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25 avril 2014

Le 6 mai

L'anniversaire approche. L'ami Jérémy Sahel a mis en ligne le film qu'il a fait à l'occasion de ce 6 mai 2012.



LE 6 MAI par EnfinBrefProd Se rappeler pourquoi on se bat...

21 février 2013

Classes populaires et politique fiction

Mon billet de ce matin reprenait une chronique du Monde quifaisait un terrible constat. Quand on évoque les classes populaires, on pense souvent aux habitants des quartiers dans les métropoles mais on oublie beaucoup ceux qui habitent la campagne ou les petites ou les moyennes villes de province. 60% de la population.

Pourtant, les habitants des quartiers sont relativement protégés, proches des bassins d'emplois actifs, avec une capacité d'accès à la santé, à l'école, l'université, aux services publics. "La vraie classe populaire",celle qui est éloignée des métropoles est la plus fragile, exposée aux fermetures d'usines, aux plans sociaux, sans vraiment espoir de s'en sortir,...

La classe politique s'adresse-t-elle à elle ? Je vais évidemment défendre la formation politique dont je suis le plus proche et dire qu'elle agit pour les régions, pour les PME,.. Seuls espoirs réels de création d'emploi, de croissance,... Mais est-ce parlant pour les classes populaires ? Quelles formations politiques s'adressent à eux ?

J'imagine bien mes camarades blogueurs s'écrier : "nous ! On se bat pour maintenir les emplois, pour reprendre lesusines,..."  Plus à gauche, on va se battre pour augmenter les salaires, pour fustiger ces fumiers de patrons et ses salauds d'actionnaires ! A droite, on ne défend rien. On va dire qu'il faut former les chômeurs, lutter contre les fraudes ou je ne sais quoi, je ne suis pas de droite ! On entend les cadres de l'UMP dénoncer le cancer de l'assistanat. Alors qu'on s'adresse à des gens dont la seule perspective est de vivre de l'assistanat et qui assistent au développement des métropoles, pleines de problèmes, aussi. Du chômage, de l'immigration, de l'insécurité...

Depuis des années, les partis politiques ne s'adressent plus aux classes populaires. Ils croient le faire "on défend les usines !"  Tu parles, comme si les classes populaires ne pouvaient pas imaginer qu'on ne produira plus de voitures en France !

Depuis des années, il fait pourtant reconnaître que seule une personne s'estadressée à elle, au cours d'une superbe campagne, en 2007 : Nicolas Sarkozy.

Non ! Je ne plaisante pas ! Rappelez-vous le sketch ! "Travaillez plus pour gagner plus". Il allait chercher la croissance avec les dents. Il faut que l'état aide les gens à devenir propriétaires. Il faut que les parents puissent aider les enfants, nous devons réduire les droits de succession. Il faut que ceux qui veulent travailler plus gagnent plus d'argent sans payer plus d'impôt.

On connait le résultat économique et social : un fiasco. La pure foirade. La France affaiblie comme jamais (ou presque...). On mettra des années à nous en remettre. Sarkozy lui-même est revenu sur une partie des mesures au cours deson mandat...

Mais on connait aussi le résultat électoral, en 2007. Une parfaite réussite.

Le coup ne pouvait pas fonctionner à nouveau en 2012. Les braves ont voté pour l'éliminer. Trop de foirades. Trop d'outrances.

Par contre, depuis « après 2002 », la gauche a gagné toutes lesélections intermédiaires sur fond d'absentéisme croissant. Elle risque de perdre les prochaines à cause des votes de protestations. Elle peut quand même sauver les meubles. Elle a sa réputation de bon gestionnaire. Pas de raison de changer. On verra.

Le même discours lui a permis de gagner toutes les élections sauf les deux de 2007 (tout le monde se fout des européennes de 2009 : plus personne ne comprendl'enjeu, sauf celui pour Jean-Mélenchon, l'an prochain…). Pourquoi changerait-elle avant 2015 et les élections départementales et Régionales. De toute manière, elle pourra très bien tout gagner grâce aux triangulaires avec le FN. Elle perdra dans ses fiefs, je pense à mon canton natal, où le FN est peu présent mais qu'importe ?Les Côtes d'Armor resteront à gauche.

Et on aura alors 2017 en ligne de mire... J'imagine que François Hollande sait tout ça. Moi j'oublie. Je vis au quotidien. Loi par loi. Information par information. 2015 ? Le pic de la crise aura bien fini par se montrer derrière nous. Les premières mesures du Gouvernement auront commencé à avoir de l'effet. Le Chômage aura affiché quelques mois de baisses consécutifs, la croissance sera revenue à 1,5%.

2017. La France ira mieux. C'est cyclique. Ce pauvre Nicolas Sarkozy aura réussi une campagne, 10 ans avant. Non seulement sa politique économique était mauvaise mais, en plus, il s'est pris une crise économique sur le dos.

La droite traditionnelle se sera refait une vague santé. Ils auront bénéficié d’un vote de rejet de la politique Gouvernementale et auront gagné quelques villes de province et quelques départements et régions. Sa guerre des chefs aura été enterrée par une primaire qui aura probablement fait des ravages, mais peu importe. Elle se sera donné l’illusion d’avoir trouvé les classes populaires et d’avoir le bon ton. Elle va se vautrer aux présidentielles. Défoncée par les classes populaires qui ont auront à dire : « on ne va pas nous la faire deux fois ». On sera là pour le rappeler.

La gauche de la gauche se sera vautrée. Elle aura fait unbon score aux Européennes, un pur vote de protestation. Elle aura perdu du terrain aux autres scrutins. Elle aura continué à taper sur la gauche socialiste : « Ah ! Les cons !Ils n’ont pas donné le droit de vote aux immigrés aux élections locales… »Comme si quelqu’un en avait quelque chose à foutre, parmi les électeurs non acquis à la gauche,… à part les électeurs bien à droite qui veulent à tout prix lutter contre. Le mariage pour tous sera dernière nous, entré dans les mœurs, il y en aura 3000 par an. La gauche socialiste pourra au moins dire :« ben vous voyez, avec  nous, la société avance ». Même au bord du gouffre. Le pragmatisme, la méthode, …

La gauche de la gauche se sera vautrée de bout en bout. Elle aura promis une meilleure redistribution, une meilleure solidarité, ce que j’approuve, d’ailleurs, mais personne ne veux vivre de solidarité ou de redistribution, personne ne veut vivre en attendant un coup de pouce sur les allocations chômage pour avoir un espoir pour ses enfants.

Elle se sera plantée aussi à force de parler d’écologie, typiquement le truc de bobo qui ne risque pas de perdre son boulot. Elle aura lutté contre des investissements locaux, comme Notre-Dame-des-Landes, pour bien expliquer aux gens que l’on n’investira pas par chez eux, qu’on continuera à tout centraliser à Paris,… Ah ! Elle criera bien haut et fort qu’elle s’adresse pourtant à l’intelligence des électeurs. Elle aura été bernée par le bon score de Jean-Luc Mélenchon aux élections Européennes, persuadée que ce sont des« classes populaires » qui ont voté pour lui alors que ce ne seront que quelques fonctionnaires déçus de ne pas avoir été augmenté et quelques autres socialistes dépités.

La droite traditionnelle sera empêtrée dans ses éternelles âneries à peine bonnes à faire rire les blogueurs malveillants. Elle aura trop voulu garder l’équipe qui perd.

Les centristes seront à l’ouest. Ils seront bien obligés deconstater que la politique budgétaire de François Hollande aura porté ses fruits, qu’il aura retrouvé « une bonne note » de la part des agences de notation, même si le chômage reste aux alentours de 10%.

