Après le remaniement d’avant-hier, nous n’avons pas trouvé grand-chose à nous mettre sous la dent, à part l’égarement des Bordelais et quelques bricoles. La presse, ce matin, évoquait le désarroi du centre dont les principaux représentants ont été évincés du gouvernement et présente ça comme une mauvaise nouvelle pour Nicolas Sarkozy. Certains parlaient même de faute politique. Aussi bien, elle se trompe totalement et c’est un coup de génie : de toute manière, nul ne peut prévoir le comportement des électeurs.
Le gouvernement est présenté comme étant bien à droite : il aura toute latitude pour aller chercher des électeurs à sa droite sans avoir à composer avec quelques individus exaspérés.
Pendant ce temps, la droite « centriste » pourra peinardement se recomposer, probablement autour de Jean-Louis Borloo permettant de piquer des voix d’électeurs de droite qui auraient pu chercher refuge derrière François Bayrou, qui reste, je crois, un des principaux dangers pour Nicolas Sarkozy et surtout derrière Dominique de Villepin qui vient de perdre un réservoir de soutiens divers, le pauvre.
L’alchimie électorale étant ce qu’elle, Nicolas Sarkozy vient de recréer un centre qui ne sera pas un danger pour lui, tout en se donnant un réservoir de voix pour le second tour et lui donnant quartier libre pour aller en chercher pour le premier. De toute manière, il nous reste 18 mois pour éplucher des sondages.
Parions que Nicolas Sarkozy se mettra légèrement en retrait et laissera plus de marges de manœuvre à François Fillon pour la fin de la législature, d’autant que certains chantiers s’annoncent douloureux, notamment la réforme législative et la réduction du déficit, qui, si elle est réussie, pourra également servir d’argument électoral à Nicolas Sarkozy auprès des centristes pour le deuxième tour.
D’ailleurs, si ma tante en avait…
Ségolène Royal l’a bien aidé en s’empressant de tomber dans le panneau et en appelant, à nouveau, à un large rassemblement, ce dont ne veulent pas les électeurs de gauche : on ne bâtit pas un projet autour d’un méli-mélo insipide d’autant qu’il n’est pas inutile de rappeler que le centre est à droite.


