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10 février 2015

DSQ

Moi, vous me connaissez. Au moment des débats sur la pénalisation des clients de la prostitution, j’étais contre. Aussi, je n’en veux pas à DSK d’avoir été aux putes et souhaite qu’il soit blanchi sauf si les filles n’étaient pas consentantes ou s’il a bénéficié d’un avantage autre que sexuel dans cette opération. Par exemple.  Pour toutes les autres peccadilles, il a déjà payé. Il était roi du monde et s’est retrouvé en photo en première page de centaines de milliers de journaux au monde.

Je suis magnanime.

Il n’empêche que je lisais des articles de presse relatant les débats à l’occasion de son procès... C’est quand même surréaliste. Imaginer le roi du monde avec des hommes d’affaire se réunissant dans un hôtel de luxe pour se partager des filles…


J’imagine les dialogues : « celle-là était pas mal, tu devrais l’essayer ! Et la tienne ? ».

Je ne sais pas si Michel Brice aurait pu imaginer plus sordide...

30 novembre 2013

Prostitution : la plume au président

La pénalisation de la prostitution a été votée à l'Assemblée Nationale (ce qui ne veut pas dire qu'elle passera, vu le nombre de députés présents dans l'hémicycle). Je ne vais pas en rajouter des tonnes vu que j'ai déjà fait un billet hier mais à la lecture des commentaires (de mon billet, dans Twitter ou ailleurs), je crois que je vais envoyer une bafouille à François Hollande, directement. Il me semble que c'est la deuxième fois. La première, ça n'avait pas marché mais je suis parfois persévérant. Ou idiot.

Monsieur Le Président,
Mon cher François,
Pépère,

Le texte de loi comporte de très bons volets mais la pénalisation de la prostitution est une erreur grave. Je suppose que tu reçois des tonnes de courrier, des pétitions,... et que tu connais les arguments de chacun. Je vais les résumer : les policiers n'auront plus les moyens de faire leur travail de lutte contre le proxénétisme et la précarité des filles qui devront se cacher de plus en plus pour protéger leurs clients va augmenter.

Tu m'excuseras pour le tutoiement, mais, après tout, on a fait campagne ensemble...

J'ai deux messages à te faire passer.

Le premier : tes ministres sont très mal conseillés. Je sais ce que c'est. J'ai moi-même été consultant pendant vingt ans et j'ai toujours fait des rapports qui arrangeaient mes clients. En 2008, un de ces clients m'a embauché. Il a été très surpris de voir que je commençais à le contredire...

Tu sais, on se connaît à peu près tous, on s'est croisés dans les blogs, les équipes de campagne, les partouzes du Parti Socialiste, les listes de diffusion,... Ces braves gens se retrouvent maintenant dans des cabinets ministériels parce qu'il fallait bien recruter du monde pour faire l'immense travail mais leur problème est la sincérité. Ils se disent : « La prostitution c'est mal, des cons exploitent le corps des femmes, il faut mettre fin à ça ! ». Un jour, une députée a dit : « tiens, je vais faire une proposition de loi pour abolir la prostitution. » Tu penses bien que ces mecs ont applaudi et dit « oh oui, oh oui, voilà une idée qu'elle est bonne, hé t'as vu, Najat, il faut qu'on soutienne ça parce que la prostitution c'est mal. »

J'ai bien dit « ces mecs ». Je n'ai pas le temps de faire une étude mais je suis prêt à parier que parmi les militants socialistes, il y a plus d'hommes que de femmes à soutenir ce texte (il me semble que les femmes connaissent mieux les conditions de vie des femmes que les hommes...). Comme il y a beaucoup d'hommes dans les cabinets... Sinon, je me permets d'appeler Najat par son prénom, je t'appelle bien pépère.

Je les connais tellement bien qu'il m'arrive de discuter avec eux. Discuter, c'est un bien grand mot. Ils devraient faire un stage chez les Francs Maçons pour apprendre à écouter. Ils balaient tous les arguments sans même essayer d'y réfléchir. Le pragmatisme n'est pas leur idéal. La social-démocratie est bien loin d'eux... L'idéologie prime.

Tes ministres, dont Najat, sont débordés et comme ils sont mal conseillés, ils ont une très mauvaise idée du terrain.

Ne me dis pas que tu n'as pas ce sentiment, parfois, dans ton bureau à l'Elysée ?

Le deuxième message...

