En salle

20 janvier 2014

Gouvernés par des clowns ?

« Mais visiblement, ils sont plus occupés par leur caleçon que par la situation des citoyens qu'ils disent servir. Ca fait 10 ans qu'on est gouvernés par des clowns et j'en ai ma claque. » Ainsi se termine le billet de ma copine Fiso qui donne son avis après avoir vu l'émission de Taddeï où des braves gens débattaient de la vie privée des présidents.

Je ne vais pas évoquer le sujet à nouveau. C'est à propos du gouvernement pendant dix ans par des clowns que je souhaite lui répondre. Ça ne fait pas dix ans mais ça date de la nuit des temps. Je ne remonterai pas jusqu'à la préhistoire. Commençons à la révolution. Pour imposer la République (je fais court, pas historique), les clowns d'alors mirent en place un État très fort et tentaculaire. Tout était dirigé depuis Paris avec du personnel aux bottes dans tout le territoire.

On a décidé, à cette époque, que l’Etat pouvait tout. Du coup, on attend tout de ceux qui nous gouvernent.

Faisons un bond dans l'histoire. Après la guerre, les clowns ont créé la sécu et tout ce qui va avec. Je ne critique pas le fond mais la forme. On s'est retrouvé avec de nouveaux organismes tentaculaires ne dépendant plus de l'Etat mais des partenaires sociaux. Ce n'est pas anodin, le budget de ces machins est supérieur à celui de l'Etat.

Allons faire une virée vers les années 60, vers la fin des 30 glorieuses. On s'est retrouvé avec tout un tas de trucs gérés par des syndicats et des hauts fonctionnaires : tout le secteur public. D'un autre côté, on avait une industrie forte et un pouvoir politique à la ramasse mais fort : la France était une grande puissance, on faisait la guerre partout, on avait des colonies (enfin, peu de temps avant...). L'Etat finançait la guerre, les grands travaux,...

Un jour, un clown avec un gros nez a dit : on va faire l'élection du chef au suffrage universel. Ce n'est pas anodin : les Français votent pour un gugusse, lui filent les clés de la boutique et retournent au bistro,...

Le problème avec internet c’est qu’on a l’impression de pouvoir lui donner des consignes en tweetant depuis le comptoir avec son smartphone.

N'ayant plus trop de guerre à faire, le pouvoir politique s'intéresse à la France. Mais c'est désespérant. Tout est régi par des hauts fonctionnaires.  Tiens ! Le préfet du département de la Seine est quasiment le type avec le plus de pouvoirs en France. Du coup, les clowns sont obligés de casser son département en quatre pour lui faire fermer sa gueule. C'est amusant : il a fallu 50 ans pour qu'on envisage de revenir en arrière...

Après, il y a eu mai 68. Les événements ont peu d'importance, c'est la date qui est symbolique. La libéralisation de la société. Les clowns d'alors se mettent au goût du jour. Ils font des lois pour dire que le racisme c'est mal et pour autoriser l'IVG. C'est aussi amusant : 40 ans après on a des nouveaux réacs qui mettent tout ça en cause.

En 1981, des nouveaux clowns arrivent au pouvoir mais ils se rendent compte que tout l'appareil d'Etat est aux ordres de fonctionnaires plutôt du camp d'en face. Tonton, le chef des clowns, dit alors : on va faire la retraite à 60 ans pour virer les vieux fonctionnaires puis la décentralisation pour donner moins d'importance à l'appareil d'Etat puisque ce dernier finit toujours par se retrouver aux mains de lascars de droite. Pour se faire, il s'entoure de jeunes prometteurs issus de la promotion Voltaire de notre école nationale d'administration.

Les années passent, les clowns passent de droite à gauche et de gauche à droite mais, en 1997, le chef des clowns constate qu'il ne plus rien faire, la crise économique dure, c'est la merde.

Comme si un clown était là pour faire quelque chose. D’un autre côté, la dissolution nous a bien fait rigoler.

Donc, le clown fait la dissolution pour avoir de l'air mais, pas bol, ce sont les clowns d'en face qui gagnent. Ce n'est pas la première cohabitation mais c'est la seule longue en période de reprise économique.

Le clown de Matignon fait une belle politique qui plait bien à ses électeurs : les 35 heures. Mais il privatise un peu trop et dit des conneries comme : "l'Etat ne peut pas tout" ou "mon projet n'est pas socialiste". C’est mal.

Les deux clowns de l'époque se disent "bon une page est tournée, on va faire le quinquennat". Et nous voila quasiment dans les 10 ans…

En 2002

Les deux clowns d’avant participent à l’élection pour la succession mais l’un d’entre eux, le clown de gauche, n’a pas trop de bol. A force d’avoir dit des bêtises, il n’est pas présent au deuxième tour. Le clown de droite se retrouve donc face à un type encore plus à droite. On se croirait en 69, ce numéro devrait plaire à Fiso. Bouleversement et tout ça.

Toujours est-il que le clown de droite se succède à lui-même. Il est formé à l’ancienne école, avant le quinquennat et laisse ses sous-clowns gouverner. Appelons-les Raffarin et Villepin, pour l’exemple. Ils succèdent à Jospin, le clown de gauche d’avant et font le job. Ils gouvernent. Mais n’importe comment.

Ils commencent par nommer à des ministères importants des personnes issues de l’industrie et pas du tout politiques. D’ailleurs, le deuxième clown, Villepin, n’est lui-même pas vraiment un politicien : il n’a jamais été élu. C’est un gars issu de la grande école d’administration que je citais, de la promotion Voltaire avec les bébés utilisés par Mitterrand, le clown de 1981… Il ne s’est jamais battu sur le terrain auprès des électeurs.

En 2007

Le vieux clown de droite prend sa retraite et c’est un jeune clown de droite qui prend sa suite. Il est élu haut la main. Appelons-le Sarko, pour cette belle histoire. C’est le premier clown qui commence le cirque avec un quinquennat. Les députés seront élus pour la même période que lui. Du coup, contrairement au vieux clown, il se met à gouverner lui-même et le peuple s’y habitue.

En 2012

Un nouveau clown est élu et la clique de clowns d’avant est balayée mais le peuple il aime bien que le clown en chef se montre et gouverne.

Reprenons

Il y a en France deux camps politiques principaux. La droite et la gauche. La droite a quasiment toujours tout dirigé. Mais la droite est dite conservatrice. Elle ne veut pas faire bouger la société. Elle est gestionnaire. Mais à partir du moment où elle n’a plus de raison de faire la guerre, elle s’ennuie un peu, elle commence à faire bouger la société. Du coup, c’est la gauche qui a gagné. Elle est dite progressiste et a un projet de société.

De fait, la droite n’a pas de projet. Elle veut gérer. Elle veut relancer l’économie et faire des machins mais sans projet.

Dans cette histoire, j’ai loupé deux étapes.

Il y a d’abord la mondialisation (et l’Europe). Non seulement, le pouvoir économique n’a jamais été dans les mains de l’Etat mais en plus, il échappe complètement à la France. Ensuite, il y a eu les progrès technologiques qui ont permis une modification de l’information au public. On a eu les radios libres, puis les télés du même métal puis internet.

L’Etat n’a aucun pouvoir sur l’économie mais la succession de clowns ont profité dénouvomédias à des fins électorales faisant croire obompleuple qu’il dirige, qu’il gouverne, qu’il a des gros pouvoirs, qu’il va sauver le monde. Du coup, les Français sont persuadés qu’il est important.

