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23 février 2013

Politique économique : si la droite redevenait humble ?

Pierre Moscovici a prononcé un important discours, hier, suite à l’annonce de la révision des objectifs en matière de déficit public. Comme il a beaucoup tapé sur la gestion de ses prédécesseurs, j’ai trouvé amusant de diffuser une partie de ses propos, dans mon blog. Evidemment, quelques commentateurs de droite sont intervenus, sur le thème : ah oui, c’est facile, nananère, mais on peut aussi revenir sur les machins des gouvernements précédents, comme les 35 heures.

Soit ! Mais la droite est au Gouvernement depuis 10 ans et l’économie du pays part en couille depuis 40 ans, dont 15 ans de gestion par la gauche et 25 par la droite. Les 35 heures faisant en sorte que la France a la productivité horaire la plus forte, le fait que le déficit commercial de notre pays, contrairement à celui des Allemands soit plongé dans le rouge depuis 10 ans et s’y enfonce progressivement aurait tendance à me faire penser que la droite devrait être plus prudente dans ses analyses…

François Fillon, par exemple, publie un billet incendiaire sur son blog. L'homme de la France en faillite déclare : « Depuis mai 2012, je n'ai eu de cesse de mettre en garde le gouvernement contre les déséquilibres de sa politique économique et le risque de déclin. En septembre, lors de la présentation du Projet de loi de finances pour l’année 2013, je dénonçais déjà un budget de récession n’assurant ni la rigueur, ni la croissance. » Il peut dénoncer mais pendant les cinq ans qu'il a passés à Matignon, la dette est montée de 600 milliards. Il évoque un risque de déclin mais d’où vient le déclin ? Qui n’est plus un risque, d’ailleurs, depuis son passage à Matignon.

En arrivant au pouvoir, en 2007, avec Nicolas Sarkozy, ils ont commencé par s'asseoir outrageusement sur les règles européennes en matière de déficit, avec la loi TEPA qui était pourtant annoncée comme étant une catastrophe, et pas seulement par des blogs de gauche. Tiens ! « Selon EcoWeek, hebdomadaire d'analyse de BNP Paribas, le paquet fiscal est un « pari risqué » et « Malgré la cohérence apparente de la stratégie d'ensemble, le budget 2008 représente un pari sur la croissance, assez risqué dans une économie ouverte à la compétitivité détériorée, notamment vis-à-vis de l'Allemagne - qui récolte aujourd'hui les fruits de son avance dans les réformes. [...] sans effet positif sur la croissance, le train fiscal (entre 12 et 15 milliards d'euros en année pleine) conduirait le gouvernement soit à une dégradation des ratios de déficit et dette publics - contrairement aux engagements européens de la France - soit à préserver les finances publiques au prix d'une politique plus restrictive par ailleurs, ce qui réduirait sa marge de manœuvre pour mener à bien les réformes structurelles. » »

De fait, quand la crise est arrivée, la France n'avait plus de marge de manœuvre. La dette est passée de 60 à 90% du PIB. C’est bien son Gouvernement sous l’ordre de Nicolas Sarkozy qui a volontairement explosé le seuil de 3%.

Cette loi aurait du permettre l'augmentation du pouvoir d'achat et donc de la consommation sans garantie d'une augmentation de la consommation de produits Français, donc sans impact positif pour l'économie. Quand la droite s'adonne à la politique de la demande... Je critiquais cette loi pour des raisons politiques (la défiscalisation des heures supplémentaires serait une catastrophe pour l'emploi et je suis un farouche défenseur des droits de succession) mais la plupart des économistes étaient contre. Même Gilles Carrez, député UMP, craignait les impacts sur le déficit extérieur.

Ainsi, de 2007 à 2012, on a eu la pure politique budgétaire de l'histoire de la Cinquième à cause d'une loi emblématique mais débile juste avant une sérieuse crise économique. On a même eu droit à une des plus stupides réforme de l'histoire, celle des retraites, qui aurait du nous permettre de sauver le système. On s'aperçoit maintenant que tout est à refaire...

Le Quinquennat précédent n'avait pas été piqué des vers, non plus. Jacques Chirac avait commencé par appliquer son programme, avec une baisse des impôts sur le revenu pour les plus aisés. Toujours la politique de la demande vue par la droite... Notons qu'on avait eu aussi, à cette époque, une réforme des retraites, emmenée par François Fillon... A ce niveau d'incompétence, on devrait faire preuve d'un peu plus de discrétion.

Ainsi, nous avons le deuxième Gouvernement de suite qui s’assoit sur les règles déficitaires fixées par l’Europe, je peux estimer qu’une certaine prudence dans leurs propos s’impose. Un peu de respect se mériterait quand un Gouvernement de gauche, fidèle à ses engagements électoraux mais contrairement à l’avis de son propre camp, s’efforce de faire cette action qui est de remettre de l’ordre dans nos comptes.

Pendant toute cette période, on a vu le commerce extérieur passer dans le rouge, notre industrie laminée, les entreprises fermer et les plans de licenciements n'en finissent plus.  Parallèlement à ça, la politique Européenne a été une catastrophe, nous arrimant à Angela Merkel, soutenu par des anglais dont les agences de notation viennent de sanctionner la mauvaise gestion...

Au fait ! Dernière connerie en date de l'Europe, pas plus tard qu'hier, ils ont menacé la France de l'envoyer en justice pour une sombre histoire de TVA sur le disque numérique. Comme si elle n'avait que ça à foutre ! Tiens ! Si elle pouvait s'occuper de la fiscalisation des entreprises extra européennes qui font chez nous du commerce par internet. Un de ces jours, mes livres numériques, je les achèterai chez Google ! Adieu la TVA ?

Il me paraît donc parfaitement légitime de taper sur la gueule de cette droite française qui nous a foutu dans une merde noire.

En, revanche, qu'est-ce trouve la droite à mettre sur le dos de la gauche ? Les 35 heures... Pour le reste, elle ne trouve rien. Elle peut chercher, les comptes publics et sociaux étaient à peut près à l'équilibre en 2002. Le chômage avait baissé. Certes ! Nous n’étions pas encore sortis de cette crise qui date du début des années 70 et, surtout, on ne peut pas se réjouir uniquement parce que le chômage était passé quelques temps au dessous des 8%... Une nouvelle crise commençait : l’éclatement de la bulle Internet. Encore, comme celle de 2008 qui continue à nous les briser, un pur produit du libéralisme ! L’indice boursier significatif correspondant, le Nasdaq, avait été multiplié par trois entre fin 98 et début 2000 pour revenir à son niveau normal un an plus tard. Un immense bordel. On avait cru que « rien » valait « beaucoup ». Que « le numérique », le « virtuel », donc, allait remplacer l’économie réelle.