Tu vois, j'ai voté pour toi parce que je croyais en ta politique. Je t'ai soutenu dès la primaire. Je croyais au changement (je dois reconnaître que le mot « maintenant » me faisait un peu rigoler mais ne lis pas au copain). J'approuve globalement la politique que tu mènes et les changements que tu imprimes à la société. Bien sûr ! Je n'approuve pas tout, hein ! Augmenter le nombre d'années de cotisations pour la retraite ne me paraît pas très fin quand on a tant de chômage et tant de progrès techniques qui nous permettent de bosser moins. Il n'empêche que j'approuve des trucs qui sont honnis par certains camarades de gauche qui pensent plus à défendre les salariés des grandes sociétés que les 55 millions de Français qui ne le sont pas...

Il n'empêche que quand je vois que l'on s'apprête à donner comme mission aux policiers et aux gendarmes d'arrêter des pauvres types qui vont se faire sucer, j'ai l'impression de me retrouver au temps où la France avait Raymond Marcellin comme ministre de l'intérieur. Je croyais que la gauche devait représenter le progrès et on se met à faire des lois guidées par la pudibonderie de certains, des lois de principe, pour se donner bonne conscience, même si elles ne pourront pas être appliquées...

Je croyais que la gauche devait provoquer d'important changements dans la société, pour la faire se tourner vers le futur.

La France d'après François Hollande aurait pu être la France où les homosexuels auront eu le droit de se marier, la France où une gestion efficace aura permis une meilleure redistribution, où la fiscalité aura connu un tournant, où l'industrie aura démarré, où la transition énergétique aura été mise en place, où l'égalité entre les hommes et les femmes aura fait un bond. Et tout ça.

La France d'après François Hollande risque de devenir la France où la police mettra des amendes aux andouilles qui vont se faire éponger, le tout pour faire plaisir à quelques militants qui s'imaginent défendre la cause féminine tout en ne faisant que monter celle du sida et des violences faites aux femmes.

Le changement, c'est maintenant ?

Heu...

Il est encore temps de remuer les députés...

Bien à toi,
Friendly,

Ton Nicolas

03 novembre 2013

La prostituée [je rentre dedans]

Je dois reconnaître que j'ai eu de la chance. J'ai fait mon billet à propos de l'abolition de la prostitution avant que les autres imbéciles sortent le manifeste des 343 salauds qui fut une provocation totalement inutile ne pouvant qu'aboutir à des débats idiots et à un rejet. Je viens néanmoins de le relire. S'il n'y avait pas le titre et la dernière ligne, j'aurais probablement pu le signer. Dans mon billet, je me basais sur des documents de partisans de la pénalisation du client pour montrer qu'ils n'avaient aucun argument sérieux. La pénalisation de ces clients ne sera en fait qu'un moyen de faire plaisir aux arracheuses de couilles qui se prétendent féministes mais ne connaissent rien aux femmes.

C'est ce qu'on voit en lisant les commentaires au billet d'Elooooody sur le sujet. RosaElle en a fait aussi des billets, dont celui-ci. Tous les trois, nous sommes à peu près d'accord.

Je vais répondre aux connasses qui interviennent chez Elooooody. N'allez pas dire que je suis grossier, je suis moi-même lourdement insulté dans ces commentaires, de même que les copines. Je vais aussi répondre à tous les militants de la pénalisation.

Bonjour les gens,

Vous pouvez considérez les clients comme des enfoirés, comme des salopards, des moins-que-rien et tout ce que vous voudrez, il n'empêche que vous voulez fonder une loi sur des valeurs morales ce qui est à peu près pire que tout. Il est autorisé de payer pour avoir des relations sexuelles, il sera interdit de payer pour avoir des relations sexuelles. Vous voulez inculquer à d'autres des valeurs, vous êtes pires que des moines colonisateurs, des évangélistes,...

Vous êtes totalement déconnectés de la vraie vie. Croyez-vous vraiment que ce texte sera efficace ? Non. Pour deux raisons. La première est que la peine sera forcément légère sinon le texte sera retoqué par le Conseil constitutionnel et heureusement : on ne fait pas n'importe quoi dans ce pays. La deuxième est qu'aucun policier ne pourra arrêter de clients parce les prostituées se cacheront mieux. La seule solution pour les policiers d'intervenir sera de faire des espèces de souricières ! Je crois qu'on a mieux à faire de l'argent public.