François Hollande, après une belle déconvenue de la gauche annoncée aux régionales et aux départementales bien que légèrement sauvée par des triangulaires avec le FN, aura décidé de changer de Premier Ministre, en 2005. Il aura pris quelqu’un de poids, Martine Aubry, peut-être. Il se mettra en retrait comme Chirac ou Mitterrand avec tous leurs Premiers Ministres. Il ne sera pas en première ligne et n’aura pas fait l’erreur de Nicolas Sarkozy de ne pas changer de Premier Ministre deux ans avant les élections. François Hollande se sera mis en « cohabitation » avec son propre camp !Pas fou ! Vous connaissez des Présidents qui ont été réélus alors qu’ils n’étaient pas en cohabitation, depuis 40 ans ?

Jean-Marc Ayrault aura un "bon bilan mitigé". Il aura fait une partie des mesures structurelles qui s’imposaient, comme l’acte III de la décentralisation, la régionalisation de l’aide aux régions. Martine Aubry pourra s’appuyer dessus pour mener une politique plus en faveur des défavorisés.

Alors l’élection arrivera.

Et on trouvera des cabinets et fondations experts en politique qui diront à François Hollande, encore une fois, que les classes populaires sont perdues pour le PS et qu’il faut s’adresser aux classes moyennes.

Comme s’il y avait une différence.

08 novembre 2012

T'as voté pour quoi ?

Mon confrère Sarkofrance s'interroge sur l'expression « je n'ai pas voté pour ça » employée par certains mécontents de la politique conduite par le Gouvernement.  Malheureusement, on ne vote pas pour "ça" mais pour "lui". Pour ma part, j'ai voté pour deux hommes, François Hollande, que l'on ne présente plus, et Jean-Luc Laurent, qui est maintenant mon député. 

Depuis que je tiens ce blog, j'ai toujours dit que l'on votait pour des gens, pas pour des projets ce qui ne m'empêche pas de défendre des projets, de soutenir des positions,...

J'ai même fait pire, j'ai dit à plusieurs reprises que je voyais pour François Hollande à la primaire parce que j'estimais que c'était le seul à pouvoir gagner la Présidentielle. 

J'ai ensuite voté pour François Hollande au premier tour de la Présidentielle pour deux raisons. La première est qu'il me paraissait le meilleur pour présider la République et qu'il avait le meilleur projet, la deuxième parce que, même si notre système électoral est stupide, il vaut mieux éviter le risque qu'aucun candidat de gauche ne soit présent au deuxième tour. 

Je vous laisse deviner pourquoi j'ai voté pour lui au second tour... Aux législatives, j'ai voté pour Jean-Luc Laurent parce que c'est lui qui portait le projet de François Hollande dans ma circonscription. J'ai pourtant hésité, loin avant l'élection. Je n'avais pas envie de voter contre Pierre Gosnat, le député communiste sortant. 

Maintenant, si François Hollande avait eu dans son projet : « Moi, Président de la République, je reviendrai sur l'augmentation de la TVA imposée par Nicolas Sarkozy mais je procéderai à un rééquilibrage des trois taux (5, 10 et 20) tout en récupérant une dizaine de milliards pour baisser les cotisations patronales. », j'aurais également voté pour lui. 

Et s'il avait fait cette proposition pour la primaire (ce qu'il a plus ou moins fait, avant, d'ailleurs, vous trouverez facilement son livre sur Internet, par exemple ici en pdf), j'aurais également voté pour lui, ne serait-ce que parce qu'il me semblait le meilleur candidat possible pour la Présidentielle, pour éviter que la droite ne rempile pour 5 ans. 

Alors maintenant, cher lecteur, je te pose la question : si tu as voté pour François Hollande à au moins un tour de la primaire ou au premier tour de la Présidentielle, aurais-tu voté quand même pour lui ?

S'il avait dit qu'il passerait la TVA à 22%, qu'aurais-tu fait ? Moi, j'aurais voté pour lui. 

J'ai voté pour lui. Il a fait le job. Il a été élu Président de la République et il a permis l'Installation d'une majorité socialiste à l'Assemblée Nationale. 

C'est pour ça que j'ai voté pour lui. C’est un peu ce que détaille Sarkofrance dans son billet.

Alors, bien sur, tout ne me plaît pas dans les décisions qui sont prises, je suis opposé à cette augmentation de la TVA. Je ne comprends pas pourquoi "ils" l'ont faite mais je leur fais confiance : vu l'état de nos finances, ils n'avaient peut-être pas le choix. Le "il n'y qu'à, faut qu'on" a ses limites. Je ne sais pas pourquoi "ils" l'ont faite mais je leur fais confiance. 

Et c'est pour ça que j'ai voté pour eux, finalement : parce que ce sont les seuls en qui j'avais confiance d'abord pour gagner l'élection et ensuite pour gérer le pays. 

Ce qui ne m'empêche pas d'être "vigilant", comme on disait après l'élection de Nicolas Sarkozy, et de leur dire : « hé ho, les gars ! Vous aviez dit que vous n'augmenteriez pas la TVA et vous le faites, vous pourriez avoir l'amabilité de vous expliquer devant ceux qui vous ont fait confiance et continuent à le faire. En outre, faites gaffe, il y aura d'autres élections... Surtout, ça pourrait limiter le pouvoir d'achat et donc être contreproductif ». 

Avant de conclure, je vais faire un (long) aparté. « On » critique beaucoup le plan présenté l’autre jour par le Gouvernement. On entend n’importe quoi : « ils auraient succombé aux lobbies, au Medef, … La compétitivité et le coût du travail, c’est n’importe quoi ». Bof… Mon confrère Melclalex nous présentait hier une comparaison des charges pesant sur les salaries : le problème est manifeste même si le coût du travail n’est pas ce qui explique notre différence de compétitivité avec l’Allemagne.

Toujours est-il que le redressement industriel du pays est au cœur du projet socialiste, notamment via les propositions d’Arnaud Montebourg. On a migré en trente ou quarante vers une société de services ce qui fut peut-être une erreur (je ne suis pas formel mais il y a un bien un problème). Je vais donc vous laisser lire le dernier billet du blog de Jean-Luc Laurent (essayez de suivre, c’est mon député, par ailleurs Président du MRC, le parti de Chevènement) : « Désormais le redressement productif est plus qu’un slogan habile. » « La France a un avenir industriel si notre pays s’en donne les moyens. Après des années de déclin marquées par la perte de compétitivité, les destructions d’emplois et d’activités industrielles, la prise en compte des propositions du rapport de Louis Gallois marque une rupture majeure que soutiennent les républicains, attachés à l'avenir et à la souveraineté de la France. Dans un cadre européen contraint par la monnaie unique qui rend impossible la dévaluation, les mesures proposées par le gouvernement, dont le crédit d’impôt pour les entreprises de 20M€, sont utiles à court terme. A moyen et long termes, la conduite d’une véritable politique industrielle autour de l’innovation, de l’investissement et de la formation est indispensable pour sortir la France de l’impasse. »

Il est temps que je conclue : mon redressement productif personnel dans le blog n’est pas au top et celui pour le boulot risque de ne pas être génial.

