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20 décembre 2013

Les centristes parisiens que la pollution de l'air effraie

« La pollution atteint à Paris et sans doute ailleurs, en raison de l'absence de vent et de la sécheresse de l'air, des seuils stratosphériques au regard de nos normes. » Voila toute la logique du centriste ! La météo (plus exactement le temps qu’il fait) est le responsable de la pollution, dormez tranquille braves gens, ce n’est pas du tout à cause des voitures qu’il y a de la pollution.

Un peu plus, l’Hérétique va ajouter : mais que fait la mairie de Paris, la région et le gouvernement, tous dirigés par les socialistes pour ne pas faire de vent sur la région Parisienne ?

L’Hérétique a répondu à mon billet d’hier à propos de l’environnement et de la pollution à Paris. Quelques jours avant, il avait fait un billet à propos de la limitation à 70 km/h sur le périphérique. Commençons par ce dernier. Je n’invente rien, vous pouvez vérifier.

« Le gain de décibels, l'association 40 millions d'automobilistes l'a fait estimer : de 80 à 70 km/h, le gain est très exactement d'un unique décibel. C'est à dire un gain que ne peut pas discerner l'oreille humaine. » Se baser sur les estimations d’une association d’automobilistes, c’est fort ! Des scientifiques et autres spécialistes sont à peu près tous d’accord sur l’intérêt de la mesure, mais l’auteur préfère se baser sur un groupe de défenseurs des voitures. C’est un peu comme si je me basais sur les publications des associations de brasseur pour lutter contre les taxes sur la bière.

« Quant à la pollution, c'est très simple : elle est importante quand il y a un fort trafic et quand c'est le cas, la vitesse moyenne varie entre 20 et 50 km/h sous l'effet de la congestion. » C’est peut-être vrai. Dans la vraie vie, les gens roulent à 80 km/h puis se retrouvent dans des bouchons près des grosses sorties, comme vers chez moi où il y a l’autoroute du sud… S’ils avaient roulé moins vite avant, ils auraient passé moins de temps dans les bouchons, moins pollué, fait moins de bruit… Les bouchons auraient été moins importants et ils auraient gagné du temps…

« Si vraiment la municipalité voulait améliorer la qualité de l'air et le niveau sonore à cet endroit, il faudrait faire ce que préconise Marielle de Sarnez dans son programme (et qu'a repris NKM) : couvrir le périphérique. » Je me demande si ces braves gens ont calculé le coût de la chose (le pognon serait d’ailleurs mieux placé dans les transports en commun).  Surtout, je me demande si l’Hérétique a souvent fait le tour du périphérique en voiture. S’il veut couvrir le périphérique au nord de Paris, je lui souhaite un bon courage. En outre, il faudra des aérations, la couverture sera efficace pour le bruit mais pas pour la pollution. C’est grotesque.

Je ne vais pas reprendre ses arguments suivants mais je l’invite à regarder qui a fait le plus pour favoriser les véhicules propres entre la droite et la gauche.

« Une large partie de ceux qui passent par le périphérique ne sont pas parisiens mais simplement venus de communes frontalières. Bien à l'abri derrière leur mur périphériques, ce mélange d'assistés et de privilégiés que sont les habitants de Paris, auto-satisfaits et comblés, n'ont que faire de leurs voisins des faubourgs. »

Tout d’abord, quand il me vient une envie pressante, je ne pisse pas sur le mur des voisins… Les Parisiens n’ont pas nécessairement à supporter une pollution qui n’est pas la leur. Cette opposition entre les Parisiens et les banlieusards est grotesque. Néanmoins, comme il accuse les socialistes, je vais lui rappeler qui a construit le périphérique qui fait ce mur…

« Ça, par contre, ce serait un avantage du Grand Paris : la boboïtude parisienne (élus compris) se prendrait enfin dans la face l'exaspération des gueux d'à côté, devenus citoyens de Paris au même titre qu'eux. » Je vais lui rappeler que c’est Bertrand Delanoë qui a lancé Paris Métropole pour permettre à Paris de travailler efficacement avec les communes voisines et c’est un gouvernement Socialiste qui vient de mettre en place (il me semble que cela a été voté hier) la Métropole de Paris dans la loi…

C’est bien de mouliner derrière un blog…

Je passe à l’autre texte, celui contre la situation alternée. Il est très drôle aussi.

« Pour ma part, ce qui me frappe, particulièrement à Paris, c'est que toutes les mesures prises (augmentation des amendes de stationnement, limitation de la vitesse à 70km/h) ou envisagées (Péage urbain), vont toujours dans le même sens : pénalisation et sanction de l'automobiliste. » Il faudrait lui donner des fleurs ou une prime parce qu’il encombre Paris et pollue ? Qui a envisagé le péage urbain ? Par contre, il a oublié le reste. Je cite le Monde : « Entre 2002 et 2012, la modernisation des moteurs et la baisse de la circulation de 25 %, grâce aux aménagements de la voirie, ont permis une diminution de 24 % des émissions de polluants, selon Airparif, l'organisme chargé de mesurer la pollution en Ile-de-France. » Par contre, l’augmentation du nombre de véhicule diésel a amené une forte hausse d’une autre pollution.

Ainsi, les braves gens travaillent sur de nouveaux dispositifs qui pourraient détecter les véhicules les plus polluants pour leur interdire la circulation, à la demande des maires, dans les zones urbaines lors de pics de pollution. Ca me parait intelligent, non ? D’y réfléchir, pas nécessairement de le mettre en place. Je dis ça parce que l’Hérétique parle de mesures envisagées mais il ne sait pas de quoi il s’agit. C’est pourtant facile. Vous prenez Google News. Vous tapez « périphérique » et la première dépêche donne toutes les informations.

Revenons au billet de l’Hérétique

« Je vois d'ailleurs bien, pour la circulation alternée, que Jegoun ne parvient pas à répliquer à l'objection que le Faucon adresse à la mesure gouvernementale : quid de ceux pour lesquels l'automobile est un indispensable moyen de locomotion ? » Je ne parlerai qu’en présence de mon avocat. Plus précisément, j’aurais à répondre à FalconHill le jour où une mesure empêchera une personne pour laquelle l’automobile est un indispensable moyen de locomotion de prendre sa voiture… Il n’empêche que j’y ai répondu. J’ai dit « tant pis » et je n’ai parlé que la région parisienne. J’ai surtout précisé que le jour où les mesures seront prises, les gens qui seront réellement emmerdé foutront sur la gueule des autres. Mon côté libéral : démerdez-vous !