Prenons un exemple au hasard. Le clown qui venait de l’école d’administration, la même promotion que notre clown en chef actuel, il a dit un jour : pour sauver l’emploi et casser le chômage, on va faire le Contrat Première Embauche pour les jeunes. C’est un bel exemple de n’importe quoi. La droite a dit : c’est bien. La gauche a dit : c’est mal. Le machin est voté puisque les clowns de droite sont majoritaires. Mais le peuple dit aussi : c’est mal. Alors le clown en chef dit : ah oui, c’est vrai c’est mal. Un nouveau type de contrat de travail ne servira pas à créer de l’emploi alors ils font une nouvelle loi en urgence pour supprimer ce machin, nouvelle loi complètement abrutie mais peu importe.

Un des clowns suivants a dit : pour résoudre le chômage, il faut de la croissance. Allons chercher la croissance avec les dents.

Toujours est-il que ça fait quarante ans qu’on est en crise économique et qu’on entend ce genre de connerie alors qu’on sait très bien que ce n’est pas l’Etat qui nous sortira de la crise économique. Mais, à droite, ils sont étatistes : ils sont pour l’ordre, la grandeur de la France et tout ça. A gauche, ils sont antilibéraux. Du coup, personne ne peut dire : « l’Etat ne peut pas tout ». Un clown l’a dit, il a été balayé.

Gouvernés par des clowns

Oui. Par des clowns qui nous disent : on va vous sortir de la crise. Et on fait la connerie d’y croire.

Le jour où l’on n’y croira plus, on ne sera plus gouvernés par des clowns.

Cela étant, le président de la République peut bien tirer des coups comme il veut. Le président de la République a pour boulot de présider la République. La Constitution nous dit : « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'État.  Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités. » « Le Président de la République nomme le Premier ministre. » « Le Président de la République promulgue les lois dans les quinze jours qui suivent la transmission au Gouvernement de la loi définitivement adoptée. » « Le Président de la République est le chef des armées. »

J’aimerais bien qu’on me dise à quel endroit de la constitution il était indiqué que le président gouverne. Il y a un clown qui a dit, il y a cinquante ans : on va faire l’élection du président au suffrage universel. Du coup, on a des candidats. Ces candidats ont un programme mais, une fois qu’ils sont élus, ce n’est pas leur job de le faire appliquer. Du coup, ils font les clowns.

Ca fait cinquante ans qu’on se ment…

Ceci n’est pas un billet historique, j’ai fait des raccourcis (j’ai même refait l’histoire de 81 sur la base d’une chronique que j’ai lue hier). Ceci n’est ni un billet libéral ni un billet contre les fonctionnaires. C’est un billet contre la cinquième et pour la réorganisation de l’Etat. C’est un billet pour la « déconcentration » ou la « décentralisation » (non pas nécessaire au sens géographique habituel mais dans le sens où les élus doivent reprendre la main sur les actions des pouvoir publics).

Il est un tantinet libéral néanmoins : l’Etat ne peut pas tout. Quand on l’aura admis, on ne sera plus obligés d’avoir des clowns pour nous gouverner. C'est un billet antijacobin, probablement.

19 janvier 2014

Mélenchon dans ses œuvres et la décentralisation

Je regarde très rarement la télévision et je ne connais donc pas bien les prestations de Jean-Luc Mélenchon sur un plateau. Je suis tombé sur lui vers 12h30 alors qu'il était invité de France 3. Il parlait alors de la réforme territoriale, mon sujet de prédilection. 

Tout d'abord, je confirme l'impression que j'ai en lisant certains textes de mes confrères : il est inutilement agressif avec les journalistes. Mais peu importe, chacun pourra juger. 

Surtout, il n'est pas du tout clair dans sa critique des projets du gouvernement. Le journaliste l'interroge sur la décentralisation et il commence à évoquer les risques liés au transfert de certains pouvoir de réglementation vers les régions. Le sujet me passionne et j'étais très intéressé par son avis que j'aurais très bien pu partager, d'ailleurs. Il y a un risque qu'il faut évaluer de voir les régions adopter des "lois" différentes.

Il a commencé à éructer deux délires successifs, empêchant le journaliste d'approfondir les sujets.

Le premier sur le thème : vous vous rendez compte, on va avoir des régions qui se font concurrence, ma bonne dame. Je reste sur ma faim. Ce sont quoi des régions qui se font concurrence ? Elle ne se font pas déjà concurrence ? Il n'y a pas des coins qui cherchent déjà à attirer des entreprises par une politique en leur faveur. 

Le deuxième sur le thème : on veut nous faire ressembler à l'Allemagne ou à l'Espagne, avec du Fédéralisme, vous vous rendez compte ma bonne dame. Je ne comprends pas qu'il soit si peu pédagogue, qu'il ne cherche pas à expliquer ses positions aux électeurs, comme s'il ne s'adressait qu'à des militants bien au courant de ces sujets. 

Il avait un vrai sujet, qui divise réellement la gauche, il a botté en touche alors qu'il aurait pu être le fer de lance d'un mouvement de gauche contre cette décentralisation ou, du moins, ce "fédéralisme". 

Ensuite, le journaliste l'a interrogé sur la suppression des départements, il est contre mais ne semble pas se rendre compte que François Hollande aussi (je lisais des articles, ce matin, où les auteurs expliquaient que pépère était resté président de Corrèze dans l'âme et ne pouvait donc pas être pour la suppression des départements). Néanmoins son argument était si drôle que je le garde pour la fin. 

Ensuite, le journaliste a parlé des départements de petite couronne. Il me semble que Jean-Luc Mélenchon a admis que la région parisienne était un cas particulier. Néanmoins, il a pris un département au hasard, le mien, le Val-de-Marne, par ailleurs le dernier fief du Front de Gauche en Île-de-France. D'ailleurs, même moi j'ai voté pour le conseiller général sortant, Alain Desmarest, un communiste. 

Mes lecteurs savent pourtant que ce n'est pas ma ligne politique mais je n'ai aucune raison de virer des gens qui font bien leur boulot et de vouloir piquer un fief au PC. Pour les prochaines élections, on verra... 

Toujours est-il que dans son argumentation contre la fusion des départements de petite couronne, Méluche expliquait qu'il y avait des zones rurales dans le Val-de-Marne et qu'elles n'avaient rien à faire avec Paris. Je me demande s'il sillonne souvent notre département... On y trouve assez peu de vaches et, au prix où est le m2, les paysans doivent être millionnaires. 

Pour finir, son argument contre la suppression des départements : ils ont été faits de manière à ce que la préfecture puisse être jointe en une journée de cheval. Il ne faut pas que ça change. 

Je n'invente rien. Les électeurs seront ravis d'apprendre qu'ils mettront moins d'une journée pour aller à la préfecture à cheval car Jean-Luc Mélenchon va s'y opposer. 



Envoyé de mon iPhone

Jean-François Copé respecte-t-il les élus locaux ?

Je vais rester poli avec Jean-François Copé, il vient de perdre sa grand-mère de 105 ans. J'ai aussi beaucoup de peine quand j'égare des vieux trucs. Toujours est-il que non content d'avoir appelé l'UMP à se ranger derrière Bayrou à Pau, il s'est prononcé pour la réforme territoriale. Il veut le faire à l'occasion d'un referendum six mois après le retour de l'UMP au pouvoir (en 2027 ?)...