« Je n'ai pas voté pour ça ». Moi si. J’espérai autre chose. Quand l’Equipe de France se prépare à jouer un match de foot important, on dit souvent qu’il y a 65 millions de sélectionneurs en France. Le lendemain, on refait le match. On dit que tel ou tel a fait une erreur, n’aurait pas du faire cette passe idiote alors qu’il aurait pu tirer au but directement, …

Il y a 45 millions d’électeurs. Je voterais immédiatement pour ceux qui interdisent les heures de fermeture de bistro, qui promettent un métro direct entre l’Avenue de Suffren (où je bosse) et le Kremlin-Bicêtre (où j’habite) ainsi qu’une ligne de TGV en l’Avenue de Suffren et Loudéac (où je vais en week-end) et une autre entre Loudéac et le Kremlin-Bicêtre pour le retour le dimanche soir… Non, je vais être conciliant. L’Avenue de Suffren est à deux pas de Montparnasse, je peux y aller en métro. Mais dans ce cas, on ajoute une proposition : la suppression des taxes sur la bière.

Je voterais bien pour ça. Mais on ne me le propose pas. Alors je vote pour des hommes, conformément à la Constitution de mon pays, que je critique régulièrement, d’ailleurs.

Dans l’attente, on a un pays à redresser. J’ai voté pour des types pour qu’ils fassent le job.

C’est pour ça que j’ai voté.

Et pour 60 engagements. On fera le bilan dans 5 ans.

Et je voterai à nouveau pour lui.

01 août 2012

Internet et les budgets de campagne

Les comptes de campagne des candidats à la Présidentielle ont été publiés. C’est François Hollande qui a dépensé le plus de pognon, légèrement devant Nicolas Sarkozy. Ca tombe bien, c’est François Hollande qui a été élu…

La loi du pognon ? (smiley…)

A ma grande surprise, c’est Jean-Luc Mélenchon qui arrive ensuite. Je pensais qu’il serait battu par Marine Le Pen et François Bayrou mais, à la réflexion, c’est logique.

C’est le détail des dépenses qui m’intéresse, ce matin, et les différences entre les deux premiers. François Hollande a dépensé plus pour les tracts que Nicolas Sarkozy (4,1 millions contre 2,9). Habitant dans un coin très à gauche, je n’ai vu aucun militant UMP, donc cette différence me laisse benoît. « Plus traditionnel, le candidat socialiste a préféré miser sur la télévision (841.000 euros), devant Nicolas Sarkozy (320.145 euros). Les autres candidats ont réellement limité les investissements sur ce coûteux médias. Autres postes de dépenses importants pour les candidats, les enquêtes et sondages, et le conseil en communication. Peut-être parce qu’il s’estimait déjà suffisamment renseigne, Nicolas Sarkozy n'a consacré que 110.000 euros aux enquêtes et rien en conseil. A contrario, François Hollande a dépensé 236.000 euros en sondages, et presque 600.000 euros en conseil en communication. »

A propos de la campagne sur le web :

« François Hollande a dépensé 549.000 euros sur le web, quand Nicolas Sarkozy y a consacré 1,3 million d’euros. » « Jean-Luc Mélenchon a dépensé 715.000 euros sur la Toile et François Bayrou 606.000 euros »

Ce sont ces chiffres qui m’étonnent le plus. Je faisais partie de l’équipe web de Hollande (pas dans le premier cercle, hein !) et j’ai donc bien étudié les dispositifs mis en œuvre par chacun.

Il m’a semblé que « nous » dominions totalement Internet, gagnant les « riposte parties » sur Twitter, le tout en dépensant moins de pognon. J’en tire donc une double conclusion : d’une part, dépenser du pognon pour le net ne sert pas à grand-chose, il vaut mieux une bonne équipe de militant présents un peu partout, et, d’autre part, il est temps de féliciter les copains qui ont piloté ça.

Bravo à Vincent Feltesse et ses équipes en général. Bravo à Romain et Medhi, qui avaient en charge de maitriser les clowns des blogs et des réseaux sociaux. La bise au passage…

19 juin 2012

Des erreurs au PS ?

Seule la victoire est belle et le Parti Socialiste a gagné, largement. C’est beau. Je pourrais faire part de mes joies et de mes tristesses, comme FalconHill, mais j’ai promis à une amie, par mail, de faire un billet pour lister ce que je considère comme les erreurs du PS.

Mes joies ? La victoire globale, la majorité absolue, …
Mes tristesses ? D’abord, le résultat dans la 3ème circonscription des Côtes d’Armor. Je suis évidemment déçu pour Loïc et Olivier (j’en profite pour les saluer et les assurer de mon amitié et ma confiance, de même que Louis qui a mené campagne dans d’obscures contrées) mais je suis très inquiet pour l’avenir, dans le coin…

Mes joies ? L’élimination de quelques personnages qui représentent parfaitement le Sarkozysme.

Mes tristesses ? Le sort réservé à François Bayrou. Je ne soutiens absolument pas son positionnement politique mais le personnage avait fini par m’être sympathique… Surtout, le sort réservé à Ségolène Royal. Je ne suis pas connu pour mes amitiés « ségolistes » mais il n’empêche qu’elle en prend beaucoup dans la tronche. C’est lamentable.

Les erreurs du PS ?

En papotant avec Dadavidov, El Camino et Politeeks, on se disait, hier, que le nombre de député UMP élu de très peu est relativement important. Le Parti Socialiste n’aurait-il pas pu avoir plus d’élus ?

Certains diront que le « tweet » de @valtrier a pu faire perdre gros. Je n’y crois pas du tout. Et en aucun cas, ce n’est une erreur du PS…

J’ai tendance à penser que certains sujets sociétaux ont fait en sorte que certains électeurs se sont déplacés uniquement pour faire barrage au PS, pour l’empêcher d’avoir la majorité des trois cinquièmes au parlement, condition indispensable pour modifier sereinement la constitution. C’est d’ailleurs amusant d’imaginer que le PS ne puisse pas faire passer certaines mesures uniquement parce qu’il les a défendues.

Je pense un peu au mariage entre homosexuels (mais d’une manière générale, je suis contre le mariage, qui, pour moi, vu l’évolution de la société ne reste plus qu’un des sacrements de notre religion majoritaire, ce qui compte étant l’égalité des droits) mais surtout au vote des immigrés aux élections locales.

Fréquentant beaucoup les blogs réactionnaires, j’ai vu nombre de commentaires de lascars qui disaient qu’ils iraient voter contre le PS à cause de ça. Il faut que le PS arrête d’avoir ce genre de sujet dans son projet, ne serait-ce que pour cesser d’être un repoussoir…

Cela étant, est-ce une erreur ? Certains m’objecteront que François Mitterrand a aboli la peine de mort contre l’avis majoritaire des électeurs mais on ne peut pas utiliser éternellement cet argument, d’autant qu’on ne pourra pas faire passer le vote des étrangers puisqu’on n’a pas assez de sièges au Congrès. Par ailleurs, la peine de mort n’a jamais été un thème central de campagne alors que la droite a réussi à mettre le vote des étrangers au milieu des débats.

Ca n’en fait pas une erreur pour autant. Je pose juste la question. Un tel sujet permet d’ouvrir un débat mais aussi, peut-être, de gagner des voix à un premier tour, de s’accorder les faveurs de ses alliés…

Je ne sais pas.

Ce n’est pas facile de décrire les erreurs du Parti Socialiste : il a gagné les élections. C’est bien ce qui importe. Il vaut mieux retenir ce qui a fait qu’il a gagné et que les autres formations politiques étudient les raisons de leurs échecs.

Au fond, il n’y a qu’un seul truc que je ne pardonne pas au PS : l’accord électoral avec les écolos, à la fin de l’année dernière. Il a introduit un flottement même s’il a permis à François Hollande de montrer une vision « mesurée » à propos du nucléaire. C’est encore un de ses sujets, certes importants, qui font fuir les électeurs. Et c'est surtout une erreur grave des Verts qui ont montré qu'ils n'avaient rien à faire de la Présidentiel et que le seul intérêt qu'ils avaient était d'aller à la soupe pour avoir des postes...