« Jegoun invoque l'intérêt collectif, mais qu'est-ce que c'est que cet intérêt collectif qui néglige chaque intérêt individuel ? » L’Hérétique ne devrait pas s’arrêter à une phrase. L’intérêt individuel est de pouvoir respirer et circuler quand on a besoin, ce que je précise dans le billet. « L'intérêt collectif, c'est une somme d'intérêts individuels : c'est donc une facilité rhétorique, certes, mais surtout un sophisme fallacieux que de renvoyer l'intérêt individuel à l'égoïsme particulier. » Et c’est moi qui fais de la rhétorique ? Cela étant, si un sophisme peut ne pas être fallacieux…

L’hérétique évoque ensuite le plan proposé par Marielle de Sarnez qui vient de s’allier avec NKM pour améliorer l’air à Paris. C’est à pisser de rire. Une partie porte sur l’amélioration des transports en commun, ce que fait la gauche mais oublie le financement. Une petite partie porte sur le développement du vélo. La gauche a fait vélib. Marielle de Sarnez propose : « Création de deux grands axes 100 % vélo traversant Paris d’est en ouest (le long de la Seine par exemple) et du nord au sud. » Qui a libéré les voies sur berge pour permettre aux grands cris des centristes ? Où veut-elle faire passer cet axe nord sur ? Ensuite, elle veut améliorer les conditions de marche à pied. Par exemple, elle veut supprimer des places de stationnement dans les rues étroites. Et paf ! Quand c’est la gauche qui supprime des places, c’est mal, quand c’est la droite (ou le centre), c’est bien !

Dans la partie suivante, elle s’attaque aux voitures. Il faut des voitures propres. Tiens ! La gauche n’a pas mis assez de bornes de rechargement de voitures électriques. Elle oublie qu’elle les a toutes mises. Elle veut faire Scootlib, en plus de Vélib et Autolib. Bien ! Etendre les idées de la gauche.  Ensuite : « Lancer une étude comparative sur les systèmes de limitation de circulation des véhicules les plus émetteurs mis en place dans les villes européennes : politique du Grand Londres pour les véhicules les plus polluants, restriction d’accès pour les poids lourds dans certains axes centraux ou très touristiques à Rome et à Berlin durant des périodes de la journée… » Très bien ! C’est ce qu’a lancé le gouvernement (voir l’article du Monde que je citais, toujours en première position de Google News pour une recherche de « Périphérique »).

« L’auto-partage : partager les flottes d’entreprises ou d’administrations publiques (à titre exemplaire, celle de la Ville) auprès du voisinage résidentiel en dehors des heures d’activité. Cette expérimentation sera proposée à des entreprises volontaires. » Amusant ! Ca revient à faire circuler encore plus les véhicules existants. Après, on trouve un couplet sur le covoiturage, pourtant généralement qualifié de truc de bobos de gauche.

Après, elle s’occupe du transport de marchandises. « Création de plates-formes logistiques en approche de Paris. » Elle veut déplacer Rungis ? Virer les habitants des villes proches de Paris pour y mettre des entrepôts ? Au prix où est le foncier ?

Pour terminer (enfin, j’espère, mon billet est assez long et Olympe va gueuler), elle s’attaque à l’informatique. Elle veut mettre des bornes tactiles pour que les gens améliorent leurs déplacements, développer des applications smartphone,… Ne sait-elle pas qu’une bonne partie des Franciliens ont déjà des smartphones avec ces applications ?

En fait, ce n’était la fin. Mais je vous conseille de lire tout le document. Crise de rire assurée en constatant trois points :
-          le financement n’est pas évoqué malgré tout ce qu’elle veut faire, notamment pour les transports en commun,
-          une grande partie des mesures sont des trucs déjà faits ou engagés par la gauche,
-          ces mesures sont pour la plupart décriées par la droite et les centristes quand c’est la gauche qui les met en place.

Revenons au billet de l’Hérétique

(non sans avoir oublié de citer son passage sur les voitures propres vu que personne n’est opposé aux voitures propres…)

Il commence la conclusion de son billet en disant que ma conclusion de le satisfait pas mais qu’il est d’accord avec.

« Parce que, comme l'écrit si bien le Faucon,  pratiquement, on fait comment ? Quand on est un salarié moyen qui est obligé de prendre sa voiture non pas pour aller au musée, au théâtre ou au cinéma, mais pour aller simplement travailler ? Que nous n’avons pas forcément de transport en commun, ou de Vélib’ à disposition ? Que nous sommes simplement un français moyen qui travaille. A son compte ou en étant salarié. Avec des enfants à charge. »

Qu’on me dise qui, en région Parisienne, a réellement besoin d’utiliser une voiture au quotidien, à part pour rejoindre la gare et pour autre chose que le travail ? Je vais répondre : il y a quelques andouilles qui ont choisi d’habiter très loin de Paris comme au Plessis Hébert et qui bossent dans en banlieue : atteindre un train de banlieue ou un train régulier est très chiant quand il faut prendre ensuite un autre transport en commun. Mais c’est un choix…

Et il y a les salariés des entreprises qui ont fait le choix de s’implanter dans des coins sans transport en commun efficace. L’autre jour, j’étais à Vélizy, en réunion : une galère. Ca ne concerne pas une majorité de salariés, heureusement (mais une grande proportion dans mon secteur d’activité) et c’est une question d’aménagement du territoire. Et les problèmes d’aménagement du territoire sont majoritairement du fait de la droite. Qui a créé la Défense, par exemple, sans penser qu’il serait plus efficace de mettre des entreprises tout le long du RER, en banlieue…

« Je lui ajouterai autre chose : à Paris, les transports en commun, c'est souvent synonyme de doublement du temps de transport, de saleté, d'insécurité et d'irrégularité. » C’est presque un mensonge. A part certains trajets de banlieue à banlieue (et quand on reste dans la même banlieue, comme moi quand je vais de Bicêtre à Vélizy), les transports en commun sont toujours plus rapide, surtout s’ils sont ferrés ou en zone protégée. Les transports en commun sont beaucoup moins irréguliers que les trajets en voiture. Quant à l’insécurité, on pourrait en débattre… L’insécurité à laquelle il pense : la petite délinquance ? Il y aurait matière à discussion. Par contre, il restera toujours plus de morts et de blessés sur les routes que dans les transports en commun…

« Un Velib ne tient pas la route sur des distances longues (trop de temps aussi) et l'autolib coûte cher pour une utilisation régulière... » Pourquoi la chef de file de son parti à Paris veut les développer ?

L’Hérétique est sympa de donner l’occasion de rappeler une nouvelle fois l’insuffisance de la droite et du centre, son allié, pour tout ce qui touche ces sujets.


Mais comme pour lui c’est la météo qui est fautive…

06 novembre 2013

L'occasion manquée de l'Alternative

Mon dieu ! Un nouveau parti centriste a profité d’une journée où j’étais à une conférence pour se créer : l’Alternative. Je n’ai donc pas eu le temps de me foutre de sa gueule en direct. Le nom de ce parti est idiot. D’ailleurs, ce mot est souvent très mal utilisé à un point qu’on oublie comment il devrait être. Par exemple, un sandwich au poulet est une excellente alternative au sandwich jambon fromage. Ou, pour le sandwich, il y a deux alternatives : pâté ou rillettes.

D’après ce dictionnaire, ce mot a trois sens.