Les 35 heures ! Elles sont restées pendant des années la seule arme de la droite contre la gauche. Pourtant, quel est le meilleur atout de la France, aujourd’hui ? Son taux de productivité horaire… Une heure de main d’œuvre en France rapporte 45,4€, contre 41,5 aux USA et 37 dans l’Union Européenne.

Et qu’est-ce qu’on nous dit ? Que notre industrie n’est pas assez compétitive. Répétez après moi : notre industrie n’est pas assez compétitive… La droite française a réussi le tour de force à imposer ce paradoxe : les entreprises françaises ne sont pas assez compétitives mais les employés français sont les plus productifs ! Très fort !

Tiens ! Vous connaissez l’AFII ? L’Agence Française pour les Investissements Internationaux, un machin créé… sous Jospin. Bref… Son site web est ici. Vous pourrez y télécharger ce tableau de bord de l’attractivité de la France. Vous pouvez le lire (en diagonale), on y trouve plein d’informations intéressantes. Je vous les livre en annexe, suite à ce billet.

La France est la première destination des investissements étrangers dans l’industrie (sur le site du Ministère du Commerce Extérieur). La France est deuxième, toutes branches confondues, pour les projets d’investissements étrangers, première pour les indications fiscales, pour le nombre de marques déposées, pour le prix de l’électricité. La France est troisième pour le transport ferroviaire des marchandises, le personnel de Recherche et Développement, quatrième pour la création de nouvelles entreprises (loin des idées reçues, hein !),

La France est un des pays les plus attractifs au Monde pour les entreprises étrangères et a une des meilleures productivités horaires mais on nous présente en permanence comme avec un déficit de compétitivité.

Mon ami Seb Musset dénonce dans un billet comment les « médias autorisés » ne parlent que de dette, de déficit, de relance de la croissance, de retour dans les clous de Bruxelles, d’un état qui dépense trop, …  Et de retour de compétitivité.

On cherche 10 milliards par ci, 20 par là, … Aucun de ces spécialistes audiovisuels ne parle de taper dans les niches fiscales (120 milliards), l’évasion fiscale (50 milliards), …  « Vu le niveau élevé de la productivité française (45,4 euros / heure travaillée) et la baisse continue de la part des salaires dans le PIB depuis 30 ans au profit du capital (- 9.3 % en 20 ans, soit 100 milliards passés de la main du travailleur à celle de l'actionnaire), si l'on voulait inverser la dynamique, remplir les caisses de l'état tout en redistribuant du pouvoir d'achat pour faire repartir la consommation, il s'agirait prioritairement de taxer plus fortement le capital, d'augmenter les salaires et de partager le temps de travail (les 35 heures sont un mythe, la moyenne d'un temps plein en France est à 41.2 heures). Bref, les trois pistes que l'on s'interdit "moralement", en persistant à prolonger la stratégie de l'échec. » Seb évoque plein de choses, notamment la baisse de la part du travail dans le PBI qui n’en finit pas de baisser, le chômage qui permet d’exercer une pression salariale,… « Le salariat implose, la flexibilité s’impose, le travail gratuit s’invite progressivement dans les consciences. » Je ne vais pas trop le citer, je pourrais perdre mon statut de blogueur de Gouvernement.

Je vais tenté de conclure.

J’ai parlé d’un rapport de l’Agence Française pour les Investissements Internationaux. Les données sont bonnes. Les chiffres datent de 2011 et sont donc pour partie à mettre au crédit des Gouvernements de droite.

Parallèlement, ces derniers ont réussi à foutre une merde notoire dans notre comptabilité publique, détruisant progressivement les services publics et notre système de protection sociale, soit dit en passant ce qui fait une part importante de notre attractivité. Ils ont réussi aussi à faire en sorte que notre commerce extérieur tombe dans la déchéance… La France a peut-être le plus fort taux de cotisations sur le travail mais le reste de la fiscalité est totalement à l’avantage des entreprises, des investisseurs et des plus riches.

Le Gouvernement français a la lourde responsabilité de devoir mettre de l’ordre dans tout ce bordel mais il n’est pas erroné de dire que c’est la gauche qui a fait les efforts budgétaires pour rentrer dans l’Europe (à la faveur d’une conjoncture favorable alors que la droite s’est pris deux crises dans la gueule) et, surtout, fait en sorte de développer l’attractivité de la France par la création de l’AFII et en rendant la productivité horaire bien meilleure… (c’est mon côté pas du tout objectif). Il n’est pas erroné, non plus, de dire que c’est la droite qui a torpillé non seulement les comptes de la nation mais aussi le commerce extérieur. Ce sont des faits…

La droite doit assumer. Elle ne le fait pas.

Alors, je vais maintenant donner des nouvelles de l’UMP : « Le président de l'UMP Jean-François Copé a invité par courriel les cadres de son parti à une "audio-conférence" mardi soir prochain. Soit au moment même où doit avoir lieu le grand meeting de rentrée de son adversaire François Fillon... » Je n’invente rien. Voilà l’opposition en France…

Jean-François Copé a diffusé un communiqué de presse. « Les premiers résultats de l’action économique de François Hollande, évalués aujourd’hui par la Commission européenne, sont mauvais et inquiétants. Qu’attend-t-il pour changer de politique ? » Ce ne sont pas les premiers résultats de l’action économique de François Hollande. Ce sont les résultats de l’action économique de l’UMP pendant 10 ans qui a réussi le tour de force a décaler une partie des plans sociaux après l’élection. Qu’attend-il pour changer de politique ? Mais il le fait progressivement. Il réoriente 10 ans de mauvaise politique qui ont laissé une marge de manœuvre extrêmement faible.

« Ce que l’UMP reproche à François Hollande, ce n’est pas seulement d’avoir menti aux Français pour conquérir le pouvoir, c’est d’échouer. C’est ce que montre clairement la Commission européenne. » Ce n’est pas François Hollande qui a échoué. C’est la droite française. Ce n’est pas François Hollande qui a menti pour conquérir le pouvoir mais la droite française, en 2002 et en 2007, promettant et pratiquant des baisses d’impôts qui n’ont absolument pas relancé la consommation mais sont parties dans les poches des plus aisés et des importations d’iPhone et d’autres cochonneries qu’on ne sait plus produire.

« Contrairement à l’objectif qu’il s’était fixé, la France ne respectera pas son engagement de réduction du déficit en 2013, tout comme l’Espagne, la Grèce et le Portugal. » Ben non ! Les dégâts provoqués par la droite étaient trop lourds.

« Au lieu de nous faire perdre du temps avec le droit de vote des étrangers et les manipulations électorales pour garder le pouvoir à tous prix, le gouvernement socialiste ferait mieux de s’occuper de la formation, de la production et de la défense des intérêts commerciaux de la France, avec l’emploi des Français comme première préoccupation. » Qui nous a fait perdre du temps, 10 ans ? Qui nous a plongés dans un immonde débat sur l’identité nationale pour cacher la misère d’une politique dévastatrice ?

