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19 février 2014

S'intéresser aux municipales ?

Contrairement à 2008, j’ai beaucoup de mal à m’intéresser aux municipales. Il faut dire que c’était la première fois que je votais dans ma commune de résidence (j’ai fait mon changement sur les listes électorales au lendemain du 21 avril 2002 où j’avais eu la flemme d’aller en Bretagne) et, à la grande époque des blogs politiques, les candidats étaient intrigués par le premier blogueur militant dans un classement de blogs. Ils venaient me voir et on papotait…

Cette année, tout le monde s’en fout, ce qui est bien normal, et je suis à moitié fâché avec le candidat de l’UMP qui n’aime pas que je dise qu’il écrit des conneries dans son blog. L’enjeu est relativement faible dans ma commune : la liste de gauche conduite par le maire sortant pourrait passer dès le premier tour… Votez pour Jean-Luc Laurent au Kremlin-Bicêtre.

L’élection m’intéresse, par contre, dans ma commune natale, où je vais toutes les trois semaines chez ma mère mais je n’ai aucune information particulière qui me permettrait de faire un choix à part celui entre la droite et la gauche. L’opposition a présenté sa liste, hier. J’y trouve une vieille copine et un vieux copain plus un tas de gens que j’aime bien. Une bien belle liste, en fait ! Votez pour Jean-Paul Duault à Loudéac.

Un choix entre la droite et la gauche ? J’ai bien rigolé en lisant un billet d’un blogueur réactionnaire : « pour qui voter ? ». Il faisait un long billet pour montrer qu’il était parfaitement objectif, le tout pour faire comprendre, en plein milieu, que son seul choix serait pour éviter à la gauche de gagner. C’est bien la peine de faire un billet.

Ce n’est pourtant pas le seul choix à prendre en compte. La personnalité des candidats d’une liste en est un, le programme aussi mais, faut-il y croire ? Surtout, la compétence doit être prise en compte ou, du moins, ce que l’on peut soupçonner de la compétence.

Prenons Paris, j’ai à peu près l’assurance qu’Anne Hidalgo a toute les compétences pour gérer ce bastringue. J’ai, par contre, un sérieux doute pour Nathalie Kosciusco-Morizet pour différentes raisons. La première est qu’elle semble avoir Paris dans son plan de carrière. Elle parait avoir des visées sur l’Elysée… La deuxième est qu’elle n’a jamais eu à s’occuper d’un machin aussi vaste. Je ne sais pas si elle a réussi à occuper le même poste ministériel plus de dix-huit mois et, si elle était maire de Longjumeau, elle était ministre en même temps et devait donc déléguer la gestion courante à son premier adjoint. La troisième est qu’elle ne semble pas spécialement attachée à Paris. La quatrième est qu’elle est à la tête d’une sorte de coalition complètement divisée.

Cette question de la compétence se pose dans toutes les communes. A Loudéac, par exemple, il n’y a aucun doute sur la compétence de Jean-Paul Duault qui a été adjoint, conseiller municipal d’opposition,… Au Kremlin-Bicêtre, par contre, tout habitant de la ville peut se poser la question de la compétence du candidat de la droite qui semble habiter depuis peu dans la commune et se trouver là par hasard. La compétence de Jean-Luc Laurent n’est pas en cause : il est là depuis longtemps. Trop, allais-je dire… Avec ces machins de cumul des mandants, je suppose qu’il va laisser la place de maire à Jean-Marc Nicolle, son premier adjoint, dans relativement peu de temps. En 2017 ?

Il se trouve que dans les trois communes dont j’ai parlé, c’est le candidat de gauche qui parait le plus compétent. Encore que, je ne parle pas du maire sortant, à Loudéac.

Je m’intéresse à d’autres communes. J’ai fait un billet sur Rennes, récemment, parce que j’y ai un tas de copain et j’arrive à suivre la campagne via les réseaux sociaux. J’ai aussi beaucoup de potes blogueurs à Lyon, y compris parmi les élus. Il n’empêche que, même s’il y a toujours une incertitude et donc la mobilisation doit être totale, ces villes semblent acquises à la gauche. Lyon est un cas particulier : le maire deviendra probablement le président de la communauté d’agglomérations qui, avec la réforme territoriale, remplacera le département. On se retrouve donc avec Gérard Collomb comme un vrai baron local, peut-être l’élu qui aura le plus de pouvoir, en France, après ceux à l’échelon national.

