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30 avril 2014

Démocratie dans l'alcool

Musée à la mémoire de la démocratie
Ce n’est que vers 21 heures, hier soir, que j’ai appris le résultat du vote à l’Assemblée, dans Twitter où régnait une ambiance bizarre. Normalement, je suis le premier à m’énerver sur les twittos de gauche qui critiquent la politique de François Hollande mais, hier soir, il a fallu que je défende les 41 députés socialistes qui se sont abstenus et les 3 MRC qui ont voté contre le texte contre les partisans de Pépère !

Entendons-nous bien : si j’avais été député, j’aurais voté pour le texte même si je désapprouve certaines mesures, notamment le gel des revenus de certaines catégories (j’ai toujours pensé que les salaires étaient une priorité). Mais ce texte n’est pas l’objet de mon billet… Je peux très bien voter pour un truc auquel je suis opposé dans une logique de cohésion de la majorité. Prenons un exemple : le droit de vote des étrangers aux élections locales. J’aime bien cet exemple, il fait chier les gauchistes et les réacs. J’y suis opposé. Non pas que je sois un méchant raciste qu’il conviendrait de pendre par les couilles dans les meilleurs délais mais parce que je considère que cela reviendrait à créer une couche de sous-citoyens. Je préfèrerais que l’on facilite l’accès à la nationalité à ceux qui en ont envie. Je suis donc fermement opposé à ce droit de vote qui est une mesure de gauchiste de salon qui se donne bonne conscience à peu de frais… Il n’empêche que je ne ferais pas campagne contre si l’occasion se présenterait. Je rappellerais ma position de principe mais aussi le fait que c’est une des promesses de campagne qui a permis à la gauche de gagner tout en manquant de lui faire perdre puisque c’est le seul axe qu’avait trouvé la droite pour nous taper dessus dans la dernière ligne droite…

On a les paradoxes que l’on mérite. Suzanne appellerait ça de la mauvaise foi et c’est pour ça qu’elle m’aime.

Ainsi, la liste des 41 circulait hier mais pas de la part des zozos de la vraie gauche pour qu’on leur décerne une médaille, de la part de fiers bataves qui auraient voulu qu’on les fusille sur le champ pour traitrise.

J’ai pris mon blanc dextrier et je suis parti à leur défense, un demi dans la main gauche et un iPhone dans la main dextre. J’ai le jeu de mot foireux, ce matin.

J’ai dit, en gros et en 140 caractères bien tassés, genre un bit sur deux : « Bon les gens, un peu de sérieux, Manuel Valls a eu une majorité pour faire passer son bordel, ne nous fâchons pas, ne faisons pas un procès à ces 41 personnes qui, certes, protestent, mais ont eu le courage de leurs opinions contrairement à un certain nombre qui ont préféré conserver leur poste. C’est le jeu démocratique. »

Les contrefrondeurs m’ont alors répondu que les députés avaient été élus pour soutenir François Hollande et qu’ils devaient voter les lois que ce dernier proposait. Je leur ai envoyé dans la gueule qu’ils ne faisaient que militer pour la suppression du Parlement. Ils m’ont dit : « hein quoi comment ? »

Je leur ai donc expliqué : « Hé oui, bande de cons, si vous voulez que les députés de la majorité votent selon les consignes du président de la République, ce n’est plus la peine d’avoir des députés, des débats, des échanges,… On pourrait donc les supprimer, transformer le palais Bourbon en lupanar avec des grands parkings. Les députés pourraient rester au bistro mais la devises de mon blog ne tiendrait plus la route. »

Je vous rappelle cette devise qui n’a pas pris une ride depuis que j’ai improvisé une connerie, fin décembre 2005 : « S'il fallait connaître quelque chose en politique pour en parler, ça limiterait l'intérêt de la démocratie et la recette des bistros ».

Ainsi, nos brillants démocrates voudraient imposer un vote aux députés.

Pour un peu, nos fiers bataves constatant que la politique de Hollande n’a pas très bien marché jusqu’alors même si l’inversion tendancielle de la courbe est latente souhaiteraient installer une dictature.

Je veux bien défendre François Hollande, Manuel Valls et tout ce que vous voudrez mais pas avec n’importe qui.

Vive la démocratie, la bière et les serveuses à gros nichons.

06 février 2013

Twitter dans l'hémicyle ? Normal... Ca occupe...

Mon ami Homer se livre à une espèce de revue de presse de l’actualité. A propos du débat à l’Assemblée sur le mariage pour tous, il note : « … Twitter à l'Assemblée, c'est d'ailleurs un peu chiant. Et entant que citoyen, j'aimerais que mes élus fassent preuve de plus d'intérêt pour les débats qui nous concernent que pour l'oiseau bleu. Franchement, je trouve ça stupide et irrespectueux. » Je suis bien évidemment d’accord avec lui puisque j’en ai fait mon billet d’hier.  Je voulais lui laisser un commentaire mais toutes les occasions doivent être bonnes pour faire un billet de blog…

J’ai fait aussi un billet ce matin. C’est la presse elle-même qui va crever si elle continue à faire des articles de presse au sujet des députés qui tweetent…

Néanmoins, ce qu’il y a de stupide, ce n’est pas le fait de faire le con dans l’hémicycle mais notre démocratie qui permet voire nécessite ce genre de fonctionnement à l’Assemblée Nationale. Des députés font de l’obstruction parlementaire en présentant des tonnes d’amendements (la gauche l’a fait à son époque) alors que le texte sera voté. Les débats en séance n’ont strictement aucun intérêt et il n’y a rien de choquant à ce que les députés fassent les zouaves plutôt que d’écouter… Pour ma part, je lis le blog de Marc Le Fur pour alimenter un de mes autres blogs. Les propos n’ont, dans l’absolu, aucun intérêt. Les députés de droite (ça aurait pu être la gauche, la question n’est pas là) auront marqué le Journal Officiel de leurs objections. Le Journal Officiel sera pris pour caler des armoires.

Il y a d’autres textes de loi où les débats sont plus utiles. Je me rends compte d’ailleurs, que je n’ai pas lu celui-ci. Je le fais donc pour vous.

Le premier point est intéressant puisqu’il dit que « Art. 143. – Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe. » 

Les parties suivantes n’ont aucun intérêt pour nous et évoquent
-         le cas de deux époux de nationalités différentes,
-         le choix du nom de famille (ce n’est pas celui du mari qui est fait par défaut mais, à la limite, ce n’est pas lié au mariage pour tous), y compris pour le cas de l’adoption.

La fin (14 pages sur 19) ne fait que remplacer des trucs comme « le père ou la mère » par « un des parents » dans des dizaines d’articles.

Je dis bien que les parties suivantes n’ont aucun intérêt pour nous. Il y a peut-être des trucs techniques importants pour les juristes et législateurs. Nos ministres, fonctionnaires et députés font un travail formidable. Ca s’arrose.