Que l’UMP reste plongée dans sa propre misère interne et assume ses actes ! Et face preuve d’un peu d’humilité quand elle s’adresse au Gouvernement et au peuple français.


Annexe – extraits du rapport de l’AFII

« Avec 40,9 Md$ d’IDE [investissements directs étrangers] entrants, la France est en 2011 la neuvième destination mondiale, et troisième destination européenne, derrière la Belgique (89 Md$), le Royaume-Uni (53,9 Md$), devant l’Allemagne (42,4 Md$) et l’Espagne (29,4 Md$) notamment. »

« Près d’un salarié sur sept travaille dans une filiale de groupe étranger, et un salarié sur quatre dans l’industrie manufacturière. Cette ouverture est proche de celle observée au Royaume-Uni, mais supérieure à celle estimée en Allemagne ou en Espagne. »

« En France, la contribution des filiales étrangères à l’emploi (13 % en 2009) et à la valeur ajoutée (20 % en 2009) souligne l’internationalisation de l’ensemble de l’économie. Cette contribution est plus marquée dans l’industrie manufacturière : les filiales étrangères y assurent 25 % de l’emploi marchand, et 31 % de la valeur ajoutée (2009). »

« En 2011, elle a été le 2e pays d’accueil des activités de R&D après le Royaume-Uni. Accueillant 16,1 % de l’ensemble des projets étrangers de R&D recensés en Europe, la France devance l’Irlande (14,4 %) l’Allemagne (13,8 %) et l’Espagne (10,9 %). »

« En 2011, avec un PIB de 2 776 milliards de dollars à prix courants, la France est le 5e marché mondial après les Etats-Unis, la Chine, le Japon et l’Allemagne. »

« La position géographique de la France et la taille de son marché en font une plateforme de rebond vers les marchés européens. » « En 2011, avec 3,3 % des exportations mondiales de marchandises, la France se place au 6e rang mondial et au 3e rang européen. »

« L’un des atouts de la France tient aux coûts d’implantation et d’exploitation avantageux qu’elle offre aux entreprises étrangères. »

« Depuis la réforme du crédit d’impôt recherche (CIR) en 2008, la France est devenue le pays offrant le traitement fiscal de la R&D le plus avantageux pour les entreprises. »

« Le classement international de la qualité de la vie proposé par « International Living » positionne la France au 2e rang mondial. » « La France est, en 2010, le deuxième producteur européen d’énergie primaire tirée des énergies renouvelables. »

12 avril 2012

Crise de confiance ? Dans les sondages ?


« La France a 42 milliards d'euros d'intérêts de la dette à rembourser chaque année. Grâce à la gestion de notre gouvernement, cette dette on la finance parce que dans le monde entier les gens ont confiance en la France à un taux historiquement bas, à moins de 3%, si demain il y a une crise de confiance (...) qui paiera ? Ce sera le peuple de France » a déclaré Nicolas Sarkozy. Mon côté antisarkozyste primaire me pousse à réagir.

D’ailleurs, Nicolas Sarkozy ajoute : « Un homme politique digne de ce nom n'a pas le droit de nier la réalité, il doit la regarder en face et dire au pays ‘voilà ce qu'on doit faire et voilà par dessus tout ce qu'on ne doit pas faire. »

Il a raison. Je suis d’accord avec Nicolas Sarkozy : un homme politique digne de ce nom n’a pas le droit de nier la réalité. Ou alors, qu’il change de métier. Le changement, c’est maintenant, et tout ça.

Je vais donc reformuler la phrase de Nicolas Sarkozy : « A cause de la gestion catastrophique de notre gouvernement, la France a maintenant 42 milliards d’euros d’intérêts de la dette à rembourser chaque année. »

C’est plus juste, non ?

Avant le retour de la droite au pouvoir, en 2002, la dette de la France était non seulement inférieure au seuil de 60% du PIB défini dans les accords internationaux que nous avons signés mais aussi à la dette moyenne des différents pays de l’Union Européenne.

Cela dit, on ne va pas chipoter avec les chiffres… Nicolas Sarkozy et l’UMP se basent dorénavant sur la peur. Les Français doivent avoir peur que la France soit obligée de se mettre à genoux devant les marchés financiers si François Hollande est élu. Voila donc le seul argument de campagne. « J'ai entendu un candidat dire qu'il ne tiendrait pas compte des marchés. Ne pas tenir compte des marchés ça n'a pas de sens, si vous voulez ne pas tenir compte des marchés je vais vous donner un bon conseil : remboursez vos dettes, réduisez vos déficits et vous n'aurez pas besoin que quelqu'un vienne vous prêter de l'argent, voilà comment on peut ne pas tenir compte des marchés » a aussi dit le candidat sortant.

Pourtant, il avait bien commencé sa campagne. Les sondages ont été parfaits pour le premier tour, presque euphoriques ! Les courbes s’étaient croisées… Nicolas Sarkozy arriverait premier. Il y a eu l’annonce de la candidature puis « l’affaire Merah »…

Le rêve est terminé.

Les courbes se croisent à nouveau. François Hollande arriverait en tête avec 29,5% contre 27% à Nicolas Sarkozy d’après le dernier sondage (fait par LH2 pour Yahoo). Marine Le Pen recommence à monter alors que Jean-Luc Mélenchon s’éloigne des 15% qu’il avait atteint par miracle. François Bayrou continue sa baisse.

Au second tour, le candidat entrant battrait le candidat sortant avec 55% des voix.

Nicolas Sarkozy est-il définitivement fâché avec les chiffres ? Il arrive à leur faire dire n'importe quoi, pourtant. Il est prêt à tenir un blog d'opposition...

17 janvier 2012

La droite est responsable de 85% de la dette

Ca faisait longtemps que je n'avais pas diffusé un graphique avec la dette. Celui-là a été trouvé par Gaël dans Facebook.

Il nous dit que, depuis 78, la dette a augmenté :
- 13 points par rapport au PIB avec la gauche au gouvernement,
- 52 points avec la droite.

L'auteur de ce schéma est gentil, il n'a pas compté avant 78. Pourtant c'était bien la droite qui était au pouvoir. Si la dette est à 87% et qu'elle a augmenté de 13 points sous la gauche, elle a donc augmenté de 74 points sous la droite.

74 sur 87, faisant 85%, voila un joli titre pour mon billet.

C'était un billet de la série faites dire aux chiffres ce que vous avez envie. Il n'empêche que...


06 décembre 2011

La règle d'or existe déjà !