Ainsi, avec votre texte de loi, vous mettrez en danger des filles parce qu'elles se cacheront mieux.

Vous êtes totalement déconnectés de la vraie vie, disais-je, et vous voulez imposer vos valeurs morales à d'autres alors que vous ne représentez que 5 ou 10% de la population. Pour se faire, vous utilisez des sondages bidons et c'est lamentable. Et ça donne ce genre de titre : « Prostitution : 73 % des Français pour la responsabilisation des clients ». Le procédé est immonde. On lit dans détail que seuls 22% veulent pénaliser, sans probablement avoir réfléchi au dossier.

Vous êtes totalement déconnectés de la vraie vie, répétais-je. Vous vivez dans un milieu de militants intellectuels très présents sur le net mais vous n'avez absolument aucune idée de ce qui se passe dans certains milieux. Comme je le disais dans mon précédent billet, venez donc dans les bistros de mon quartier, après 20h30 et vous verrez des femmes prêtes à tout pour un verre. C'est le quotidien de milliers, de millions de Français et dans votre lutte, vous oubliez les marginaux... qui sont pourtant plus nombreux que les féministes. Vous êtes ignobles. C'est moi, l'immonde macho, qui va protéger ces filles, ces femmes de la vraie vie, en leur payant leurs derniers verres pour leur éviter de faire des conneries.

La palme des commentaires, chez Elooooody, revient à celui-ci : « Ensuite, on peut parfaitement comprendre qu'elles préfèrent être putes plutôt que caissières de supermarché, elles gagnent en quelques heures 3, 4, 10 fois plus et ce n'est pas plus chiant que d'être harcelée, coincée et pelotée dans les coins tous les jours par un chef de rayon. Mais si on leur offrait un salaire décent dans des conditions de travail correctes, elles ne pratiqueraient pas cette activité "par choix", elles seraient bien contentes de ne pas se trouver à devoir faire un tel choix, justement. »

Outre le fait que je préférerais passer mes journées à baiser qu'à passer des produits devant des lecteurs de code barre, il est évident que le monde irait mieux si les salaires étaient plus élevés. Il faudrait aussi s'occuper de ceux qui n'ont pas la chance de trouver du travail de caissière.

Vous êtes complètement déconnectés de la vraie vie, crois-je avoir déjà dit.

On pourrait dire que ce n'est pas grave. Mais c'est grave : vous donnez aux Français l'impression que la gauche s'occupe de n'importe quoi. Elle fait des taxes et empêche les citoyens d'aller se faire sucer. Vous êtes mortifères.

Bien cordialement,
Nicolas

Chers lecteurs, vous pouvez maintenant relire le texte des 343 qui sont 19 en sautant le titre et la dernière phrase. Vous pouvez signer. Ne le dites à personne, la gauche morale vous tomberait dessus.

25 octobre 2013

Abolition de la prostitution ?

J’ai un peu connu une jeune prostituée venant d’un pays de l’est. Elle habitait dans le quartier et passait souvent dans le bistro (je ne vous dirai pas lequel…) vers 20 heures avant d’aller au boulot. Le patron nous disait qu’elle passait aussi à 5h30, en rentrant du boulot, pour boire un coup et lui faire une gâterie. J’ai deux bons copains, maintenant un peu âgés, qui se vantaient d’aller occasionnellement « aux putes ». J’avais un copain de bistro homosexuel qui se prostituait et aimait (il faisait des gâteries aux chauffeurs de taxi, une fois j’ai eu honte puisque quand il a fait sa proposition, j’étais dans la voiture). Il venait au bistro, de temps en temps, pour retrouver une ambiance plus normale que les milieux qu’il fréquentait pour trouver des clients. Quand je faisais mon service militaire, en 88 et 89, j’amenais parfois les jeunes appelés dans les quartiers chauds pour leur prouver que « ça » existait. Je n’ai jamais été client.

Voilà cette introduction à peine graveleuse pour vous dire que je ne connais pas grand-chose au milieu de la prostitution. Il n’empêche que tout m’intéresse, d’autant que mon billet de ce matin portait sur la gauche morale. Il y a des gens essentiellement à gauche qui mènent des combats mais je me demande s’ils ne sont pas contre-productifs.