Sens 1 : « Situation à laquelle il n'existe que deux solutions possibles. » C’est probablement dans ce sens que nos politiciens ont choisi d’utiliser ce mot. Il n’y a que deux solutions pour le centre : Jean-Louis Borloo ou François Bayrou.

Sens 2 : « Etats opposés qui se succèdent régulièrement. » Ils ont installé une présidence tournante entre Bayrou et Borloo.

Sens 3 : « Solution de remplacement. » Ah ! Je comprends mieux. L’Alternative est destinée à remplacer le PS et l’UMP. Pour un parti qui a vocation à être à la traine de l’UMP, c’est fort ! D’ailleurs, Raffarin a qualifié l’Alternative « d’Equipe B ». Ce n’est pas gentil de sa part. L’équipe B est généralement composée des joueurs qui n’ont pas été retenus pour jouer avec l’équipe principale et qui sont condamnés à jouer dans les divisions inférieurs. Par exemple, l’Alternative aura le droit de concourir pour obtenir la présidence des comités de quartiers en dehors des grandes villes.

L’Alternative ? Amusant comme mot. Il évoque un tas de trucs qui n’ont rien à voir avec la mouvance centriste, bien au contraire : le rock alternatif, Alternatives Economiques, les alter-mondialistes… Le « Modem » était déjà ridicule et ringardisé à l’heure des « box »…

Ce n’est pas grave.

Politiquement, ils ont fait une grosse erreur : ils se situent dans l’opposition de droite donc clairement avec l’UMP. Le positionnement du Modem me paraissait préférable. Par exemple, Jean-François Martins qui est le seul conseiller Modem de Paris a décidé de partir aux municipales sur les listes d’Anne Hidalgo. Il devrait être viré du Modem. Paris est une ville particulière (et dans ce sens, ce n’est pas la seule) : il s’agit de choisir entre l’équipe sortante et une nouvelle équipe. Le choix pour les Parisiens est clair et Monsieur Martins a choisi d’aller avec une des équipes car elle lui semble la meilleure pour gérer ou la plus à même de gagner (ce qui donnera du poids à sa position politique dans la future majorité). Par son positionnement politique, l’Alternative en fait un choix qui se réduit entre la droite et la gauche et où, elle-même, n’est pas une alternative.

L’Alternative se positionne donc explicitement dans l’opposition à la gauche et donc, je me répète, comme allié naturel et exhaustif de l’UMP. C’est une erreur. Une grande partie des électeurs de droite sont exaspérés par l’UMP. Je voyais un sondage, ce matin, où la popularité de ces pauvres Hollande et Ayrault était donné à un plus bas historique (ils doivent être habitués) mais avec seulement 39% des Français qui jugent que l’opposition ferait mieux. En quelque sorte, il n’y a pas d’alternative… L’Alternative se positionne donc dans le camp qui n’en est pas une.

Ils confondent l’allié naturel (les Français comprennent très bien que les centristes s’allient avec la droite pour les municipales) et l’allié exclusif. A part quelques exceptions, l’Alternative ne pourra pas gagner toute seule des élections municipales. Elle recommence donc ce qui a été sa perte depuis les années 80 : être la petite force de droite. Celle a qui on laisse les miettes. Elle aurait du reprendre ce qu’a fait François Bayrou en 2007 et qui lui a très bien réussi (plus de 18% au premier tour, soit autant que Balladur en 1995 et plus que Barre en 1988) mais qui a échoué parce qu’il était tout seul.

Il y a pourtant un sens, quand on n’est pas de gauche, à s’opposer à l’UMP. Par exemple, Jean-François Copé a critiqué Nathalie Kosciusko-Morizet à propos de l’écotaxe, faisant comprendre qu’elle est incompétente, alors qu’elle est la chef de file de l’UMP pour les municipales à Paris et qu’elle devrait recevoir un soutien total et sans réserve de son parti. Que va-t-il passer par la tête des candidats de l’UDI qui ont une chef de file massacrée par la tête de son propre parti et dont les chefs viennent de créer une nouvelle « formation » qui viennent de se lier les mains avec ce parti.

L’occasion ratée. Des incompétents qui n’ont rien compris à la situation politique : les électeurs sont découragés par la gauche au pouvoir mais ne veulent plus de l’UMP.

J’espère pour elle que l’Alternative saura jouer correctement la carte des Européennes où elle a une probabilité non nulle de devenir un des partis forts en France, voire d’arriver en tête en profitant de plusieurs phénomènes :
-         le Front National ne réussit jamais dans ces élections (10% en 2004, 6% en 2009),
-         l’UMP provoque plus de rejet qu’autre chose,
-         le PS pourrait subir un très gros vote de protestation.

Mais tant qu’elle merde et reste associée à l’UMP, l’Alliance ne peut pas nuire au Parti Socialiste.

Ils n’ont rien compris.

Un dernier point : ils ont trouvé un nouveau nom mais n'ont pas réussi à se débarrasser des anciens. C'est une erreur. Le Modem et l'UDI ont toutes les deux une mauvaise image (pour des raisons un peu différentes). Il fallait donc s'en débarrasser.

Ils auraient du créer une véritable nouvelle formation politique, ce à quoi tout le monde s'attendait...

01 octobre 2012

Week-end politique

L'actualité politique était chargée, ce week-end. Trop : j'ai failli louper l'espèce d'université d'été du Modem. On a en vrac : la manif contre le traité, la présentation du budget, les libéraux qui couinent et François Fillon qui parle. 

Je trouve ce dernier assez gonflé dans ses explications. Comme s'il avait oublié qu'il était le Premier Ministre qui a laissé la France dans cet état ! Il gueule contre les augmentations d'impôt en oubliant que la gauche avait annulé l'augmentation de la TVA. 

D'ailleurs Valérie Pecresse a confirmé que le Gouvernement précédent a fait des erreurs. Cela étant, elle a aussi comparé Nicolas Sarkozy à Jésus. Ca nous a bien fait rigoler dans Twitter. Enfin, c’est nous qui portons la croix….

Autre sujet : Jérôme Cahuzac est interviewé par le quotidien Métro, ce matin. J'ai même l'impression qu'il a été interviewé un peu partout ce week end. Toujours est-il que c'est une petite phrase qui retient mon attention. La mise en place d'une imposition du même niveau entre les revenus du travail et du capital semble être la première étape d'un rapprochement entre la CSG et l'impôt sur le revenu. Bonne nouvelle. 

Tiens ! À propos de cette imposition, les libéraux ont beaucoup gueulé ce week-end. Les entrepreneurs sont considérés comme des pigeons. Néanmoins, ils n'ont toujours pas réussi à me convaincre des raisons qu'ils auraient d'échapper à l'impôt. 

Le régime des auto-entrepreneurs a également beaucoup fait parler de lui. Les gens (et surtout ses supporters) racontent n'importe quoi. Je vous laisse lire mes confrères Gabale, Politeeks, Romain et Seb Musset à ce sujet. 