D’ailleurs, la municipale à Paris est aussi à regarder avec la réforme territoriale. Qui sera le président de Métropole de Paris ? Peut-il ne pas être le maire de Paris ? Bertrand Delanoë est-il vraiment à la retraite dans un mois ou prend-il un congé sabbatique ?

Et le Kremlin-Bicêtre, alors ? Elle fera partie du Grand Paris, aussi ! Le rôle du maire n’est-il pas plus de représenter et défendre les intérêts de la ville dans les intercos, dont la communauté d’agglomérations du Val-de-Bièvre, qui devrait disparaître, puis de Métropole de Paris ? Un candidat qui fait sa campagne sur la propreté des trottoirs est-il apte à nous représenter ? Pourquoi ces sujets ne sont-ils pas plus mis en avant alors que, en fin de course, les intercommunalités finiront par avoir plus d’importance que la commune, et que, plus la structure est vaste, plus le rapport droite gauche est important.

Parmi les autres grandes villes françaises, je m’intéresse aussi à Marseille (j’y ai des copains militants) et à Bordeaux (j’y ai beaucoup de contacts professionnels). Je n’ai strictement aucune information sur les projets, réalisations et tout ce qui me permet de juger de « pour quoi voter ».

Marseille pourrait basculer à gauche. Patrick Mennucci (et mes copains du coin) auront beaucoup de mal (les gens vont voter aussi contre le gouvernement) mais si j’étais électeur Marseillais, je crois que je n’aurais qu’une idée en tête : fermer la page « Gaudin ». En outre, Marseille est également concernée par la réforme territoriale, comme Lyon et Paris.

A Bordeaux, c’est différent. Tous mes contacts de gauche disent qu’ils sont parfaitement contents de la gestion par Alain Juppé. Bordeaux, la quatrième agglomération de France, a échappé à la réforme territoriale. Il n’empêche que nous sommes dans un cas particulier : la Communauté Urbaine de Bordeaux est tenue par la gauche. Vincent Feltesse en est le président et le tête de file des socialistes à Bordeaux. En outre, je le connais personnellement. Je serais heureux s’il pouvait gagner, à titre politique et personnel, mais je n’ai rien à dire contre Alain Juppé en tant que maire. Et en tant que responsable politique national, il me parait être un des rares types à peu près sains de l’UMP…

A Marseille aussi, l’intercommunalité (Communauté urbaine Marseille Provence Métropole) est tenus par la gauche (Eugène Caselli en est le président) alors que le maire est de droite mais elle sera redécoupée, pour englober Aix, avec la réforme, Aix étant tenu par la droite, tout comme son actuelle interco (communauté d'agglomération du Pays d'Aix). N’allez pas croire que je connais tout ça par cœur, Wikipedia est mon ami.

Il me reste donc Loudéac à suivre. J’espère sincèrement la victoire de la liste conduite par Jean-Paul Duault, avec mes amis Fabienne, Philippe et Jacques, soutenue par le Parti Socialiste (et probablement toute la gauche, voire le centre, les libéraux, les non réacs,…). Je ne sais pas comment va évoluer l’intercommunalité là-bas (ni à Bordeaux, d’ailleurs, mais ce n’est pas comparable). Loudéac, un peu moins de 10000 habitants, est au centre de la CIDERAL (Communauté intercommunale pour le développement de la région et des agglomérations de Loudéac) qui vient d’être rejointe par d’autres communes, formant un ensemble d’environ 35000 âmes…

Le président est une personne classée « divers droite » mais les vice-présidents sont tous soit divers droite, soit divers gauche, soit sans-étiquette (la majorité semble à droite). Ainsi, l’étiquette politique semble n’avoir aucune espèce importance pour les habitants du coin. D’ailleurs, à Loudéac, le candidat de l’UMP à la législative a fait à peu près le même score que François Hollande à la présidentielle.

Comment voulez-vous suivre ? Comment les électeurs peuvent-ils savoir pourquoi ils votent ?


20 décembre 2013

Les centristes parisiens que la pollution de l'air effraie

« La pollution atteint à Paris et sans doute ailleurs, en raison de l'absence de vent et de la sécheresse de l'air, des seuils stratosphériques au regard de nos normes. » Voila toute la logique du centriste ! La météo (plus exactement le temps qu’il fait) est le responsable de la pollution, dormez tranquille braves gens, ce n’est pas du tout à cause des voitures qu’il y a de la pollution.