Le principe de l’obstruction est de prendre chacun des points de la loi et de faire des amendements en expliquant un truc du genre : « Pourquoi la société a-t-elle créé cette institution [le mariage] ? Pour assurer sa propre pérennité et protéger un sujet fragile : l’enfant, le « petit d’homme », comme disait Kipling, qui a pour caractéristique d’être vulnérable pendant de très nombreuses années, ce qui le singularise dans le règne animal. »

Ca prend 10 minutes, il faut en débattre, il faut la position des Présidents de commissions puis celle du ministre. Il y a un vote. Et on passe au suivant.

Les députés sont obligés d’être présents puisque, à certains moments, on leur demande d’appuyer sur un bouton de vote.

Le reste du temps, ils s’emmerdent. Alors, ils tweetent.

Le travail parlementaire est souvent présenté comme la seule participation à des débats dans l’hémicycle. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus drôle.

Malgré mon opposition, j’ai beaucoup de respect pour les lascars qui ont préparé les amendements de l’UMP et pour les parlementaires qui bossent nuit et jour.

Ils peuvent bien tweeter, je fais bien de la politique dans mes blogs !

06 décembre 2012

J'ai déjeuné à la cantine [de l'Assemblée]

Ca fait parfois du bien de parler politique ailleurs que dans les réseaux sociaux mais avec des gens dont c’est le métier, notamment dans la période d’agitation actuelle où la mode est de taper sur le Gouvernement pendant que certains, dont moi, s’entêtent à s’imaginer garder la tête sur les épaules.

Par exemple, dans l’ascenseur, une brochette de députés PS ronchonnaient à propos de je ne sais quoi. C’est après que j’ai compris qu’il s’agissait de l’initiative de parlementaires qui ont encore lancé une pétition (avant-hier, je crois) pour exiger que le Gouvernement avance sur le dossier du vote des étrangers et je suis d’accord avec eux ! Il n’y a pas de majorité actuellement pour voter cette loi, elle ne passera pas. François Hollande en a parlé lors de sa conférence de presse : l’important est de construire cette majorité. Je ne comprends pas pourquoi certains s’entêtent à ne pas comprendre qu’il est impossible de faire passer un texte maintenant. Probablement les mêmes qui critiquent tout...

L’affaire Cahuzac ? Je ne connais pas la vérité. Il se trouve que Jérôme Cahuzac est « de mon bord ». J’ai une tendance naturelle à le défendre. Je ne comprends pas qu’on puisse me le reprocher alors que je tapais sur Eric Woerth. C’est mon job de blogueur politique. Au pire, Jérôme Cahuzac est passible d’une amende de 1500 euros dont tout le monde se fout s’il n’a pas déclaré qu’il avait un compte en Suisse alors qu’une telle déclaration est obligatoire. Si c’est le cas, il devra démissionner, par principe.

L’affaire Mittal ? L’éternel Marc Vasseur semble reprocher aux fameux blogueurs de gouvernement que nous sommes de se jeter sur les communiqués de presse du Gouvernement tout en accusant Jean-Marc Ayrault de menteur. Pour ma part, alors que je ne connais rien à la sidérurgie, je ne vois pas pourquoi je ne croirais pas les communiqués de presse du Gouvernement, notamment le dernier qui précise : « le groupe s’est engagé à poursuivre ce projet et donc à investir dans cette nouvelle phase de recherche, qui s’appuiera sur le centre recherche-développement de Maizières-lès-Metz. » Si j’ai moi-même taper sur le Gouvernement à l’occasion de cette affaire, c’est uniquement parce que j’estime qu’il a fait, surtout Jean-Marc Ayrault, une erreur de communication, vendredi soir. Nous avons aujourd’hui toute la « twittosphère » qui s’agite autour d’un communiqué de la Commission Européenne auquel personne ne comprend rien.

Du calme !

Qu’est-ce que je foutais dans un ascenseur avec des députés PS, moi ?

J’étais invité par un François André, député PS d’Ille-et-Vilaine. Il n’a pas pu venir, j’ai mangé avec les deux personnes qui travaillent avec lui. Ils sont sur la photo que j’ai trouvée au hasard d’une recherche Google. Celui qui a un gros nez rouge (parce qu’on s’est connus quand il avait 17 ans et moi 29), c’est Sylvain. Celui qui a des boules Quies verte, c’est Jean (pour ne pas écouter les conneries de Sylvain). Le député est au milieu. Je ne sais pas qui est la dame. Avec Sylvain, on s’est retrouvé par hasard dans Facebook.

On a bien mangé et raconté un tas de « souvenirs d’enfance » qui ont du gaver Jean, le pauvre. On a aussi parlé de politique, de leur boulot, des dossiers en cours, des campagnes qu’on a menées parallèlement, les cantonales, la Présidentielle, les législatives,…

Sylvain est un génie : il n’a pas de compte Twitter et n’est pas donc pas pollué par des âneries quand il travaille dans sa circonscription.

En face de moi, deux tables plus loin, déjeunait un député de droite dont je dis du mal dans un blog spécialisé. Je ne l’avais jamais rencontré. Ce qu’il y a de rigolo, c’est que c’est la seule personne (avec Sylvain) que j’ai reconnue.

C’est ainsi que c’est à l’Assemblée Nationale que je suis revenu dans la vraie vie.

Encore merci pour l’invitation.

19 juillet 2012

Pourquoi l’UMP est-elle si nulle ? Illustration...

Mon confrère Sarkofrance pose la question « Pourquoi l’UMP est-elle si nulle ? » et apporte des éléments de réponse. Je vais tenter de l’aider. En 2007, Nicolas Sarkozy présentait une vision volontariste de la société, de l’économie, … Dès lors, toute l’UMP s’est rangée derrière lui et a oublié toute réflexion. L’UMP a mis l’idéologie dans sa poche, un mouchoir par-dessus. Ses représentants étaient partis pour une longue période axée sur la communication en oubliant tout le reste, y compris la politique et l’économie.

Le vrai tournant a commencé à l’automne 2007, je pense, et s’est accentué avec la crise économique. L’UMP s’est rangée derrière le gouvernement et basta. D’ailleurs, la même mésaventure risque d’arriver au PS…

Je racontais récemment une anecdote dans mon blog bistro. Je mange souvent un sandwich au comptoir d’une grande brasserie à côté du bureau. Récemment, le patron a supprimé une partie des places assises (une vingtaine ?) et l’a remplacé par un four à pizzas. Je suppose qu’il avait constaté une baisse de chiffre d’affaire et a voulu développer une nouvelle activité. Bien lui en fasse. Il a oublié que la vingtaine de places en moins risquait de lui faire perdre quarante couverts par service, que personne ne va acheter des pizzas dans une brasserie, que la présence du four à côté du comptoir allait rendre ce dernier invivable, ne serait-ce qu’à cause de la chaleur, et qu’une partie de son établissement allait perdre une part de sa sympathie. Et il faut payer trois pizzaiolos pour assurer le service 15 heures par jour, sept jours par semaine.

Il ressemble à l’UMP actuelle. C’est ballot. Aucune vision globale.

Hier, à l’Assemblée Nationale, la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires était examinée. L’UMP a présenté une trentaine d’amendements contre. C’est le jeu parlementaire. La gauche a fait de l’obstruction, à l’occasion, par le passé. Une trentaine de « volontaires » se sont donc pointés pour argumenter les uns après les autres.