Les manifs ? C'est bien. Il faisait beau. 

Je n'ai pas vu un seul blogueur du Front de Gauche donner son avis sur le budget. 

C'est ballot !

Le Modem, maintenant...

Je trouve quand même que ça sent drôlement le sapin, tant ils sont divisés sur la direction à prendre. 

D'une lecture en diagonale de la presse, je retiens que le Modem voudrait une primaire ouverte entre François Bayrou et Jean-Louis Borloo pour l'élection de 2017 alors que l'UDI (le nouveau parti de Borloo) voudrait une primaire avec toute la droite, donc l'UMP. 

Ce qui nous confirme, donc, que l'UDI n'a pas la vocation à présenter un candidat à la Présidentielle. 

Toujours est-il qu'on n'a pas fini de rigoler. 

11 juin 2012

Le Modem a perdu le signal

Hervé Torchet n’estpas content. Il estime que François Bayrou se fait voler sa circonscription par la candidate du Parti Socialiste. Le PS aurait du ne pas présenter de candidat après que François Bayrou ait dit qu’il allait voter pour François Hollande, ce que j’ai moi-même dit ici.

« Bayrou s'est affaibli localement pour faire passer le candidat PS à la présidentielle et le PS en profite pour lui prendre son siège de député. Une telle manœuvre n'a qu'un nom : l'abjection. »

Ce qui est abject est surtout de ne pas respecter la démocratie : la candidate socialiste a obtenu 35% alors que François Bayrou a obtenu 24%. Elle n’a pas à se retirer. Elle aurait pu ne pas se présenter mais ce n’est pas la décision qui a été prise. C’est fait : les électeurs ont tranché et ont placé Nathalie Chabanne en première place. Se retirer maintenant serait les trahir et c’est autrement plus intéressant que la carrière personnelle du chef d’un parti complètement à la dérive, qu’il n’a pas su mener où il fallait alors qu’il représentait près d’un cinquième des électeurs en 2007.

« Si Bayrou avait appelé à voter pour Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle, il serait réélu dans un fauteuil. » Oui, mais il n’a pas appelé pour Nicolas Sarkozy parce qu’il a une plus haute opinion de la démocratie que ses propres militants. François Bayrou a toujours dit qu’il n’était pas dans un processus de négociation.

Dans une logique républicaine, c’est François Bayrou qui devrait retirer sa candidature et appeler à voter pour Nathalie Chabanne vu qu’il est arrivé second et qu’il se place dans une logique contre l’UMP.

François Bayrou est un grand républicain : il a appelé à faire battre Nicolas Sarkozy. On ne va pas entrer maintenant dans des basses combines. Un grand républicain mais qui tient son poste d’une posture de l’UMP qui n’avait présenté de candidat contre lui en 2007. Et ses partisans voudraient maintenant qu’il soit élu sur la base d’une posture du Parti Socialiste ?

Un peu de sérieux !

On est probablement d’accord qu’un peu de proportionnelle à ce suffrage ne nuirait pas pour permettre à toutes les formations politiques d’être représentées au parlement.

Il n’empêche que le siège de François Bayrou ne lui appartient pas, d’autant que ça fait 26 ans qu’il est Député (ou Ministre de droite).

Le constat est clair : le Modem a recueilli 1,76% des voix. L’Hérétique est beaucoup plus raisonnable que Hervé : « Les résultats viennent de tomber et le MoDem de disparaître politiquement. Hélas, ce score était prévisible. Pas de campagne nationale et plus rien à dire depuis le mois de janvier dernier. »

Le Modem n’a plus sa place, aujourd’hui. Pourtant, il y a un large espace pour le centre droit suite à la radicalisation de le l’UMP vers une droite toujours plus dure.

Les gars, vous avez jusqu’aux prochaines échéances électorales, en 2014, pour vous remettre. Vous aurez, cette année-là, des Européennes, des Municipales et des Cantonales, voire des Régionales (la réformes territoriale prévoit la fin du mandat des Conseillers Régionaux en 2014, je ne sais pas comment se traduira son annulation par la gauche).

Au boulot ! Que François Bayrou pense à structurer un parti politique plutôt qu’à sa propre survie politique…

Et qu'on arrête de dire qu'il a fait gagner François Hollande, ça ferait passer tous les électeurs pour des moutons...

22 mars 2011

Cacophonie au Modem ?

« Le porte-parole du MoDem Yann Wehrling a dénoncé mardi ceux qui, à l'UMP, insinuent que le FN ne serait "pas si dangereux", cherchent à le rendre "fréquentable", à en faire "un parti avec lequel on pourrait travailler dans l'avenir". » (source)

Qui insinue quoi ? L’Hérétique, heureux blogueur proche du Modem, n’a pas le même approche que M. Wehrling.

Je ne suis pas d’accord avec les conclusions de l’Hérétique même s’il a raison sur le fond : les politiciens devraient se demander pourquoi le FN fait 15%.

M. Wehrling devrait plutôt se réjouir de voir que les nouvelles en provenance de l’UMP font l’effet d’une joyeuse cacophonie et que ces 15% montrent l’échec de Nicolas Sarkozy à appliquer le programme qu’il avait prévu en 2007, année où le Front National était descendu à 4% aux législatives…

N.B. : Ce billet est dédié à @Modem qui me suit dans Twitter et avec qui j’ai papoté, hier.

21 septembre 2010

François Bayrou et le shadoks cabinet du Modem

La nouvelle politique du jour est sans conteste la création d’un shadow cabinet pour entourer François Bayrou. Il faut dire que je ne vois pas comment attirer les trolls avec un billet sur les menaces terroristes ou la taxation des flux financiers proposée par Nicolas Sarkozy. La statue de cire de Franck Dubosc ne m’inspire pas.

Ainsi, alors qu’on le croyait disparu, François Bayrou a annoncé la création d’un cabinet fantôme « sorte de gouvernement virtuel dédoublant les principaux ministères chargés de porter ses propositions. »

« Le parti centriste entend ainsi "faire la preuve qu'une équipe solide existe dans ses rangs pour affronter les temps qui viennent", a précisé l'entourage de François Bayrou. »

Il faudrait d’abord monter un parti avec des militants, les anciens s’étant barrés en courant sauf l’Hérétique mais lui c’est pour nous faire rire. Tous les autres que je connaissais sont partis. Vous voulez des noms ? Ne comptez pas sur moi.

Le cabinet est composé de gens. J’en ai entendu parler de certains, y compris celui qui porte le même patronyme que moi au « Budget, comptes publics, lutte contre les déficits ».

Si on avait des doutes sur la candidature de François Bayrou en 2012, nous voila rassurés. Avec Borloo dont je parlais hier, Morin qui se tâte et Villepin qui débarque, il va bientôt y avoir encombrement dans cette espèce de droite pas trop sarkozyenne qui se cherche. Au plus grand bonheur de Nicolas Sarkozy qui retrouve une chance de voir les voix des opposants éparpillées. Ca doit l’amuser beaucoup de proposer une taxe sur les mouvements financiers, à New York.

