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08 novembre 2012

T'as voté pour quoi ?

Mon confrère Sarkofrance s'interroge sur l'expression « je n'ai pas voté pour ça » employée par certains mécontents de la politique conduite par le Gouvernement.  Malheureusement, on ne vote pas pour "ça" mais pour "lui". Pour ma part, j'ai voté pour deux hommes, François Hollande, que l'on ne présente plus, et Jean-Luc Laurent, qui est maintenant mon député. 

Depuis que je tiens ce blog, j'ai toujours dit que l'on votait pour des gens, pas pour des projets ce qui ne m'empêche pas de défendre des projets, de soutenir des positions,...

J'ai même fait pire, j'ai dit à plusieurs reprises que je voyais pour François Hollande à la primaire parce que j'estimais que c'était le seul à pouvoir gagner la Présidentielle. 

J'ai ensuite voté pour François Hollande au premier tour de la Présidentielle pour deux raisons. La première est qu'il me paraissait le meilleur pour présider la République et qu'il avait le meilleur projet, la deuxième parce que, même si notre système électoral est stupide, il vaut mieux éviter le risque qu'aucun candidat de gauche ne soit présent au deuxième tour. 

Je vous laisse deviner pourquoi j'ai voté pour lui au second tour... Aux législatives, j'ai voté pour Jean-Luc Laurent parce que c'est lui qui portait le projet de François Hollande dans ma circonscription. J'ai pourtant hésité, loin avant l'élection. Je n'avais pas envie de voter contre Pierre Gosnat, le député communiste sortant. 

Maintenant, si François Hollande avait eu dans son projet : « Moi, Président de la République, je reviendrai sur l'augmentation de la TVA imposée par Nicolas Sarkozy mais je procéderai à un rééquilibrage des trois taux (5, 10 et 20) tout en récupérant une dizaine de milliards pour baisser les cotisations patronales. », j'aurais également voté pour lui. 

Et s'il avait fait cette proposition pour la primaire (ce qu'il a plus ou moins fait, avant, d'ailleurs, vous trouverez facilement son livre sur Internet, par exemple ici en pdf), j'aurais également voté pour lui, ne serait-ce que parce qu'il me semblait le meilleur candidat possible pour la Présidentielle, pour éviter que la droite ne rempile pour 5 ans. 

Alors maintenant, cher lecteur, je te pose la question : si tu as voté pour François Hollande à au moins un tour de la primaire ou au premier tour de la Présidentielle, aurais-tu voté quand même pour lui ?

S'il avait dit qu'il passerait la TVA à 22%, qu'aurais-tu fait ? Moi, j'aurais voté pour lui. 

J'ai voté pour lui. Il a fait le job. Il a été élu Président de la République et il a permis l'Installation d'une majorité socialiste à l'Assemblée Nationale. 

C'est pour ça que j'ai voté pour lui. C’est un peu ce que détaille Sarkofrance dans son billet.

Alors, bien sur, tout ne me plaît pas dans les décisions qui sont prises, je suis opposé à cette augmentation de la TVA. Je ne comprends pas pourquoi "ils" l'ont faite mais je leur fais confiance : vu l'état de nos finances, ils n'avaient peut-être pas le choix. Le "il n'y qu'à, faut qu'on" a ses limites. Je ne sais pas pourquoi "ils" l'ont faite mais je leur fais confiance. 

Et c'est pour ça que j'ai voté pour eux, finalement : parce que ce sont les seuls en qui j'avais confiance d'abord pour gagner l'élection et ensuite pour gérer le pays. 

Ce qui ne m'empêche pas d'être "vigilant", comme on disait après l'élection de Nicolas Sarkozy, et de leur dire : « hé ho, les gars ! Vous aviez dit que vous n'augmenteriez pas la TVA et vous le faites, vous pourriez avoir l'amabilité de vous expliquer devant ceux qui vous ont fait confiance et continuent à le faire. En outre, faites gaffe, il y aura d'autres élections... Surtout, ça pourrait limiter le pouvoir d'achat et donc être contreproductif ». 

Avant de conclure, je vais faire un (long) aparté. « On » critique beaucoup le plan présenté l’autre jour par le Gouvernement. On entend n’importe quoi : « ils auraient succombé aux lobbies, au Medef, … La compétitivité et le coût du travail, c’est n’importe quoi ». Bof… Mon confrère Melclalex nous présentait hier une comparaison des charges pesant sur les salaries : le problème est manifeste même si le coût du travail n’est pas ce qui explique notre différence de compétitivité avec l’Allemagne.

Toujours est-il que le redressement industriel du pays est au cœur du projet socialiste, notamment via les propositions d’Arnaud Montebourg. On a migré en trente ou quarante vers une société de services ce qui fut peut-être une erreur (je ne suis pas formel mais il y a un bien un problème). Je vais donc vous laisser lire le dernier billet du blog de Jean-Luc Laurent (essayez de suivre, c’est mon député, par ailleurs Président du MRC, le parti de Chevènement) : « Désormais le redressement productif est plus qu’un slogan habile. » « La France a un avenir industriel si notre pays s’en donne les moyens. Après des années de déclin marquées par la perte de compétitivité, les destructions d’emplois et d’activités industrielles, la prise en compte des propositions du rapport de Louis Gallois marque une rupture majeure que soutiennent les républicains, attachés à l'avenir et à la souveraineté de la France. Dans un cadre européen contraint par la monnaie unique qui rend impossible la dévaluation, les mesures proposées par le gouvernement, dont le crédit d’impôt pour les entreprises de 20M€, sont utiles à court terme. A moyen et long termes, la conduite d’une véritable politique industrielle autour de l’innovation, de l’investissement et de la formation est indispensable pour sortir la France de l’impasse. »

Il est temps que je conclue : mon redressement productif personnel dans le blog n’est pas au top et celui pour le boulot risque de ne pas être génial.