Ils en ont des arguments ! Notamment que les braves gens qui allaient se faire « refiscaliser » allaient perdre du pognon. La gauche a du répondant, remarque ! La droite avait voté une augmentation de la TVA, créant aussi une perte de pouvoir d’achat.

La routine, la balle au centre.

Il n’empêche qu’à la lecture du compte rendu de la session. On se rend compte qu’aucun ne se pose les seules questions qui vaillent. L’impact du four à pizza sur la marche du bistro. Pardon. L’impact de la fiscalisation des heures supplémentaires sur l’économie française.

On l’a remarqué à l’occasion des deux campagnes successives. L’UMP n’a plus aucun argument, notamment en matière d’économie. Ca a d’ailleurs commencé quelques années avant, ils ont fait porter tout le débat politique sur l’Islam et la laïcité. En phase « terminale », le dernier argument portait sur la conservation du triple A, d’ailleurs perdu six mois avant les élections.

Pendant la campagne, le seul argument audible de l’UMP était la lutte contre UNE mesure des socialistes (le droit de vote des étrangers aux élections locales). Tout le reste a été oublié. On ne retient aucune proposition en matière d’économie. Le pseudo libéralisme a été complètement oublié.

Le vide.

La séance a duré longtemps. Mon billet est donc long. Je tenais à reprendre chacune des interventions de l’UMP.

Me lire vous évitera de lire le compte rendu de la séance qui est un devoir de citoyen.

C’est parti !

Marc Le Fur a commencé en nous expliquant que des chauffeurs routiers d’une entreprise perdront 1000 euros par an. Je ne sais pas où il va les trouver mais il a un argument choc : « Le monde du transport est un monde où on travaille beaucoup. » Ailleurs, on est des feignasses.

Il poursuit : « Mais ce n’est pas seulement une question d’argent. » On se demande alors pourquoi une trentaine de députés UMP vont passer parler de pognon par la suite. Il nous parle ensuite de la suppression des heures supplémentaires. Je ne sais pas où il a vu qu’elles étaient supprimées. Il nous explique que cette suppression va faire augmenter le stress… « Nous allons assister à un développement des troubles musculosquelettiques […] » Riens que ça ! D’après M. Le Fur, en mettant sur les heures supplémentaires la même fiscalité que sur toutes les heures de travail effectuées par l’ensemble des salariés, les socialos vont détruire la santé des Français…

Il conclut : « De plus, comme il faudra maintenir un peu de flexibilité, les chefs d’entreprise n’auront pas d’autre choix que de développer le recours à l’intérim. […] L’intérim montera au rythme de la réduction des heures supplémentaires. » Je remercie Marc Le Fur de confirmer que la défiscalisation des heures supplémentaires a été nocive pour l’emploi.

Nous avons ensuite l’intervention de Dominique Tian. Il commence par s’inquiéter de l’effet de seuil pour les entreprises qui seront obligées de dépasser 20 salariés. « Imaginez la pression sur ceux qui vont dépasser le seuil de vingt salariés puisque les heures supplémentaires payées à leurs salariés ne seront plus exonérées. » Comme M. Le Fur, je le remercie de souligner que les entreprises seront obligées d’embaucher.

M. Tian continue : « Avec un tel dispositif, on va revenir à de vieilles méthodes dont nous ne voulons pas, je veux parler des heures supplémentaires non déclarées. » Je remercie à nouveau M. Tian : il confirme que la défiscalisation des heures supplémentaires a surtout permis aux salariés de ne plus travailler au noir et en aucun cas de gagner plus.

Il conclut : « De plus, ce sera un frein à l’emploi. » sans le moindre argument bien qu’il vienne de dire le contraire.

Je passe l’intervention de Monsieur Goasguen, sans intérêt. Et j’arrive à Xavier Bertrand, introduit ainsi par Denis Baupin qui préside la séance : « La parole est à M. Xavier Bertrand, qui voulait sortir de l’anonymat. » Ah ! Ne plus être ministre…

Xavier Bertrand : « J’ai là le témoignage d’un ouvrier agricole qui est maire d’une petite commune dans le Saint-Quentinois et qui travaille dans une entreprise de vingt et un salariés. Il estime que votre dispositif va lui faire perdre 200 euros par mois. » Tant que ça ! M. Le Fur avec ses 1000 euros par ans pour les routiers faisait un peu petit bras. Les ouvriers agricoles, surtout quand ils sont maire d’une commune, travaillent plus que tout le monde, probablement.

La parole est à Xavier Decool. Je ne le connais pas celui-là. C’est bien, on découvre des nouveaux gens… Il est très émouvant. « Ces salariés modestes sont fiers de travailler et de ramener chaque mois à leurs enfants quelques dizaines d’euros supplémentaires. » J’imagine le salarié rentrer à la maison fourbu après une semaine de travail. Sa famille l’attend autour de la table familiale. Sa femme et ses trois enfants sont là. Sa belle-mère dort sur son fauteuil dans le séjour. Alors il vide ses poches, le regard luisant, il est fier. Il montre les 20 euros supplémentaires. Les enfants sont heureux, papa va pouvoir leur acheter des Carambar. Madame ne peut retenir quelques larmes d’émotion.

« Je suis l’élu d’une circonscription qui compte des quartiers ouvriers et je constate qu’un vrai malaise est en train de s’instaurer car les gens ont peur de perdre leur fierté. » Mon Dieu ! Une circonscription avec des quartiers ouvriers. Cela étant, un député de gauche aurait pu dire qu’il était élu d’une circonscription avec des chômeurs qui allaient être fiers de retrouver du boulot…

La parole est à un autre député que je ne connais pas, Guillaume Larrivé. Grandiloquent, aussi. « En vérité, monsieur le ministre, vous avez multiplié les cadeaux électoraux. J’en veux pour preuve l’augmentation de l’allocation de rentrée scolaire, le retour partiel de la retraite à soixante ans, etc. Après le temps des cadeaux vient malheureusement celui des impôts ! » Il parle de la TVA « sociale » ?

Voilà Christian Estrosi. Ca faisait longtemps que je ne l’avais pas stigmatisé, lui. Au moins 18 heures. Il nous parle en tant que Maire de Nice, donc d’employeur. Il avait un budget de 2,2 millions pour les heures supplémentaires mais avec la réforme, il lui en faudra donc 1,8 de plus. Ce n’est pas tenable. Il va donc être obligé de consacrer ces 2,2 millions à embaucher de nouveaux fonctionnaires territoriaux : « il y a des espaces verts à entretenir, des transports et des cantines scolaires à gérer. ».

Comme les autres, je le remercie de souligner que la réforme va créer de l’emploi…

Cela étant, avec « ces 2,2 millions d’euros, nous pourrons tout juste recruter trente-cinq salariés. » Je suis content de confirmer aux Niçois que chacun de leurs jardiniers, de leurs chauffeurs et des employés des cantines coûte 5238 euros par mois.