Je lui rappelle que tous les referendum sur l'organisation territoriale ont une réponse négative. Voir mon billet d'avant-hier. Les gens ont trop de valeur sentimentale pour leur département. Ce qui est con.

Il est favorable à une fusion des départements et des régions. Je lui rappelle que le gouvernement précédent avait fait une loi dans ce sens. Elle a été annulée par la gauche car elle était totalement ridicule.

Surtout, Jean-François Copé dit : « Au lieu d’élire 6.000 conseillers régionaux et généraux, ils auront à désigner 4.000 élus régionaux fortement ancrés dans leurs cantons. L’économie ainsi réalisée par la réduction des effectifs et des dépenses est estimée à plus de 10 milliards d’euros, selon une étude réalisée par la fondation Ifrap » .

Maintenant, vous prenez une calculatrice. 6000 – 4000, ça fait 2000. 10 milliards divisés par 2000, ça fait cinq millions. C'est mathématique.

Selon Monsieur Copé, le coût d'un conseiller général serait de 5 millions d'euros uniquement pour les frais de fonctionnement (parce que le fond des charges du département, ne bouge pas en fonction du nombre d'élu : verser le RSA, construire des routes, entretenir des collèges)...

Si M'sieur Copé a aussi peu d'estime pour les élus locaux, il ne faut pas étonne qu'il ne soit pas très populaire dans son camp et il ne faut pas s'étonner que la droite ait autant de mal au niveau local.

Bayrou Copé Pau

Jean-François Copé a appelé l'UMP à se ranger derrière François Bayrou pour conquérir la municipalité tenue par la gauche depuis près de 50 ans. C'est de bonne guerre.

2012 : Bayrou soutient Hollande.
2013 : Bayrou se rapproche de l'UDI.
2014 : Bayrou est soutenu par l'UMP.

2015 : Bayrou prend sa carte au FN ?


Cela étant, le PS a fait une connerie, en 2012. François Bayrou ayant appelé à voter François Hollande, le PS aurait pu soutenir sa candidature de député.

18 janvier 2014

Le tweet de @valtrier et les journalistes politiques



Valérie Trierweiler est sortie de l'hôpital aujourd'hui, ce qui a été confirmé par son fils dans Twitter. Bembelly nous informe qu'elle a envoyé son premier tweet :  "Merci du fond du cœur à tous ceux qui ont envoyé des messages de soutien et de rétablissement via twitter, SMS ou courriels. Très touchée".

Pierre Alain estime que c'est une erreur de communication et il en fait un billet de blog (les différents liens sont ci-dessous). Je me demande bien pourquoi. 

Tout d'abord, au cas où elle me lise, je tiens à lui assurer que je suis de tout cœur avec elle, comme avec toutes les personnes concernées... personnellement par cette affaire. Certes, le président de la République peut difficilement avoir une vie privée. Mais, je suis très fatigué de toutes ces analyses à deux balles que j'ai pu lire en une semaine. Les journalistes politiques sont perdus et vont finir par perdre leur job, surtout. C'était un peu l'objet de mon billet de ce matin. Closer nous parlera de la réforme territoriale. 

Dans les blogs réactionnaires, pas tous, dieu soit loué (je dis ça pour leur faire plaisir, dieu peut bien être vendu, dieu peut être donné, surtout s'il ne vaut rien - je vous épargne "s'il ne vaurien"), on a pu lire un certains nombre de propos abjects que je me ferai un plaisir de ressortir quand de l'eau aura coulé sous les ponts. 

Que répondre à Pierre Alain ?

La communication politique est difficile et Twitter génère progressivement de nouveaux codes. Je me rappelle du jour où j'ai reçu un mail de Twitter : vous êtes suivi par @valtrier. Je suppose qu'un conseiller en communication lui avait dit : "t'as qu'à suivre ce gros con, c'est un blogueur zinfluent à la mort moi le nœud, il sera content."  

Ils sont rigolos ces gens. D'un autre côté, je suis followé par @fhollande. J'exige le vouvoiement dans les commentaires dorénavant. Ça me rappelle la fois où à la fermeture du bistro, je n'arrivais pas à finir les mots fléchés. J'avais pris le journal en photo et appelé à l'aide dans Twitter. @vnataf m'avait répondu et j'avais pu finir la grille. En regardant de plus près, j'avais découvert qu'il s'agissait de LA Valérie Nataf. Je ne sais pas ce qui lui a pris de me suivre. Les journalistes politiques sont perdus. 

Bref, quelques semaines après, je reçois un mail : @valtrier vous a unfollowé. Ça m'avait fait rigoler. Plus récemment, j'ai reçu un mail : @vnataf vous a un followé. Elles avaient cru suivre un important acteur de la vie politique dans Twitter, elles sont tombées sur une andouille qui raconte des conneries au comptoir. 

@valtrier devait-elle tweeter ce soir demande Pierre Alain ? Il ajoute presque : ses conseillers en communication sont-ils cons ? L'avantage du blogueur politique sur le journaliste politique est qu'il peut non seulement faire des analyses à deux balles mais aussi s'en vanter. Après tout, j'ai écrit plus sur la réforme territoriale que eux tous réunis. 

Ce qui me fait marrer, c'est qu'un tas de journalistes politiques vont analyser ce tweet. On devrait avoir un article en une sur le site du Figaro. 

Je vais leur expliquer : elle a reçu un tas de messages de soutien. Elle ne peut pas répondre à tous individuellement car il n'y a pas la wifi, car les asticot grattent, à la Lanterne, les fils téléphoniques. Elle a donc envoyé un tweet global avec son iPhone car elle ne voulait pas torpiller son forfait 3G (ou 4G, la question n'est pas là) ayant une semaine de lecture de blogs politiques en retard. 

Si on pouvait passer aux sujets suivants. J'en vois trois. 
1. La réforme territoriale,
2. Le fait que je sois unfollowé par toutes les Valérie,
3. Qui va m'aider à finir les mots fléchés ?

Les journalistes politiques sont invités à reprendre leur travail, dès demain, dimanche, et à nous expliquer exactement ce qu'a dit François Hollande à Tulle, aujourd'hui. 

Je remercie @valtrier pour des remerciements. Et j'invite toutes ces andouilles de journalistes à arrêter les conneries dans l'analyse de ses tweets. Ils ont déjà assez merdé. 

http://bembelly.wordpress.com/2014/01/18/elle-a-tweete-valtrier-agence-france-tweet/

http://pierrealain1970.blogspot.fr/2014/01/le-tweet-de-valerie-trierweiller-une.html


Envoyé de mon iPhone

L'autre semaine où tout a basculé

J'ai ouvert le blog fin 2005, j'ai donc fêté les 8 ans récemment, et cette semaine est une des deux plus étranges depuis cette date. Pensez donc ! On a eu une liaison présidentielle qui a fait parler beaucoup de monde de même qu'une histoire de socialisme de l'offre, de la demande où je ne sais quoi. De fait, on a beaucoup parlé de positionnement politique avec d'éminents blogueurs politiques qui semblent avoir basculé dans l'opposition.