Utile billet de Melclalex qui nous rappelle que la fameuse règle d'or existe déjà dans la constitution : dans les traités internationaux relatifs à la mise en œuvre de l'euro, nous nous sommes engagés à ne pas avoir un déficit et une dette supérieurs, respectivement, à 3 et 60% du PIB.

Ces traités sont inscrits dans la constitution.

(voila le texte de la Loi constitutionnelle n° 92-554 du 25 juin 1992 ajoutant à la Constitution un titre " Des Communautés européennes et de l'Union européenne " )

Les gouvernements de droite, depuis 2002, ne respectent pas la constitution. Il serait donc ridicule de la modifier maintenant pour ajouter un article qui existe déjà mais n'est pas respecté par la droite au gouvernement depuis 10 ans.

23 novembre 2011

Je ne suis pas responsable de la dette !

Ils sont amusants à droite, notamment dans les blogs. Il y a actuellement une bataille de communication entre les deux grands partis politiques pour montrer qui est le meilleur gestionnaire pour sauver la France et qui est responsable de la dette.

C’est de bonne guerre, c’est de la communication politique et ça marche. J’en parlais encore avec mes collègues de travail hier, qui ne comprenaient pas comment la promesse de François Hollande d’embaucher massivement dans l’Education Nationale ne serait pas ruineuse. Ce qu’il y a d’amusant c’est que je les ai convaincus du contraire en quelques mots… En période de crise, il faut investir sur l’avenir et l’avenir passe par l’éduction et tout ça. Ah oui, tiens !

En ce moment, c’est la vidéo du PS à propos de la dette qui buzze. Je l’ai moi-même diffusée hier soir, Stef aussi, de même que Louis et un tas d’autres. Un peu avant, ce sont des infographies qui circulaient, voir par exemple chez Nouvel Hermès.

Dans les blogs, par contre, c’est bien plus drôle ! Comme ils ne peuvent pas nier que la dette s’est accrue de manière abyssale depuis dix ans, ils sont obligés de démontrer que la droite et la gauche se partagent la dette. Si elle augmente maintenant, c’est aussi à cause des décisions prises par le Gouvernement Jospin… et tout ça. La faute aux 35 heures et tout ça. Le jour de la mort de Mme Mitterrand, ils n’ont sans doute pas osé taper sur la retraite à 60 ans.

Chez Corto, c’est exemplaire : lui et ses commentateurs tentent de se raccrocher aux branches.

J’entendais à la radio ce matin, un commentateur ou un homme politique expliquer que la dette monte depuis 30 ans. Bien tenté. Ca nous ramène en 1981 : la faute aux socialos.

C’est la première contre vérité que j’ai envie de signaler, ce matin. La dette monte depuis 1973 ou 1974 de manière à peu près continue jusqu’à environ 1997 ou 1998 où elle a baissé puis a remonté de manière tragique depuis 2008.

Qu’est-ce qu’il y a eu vers 1973 - 1974 ? On pense évidemment aux chocs pétroliers mais on aurait du les amortir depuis.

Il y a surtout eu une loi faite passée par Valéry Giscard d’Estaing en janvier 1973 qui a fait que l’Etat ne pouvait plus emprunter à la Banque de France mais était obligée de faire appel aux marchés. Comme on a eu les chocs pétroliers, il a d’ailleurs fallu emprunter de suite.

Ceci a deux conséquences.

La première est qu’on ne peut plus faire marcher la planche à billets pour payer les frais. Des puristes me diront que c’est aussi bien. Sauf que ça n’empêche pas la création monétaire par les banques privées qui, elles, peuvent continuer à l’engraisser.

La deuxième est qu’on paie beaucoup d’intérêts sur la dette, intérêts d’ailleurs touchés au plus grand bonheur de sociétés privés sur le dos de la collectivité. On se retrouve maintenant avec 50 milliards d’intérêts à payer, soit à peu près la moitié de notre déficit. On va donc emprunter pour payer ces 50 milliards ce qui nous fera payer de nouveaux intérêts l’an prochain.

Voila de quoi vient la dette.

Parallèlement, en France, on a mené une politique pendant des années visant à maitriser l’inflation et à lutter contre le chômage de masse.

Cherchez bien des infographies, vous constaterez aussi que le chômage de masse a commencé à grimer dans ces années là pour se stabiliser à peu près à la même période que la dette pour rebondir à nouveau depuis quelques années…

J’ai décidé de ne pas diffuser d’infographie aujourd’hui. Je vais illustrer ce billet avec un brin de muguet en l’honneur de la fête du travail.

Revenons maintenant sur l’histoire récente.

La gauche a fait les 35 heures pendant sa législature et a accordé, en contre partie, des exonérations aux entreprises. C’est ce qui est appelé « le coût des 35 heures ». Or ces exonérations auraient du être supprimées au bout de quelques années, mais c’est François Fillon qui a arrêté le bazar alors qu’il était ministre de Jean-Pierre Raffarin, de mémoire. Ainsi, l’ensemble des exonérations de charge qui pèsent sur notre budget sont maintenant de l’entière responsabilité ou presque des gouvernements qui se succèdent depuis 10 ans.

Quand Jacques Chirac est « arrivé » au pouvoir en 2002, il a appliqué ce qu’il avait prévu dans ce programme : des baisses massives d’impôts sur le revenu, baisses par ailleurs injustes puisque bénéficiant aux plus riches mais ce n’est pas le sujet.

Ce sont bien des baisses de revenus pour l’état.

Quand Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir en 2007, il a appliqué son programme avec le fameux paquet fiscal qui se traduit à nouveau par des baisses d’impôts, baisses par ailleurs injustes patati patata…

Ce sont bien des baisses de revenus pour l’état.

Ces baisses sont par ailleurs arrivées à des moments où des crises économiques étaient dans l’air, enlevant les moyens à l’état d’intervenir.

Elles ont été catastrophiques.

Alors nos braves blogueurs de droite rétorqueront sur l’inconséquence de la gauche et des baisses de la durée du temps de travail (hebdomadaire… mais dans une vie). Je rétorquerais d’une part que les Français travaillent plus que les Allemands et d’autre part avec 3 ou 4 millions de chômeurs, vouloir faire bosser plus ce qui ont du boulot est complètement crétin.

Alors, je vais cesser mon réquisitoire mais je pourrais continuer pendant des pages et des pages, comme ces aides de l’état à l’accession à la propriété et d’autres mesures qui ne font que favoriser la spéculation immobilière, baissant d’autant le pouvoir d’achat des ménages et donc leur consommation, bien plus que la baisse du temps de travail…

Quand je lis des blogueurs ou des commentateurs nous expliquer que la dette est de la faute de nos dirigeants qui se sont succédés depuis des décennies et donc de nous qui avons voté pour eux, je ne peux que répondre qu’il s’agit d’un gros mensonge.

Je ne suis pas responsable de la dette.