« Je n'ai pas voté pour ça ». Moi si. J’espérai autre chose. Quand l’Equipe de France se prépare à jouer un match de foot important, on dit souvent qu’il y a 65 millions de sélectionneurs en France. Le lendemain, on refait le match. On dit que tel ou tel a fait une erreur, n’aurait pas du faire cette passe idiote alors qu’il aurait pu tirer au but directement, …

Il y a 45 millions d’électeurs. Je voterais immédiatement pour ceux qui interdisent les heures de fermeture de bistro, qui promettent un métro direct entre l’Avenue de Suffren (où je bosse) et le Kremlin-Bicêtre (où j’habite) ainsi qu’une ligne de TGV en l’Avenue de Suffren et Loudéac (où je vais en week-end) et une autre entre Loudéac et le Kremlin-Bicêtre pour le retour le dimanche soir… Non, je vais être conciliant. L’Avenue de Suffren est à deux pas de Montparnasse, je peux y aller en métro. Mais dans ce cas, on ajoute une proposition : la suppression des taxes sur la bière.

Je voterais bien pour ça. Mais on ne me le propose pas. Alors je vote pour des hommes, conformément à la Constitution de mon pays, que je critique régulièrement, d’ailleurs.

Dans l’attente, on a un pays à redresser. J’ai voté pour des types pour qu’ils fassent le job.

C’est pour ça que j’ai voté.

Et pour 60 engagements. On fera le bilan dans 5 ans.

Et je voterai à nouveau pour lui.

03 janvier 2012

La TVA ne peut avoir de "social" que le nom !

Valérie Pécresse a confirmé dans la presse la mise en œuvre d’une TVA sociale avant l’élection présidentielle.

Je me demande comment une nouvelle taxe peut être sociale ! Ca me rappelle la grande époque du gouvernement Raffarin, où ils nous mettaient le mot « social » à toutes les sauces. Je crois que c’est Jean-Louis Borloo qui avait inventé « la croissance sociale », comme si ça pouvait dire quelque chose.

« L'augmentation de plusieurs points de la TVA est une double faute :

Faute économique, car la France s'enfonce déjà dans la récession et la baisse programmée du pouvoir d'achat des Français va immédiatement entraîner une baisse de la demande et donc une aggravation de la récession et une hausse du chômage.

Faute sociale, car la TVA est un impôt particulièrement injuste qui frappe massivement  ceux qui dépensent la totalité de leur petit revenu et marginalement ceux qui ayant de gros revenus, en épargnent la plus grande part. » (j’aime bien pomper l’argumentaire du Parti Socialiste, ça sent le Sapin...).

Je vais le traduire en langage PMA : d'une part, c'est complètement con d'augmenter les taxes sur la consommation vu que ça va faire baisser cette dernière et nous propulser plus profondément dans la merde et d'autre part, ça commence à bien faire, toutes ces mesures qui ne pénalisent que les couches populaires et moyennes, au grand bénéfice des plus riches des français.

Que nous dit Mme Pécresse ?

« La TVA sociale pour créer de l'emploi en France et pour éviter que des produits importés ne soient vendus chez nous à bas coûts, nous allons la faire et nous allons la faire avant l'élection présidentielle. »

Sujet, verbe, complément ? Un détail… Ca commence bien.

Madame Pécresse est invitée à nous expliquer comment un impôt peut créer de l’emploi (surtout quand il est créé par un gouvernement qui se revendique libéral) ? La TVA sociale va augmenter le coût des produits, donc diminuer la consommation et donc la production… Pour augmenter le chômage ?

Madame Pécresse oublie de préciser que la TVA sociale ne s’applique pas sur les produits importés mais sur tous les produits.

« Nous allons la proposer aux syndicats lors du sommet social" qui doit être réuni le 18 janvier autour du président Nicolas Sarkozy à l'Elysée. »

C’est intéressant de consulter les syndicats sur ce genre de truc qui n’est pas franchement de leur ressort. Il aurait été néanmoins intéressant de consulter les représentants du peuple, au Parlement, lors du vote du budget, avant d’envisager une évolution majeure de notre fiscalité dès le premier mois d’application du budget voté.

Il aurait aussi été intéressant de faire les grandes réformes fiscales dès le début du mandat (mais l’heure était aux cadeaux aux plus riches) et pas dans la précipitation, quatre mois avant des échéances majeures.

Mais qui s’intéresse encore aux désirs des représentants du peuple ? Qui s’intéresse encore aux échéances électorales ?

(photo)
A lire aussi chez Seb et chez Stef.

01 décembre 2011

La fiscalité vue par la droite : on augmente la TVA

Ca y est ! L’augmentation de la TVA de 1,5% a été votée par l’Assemblée Nationale. C’est une des pires mesures prises par ce Gouvernement, emblématique de la droite : augmenter les impôts payés par les consommateurs, défavorisant… les plus défavorisés.