L'autre étrange semaine est celle de mai 2011 lorsque Dominique Strauss-Kahn fut arrêté par la police pour l'affaire que l'on connait. DSK était donné gagnant par beaucoup, pour la primaire comme pour la présidentielle. François Hollande avait déjà commencé sa campagne mais celui qui était alors patron du FMI n'avait pas annoncé sa candidature. Pour ma part, j'avais déjà plus ou moins choisi Hollande pour des raisons politiques... Mais aussi parce que je ne voyais pas DSK à l'Elysée, marre du bling bling... Le plus drôle c'est que j'avais aussi peur qu'il se fasse rattraper par une histoire de cul en étant Président. Avec Hollande, ça ne pouvait pas arriver...

Cette semaine fut très difficile parce que les féministes lui sont tombés dessus bien aidés par ce que l'on n'appelait pas encore la vraie gauche qui ne pouvait pas voir DSK. C'est très drôle, d'ailleurs, à l'époque on les sentait près à soutenir Hollande pour battre l'autre qui passait pour très libéral. Dans mon blog, je me suis mis à défendre Strauss-Kahn : « Hé ho, arrêtez donc ! Pour l'instant, on n'a qu'une femme de ménage qui porte plainte contre le directeur du FMI. De toute manière, sa photo avec les menottes a fait le tour du monde, sa carrière est foutue, alors laissons la police et la justice faire son boulot. » J'ai alors été traîné dans la boue par ces gauchistes de canapé, traité de machiste par je ne sais combien de blogs.

Ca m'a beaucoup fatigué, nerveusement, parce qu'il fallait que je sois sur la défensive en permanence mais je jubilais : j'étais du bon côté, celui de la justice. Les opposants de la vraie gauche au centre gauche et les harpies féministes montraient leur vrai visage : celui de la haine, cette haine que je n'avais jamais croisée ailleurs, à l'époque, notamment parmi les blogueurs réactionnaires que je fréquentais (et leurs commentateurs, surtout, je n'ai pas l'habitude de fréquenter les haineux).

Revenons à cette semaine, un peu avant, même.

Donc, l'affaire Gayet éclate. Je fais un billet pour déconner. Puis l'affaire prend des proportions incroyables (du coups je reste loin du web pendant deux ou trois jours : qu'Hollande se débrouille avec sa bite, hein). Je sors de mon trou mardi, l'affaire continue à faire la une. On voit des débats dans tous les sens, la presse de gauche qui profite de l'affaire pour taper sur Hollande, les mêmes qui nous disent qu'il faut revenir au vrais sujets. On voit des débats sur la vie privée et des débats sur la première dame.

C'est surréaliste ! C'est évidemment de la vie privée. Le président normal a fini son job, à 19 heures, il met son par dessus et prend son scooter pour aller « tirer sa grosse ». On s'en fout, quoi ! Le boulot du président n'est pas de rester 24 heures sur 24 dans un PC de sécurité au cas où la troisième guerre mondiale se déclenche ou qu'une crise économique arrive. En plus, il a un iPhone et son cabinet peut lui envoyer un SMS : « Pépère, reviens, on a besoin de toi ». Cela étant, il s'est fait avoir comme un bleu par une presse à sensation qui est là pour diffuser ce genre de conneries.

Le problème vient d'une presse plus sérieuse. J'aime beaucoup cet « aveux » dans l'éditorial d'Eric Emptaz du le Canard Enchaîné, à ce sujet : « Cette affaire […] concerne et consterne évidemment en premier lieu les intéressés. Mais en passant ainsi par effraction de la sphère privée à la place publique, cette affaire crée aussi un embarras auquel la presse, dont « Le Canard », n'échappe pas ». Paf ! Voila les journalistes politiques qui se croient obligés de parler de cul... Les gars, remettez vous. Cessez cette traque, nigauds !

La conférence de presse

Peu après cette histoire, voilà le président qui tient sa conférence de presse semestrielle. Voila que la sphère s'empare de ces histoires de socialisme de l'offre et de socialisme de la demande. Moi, ça me gave parce que ça relance le débat autour de la vraie gauche.

Une simple recherche Google de « socialisme de l'offre » montre que Hollande et Moscovici en parlent depuis un an (la conférence de presse de fin 2012) et que c'est repris par la presse. On trouve même un article d'Atlantico (canard de droite en ligne) qui s'en émeut sur le thème : « Ah mon dieu, c'était la polique de l'URSS », dès la troisième ou quatrième entrée.

Je vais dire un truc aux journalistes : il m'arrivent, à moi aussi, d'utiliser Google pour savoir ce que j'ai raconté il y a un an. Je pourrais le dire aux militants politiques mais ils racontent leurs conneries bénévolement.

Je vais quand même dire quelques machins politiques :
  • le socialisme n'est pas de distribuer du pognon aux gens pour qu'ils consomment,
  • ça fait plus de quarante ans qu'il n'y a plus de pognon, pour donner aux gens mais on en donne quand même, ça ne fonctionne pas : ça fait quarante ans qu'on est en crise. Arrêtez de dire que ça date de 2008,
  • en fait, ça date des chocs pétroliers mais aussi d'une loi, en janvier 1973, qui empêche à l'Etat d'emprunter à sa banque centrale (donc de faire tourner la planche à billets), ce qui fait qu'on paye des intérêts sur une dette qu'on n'arrive jamais à rembourser vu le coût des intérêts,
  • arrêtez, en conséquence, d'accuser en permanence tel ou tel traité Européen alors que la loi vient d'un texte de Giscard quand il était ministre des finances,
  • François Hollande a été élu pour réduire le déficit, pas pour appliquer une politique gauchiste,...

Le blogueur Front de Gauche, Des Pas Perdus traite la décision de Hollande avec humour par une caricature de Père Ubu. Mais, si j'avais le moindre talent littéraire, je pourrais le lui renvoyer dans les dents.

Je rappelle donc : chaque centime dépensé par l'Etat en plus de ces recettes est payée par la dette souscrite sur les marchés financiers. Elle est entretenue depuis 40 ans. Il faut en sortir. Dépenser du pognon pour la relance est fait depuis 40 ans et ça ne fonctionne pas. Par contre, le montant des intérêts versés aux financiers augmente. Et c'est pourtant "vous" qui dénoncez le TINA...

Si mes camarades blogueurs pouvaient avoir un autre mot que « relance » ou « demande » dans la bouche, ça m'énerve. Tiens ! J'ai peu parlé de « demande », en fait. Il regrette l'absence de coup de pouce au SMIC. C'est vrai, l'Etat aurait pu donner un coup de pouce au SMIC. Les smicards auraient été augmentés de 30 euros par mois, la moitié tuée par l'inflation. Tu parles d'une relance !

Dernier point. Je rappelle que la dernière fois où un gouvernement a réussi à créer massivement de l'emploi, c'était par une réduction de coût du travail et c'était un gouvernement de gauche. C'était les 35 heures...

La réforme territoriale

C'est une des rares annonces de François Hollande à avoir été reprises dans la presse et le sujet me passionne : je suis donc content.

Ce qu'il y a d'étrange, c'est que les commentateurs n'en retiennent qu'un passage à 15 régions, alors que c'était le rapport Balladur qui en parlait. Hollande n'a pas parlé de ça mais de plein d'autres choses. Les gens jouent aux connaisseurs et donnent leur avis mais sont totalement ignorant du dossier.

Pourtant important.

Tout a basculé.

Les journaux, les commentateurs, les observateurs ont tous montré qu'ils sont à la ramasse.