Un peu plus, l’Hérétique va ajouter : mais que fait la mairie de Paris, la région et le gouvernement, tous dirigés par les socialistes pour ne pas faire de vent sur la région Parisienne ?

L’Hérétique a répondu à mon billet d’hier à propos de l’environnement et de la pollution à Paris. Quelques jours avant, il avait fait un billet à propos de la limitation à 70 km/h sur le périphérique. Commençons par ce dernier. Je n’invente rien, vous pouvez vérifier.

« Le gain de décibels, l'association 40 millions d'automobilistes l'a fait estimer : de 80 à 70 km/h, le gain est très exactement d'un unique décibel. C'est à dire un gain que ne peut pas discerner l'oreille humaine. » Se baser sur les estimations d’une association d’automobilistes, c’est fort ! Des scientifiques et autres spécialistes sont à peu près tous d’accord sur l’intérêt de la mesure, mais l’auteur préfère se baser sur un groupe de défenseurs des voitures. C’est un peu comme si je me basais sur les publications des associations de brasseur pour lutter contre les taxes sur la bière.

« Quant à la pollution, c'est très simple : elle est importante quand il y a un fort trafic et quand c'est le cas, la vitesse moyenne varie entre 20 et 50 km/h sous l'effet de la congestion. » C’est peut-être vrai. Dans la vraie vie, les gens roulent à 80 km/h puis se retrouvent dans des bouchons près des grosses sorties, comme vers chez moi où il y a l’autoroute du sud… S’ils avaient roulé moins vite avant, ils auraient passé moins de temps dans les bouchons, moins pollué, fait moins de bruit… Les bouchons auraient été moins importants et ils auraient gagné du temps…

« Si vraiment la municipalité voulait améliorer la qualité de l'air et le niveau sonore à cet endroit, il faudrait faire ce que préconise Marielle de Sarnez dans son programme (et qu'a repris NKM) : couvrir le périphérique. » Je me demande si ces braves gens ont calculé le coût de la chose (le pognon serait d’ailleurs mieux placé dans les transports en commun).  Surtout, je me demande si l’Hérétique a souvent fait le tour du périphérique en voiture. S’il veut couvrir le périphérique au nord de Paris, je lui souhaite un bon courage. En outre, il faudra des aérations, la couverture sera efficace pour le bruit mais pas pour la pollution. C’est grotesque.

Je ne vais pas reprendre ses arguments suivants mais je l’invite à regarder qui a fait le plus pour favoriser les véhicules propres entre la droite et la gauche.

« Une large partie de ceux qui passent par le périphérique ne sont pas parisiens mais simplement venus de communes frontalières. Bien à l'abri derrière leur mur périphériques, ce mélange d'assistés et de privilégiés que sont les habitants de Paris, auto-satisfaits et comblés, n'ont que faire de leurs voisins des faubourgs. »

Tout d’abord, quand il me vient une envie pressante, je ne pisse pas sur le mur des voisins… Les Parisiens n’ont pas nécessairement à supporter une pollution qui n’est pas la leur. Cette opposition entre les Parisiens et les banlieusards est grotesque. Néanmoins, comme il accuse les socialistes, je vais lui rappeler qui a construit le périphérique qui fait ce mur…

« Ça, par contre, ce serait un avantage du Grand Paris : la boboïtude parisienne (élus compris) se prendrait enfin dans la face l'exaspération des gueux d'à côté, devenus citoyens de Paris au même titre qu'eux. » Je vais lui rappeler que c’est Bertrand Delanoë qui a lancé Paris Métropole pour permettre à Paris de travailler efficacement avec les communes voisines et c’est un gouvernement Socialiste qui vient de mettre en place (il me semble que cela a été voté hier) la Métropole de Paris dans la loi…

C’est bien de mouliner derrière un blog…

Je passe à l’autre texte, celui contre la situation alternée. Il est très drôle aussi.

« Pour ma part, ce qui me frappe, particulièrement à Paris, c'est que toutes les mesures prises (augmentation des amendes de stationnement, limitation de la vitesse à 70km/h) ou envisagées (Péage urbain), vont toujours dans le même sens : pénalisation et sanction de l'automobiliste. » Il faudrait lui donner des fleurs ou une prime parce qu’il encombre Paris et pollue ? Qui a envisagé le péage urbain ? Par contre, il a oublié le reste. Je cite le Monde : « Entre 2002 et 2012, la modernisation des moteurs et la baisse de la circulation de 25 %, grâce aux aménagements de la voirie, ont permis une diminution de 24 % des émissions de polluants, selon Airparif, l'organisme chargé de mesurer la pollution en Ile-de-France. » Par contre, l’augmentation du nombre de véhicule diésel a amené une forte hausse d’une autre pollution.