Ce sont les responsables politiques de droite qui sont responsables de la dette et ceux qui ont voté pour eux.

Ah ! Merde ! J’ai voté Chirac au deuxième tour en 2002.

22 novembre 2011

La dette, le clip !


La droite creuse la dette c’est vous qui payez... par PartiSocialiste

C'est en passant chez Louis que je me suis rendu compte que j'avais oublié de le diffuser. Regardez-le ! J'espère que Corto n'aura pas le même trou de mémoire que moi. C'est vrai, quoi ! Aujourd'hui, on vénère la mémoire de Danielle Mitterrand mais Jacques Chirac cherche toujours la sienne.

10 novembre 2011

Sortir de la dette et courber la Chine

Lady Apolline interpelle les blogueurs (Arnaud MouillardRomain Blachier, David Burlot, Yann Savidan,  SarkoFrance, Falcon, Monsieur Poireau,  Seb Musset, El Camino, Fabien, Antonin Moulart,  GdC,    Vlad,  Ecume et moi). C’est à propos de la Chine, des conditions de travail, là-bas, de l’absence de protection, du travail des enfants, … et de la possibilité de lui emprunter du pognon pour rembourser notre dette. « Allons-nous renflouer nos caisses avec cet argent là, en payant le prix fort : l’invasion du marché européen par les produits chinois fabriqués dans ces conditions ? »

François Hollande, le prochain Président de la République a réuni des économistes, hier, et a tenu une conférence de presse juste après.

« Le sommet de Cannes est sûrement l'épuisement d'une formule, celle du G20, et la confirmation des limites de Nicolas Sarkozy » « Aucun objectif (du G20) n'a été atteint ».

On se rappelle du discours de Toulon de Nicolas Sarkozy en septembre 2008, de ses promesses de régulation de l’économie mondiale, de fermeture des paradis fiscaux. Depuis rien a changé. Rien n’a été fait.

Ce n’est pas le problème de la Chine crainte par Apolline, qui finira par s’effondrer elle-même dans cinq, dix ou cinquante ans, tant les conditions de vie y sont nulle, tant l’endettement privé est fort, tant il y a des différences entre les couches de population, …

C’est le problème de l’économie mondiale et de l’Europe.

« Et le candidat de décliner ses propositions. «Aucune banque ne devrait travailler avec un pays qui abrite un paradis fiscal». Hollande a plaidé également pour «une liste noire des hedge funds» (fonds spéculatifs) et une réforme de la gouvernance mondiale, avec «une instance politique qui prenne en charge la question monétaire, financière et commerciale». Autres propositions : renforcer le fonds de solidarité financière, autoriser la BCE à racheter une partie des emprunts d'État, mettre en place les eurobonds, qui entraîneraient «une gouvernance budgétaire». Hollande suggère aussi «une unité de commandement» qui soit «le président du Conseil européen, absorbant la présidence de la Commission et même celle de l'Ecofin». »

La France ne fera rien sans une Europe forte et seule la victoire d’un candidat de gauche dans un des piliers de la gauche pourra entraîner une dynamique pour opérer les changements nécessaires…

On nous dit qu’on est dans une crise économique, certains en situent le début à 2008 mais, pour ma part, depuis que je suis môme, je vis dans un monde où le chômage croît, où l’on me parle de déficit, de dette, de TINA, … La crise est là depuis près de 40 ans, avec les chocs pétroliers en symbole qui auraient tout créé.

Mais il y a une autre raison, bien expliquée par Intox2007, hier. J’avais d’ailleurs diffusé une vidéo d’une dizaine de minutes dans un autre blog, ce week-end. Je vous recommande de la voir en entier. En 1973, Valéry Giscard d’Estaing a fait voter la loi n°73-7. Elle a été reprise dans le traité de Maastrich (c’est le sujet du billet de Monsieur Poireau d’hier puisque dorénavant, nous sommes coincés au niveau Européen). Elle est devenue l’article 123 du traité de Lisbonne, maintenant dénoncé par beaucoup.

Ce texte dit que l’état (les états…) ne peuvent plus emprunter du pognon à (aux…) la banque centrale pour « couvrir leurs déficits ». Concrètement, on ne peut plus faire tourner la planche à billets pour payer nos frais mais, en plus, on est obligés de faire appel à des banques privées et donc d’avoir des taux de crédit très élevés. Valéry Giscard d’Estaing a privatisé la dette (et la création monétaire).

Vous vous rappelez de 1981 quand Valéry Giscard d’Estaing a été foutu dehors ? Il faut que 2012 y ressemble. Non seulement Nicolas Sarkozy doit être foutu dehors mais la politique économique imposée par Valéry Giscard d’Estaing qui a fait qu’on n’a jamais pu se remettre des « chocs pétroliers » doit être arrêtée.

François Hollande se mettra au travail avec ses collègues européens et ne se contentera d’agiter ses bras devant Barack Obama pour faire croire qu’il est le roi du monde.

Seule sa victoire en mai 2012 permettra à l’Europe de s’en sortir.

12 août 2011

Déficit : Gauche - Droite : pas pareil...


Ces deux schémas sont suffisamment évocateurs pour que je m'évite des commentaires... (trouvé chez Le Monde par Marc). Ca ne mange pas de pain de le ressortir.

10 août 2011

Foutons la dette à la corbeille !

La dette ! Toujours la dette ! Nos politiciens commencent à en parler sérieusement. Alain Jupé a confirmé que la règle d’or n’était pas la solution. Attendons de voir ce qu’ils vont nous sortir de leurs chapeaux, tous ces braves gens qui « candidatent » à la Présidentielle ou leurs ministres en poste. De toute manière, ça risque bien de faire comme en 2007 où tout le monde parlais de la dette quelques mois avant l’élection, avec des chiffrages de programmes, des comparaisons, … Dans la dernière ligne droite, tout était oublié…

On ne gagne pas une élection en disant aux électeurs : « Avec moi, vous vous serrerez la ceinture… »

Ce qu’il y a d’intéressant, dans cette période, c’est qu’on commence réellement à entendre parler de hausses d’impôts, par l’intermédiaire de la suppression de certaines niches fiscales.

Par contre, on ne sais pas lesquelles. Je m’attache bêtement à des détails. C’est d’ailleurs rigolo, le gouvernement nie les hausses d’impôt. C’est con d’attendre une année électorale pour les prévoir…

François Baroin était l’invité du JT de TF1, lundi (je n’ai pas regardé, j’étais occupé dans le Nord, comme l’atteste cette photo).

« Crise de la dette : pas de hausse d'impôts, promet Baroin. »

Ouf ! Sauvés…

« En évitant soigneusement les termes de rigueur et d'austérité, le ministre de l'Economie a assuré que Bercy "allait réduire les dépenses, mais pas augmenter les impôts", afin de réduire le déficit. » On supprime les niches sans augmenter les impôts ?