17 janvier 2014

Réfléchissons à la réforme territoriale (avant l'apéro)

Ce matin, je lisais une interview de Patrick Deveidjan, président du Conseil général des Hauts-de-Seine au sujet de la réforme territoriale, dans Le Monde. Il a dit deux choses qui m'ont fait bondir. La première est qu'il voulait fusionner son département avec les Yvelines. Quoi, ils veulent faire une forteresse UMP en région parisienne ? Me suis-je dit. La deuxième est qu'il regrettait que ces fusions ne puissent se faire sans vote des électeurs. Quoi, ils veulent s'asseoir sur le peuple ? Me suis-je aussi dit. 

Et j'ai réfléchi... Pourquoi pas ? Me suis-je enfin dit ? La réforme territoriale (voir mon billet d'hier) doit justement permettre aux collectivités territoriales de s'organiser au mieux en fonction des intérêts locaux, des contraintes... D'où quelques réflexions (avec ou sans rapport). 

Rédigeant ce billet dans le train, je ne peux vous mettre de lien. Cherchez "Deveidjan interview le Monde" dans Google News, vous devriez trouver. À noter que qu'Alain Juppé et Patrick Deveidjan ont deux points communs. Ce sont mes deux personnalités de l'UMP qui disent le moins de conneries (et de loin) donc ce sont à peu près les seules qu'il m'arrivent de citer en bien et il fut une époque où je ne pouvais pas les blairer.

Fusion Yvelines - Hauts-de-Seine (par exemple)

On parle souvent de fusionner les départements de petite couronne parce que cela semble logique et que ça rappelle l'organisation ancienne, que ça rapproche Paris de sa banlieue,... Jean-Marc Ayrault en a parlé hier et Marylise Lebranchu a lancé une étude d'impact qui sera remise à la fin de l'année. 

Pourtant, ça revient à transformer la Métropole de Paris en un département, à générer un super poids lourds avec des élus qui auront d'énormes pouvoirs. 

Pourquoi, au contraire, ne pas étendre les départements de petite couronne à leurs voisins ? Mon département, le Val-de-Marne, pourrait ainsi fusionner avec l'Essonne... 

On aurait donc la Région Île de France avec 4 ou 5 départements, le premier, au centre, avec Paris et trois ou quatre, autour... Un cercle intermédiaire, reprenant la petite ceinture, la Métropole de Paris s'occuperait de ce qui concerne la zone urbaine de la région...

Changement d'organisation sans référendum.

Les référendums organisés sur ce thème ont tous eu une réponse négative parce que les gens votent pour autre chose, soit contre les organisateurs du vote soit par attachement à un nom ou à un numéro. 

Je suis d'ailleurs attaché à mon Val-de-Marne et à mon Kremlin-Bicêtre, tout comme à Loudéac et aux Côtes d'Armor. 

Par contre, la plupart des citoyens n'ont aucune idée de l'organisation des collectivités territoriales, de leurs missions, de leurs modes de travail,...

Un exemple : la semaine dernière un type de droite critiquait l'organisation du marché de Bicêtre, notamment le mobilier mis à disposition des commerçants. Il critiquait à tort ce mobilier mais quand on est dans l'opposition, on critique toujours. Et il disait que c'était de la faute de la mairie. Or, ce n'est pas la mairie qui gère le marché mais une boîte privée sous concession. La mairie fait un cahier des charges, des soumissionnaires répondent, la mairie choisit. 

Vous savez qu'une grande partie de l'aide sociale et du ressort du département ? Le Conseil général, pas la préfecture... Vous avez une idée de l'organisation ? Non, bien sur. Et vous voudriez voter pour l'organisation des structures qui gèrent ça ? Vos élus sont au courant. Vous avez voté pour un président de la République, un député, un conseiller général, une liste pour la commune et une "liste départementale pour la région" (et vous voterez pour une "liste communale pour l'interco").

Exiger des référendums pour tout est du populisme. D'ailleurs, moi-même qui fais partie des français les mieux renseignés à propos de tout de bazar, je lance des réflexions au hasard sans trop savoir. 

Je crois que Jean-Marc Ayrault a aussi remis en cause la nécessité d'un référendum, comme Patrick Deveidjan. Le même jour...

Intégration de la Loire Atlantique à la Bretagne

J'ai longtemps été contre mais la lecture de l'interview de Deveidjan, qui n'en parle pas, suite à la rédaction de mon billet d'hier me montre c'est une évidence. Ceux qui sont pour le sont pour des raisons sentimentales et historiques. Ceux qui sont contre le sont pour des raisons "Républicaine". Pour ma part, je réfute ces raisons historiques  : pendant combien, dans l'histoire de la Bretagne, Nantes a-t-il eu le château des rois de Bretagne (je résume) ? Depuis quand on devrait obliger les habitants du sud de la Loire à devenir Breton ? Pour ma part, je me sens Breton et il revient aux Nantais de se sentir de quelque part. 

Finalement, pour les raisons exposées ci-dessous, je suis prêt à changer d'avis, voire à inclure d'autres patelins dans une grande "région ouest". Mais pas jusqu'au Plessis-Hébert que nous allons laisser aux Franciliens ou aux Normands. Faut pas déconner non plus. 

Des grandes régions

En rédigeant mon billet d'hier (et en cherchant des informations), je suis devenu convaincu qu'elles devaient être organisées en fonction des compétences qui leur sont attribuées et qui allaient leur être filées par les prochaines lois de décentralisation (et d'autres aspects, notamment le rapport de l'Europe avec l'aide aux régions et donc en fonction de l'organisation d'autres pays). 

Elles doivent l'être, aussi, en fonction des métropoles. Par exemple une région Ouest (incluant la Bretagne) doit être organisées autour des trois grandes villes : Brest, Nantes et Rennes. Une sous-organisation pourrait être faite en fonction des villes moyennes : Saint Nazaire, Vannes, Lorient, Quimper, Saint-Brieuc, Saint-Malo,... Chacune de ces villes moyennes organisant ses relations les communes de leur banlieue proche puis des autres communes et agglomérations. Et ainsi de suite. 

Ainsi, il me parait nécessaire de faire une différence entre les communes, les départements et régions en tant que divisions administratives de la France et les compétences qui leur sont alloués à des collectivités territoriales avec des conseils élus (municipaux, départementaux et régionaux). 

Ainsi si les conseils généraux du Morbihan et des Cotes d'Armor décident de fusionner, l'Etat ne doit pas être obligé de modifier ses préfectures et directions départementales. Les organismes en charge de contrôler le nouveau département doivent être rattachées aux entités administratives d'un niveau supérieur (la préfecture de région en l'occurrence). 

Conclusion (provisoire)

L'année 2013 a été celle de la mise en place des métropoles et de leur affectation de compétences, à géométrie variable pour Paris, Lyon et Aix-Marseille. 2014 sera celle d'abord d'une deuxième phase de décentralisation surtout vers les régions, puis celle de la réforme territoriale qui permettra aux collectivités territoriales de se rapprocher selon leurs besoins. 

Il y a du pain sur la planche et on n'a pas fini d'entendre des avis péremptoires de gens qui ne connaissent pas le sujet. 

Y compris moi, d'ailleurs. 

La décentralisation (le transfert de compétences aux régions) est essentiellement politique. Il y aura des débats entre la droite et la gauche et au sein de la gauche. 

La réforme territoriale (la réorganisation des collectivités territoriales élues) l'est évidemment aussi mais ne doit pas être vue sous un angle droite - gauche, ça serait une catastrophe car on sait très bien que des enjeux partisans, la gloire de barons locaux,... risquent de dominer le débat. 