L’information ne fait pas la une de la presse qui préfère parler du prochain discours de Nicolas Sarkozy à Toulon. Pourtant, les blogueurs, Melclalex en premier, suivi par moi-même sur l’annexe après une publication détaillée de Jean-Marc Ayrault, avaient montré qu’aucune des promesses faites lors du dernier discours de Toulon n’a été tenue. La presse semble l’oublier.

Revenons alors sur l’augmentation de la TVA. La dernière date de 1995, avec le gouvernement Juppé. Le taux « normal » avait été relevé de deux points, entrainant encore plus le pays dans la crise sauvé par une baisse en 1997 par le gouvernement Jospin qui avait fait redémarrer la machine. Et mon objectivité.

« Les députés ont voté mercredi soir le relèvement du taux réduit de TVA à 7%, prévu dans le cadre du plan Fillon II, après de un long débat au cours duquel les amendements ont afflué. Une exception : les cantines scolaires, qui restent à 5,5%, lorsqu’elles sont gérées sous forme de délégation de service public.

La ministre du Budget, Valérie Pécresse, a voulu «faire un geste» - d'un coût de 30 millions d'euros - pour «les enfants», leur «bonne alimentation et leur santé». Toujours dans le domaine de l'alimentation, les fruits et légumes frais resteront à 5,5%, ainsi que les croissants, pains au chocolat et autres viennoiseries. »

Ah ! Ils nous présentent ça comme des cadeaux !

Les députés sont surprenants. Pourquoi avoir laisser le taux réduits sur les croissants et pas sur les baguettes ? Pourquoi considérer les pains au chocolat comme des produits de première nécessité et pas le lait, le laitage ? Pourquoi avantager les fruits et légumes et pas la viande ?

« Le gel du barème de l'impôt sur le revenu pour 2012 et 2013 a également été adopté au cours de la nuit. »

Bien à droite, on disait ! En plus ils prennent des mesures pour deux ans comme s’il n’y aurait pas de loi de finance pour 2013 fin 2012… Et, espérons-le, sous l’égide d’un nouveau gouvernement ! Ces zozos naviguent à vue, nous cassent les burettes avec la dette, la notation, … tout en présentant au Parlement un budget établi que la base de prévisions de croissance complètement délirante et planifie le seul impôt juste pour qu’il n’évolue pas pendant deux ans…

« Les transports scolaires, le bois de chauffage, la collecte des déchets, l'alimentation pour le bétail, les services à la personne n'ont pas échappé à la hausse. »

Ce pays est délirant ! On en arrive à ne plus considérer les transports scolaires et la collecte des déchets comme des services publics et on les taxe de plus en plus…

La droite est bien à droite.

07 avril 2011

Vivement 2012, les impôts vont augmenter !

Quand j’ai ouvert la dépêche, je croyais qu’il s’agissait de la photo de Reagan mais non, il s’agit bien de Jérome Cahuzac, député socialo, président de la « Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire », pour vous dire qu’il connaît bien l’état des finances de notre pays. Il n’y va pas par quatre chemins et ne coupe pas les cheveux en quatre : « La prochaine majorité présidentielle n'aura pas d'autre choix que d'augmenter les impôts. »

On est prévenus. Les zozos vont faire un tas de promesses de campagne et dès le lendemain de l’élection, les impôts vont augmenter, quelle que soit la nouvelle majorité qui se mettra en place.

Prévenons immédiatement les électeurs en moins de 140 caractères : « Les impôts seront augmentés, votez à gauche pour éviter d'en chier plus. Pour une imposition juste ! Bordel ! »

Que nous dit M. Cahuzac : « Aujourd'hui aucune politique publique ne peut être menée en France sans l'aval des marchés financiers et des agences de notation. 70% de la dette étant détenue par des investisseurs étrangers, nous constatons une aliénation de notre souveraineté nationale. Pour mener les politiques que les Français choisiront, il faudra absolument desserrer l'emprise des marchés en se désendettant. Ce n'est donc pas une question d'orthodoxie budgétaire, libérale ou pas. C'est une question de souveraineté nationale. »

Je vais résumer le reste.

Il est nécessaire de fusionner la CSG et l’impôt sur le revenu pour rendre le système plus juste et plus simple (que tous les revenus soient taxés d’une manière compréhensible). Avant cela, il faudrait supprimer les niches fiscales sinon, elles s’appliqueraient aussi à « l’assiette de la CSG » : la réforme serait donc contre productive puisque diminuerait les recettes.

Le premier chantier à mener est donc de s’attaquer aux niches fiscales ce qui n’est pas simple (elles ne sont pas toutes inutiles…). Il propose donc de diminuer le plafond des avantages fiscaux qu’elles procurent. Il propose de les plafonner dans un premier temps à 15000 euros (à mon avis, il devrait faire plus fort : il faut gagner un sacré paquet d’oseille pour payer 15000 d’impôts).

A mon avis, cette fusion aura aussi l’avantage de montrer à tout le monde qu’il paye de l’impôt sur le revenu (il y a une « rumeur » qui dit que seule une petite proportion des citoyens payent l’IR alors que tous les salariés paye un impôt sur le revenu : la CSG).

Il recommande de faire très vite le prélèvement à la source pour différentes raisons. Moi pas mais on s’en fout.

Contrairement à moi aussi (mais on s’en fout aussi), il ne recommande pas la suppression du quotient conjugal.