Il ne reste plus que l’extrême droite où il ne maquera pas chercher des voix, fébrilement, menaces terroristes à l’appui.

Heureusement, nous avons le Modem et le shadow cabinet qui vont nous sauver. Il y a même un « Ministre » de l’Egalité des territoires, un autre de la Décentralisation, un des Libertés publiques, un de l’Egalité des chances, un de la Rénovation urbaine, un des Solidarités (y compris intergénérationnelles), un de l’Innovation, un de la Gouvernance internationale, …

J’espère qu’ils n’ont pas oublié la sécurité.

24 février 2010

Le Modem anti-libéral !

Ce fond de page twitter est très joli. Mais je croyais que le fond des électeurs qui restaient pour le Modem était à moitié libéral.

Ils veulent renforcer le rôle de la région dans l'économie ?


18 janvier 2010

Ségolène Royal et le Modem

"Si j'en parle, c'est que ce matin je suis tombé sur une brochette d'articles qui titrent "Royal débauche une partie du Modem", puis un autre "Ségolène Royal ravive les polémiques", puis "Régionales - Ségolène Royal fait l'union, mais pas l'unanimité". Ségolène Royal a bien raison.

Je suis parfaitement d'accord avec Stef au risque de contrarier mes trolls qui sont persuadés de mon antiségolisme primaire. Et si elle peut contrarier un peu le Modem, on ne va pas s'en plaindre. Mais je n'ai pas le temps de faire un billet : allez donc lire celui de Stef.

Vous aussi, les trolls.



04 décembre 2009

Parti de gauche pour aller où ?


Imaginons le soir du Premier Tour des Régionales en Picardie Catalogne. Les résultats tombent :

NPA    4
Front de Gauche          10
PS       20
Europe Ecologie          10
Modem            10
UMP   36,01
FN       9,99
Total    100

Le FN ne peut se maintenir. On peut penser que ses électeurs voteront UMP au deuxième tour. L’UMP ferait alors 46% des voix. Les électeurs NPA iront à la pêche. Le PS a obtenu le plus de voix au premier tour et cherche des alliés pour obtenir plus de 46% des voix pour avoir une chance de gagner. Quelles solutions sont possibles ? Une seule. Regrouper les listes avec le Front de Gauche, Europe Ecologie et le Modem.

Le mardi, deux jours après le premier tour, les accords sont conclus : les quatre listes fusionneront. Les militants des quatre formations sont heureux et partent au combat ! Tout le monde trouve ça normal.

Mais nous sommes quatre mois avant ce premier tour.

François Bayrou dit : « Ma priorité, c’est l’alternance ». Un blogueur facétieux lui rétorquera : « Heu… Mon lapin – c’est un blogueur qui se permet des familiarités – l’alternance aux régions de gauche, c’est des régions UMP ».

Pendant ce temps-là, Martine Aubry, cheffesse de la plus grande formation de gauche, autour de laquelle pourrait se former une majorité de second tour fait un joli discours pour clore sont tour de France en indiquant qu’elle n’exclut pas un tel rapprochement au deuxième tour.

La gauche du PS lui tombe dessus. Hé ! Les gars, vous voulez quoi ? On vous aurait dit ça après le premier tour, vous auriez trouvé normal…

Mais non ! Le Front de Gauche pond un joli communiqué. « Les électeurs disposent d'un outil pour cela. Les listes du Front de Gauche pour les régionales conditionnent la fusion démocratique d'entre-deux tour à l'absence du Modem. Le PS devra choisir. Rien n'est perdu pour peu que le Front de Gauche soit devant le Modem dans les urnes. »

Bravo ! Le Front de Gauche a désigné l’ennemi : le Modem. On a les ambitions qu’on mérite. Je pensais que l’ennemi était l’UMP…





17 novembre 2009

Ségolène Royal et Vincent Peillon sont dans un bateau qui coulent


Je n’ai donné qu’un bref avis sur le machin entre Ségolène Royal et Vincent Peillon, à Dijon, ce week-end. C’était, hop : « Petit 1 : Ségolène Royal n’avait pas à se pointer à une foiridon où elle n’elle n’était pas invitée. Petit 2 : Vincent Peillon aurait du la fermer. » Il est temps que je me reprenne.

Je suis toujours d’accord avec moi-même mais la position de Dedalus m’éclaire un peu. Voilà sa conclusion « L’ambition n'est pas à gauche l'apanage de Ségolène Royal, force est cependant de constater que chez elle cela surpasse tout, au point qu'elle serait prête à lui sacrifier sa famille politique, ses amis et ses convictions. En cela pour le moins elle ressemble étrangement à un certain Nicolas Sarkozy. » Que cela ne vous empêche pas de lire reste…

Poursuivant ma lecture des blogs, je suis tombé sur cet article de Betapolitique qui estime que « elle a raison. Elle pourrait très bien être à nouveau désignée comme candidate lors des primaires compte tenu de la configuration que celles-ci sont en train de prendre au PS. » Car « elle a visiblement mieux compris que quiconque au PS comment fonctionnait son époque : la médiatisation en guise de stratégie, la personnalisation en guise d’idées et l’égoïsme en guise de morale. »

« Si elle reste en effet l’une des meilleures « clientes » politiques des médias, sa crédibilité présidentielle est désormais fortement réduite ».

En fait, il faudrait presque la bloquer maintenant tant il est à peu près évident qu’elle n’a aucune chance de battre Nicolas Sarkozy dans un deuxième tour. D’une part, il a prouvé qu’il était une bête de communication et, d’autre part, ça ne sera pas la première fois qu’un « président sortant » se présente après avoir connu un large creux dans sa cote de popularité. J’ai bien peur que quelques copains blogueurs Ségolistes ne soient pas un peu trop optimistes.

D’ailleurs, on peut même se demander si elle passerait un premier tour ou si elle ne risque pas, plutôt, de subir un remake du 21 avril 2002…

Eternel débat, mais je pense que le PS a d’abord intérêt à se positionner comme force de gauche et pas allié potentiel avec les centristes. On ne va pas refaire le débat ce soir : j’ai mieux à faire.

Dans l’attente, je suis assez d’accord avec Pierre Moscovici. « Rocard-Mitterrand, ça avait du sens et de la gueule. Jospin-Fabius, ça avait du sens et de la gueule. Aujourd'hui, les courants du Parti socialiste, ça n'a ni sens, ni gueule ».

Ce qu’il y a d’amusant c’est que c’est un blogueur Modem, l’Hérétique, qui m’inspire ce billet, alors qu’il évoque tout autre chose. Le PS, à force de se poser les mêmes questions, pourrait très bien brillamment remporter les prochaines régionales car les électeurs ont confiance dans les élus socialos qui gèrent les régions alors qu’ils ne connaissent pas ceux qui semblent effrayer certains militants du PS aujourd’hui, en vue de ces élections : Europe Ecologie.