Voila Damien Abab. Inconnu au bataillon, aussi. « Dans une région industrielle comme la mienne où il y a beaucoup de sous-traitance automobile, vous allez toucher de plein fouet les salariés de ce secteur qui perdront entre 300 et 600 euros. » Je lui rappelle que PSA va fermer des usines… Il faudrait qu’ils se mettent d’accord entre eux à propos du montant…

Bernard Accoyer intervient. « C’est une soupape de flexibilité, et, disons-le, une soupape pour les 35 heures. » Ah oui ! La faute aux 35 heures… « Dans cette industrie, l’effet de la mesure que vous vous apprêtez à voter – mais j’espère que vous allez finalement y renoncer – serait une perte de salaire nette oscillant entre 60 et 200 euros par mois. Par mois ! » Ah ! Des nouveaux chiffres…

Jean-Claude Bouchet, maintenant : « Il y a de cela quelques semaines, François Hollande a été élu, avec un peu plus de 50 % des voix, par des Français qui espéraient une hausse de leur pouvoir d’achat. » Il faut qu’on lui rappelle les promesses électorales de Nicolas Sarkozy en 2007 ? « Avec cet article, la majorité actuelle démontre qu’il n’augmentera pas, et même qu’il baissera, puisque c’est entre 450 et 500 euros qui seront confisqués aux travailleurs. » Bon, les gars : on se met d’accord sur les chiffres et on retranche le coût de la TVA « Sociale » qui a été supprimée.

Tiens ! Parlons-en… L’UMP avait indiqué qu’elle rapporterait 10 milliards. Divisés par 26 millions de ménages, ça fait 385 euros chacun. Y compris ceux qui ne font pas d’heures supplémentaires. Y compris d’ailleurs aussi ceux qui sont au chômage ou à la retraite. Ceci était un aparté.

M. Bouchet : « Je vous invite, chers collègues socialistes, à aller faire des stages dans les entreprises. Vous verrez comment les choses se passent. » M. Bouchet a raison. Lui-même a commencé sa carrière dans l’entreprise familiale dont il a fini par prendre la direction. Je vous invite, cher député, à commencer une carrière avec rien, juste le salaire que vous versez à vos employés.

Jérôme Chartier : « Notre stratégie fiscale, pendant les cinq dernières années, a toujours été de faire en sorte que l’impôt soit juste, que l’effort soit réparti de manière équitable. » Il a eu le mérite de faire rire tout l’hémicycle…

M. Gérald Darmanin nous parle de la dernière usine dans le textile dans sa circonscription, avec 33 salariés : « ils ne vivent que des heures supplémentaires, puisque les carnets de commandes montent et descendent. » Ah ? Ils ne touchent rien pour les heures « pas supplémentaires » ?

« Parce que moi, je ne discute pas seulement avec les syndicats, monsieur Vergnier, je discute aussi avec les salariés. J’ai encore eu l’occasion de leur rendre visite il y a deux jours. » C’est bien ! Voilà un gars de 29 ans qui a fait l’essentiel de sa carrière professionnelle dans la politique, ayant commencé à 24 ans comme directeur de campagne de Christian Vanneste qui donne des leçons…

Ah ! La première femme intervient. Sophie Dion. « Dans ma circonscription, on se lève tôt, on connaît la valeur du travail. » Ah ! Ca leur reprend « Le tourisme aussi bien que l’industrie du décolletage constituent des marqueurs de notre économie et font la valeur de la France. » J’aime la relation entre le décolleté et le tourisme… Ah ! Merde ! Il ne faut pas être machiste (je plaisante, le décolletage n’a rien à voir).

David Douillet : « Dans ma circonscription, le chef d’une entreprise travaillant dans le secteur de l’emballage sur mesure m’expliquait que les heures supplémentaires sont indispensables à une activité soumise à des fluctuations importantes de commandes. » Après le décolletage, l’emballage. Tout se tient. Cela étant, quelqu’un peut expliquer à M. Douillet que les heures supplémentaires ne sont pas supprimées et qu’il n’y a pas de raison de faire de cadeaux fiscaux à une entreprise qui a de la chance d’avoir plus de carnet de commande que d’habitude et donc d’augmenter son chiffre d’affaire et son résultat.

« Je m’interroge, du reste, depuis le début de la discussion, sur le fait de savoir si, parmi vous, certains ont déjà travaillé dans une entreprise. » Je ne vais pas me foutre de sa gueule, il pourrait casser la mienne. Il n’empêche qu’il est assez mal placé pour dire ça, d’autant qu’il est le député dont les français connaissent le mieux le CV…

La parole est à Annie Genevard mais elle ne dit rien d’intéressant, un peu comme M. Goasguen, plus tôt. En fait, c’est très intéressant, mais déjà dit par les autres, ou presque.

Madame Mme Arlette Grosskost, maintenant. « C’est un fait qu’il sera toujours possible de faire des heures supplémentaires, c’est évident. » Merci de le rappeler. Mme Grosskost (de Maille ?) est plongée dans les chiffres. Je vais résumer son propos : la mesure va ruiner les entreprises parce que les salariés vont refuser de faire les heures supplémentaires puisqu’elles ne seront plus défiscalisées. Je n’invente quasiment rien.

Christian Jacob, à présent. « Il s’agit, pour conserver ou gagner un marché, de demander aux salariés de travailler davantage pour peu qu’ils en soient d’accord. Hier l’un d’entre vous – je crois qu’il s’agissait de M. Vergnier – s’inquiétait de savoir si on demandait leur avis aux salariés. Oui, les heures supplémentaires sont volontaires, mon cher collègue. » Je n’invente toujours rien. Il s’imagine sans complexe qu’un ouvrier peut refuser de faire des heures supplémentaires. Il oublie la base. Petit 1, on ne dit pas non à un patron. Petit 2, il a besoin de pognon.

M. Jean-François Lamour intervient ensuite. Il a lui aussi son exemple. Il s’agit d’une boite qui fait des produits cosmétiques et qui est installée dans le XVe arrondissement de Paris. Je le remercie de s’intéresser aux usines installées au cœur de Paris…

Véronique Louwagie prend la parole. Elle aussi a son exemple. Ils sont sympas, à l’UMP, ils connaissent tous au moins un industriel ou un ouvrier. Là, c’est un imprimeur qui a pu gagner de l’oseille avec toutes les impressions pendant les deux campagnes électorales qui lui ont procuré une charge de travail supplémentaire. Sans la défiscalisation, il aurait été obligé de prendre des intérimaires et aurait fait moins de bénéfice.

Le suivant est Hervé Mariton. Son exemple est une entreprise de bâtiment. Il fait fort. Il a trouvé un lascar qui va devoir se séparer de cinq lascars pour passer au dessous de vingt salariés…

Philippe Armand Martin. arrive. Il a un excellent exemple : lui-même en tant que chef d’entreprise. Il est viticulteur. Je ne vais pas le stigmatiser.

Il est suivi par Patrick Ollier. Il n’a pas d’exemple, je vais le zapper. Rien d’intéressant.