Il estime que le taux marginal d’imposition – qui touche les revenus supérieurs à 105 000 euros – doit passer à 45% au lieu de 40%. Il propose que de manière temporaire, l’imposition des plus de revenus supérieurs à un million passe à 60%. Hop ! J’entends déjà mon gros commentateur réac ronchonner (« vous ne pensez qu’à prendre le pognon aux riches parce que vous ne les aimez pas » ou un truc comme ça) mais il oublie qu’il ne gagne pas ça et que récupérer des sous pour faire revenir la dette au niveau qu’elle avait en 2002 (par exemple…) est une question d’urgence nationale.

Tous les revenus, y compris ceux du patrimoine, doivent être soumis à cet impôt. « Ainsi il n'y aura plus de différence de traitement fiscal entre les revenus du capital et les revenus du travail. »

« Grâce au prélèvement à la source, le RSA activité et la PPE, qui auront été fusionnés, seront plus efficaces. Ils ne seront plus versés avec un décalage mais immédiatement. Par souci de justice et de redistribution je propose qu'on les augmente de 50%. »

Je suis contre. Faut arrêter de payer les gens pour qu’ils bossent… C’est aux entreprises de verser les salaires…

La défiscalisation des heures supplémentaires doit être supprimée. Parfaitement d’accord. Mais il faudra le dire aux électeurs qui en bénéficient après les élections...

Il n’y a aucune urgence à réformer l’ISF. A part pour l’UMP, si elle veut le faire tant qu’elle est encore au gouvernement (quoique…)

A propos des droits de succession : « Maintenir le système voulu par Nicolas Sarkozy et l'UMP qui revient à exonérer de tous droits des patrimoines de l'ordre de 2 millions d'euros c'est vouloir pérenniser les inégalités et créer une société de rentiers. C'est faire le contraire de ce qui fut annoncé : la revalorisation du travail. »

A propos de l’impôt sur les entreprises, il faut l’uniformiser (à 30%) entre tous les pays d’Europe. Sujet à la mode. « Il faut aussi plafonner ou encadrer un certain nombre de niches qui bénéficient essentiellement aux grandes entreprises, comme la fameuse niche Copé qui a coûté 6 mds d'euros en 2010, et qui permet aux entreprises de ne pas payer d'impôt sur les plus-values de cession de filiales détenues depuis plus de deux ans. »

A propos de Jean-François Copé, figurez-vous que ce matin, je me suis réveillé avant le radio réveil, vers 6h40. J’ai donc allumé la radio (France Info). Il y avait Jean-François Copé dans le poste. Au réveil… Il parlait des primaires du PS et gueulait parce que les fichiers électoraux allaient être utilisés. Atteintes aux libertés individuelles et tout ça ! Un vrai petit gauchiste qui gueule contre l’UMP à cause de Hadopi, LOPPSI, les caméras de surveillance, … Pour le chef de l’UMP, c’est assez fort ! Mais je m’égare dans un aparté totalement inutile dans un billet de blog du même métal (mais c’est la faute de l’Hérétique qui a diffusé le lien vers l’interview de Cahuzac, hier). Enfin, je sais maintenant pourquoi j’ai la tête dans le cul, ce matin : la radio au réveil…

Revenons à Cahuzac.

A propos de l’Europe, il veut mettre une fiscalité écologique « à ses frontières ». Je crois qu’il a raison.

« Je proposerai également de diminuer le plafond d'allègements de cotisations sociales sur les bas salaires de 1,6 à 1,5 smic ainsi qu'une mesure forte pour les jeunes de moins de 25 ans. Tout contrat d'au moins un an sera libre de charges, pendant deux ans, jusqu'à 1,3 smic. Cette mesure sera dégressive jusqu'à 1,5. C'est une mesure qui permettra, je l'espère, de lever le frein à la première expérience professionnelle qui est déterminante. »

D’accord.

A propos de la taxation des bénéfices : « Il y a une mesure miroir qui consistera à surtaxer les bénéfices distribués au delà d'un certain taux. Vous avez des entreprises qui redistribuent à près de 80%, comme Orange, et d'autres à 30%. » D’accord. Avec ce que je paye comme frais chez Orange (100 euros, de mémoire), je veux bien qu’on en taxe une partie…

A propos de la TVA sur la restauration : « il faut créer un taux intermédiaire à 13%, entre le taux à 19,6% et le taux à 5,5%, qui s'appliquerait, notamment, à la restauration, qu'elle soit à emporter ou a consommer sur place. » Pour moi, ce taux doit aussi s’appliquer à la bouffe vendue « préparée et prête à consommer » dans les supermarchés, les stations services, … (notamment les sandwichs mais on pourrait étudier cela produit par produit : il y a un billet à faire à ce sujet...).

Jérome Cahuzac écarte la TVA Sociale. Il a raison (c’est une idée qui revient de temps, mais ce n’est pas l’objet du billet). « La proposition faite par Jean-François Copé pour l'UMP n'est pas vraiment raisonnable. Elle freinerait trop brutalement la consommation et donc remettrait en cause la croissance. »

Je résume. 

Une augmentation des impôts est obligatoire. L’UMP va proposer d’augmenter la TVA et le PS l’imposition sur tous les revenus, y compris ceux du capital.

Choisis ton camp.

09 septembre 2010

Fourre-tout communicatif et fiscal

Quand j’ai vu ce twit de RTL, ce matin, dans le métro, j’ai bondi, écumant de rage, crachant sur mes voisins abasourdis, pissant sur vielle dame qui faisait la manche… Toujours la même manière qu’ont les médias de traiter l’actualité. Le twit (image à gauche, en haut) se lit ainsi : « Ces fumiers d’opérateurs téléphoniques augmentent leurs tarifs » alors que la vraie information est « le gouvernement augmente la TVA au détriment des consommateurs tout en disant qu’il n’est pas là pour augmenter les impôts ».