Je vais donc faire plaisir à l’Hérétique : beaucoup donnent le Modem pour moribond, mais s’il travaillait sans le PS, il pourrait attirer des électeurs de centre droit qui seraient dégoutés de la mainmise de l’UMP sur à peu près tout, voire par le torpillage en cours de la fiscalité locale. A force de vouloir se donner une image à gauche en participants à tous les machins proposés par Vincent Peillon ou Ségolène Royal, le Modem pourrait, par contre, se trouver marginalisé.

Pour ma part, j’aime bien ces calculs d’apothicaire préparatoires à toutes élections et je ne vais pas m’empêcher de continuer à sortir des théories foireuses dans mon blog.

Toujours est-il que si le PS est capable de gagner ces régionales en prouvant qu’avec ses alliés traditionnels il a les personnes les plus compétentes pour diriger des régions, il pourrait en prendre de la graine au niveau national. Et arrêter d’organiser des réunions en dehors du parti pour montrer une cacophonie grotesque et des guéguerres de chefaillons.

09 octobre 2009

Blogowar au Modem.

Ce vient de chez Ginesty. L'Hérétique en prend plein la gueule. Merci à Nemo pour l'information (ben ouais, qu'est-ce que vous croyiez, je ne vais quand même pas m'abonner aux flux de Totophe).

"Et puis le MoDem n'a pas forcément la vocation d'attirer tous les aigris de la terre." qu'il dit, le Totophe Gigi. Heu. Qu'y fait-il alors ?

"Comme je sais le garçon intelligent et que je l'aime bien, je sais qu'il va se ressaisir et j'adresse amicalement à son blog tous mes voeux de prompt rétablissement."

Une telle leçon m'incite à prendre ma carte au Modem. Pour rigoler. Ca se soigne ?

16 septembre 2009

Le Modem ou le vide de droite

« Ni à droite, ni à gauche, mais surtout pas à gauche ». Tel pourrait être le slogan du Modem. J’y pensais, hier soir, en rédigeant mon billet sur les antennes au Kremlin-Bicêtre. Je me remémorais les élections municipales au Kremlin-Bicêtre. Le Modem était sur une liste soutenue par l’UMP (le candidat de l’UMP se présentant à part après avoir observé l’ineptie de cette liste). A Bicêtre, la gauche est tellement majoritaire que le résultat des élections ne laissait place à aucun doute, juste la crainte que la liste principale ne passe pas directement au premier tour (elle est passée avec 57%) à cause du nombre de liste.

Je comprends la position du Modem et cette volonté de créer un groupe d’opposition fort (c’est raté… 17% avec l’UMP) mais c’est symptomatique des cadres locaux du Modem : il faut être dans l’opposition. Comme François Bayrou, d’ailleurs, qui n’a qu’un seul but : faire croire qu’il est le meilleur symbole de l’opposition. A Bicêtre, la majorité est de gauche : la seule opposition crédible étant d’être de droite, la consigne du Modem devient alors de taper sur la gauche.

Ca doit faire de la peine à mes copains du Modem mais je les invite à observer.

Ce matin, en feuilletant les blogs pendant la mise à jour de mon iPhone, je suis tombé sur ce billet de l’Hérétique. Vous ne connaissez pas l’Hérétique ? C’est pourtant le premier blog Modem du classement Wikio des blogs politiques. Une espèce de chef de file des blogueurs Modem, comme Luc l’était à une époque.

Il m’excusera par avance ma mauvaise humeur mais le titre de son billet est : « Moi, de gauche ? Mooouuuaaaaaaaâârrrfff ! » Il est donc de droite. D’ailleurs, il le dit fréquemment et se qualifie de « centre droit ». Aujourd’hui, il dit : « j'accorde bien trop d'importance à l'initiative individuelle, à la propriété privée et à l'esprit d'entreprise pour pouvoir être de gauche ». « C'est paradoxal, parce que jusqu'à l'avènement de la Nouvelle UDF, j'ai voté constamment à gauche sans me rendre compte que sur le fond, j'étais un mec de droite ».

Bref. Il est de droite. Ca n’a rien de paradoxal : beaucoup de gens votent à gauche quand ils sont jeunes car il faut bien avoir de l’espoir. Quand on vieillit, ils s’ancrent à droite car ils n’ont plus d’espoir. Moi-même, le jour de mes 40 ans, j’ai été assez surpris de ne pas avoir versé une larme à gauche et d’être toujours un socialo convaincu. Je garde de l’espoir…

« Si le Nouveau Centre avait su peser sur la majorité, conserver une certaine indépendance ainsi que des liens amicaux avec le MoDem et Bayrou, aujourd'hui, selon je serais certainement chez eux ». Oui. Il est de droite. Il aurait été bien dans une large majorité avec l’UMP. C’est exactement ce que veut dire cette phrase.

Ce n’est pas grave. Chacun ses choix. Mais quand mes copains socialos me disent qu’on peut envisager de travailler avec le Modem, ça m’interpelle. Pourquoi pas intégrer l’UMP et participer à l’ouverture ?

31 août 2009

Brève de flemme

Ce week-end, j’étais en vacances de politique : je n’ai donc que très peu suivi les travaux du Parti Socialiste à La Rochelle, à part quelques twits des copains… et les propos de Cécile Duflot (voir mon billet d’hier et le prochain à paraître).

Parti Socialiste : la presse semble contente… Il y a encore quelques points de désaccord sur le cumul, le traitement des primaires, autant de « broutilles » que mes copains socialos ne tarderont pas à résoudre. Je ne fais pas de billet sur le sujet : j’attends que les participants le fassent. Je ne vois pas ce que je pourrais dire de plus que la presse et les leftblogs qui y ont assisté et connaissent bien mieux que moi les rouages du PS.

Modem : Marielle de Sarnez a déclaré dans une interview au Parisien, hier, que François Bayrou sera candidat aux Présidentielles en 2012. A partir de cela et malgré toute l’affection que je peux avoir pour les copains blogueurs du Modem, la messe me parait dite. Le Modem aura donc son propre programme et ne participera pas aux primaires. C’est donc avec ses alliés traditionnels que le PS doit bosser. Notamment en bâtissant un projet qui puisse réunir tout le monde, à gauche, pour éviter la débâcle de 2002… tout en continuant à écouter ceux qui s’appellent les « démocrates » pour éviter le foirage de 2007. Ca n’empêche pas de travailler en commun, mais, à part pour les régionales où des alliances peuvent être ponctuellement nécessaires pour garder des régions, on reparlera d’une alliance avec le Modem au soir du premier tour, en 2012.

Partageons mon avis : le billet d'hier, avec la petite dame qui faisait les poubelles du marché (pleine de produits frais invendus, je précise), était le 2500ème !

C'est reparti pour un tour !

25 août 2009

Le loup dans l'éléphanterie

C'est un peu le sentiment que j'avais, hier soir, en rédigeant mon billet : comment des militants du PS peuvent se préparer à donner les clés de la boutique à François Bayrou ? Romain le raconte mieux que moi.