Dans mon billet d’hier soir, j’évoquais ce que devraient faire les partis politiques, maintenant. La priorité absolue, pour le PS, est de faire le ménage.C'est peut-être une des autres erreurs faites par le PS : ne pas avoir dézingué plus de monde, ne mas s'être débarrassé de tous ces boulets qu'on lui jette occasionnellement dans les jambes.

Peu importe les soutiens qu’ont besoin les uns et les autres lors d’un prochain congrès, le moment est venu de faire ce ménage. On a presque deux ans avant les prochaines élections locales. Les prochaines élections nationales, dans cinq ans, se feront autour François Hollande. En outre, ce n’est pas le Parti Socialiste qui va faire l’agenda politique mais le gouvernement.

Ca on est enfin au Gouvernement !

02 juin 2012

Des commentaires violents en campagne ?

« Lui n’a ni regret, ni amertume. Mais c’est vrai, il a fait l’objet d’un lynchage permanent. Une violence dans les commentaires que l’on n’avait pas connue depuis la IIIe République finissante ou la guerre d’Algérie… » Voila ce que déclare Brice Hortefeux à propos de l’échec de Nicolas Sarkozy à l’élection Présidentielle.

Ils sont rigolos, à droite ! Ils ont toujours des explications à tout : les commentaires sont violents, maintenant. Ils étaient pourtant moins négatifs quand Jacques Chirac traitait Laurent Fabius de roquet, il y a bientôt trente ans.

Je vais leur rappeler la campagne de 2007. Les commentaires avaient été moins violents ? Tout était organisé par la presse et par la droite pour mettre un focus sur les divisions de la gauche et pour faire passer notre candidate pour une cruche.

Je vais leur rappeler la campagne de 2002. Tout était organisé pour favoriser le sentiment d’insécurité, pour virer le seul candidat sérieux, tellement sérieux qu’il en a loupé sa campagne d’ailleurs.

Je vais leur rappeler le quinquennat de Nicolas Sarkozy qui a été d’une violence délirante avec l’organisation de débats pour diviser les Français, pour taper sur des pans entiers de la population. Le seul bilan qu’on retiendra de cette période est la mise en avant du mot « stigmatiser » !

Je vais aussi leur rappeler la dernière campagne et toute sa violence, en plus des discours de Nicolas Sarkozy, juste deux ou trois exemples de la dernièère quinzaine : les propos de Madame Rosso-Debord contre Najat Vallaud-Belkacem, la présomption de légitime défense pour les policiers, le vrai travail,  …

François Hollande a gagné aussi parce qu’il était le plus apaisant, le moins violent, …

Pour la première fois de la cinquième République, le Président sortant n’est pas arrivé en tête au premier tour. On pourrait rajouter : alors qu’il était le seul candidat significatif de son camp. Ce n’est pas la peine de chercher une raison dans la violence des commentaires : les électeurs, y compris ceux de droite, on choisit quelqu’un d’autre au premier tour parce qu’ils ne voulaient plus de Nicolas Sarkozy et de la politique menée pendant cinq ans.

Je propose un exercice à nos brillants analystes politiques pour leur samedi après midi : relire les communiqués de presse du Parti Socialiste et de l’UMP depuis le 1er janvier pour vérifier qui était plus violent.

14 mai 2012

C'était il y a un an

Il y a un an, Dominique Strauss-Kahn se faisait arrêter par la police en quittant Washington. La période a ensuite été très dure pour beaucoup de gens, y compris pour moi, avec mes blogs, où j’en ai pris plein la gueule en tentant de défendre la présomption d’innocence. Je ne vais pas me plaindre : je n’ose imaginer ce que lui peut avoir subi, tout comme ses proches, dont son épouse mais aussi tous ces militants politiques qui croyaient en lui !

Un beau gâchis !

Il semble néanmoins que l’on puisse dire merci à Nafissatou Diallo, cette femme qui a porté plainte, à tort ou à raison, on ne le saura sans doute jamais. Je continue à être fidèle à la présomption d’innocence.

Mais si DSK avait été candidat, « l’autre affaire » l’aurait probablement rattrapé en pleine campagne. L’élection aurait été perdue. C’est ce que tente de démontrer cet article du Monde.

La première question à se poser est de savoir si François Hollande aurait gagné la primaire si Dominique Strauss-Kahn avait été « à la place » de Martine Aubry. Je le crois. La campagne aurait été bien différente mais François Hollande a clairement démontré qu’il était un de ceux qui pouvait battre Nicolas Sarkozy. Mais on ne sait pas. On ne saura jamais. Tout comme on ne saura jamais ce qui s’est passé dans cette suite du Sofitel. Et on ne saura jamais si DSK aurait battu Nicolas Sarkozy alors qu’il le battait de plus de 20 points dans les sondages, à une époque…

Il s’est fait arrêter pendant la nuit du 14 au 15. Ca fera donc un an demain qu’on a commencé à suivre l’information, surtout dans Twitter, frénétiquement, comme si la fin du monde était annoncée.

Demain, François Hollande deviendra Président de la République et Nicolas Sarkozy partira de l’Elysée. Tout a failli partir en vrille suite à un dépôt de plainte mais nous avons finalement gagné l’élection Présidentielle.

Demain, tous les regards seront tournés vers François Hollande.

N’oublions pas Dominique Strauss-Kahn, il a passé une année terrible.

11 mai 2012

Faut-il sauver le soldat Bayrou ?

Personnellement, j’aurais souhaité que le Parti Socialiste ne présente pas de candidat face à François Bayrou. Ce n’est pas la décision prise par le parti et Romain nous explique pourquoi. Pour résumer, il s’agit d’enlever un argument à Méluche et ses équipes, pour ne pas qu’ils puissent rappeler que c’est eux la "vraie gauche".

Soit.

Je ne suis pas d’accord.

Tout d’abord, nous ne sommes pas sûrs d’avoir la majorité absolue. Avoir un centre indépendant et fort pourrait nous aider. N’oublions pas 1988. Les socialistes et les communistes avaient au total 281 députés or il en faut 289 pour avoir une majorité ce qui ne nous a pas empêché de faire le RMI, la CSG et un tas de belles choses. Même si ça s’est terminé par une branlée électorale.

Cela étant, ce n’est pas en retirant un candidat qu’on se positionne de manière à avoir la majorité absolue…

Mais les dirigeants de l’UMP se sont « droitisés » en une dizaine d’années. Pas les électeurs et pas tous les dirigeants. Par exemple, le responsable de l’UMP près de chez moi vient de faire un billet où il dénonce la stratégie de l’UMP et l’invite à y réfléchir. Je citais dans mon annexe un illustre blogueur de droite qui tenait à peu près les mêmes propos. Et je suis persuadé que mes copains de droite (sans être blogueurs engagés) comme FalconHill ou Vlad pourraient tenir les mêmes propos. Ce qu’il y a de bien est que la stratégie de la droite pousse l’UMP droit dans le mur et garantit donc la victoire de la gauche.

Par delà le clivage droite gauche, les vantardises « plus à gauche que moi tu meurs » ou ceux qui nient ces clivages (à propos, Alain Lambert ne sera pas candidat à Paris), il y a un clivage plus important pour l’instant, entre la ligne officielle de l’UMP et les autres, peut-être 60 ou 70% de la population, qui ne veut pas de cette stratégie de haine.

Ce clivage est plus important que tout parce qu’il valide les idées de rejet de l’autre, de haine et tout ce que mes camarades gauchistes dénoncent au jour le jour dans leurs blogs… et qu’a dénoncé François Bayrou quand il a annoncé son ralliement à François Hollande. Dans ce rejet d’une droite dure, nous sommes nombreux, de la gauche de la gauche jusqu’à ce centre incarné par François Bayrou (et Alain Lambert).