Vient Jean-Frédéric Poisson. Il nage un peu. A l’issue de son raisonnement, je fais la déduction qu’il faut supprimer l’avantage aux entreprises de moins de 20 salariés (qui restent exonérées de cotisations patronales pour les heures supplémentaires).

Monsieur Poisson est suivi par Monsieur Robinet. Je n’invente rien mais j’ai horreur des jeux de mots sur les noms de famille. Arnaud Robinet. Heureusement qu’il n’est pas noble, ça ferait Arnaud du Robinet. J’ai honte. « La suppression de la défiscalisation, cela représente 21 millions d’euros de taxes supplémentaires pour nos entreprises, notamment dans le secteur routier. » Est-ce qu’il a besoin de me réveiller pour 21 millions ? Il ne se mélangerait pas un peu les pinceaux ?

Ah ! Eric Woerth ! J’espère qu’il n’a pas Liliane Bettencourt, comme exemple… Non. Au contraire : « Bref, je ne vais pas vous donner des exemples dans ma circonscription. Je pourrais vous en donner,… » Ouf !

A propos de la défiscalisation : « Selon nous, c’est une bonne politique économique. Cela n’a pas détruit de l’emploi mais cela a au contraire conforté l’activité pendant la crise. » A voir. Un million de chômeurs en plus en cinq et l’activité en décroute…

Charles de Courson a la parole. Il nous explique qu’il est contre la « refiscalisation » parce que « c’est que cet article ne respecte pas l’engagement n° 34 du candidat François Hollande » ! Qu’il soit remercié de défendre les 60 engagements. Après il cite Molière. Passionnant.

Jean-Christophe Lagarde : « Aujourd’hui, ce sont 9,6 millions de Français que vous voulez faire payer. » Avec l’augmentation de la TVA, c’était 60 millions… « Vous appelez cela l’effort juste. L’effort juste, cela s’adresse à 40 % des ouvriers, 50 % des enseignants du secondaire, qui devront payer à nouveau des impôts sur les heures supplémentaires. Ces Français savent désormais qu’aux yeux du parti socialiste et de ses députés, ils sont la principale cible. » Joli ! On va pouvoir le prendre dans l’autre sens. 60% et 50% des enseignants du secondaire n’ont pas la chance de pouvoir faire des heures supplémentaires et trouvent injuste que les autres soient en plus défiscalisés…

François Sauvadet, comme son prédécesseur, s’intéresse beaucoup à la fonction publique (il en a été ministre) : « Vous ne pourrez pas embaucher davantage de fonctionnaires dans l’éducation nationale. » Si ! C’est bien prévu… Pour les heures supplémentaires, il est juste prévu de les refiscaliser…

La défense des amendements est terminée. Près de 30 intervenants pour demander l’annulation de « refiscalisation » des heures supplémentaires. C’est le jeu, la gauche a pratiqué, en son temps.

La discussion continue avec l’intervention du Gouvernement, des responsables des Commissions. Elle devient plus sérieuse, plus intéressante, plus technique, … Les gugusses de gauche dénoncent les mensonges de ceux de droite et d’autres de droite reviennent pour casser ce qu’a répondu la gauche. La vie continue. Les échanges sont réellement passionnants… et comme toujours, le point « c’est de la faute aux 35 heures » est vite atteint.

Toujours est-il qu’une trentaine de députés de droite sont intervenus pour soutenir des amendements qui visent à maintenir la défiscalisation des heures supplémentaires.

Aucun ne se pose la question de savoir si la mesure est bonne pour l’économie, bonne pour la France…

Ils se contentent de parler…

18 juillet 2012

Foire d'emploigne et scandale à l'Assemblée

Ce matin, les médias ont mentionné les foires d’empoigne qu’il y a eu cette nuit à l’Assemblée Nationale. Certains propos d'un député de gauche ont fait scandale et Christian Jacob a exigé des excuses. Il me parait important de replacer les propos dans le contexte, même si mon billet est un peu long (vous n'avez que mon billet à lire, les autres blogueurs gauchistes sont en vacances...).

Le compte rendu provisoire de la séance vient d’être mis en ligne. Du coup, comme ce matin, je vais vous en glisser une partie ici. Je ne vais pas stigmatiser Christian Estrosi, pour une fois, mais Pierre Lelouche.

« M. Pierre Lellouche. Souffrez, monsieur, qu’un de ceux que vous avez pris en flagrant délit de keynésianisme prenne la parole. (Sourires sur les bancs des groupes UMP et UDI.) J’ai appris tout à l’heure qu’il existait des moteurs à propulsion négative : c’est décidément une soirée très riche en enseignements !

Monsieur le ministre… Mais je vois que vous êtes en train de lire votre journal et je ne veux pas vous déranger. Comme j’ai quelques kilomètres au compteur, j’ai vu Mme Aubry lire des romans en séance publique pendant qu’elle nous infligeait les 35 heures. » Si c’est pour entendre les députés d’opposition faire du remplissage, je la comprends… Poursuivons les propos de M. Lellouche.

« Monsieur Cahuzac, la vérité, c’est que vous refaites la loi des 35 heures. (Exclamations sur les bancs des groupes écologiste, SRC, GDR et RRDP.) En effet, ce que nous avions tenté de faire, c’est de contourner la durée légale du travail en permettant aux gens de travailler plus pour gagner plus. Dès lors, bien sûr, on peut se demander si nous n’aurions pas mieux fait de la supprimer totalement. C’est une vraie question et je suis prêt à en débattre. (Mêmes mouvements.) » Nous y voila : quand la droite n’est plus au pouvoir, elle propose de supprimer la durée légale du travail (ce qui est une aberration, par ailleurs). Poursuivons…

« Je suis heureux de vous intéresser enfin et de vous réveiller, mes chers collègues de la majorité ! Ce que vous voulez faire avec cet article 2, donc, c’est revenir strictement aux 35 heures. Tout ce qui dépasse coûtera au patron, à l’entreprise, mais aussi et surtout aux ouvriers ! » Pure démagogie et mensonge ! Il n’est pas interdit de dépasser les 35 heures. Toutes les heures sont fiscalisées depuis « la nuit des temps » et les ouvriers continueront à avoir leurs heures majorées.

Si l’opposition pouvait nous éviter ses analyses à la petite semaine… Poursuivons.

« M. Yves Censi. Très bien ! » Tiens ! Qu’est-ce qu’il vient nous interrompre, lui ? Poursuivons.