Je ne vais pas tergiverser sur ce fait divers de communication : ce billet est un fourre-tout. Ainsi l’ai-je décidé et je suis à peu près le seul à décider de la ligne éditoriale de ce blog, mon barman ayant, semble-t-il, un poil dans la main.

Je ne vais pas jeter la pierre à RTL. Il est difficile de faire de la communication en 140 caractères. Les hommes politiques devraient pourtant s’habituer. Par exemple, hier, j’ai voulu retwiter une communication du Parti Socialiste (notre image à gauche). Pierre Moscovici est incapable de faire une phrase qui tienne dans un twit. Les Jospiniens DSKistes devront faire des efforts pour suivre la communication moderne… ce qui ne grandira pas la langue française.

Pour revenir à l’augmentation de la TVA sur les box, j’espère que les gauchistes qui ne vont pas manquer de monter au créneau – les mêmes qui gueulaient contre la baisse de la TVA dans les bistros, comme quoi on n’a pas tous les mêmes priorités – sur le bon sujet : l’augmentation d’une taxe sur la consommation et pas une connerie annexe comme une énième attaque d’Internet par la droite…

Le taux réduit de TVA sur les box a forcément eu une justification, un jour, notamment pour favoriser l’accès des ménages à Internet en haut débit mais toute niche fiscale a une justification. Ben ouais, le taux réduit de la TVA sur les box est une niche fiscale alors que le taux réduit de la TVA sur la restauration permet de rattraper une anomalie : une différence de taxation sur les produits alimentaires entre le Leclerc à côté de chez moi et la Comète, le bistro voisin.

A propos de niches fiscales, « ils » feraient mieux de gueuler contre les projets fiscaux du gouvernement, dont au sujet desquels je ronchonnais déjà hier. Je me cite : « Tiens ! Le débat sur les retraites a masqué la préparation du budget 2011 par le gouvernement et deux informations fortes à propos des niches fiscales et du bouclier du même métal :
  1. les incitations fiscales seront maintenues pour les investissements dans les PME,
  2. les exonérations pour les « investissements verts » seront diminuées.
Traduction en clair : la première mesure favorisera ceux qui sont capables de montages financiers complexes alors que la deuxième lèsera les gens qui travaillent notamment les patrons, artisans qui fabriquent des fenêtres à double vitrage, qui installent des velux ou des panneaux solaires, des ouvriers qui remplacent des chaudières, … »

On n’est jamais mieux cité que par soi-même mais on en sait un peu plus aujourd’hui. Le gouvernement confirme qu’il y aura bien un rabotage des niches fiscales pour 10 milliards (c’est une grosse somme, je la traduits : c’est l’équivalent d’une bière tous les cinq jours pour chaque français, au tarif de la Comète).

On n’a pas fini de rigoler : « Le gouvernement a déjà annoncé qu'il entendait dégager 3,2 milliards d?euros de recettes auprès des assureurs et des mutuelles pour financer la dette sociale. » Ah ! Bien ! Et elles le prennent où, le pognon, les assureurs et les mutuelles ? Sur les cotisations qui augmentent au prétexte d’une baisse de la prise en charge de plein de trucs par la sécu. On tourne souvent en rond dans cette histoire. Je me demande si le système est vraiment très sain.

« Les niches fiscales relatives à l’Outre-Mer seront épargnées » ! Ah ! Les pauvres vont pouvoir se payer une résidence secondaire en Guadeloupe plutôt que de gueuler qu’ils n’arrivent pas à remplacer la chaudière.

« Les niches dont bénéficient "les publics fragiles" et le crédit d'impôt pour l'emploi à domicile seront également préservées, a confirmé M. Baroin. » Oui ! Les gens qui ont les moyens d’avoir des emplois à domicile sont très certainement un public fragile. Alors, les pauvres, vous embauchez quand une bonne à tout faire ?

« Parmi les niches sur la sellette, le ministre a cité "la réduction d’impôt au titre des dons, qui irrigue une partie non négligeable de la politique sociale". » et le financement de l’UMP ?
« François Baroin a une nouvelle fois exclu une "hausse générale des impôts", tant que "Nicolas Sarkozy sera président de la République" car "nous sommes allergiques à toute augmentation d'impôts". » Un peu plus loin : « Cela devra se faire, écrivait-il, "par la suppression de nouvelles niches fiscales et sociales ou, à défaut, par une hausse progressive de la CRDS" ». Vive la cohérence… On augmente ou on n'augmente pas, alors ?

Alors les Internautes vont s’en foutre, gueuler contre la hausse de la TVA sur les box populaires sans se demander si une vraie politique fiscale ne serait pas de baisser la TVA sur les raquettes de Tennis, les vélos, les ballons de foot et autres machins de plein air et fatigants plutôt que sur des machins qui permettent aux mômes de rester des heures devant leurs écrans et de finir joufflus comme des blogueurs kremlinois.
Mais c’est une hausse de l’imposition sur la consommation : vous pouvez tirer.

24 novembre 2009

Au bistro !


Ainsi, l'amendement proposé par un sénateur (de même patronyme que moi) et accepté en commission à l'unanimité a été retiré dans la nuit. Rien de surprenant ! L'Elysée n'allait pas déclarer la guerre aux patrons de bistro quelques mois avant des élections délicates. Il s'agissait d'annuler la baisse de la TVA sur la restauration. J'en avais pourtant fait un billet, de même que Polluxe et Ruminances.