24 août 2009

Les primaires : est-ce secondaire ?

Je n’avais pas spécialement envie de faire un billet sur les primaires mais l’orage m’empêche de rejoindre la Comète dans les plus brefs délais pour une rencontre avec une illustre blogueuse et surtout, je n’arrive pas à répondre aux commentaires chez Marc pour un bête problème technique sur mon PC, ni sur aucun blog de cette plate-forme. D’ailleurs, je vais suggérer à Marc de faire comme Rébus et Olivier (que je citais ce matin) qui ont enfin changé de plate-forme pour quitter celle qui ne met pas les liens dans les flux, ce qui est bien dommage pour elle, d’ailleurs, ça la défavorise… Et en plus, elle gère elle-même un classement de blogs, le mien étant 413ème ce qui me laisse une marge de progression.

Toujours est-il que dans son billet, il indique que je suis opposé aux primaires. Il n’en est rien. Je souhaite juste qu’on m’explique comment elle sera organisée, comment on déterminera qui aura le droit de se présenter, …

En outre, je souhaite aussi qu’on m’explique si François Bayrou y participera. La réponse sera a priori négative (il devrait espérer se présenter).

Quelle que soit la réponse, Dagrouik nous dresse un premier bilan du machin de ce week-end à Marseille. Robert Hue, François Rebsamen, Christiane Taubira, Daniel Cohn-Bendit et Vincent Peillon et… Marielle de Sarnez, sans compter près de 3000 militants, ai-je cru comprendre, ont commencé parler du fond, peut-être à l’ébauche d’un projet.

Je ne dis pas que ces débats ne servent à rien, bien au contraire, mais quand on aura établi un projet commun du PC au Modem et qu’un candidat de gauche aura le même projet, pour la présidentielle qu’un candidat du centre, quelle est la probabilité pour qu’il reste un candidat du PS au deuxième tour puisqu’on aura préparé le premier tour en disant qu’on peut allègrement travailler avec François Bayrou sur un projet commun ?

Car je ne doute pas que François Bayrou se présentera.

Je n’ai juste pas spécialement envie de me battre pour lui entre les deux tours.

La gauche a-t-elle déjà gagné des élections nationales en s’alliant avec le centre ? Gérard Filoche nous confirme que NON.

17 août 2009

J'aurais du me passer des alliances

Mon retour au blogage après les vacances s’effectue dans la plus grosse cacophonie : j’ai fait deux billets sur les alliances… sans avoir vu la déclaration de Vincent Peillon à ce sujet. Je suis donc obligé de faire un troisième billet pour éviter de me faire taper dessus.

Contrairement aux apparences, je ne suis pas du tout d’accord avec Vincent Peillon qui « rêve d'une alliance élargie du PS au MoDem en passant par le PCF. »

Mon premier billet est titré : « Réglons en deux secondes la question des alliances ». Ce titre était pourtant parfaitement clair. « En deux secondes ». Hop ! Il n’y a pas de « question des alliances », n’y accordons que deux secondes. Et consacrons-nous au projet.

Je n’ai pas envie de me battre pour mettre autour d’une table des gens qui ne peuvent pas être d’accord : si Vincent Peillon veut perdre son temps jusqu’en 2017 pour être lui-même candidat, c’est son problème.

Mais je ne vais pas faire un troisième billet : j’en ai déjà raté deux. Je vais juste rappeler ma position. Le PS ne gagnera que s’il s’affiche clairement à gauche.

Je vais donc m’atteler à rater, maintenant, un ou deux billets sur la burqa suite aux propos de Fadela Amara et de Bernard Debré.

Tiens ! Les blogueurs, vous qui aimez bien parler d’alliances, vous ne pourriez pas essayer d’aborder ce sujet de société ?

19 mai 2009

Même pas peur de François Bayrou

Tiens ! Nick Carraway me cite ce matin. Ca tombe bien, j’étais un peu sec, pour le blog. « [Les socialistes peu enchantés par l’invasion centriste…], autocentrés comme une tribu indienne, de repousser Bayrou à leurs marges : c’est un homme de droite, de droite vous dis-je, le monde doit le savoir. »

Comme si je représentais « les socialistes » (je ne suis pas au PS), mon billet est en lien sous « c’est un homme de droite… », mon appeau à trolls qui a été si efficace !

Les électeurs du Modem pensent que François Bayrou fait peur au PS
(et à l’UMP, d’ailleurs). Ils sont contents. Tous fiers des 8 à 18% qu’ils représentent, au gré des sondages et des élections, ils semblent avoir trouvé l’arme absolue qui terrorise la classe politique.

Pas moi. Soyons clairs. Si on me démontre que François Bayrou est la seule personne qui puisse dézinguer l’omniprésente UMP pour, enfin, appliquer une politique inverse, j’en ferais la promotion avec joie. J’irais même jusqu’à repeindre mon blog en orange s’il le faut, à condition d’avoir… une promotion sur la peinture. Mais, pour l’instant, François Bayrou n’a qu’une chose pour lui : s’il atteint le deuxième tour de la présidentiel et se retrouve face à Nicolas Sarkozy, il a toutes les chances de l’emporter. Cela n’en fait pas un programme politique et une victoire de la gauche (ou d’une majorité « socialo centriste ») au deuxième tour des législatives.

Donc pas pour moi. Je sais que ses fans croient à cette espèce de troisième voie, où l’on met tout le monde autour de la table pour travailler ensemble. Pas moi. Il y aura bien des choix politiques à prendre

François Bayrou ne me fait pas peur. Tiens ! Olivier Bonnet s’étonnait ce matin qu’environ 28% des gens allaient voter pour l’UMP aux Européennes. Je crois tout simplement que la droite traditionnelle a un socle d’électeurs qui ne bougeront jamais d’une oreille. La « gauche socialiste » a également un socle, peut-être moins important, de l’ordre de 25%.

C’est environ le score de Ségolène Royal à la Présidentielle, de Lionel Jospin, cumulé avec Christine Taubira et Jean-Pierre Chevènement, à la précédente présidentielle, du PS aux dernières Européennes. C’est un peu plus que le PS aux précédentes Européennes (environ 23% si on cumule le score fait par le PS avec celui de Pierre Larrouturou), beaucoup plus que le score du PS en 1994 aux Européennes (mais avec les listes MRG et MDC, le score est d’environ 27%).

Je n’ai pas peur de François Bayrou. Si le PS ne fait pas le con en incitant ses propres fidèles électeurs à aller voir ailleurs, sur sa gauche (ce qui a été le cas en 1994, en 2002, ...), il n’a pas à craindre François Bayrou. Les militants du Modem sont heureux, le chef a sorti un bouquin (c’est un objectif politique ?), il passe pour le meilleur opposant (c’est un objectif politique ?), il accapare les médias… Nicolas Sarkozy se réjouit : quand on parle de François Bayrou, on ne parle pas de ses piètres résultats, de la situation catastrophique de la France. Ca renforce l’image de François Bayrou comme opposant à la droite traditionnelle, ça renforce donc le socle de la droite traditionnelle.