« M. Pierre Lellouche. En dépit de votre grande intelligence, monsieur Cahuzac, vous refaites les mêmes erreurs que Mme Aubry, en invoquant d’ailleurs les mêmes arguments, selon lesquels les heures supplémentaires prennent le travail des autres – ce qui, en termes économiques, constitue une bêtise gravissime ! » Heu, non ! Cela étant, si on pouvait éviter de dire dans l’hémicycle que les arguments des autres sont des bêtises… Poursuivons ! « Partout ailleurs, en Europe et dans le monde, on sait que lorsqu’un système travaille, il crée de la richesse, à l’inverse de ce que vous prétendez ! Vous devriez le savoir ! J’étais ici, en 1997, quand cette aberration a été inventée. Et quinze ans plus tard, on y revient ! » Oui. Et la situation économique mondiale est catastrophique. Le chômage a rarement été aussi élevé et nous sommes au bord de l’effondrement… Poursuivons…

« Votre deuxième erreur est une erreur politique remontant à cinq ans. En 2007, alors que vous étiez dans l’opposition, vous n’aviez de cesse de critiquer le bouclier fiscal, et aviez finalement réussi – n’est-ce pas, monsieur Le Roux – à nous coller les étiquettes de « Président des riches » et de « gouvernement des riches ». (« Et alors ? C’était vrai ! » sur les bancs du groupe SRC.) » Heu… D’ailleurs, la majeure partie du bouclier fiscal a été supprimée par le gouvernement qui l’a mis en place. Poursuivons…

« Savez-vous ce que vous êtes en train de vous faire à vous-mêmes ? Vous êtes en train de vous coller l’étiquette « majorité qui pique de l’argent aux pauvres » ! Vous êtes devenus le parti des bobos, et ceux que vous voulez taxer ce soir, ce sont les ouvriers et les petits employés ! (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et écologiste.) » Ah ? Et voulait augmenter la TVA pour tout le monde, celle de ces ouvriers, bien sûr, mais aussi celle de ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir faire des heures supplémentaires, celle des retraités, des chômeurs, des étudiants… ?

« Moi qui habite rue des Martyrs, je peux vous dire que les bobos qui ont voté pour vous ne sont pas concernés par les heures supplémentaires. En revanche, le commis boucher de la rue des Martyrs, il en a besoin, lui, des 500 euros que vous voulez lui prendre ! » Quels 500 euros ? «  Vous avez abandonné les ouvriers pour devenir le parti des bobos, des petits bourgeois ! (Mêmes mouvements.) Je les plains, les cocus de la gauche ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et UDI.) Mais croyez-moi : dans les cinq ans à venir, les Français vont vous faire payer ce que vous êtes devenus ! Ils n’oublieront pas que vous leur avez menti, que vous les avez faits cocus ! »

Je voulais signaler cette partie (entendue sur France Info ce matin) car des propos qui ont été tenus en réponse auraient scandalisé des députés UMP…

On va abandonner M. Lellouche, je vais juste citer deux extraits de la fin de ses propos. « Vous allez vous rendre responsables de centaines de milliers de chômeurs en plus, et d’une aggravation du déficit du commerce extérieur. » Heu… Quand on voit ce qui a été fait en 5 ans et en dix ans.  « Je prends date devant vous, mes chers collègues, et devant vous, monsieur le ministre : n’oubliez pas ce que je vous ai dit ce soir ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et UDI.) » Il peut prendre date si ça l’amuse mais il peut aussi relire les avertissements des députés socialistes

J’en viens aux propos qui ont scandalisé… II s’agit de ceux de François de Rugy, co président du groupe écolo.

« M. François de Rugy. Monsieur le président, mes chers collègues, j’ai l’impression qu’en cette heure tardive, nous avons droit au défilé des acteurs de l’UMP, des acteurs plus ou moins bons, comme si M. Copé était revenu tout exprès parmi nous – c’est dire si l’enjeu est de taille, car on ne le voyait plus tellement à l’Assemblée ces derniers temps – pour organiser une espèce de Copé Comedy Club. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes SRC, écologiste et RRDP.) » Ah, ça commence bien !

« Mme Marie-Christine Dalloz. Il est où, Mamère ?

M. François de Rugy. On voit ainsi défiler les anciens ministres – les meilleurs d’entre eux, bien sûr : M. Woerth, M. Bertrand, M. Lellouche…

M. Xavier Bertrand. Fait personnel !

M. François de Rugy. …qui viennent nous expliquer comment l’économie fonctionne. C’est vrai qu’ils en connaissent un rayon en matière de fonctionnement de l’économie : il n’y a jamais eu autant de faillites d’entreprises en France, jamais autant de délocalisations que lorsqu’ils étaient aux affaires ! Monsieur Lellouche, ministre du commerce extérieur, il n’y a jamais eu plus de déficit que de votre temps ! (Mêmes mouvements.) » Il n’a pas tort, je le disais ci-dessus. M. Lellouche devrait tourner sept fois sa langue dans sa bouche.

« Dans tous les concours de stand-up, il y a une blague qui revient sans arrêt : chez vous, c’est la blague des 35 heures, et vous racontez la même depuis dix ans ! Mais les Français ont bien compris que vous avez gouverné pendant dix ans, et que vous avez eu la majorité à l’Assemblée nationale durant la même période, qui vient tout juste de prendre fin – ce dont vous avez, semble-t-il, un peu de mal à prendre conscience. Si les Français avaient souhaité que vous supprimiez définitivement les 35 heures, vous l’auriez fait ! Mais Jacques Chirac s’en est bien gardé lorsqu’il était Président de la République : il ne fallait pas toucher à ce qu’il considérait comme un acquis social ! » Et paf !

« M. François Rochebloine. Eh oui ! Il a raison !

M. François de Rugy. Nicolas Sarkozy n’y a pas touché non plus, craignant de se rendre impopulaire. Pourquoi vouloir revenir sur cette histoire maintenant que vous êtes passés dans l’opposition ? » Ben, c’est périodique. Poursuivons…

« Vous semblez redécouvrir ce qu’est un ouvrier, un employé, voire un fonctionnaire. Vous voudriez vous faire les hérauts de la fonction publique, ce qui ne va pas vraiment de soi, pour des membres de l’UMP ! (Applaudissements sur les bancs des groupes écologiste et SRC.)

Je pense que M. Woerth et M. Bertrand, lorsqu’ils étaient respectivement trésorier et secrétaire général de l’UMP, étaient beaucoup plus habitués, en tant que membres du premier cercle, à ce qu’on leur parle de l’ISF et du bouclier fiscal que de la défiscalisation des heures supplémentaires. (Applaudissements sur les bancs des groupes écologiste, SRC et RRDP.) » Et paf ! Poursuivons, je crois bien que c’est la suite qui a fait scandale, en plus du Copé Comedy Club, ci-dessus.

« Il est vrai qu’il y a peut-être une exception en ce qui concerne les heures supplémentaires : M. Copé, alors qu’il était à la fois député de Seine-et-Marne, maire de Meaux, président d’une communauté d’agglomération et président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, trouvait encore le moyen de faire quelques heures supplémentaires dans un cabinet d’avocats – des heures supplémentaires fort bien payées, si j’en crois les informations publiées dans la presse. Je comprends que les questions de défiscalisation aient alors revêtu une certaine importance à ses yeux ! (Applaudissements sur les bancs des groupes écologiste, SRC et RRDP – Exclamations sur les bancs du groupe UMP.) » Maintenant, vous pouvez relire le discours de M. Lellouche et juger ce qui est pire. Poursuivons.

« M. Christian Estrosi. C’est scandaleux ! » Non, c’est rigolo. Tiens ! J’avais dit que je ne le stigmatiserai pas. Ca lui apprendra à interrompre les séances. Poursuivons.