Forcément, quand on est de gauche, on gueule contre les patrons de bistro. Mais je suis aussi client. Nous n'étions donc pas d'accord !

Hier soir, je me suis sacrifié pour vous et j'ai fait deux bistros pour interroger leurs patrons. Les deux sont d'accord et formels : ils n'ont rien demandé et ne sont pas membres de syndicats de restaurateurs. Les engagements de ces derniers ne les concernent pas. La communication du gouvernement de les engage pas.

Je me suis un peu foutu de leur gueule, puisqu'ils étaient les premiers à gueuler, avant.

Mais je les ai écoutés. Le premier n'a pas augmenté ses prix depuis le passage à l'euro ou presque (le demi est passé de deux euros à deux euros dix, soit cinq pourcents en presque huit ans).

Le deuxième a réellement baissé ses prix mais personne ne le voit : le prix est inscrit à la craie sur l'ardoise. Je confirme : le plat du jour est passé de 14 ou 15 euros selon les jours à 12 ou 13. Le patron m'a expliqué qu'ainsi, par un curieux phénomène d'arrondis, il perd de l'oseille.

Sortons la calculatrice.

Un plat à 14 euros TTC revient, avec une TVA à 19,6, à 11€70. Un plat à 12 euros revient, avec une TVA à 5,5% à 11€37.

Gardons la calculette.

Un demi qui était à 12 francs début 2001 (le passage à l’euro était début 2002) et qui sera à 2€20 aura augmenté en moyenne de 2,08% par an. La belle affaire ! S’il avait suivi le taux d’augmentation du SMIC, le demi vaudrait plus de 2€40…

Je ne sais pas quelle est la morale de cette histoire et s’il y en a une. Vous me trouverez bien des contre-exemples, retors comme je vous vois. Il n’empêche que j’aime bien ces petits bistros, où bossent un patron, un à trois cuistots (trois sont nécessaires pour faire à bouffer le soir) et 2 à 4 serveurs. Où le plat du jour nous charme tous les midis. Où l’on connaît bien les serveurs, qui nous réservent notre table et s’interrogent en notre absence.


Les clients ont subi la crise. Ils vont moins au bistro. Les recettes baissent. Mes bistros sont en danger.



23 novembre 2009

Rehausse de la TVA dans la restauration

J’apprends par hasard et par un twit de Dada, que le Sénat aurait voté à l’unanimité un amendement visant à rétablir la TVA à 19,6% dans la restauration !

C’était bien la peine de nous les avoir brisées pendant des années.

Cela dit, je pense que les restaurateurs n’ont pas à craindre grand-chose, les élections sont dans 4 ou 5 mois. Ou alors, le FN peut se frotter les mains…

A noter que la non baisse des prix est de la faute du gouvernement qui, d’une part, a incité les restaurateurs à ne baisser qu’un panel de prix et à communiquer sur ces seules baisses et, d’autre part, a fait cette mesure à l’occasion des vacances d’été, dates traditionnelles de chamboulement des tarifs.

A noter aussi que les tarifs du plat du jour ont réellement baissé dans le seul bistro que je suive.

Enfin, je rappelle à mes amis blogueurs de gauche qui vont gueuler contre les odieux patrons de bistro qui ne baissent pas leur tarifs que nous sommes dans un monde de concurrence bien regrettable mais les prix sont libres. Si c’est trop cher, on peut aller bouffer ailleurs. En outre, je rappelle que la TVA est un impôt injuste. Sa baisse est donc juste.

Enfin, pourquoi la TVA serait-elle à 19,6% dans les bistro mais à 5,5% chez le marchand de sandwiches et à la cantine ?




15 octobre 2009

TVA dans la restauration : c'est reparti pour un tour !


Ainsi, le gouvernement convoque à nouveau les restaurateurs à Bercy pour exiger une baisse des prix, des embauches, des augmentations de salaire, … en compensation de la baisse de la TVA dans la restauration.

Je ne voulais pas en parler à nouveau, mais l’excellent Seb Musset m’a twitté une vidéo de Christophe Barbier évoquant le sujet car je connais bien le sujet. Contrairement à beaucoup de gugusses qui donnent leur avis sur la question, d’ailleurs. Quand on est à droite, on aime bien qu’on respecte les demandes du gouvernement et quand on est à gauche, il est d’usage de tirer sur les petits patrons de bistros.

Je vais juste faire deux rappels :
  1. La baisse de la TVA a été demandée depuis longtemps par les restaurateurs pour limiter l’impact de la « nouvelle concurrence » : les supermarchés et supérettes qui vendent des sandwiches, les boulangeries qui le font aussi, les cantines, les points chauds, les kébabs,… Tous ces commerces ont des charges moindres que les bistros. Il ne viendrait, par exemple, à personne d’entrer dans un kébab et demander « je peux utiliser vos toilettes, s’il vous plait ».
  2. On peut le regretter, mais les prix sont libres, en France. Le gouvernement ne peut pas contraindre un commerce à baisser les tarifs. C’est la terrible loi de l’offre et de la demande qui permet de fixer les prix. Je vais donc vous donner un conseil : si le bistro que vous fréquentez est trop cher, changer de bistro.