Nous sommes ensemble…

Et tout le monde doit le reconnaître. Le combat pour la vraie gauche passe après, il n’est pas question de gouverner avec François Bayrou, il a d’ailleurs clairement rejeté le projet de François Hollande.

Je n’ai pas envie de redevenir, après six semaines, blogueur d’opposition parce qu’il aura fallu faire plaisir à la gauche de la gauche et leur retirer un argument. Le PS aurait pu ne pas poser sa candidature face à François Bayrou : il ne s’agissait pas de faire sa campagne (qui n’a par ailleurs que peu de sens puisqu’il sera nécessairement dans l’opposition s’il est élu).

Les projets que nous avons à défendre jusqu’au second tour des législatives sont différents, comme ils l’étaient au cours des dernières semaines.

Il n’empêche que François Bayrou a aidé toute la gauche – toutes les gauches ! – à sortir Nicolas Sarkozy de la Présidence de la République.

Qu’importe un siège de député ? La droite va en perdre une centaine.

Je ne suis pas d'accord avec la décision du PS. Je ne vais pas en chier une pendule, juste un billet de blog.

Edit :vu la tonalité de certains des commentaires, je précise que je ne mets pas en cause la décision du PS (d'où mon "je ne vais pas en chier une pendule"), je dis uniquement que je ne suis pas vraiment d'accord avec le motif exposé par Romain dans son billet, si c'est celui utilisé par le PS. Pour le reste, j'ignore les autres contraintes du PS. Je reste contre la désignation d'un candidat comme d'autres personnalités éminentes du PS mais je me plie au décision d'autant plus facilement que je ne suis pas au PS.

10 mai 2012

Déveine de campagne

Je l’ai dit : la campagne fut belle, parfois au ras des pâquerettes. Toujours est-il que j’en garde un bon souvenir et ils continuent de s’entasser. Ce matin encore, à la radio, on avait l’impression que les Chefs d’Etats étrangers (ou de l’Europe) se précipitent à ce QG de campagne, juste à côté de mon boulot, derrière le siège de l’UNESCO, comme s’ils avaient enfin trouvé un interlocuteur ! Il n’empêche qu’il y a eu de très mauvais moments… Une petite chaîne de blogs pour les raconter s’impose !

Je ne vais pas revenir longuement sur la primaire et les engueulades sérieuses avec des copains très proches mécontents de mon choix et des motifs que j’exposais. Ils étaient persuadés que la primaire était faite pour choisir une ligne politique et un Président de la République alors que je répétais qu’elle était là pour choisir un candidat susceptible de remporter l’élection. Je ne crois pas m’être trompé.

Mon pire moment a duré une quinzaine de jours, à la fin de l’année dernière ou au début de cette année. Déjà, les collègues de travail trouvaient suspect que je sois si bien informé et devinais que j’avais une « activité numérique intense ». Ca me mettait mal à l’aise l’impression d’être observé, voire soupçonné.

Un matin, je discute avec collègue qui me dit avoir vu Brice Hortefeux dans l’immeuble. Tiens ! Il a disparu, lui ? Je retourne à mon bureau et fais quelques recherches. Une dépêche dit que Brice Hortefeux sera le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy. Une autre dépêche dit que Nicolas Sarkozy commence à chercher un QG de campagne entre le siège de l’UMP et l’Elysée.

Mes neurones se mettent en action : il y a bien des locaux disponibles dans notre immeuble, avec toutes les caractéristiques voulues et des travaux semblent organisés en urgence dans les parties communes pour supprimer tous les revêtements en bois, remplacés par des surfaces blanches. Les locaux sont situés idéalement. D’ailleurs, François Hollande s’est installé à 2 ou 300 mètres…

J’en tire une conclusion : Nicolas Sarkozy installera bien son siège de campagne dans l’immeuble où je bosse. La coïncidence est terrible…

Je fais part de mes observations à mes collègues et la rumeur est lancée. A un tel point que l’un d’entre eux balance un message dans Twitter, rapidement repéré par un journaliste qui avait une autre information (que Nicolas Sarkozy s’installerait dans la rue, mais de l’autre côté). Du coup, des reporters débarquent dans le coin et je suis même interviewé mais j’envoie chier le lascar : je ne pouvais pas être repéré en tant que blogueur politique zinfluent. La nouvelle aurait fait le tour du web et serait fatalement arrivée aux oreilles de mes patrons. Du coup, c’est un de mes collègues qui est passé au grand journal (pour dire qu’il n’avait aucune information : le métier de journaliste est fascinant).

Quelques jours plus tard, on apprenait que les locaux avaient été retenus en « short list » avec quelques autres. Puis, j’ai cru comprendre « qu’on » avait été retenus finalement mais que le propriétaire des locaux avait refusé de louer les locaux pour un tel usage, ça aurait créé trop de désagréments pour ses autres clients.

Ainsi, pendant une quinzaine de jours, j’ai réellement eu très peur, envisageant de fermer mes blogs, de demander ma mutation ou je ne sais quoi… Les confrères blogueurs n’ont pas compris ma position. Je dois reconnaître qu’avec le recul, je ne sais plus trop quoi penser. Je ne me voyais pas publier des méchancetés sur mon blog avec des gugusses, trois étages plus bas, en train de surveiller les réseaux sociaux. Je m’imaginais me faisant engueuler par Brice Hortefeux ou Nicolas Sarkozy dans les couloirs. Je m’imaginais subissant une pression des services de sécurité. J’imaginais je ne sais qui allant voir mon big boss pour lui ordonner de me faire taire ou de changer de ligne éditoriale.

Le plus drôle est que l’adresse du bureau commençait à être « connue » puisque je la diffusais sur Foursquare et donc dans Twitter tous les matins… J’imaginais une tonne d’andouilles se battant pour être « Mayor » du « 100 Suffren » que j’avais créé.

Vous ne pouvez pas imaginer mon soulagement quand les sites d’information ont diffusé l’adresse du siège de campagne finalement retenu !

Mes collègues de travail étaient partagés. Certains se désolaient des règles de sécurité qui allaient nous perturber. D’autres se réjouissaient de ce moment de gloire…

Et vous, vous avez passé des mauvais moments, dans cette campagne ?

Sont tagués : Yann, David, El Camino, Melclalex et Gularu.

(photo)

07 mai 2012

Soirées électorales à la télévision : quelle crédibilité ?

Mes confrères @Authueil, @couve et @egaucher ont tiré leur bilan de la soirée d’hier, sur le plateau de France 2. Je voulais faire pareil, ce matin, mais je n’ai pas osé : mes impressions sont relativement négatives, ce qui ne m’empêche pas de remercier France 2 pour son invitation. Ils m’ont posé dans un coin du plateau, comme si je faisais partie du décor. Je ne sais même pas si je suis passé à la télé (aucun collègue ne m’a reconnu). Un pot de fleur.

Je suis resté jusqu’à 22h15, environ, puis je suis rentré vers 23 heures, au Kremlin-Bicêtre d’où j’ai regardé la fin du direct avec des potes.

Ma première réaction est qu’il faudrait rétablir la publicité sur France 2 pour boucher les trous plutôt que de montrer des journalistes dans des situations absolument grotesques pour nous annoncer qu’il ne se passe rien. « La porte du bureau de François Hollande n’a pas été ouverte ». Je vous passe les considérations sur la longueur de la piste à l’aéroport de Brive…

Les télés me paraissent complètement à l’ouest pour prendre en compte les réseaux sociaux dans les grands directs mais j’ignore s’il y a une solution.