J’ai reçu un mail pour me prévenir que www.abolition2012.fr lance une campagne : « 30 jours d'actions contre les violences sexuelles et sexistes ! 30 jours d'actions pour abolir le système prostitueur ! »

Je me suis intéressé. J’ai commencé à lire mais j’ai eu une crise de rire en voyant une de leurs exigences : « 3. la mise en place de véritables alternatives à la prostitution. » Je me demandais s’ils pensaient à la masturbation ou à une sorte de trayeuse électrique. C’est mal, je sais. D’autant que la suite du communiqué de presse donne des explications : les alternatives sont pour les prostituées ! Andouille que je suis.

Je n’ai pas trouvé en ligne le communiqué de presse que j’ai reçu aujourd’hui. Je vais en diffuser quelques extraits mais pas pour en faire de la publicité. Je n’ai pas d’avis sur le sujet. François Hollande, au cours de sa campagne, s’était engagé avec eux.

Mon avis en partage

L’abolition de la prostitution, qui revient à la pénalisation du client, nuira aux travailleuses puisqu’elles seront obligées de se cacher encore plus et seront donc plus loin des différentes personnes capables de les aider.

Leur réponse

Ils estiment que ma position est un non sens (en aparté : si vous faites du militantisme politique, n’agressez pas les gens en leur disant qu’ils pensent n’importe quoi. Sacré gauche morale !).

« Chaque jour, des clients prostitueurs tentent d'obtenir par la force ou par la pression financière des actes sexuels sans préservatifs ou des actes sexuels que la personne prostituée refuse. Lorsque ces mêmes clients prostitueurs seront sous le coup de la loi pour le simple fait de solliciter un acte sexuel tarifé, alors pour la première fois, les personnes prostituées pourront soit accepter l'acte sexuel tarifé dans le respect des conditions qu'elles auront fixé et ainsi ne pas dénoncer le client, soit menacer de dénoncer le client prostitueur qui tenterait de déroger à leurs conditions. »

Mon avis sur la réponse ? J’ai beau tourné ça dans ma tête, je trouve cet argument surréaliste. Un type se promène dans la rue. Une fille lui propose une passe avec préservatif. Ils se mettent d’accord sur le tarif. Ils montent dans la chambre. Le type exige un rapport non protégé. Comment va-t-elle le dénoncer ? En outre, un rapport sans consentement mutuel à propos des conditions est d’ores et déjà un viol.

Je n’ai pas cité le début de l’argumentaire. Je vais le résumer (il est trop long pour un billet de blog, ils n’ont qu’à organiser eux-mêmes leur communication…). La répétition d’actes sexuels imposés ne serait-ce que par la précarité est une violence avec des dommages avérés. On est d’accord. Seul le recul de la prostitution peut les limiter. On est d’accord. Et là, ils concluent, juste avant le passage que j’ai cité : « Mais aussi parce qu'en transférant pour la première fois dans l'Histoire française la pression pénale des personnes prostituées vers les clients prostitueurs, l'inversion de la charge pénale s'annonce comme la mesure pragmatiquement la plus protectrice des personnes qui demeureront dans la prostitution. »

Quand quelqu’un utilise le mot « pragmatique », je me méfie toujours. D’ailleurs, il m’arrive de l’utiliser quand je suis sûr de moi… En l’occurrence, ils n’ont rien démontré mais on dit que j’avais « pensé un non-sens ».

Ce que je retiens de tout ça, c’est qu’une prostituée pourra dénoncer les clients qui la violentent. C’est important. Mais disons le clairement : si une femme ne peut pas porter plainte contre un fumier, actuellement, c’est parce que la prostitution est « interdite ». Il faut diminuer les violences faites aux femmes donc supprimer les lois relatives à la prostitution pour que les femmes puissent porter plainte pour viol.

Ce qui ne résoudra pas l’autre violence : celle de devoir subir des rapports sous la contrainte, soit de la précarité, soit d’un proxénète. Mais tout l’argumentaire est introduit par « Stop à la désinformation : la pénalisation des clients est la mesure pragmatiquement la plus protectrice ! Le principal et dernier argument des opposants à la pénalisation des clients prostitueurs consiste à dire que celle-ci accroîtrait la violence à l'encontre des personnes prostituées, et aggraverait l'atteinte à leur santé. C'est un non-sens ! »

Or rien n’a été démontré. La pénalisation des clients fera qu’ils ne pourront plus aller voir s’il y a moyen de tirer un coup. Les prostituées se cacheront et changeront de mode de racolage pour rassurer les clients potentiels.

