En salle

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31 mai 2015

Libéralisme et rocardisme ?

Michel Rocard sort un bouquin : « Suicide de l’Occident, suicide de l’humanité. » C'est rigolo. Si je faisais un billet de blog avec ce titre, ma réputation de vil réac serait confirmée. Si c'était un de mes copains réacs, il passerait au rang des pires fascistes ! Peu importe. Michel Rocard donne une interview au Temps. Je suis assez d'accord avec lui mais je voudrais commenter deux passages avant l'apéritif dominical.

« Je redoute que, derrière ce terme «social-libéralisme» se cache un socialisme évanescent, et des entreprises de plus en plus faibles, happées par la finance. Je m’étonne d’ailleurs qu’en France, le libéralisme soit seulement considéré sous son angle économique. La tradition libérale, dans le monde anglo-saxon, est une tradition morale issue de l’esprit des Lumières. Elle véhicule l’idée que la liberté a des limites. Je le redis: social-démocrate oui, social-libéral non. »

Je crois qu'il est temps d'arrêter de jouer sur les mots et Michel Rocard fait très fort dans cette partie, notamment au début vu que ce sont ceux qui se revendiquent du « social-libéralisme » qui sont les seuls à défendre les entreprises, TOUS les autres les accusant de leur faire des cadeaux fiscaux.

Depuis le discours de début de l'année 2014 de François Hollande, on s'engueule sur les étiquettes. Finalement, je suis un libéral de gauche et me fous totalement des déclinaisons du mot « socialisme ».

« Le troisième est la réticence, toujours réelle, qu’ont les politiques français à parler et à s’occuper d’économie sur le long terme. C’est encore le cas pour une bonne moitié du PS français. Or c’est sur ce front-là que tout se joue ! » « J’ai toujours défendu l’économie de marché au nom de la liberté, alors qu’une partie du Parti socialiste français, tout au long de son histoire, a préféré la rejeter. »

Là, je suis parfaitement d'accord. Mais je doute que cette « bonne moitié du PS français » s'y reconnaisse. Comme j'étais d'accord, dans le premier extrait que je cite, à propos du libéralisme, considéré sous son angle économique uniquement.


24 janvier 2011

Michel Rocard et la réduction du temps de travail

Je n’ai pas l’habitude de dire du bien de Michel Rocard mais je suis bien content de sa déclaration au Monde (je n’ai pas lu l’interview, juste des dépêches l’évoquant) : il y a enfin un dirigeant socialiste qui dit qu’il faut poursuivre la réduction du temps de travail, avec quelques chiffres à l’appui.

« "Nous travaillons quelque 38 milliards d'heures en France chaque année. Vu le nombre de chômeurs - près de 2,9 millions - il est urgent de passer à 41 ou 42 milliards d'heures collectivement", relève-t-il.

"Mais pour que chacun ait sa place sur le marché du travail, il faut tomber à moins de 35 heures par semaine. Et c'est d'autant plus nécessaire que la durée de vie s'allonge", poursuit-il. »

Cette baisse du temps de travail hebdomadaire doit être la contrepartie du relèvement de l’âge de départ à la retraite récemment fait par le gouvernement.

« Par ailleurs, alors que le gouvernement veut réformer avant l'été la fiscalité du patrimoine, l'ancien Premier ministre se prononce pour la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). "A condition qu'on le remplace par un impôt annuel sur l'ensemble du capital des entreprises, et que cela se fasse à un niveau tolérable", dit-il. »

Je ne sais pas ce qu’il entend par un impôt sur le capital des entreprises mais la proposition mérite d’être étudiée.

Cela dit, il faut être vigilant : la baisse du temps de travail ne doit pas s’accompagner d’une perte de revenus pour les gens, cela serait dramatique.

26 août 2009

La grosse commission pour l'emprunt

La liste des 24 membres de la Commission machin pour l’emprunt, présidée par les blogueurs zinfluents Rocard et Juppé, a été publiée.

L’étude approfondie ne nous apprend pas grand-chose. A part qu’il n’y a pas un seul élu.

Le chef a parlé : « Le montant de l'emprunt national dépendra des besoins que vous allez identifier et de la capacité d'endettement que nous aurons ».

A propos de « la capacité d’endettement que nous aurons », je vais lui rappeler qu’elle est à peu près nulle compte tenu de la dette que nous avons déjà. Plus exactement, il est prouvé que nous avons une TRES FORTE capacité d’endettement.

« "Dites-nous quelles sont les priorités stratégiques (...) et nous définirons les moyens", a-t-il ajouté, "je ne bornerai pas la liberté de votre réflexion à un cadre budgétaire précis". » Ah ? Les députés que nous avons élus ne sont pas là pour définir les priorités ?

« Il n'y aura donc dans vos travaux d'autre limite que celle de l'utilité ou de la pertinence des investissements à engager. Nombre d'entre eux, je le précise d'ailleurs, peuvent dégager des revenus financiers qui permettront de rembourser l'emprunt ou d'y associer des investissements privé. » Ouais. Un emprunt rentable. Pour combler les trous…

Rapporteurs de la commission :

- Philippe Bouyoux, inspecteur général des finances

- Geneviève Le Bigot, conseiller spécial du maire de Bordeaux

- Olivier Ferrand, président de la Fondation Terra Nova, proche du PS

- Jack Azoulay, inspecteur des finances

Membres de la commission :

- Edouard Bard, professeur au Collège de France

- Christian de Boissieu, président du Conseil d'analyse économique

- Monique Canto-Sperber, directrice de l'Ecole normale supérieure

- Catherine Cesarsky, haut-commissaire au Commissariat à l'énergie atomique

- Philippe Dessertine, professeur à l'université Paris-Ouest Nanterre

- Jean de Kervasdoue, professeur au Conservatoire national des arts et métiers

- Marion Guillou, présidente du conseil d'administration de l'école polytechnique