Toujours est-il qu’il faut enfin réviser cette anomalie d’interdiction de publication des résultats avant 20 heures. La première mesure serait de fermer les bureaux de vote à la même heure partout (ou, plus précisément, commencer le comptage à la même heure partout). 19 heures serait très bien. Tant pis pour les Parisiens qui vont à la plage. Publication des résultats sur le site du Ministère de l’Intérieur au fur et à mesure qu’il arrive, vers 20 heures les prévisions seraient à peu près correctes. Je ne dis pas que la loi est mauvaise, je pense qu’elle est totalement obsolète.

Je pense aussi qu’on se la joue un peu trop dans les réseaux sociaux : ça fait un an que tous les sondages prédisent la victoire de François Hollande. Qu’est-ce qu’on en a à foutre d’avoir une vague estimation deux heures avant une heure officielle, plusieurs heures avant la publication officielle ? Il faudrait que les citoyens – blogueurs, twittos ou autres – arrêtent de jouer au journaliste, ça n’est pas notre job.

Mais il faudrait aussi que les journalistes fassent leur job : ne pas suivre la voiture de François Hollande pendant qu’il va de Tulles à Brive. On s’en fout.

Quant au grand public, je ne comprends même pas qu’il s’intéresse à tout ce bazar. Les résultats étant connus avec suffisamment de certitude vers 20 heures, qu’est-ce qu’on en a à foutre d’écouter nos chers dirigeants nous expliquer que, en fait, ils ont gagné ?

Les télévisions auraient tout intérêt à revoir leurs concepts pour les soirées électorales, peut-être dans des cadres plus intimes (le studio était splendide – et j’en faisais le décor personnellement : je ne sais pas s’il fallait un quota de gros).

Enfin, je trouve odieux la personnalisation de cette émission autour de quelques gonziers. Quel intérêt, au fond, de suivre particulièrement Thomas Hollande ! Quand je suis arrivé à l’Aéro, j’étais plié de rire : la petite dame était la petite fille de la cousine de la mère de François Hollande.

Je propose aux télévisions d’inviter le fils de ma concierge dont le mari est garagiste et s’occupe de la voiture de la belle sœur de la femme de ménage de Ségolène Royal. Ou vice-versa.

Crédibilité zéro.

Je remercie néanmoins France 2 qui fait son job. Ils ont eu une audience supérieure à celle de TF1 dont le public attend ce type d'émission. Le buffet était superbe mais il n'y avait pas une goutte d'alcool.

Néanmoins, ils pourraient prévoir des pauses pour permettre aux membres du décor d'aller uriner le Coca Cola bu pendant le déjeuner (la salade de pâtes avec des écrevisses était très bien ; j'en ai repris deux fois).

Voir l'illustration : avec @Authueil, on était sur la mezzanine pointée par la flèche rouge.

Fier

Ca fait quelques semaines que je l’ai en tête, ce billet du 7 au matin. Depuis que la victoire est acquise. Je me demandais combien de banalités j’allais pouvoir balancer par ligne de texte. Attention, c’est parti !

Je voulais dire combien j’étais fier de notre candidat. 18 mois que j’y crois. J’ai toujours suivi François Hollande suite à une anecdote que j’ai déjà raconté ici (lors d’une manifestation, en 1996, je sortais d’un bistro, il ne regardait pas où il marchait, il m’est à moitié rentré dedans, je l’ai traité de connard et Gaël m’a dit : « t’es con, c’est Hollande »). Depuis, il a été encensé comme stratège politique suite à des élections territoriales puis jeté dans la boue suite à 2005, … Tout ça est balayé. Il a trouvé une belle place dans les livres d’histoire.

Mais on l’a à l’œil quand même.

Je voulais dire combien j’étais fier de ses équipes, tous ces gens que j’ai côtoyés, qui on fait un boulot formidable tout au long de l’année !

Je voulais dire combien j’étais fier des copains blogueurs et combien j’étais fier de moi, pour avoir contribué à ce machin à mon modeste niveau, faisant youplaboum dans les blogs et dans Twitter.

Merci à tous, merci François !

Au boulot, maintenant ! On a des législatives à gagner !

06 mai 2012

Une victoire pour Jean-Louis et Olivier

Jean-Louis est mort le 27 juillet, quelques mois après Olivier. C'étaient des copains, des blogueurs de gauche. Ils n'auront pas eu l'épilogue de ces quelques années de blogage, de combat quotidien.

François Hollande sera le prochain Président de la République, Nicolas Sarkozy va disparaître de la scène.

A 20 heures, je n'ai pas éprouvé une très grosse émotion, la victoire était connue un peu avant et les sondages sont au top depuis des mois et des mois. C'est en pensant à eux, maintenant, que je suis ému. Je pense à eux. Cette victoire est aussi leur victoire.

Je suis fier de cette victoire, je suis fier d'eux.

François Hollande 51,9%

Ca fait 18 mois que je prépare cet événement. Dans le studio de France 2 qui a eu la gentillesse d'inviter quelques blogueurs, les chiffres circulent. François Hollande sera élu avec 52 ou 53%.

J'étais avec le vieux Jacques, à l'apéro, ce midi, et un crétin, un de ses vieux potes bien à droite. Ils étaient encore persuadés que la victoire de Nicolas Sarkozy allait venir, que les scores allaient être serrés.

Pas du tout. La victoire est nette.

J'y ai contribué, à mon niveau, à faire le singe dans ce blog, avec les autres blogueurs, les copains, tous ceux que je vais rejoindre bientôt, place de la Bastille, où ceux qui habitent trop loin pour festoyer avec nous.

Il est trop tôt pour donner un sentiment. Je ferai un billet neuneu demain. Je voulais juste dire que je suis fier de notre candidat, de son équipe, de tous ceux qui ont œuvré à la victoire. 

Merci à tous. Merci à François Hollande.

Je suis avec Authueil, sur le plateau de France 2, probablement jusqu'à 22 heures. On va entendre toutes les andouilles nous expliquer que ce n'est pas une défaite, que c'est le moment de la recomposition. Il parait que Jean-François Copé va venir. 

De l'autre côté, si j'ai bien compris, on devrait avoir Ségolène Royal, Manuel Valls, et Arnaud Montebourg. Ils vont se féliciter. Ils vont féliciter François Hollande. Ils vont féliciter les électeurs. Ils auront raison.

Bravo et merci à tous.

Plateau

En direct sur le plateau de France 2 à entendre les gens parler pour dire qu'ils n'ont pas d'information.

Au coeur du monstre !

Ca parait absolument incroyable mais je suis réellement sur le plateau de France 2 avec David Pujadas et un tas d'andouilles qui braillent. J'ai bien accès à Twitter et (visiblement) à mes blogs (mais après avoir téléchargé Firefox, ce pour quoi je me suis fait engueuler par un barbu qui passait par là). Je n'ai pas accès à gmail. Vive la technique et ne pourrais donc pas répondre à vos milliards de mails de sympathie. La 3G ne passe pas, je ne pourrais donc pas vous mettre des jolies photos de Delahousse. 

C'est ballot.

Le direct commence plus tard, si j'ai bien compris, mais je peux raconter de conneries d'ici là.

05 mai 2012

Dans les coulisses

Demain soir, je vous ferai suivre la soirée électorale ici même et sur @jegoun à partir des studios de France 2, avec @authueil et @couve sous le haut patronage de @egaucher.

Je souhaitais venir avec @gularu et @urvoytwit mais ça semble compromis ! J'espère bien les retrouver plus tard, ainsi que tous les copains embarqués dans cette aventure.