Les policiers ne pourront plus faire leur travail. S’ils veulent arrêter des clients, ils seront obligés de monter des opérations d’envergure avec des fausses prostituées, le tout avec une énergie et une dépense folles qui serait mieux utilisées à chercher les proxénètes.

Allons plus loin… Avant de revenir.

La première recommandation

« I- L' inversion de la charge pénale : une exigence de justice et de protection des femmes !
1- Abrogation du délit de racolage qui, depuis 1939, pèse injustement sur les personnes prostituées alors que sa rédaction permettrait d'interpeller les clients prostitueurs.
2- Création d'un délit sanctionnant tout achat d'un acte sexuel pour mettre fin aux droits des hommes à imposer un rapport sexuel par l'argent. »

Je suis absolument d’accord avec la première partie du premier point : il faut abroger le délit de racolage. Pas la suite : « pèse injustement sur les personnes prostituées ». Bah ! Je vais le leur laisser. Il n’empêche. Imaginez que le cannabis soit en vente libre mais qu’il soit interdit d’en acheter… « alors que sa rédaction permettrait d'interpeller les clients prostitueurs » ! Non… Les prostituées seront obligées de mieux se cacher pour protéger leurs clients, qu’elles fassent de la prostitution volontairement ou imposée, par la précarité ou des fumiers.

Quant à la deuxième partie, elle est le principal objet de la campagne mais elle est en contradiction avec l’argumentaire précédent, ce que j’ai déjà dit.

J’ai dit aussi que j’étais totalement d’accord avec l’idée d’abroger le délit de racolage. En fait, c’est faux. Je demande l’avis de la police, c’est-à-dire des gens qui sont en charge de lutter contre le proxénétisme, ce qui me parait indispensable pour lutter contre une des sources de violence faites aux femmes. L’abrogation du délit de racolage leur permettra-t-il de continuer à faire leur métier ? J’ai un doute.

Les autres recommandations

La deuxième porte sur l’arsenal législatif contre le proxénétisme. Je suis d’accord.

La troisième porte sur les alternatives à la prostitution. Elle est en deux volets.

« Lancement d'un plan Marshall pour les alternatives à la prostitution et financement d'un accompagnement social global (« exit programmes », formation, reconstruction personnelle, logement, santé, accès à l'emploi...) » Je suis d’accord mais il ne faut pas appeler ça « alternative à la prostitution » mais « programme de sortie ».

« Mise en place d'un partenariat de confiance « Etat, association, personne prostituée » pour octroyer un titre de séjour aux personnes étrangères qui ne peuvent pas dénoncer leur proxénète (peur des représailles, menaces sur la famille au pays) mais qui ont effectivement rompu avec le milieu prostitutionnel et s'engagent dans un programme de sortie de la prostitution. » On est d’accord aussi mais je l’aurais formulé autrement. Du genre : si une étrangère sans papier arrive à sortir de la prostitution, lui donner des papiers pour lui éviter des emmerdements supplémentaires ce qui nécessite que l’Etat fasse confiance aux associations.

La quatrième recommandation porte sur la prévention. J’aurais tendance à être d’accord mais j’ai un sérieux doute sur l’efficacité. Si une fille – ou pas, d’ailleurs, on l’oublie un peu – n’a rien d’autre pour assurer sa subsistance (ou payer ses études), je ne suis pas persuadé que la prévention l’aide beaucoup.

Ce que j’en retiens

Qu’il faut dépénaliser la prostitution pour faciliter la défense des prostituées qui se font réellement violer par un client (et aussi pour incarcérer les violeurs). Qu’il faut lutter contre le proxénétisme. Je le savais. Qu’il faut aider les filles à s’en sortir. Qu’il faut lutter contre la précarité. Je suis un blogueur de gauche et tout ça : je sais.

Je n’ai pas un seul argument en faveur de la pénalisation des clients. C’est dommage de lancer une campagne dans ces conditions. Je sors renforcé dans mes positions après l'étude du communiqué.

Faites gaffe...

07 décembre 2011

Abolition de la peine d'amour

« La nécessité d’abolir la prostitution fait débat dans la société, pas à l’Assemblée nationale. Hier, les députés, à l’appel de tous les présidents de groupe, gauche et droite confondues, ont voté une résolution reconnaissant officiellement «la position abolitionniste de la France». » (source)

Les députés semblent unanimes : ils feraient mieux de lire les billets de mes confrères mais néanmoins amis tauliers des blogs Intox2007 et Lyonnitude(s). Cette loi fait suite à un rapport parlementaire dont j’avais parlé en début d’année, de même qu’Olympe, d’ailleurs, l’avis d’une femme me semblant plus précieux que celui d’un homme…

A l’époque de ce débat, une majorité de mes interlocuteurs étaient comme moi, contre cette mesure, et je ne vais pas refaire, maintenant, un argumentaire qui ne serait que du rabâchage : pour vous forger une opinion, lisez les trois billets que je viens de signaler.