Ainsi, l’habillage de cette baisse (les fameuses compensations) n’est qu’un instrument de communication pour… justifier une mesure pourtant juste. Le Gouvernement a agi en connaissance de cause et les syndicats de restaurateurs ont rebondi sur le sujet. Maintenant, les deux sont empêtrés dans leurs emmerdements et font semblant de taper sur les troupes.

Je connais très bien cinq bistros. Trois au Kremlin-Bicêtre, un à Loudéac et un à Choisy-le-Roi. Je discute souvent avec leurs patrons. Comme ils ont changé de patrons, certains plusieurs fois, ça fait onze patrons. Trois de ces cinq bistros font également brasserie (plat du jour, carte, …). Sur ces onze patrons, aucun n’est en accord avec les syndicats de la restauration. En fait, ces derniers ne représentent que quelques grosses affaires des centres villes, bien loin de la réalité de bistros de quartier.

Les bistros sont en réelle difficulté. Des milliers disparaissent chaque année. D’autres sont obligés de faire des travaux importants pour monter en gamme (les petits bistros sont maintenant trop concurrencés par les cantines, les Mac Do, les saladeries, …). La baisse de la TVA a été décidée en juillet. Elle n’a pas été répercutée sur tous les prix. Quand elle a été répercutée, personne ne l’a vu, car elle l’a été sur « le plat du jour » celui dont le tarif varie en fonction du montant de la matière première (la côte de bœuf n’est pas au même prix que la salade de pâtes). Observez bien les prix. Pas ceux imprimés sur la carte. Ensuite, rappelez-vous les rentrées précédentes… Vous gueuliez parce que les prix augmentaient (les patrons profitant des vacances d’août pour réajuster les tarifs). Enfin, quand vous allez manger au restau, regardez bien l’addition. Qu’est-ce qui coûte cher ? Le pinard… Mais la TVA n’a pas baissé sur l’alcool. Enfin (bis), demandez au patron de bistro l’évolution des prix pratiquées par ses fournisseurs, notamment le livreur de bière.


Je défends les bistros. Certes, je ne suis pas spécialement objectif mais avec le pognon que j’y laisse, je suis assez sensible aux tarifs…

Mais les annonces du gouvernement et des syndicats n’ont jamais été approuvées les restaurateurs qui ne demandaient qu’à bénéficier du même taux de TVA que leurs concurrents.



25 juillet 2009

Baisse de la TVA dans la restauration : un leurre

Depuis que je suis parti, hier matin, je suis tombé sur deux ou trois « restos » (ont une station service) qui affichent quelques produits avec une TVA baissée, chose que l’on voit assez peu à Paris.

En fait, on « obligeant » à baisser et à afficher la baisse sur une sélection de produit, le Gouvernement a tout simplement incité les restaurateurs à ne pas baisser les prix sur les autres, soit la quasi-totalité !

01 juillet 2009

Bistro de communication

Ca y est ! La TVA sur la restauration a baissé. J’ai hâte de me retrouver à la Comète pour vérifier les tarifs. Et boire un coup. Bon. J’ai LE blog politique spécialisé dans les bistros, pour vous dire à quel point je conchie la gauche caviar et la droite pâté de foie.

Il va donc me falloir observer attentivement les bistros. Et les annonces de presse.

Je commence.

« Pour améliorer la situation des salariés, des négociations professionnelles doivent s'ouvrir et aboutir avant fin 2009. Ils devront également signer une convention de lutte contre le travail illégal et une convention sur la sécurité et la santé au travail. »

Ah ! La lutte contre le travail illégal. Ca commence bien. On n’a pas fini de rigoler. Calculez le nombre d’heures que font les serveurs dans la brasserie du coin. Ca dépasse le nombre d’heure légal.

« Le gouvernement estime que le secteur a créé en moyenne près de 15.000 emplois par an sur les dix dernières années. » Pendant ce temps, je compte les bistros qui ferment autour de moi.

« Selon le gouvernement, la France compte quelque 180.000 restaurants et cafés et plus de 80.000 cantines, pour un total d'environ 680.000 employés. » Les cantines avaient déjà une TVA à 5,5%. D’où d’ailleurs la nécessité de réduire la TVA des bistros.

« La restauration rapide, concernée pour les repas pris sur place, devra baisser d'au moins 5% le prix de ses menus phares. » Les prix sont fixés par la loi maintenant ? « Les cafetiers devront pour leur part répercuter intégralement la baisse de la TVA sur le prix du café, du thé et d'une boisson fraîche. » Les prix sont fixés par la loi maintenant ?

« Le ministre du Budget, Eric Woerth, a chiffré à environ un milliard d'euros le coût pour l'Etat de cette baisse mais des économistes estiment qu'il sera plus important. » Les économistes sont des méchants pessimistes. De gauche, en plus, probablement.

« "Le consommateur va être l'arbitre", a déclaré mardi la ministre de l'Economie lors d'une conférence de presse. » Très bien ! On va être obligés de choisir les bistros, maintenant ! Une première. Jusqu’à aujourd’hui, les clients allaient dans les bistros les plus chers uniquement pour faire chier le gouvernement. Mme Lagarde a bien compris la concurrence…

C’est amusant ! A chaque fois que le sujet est évoqué, j’ai l’impression de faire les mêmes billets avec les mêmes arguments pour répondre à la communication gouvernementale et à celle des syndicats de bistros.

C’est dommage. Maintenant que la mesure est effective, il va falloir trouver un autre sujet de prédilection.