Elle ne doit pas porter sur "le passé" et les structures qui existent. Je parlais de barons locaux. On pense par exemple à Georges Frèche. Ce n'est pas parce qu'on fusionnera les régions que le problème sera supprimé. 

Bien du courage à Marylise Lebranchu

16 janvier 2014

Réforme territoriale et décentralisation : c'est reparti !

Au cours de sa conférence de presse, François Hollande relance la réforme territoriale et la décentralisation dont un premier volet a été voté en 2013, avec la création de métropoles et des statuts particuliers pour celles de Lyon, Paris et Aix-Marseille. J’en ai souvent parlé. Ce qu’il enclenche maintenant est une nouvelle phase.

C'est étrange, les militants de gauche des réseaux sociaux sont focalisés sur le pacte de responsabilité mais n'évoquent pas ce sujet, également peu repris par la presse, pourtant essentiel : une partie des volets économiques de la politiques sera décentralisé.


Au départ, François Hollande, représentée par Marylise Lebranchu avait voulu faire un gros texte de loi mais il avait été découpé en trois : le premier volet dont j’ai parlé, l’organisation du reste de la France et la décentralisation.

Ces projets ne sont pas neufs. l'Express évoque ses deux prédécesseurs, notamment celui que la droite avait commencé à mettre en œuvre et qui avait été supprimé par la gauche… Heureusement…

Pourquoi « heureusement » ? D’une part, à mon sens, la réforme de Nicolas Sarkozy n’est que de façade, visant à faire une communication sur « moi, j’ai fait bouger la France » et « ces enfoirés d’élus locaux coûtent très cher ». Ces points sont des âneries : le coût des élus est peut-être trop élevé surtout s’ils font des abus mais ce ne sont pas les élus qui coûtent cher mais les missions dont ils ont la charge : entretien des collèges, aide sociale… Fusionner département et région ne supprimera pas le coût de l’entretien des collèges et de l’aide sociale. D’autre part, cette loi était vide de contenu : il y avait une réorganisation des régions et des départements mais sans rien de plus.

Par exemple, Jean-Marc Ayrault évoquait récemment la fusion des départements de petite couronne (je ne suis pas spécialement partisan parce que ça donnerait trop de poids à un machin de plusieurs habitants et aux préfets mais peu importe ; je suis surtout surpris qu’il présente ça après le vote pour le Grand Paris). Ca aurait effectivement un sens. Par exemple, j’habite à 500 mètres de Paris, je ne vois pas pourquoi j’aurais une préfecture beaucoup plus loin. Par contre, dans d’autres régions beaucoup moins denses, multiplier les départements a un sens.

Une réforme doit impliquer un changement d’organisation selon le contexte démographique ou géographique.

Marylise Lebranchu a mis 18 mois pour faire sa réforme, consultant les élus locaux puis les élus nationaux (sénateurs et députés). Nicolas Sarkozy avait imposé son redécoupage. Il a nommé un ancien premier ministre, Edouard Balladur, président d’une commission qui a fait un rapport qui a été transformé en projet de loi, passé (difficilement) en texte de loi.

Qu’a dit François Hollande ?

Je reproduis ici l’intégralité de la partie du discours (dans la presse, on ne trouve que des extraits).

« Alors, c’est notre organisation territoriale qui devra également être revue. Déjà en 2013, une loi a créé 13 grandes métropoles – c’est un grand progrès – parce que ces métropoles seront une source d’attractivité pour notre territoire, une source également de localisation d’investissements. Les métropoles sont maintenant à taille nécessairement européenne et parfois même mondiale. Voilà la première étape qui a été franchie.

Nous devons en franchir une autre cette année, en 2014, et en terminer avec les enchevêtrements, les doublons et les confusions. Les régions se verront confier, dans une prochaine loi de décentralisation, de nouvelles responsabilités et seront même dotées d’un pouvoir réglementaire local d’adaptation, pour donner plus de liberté aux élus pour travailler. Une clarification stricte des compétences entre collectivités sera introduite.

Les collectivités seront également incitées et invitées à se rapprocher. Les régions, d’abord, dont le nombre peut aussi évoluer. Il n’y a pas de raison à ce qu’il soit le même dans quelques années, par rapport à aujourd’hui. Ensuite, les départements, ceux qui sont situés dans les grandes aires métropolitaines devront redéfinir leur avenir. C’est ce qui s’est fait, notamment dans le Rhône avec Lyon. Je sais que, sur ces questions, les élus mais aussi nos concitoyens sont prêts à ces évolutions. Pour les accompagner, il y aura des incitations puissantes qui seront introduites. Les dotations de l’Etat varieront selon les regroupements qui seront faits. »

Il confirme donc ce que devait contenir la loi initiale :
-         un volet sur une nouvelle phase de décentralisation vers les régions avec une clarification des compétences et la possibilité d’étendre le pouvoir réglementaire de ces régions,
-         une incitation pour les collectivités territoriales (communes, EPCI – agglomérations, communautés de communes, départements, régions) à se rapprocher.

Le cas de Lyon, traité en 2013, est intéressant à étudier. Le département, le Rhône, est le plus dense de France après ceux d’Ile-de-France (et Mayotte) est le plus dense de France. Un petit tiers des habitants habite Lyon. 75% de la population est dans la Communauté Urbaine de Lyon (EPCI : Établissement public de coopération intercommunale).

La fusion du département et de l’EPCI est donc logique.

Les Bouches-du-Rhône, également traitées en 2013, est un peu différent. On a, à l’ouest, un pole autour d’Arles et à l’est, un pole autour de Marseille et de son EPCI. Il était logique de fusionné l’EPCI de Marseille avec celles vraiment voisine pour en créer une plus grande avec un statut de métropole mais elle ne pouvait pas occuper la totalité du territoire. Quand je dis que c’est logique, je ne juge pas du fond, je ne connais pas le quartier et je sais que les négociations ont été douloureuses.

Toujours est-il qu’alors que Lyon occupe l’essentiel de son département et en était le centre géographique et économique, le contexte est différent à Marseille : le département est plus grand et Marseille est bien à l’est… Des organisations différentes sont donc très logiques, ce que ne permettait pas l’ancien découpage qui date de mathusalem et n’était pas prévu par la réforme de Nicolas Sarkozy.

Si on applique ce cas à Paris, la loi de 2013 a créé la Métropole de Paris – un EPCI – qui remplacera les intercommunalités existantes – des EPCI.

Je n’ai pas le texte des propos de Jean-Marc Ayrault, sur le rapprochement des départements de petite couronne. Je suppose qu’il expliquait qu’une des nouvelles lois leur permettrait de fusionner puis de se rapprocher de l’EPCI, s’ils le désirent.

C’est aussi ça, le changement : de longues négociations et pas des décisions à l’emporte pièce.

Ce qui m'amuse, c'est que cette annonce n'est qu'une reprise des engagements de la campagne.

Ce qui m'énerve

Les discours de droite m’énervent, les fous furieux libéraux, mes copains réactionnaires, mes copains de droite pas réactionnaires m’énervent. Mais certains à gauche m’énervent plus, ceux qui utilisent en permanence des mots pour qualifier autrui (comme le méchant social-libéralisme) m’énervent. Ceux qui transforment le discours du Bourget pour travestir les promesses de François Hollande m’énervent. Ceux qui confondent la victoire de la gauche avec une victoire personnelle qu’ils auraient eue et se revendiquent propriétaires des voix m’énervent. Les haineux m’énervent.