Ainsi, les braves gens travaillent sur de nouveaux dispositifs qui pourraient détecter les véhicules les plus polluants pour leur interdire la circulation, à la demande des maires, dans les zones urbaines lors de pics de pollution. Ca me parait intelligent, non ? D’y réfléchir, pas nécessairement de le mettre en place. Je dis ça parce que l’Hérétique parle de mesures envisagées mais il ne sait pas de quoi il s’agit. C’est pourtant facile. Vous prenez Google News. Vous tapez « périphérique » et la première dépêche donne toutes les informations.

Revenons au billet de l’Hérétique

« Je vois d'ailleurs bien, pour la circulation alternée, que Jegoun ne parvient pas à répliquer à l'objection que le Faucon adresse à la mesure gouvernementale : quid de ceux pour lesquels l'automobile est un indispensable moyen de locomotion ? » Je ne parlerai qu’en présence de mon avocat. Plus précisément, j’aurais à répondre à FalconHill le jour où une mesure empêchera une personne pour laquelle l’automobile est un indispensable moyen de locomotion de prendre sa voiture… Il n’empêche que j’y ai répondu. J’ai dit « tant pis » et je n’ai parlé que la région parisienne. J’ai surtout précisé que le jour où les mesures seront prises, les gens qui seront réellement emmerdé foutront sur la gueule des autres. Mon côté libéral : démerdez-vous !

« Jegoun invoque l'intérêt collectif, mais qu'est-ce que c'est que cet intérêt collectif qui néglige chaque intérêt individuel ? » L’Hérétique ne devrait pas s’arrêter à une phrase. L’intérêt individuel est de pouvoir respirer et circuler quand on a besoin, ce que je précise dans le billet. « L'intérêt collectif, c'est une somme d'intérêts individuels : c'est donc une facilité rhétorique, certes, mais surtout un sophisme fallacieux que de renvoyer l'intérêt individuel à l'égoïsme particulier. » Et c’est moi qui fais de la rhétorique ? Cela étant, si un sophisme peut ne pas être fallacieux…

L’hérétique évoque ensuite le plan proposé par Marielle de Sarnez qui vient de s’allier avec NKM pour améliorer l’air à Paris. C’est à pisser de rire. Une partie porte sur l’amélioration des transports en commun, ce que fait la gauche mais oublie le financement. Une petite partie porte sur le développement du vélo. La gauche a fait vélib. Marielle de Sarnez propose : « Création de deux grands axes 100 % vélo traversant Paris d’est en ouest (le long de la Seine par exemple) et du nord au sud. » Qui a libéré les voies sur berge pour permettre aux grands cris des centristes ? Où veut-elle faire passer cet axe nord sur ? Ensuite, elle veut améliorer les conditions de marche à pied. Par exemple, elle veut supprimer des places de stationnement dans les rues étroites. Et paf ! Quand c’est la gauche qui supprime des places, c’est mal, quand c’est la droite (ou le centre), c’est bien !

Dans la partie suivante, elle s’attaque aux voitures. Il faut des voitures propres. Tiens ! La gauche n’a pas mis assez de bornes de rechargement de voitures électriques. Elle oublie qu’elle les a toutes mises. Elle veut faire Scootlib, en plus de Vélib et Autolib. Bien ! Etendre les idées de la gauche.  Ensuite : « Lancer une étude comparative sur les systèmes de limitation de circulation des véhicules les plus émetteurs mis en place dans les villes européennes : politique du Grand Londres pour les véhicules les plus polluants, restriction d’accès pour les poids lourds dans certains axes centraux ou très touristiques à Rome et à Berlin durant des périodes de la journée… » Très bien ! C’est ce qu’a lancé le gouvernement (voir l’article du Monde que je citais, toujours en première position de Google News pour une recherche de « Périphérique »).

« L’auto-partage : partager les flottes d’entreprises ou d’administrations publiques (à titre exemplaire, celle de la Ville) auprès du voisinage résidentiel en dehors des heures d’activité. Cette expérimentation sera proposée à des entreprises volontaires. » Amusant ! Ca revient à faire circuler encore plus les véhicules existants. Après, on trouve un couplet sur le covoiturage, pourtant généralement qualifié de truc de bobos de gauche.