«  "La France sera au rendez-vous de ses engagements vis à vis de ses partenaires", a promis le ministre. "Nous devons être déterminés et exigeants. En 2013, le déficit de la France sera le même qu'avant la crise de 2008", a-t-il poursuivi. » Avant la crise de 2008 ? Et avant que les premières mesures fiscales prises suite à la l’élection de Nicolas Sarkozy fassent de l’effet…

« Néanmoins, pour le ministre, des leçons devront être tirées de ces tempêtes boursières : "La zone euro n'est pas suffisamment optimale, elle devra être plus rapide, plus efficace et répondre aux attentes des investisseurs." »

Si elle pouvait commencer par répondre aux attentes des peuples…

Qu’attendent les peuples ? Heu… Joker.

M. Mariani, de « la droite populaire », a relancé son éternel thème à propos de la chasse aux fraudeurs et son fameux fichier des allocataires. C’est bien la droite ! Remonter les gens contre eux et faire du fichage. Même quand le fichier existe déjà…

La peuple attend un fichier ? Ah ! Non ! Il attend de lutter contre les méchants fraudeurs…

Pourtant, « Le ministre espérait augmenter le rendement de la chasse à cette fraude au cumul indu d'allocations sociales, une chasse qui a permis de récupérer « un peu plus d'un milliard d'euros, soit 10 % de plus que l'année précédente ». » Un milliard… ? « un rapport parlementaire en juin dernier évaluait la fraude aux prélèvements sociaux par les entreprises à 8 à 15 milliards d'euros. On n'entend pas beaucoup la droite populaire, et encore moins le gouvernement, faire de lumineuses propositions sur le sujet... » Ah ! Voila du pognon.

D’après M. Mariani, le fichier des allocataires « permettra de constater les abus. Une même personne peut toucher indûment le RSA dans plusieurs départements, car aucun d’entre eux ne croise les dossiers. »

Je ne sais pas si c’est vrai, mais M. Mariani a oublié de rappeler que c’était la droite qui avait confié la gestion du RMI (puis du RSA) aux départements comme si ça pouvait avoir un sens de « départementaliser » la gestion de la solidarité nationale.

Mais je crois que je m’inquiète pour rien. Je ronchonne dans mon coin.

Alors que tout va bien. « le Dow Jones a gagné 3,98% et le Nasdaq 5,29%. »

07 août 2011

Des solutions pour sortir de la crise

Avec le vieux Jacques qui n’est pas spécialement un observateur avisé de la vie politique mais un charmant camarade d’apéritif nous étions pliés de rire en lisant le Parisien (l’édition papier, mais si, ça existe !) hier midi. Non seulement, le dessin était très drôle (illustration) et nous pouvions aussi nous moquer des actionnaires des sociétés qui ont perdu une fortune en bourse (ils n’avaient qu’à dépenser leur pognon dans les bistros), mais une illustration présentant la dette de tous les pays du monde était étonnante.

Tous les pays du monde sont endettés.

Le vieux Jacques était persuadé que c’était les Chinois qui nous prêtaient de l’oseille mais même pas : ils sont endettés aussi. Avec le vieux, on imaginait que A devait du pognon à B qui en devait à C qui en devait à A…

A qui ces pays doivent de l’argent alors me demande-t-il ?

Ben aux marchés financiers, vieux con.

Mais qu’est-ce qu’on en a foutre, alors ?

Moi ? Rien…

Pour sortir de la crise de la dette, des solutions existent. Les blogueurs en ont plein. Moi, par exemple, je proposais récemment de prendre le pognon où il est. CC, Louis, Elmone et Seb Musset semblent d’accord avec moi.

Melclalex propose une autre solution : faire marcher la planche à billet. Les USA ont une dette de 14 000 milliards de dollars. Qu’ils impriment pour 14 000 milliards de dollars et on n’en parle plus. Qu’on fasse pareil… Et hop ! On rembourse, plus de dette, et on est peinards. Avec un peu de chance il restera un peu de pognon pour payer une tournée au bistro.

Certes, les dommages collatéraux seront terribles : il y aura de l’inflation. Le pognon ne vaudra plus rien. Cela dit, rembourser des enfoirés qui gagnent de l’argent avec la dette avec du pognon qui ne vaut plus rien a un côté jouissif. En fait, que l’argent ne vaille plus rien n’est pas très grave : ça ne fait du mal qu’à ceux qui en ont. Mon dieu ! Nous allons ruiner des riches. Qu’ils se consolent ! Comme on va augmenter leurs impôts, ça leur fera moins de mal.

Les pauvres vont aussi souffrir, certes. Mais quand on n’a rien, on devrait pouvoir assez facilement se passer de la moitié.

C’est mal de dire ça je sais.

Mais ça fait 25 ou 30 ans qu’on nous bassine avec la maîtrise de l’inflation. Il faudrait peut-être commencer par étudier d’autres pistes…

De toute manière, on ne sort d’une vraie crise économique que par la guerre ou l’inflation.

J’ai choisi.

03 août 2011

La règle d'or, moi pas !

Ainsi, Nicolas Sarkozy veut modifier la constitution en y ajoutant une « règle d’or » visant à mieux encadrer les déficits publics. Elle a fait l’objet de nombreuses critiques et je propose d'aider nos dirigeants à améliorer cette règle pour qu'elle ne soit plus critiquable.

Les critiques, notamment de ma part, ont tourné autour de deux axes.

Le premier : c’est une mesure de communication, le Gouvernement actuel et la droite en général est bien responsable d’une grande partie de la dette qui a explosé en 10 ans alors qu’elle avait baissé lorsque les socialistes étaient aux manettes.

Il se trouve toujours quelques loustics qui viennent nous parler de conjoncture économique, il nous est alors assez  facile de rappeler toutes les mesures prises par la droite, notamment pour diminuer les ressources de l’état.

A un de mes derniers billets à ce sujet, où je diffusais un graphique d’évolution de la dette depuis 94, un éternel troll lassant est venu me reprocher de ne pas diffuser la courbe de la dette depuis 81, je me suis amusé à lui répondre que l’on pourrait aussi commencer en 1974. L’avantage n’irait pas, et de loin, à la droite.

Ca fait quarante que la dette augmente. Elle n’a baissé réellement qu’une seule fois, vers 2000, et l’augmentation est en flèche depuis 2007. Les circonstances économiques ont bon dos, à force de tailler dans les recettes, on n’a plus de pognon. Les seules mesures prises étant de casser les services publics, le peuple français est le grand perdant.

Le deuxième : c’est une mesure de communication. Nous sommes déjà engagés par des traités internationaux « repris » par la constitution à limiter nos déficits publics et notre dette.