« M. François de Rugy. Je savais bien que j’allais vous faire réagir, mes chers collègues, c’est d’ailleurs ce que je voulais. 

M. le président. Veuillez conclure, monsieur de Rugy, en tâchant d’éviter les réflexions d’ordre personnel. » Au fait ! C’est Marc Le Fur, député UMP, qui préside la séance… Poursuivons…

« M. François de Rugy. La vérité que vous ne voulez pas avouer, c’est que le cadeau fiscal que vous avez fait, vous l’avez fait payer pendant cinq ans aux autres salariés ! Eh bien oui, nous voulons mettre fin à cette politique consistant à opposer les salariés les uns aux autres, en supprimant une mesure particulièrement injuste ! (Mêmes mouvements sur les mêmes bancs.) »

C’est exactement ça…

Vous devriez lire plus souvent les comptes rendus des débats, on rigole bien à l’Assemblée Nationale !

Les produits de luxe selon Christian Estrosi

En juillet 2007, l’UMP avait fait passer une partie de ses promesses électorales. La gauche (dont ses blogs favoris…) gueulait. Normal. En juillet 2012, les socialos font passer une partie de leurs promesses (la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires et la suppression de l’augmentation de la TVA). La droite gueule. Normal. Il n’empêche que les débats à l’Assemblée Nationale sont parfois amusants (sauf si on considère que les députés sont nos représentants, payés avec nos impôts).

Je vous conseille la lecture des comptes rendus des sessions qui figure sur le site de l’Assemblée.

Exemple…

« M. Christian Estrosi. Monsieur le président, monsieur le ministre, il est assez insupportable d’entendre dire en permanence que nous aurions augmenté la TVA. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)

M. Michel Vergnier. C’est pourtant vrai ! » Ben oui, c’est vrai : la droite avait prévu d’augmenter la TVA. Ils sont très forts ! Ils prennent les mesures impopulaires avant de quitter le gouvernement pour ne pas avoir à les mettre à leur programme.

Pour ne pas perdre l’élection ?

« M. Christian Estrosi. Je souhaite rappeler ce que recouvre la TVA : il existe un taux de 2,1 % pour les publications de presse, les médicaments remboursables ou encore certains spectacles. Ce taux est de 5,5 % pour l’eau, l’électricité, les boissons non alcoolisées, les produits destinés à l’alimentation humaine, les appareillages et équipements spéciaux pour handicapés, etc. Il s’élève à 7 % pour les médicaments non remboursables, les livres, les travaux portant sur les logements d’habitation, les ventes à consommer sur place, etc. » M. Estrosi s’adresse à des collègues à lui. J’espère qu’ils savent ce qu’est la TVA. « Ces taux, qui affectent les classes moyennes et les bas revenus, n’ont pas été modifiés. En revanche, la TVA que nous prévoyions de porter à 21,2 % concerne les produits de luxe, l’électroménager et les voitures. »

Mesdames, Messieurs, vous serez heureux d’apprendre qu’un slip et une brosse à dents sont des produits de luxe, tout comme l’essence, le gaz, les stylos, les vidanges, les coupes de cheveux (et les rasoirs !), le savon, les fourchettes, la lessive…

Sacré Christian Estrosi, va ! Remarque, c’est lui qui déclarait avant-hier que si la droite était au pouvoir, PSA ne fermerait pas Aulnay.

16 juillet 2012

L'UMP veut des députés qui travaillent plus...

La nouvelle marotte de l’UMP semble de dire qu’il y a très peu de textes à étudier lors de la session extraordinaire, à l’Assemblée Nationale. « Comme avec la confiture, ils ont étalé les quelques textes sur toute la durée et au final, tout cela manque de goût car ils se cantonnent à la destruction de ce qui a été fait dans les années précédentes » se plaint Etienne Blanc, un député UMP.

Il devrait préciser : ce n’est pas la destruction de tout ce qui a été fait mais essentiellement de ce qui a été fait en juillet 2007 dans l’urgence et qui n’a pas été détruit par l’UMP elle-même quand elle était encore au pouvoir.

Ce député semble confondre vitesse et précipitation. Je vais lui expliquer : je ne vais pas faire ce billet dans la précipitation mais dans la vitesse sinon je vais arriver en retard au bistro. Je n’ai pas besoin de me précipiter : les futs de bière ne seront pas vides à mon arrivée.

« En dehors de la loi de finance rectificative, les parlementaires n’auront en effet qu’à voter un texte sur le harcèlement sexuel et un autre sur l’abrogation de l’augmentation des 30% des droits à construire. «Ils veulent donner l’illusion d’un travail législatif frénétique mais en tout, cela ne nous prendra qu’une grosse semaine de travail», peste Blanc […]. Et tout le groupe UMP de dénoncer l’impréparation du gouvernement, incapable, selon la droite, de présenter des textes plus importants. » L’annulation de la hausse de la TVA et la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires ne sont pas importants ! C’est vrai que le Gouvernement précédent avait le don faire passer des textes importants quand il fallait. La dernière loi de finances n’était pas encore voté qu’il y avait déjà des projets de loi pour la modifier !

«  «Une session extraordinaire, ça sert aussi à prendre des mesures symboliques. En juillet 2007, nous avions par exemple voté la réforme des universités, se souvient Yves Jégo, député de Seine-et-Marne, qui ironise: Cela fait des années qu’ils sont dans l’opposition et ils n’ont même pas eu le temps d’écrire une loi sur la moralisation de la vie politique. L’Elysée confie ce travail à Jospin.» » Parce que le rôle de l’opposition est d’écrire des lois ?

« En juillet 2007, le gouvernement de François Fillon avait également fait voter une loi sur la récidive, une autre sur le service minimum, comme le rappelle Le Parisien. » On a vu l’efficacité de ces lois…

Heureusement, ça fait rigoler la gauche. « Nous sommes très sensibles à leur impatience mais il y a quelque chose de comique à voir les députés UMP impatients de voir les réformes arriver au Parlement. Cela sonne comme un terrible aveu de l’état déplorable » dit par exemple M. Mallot (un vrai Saint), directeur de cabinet d’Alain Vidalies.

Il recommande aux députés UMP de ne pas s’impatienter : il y aura des lois.

Peut-on rappeler le nombre de lois autour de la sécurité et de l’immigration proposées sous l’ère de Nicolas Sarkozy ? Les députés devraient être payés au rendement ?

27 juin 2012

Marc Le Fur Vice Président de l'Assemblée Nationale

J'apprends par son blog. je ne suis pas content. C'est normal, je me suis battu pour le candidat du Parti Socialiste pendant la législative dans la troisième circonscription des Côtes d'Armor et surtout contre lui, mais je tenais un blog pour dénoncer ses agissements.

Je n'étais pas content de son élection mais je ne tenais pas les mains des électeurs dans l'isoloir. J'ai donc fermé ma gueule.

J'ignore quel processus fait en sorte qu'un député UMP puisse être élu Vice Président d'une Assemblée Socialiste (et vice versa). C'est peut-être très bien, je m'en fous.