Après, elle s’occupe du transport de marchandises. « Création de plates-formes logistiques en approche de Paris. » Elle veut déplacer Rungis ? Virer les habitants des villes proches de Paris pour y mettre des entrepôts ? Au prix où est le foncier ?

Pour terminer (enfin, j’espère, mon billet est assez long et Olympe va gueuler), elle s’attaque à l’informatique. Elle veut mettre des bornes tactiles pour que les gens améliorent leurs déplacements, développer des applications smartphone,… Ne sait-elle pas qu’une bonne partie des Franciliens ont déjà des smartphones avec ces applications ?

En fait, ce n’était la fin. Mais je vous conseille de lire tout le document. Crise de rire assurée en constatant trois points :
-          le financement n’est pas évoqué malgré tout ce qu’elle veut faire, notamment pour les transports en commun,
-          une grande partie des mesures sont des trucs déjà faits ou engagés par la gauche,
-          ces mesures sont pour la plupart décriées par la droite et les centristes quand c’est la gauche qui les met en place.

Revenons au billet de l’Hérétique

(non sans avoir oublié de citer son passage sur les voitures propres vu que personne n’est opposé aux voitures propres…)

Il commence la conclusion de son billet en disant que ma conclusion de le satisfait pas mais qu’il est d’accord avec.

« Parce que, comme l'écrit si bien le Faucon,  pratiquement, on fait comment ? Quand on est un salarié moyen qui est obligé de prendre sa voiture non pas pour aller au musée, au théâtre ou au cinéma, mais pour aller simplement travailler ? Que nous n’avons pas forcément de transport en commun, ou de Vélib’ à disposition ? Que nous sommes simplement un français moyen qui travaille. A son compte ou en étant salarié. Avec des enfants à charge. »

Qu’on me dise qui, en région Parisienne, a réellement besoin d’utiliser une voiture au quotidien, à part pour rejoindre la gare et pour autre chose que le travail ? Je vais répondre : il y a quelques andouilles qui ont choisi d’habiter très loin de Paris comme au Plessis Hébert et qui bossent dans en banlieue : atteindre un train de banlieue ou un train régulier est très chiant quand il faut prendre ensuite un autre transport en commun. Mais c’est un choix…

Et il y a les salariés des entreprises qui ont fait le choix de s’implanter dans des coins sans transport en commun efficace. L’autre jour, j’étais à Vélizy, en réunion : une galère. Ca ne concerne pas une majorité de salariés, heureusement (mais une grande proportion dans mon secteur d’activité) et c’est une question d’aménagement du territoire. Et les problèmes d’aménagement du territoire sont majoritairement du fait de la droite. Qui a créé la Défense, par exemple, sans penser qu’il serait plus efficace de mettre des entreprises tout le long du RER, en banlieue…

« Je lui ajouterai autre chose : à Paris, les transports en commun, c'est souvent synonyme de doublement du temps de transport, de saleté, d'insécurité et d'irrégularité. » C’est presque un mensonge. A part certains trajets de banlieue à banlieue (et quand on reste dans la même banlieue, comme moi quand je vais de Bicêtre à Vélizy), les transports en commun sont toujours plus rapide, surtout s’ils sont ferrés ou en zone protégée. Les transports en commun sont beaucoup moins irréguliers que les trajets en voiture. Quant à l’insécurité, on pourrait en débattre… L’insécurité à laquelle il pense : la petite délinquance ? Il y aurait matière à discussion. Par contre, il restera toujours plus de morts et de blessés sur les routes que dans les transports en commun…

« Un Velib ne tient pas la route sur des distances longues (trop de temps aussi) et l'autolib coûte cher pour une utilisation régulière... » Pourquoi la chef de file de son parti à Paris veut les développer ?

L’Hérétique est sympa de donner l’occasion de rappeler une nouvelle fois l’insuffisance de la droite et du centre, son allié, pour tout ce qui touche ces sujets.


Mais comme pour lui c’est la météo qui est fautive…

06 novembre 2013

L'occasion manquée de l'Alternative

Mon dieu ! Un nouveau parti centriste a profité d’une journée où j’étais à une conférence pour se créer : l’Alternative. Je n’ai donc pas eu le temps de me foutre de sa gueule en direct. Le nom de ce parti est idiot. D’ailleurs, ce mot est souvent très mal utilisé à un point qu’on oublie comment il devrait être. Par exemple, un sandwich au poulet est une excellente alternative au sandwich jambon fromage. Ou, pour le sandwich, il y a deux alternatives : pâté ou rillettes.