Attendez vous donc à voir encore plus de billets que d'habitude (surtout pour un dimanche soir) avec des analyses complètement crétines et sans le moindre intérêt : j'adore les soirées électorales avec tous les guignols qui nous expliquent que leur échec n'en est pas un puisqu'il marque le début de la recomposition de leur camp.

Merci à Erwan, content de revoir Authueil (ça doit bien faire une paire d'années) et heureux de rencontrer Couve.

A demain, donc !

04 mai 2012

Dimanche soir : François Hollande

La campagne se termine ce soir à minuit. Je ne sais pas comment va tourner l’élection. Evidemment, la probabilité de voir François Hollande est très importante. Dans l’histoire de la cinquième, les sondages pour le deuxième tour ne se sont jamais trompés. Il n’empêche que je vais aborder la dernière ligne droite avec une espèce de nœud au ventre.

Vu de ma position, espèce de satellite de l’équipe de campagne de François Hollande, elle a été belle. Un superbe boulot a été fait, notamment par l’équipe web avec des argumentaires, des informations, des infographies qui tombaient dans ma boitamel régulièrement. Bravo à eux ! Bravo aussi à tous les copains blogueurs et même les pas copains ou les pas blogueurs. Même les pas copains et pas blogueurs.

La campagne a été longue. Je crois bien que j’avais choisis François Hollande avant même la chute de DSK. Je crois qu’il est entré en campagne en octobre 2010 et j’ai fait, à l’époque, un billet pour dire que je croyais en l’opportunité de sa candidature, ce que je rappelais en janvier. A l’époque, tout le monde – moi le premier – pensait que Dominique Strauss-Kahn allait être élu à l’issue de la primaire. Du coup, en mars et avril, j’avais commencé à militer furieusement contre cette primaire, âne que j’étais. Le 27 avril, je disais que François Hollande allait gagner (évidemment pas avec le scénario que l’on connaît, j’avais tout faux) ! Le 9 mai, je faisais un billet pour signaler un sondage : François Hollande est la personne qui représente le plus un héritier de François Mitterrand.

Le 19 mai, quelques jours après l’affaire DSK, je donnais mon point de vue (complètement con a posteriori) : Martine Aubry doit cesser le processus des primaires et demander au Parti Socialiste de désigner François Hollande. Le lendemain, je résumais des propos tenus lors d’un Kremlin des Blogs : seul François Hollande a réellement la volonté d’en découdre. Le 6 juillet, j’affirmais pourtant que je ne soutenais personne mais estimais que François Hollande était le seul à avoir une chance de gagner. A relire ça maintenant, je trouve que j’étais gonflé vu le nombre de billets que j’ai faits à sa gloire.

Pourtant, visiblement, c’est le 22 août, seulement, que j’ai fait mon premier billet de soutien. Fin août, je suis allé à l’Université d’été du PS. Le candidat a fini de me convaincre. J’ai fait quelques billets mais en fait, c’est la « machine » du Parti Socialiste qui m’a emballé. Le 7 septembre, François Hollande recevait quelques blogueurs à l’Assemblée Nationale. Mon billet de compte rendu avait comme titre : « J'avais choisi Hollande, je sais maintenant pourquoi ! » Je ne vais pas vous obliger à me relire, je vais résumer : la plupart des propos du candidat correspondaient à des idées que je m’étais faites et qui avaient généré un billet de blog. Après quelques billets partisans, le 29 septembre, j’écrivais : « pour moi, ça sera François Hollande. »

Pendant cette période de la primaire, les batailles faisaient rage entre les blogueurs soutiens des différents candidats. Les insultes volaient… Pourtant, cette primaire a été un vrai succès, ne serait-ce que parce qu’elle a installé François Hollande dans le paysage. Dès le lendemain, tous les blogueurs socialistes se retrouvaient autour du même mot d’ordre : faire gagner François Hollande. Depuis le dimanche 22 avril, toute la gauche est réunie. Mieux ! Depuis hier, on se sent soutenu par le Modem (ou au moins son chef). Le candidat en qui j’avais commencé à croire en octobre 2010 est en passe de réussir son pari. Il réunit maintenant une large palette de « l’offre politique » et dimanche, il devrait réunir une majeure partie des électeurs.

Je disais que la campagne avait été belle. Belle et pourrie serait plus juste. Un niveau bas de plafond. C’est l’aventure qui a été belle, ce qui m’a permis de me plonger dans cette campagne, les discussions au quotidien avec les membres de l’équipe web, les leftblogs, ma visite à l’UE du PS, mes rencontres avec les principaux candidats, les rigolades avec les copains et les Kremlins des Blogs…

Pourquoi ce billet ? Pourquoi maintenant ?

Petit 1 : un brin de bisounourserie ne nuit pas. En outre, je fais souvent des liens vers les blogs des copains. Quelques liens en interne ne me feront pas de mal.

Petit 2 : il est possible que François Hollande ne gagne pas. J’aurais eu l’air con à faire ce billet lundi si Nicolas Sarkozy repasse. J’imagine : « ces 18 mois ont été fantastiques, j’ai été parmi les premiers à dire que je croyais en François Hollande, qu’il était le seul capable de battre Nicolas Sarkozy. » Grotesque. Il me faut le faire maintenant.

C’est l’occasion de rappeler que ce n’est pas gagner, il faut continuer. On n’a plus le droit de faire des billets de blog mais il nous reste des heures pour convaincre les copains. Je m’imagine très bien, à l’apéro, samedi midi, à discuter avec le vieux Jacques : « Dis donc, vieux con ! Tu crois que ton préféré, de Gaulle, aurait été bien fier du quinquennat de Nicolas Sarkozy ? Tu ne crois pas que pour restaurer la position de la France, il faut d’abord changer de Président de la République ? Patron, remets nous la tournée de cette vieille outre, on va le convaincre de gré ou de force ! »

Au boulot !

Petit 3 : ça fait plusieurs jours que j’ai dans l’idée d’aller rechercher depuis quand je soutiens François Hollande. Il me fallait relire l’historique de mon blog. Il n’y a aucune raison pour que je ne vous en fasse pas profiter. Ca m’amuse de constater les deux étapes : à partir d’octobre 2010, je commence à y croire et à penser qu’il faut qu’il gagne les primaires, et à partir d’août, je « soutiens activement » après avoir passé des mois à dire que j’étais contre les primaires et que ce terme de « soutien » était complètement con.

Petit 4 : le changement c’est maintenant : je ne traine jamais dans les archives de mon blog.

Maintenant, je sais pourquoi : un an après, je ne comprends pas la moitié de ce que je voulais dire.

Après, on va s’accorder une pause, quelques jours. Obligés d’attendre la passation de pouvoir et la nomination du Premier Ministre puis du gouvernement. Suzanne me demandait qui je voyais comme Premier Ministre… Je n’en sais rien. Je m’en fous, ce n’est pas la question. Ca fait plusieurs jours que j’hésite à faire un billet à ce sujet. Je vais néanmoins faire un pronostic : j’hésite entre un proche de François Hollande (on parle beaucoup de Jean-Marc Ayrault) mais je penche finalement pour Martine Aubry. Dans la Cinquième République, il semble normal que le patron du principal parti de gouvernement soit choisi comme Premier Ministre. Nous voulons un Président normal. Nous ne voulons plus un super Premier Ministre qui ne cesse de rabaisser la fonction.

Après cette période, nous aurons les législatives. Je vais faire la campagne dans ma circonscription natale, ça va changer. Je vous en reparlerai. Dans ma circonscription de résidence, j’avais supposé que le Parti Socialiste ne présente pas de candidat et que j’aurais à voter pour le candidat communiste, mais je m’étais probablement planté.