Je continuerai donc à dire que François Bayrou est de droite. C’est la vérité, je préfère qu’il pique des voix au socle UMP qu’au socle de gauche et tout le monde s’en fout !

Pendant ce temps, que le PS bosse sur son projet…

15 mai 2009

Ca mérite le respect !

Mon dernier billet, ouvertement rédigé pour récolter des trolls, me permet de constater un flux de visiteurs (4), en provenance d'ici. C'est très joli.

Le coeur à gauche et le chef à droite

François Bayrou est de droite. Ce n’est pas mal. Ce n’est pas sale. C’est juste un fait. Ces militants sont, pour beaucoup, issus de la gauche mais ne se retrouvent pas dans le Parti Socialiste. Comme François Bayrou leur a dit : « Mais non, les gars, je ne suis pas de droite » et qu’ils ne savent pas où aller, ils se sont dit : « Tiens ! Et si j’allais au Modem ». Ceci n’est pas une raillerie, j’ai trop de respect pour les militants politiques, c’est juste une caricature.

A Solférino, on s’inquiète. La mayonnaise ne monte pas. Des méchants sondeurs ont dit que le PS pourrait se prendre une taule aux élections à cause du Modem. C’est gênant parce que les prochaines élections sont les régionales et mécaniquement, la probabilité, pour le PS, de perdre quelques régions est forte. Martine Aubry se prendrait donc deux vestes électorales consécutivement.

Le PS a donc décidé de taper un peu sur François Bayrou en rappelant qu’il est à droite. François Bayrou, pas le PS, andouille ! Il est d’ailleurs le seul type à avoir fait partie du gouvernement de 1993 à 1995 puis de 1995 à 1997. Il a fait descendre le peuple de gauche dans la rue car il voulait réformer la loi Falloux. Il a été le chef de l’UDF, parti qui a participé, pendant des années, à des gouvernements de droite. Ou alors M. Giscard d’Estain était de gauche. Mais je ne crois pas.

Du coup, dans les blogs socialos, comme on n’a pas grand-chose à dire sur la campagne puisqu’on n’y voit rien, on s’amuse à taper sur François Bayrou.

L’Europe est au centre du projet politique du Modem. Les militants sont contents : les prochaines élections sont Européennes. Alors quand on leur dit que leur chef est de droite. Ils n’aiment pas. Ils râlent. « Parlez donc du fond » qu’ils nous disent. C’est pourtant bien ce qu’on fait. On parle du fond : le type qui prétend nous diriger en 2012 est un imposteur. C’est un type de droite qui vit avec des militants et des électeurs de gauche mais n’aura jamais les moyens de gouverner en 2012. Le Premier Ministre et la ligne politique sera ainsi soit de gauche soit de droite selon le résultat des législatives. L’élection présidentielle n’aurait ainsi servi à rien à part torpiller la vision d’un clivage, pourtant bien réel. Ca nous rend d’ailleurs M. Bayrou sympathique. Comme il n’aura aucun pouvoir, le Parlement retrouvera ses prérogatives. La question n’est pas là. M. Bayrou est de droite. Il est même probable qu’il aille parfois à la messe, c’est vous dire.

Les militants ne sont pas contents. Alors, ils protestent dans les blogs. Marc est plus aimable que moi. Il diffuse les commentaires des militants du Modem qui protestent contre les blogueurs du PS qui reprennent des communiqués du PS. Ils ont bien raison : il faut défendre le chef. Mais il est de droite. Nananère.

Ils ont bien raison mais perdent de l’énergie. Les militants aiment bien débattre, discuter, parler, écrire… Judith, appelons-là ainsi, oublie que seul le taulier des blogs lit les commentaires. Et encore, quand il a envie seulement. Moi, les commentaires trop longs et que je ne connais pas l’auteur, je les supprime. La flemme. Je ne vois pas pourquoi quelqu’un m’imposerait cinq minutes de lecture. Mon blog s’appelle « Partageons MON avis ». J’apprécie beaucoup de lire les avis des autres sur leurs blogs. Je suis peut-être le type qui lit le plus de blogs. J’arrête de concourir pour la place du plus gros metteur de liens, la place est trop chère. Par contre, je lis vraiment beaucoup de blogs. Plus que Nicolas Princen. Y compris du Modem ce qui me permet de ne pas douter la sincérité des militants.

C’est juste du chef que je doute. Il est de droite. Judith voudrait bien le défendre et démontrer qu’il n’est pas de droite. Ainsi la blogosphère s’amuse beaucoup à vérifier comment ont voté les uns et les autres au Parlement Européen sans se préoccuper du contexte. La dernière étant que les socialos auraient voté pour la libéralisation de l’énergie alors que c’est pour la mise en concurrence. C’est déjà trop, d’accord, mais l’argument est mauvais.

Judith n’arrive pas à démontrer que François Bayrou n’est pas de droite. D’autres ont essayé de démontrer que le Parti Socialiste est à droite. Ils n’ont pas réussi. Alors Judith essaie de nous démontrer que les adhérents du Modem sont mieux respectés que les adhérents du Parti Socialiste. Je veux bien le croire. Avec plaisir même. Et aussi avec les réserves d’usage : je n’ai pas vu beaucoup d’élection à l’échelle du parti pour se choisir un chef. Heureusement. Ils seraient obligés de voter pour un homme de droite. Les adhérents du Modem sont mieux traités que les adhérents du PS. Pourtant, je connais plus de militants déçus du Modem que de militants déçus du PS. Tiens. Prenons un blog Modem au hasard :

C’est à propos du bouquin de François Bayrou, qui s’appelle « Abus de pouvoir » : « Mais s’il n’a pas son pareil quand il s’agit de pourfendre et pointer les défauts d’un autre, François Bayrou est-il qualifié pour donner des leçons orbi alors qu’urbi, au sein du MoDem, tout serait loin d’être parfait. Ne conviendrait-il pas de remettre en lumière certains évènements, qui indubitablement, contredisent le discours du chevalier Béarnais qui voudrait endosser l’armure immaculée de héraut des valeurs humanistes ? ». Allez lire la suite chez le taulier. Ca lui fera plaisir. Revenez après, hein ! De toute manière, l’illustration de ce billet est la même que le sien. Des singes qui se cachent les yeux. Ca m’a amusé. Allez savoir pourquoi ?

Le PS exaspère alors que le Modem, on le quitte car il est sans espoir.

Je précise que j'ai vraiment choisi un blog Modem au hasard. C'est le premier qui apparaissait dans cette liste.

Les adhérents du Modem sont mieux traités que les adhérents du PS. Soit. Mais je m’en fous. Je ne suis pas au Parti Socialiste, bordel ! Juste un électeur attentionné.

Et un blogueur méritant qui aime bien les appeaux à trolls.