D’après ce dictionnaire, ce mot a trois sens.

Sens 1 : « Situation à laquelle il n'existe que deux solutions possibles. » C’est probablement dans ce sens que nos politiciens ont choisi d’utiliser ce mot. Il n’y a que deux solutions pour le centre : Jean-Louis Borloo ou François Bayrou.

Sens 2 : « Etats opposés qui se succèdent régulièrement. » Ils ont installé une présidence tournante entre Bayrou et Borloo.

Sens 3 : « Solution de remplacement. » Ah ! Je comprends mieux. L’Alternative est destinée à remplacer le PS et l’UMP. Pour un parti qui a vocation à être à la traine de l’UMP, c’est fort ! D’ailleurs, Raffarin a qualifié l’Alternative « d’Equipe B ». Ce n’est pas gentil de sa part. L’équipe B est généralement composée des joueurs qui n’ont pas été retenus pour jouer avec l’équipe principale et qui sont condamnés à jouer dans les divisions inférieurs. Par exemple, l’Alternative aura le droit de concourir pour obtenir la présidence des comités de quartiers en dehors des grandes villes.

L’Alternative ? Amusant comme mot. Il évoque un tas de trucs qui n’ont rien à voir avec la mouvance centriste, bien au contraire : le rock alternatif, Alternatives Economiques, les alter-mondialistes… Le « Modem » était déjà ridicule et ringardisé à l’heure des « box »…

Ce n’est pas grave.

Politiquement, ils ont fait une grosse erreur : ils se situent dans l’opposition de droite donc clairement avec l’UMP. Le positionnement du Modem me paraissait préférable. Par exemple, Jean-François Martins qui est le seul conseiller Modem de Paris a décidé de partir aux municipales sur les listes d’Anne Hidalgo. Il devrait être viré du Modem. Paris est une ville particulière (et dans ce sens, ce n’est pas la seule) : il s’agit de choisir entre l’équipe sortante et une nouvelle équipe. Le choix pour les Parisiens est clair et Monsieur Martins a choisi d’aller avec une des équipes car elle lui semble la meilleure pour gérer ou la plus à même de gagner (ce qui donnera du poids à sa position politique dans la future majorité). Par son positionnement politique, l’Alternative en fait un choix qui se réduit entre la droite et la gauche et où, elle-même, n’est pas une alternative.

L’Alternative se positionne donc explicitement dans l’opposition à la gauche et donc, je me répète, comme allié naturel et exhaustif de l’UMP. C’est une erreur. Une grande partie des électeurs de droite sont exaspérés par l’UMP. Je voyais un sondage, ce matin, où la popularité de ces pauvres Hollande et Ayrault était donné à un plus bas historique (ils doivent être habitués) mais avec seulement 39% des Français qui jugent que l’opposition ferait mieux. En quelque sorte, il n’y a pas d’alternative… L’Alternative se positionne donc dans le camp qui n’en est pas une.

Ils confondent l’allié naturel (les Français comprennent très bien que les centristes s’allient avec la droite pour les municipales) et l’allié exclusif. A part quelques exceptions, l’Alternative ne pourra pas gagner toute seule des élections municipales. Elle recommence donc ce qui a été sa perte depuis les années 80 : être la petite force de droite. Celle a qui on laisse les miettes. Elle aurait du reprendre ce qu’a fait François Bayrou en 2007 et qui lui a très bien réussi (plus de 18% au premier tour, soit autant que Balladur en 1995 et plus que Barre en 1988) mais qui a échoué parce qu’il était tout seul.

Il y a pourtant un sens, quand on n’est pas de gauche, à s’opposer à l’UMP. Par exemple, Jean-François Copé a critiqué Nathalie Kosciusko-Morizet à propos de l’écotaxe, faisant comprendre qu’elle est incompétente, alors qu’elle est la chef de file de l’UMP pour les municipales à Paris et qu’elle devrait recevoir un soutien total et sans réserve de son parti. Que va-t-il passer par la tête des candidats de l’UDI qui ont une chef de file massacrée par la tête de son propre parti et dont les chefs viennent de créer une nouvelle « formation » qui viennent de se lier les mains avec ce parti.