On n’a pas respecté nos engagements. Pourtant, quand la gauche était au pouvoir depuis l’entrée en vigueur de ces traités, les engagements étaient bien respectés.

Cela dit, nous pourrions aider le gouvernement à trouver des mesures pour compléter efficacement cette règle d’or.

Par exemple, nous pourrions modifier la constitution pour rendre inéligible tout responsable politique ayant creusé la dette sous son mandat (soyons bons ! Laissons lui une marge de % du PIB pour faire face aux mauvaises conjonctures).

Nous pourrions aussi la modifier pour interdire toute baisse des impôts progressifs sur les revenus en cas de déficit chronique.

Nous pourrions interdire toute exonération de charge qui ne soit pas réellement compensée par la création d’emploi.

Nous pourrions obliger la taxation des dividendes des entreprises en fonction de la part de leur chiffre d’affaire obtenu à partir de marchés publics.

Nous pourrions taxer les bénéfices, en plus de l’impôt normal sur les sociétés, à hauteur des aides publiques reçues ou des exonérations de charges.

Nous pourrions interdire le renouvellement de marchés publics avec toutes les entreprises qui n’ont pas 90% de leurs employés avec un emploi non précaire ou qui font exagérément appel à la sous-traitance pour détourner cette règle.

Nous pourrions rendre inéligible toute personne bénéficiant d’avantages de la part de sociétés vivant largement de marchés publics.

Cette dernière mesure, comme peut-être la première, est éminemment populiste mais le commentateur est invité à m’expliquer en quoi les autres ne sont pas de bon sens et beaucoup plus utiles que la règle d’or proposée par le gouvernement.

D’autres propositions seraient les bienvenues.

28 juillet 2011

Le ridicule ne tue pas, même au FMI

C’est une vieille rengaine, depuis que je tiens ce blog : dès que je publie des mauvais chiffres économiques, certains ont l’air de croire que je m’en réjouis. Mon copain FalconHill, d’ailleurs, vient de commenter mon billet d’hier soir à propos de l’augmentation du chômage en laissant penser que ce chiffre devrait réjouir certains gauchistes.

Il ne faut pas faire d’amalgame : le mauvais état de l’économie française et les chiffres abominables publiés chaque jour ou presque ne m’amuse pas. Par contre, ils viennent prouver que je n’ai pas tort quand je dis que la politique économique du gouvernement est mauvaise et m’aider dans mes contributions à mon vague niveau à la campagne électorale.

Nous avons d’un côté Monsieur Sarkozy qui, en s’asseyant sur les principes constitutionnels, vient prier le principal parti d’opposition de l’aider dans sa politique (voir mes billets depuis avant-hier) pour essayer de le foutre dans la merde et de l’autre côté toutes les preuves que tout va mal. Je vous passe l’augmentation du chômage, j’en ai parlé hier soir.

Je vous passe aussi l’information hors sujet mais à plier de rire : le site Internet de l’Elysée a été piraté ! Pour des as de la sécurité, de la protection des données, … et d’Hadopi, ça la fiche mal. Incapables d’assurer la sécurité d’un système d’information basique et ils viennent légiférer à propos de l’utilisation d’Internet. Ca ne me réjouit pas, ça m’amuse… Nuance.

C’est d’une information que j’ai entendue à la radio ce matin que je voulais parler. « Le Fonds monétaire international a beau être dirigé par Christine Lagarde, l'ex-ministre de l'Economie française, il n'est pas aussi optimiste que le gouvernement quant aux perspectives de réduction des déficits publics !... »

C’est à plier de rire : en temps que Ministre de Finances, c’est Madame Lagarde qui était chargée de valider les prévisions pour le gouvernement mais les services qu’elle dirige maintenant viennent de dire qu’elles étaient n’importe quoi.

On ne nous prendrait pas un peu pour des cons ? Et en plus ils viennent donner des conseils.

En outre, c’est Nicolas Sarkozy qui « a placé » Madame Lagarde à ce poste et la première (ou presque) déclaration qui en émane est que la politique menée par la France n’est pas bonne, que tous les efforts faits par Nicolas Sarkozy pour mettre le PS dans le bouillon ne sont qu’une vaste rigolade et surtout une mesure de communication : « Le Fonds préconise enfin d'adopter la "règle d'or" budgétaire qui accroîtrait la crédibilité de l'engagement des autorités françaises à réduire les déficits, au moment où la mesure fait débat. »

Il y a le meilleur : « Pour respecter ses engagements, l'institution recommande notamment à Paris de réformer plus profondément le système des retraites en envisageant un nouveau report de l'âge légal de départ à la retraite... » Le jour où on annonce l’augmentation du chômage, des guignols internationaux nous disent de travailler plus…

« Le FMI salue par ailleurs les efforts de redressement budgétaire déjà réalisés et appelle à poursuivre en ce sens : "La France ne peut prendre le risque de rater ses objectifs budgétaires à moyen terme, étant donné le besoin de renforcer la mise en œuvre du Pacte de stabilité et de conserver les coûts d'emprunts à un niveau peu élevé en confortant sa note AAA", précise ainsi le rapport. »

Ces guignols viennent confirmer qu’il faut qu’on modifie la constitution pour gagner de la crédibilité auprès d’agences de notation farfelues, juste pour tenter de démontrer par l’absurde que la politique menée par la droite en France est mauvaise.

Accroitre « la crédibilité de l'engagement des autorités françaises à réduire les déficits » ? Ce n’est pas auprès de vagues officines cachées à Manhattan qu’il faut augmenter la crédibilité mais auprès du peuple Français.

Nous, quoi…

Bon ! Je vous ai bassiné avec des schémas à propos de la dette et du déficit, ces deux derniers jours. Je vais changer. Je vais illustrer ce billet avec une courbe du taux de chômage.

Je ne sais pas ce qu’en pense le FMI. Par contre, je sais qui le finance : les états. Nos impôts. Notre déficit, quoi !

27 juillet 2011

Et la fraude fiscale ?

Dans l’opposition à Nicolas Sarkozy qui essaie de mettre les socialos en porte-à-faux, c’est Ségolène Royal qui jette une nouvelle pierre intéressante (via Intox2007, allez lire et voir). Après ou avant les exonérations fiscales, ce qui pèse le plus sur le budget (et donc le déficit et la dette) est la fraude fiscale, de l’ordre de 50 milliards d’euros par an.

Ce chiffre ne vous dit rien ?

Je vais vous coller un graphique évocateur, comme Intox2007, mais moi, c’est aussi pour faire chier mes lecteurs réacs qui ne comprennent rien à l’économie.