- Alain Grandjean, fondation Hulot

- Bettina Laville, associée au cabinet d'avocats Landwell, Landwell et associés

- Faytine Layt, présidente d'Oddo Corporate Finance

- Elisabeth Lulin, directrice générale de Paradigmes et caetera

- Claude Mandil, ex-président de l'Agence internationale de l'énergie

- Véronique Morali, présidente de Fimalac Developpement ou Terra Femina

- Nicole Notat, ex-secrétaire générale de la CFDT, présidente de Vigeo

- Eric Orsenna, écrivain, membre de l'Académie française

- Edouard Philippe, directeur des affaires publiques chez Areva

- Denis Ranque, président du Cercle de l'industrie

- Laurence Tubiana, directrice de la chaire de développement durable à l'IEP de Paris

15 juillet 2009

Valls a chaud aux étiquettes

Martine Aubry a écrit une "lettre ouverte" à Manuel Valls pour le sermonner. Cette information n'a aucun intérêt mais j'avais un excellent titre de billet à recycler. Gageons qu'elle écrira bientôt également à Jack Lang et à Michel Rocard.

06 juillet 2009

Michel Rocard les amasse

Michel Rocard avait été sélectionné pour le prix de l’humour politique pour cette phrase : « Le PS est mal portant ; et comme je respecte les hôpitaux, je baisse la voix comme on doit le faire quand il y a un malade dans la place. » On apprend aujourd’hui qu’il va coprésider, avec Alain Juppé, une commission destinée à « réfléchir aux priorités du futur emprunt national ». Michel Rocard est également « président de la "Conférence des experts" sur la taxe carbone » et « ambassadeur de France chargé des négociations internationales relatives aux pôles Arctique et Antarctique. ».

Il baisse la voix mais cumule les postes ! On a tous un fond de respect pour ce que représente Michel Rocard mais je me demande s’il se rend compte qui vient de se faire nommer président du machin qui va déterminer les orientations de la politique d’un gouvernement de droite.

L’hôpital qui se moque de la charité…

15 janvier 2008

Emmanuelli vs. Rocard

Alors que Henri Emmanuelli montre une nouvelle fois sa clairvoyance sur l’Europe, Michel Rocard pousse une nouvelle fois le Parti Socialiste vers la défaite. Tout le monde ne vieillit pas aussi bien !
Je laisse mes camarades Dagrouik et Marc Vasseur faire le travail de blogage qui va avec. Au boulot, les gars !

Néanmoins, il faut remarquer un vague mensonge du Monde : « Emmanuelli déplore les divisions du PS sur le traité européen »… Il ne déplore pas vraiment, il constate.

Tiens ! Une revue de blogs... Fiso est excédée par ce qu’elle voit à la télé le matin. Elle se lance dans la politique ? Donatien, quant à lui, se livre à une série de réflexions sur le travail le dimanche. Apportons-lui du grain à moudre ! Enfin, nea s’est livré à une série de réflexions sur sa manière de définir la gauche, qu’en pensez-vous ?

30 août 2007

Laurence Parisot a atteint l'âge de la retraite ?

Nicolas Sarkozy a choisi d’annoncer ses nouvelles réformes économiques à l’université d’été du MEDEF à Jouy-En-Josiane dans les Evelynes, près de Gif-sur-Yvette.

Est-ce le bon lieu pour le faire ? La polémique fait rage ce matin. Je dois donc apporter une réponse formelle : non.

Voilà ! J’ai enfin compris ce qu’est la rupture ! Il s’agit de rien faire à part des discours chiadés mais de les faire là où il faut.

C’est un peu comme l’ouverture. On fait bosser ensemble des personnalités politiques de tous bords comme ça a toujours été fait, mais on annonce qu’on les a débauchés. En l’occurrence, Michel Rocard, de Tours, qu’on ne pouvait pas soupçonner de beaucoup de maux, raconte beaucoup de bêtises depuis un an. Néanmoins, ce n’est pas lui que nous qualifierons de gros con du jour.

Par là-dessus, le gouvernement nous annonce travailler sur un impôt plancher. « "L'idée, c'est de travailler sur les niches fiscales et de clarifier tout cela", a souligné M. Wauquiez ». Résumons. Clairement.

En juillet, on fait une loi fiscale ajoutant des niches fiscales, ce qui veut dire « des moyens amusants pour faire diminuer ses impôts ». Fin août, on annonce un travail pour diminuer les niches fiscales et « clarifier tout ça ». Voilà. C’est la politique de communication du gouvernement.

On donne des avantages aux plus riches et on parle avec les patrons tout en faisant croire aux mesquins gauchisants qu’on va travailler sur leurs thèmes.

C’est pas beau, ça ? Laurence Parisot va encore nous faire un beau discours pour nous montrer ça joie et son allant allègre à foutre en l’air la protection sociale mine de rien.

Tiens ! Augmentons l’âge de la retraite. Ca permettra à Laurent Wauquiez de faire un beau discours lui aussi quelques jours après pour dire que le gouvernement travaille sur des bricoles, comme la mise en place d’une commission confiée à Pierre Mauroy pour étudier les retraites anticipées des mineurs.

Notons bien que je dis ça au hasard. J’ai pris Pierre Mauroy parce que c’est un ancien Premier Ministre de Gauche encore vivant et que Michel Rocard est occupé par la grosse commission sus-mentionnée et que Laurent Fabius est parti chez le coiffeur pour ressembler à François Fillon. Et quand je dis "J'ai pris Pierre Mauroy", c'est un image.