Toujours est-il que le PS aurait pu négocier avec l'UMP pour qu'elle choisisse un autre candidat qu'un type qui a été élu à 55% dans une circonscription qui a voté à 55% pour François Hollande (j'arrondis les chiffres), donc avec des choix d'électeurs n'ayant à voir avec le job de député.

La circonscription a toujours voté dans le sens du vote national (à gauche en 81, en 88, à droite en 1993, à gauche en 2007, à droite en 2002). Il y avait bien des députés élus dans des circonscriptions bien à droite pour faire le job.

Je ne suis pas content et j'imagine le désarroi des copains du coin qui doivent se sentir trahis par le Parti Socialiste qui a laissé faire ça. C'est un comme si le Parti Socialiste montrait sa satisfaction de ne pas avoir avoir gagné un siège en confirmant dans ses fonctions un députés de l'opposition.

Je suis calme mais ça va chier.

22 décembre 2011

A défaut de pouvoir nier les génocides, critiquons la loi !

Gauche de Combat pose une bonne question sur son blog et je la relaie ici « vite fait » vu que ça fut un de nos sujets de discussion pendant le repas, ce midi. Les députés ont voté la proposition de loi pour « qui vise à pénaliser la négation des génocides et notamment le génocide arménien de 1915. »

Etes-vous pour ou contre cette loi (ou ce type de loi, en général) ?

Je suis contre.

Passons sur l’aspect politique visant à attirer le vote des Arméniens, surtout pour une loi qui existe déjà, ayant été votée par la gauche juste avant les élections de 2002. Passons aussi sur la mauvaise humeur des Turcs. Ces braves gens sont surement très sympathiques mais si on allait manifester devant leur Parlement, on se retrouverait vite fait dans des geôles sordides.

Ecrire les livres d’histoire n’est pas le rôle du législateur, qui est là pour faire l’histoire de demain. Je me comprends.

C’est le rôle de l’historien d’écrire les livres.

Encore que. Les historiens du 19ème siècle ont écrit des livres d’histoire pour les écoliers avec des anecdotes pour rendre ludique l’apprentissage de l’histoire. Tiens ! Il nous dise que Charles Martel a arrêté les Arabes à Poitiers en 732. Relisez vos livres d’histoire, il y a plein de précisions. A-t-on une preuve de cette histoire ? Ou, du moins, suffisamment de « documents » de l’époque pour certifier tout ça ?

Attention ! Je ne dis pas que ce n’est pas vrai ! Je ne suis pas révisionniste, hein ! J’émets juste l’hypothèse que des historiens ont embelli une anecdote parce qu’ils n’avaient rien à ce mettre sous la dent pour décrire ce siècle avant Pépin le Bref.

Un professeur d’école est payé pour expliquer que  Martel a arrêté les Arabes à Poitiers. S’il dit à ses élèves que Martel a arrêté les Arabes à Toulouse, c’est une faute professionnelle.

Mais s’il dit, au bistro avec ces copains, que Martel à arrêté les Arabes à Dunkerque ce n’est pas une faute professionnelle mais du racisme à la con.

Si un professeur d’université dit à sa belle mère que les camps de concentration n’ont pas existés, il méritera tout mieux le mépris de cette dernière mais c’est peut-être ce qu’il cherchait pour éviter de passer le réveillon chez elle. S’il le dit devant ses étudiants, c’est une faute professionnelle grave puisqu’il est payé pour dire le contraire. Il doit donc être lourdé, avec un coup de pied au cul pour le principe.

Imaginons que je devienne célèbre, par exemple en buvant trente demis sans pisser. Je mériterais alors de rentrer dans le Guiness Book (surtout si j’ai bu des Guiness) et de figurer dans les manuels d’histoire.

Imaginez une loi en 2125 : « il est interdit sous peine de tournée générale de dire que Jegoun n’a pas bu 30 demis sans pisser. » Ca serait profondément ridicule. De le dire aussi, d’ailleurs, je ne vois pas ce que ça rapporte. A part pour un type qui aurait bu 29 bières sans pisser et qui voudrait détenir le record.

Où est la limite ?

On ne peut pas gueuler pour une atteinte à la liberté d’expression quand un blogueur est arrêté à l’autre bout du monde et faire des lois, chez nous, pour dire ce que doivent dire les gens.

C’est juste une question de logique.

La liberté d’expression doit être totale. C’est mon côté réac qui surgit.

Cela dit, ça fait quelques années qu’on fait ce genre de loi. La plus emblématique est la loi Gayssot date de 1990. La loi Taubira, quelques années plus tard, contient ceci : « Les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l'esclavage la place conséquente qu'ils méritent. »

Le législateur est un peu trop la manie d’écrire les livres d’histoire.

Ces lois « mémorielles » dont on nous abreuve depuis plus de 20 ans sont destinées globalement, à punir ceux qui commettent des « crimes nationalistes » mais ça n’empêche pas « les nationalismes » de monter.

Encore une fois, on s’occupe d’une « communauté » (les Arméniens) alors que les lecteurs n’arrivent à trouver des sous pour acheter des cadeaux aux gamins pour Noël (non, je ne stigmatise pas les Cathos…). Pendant ce temps, une autre « communauté » (les Turcs) est montrée du doigt parce qu’ils critiquent la loi Française et que des représentants manifestent devant l’Assemblée.


C'est pourtant bien ce que j'ai entendu de la bouche d'un collègue ce midi : ils ne devraient pas avoir le droit de manifester chez nous, ces étrangers, pour des questions qui touchent notre loi. J'ai essayé de rétorquer. C'est alors qu'il m'a répondu à peu près la phrase que j'ai mise en introduction : "si on allait manifester devant leur Parlement, on se retrouverait vite fait" arrêtés par la police.
Vous voulez faire monter le FN ? Continuez à faire n'importe quoi à l'Assemblée. Cela dit, si François Hollande est opposé à Marine Le Pen au second tour, il a plus de chance de gagner. Avec la première loi, en 2002, le PS avait bien réussi à faire monter le père de la Marine... Bravo, recommençons.

Ces propos ne m'empêche pas évidemment pas d'avoir une furieuse envie de pendre par les couilles les négationnistes de toutes obédiences... 

15 avril 2009

Faisons une loi pour interdire les faits divers

Au moins deux de mes collègues blogueurs, Dominik et FalconHill se sont insurgés de la possibilité de retarder l’examen de la loi contre l’inceste pour faire passer Hadopi.

Pour ma part, j’ignore tout de cette loi contre l’inceste. Je ne suis pas juriste mais je ne vois pas ce qu’on peut légiférer sur le sujet.

Qu’on gueule contre Hadopi, je comprends. D’autant que le texte a été refusé par l’Assemblée et est sujet à plein de polémiques. Je lisais dans le Parisien, ce matin, un sujet sur l’absentéisme à l’Assemblée. Nos chers dirigeants veulent rebondir sur le rejet de la loi Hadopi pour lutter contre l’absentéisme. Toujours le même principe : un fait divers, on s’insurge, on modifie les textes.

J’ai oublié quel fait divers est à l’origine de cette loi sur l’inceste !

Que va-t-elle contenir ? Une interdiction de l’inceste ? Heu…