Tiens ! Je n’ai pas regardé la conférence de presse de François Hollande. Après mon boulot, je cherchais à savoir ce qu’il disait et je suis allé voir dans Twitter, j’ai cherché « #ConfPR » et je suis tombé sur un tweet où un imbécile disait « Putain, donnez moi un 22 qu’on en finisse #Confpr ». Il y a des types de gauche qui détestent Hollande plus que l’on détestait Sarkozy. C’est un peu le thème du billet de Sarkofrance, ce matin.

Si vous ne saviez pas à quoi sert Sarkofrance : à me donner des idées de billets (Smiley, l’ami !). Aujourd’hui, il tombe (encore !) sur des sujets qui me passionnent dont la mécanique électorale. Le premier commentaire est intéressant, aussi. Je n’ai pas lu les autres.

Je vais en citer une phrase avant de revenir à Sarkofrance : « Ici, il n’y a pas synthèse mais une ligne droite vers du social libéralisme que l’on sentait poindre déjà chez Hollande. » Oui. Je l’ai déjà dit, il n’y a pas grand-chose de neuf chez Hollande et il a été choisi par la gauche pour être l’adversaire de la droite au second tour de la présidentielle : il a gagné le premier tour de la primaire, le deuxième puis était en tête au premier tour de la présidentielle. On ne saura jamais pourquoi les gens ont voté aux « trois premiers tours » pour pépère. Par conviction pour son projet ou pour être sûrs de virer Nicolas Sarkozy.

Cette gauche qui prétend que les deux hommes se valent m’énerve aussi, tiens ! On a l’impression que les clowns avaient le choix entre la peste et le choléra. Si j’étais à leur place, c'est-à-dire dans une certaine opposition à ceux qui nous gouvernent, j’aurais plutôt tendance qu’on avait le choix entre la grippe et le cancer du pancréas. Avec « Sarko », on aurait eu une beaucoup plus forte augmentation de la TVA, un referendum abject pour savoir si on pouvait radier du chômage un type qui refusait une formation (ou un truc comme ça, j’ai oublié). Et c’est à peu près tout vu qu’il n’avait pas de projet. Et un discours basé sur la haine de l’autre, de l’étranger, de l’assisté, du chômeur, du fonctionnaire, du syndicaliste, du musulman,…

N’oublions pas d’où on vient…

Pour reprendre ce commentaire, l’auteur utilise la locution « social libéralisme ». François Hollande a déclaré qu’il était « social démocrate » et la presse en fait la une ». Melclalex, dans son billet d’hier, nous parle du socialisme à la Française. Il parle aussi du virage opéré par François Hollande. Il introduit son billet : « Hier le socialisme à la française a disparu des écrans radars du Président de la République. Le socialisme n'existe plus au PS, ce parti est devenu ou est resté, c'est comme vous voulez, un parti réformiste à l'allemande, le SPD français est né, Jaurès doit se retourner dans sa tombe. » J’aime bien les gens qui invoquent Jaurès, même Nicolas Sarkozy le faisait.

En 2002, Lionel Jospin a dit « mon projet n’est pas socialiste. » Ca a probablement participé au fait qu’il ne soit pas au second tour en faisant un score dérisoire (en 1965, 1981, 1988, 2007 et 2012, les candidats en tête à gauche ont tous fait plus de 25% au premier tour. Reste Duclos en 1969 et … deux fois Jospin). Toujours est-il qu’il faut faire attention aux mots. Il faudrait lancer une chaîne de blog pour que les tous ces  braves gens qui utilisent les mots « socialisme », « social démocrate » ou « social libéral » dans tous les sens nous expliquent de quoi il s’agit et que, ensuite, ils nous expliquent ce qu’ils peuvent mettre en face. Ensuite, ils pourront nous dresser la liste des partis réellement socialistes dans le monde entier.

Je suppose Lionel Jospin ne voulait pas de nationalisation des moyens de production. Son projet n’était donc pas socialiste et il n’y a pas à en chier une pendule.

Revenons au billet de Sarkofrance et la haine qu’ont certains types de la vraie gauche contre François Hollande.

Mon confrère rappelle une logique arithmétique : les seules voix recueillies par Jean-Luc Mélenchon au premier tour ajoutée aux voix de François Hollande n’arrivent pas à expliquer le gain de cette élection. A eux deux, ils ont obtenu 40%. Vous ajoutez les autres forces de gauche, cela fait 44%, tout rond. Pour obtenir 51,64%, il a donc du aller « chercher » 7,64% d’électeurs à sa droite.

Si l’on divisait le Parti Socialiste en autant de candidat à la Présidentielle en autant de voix que les candidats ont obtenu au premier tour de la primaire, François Hollande aurait remporté plus de suffrage que Jean-Luc Mélenchon (c’est facile à calculer, 28% à la présidentielle, 40% à la primaire, vous multiplié, vous divisez par 100 et vous tombez sur 11,2%, Mélenchon a fait 11,1%. On peut même faire mieux et multiplier les comparaisons : si l’on considère que la part de la population qui lui fait encore confiance est le dernier carré de ses fanatiques, ça fait un « score » supérieur au cumul des scores des candidats de la gauche.

Mais surtout, ces électeurs, ceux que j’additionne bêtement pour les besoins d’une démonstration, n’appartiennent à personne, pas plus à moi pour une bête démonstration qu’à d’autres. Ce ne sont pas les 11% de Mélenchon qui ont fait gagner Hollande mais 52% des Français ayant voté ce jour-là. Ce ne sont pas les militants du Front de Gauche qui ont fait gagner François Hollande mais François Hollande lui-même, avec les militants du Parti Socialiste.

Et tous méritent du respect.

Enfin, je vais rappeler le paragraphe d’un discours. « Mais avant d’évoquer mon projet, je vais vous confier une chose. Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. » Vous pouvez lire l’intégralité du discours du Bourget sur le web.

Si certains ont interprété ce discours, ce « cet adversaire, c’est le monde de la finance » en dehors du contexte ou en « cet adversaire, c’est le monde de l’entreprise » l’ont dans l’os… Ceux qui ont cru que les peuples ou les Etats reprendraient le contrôle de l’économie en six mois se sont lourdement trompés.

Il y avait ça, aussi, dans le discours : « La Gauche, je l’ai choisie, je l’ai aimée, je l’ai rêvée avec François Mitterrand dans la conquête. La Gauche, je l’ai défendue fermement dans ses réalisations : celles de 1981, celles de 1988. La Gauche, je l’ai servie comme élu de la République, comme député. La Gauche, je l’ai dirigée avec Lionel Jospin, quand nous gouvernions ensemble le pays avec honneur et j’en revendique les avancées. Aujourd'hui, c’est moi qui vous représente. C’est moi qui porte votre espoir. C’est moi qui porte l’obligation de gagner. C’est moi qui vais dans ce combat vous conduire à la victoire, celle que vous attendez depuis trop longtemps, dix ans déjà. Dix ans qu’une droite s’est installée au pouvoir et qu’elle a défait ce que nous avons construit. »

Relisez tout le discours, relisez les deux dernières phrases de cet extrait.

