025. Il n’avait pas l’arrêt du nucléaire et surtout de l’EPR. Par fidélité pour les 1,6 millions des gens qui l’ont soutenu, il ne peut pas infléchir de position pour en satisfaire potentiellement 850 000 !

Qu’on ne me fasse pas croire que l’arrêt du nucléaire est réellement une exigence des Verts et d’autres formations politiques (ben oui, il doit bien y avoir 30% de communistes parmi les employés d’EDF…), surtout quand on connaît les enjeux électoraux pour l’avenir des « petites formations politiques ».

Qu’on ne me fasse pas croire que ce machin est réellement au centre des négociations !