Ainsi, j’en arrive à me demander comment des députés en viennent en défendre ce texte à la quasi unanimité alors qu’il semble qu’une partie des français ayant un avis sur la question y soient opposés.

Un petit tour par lesite de l’Assemblée Nationale pour voir le compte rendu des débats…

Les propos sont de Danielle Bousquet qui défend « la proposition de résolution abolitionniste de la prostitution » (on n’en est pas encore à la pénalisation des clients), députés PS du 22…

« Il s’agit de réaffirmer que les principes de l’abolitionnisme, officiellement adoptés par la France, doivent être proclamés haut et fort, à une époque où la prostitution semble se banaliser en Europe. »

Ah ! On va d’emblée vers une législation contraire aux pratiques européennes. D’ici qu’une agence de notation de la prostitution nous retire notre AAA de baise.

Bon ! Vous êtes assis ? Parce qu’on est quand même la pour rigoler.

Je continue à citer : « Tout doit être mis en œuvre pour proposer des alternatives crédibles à la prostitution. »

Vous avez donc le choix. Pour ma part, je vois trois alternatives à la prostitution : le mariage (ou le concubinage), la branlette et le viol.

« Nous avons rencontré plus de deux cents personnes, dont une quinzaine de personnes prostituées ou s’étant prostituées. »

Tu parles d’un boulot ! Faire un rapport sur la prostitution en interrogeant 15 prostituées ou ex et 185 personnes à peine concernées (je suppose qu’il s’agit de féministes en peau de lapin, de fonctionnaires de police, de bénévoles bien-pensants, de psychomachin, de toubib…)

« Nous nous sommes ainsi rendus en Belgique, aux Pays-Bas, en Suède et en Espagne. Nous avons pu voir, je le souligne, toute la mosaïque des réponses apportées à la prostitution, depuis la zone industrielle de La Jonquera, de l’autre côté de la frontière espagnole, où se concentrent certains des plus grands bordels d’Europe, jusqu’aux rues de Stockholm, en passant par les quartiers rouges de Bruxelles et de La Haye et les puticlubs de Madrid. »

On appelle ça du tourisme sexuel, non ? (smiley, les gens). Toujours est-il que j’aurais voulu avoir la liste des réponses apportées à la prostitution plutôt que des déclarations d’intention.

« Accepter, voire promouvoir, l’existence d’une sous-classe de femmes qui n’auraient pas les mêmes droits que les autres contrevient absolument à l’affirmation de cette égalité. »

Voir le billet d’Olympe… Je me demande si les femmes de ménage que je croise tous les matins au bureau (leur boulot est de faire le ménage avant que j’arrive pour que je puisse être peinard) ne se sentent pas plus dans une sous-classe de femmes que les prostiputes…

« Ces personnes prostituées sont le plus souvent exploitées par des réseaux. »

Oui, les femmes de ménage de mon bureau sont exploitées par une société privée qui fait du bénéfice sur leur dos.

« Quand la société considère que le corps des femmes peut être une marchandise comme une autre, il n’est pas possible de penser les rapports entre les femmes et les hommes de manière égalitaire. »

Voir le billet d’Intox2007 : la prostitution n’est pas exclusivement féminine (il dit plein d’autres choses passionnantes, par exemple à propos de la prostitution des étudiants qui sont obligés de se prostituer pour payer leurs études, l’alternative étant d’arrêter les études… D’ailleurs Madame Bousquet l’évoque).

« Si la prostitution peut sembler lointaine, si, pour certains, elle n’est pas un problème, c’est parce que nos proches y sont rarement impliqués. La banalisation actuelle de la prostitution chez les jeunes, qu’ils soient lycéens ou étudiants, à une époque où la précarité s’aggrave, devrait pourtant interpeller tous les citoyens. »

Oui, et ? On fait quoi ? On augmente les impôts pour donner un revenu aux étudiants ?