Et rappelez-vous la fin du discours, cette fin du discours auquel j’ai assisté, seul au milieu de 20000 autres personnes qui voulaient la victoire de François Hollande. Cette fin du discours du 22 janvier 2012 qu’on écoutait avec émotion dans les jours qui suivaient le 6 mai.

« La France, la France n’est pas un problème. La France est la solution !

Voilà le choix, chers amis, voilà le choix qui vous attend. Toujours le même, toujours celui, depuis que la démocratie existe, entre la peur et l’espoir, entre la résignation et le sursaut, entre l’agitation et le changement. Eh bien le changement, le changement, c’est maintenant ! Le redressement, c’est maintenant ! La justice, c’est maintenant ! L’espérance, c’est maintenant ! La République c’est maintenant !

Mobilisons-nous, rassemblons-nous et dans trois mois, dans trois mois, nous ferons gagner la Gauche, avancer la France et nous réussirons le changement ! Le changement, j’y suis prêt !

Vive la République ! Et vive la France ! »

Le changement, c’est maintenant. Ca a commencé. Il a changé de compagne.

15 janvier 2014

Supprimer la notion de droite-gauche ?

Suite à la conférence de presse de François Hollande, j’ai fait un billet. Il a été commenté par Lady Waterloo (que je croise depuis longtemps chez FalconHill). Elle est de droite mais ne le sait pas (elle me permettra cette boutade). Elle dit qu’elle est d’accord sur beaucoup de choses avec moi, y compris sur « l’idée de supprimer la notion de droite-gauche » qu’elle trouve réductrice. Or, je n’ai jamais dit ça. Mais j’ai dit tellement d’autres trucs.

Petit 1 : au niveau sociétal, il y a une vraie différence. On l’a vu pour le mariage pour tous. La difficulté est que depuis une bonne quarantaine d’années, la droite galope certaines idées dites progressistes qualifiées souvent de gauche. Je pense par exemple à l’IVG (on voit le bordel en Espagne) mais il y a autre chose. Par exemple, avec Dieudonné, on parlait des lois contre l’incitation à la haine raciale, utilisées par la gauche. Or, si ma mémoire est bonne, elles datent de 1972.

C’est amusant, la droite fait une politique sociétale avec des machins progressistes dans les années 70. En 1981, la gauche revient au pouvoir. Plus tard (deux ou trois ans…), la gauche fait un revirement de politique, le Front National monte rapidement à 14 ou 15%... Mais je suis hors sujet.

Toujours est-il que c’est à la droite de s’assumer.

Petit 2 : au niveau de la politique sociale et économique, la différence est nettement marquée et j’y reviendrai. Il n’empêche que dans un contexte de mondialisation et de libéralisme forcené, on est coincés… Une politique dite « de la demande », marquée à gauche, ne peut pas fonctionner (j’en suis persuadé) dans notre contexte.

La gauche de la gauche et la droite de la droite (pour résumer) sont persuadés que tous les maux viennent des traités Européens. Qu’ils aient raison ou tort, on ne supprimera pas les traiter comme cela et la suppression provoquera un effondrement de l’économie. Il nous faut donc les renégocier mais une négociation est plus facile si on est seuls…

Petit 2 (je recommence) : au niveau de la politique sociale et économique, il y a une nette différence d’appréciation de tous ces problèmes. Je crois au partage, à la redistribution, à la globalisation… et aux contraintes pour les mettre en œuvre : l’impôt progressif sur le revenu (tous les revenus) et la diminution du temps de travail (sur une semaine comme sur une carrière professionnelle).

C’est le marqueur principal, à mon sens, entre la gauche et la droite. D’ailleurs, les seules (ou principales) mesures du gouvernement avec lesquelles je ne suis pas d’accord tournent autour de la réforme des retraites et de la hausse de la TVA. La difficulté étant d’équilibrer tout ça dans notre contexte mondialisé qui impose ou presque d’avoir la même politique que les autres...

L’autre marqueur est que je crois aux vertus de la négociation entre partenaires sociaux (Politeeks en parlait), au sein de la « société civile », des « corps intermédiaires »… D’ailleurs, la conférence de presse de François Hollande s’adresse principalement à ces braves gens (c’est pour la presse…) et pas nécessairement au grand public : à 16h30 il est au bistro ou au boulot. Or, il me semble que Nicolas Sarkozy avait une fâcheuse tendance à convoquer les syndicats pour leur dire de négocier en leur fournissant le résultat des négociations…

Petit 3 : au niveau de l’environnement (j’en fais un point à part car Sarkofrance est écolo et est très sensible), la différence est ailleurs. Par exemple, on ne m’ôtera pas de la tête que les champs d’éoliennes sont très moches. Je ne vois pas en quoi c’est particulièrement écologique… Je ne crois pas, par contre, que la droite puisse imposer une politique en faveur de l’environnement. On en arrive à notre histoire de négociation : la droite convoque un Grenelle de l’environnement mais il ne donne rien de notable…

N’oublions pas, d’ailleurs, que c’est la droite (j’entends par là, pas les citoyens, mais les dirigeants) qui ont été foutre le principe de précaution dans la Constitution…

Petit 2 (j’y reviens toujours) : au niveau économique, j’invite tous les acteurs à relire le programme du FN. Il est entièrement monté pour combattre Bruxelles et tout ça. On me répondra que ce n’est que de l’affichage. Je répondrais : oui, c’est un programme.

Ainsi, la fin du petit 3 et du troisième petit 2 nous ramènent à la fin du petit 1 : c’est à la droite d’assumer ce pataquès (et que la gauche se démerde avec ses propres contradictions).

Petit 3 (ben quoi, je n’ai pas fini l’environnement) : il y a des aspects de l’écologie qui sont l’objet d’une large opposition entre la gauche et la droite. On parlait récemment de la limitation du périphérique à 70 km/h : elle me parait nécessaire. Mais, plus que des exemples anecdotiques, c’est la manière globale de voir les dégâts liés à l’exploitation humaine de nos ressources (épuisement, pollution,…) qui est à observer.

Néanmoins, sur certains aspects (comme le nucléaire et Notre-Dame-des-Landes), une partie de la gauche fait une erreur d’appréciation et débarquant pour défendre l’environnement alors que son job est de défendre les individus. Le nucléaire, vaste sujet : tout le monde ou presque pour déclarer que c’est mauvais, dangereux,… Mais il n’empêche que c’est la seule solution (et pas nécessairement la moins polluante) que nous pouvons avoir en l’état actuel de la science pour assure notre consommation d’énergie.

Petit 4 : au niveau électoral, il y a une vraie différence. 40 ou 45% de la population se sent proche d’un camp politique. La personne qui se dit ni de droite ni de gauche est généralement de droite. La droite n’ayant aucun projet (ce n’est pas un gros mot : la droite est conservatrice…), ils n’osent pas nécessairement avouer un positionnement. Néanmoins, parmi ces 80 ou 90% de la population (deux fois 40 ou 45…), personne n’irai sérieusement envisager de voter pour un autre camp sauf quelques exceptions, essentiellement le rejet du candidat.

Petit 5 : à droite, ils veulent absolument comparer l’extrême droite à l’extrême gauche. Or, ce n’est pas comparable (à part peut-être sur les méthodes…). Je ne vais pas rouvrir le débat éculé mais, si je ne crois pas au fonctionnement d’un projet politique d’extrême gauche, je n’ai pas à en rougir. Partager le pognon, les moyens de production, ça me va.

Détester l’étranger, moins…