L’occasion ratée. Des incompétents qui n’ont rien compris à la situation politique : les électeurs sont découragés par la gauche au pouvoir mais ne veulent plus de l’UMP.

J’espère pour elle que l’Alternative saura jouer correctement la carte des Européennes où elle a une probabilité non nulle de devenir un des partis forts en France, voire d’arriver en tête en profitant de plusieurs phénomènes :
-         le Front National ne réussit jamais dans ces élections (10% en 2004, 6% en 2009),
-         l’UMP provoque plus de rejet qu’autre chose,
-         le PS pourrait subir un très gros vote de protestation.

Mais tant qu’elle merde et reste associée à l’UMP, l’Alliance ne peut pas nuire au Parti Socialiste.

Ils n’ont rien compris.

Un dernier point : ils ont trouvé un nouveau nom mais n'ont pas réussi à se débarrasser des anciens. C'est une erreur. Le Modem et l'UDI ont toutes les deux une mauvaise image (pour des raisons un peu différentes). Il fallait donc s'en débarrasser.

Ils auraient du créer une véritable nouvelle formation politique, ce à quoi tout le monde s'attendait...

02 avril 2013

14ème semaine

La fin de ce week-end de trois jours qui suit une interview du Président de la République sonne un peu comme une nouvelle rentrée surtout que la semaine dernière n'avait pas été folichonne. Voyons voir comment ça recommence ?

Tout d'abord, NKM. Je ne vais pas me taper toutes les personnalités de droite, ce matin, mais il me semble qu'elle a perdu gros en tapant Anne Hidalgo sous la ceinture. D’ailleurs Anne Hidalgo a porté plainte. Revenons à gauche. 

La taxe à 75%. Faites la une bonne fois pour toutes. Ça commence à faire brouillon. Hier, on disait que les clubs de foot ne seraient pas concernés. Aujourd'hui, Matignon annonce le contraire. Ça fait un peu trop longtemps que ça dure. Il n'empêche qu'elle revient maintenant à taxer les entreprises qui versent des trop gros salaires. Taxer celles qui en versent des trop petits ne me paraîtrait pas ridicule. 

Réforme du droit du travail. Laissez donc les députés faire leur boulot. Le dialogue social dans la constitution, c'est bien joli, mais ça ressemble un peu à un gadget tant que la représentativité des syndicats est aussi fumeuse.

Réforme des retraites. Pendant celle faite par la droite, je disais que c'était une connerie de faire travailler les gens plus longtemps. Je ne vais pas changer d'avis parce que la gauche est au pouvoir. Par ailleurs, j'ai entendu parler de désindexation : ça revient à une baisse des pensions. Il y a trois moyens de rééquilibrer les retraites : n'oublions pas le troisième, une augmentation des cotisations ou une autre source de financement. Par ailleurs, le gouvernement a mis en place une commission pour travailler sur le sujet. Pourquoi François Hollande et Jean-Marc Ayrault font-ils des annonces avant la fin des travaux ? 

Allocations familiales : je veux bien qu'on diminue les allocs pour ceux qui sont plein de pognon mais tant qu'à faire une réforme, ne pourrait-on pas envisager de les financer par autre chose que le travail qui a déjà bien du mal à financer les retraites ?

Remaniement. On lit par ci ou par là qu'il faudrait faire le ménage. Ce n'est pas le moment. 

Manif pour tous : j'ai vu un excellent article dans le Monde.fr, hier matin (l'article est du 28 ou 29), à propos du nombre de participants. Je résume : les réseaux sociaux étaient déchainés pour nous donner une impression de masse mais la manif aurait été beaucoup plus calme que ce qu'on a pu lire. Je vais même rajouter une théorie personnelle. Pendant ces grands mouvements de foule, la 3G ne passe pas (même le téléphone passe très mal). Une partie des publications faites en direct l'a donc été d'en dehors de la manif. J’ai vu un autre article montrant que les rues étaient loin d’être pleine de monde…

Feu : Cécile Duflot a fait de la publicité pour les détecteurs de fumée suite aux deux incendies de ce week end. Est-ce que ça ne fait pas un peu bricolage ?

Municipales à Paris : pouvez-vous arrêter de nous les gonfler avec des sondages donnant l'impression que c'est une élection qui se joue entre Anne Hidalgo ou qui serait « uninominale à deux tours » ? C'est beaucoup plus compliqué que ça avec les élections par arrondissement.