« C’est pourquoi il faut expliquer aux enfants, dès leur plus jeune âge, qu’une personne ne peut être ni achetée, ni vendue, ni exploitée. Car, dans nos sociétés, les garçons continuent d’être socialisés de manière à devenir de potentiels clients de la prostitution : l’usage de la pornographie, l’image des femmes, la banalisation des établissements de « commerce du sexe » y contribuent. »

Ah ! Nous y voila… Un de ces jours, on va aussi interdire la pornographie. Puis l’érotisme. Puis les films sentimentaux ?

« Voter la résolution que nous vous proposons, mes chers collègues, c’est vouloir que la France, sans régir les comportements des individus, affirme un certain nombre de valeurs collectives, comme le refus d’organiser et de promouvoir la marchandisation des êtres humains, comme l’égalité entre les femmes et les hommes, comme le respect de soi et de l’autre. »

Ah ! Non ! Nous y voila vraiment : il s’agit donc uniquement d’une position de principe…

Tout ça pour ça…

15 avril 2011

Prostitution : la loi n’est pas faite pour imposer un code moral

« Personne jamais n’a pu éradiquer la prostitution. Pas plus que la drogue. Le seul moyen serait un Etat fasciste, et encore. Les humains étant les mêmes partout, ce qui existe continuera à exister. Il est préférable de donner aux prostituées un cadre légal, des garanties sanitaires, de sécurité et d’indépendance, et d’aider celles qui veulent en sortir. Et n’oublions pas que le proxénétisme est à 40% pratiqué par des femmes. En effet les proxénètes sont répartis en 60% d’hommes et 40% de femmes. Pas la peine de traiter à longueur d’année les hommes de criminels, de salauds, de viandards, et j’en passe.

Ce projet, par la virulence de l’attaque contre les hommes, par les imprécisions voire les mensonges qu’il véhicule, est dangereux pour la démocratie. Il montre la volonté de passer en force. Il généralise et amalgame. Que l’on défende mieux les prostituées victimes de réseaux mafieux, certainement. La traite des humains est inacceptable. Pour le reste laissons les gens vivre leur vie librement s’ils sont consentants. La loi n’est pas faite pour imposer un code moral, mais pour poser une limite aux comportements qui ne respectent pas les choix de l’autre. »

C’est la conclusion de ce très intéressant billet du blog de la Tribune de Genève à propos du projet en cours, en France, de pénalisation des clients des prostitués (lien fourni par DF en commentaire chez DG).

A lire également, l’avis d’Olympe et l’anecdote du Coucou.

On attend l'avis d'Yann qui est visiblement parti se forger un avis après le KdB d'hier, de même que Gularu qui est parti bien tôt...

14 avril 2011

Allons au bois

Selon Le Parisien, « arrêté le 4 avril à Paris,Henri Botey, l’une des figures historiques du quartier Pigalle, est aussi le parrain de Marine Le Pen, la présidente du FN. »

C’est ballot ! Vous pourrez donc expliquer à Didier Goux qu’on ne choisit pas sa famille (ni son parrain), ce que ne démentira d’ailleurs pas BRP.

Pendant ce temps, voilà Romain qui me demande, ainsi qu’au Coucou, ce que je dois penser de la pénalisation des clients des prostituées.

Je suis contre, nos policiers sont déjà occupés à verbaliser les petites dames habillées en burqa. S’ils doivent, en plus, arrêter les braves gens qui viennent se faire éponger (je viens de trouver pourquoi Yann vient souvent à Paris…), ils n’auront pas le temps de faire souffler Gularu dans le ballon pour vérifier qu’il n’a bien bu que des boissons autorisées.

Je vais répondre sérieusement à Romain : je suis d'accord avec lui. La pénalisation de la fréquentation des prostiputes est une erreur et ne résoudra rien. Au contraire, elle ne fera qu'encourager les réseaux clandestins.

Je passe le relai à des habitués des bordels : Olivier P., en tant que client, Matf - anus, en tant qu'hurlant, Fidel Castré, en tant qu'eunuque, et Minijupe.

01 septembre 2010

Zahia se lance dans la télé réalité

C'est ce que nous dit cet article de l'Express. Il y a trois mois, il fallait s'apitoyer sur son sort et taper sur les méchants qui s'adonnaient à la prostitution sur une mineure ce qui n'est pas bien mais on est humain.