Ce graphique provient de la Documentation Française (je dis ça parce qu’une des courbes d’un de mes graphiques d’hier soir était peut être fausse). En outre, il s’arrête en 2006, j’en ai marre qu’on me rétorque que tout est lié à la crise de 2008 (voir par exemple les commentaires chez Bem). Nicolas Sarkozy était ministre du budget ou des finances une partie du temps où la courbe est au plus bas.

50 milliards d’euros ? Ca correspond environ au montant du déficit quand tout va mal et que la droite est au pouvoir. Attention ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : je n’ai pas dit que la fraude était due à la droite. J’explique juste ce que représente 50 milliards. Maintenant, ça « représente beaucoup moins ». Le déficit public frôlant les 150 milliards en 2010, la fraude n’en représente donc qu’un tiers.

Tiens ! Les baisses d’impôt depuis la droite au pouvoir ont coûté 40 milliards. C’était pour donner une nouvelle comparaison avec les 50 milliards. Ces 40 milliards n’ont pas grand-chose à voir avec la crise : ce sont des baisses directes causées par la loi.

Nos députés et ministres de droite sont très fort pour affirmer qu’il faut diminuer le train de vie de l’état : ils l’ont fait mais en diminuant les recettes. Pour ma part, quand je veux diminuer mon train de vie, je choisis un bistro moins cher, je ne demande pas une diminution de salaire à mon patron. Mais c’est bien facile de faire des promesses électorales. Surtout quand elles vont ne bénéficier qu’à ceux qui payent le plus d’impôts, donc les plus riches ! Du coup, vous allez voir qu’ils ne vont pas tarder à nous dire qu’il faut une TVA sociale (pour tenir les objectifs rendus obligatoires par une modification de la constitution) en faisant en sorte que tous les consommateurs payent… Parallèlement, ils vont continuer à torpiller les retraites, la sécu, l’Education Nationale. Et la sécurité, mais ça ils ne vont pas le dire à leurs électeurs.

Ils aiment bien dire à leurs électeurs réacs qu’il faut s’attaquer aux fraudeurs à la sécu, à tous ses étrangers qui se soignent au frais de la sécu en piratant des Cartes Vitale et j’en passe !

Ce qu’ils oublient de dire c’est le montant de cette fraude. Quelques estimations tournent autour de 400 millions.

Soit moins de 1% de la fraude fiscale.

Il serait peut-être temps de dépenser de l’argent à lutter contre cette fraude plutôt qu’à chasser le misérable étranger dont il faudra s’occuper ou la jeune fille qui prend la carte Vitale d’une copine pour se payer la pilule parce que sa mère, réac, ne veut pas…

C’est ce qu’explique Ségolène Royal. J’aime quand tous nos candidats partent au front ensemble !

L'union nationale contre la dette : un chantage ?



« En France, Sarkozy joue donc l'union nationale contre la dette, sans transiger aucunement sur ses propres cadeaux fiscaux. » sans la moindre vergogne, je pique la conclusion du billet de Sarkofrance (qui aborde un tout autre sujet… ou presque). J’ai été « soulagé » ce matin quand j’ai entendu Martine Aubry, dans le journal de 7 heures, sur France Info, voire les journalistes, dénoncer la pratique de Nicolas Sarkozy, une espèce de chantage à la bonne conduite.

Martine Aubry et François Hollande ont annoncé que les parlementaires socialistes ne voteront pas cette modification de la constitution (sauf Jack Lang ! Non… Je plaisante…). Le PS doit même aller plus loin et dénoncer le fait de jouer avec la constitution à des pures fins électoralistes… D’autant que Nicolas Sarkozy a utilisé une procédure hors constitution pour s’adresser aux parlementaires alors qu’il avait fait modifier la constitution, au début de son mandat, en modifiant les modalités de communication du Président de la République auprès des parlementaires. C’est fort, non ?

Nicolas Sarkozy pensait que le PS serait obligé de voter cette modification mais ce dernier n’a pas d’autre choix que de refuser et à prendre la responsabilité d’aller au clash.

Le Parisien : « «Convoquer le Congrès si la révision constitutionnelle est finalement rejetée, c'est prendre le risque d'exposer une fragilité», confie une source proche du gouvernement à l'AFP, qui souligne que «la France est le plus fragile des pays notés AAA par les agences de notation.» «On peut aussi convoquer le Congrès et mettre le PS devant ses responsabilités», ajoute-t-elle. »

C’est amusant de penser que le PS devrait plier devant les agences de notation : ça serait sa fin, il ne serait pas au second tour.
« Pour convaincre les élus réticents, le président avance «l'étape fondamentale» qu'a constitué selon lui le sommet de Bruxelles, en rappelant l'ambition de construire «un véritable Fonds monétaire européen» et en souhaitant «un véritable gouvernement économique» pour la zone euro. » En cinq ans, il n’a eu que le temps de faire des multiples effets d’annonce à propos de la régulation de l’économie.

« Mais, «pour réussir dans cette entreprise, pour entraîner ses partenaires», ajoute le chef de l'Etat, «la France (...) doit être exemplaire» dans ses comptes publics et revenir à l'équilibre budgétaire. » Quand la droite est arrivée au pouvoir, les comptes de l’état respectaient les critères imposés par nos accords internationaux. C’est un peu facile, maintenant, après avoir fait exploser les déficits, de prôner l’exemplarité.

«  La ministre du Budget, Valérie Pécresse, a appelé mardi le PS à revoir sa position «dans un esprit de responsabilité, pour les Français et pour la jeunesse à qui nous ne devons pas transmettre nos dettes» et à rallier la majorité. «Aujourd'hui, il y a deux options: les déficits ou la règle d'or, il n'y a pas de troisième voie», a-t-elle expliqué. » Si ! Il y a une troisième voie : celle de ne pas faire croire que modifier la constitution permettra de revenir à l’équilibre. Pour revenir à l’équilibre, il n’y a que deux solutions : augmenter les recettes ou baisser les dépenses.

Faire croire autre chose aux Français est faire preuve d’absence « esprit de responsabilité ».

L’« esprit de responsabilité » exige de revenir sur la plupart des mesures fiscales prises depuis 2002 et la forte diminution des seuls impôts justes, ceux qui sont progressifs.  L’« esprit de responsabilité » exige de revenir sur toutes les exonérations iniques mises en places depuis 10 ans et particulièrement lors de l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République.
« Le chef de l'Etat «n'a aucune leçon à donner, il a même plutôt une repentance à avouer: c'est sous son mandat que les comptes publics se sont dégradés avec la plus grande rapidité et, hélas, la plus grande intensité», a jugé François Hollande. Sa rivale aux primaires socialistes, Martine Aubry renchérit : «L'histoire retiendra que la décennie de la droite au pouvoir aura été celle du doublement de la dette». »

Il faut le marteler.

(premier schéma, deuxième,     troisième – ce dernier sans légende correspond à l’évolution du « solde primaire de l’état »)