Après, je jetterai mon tablier de blogueur militant. Je redeviendrai un simple blogueur politique qui fera le con avec les classements de blogs et qui donnera son avis sur à peu près tout sans avoir la moindre compréhension des dossiers que j’étudie…

Mais nous n’en sommes pas là.

Il reste une étape. Elle aura lieu dimanche soir. Souhaitons que François Hollande soit élu Président de la République en remplacement de celui qui a ouvert tant de blessures pour être réélu que les plaies seront très difficiles à soigner. Tout ça pour rien : il ne sera pas réélu.

Ou alors, je prends une cuite pour oublier.

En relisant ces billets, j'ai retrouvé une anecdote. Quand nous avons rencontré François Hollande, à l'Assemblée Nationale, en septembre, j'étais sorti avec deux ou trois lascars avant les autres, pressé qu'ils me rejoignent pour aller boire une bière. Le candidat entrant est alors sorti, nous a salué, a fait quelques pas puis est revenu, pour nous remercier de lui avoir accordé un peu de temps alors que c'était à nous de le remercier ! On s'était retrouvés comme des ânes.


Dimanche soit, François Hollande va faire un discours pour remercier les électeurs, ses soutiens, ... Je ne voudrais pas oublier de le remercier à mon tour, pour cette belle campagne, pour ce rêve qui nous fait voir la gauche au pouvoir, enfin, dans quelques jours.

Tenons bon !


Il reste moins de 50 heures.

Le petit Président

Voila ! C’est fait ! A ma connaissance, c’est la première fois dans l’histoire de notre République qu’un candidat au second tour ne reçoit aucun soutien de la part des participants au premier. François Bayrou a pris une décision courageuse. Certains disent qu’il torpille ainsi sa carrière politique, il a pourtant pris la seule décision possible.

Il appelle clairement à battre Nicolas Sarkozy. Un centriste a pris une décision. Ca s’arrose.

Remarque ! Il ne fait que dire à haute voix ce qui transpire des propos de Marine Le Pen. Les deux « compères » veulent-ils se partager les décombres de la droite ?

La campagne se termine. Ce soir à minuit, les dés seront jetés. Dimanche soir, on devrait avoir une belle image sur l’écran de nos téléviseurs.

Encore faut-il rester mobilisé !Le changement, c’est maintenant mais le relâchement, c’est lundi !

Voila ce qu’a fait Nicolas Sarkozy de notre République. Tout le monde appelle a voter contre le candidat sortant.

03 mai 2012

Bayrou gonflé ?

Je vire gâteux. Je sors de table, reviens à mon bureau et j’ai cette pensée insensée : « Pourvu que François Bayrou se soit prononcé que je puisse faire mon billet de blog ! » Me voila à attendre une parole de François Bayrou. C’est grave, docteur ?

François Bayrou avait dit qu’il parlerait après le débat d’hier. Tiens ! A propos de ce débat, j’ai vu un tweet qui m’a fait rigoler, de la part d’une de ces éternelles andouilles qui se croit au dessus du lot : « Comme d’habitude, les fanatiques de chaque candidat s’imaginent que leur chef a gagné. » D’un autre côté, je le disais moi aussi, hier. Mais avant le débat. Je vais néanmoins lui répondre : il ressort que seul François Hollande sort gagnant de ce débat, tous les observateurs un tantinet objectifs le reconnaissent. Même la presse internationale est d’accord. On va résumer : il a gagné parce qu’il n’a pas perdu alors que Nicolas Sarkozy avait affirmé pouvoir le laminer.

Non mais sans blague…

Et François Bayrou dans tout ça. Je n’en sais rien.

J’espère qu’il va bien s’amuser en lisant Le Monde, aujourd’hui, avec les déclarations des zoziaux de l’UMP. Tiens ! Nathalie Kosciusko-Morizet s’est dite « choquée" par "l'agressivité de Hollande qui l'a interrompu une vingtaine de fois au moins. » Allons bon ! On n’a probablement pas regardé la même émission… La palme revient à Henri Guaino : « Qui est M. Hollande pour porter des jugements moraux ? Il n'y a pas un seul scandale dans ce quinquennat. » Woerth, Bettencourt, Karachi, Kadhafi, Bolloré, Fouquet’s…


C’est bon, Monsieur Bayrou, vous avez lu ? Répétez après moi : « chers électeurs, le 6 mai, mettez vous une pince à linge sur le nez si vous voulez mais aller voter pour François Hollande qui est le seul à avoir le moindre degré de crédibilité. Allez voter pour le socialiste, ça fait mal mais un peu moins qu’une sodomie, parait-il. Allez voter pour François Hollande pour nous débarrasser définitivement de « la bande à Sarko » et des propos outranciers en direction des électeurs du Front National ».

Ainsi soit-il. 

Moi, Président de la République

« Moi, président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l’Elysée. » Mais, qui a fait ça ?

« Moi, président de la République, je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur. » Collaborateur n’est pas une insulte.

« Moi, président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fond pour mon propre parti dans un hôtel parisien. » Au Carlton, à Lille, alors ? (pardon…)

« Moi, président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante. » Si elle s'en rappelle !

« Moi, président de la République, je n’aurai pas la prétention de nommer les présidents des chaînes publiques » Ni des chaînes privées, d’ailleurs.

« Moi, président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit à chaque instant exemplaire. » Trop facile !

« Moi, président de la République, j’aurai aussi à cœur de ne pas avoir de statut pénal du chef de l’Etat, je le ferai réformer. » C’est vrai, ça ! Il fallait bien la droite pour faire une loi pour dire que le Président de la République avait le droit de ne pas respecter la loi…

« Moi, président de la République, je constituerai un gouvernement qui sera paritaire. » Avec des gonzesses ?

« Moi, président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres »Allons bon ! Pas de cigares, pas de massages de pieds, pas de jet pour rentrer de New York pour arriver à l'heure à un pot ?

« Moi, président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leurs fonctions avec un mandat local. »

« Moi, président de la République, je ferai un acte de décentralisation. »

« Moi, président de la République, je ferai en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés. » Du calme ! Ils ont perdu l’habitude.

« Moi, président de la République, j’engagerai de grands débats, on a évoqué celui de l’énergie. » Et la laïcité ?

« Moi, président de la République, j’introduirai la représentation proportionnelle pour les élections législatives. »

« Moi, président de la République, j’essaierai d’avoir de la hauteur de vue. »

Arrêtons de déconner, hein ! Un peu de lecture ?

Hollande sautillant face à un Sarkozy laborieux

Une de Libé demain : Hollande préside le débat

Hollande bouscule Sarkozy sur son bilan

Hollande a tué Sarkollande

Débat : Hollande vainqueur aux points

Débat présidentiel : l’avènement du cathodique président Hollande

François Hollande : « Moi, président de la République... »

Débat Hollande / Sarkozy : comment Hollande a failli mettre Sarkozy KO

"C'est un match nul : Hollande partait en position de favori, il le reste"

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Tension par N. Demorand

DÉBAT- Pas de vainqueur... donc un perdant !

Hollande bouscule Sarkozy sur son bilan

Le président sortant dans les cordes

Premier bilan de la perception des Français : une partie de l’opinion estime avoir changé d’avis – « en bien » à propos de F. Hollande. Bilan à peu près neutre pour N. Sarkozy.

"Hollande a présidé le débat" M. Cotta

Le débat : comment « se casser les dents sur un Flanby »

Débat Sarkozy-Hollande: avantage au PS, l'UMP évite le KO

Hop ! Boum ! Paf !

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