Ca lui a fait de la publicité et elle va gagner un maximum d'oseille : un à deux millions, d'après l'article, excusez du peu, juste pour faire des conneries dans le poste. A ce prix là, je veux bien me prostituer aussi. Mais je suis probablement moins baisable que la petite dame.

20 avril 2010

Govou - Ribéry : impairs et passes

3 minutes d’attente et 7 stations de métro : j’avais terminé la lecture et les mots fléchés de mon quotidien gratuit ce matin. Il faut dire que le sujet du jour était l’histoire de Govou et Ribery et de leurs prostitués mineurs, ce dont je me fous à un point que je vais en faire mon billet du jour, n’ayant rien d’autre à me mettre sous la dent. Il faut dire que j’ai trouvé le titre du billet au court de la dernière partie de mon trajet : je refuse de gâcher un titre potable.

Je vais néanmoins vous raconter la suite de mon trajet. J’ai commencé par consulter l’application iPhone du Parisien (voir l’illustration) : tout sur le bordel aérien. Faisons une minute de silence pour les gens qui sont dans la merde et les compagnies aériennes qui perdent de l’oseille. J’ai ensuite consulté l’application du Monde (voir aussi l’illustration, mais de l’autre côté). Aucun des sujets ne me donnaient envie.

Alors, comme souvent, j’ai laissé mon esprit vagabonder dans ce métro tellement vide, en période de congés scolaires, qu’aucune fesse de jeune fille n’a pu détourner mon regard d’une morosité printanière.

Je me suis alors souvenu de la soirée d’hier, avec le gros Loïc (voir encore l’illustration, en bas, mais si vous n’arrivez pas à distinguer la photo du gros Loïc, de la une du Parisien ou du Monde, je ne peux plus rien pour vous).

Je lui avais raconté certains des twits que j’avais vu passer un peu avant, de type « Pour une fois que des gars de l’équipe de France réussissent des passes. » Lui s’était foutu de ma gueule puisque pendant un temps, il m’appelait Govou car il n’arrivait pas à se rappeler de mon nom. Après on a déconné sur les affaires qui avaient touché Ribéry, depuis les faux électeurs du 5ème arrondissement. Enfin, le gros a réussi à imiter Ribéry faisant une prière sur le terrain de foot (je rappelle à mes aimables lecteurs que Ribéry s’est converti récemment à l’Islam).

Au moins quand nos personnalités politiques sont touchées par des scandales de cul, ça fait rire Twitter et les bistros… Même combat ! On prend bassement de la hauteur. Que la justice fasse son boulot, que les éventuels types qui organisent des réseaux de pédophilie, avec des mineures, en plus, soient durement punis et que les clients prennent des baffes !

Patron, remets nous une tournée.

Il n’empêche qu’il y a un mois, on reparlait des maisons closes. Ca n’est peut-être pas un des sujets les plus importants mais quand je vois qu’une pitoyable histoire de prostitution arrive à faire la une de Métro, je me demande si une réflexion plus poussée ne doit pas être menée.

Je me demande ce qu’en pense Jean-Luc Mélenchon. Mais ne Mélenchon pas tout.



18 mars 2010

Closes, toujours !

Chantal Brunel, député UMP de Seine-et-Marne, va déposer une proposition de loi pour permettre la réouverture des maisons closes.

« On peut imaginer qu’elles se regroupent à plusieurs, à l’image des cabinets de professionnels, comme les experts comptables ». Je ne sais pas si l’image est bien choisie. A priori, un expert comptable n’a rien de bandant mais il y a peut-être expertcomptablephiles.

59% des Français y sont favorables. Essentiellement des hommes.

« On estime qu’entre 20.000 et 30.000 prostituées proposent leurs services en France. 80% seraient d’origine étrangère. » Ah ! Quand j’étais consultant, j’étais bien Français…

Françoise Gil est « sociologue et membre de l’association Femmes de droit/Droits des femmes ». Elle est contre l’ouverture des maisons closes.

« Si Françoise Gil se positionne contre la réouverture des maisons closes, elle soutient l’autorisation des maisons ouvertes, lieu regroupant des prostituées mais sans proxénète ou responsable. Il suffirait pour cela "d’abroger l’article de loi pénalisant le racolage", et non d’autoriser l’ouverture de lieu dédiés aux services sexuels. »

Des maisons ouvertes contre les maisons closes ! Un nouveau match ?

Tout ce que je sais, c’est qu’il faudra renforcer la sécurité en ajoutant des caméras de vidéosurveillance. Ou tourner un film de série B.