28 avril 2009

Apprendre à compter avec les bistros politiques

Le gars de Betapolitique avec qui on papote sous Twitter a dit une bêtise contre vérité. Soit il ne sait pas compter soit il n'est pas un spécialiste des bistros.

On n'additionne pas les pourcentage.

Un café à 1€ HT est vendu 1€1960 (donc 1,20€) TTC. Si le prix baisse de 10%, le café sera à 1€0764. La marge du commerçant aura augmenté de 0€0214 puisque qu'avec une TVA à 5,5% il aurait du passer à 1€055.

Mais, il ne pourra vendre à 1€07 ou 1€08 donc vendra à 1€05 car il sera obligé de baisser d'au moins 10%. Il va donc perdre 0€005 ! Vous me suivez ? Bien.

Ne vous inquiétez pas pour lui ! Il trouvera bien une autre solution pour nous baiser. Et le gouvernement n'a aucun moyen légal pour l'obliger à baisser les tarifs. Tout ça n'est que de la communication Elyséenne. D'autant que le fournisseur de café a un prétexte facile pour augmenter le prix du kilo de café.

26 avril 2009

Sondage du jour et erreur d'aiguillage

Notre informateur secret nous informe de ce sondage sur l'évolution des "valeurs" pour les Français. En marge, on apprend que 9% des sondés estiment que le gouvernement fonctionne bien ! Une solution s'impose...
Par ailleurs, en outre et notamment, je me suis planté de blog pour mon billet sur la baisse des prix dans la restauration. Réflexe idiot, je l'ai mis sur le blog "bistro".

18 mars 2009

Bistros vs. cantine : une nouvelle couche de TVA

Le temps que mes collègues finissent de manger, à la cantine, je tripotais mon ticket de caisse. J’aurais préféré tripoter ma voisine mais c’était ma chef : je ne sais pas si elle aurait apprécié. Mon œil est tombé bouche bée sur la dernière ligne : « TVA 5,5% ».

Ah ! On pense au Mac Do, aux points chauds, aux boulangeries, pas aux cantines ! Oups. Pardon. Aux Restaurants Inter Entreprises.

Ces boîtes font de la bouffe à la chaîne avec 10 employés dont 5 à mi-temps pour servir 500 couverts par jour et on est obligés d’y aller (ou presque) dans la mesure où notre entreprise y cotise pour qu’on paye environ 5 euros le repas. Dans le temps, c’était des œuvres sociales ou des Comités d’Entreprise qui géraient les cantinesRIE. Maintenant ce sont des sociétés comme SODEXO (anciennement SODEXHO), Alliances, cotées en bourse, peut-être même au CAC 40 (il faudrait que je vérifie mais ça nécessiterait le rasage du poil dans la main) qui ont la charge de bourrer le ventre pour s’assurer qu’on fait bien la sieste au bureau !

Nos petits bistros nourrissent 100 personnes (par exemple) avec 6 salariés à temps plein

Et ils sont désavantagés en matière de fiscalité.

Suis-je possédé par la TVA ?

17 mars 2009

Que faire de la baisse de la TVA dans la restauration ?

A l’heure où il semble confirmé que les restaurateurs auront bien une baisse de la TVA, il convient de se demander ce qu’ils vont en faire. La réponse est claire : « Ca dépend ». Mesdames, Messieurs, vous avez le bonheur de vivre dans un monde libéral : les prix sont libres. Le gouvernement nous parle « d’engagements », ces engagements ne reposant sur aucune base légale, on peut en rigoler. Le « gagnant-gagnant » qu’ils appellent ça !

Toujours est-il qu’on a entendu beaucoup de bêtises ces dernières semaines. La première est que les restaurateurs s’en sont foutu plein les fouilles avec le passage à l’Euro. Mes braves visiteurs annonçant cela ont oublié de m’envoyer des liens vers des études précises. Je vais en citer une que je viens de faire. Avant le passage à l’Euro, le café au comptoir, dans la plupart des bistros de Bicêtre était en 2001 à 6 francs. Il est maintenant à 1€10. Ca fait une augmentation moyenne de 2,33% par an. On ne va pas en chier une pendule. Surtout sans savoir combien le café acheté par le bistro à la maison Richard ou Lavazza a pris !

En fait, les gens ont toujours l’impression de se faire entuber par leurs bistros fétiches. Il y a pourtant plus simple : ne pas aller dans les bistros quand on n’est pas content. Je bosse dans un quartier où tous les bistros m’emmerdent : je n’y vais pas. L’autre jour, un tartare avec des collègues : 19 euros. La prochaine fois, j’irai à la cantine. C’est amusant, il n’y avait quasiment personne dans le bistro. En l’occurrence, le patron est con. Notre monde libéral est dur : la loi de l’offre et de la demande régit tout, même les bistros !

Si le patron de bistro veut profiter de la baisse de la TVA pour embaucher du personnel ou baisser les tarifs : qu’il le fasse. Je continuerai à aller dans les bistros qui me plaisent. Si c’est trop cher, je me casse et j’arrête de ronchonner.

Mais que le gouvernement arrête d’essayer de nous faire croire qu’il peut obtenir la moindre contrepartie puisqu’un syndicat de patrons de bistro ne peut pas s’engager au nom de chacun d’entre eux.

11 mars 2009

Généralisation de la TVA réduite

Certains commerçants sont gonflés : voilà les coiffeurs qui demandent une TVA réduite à 5,5% comme, peut-être prochainement, dans la restauration sous prétexte qu’ils utilisent beaucoup de main d’œuvre. C’est le moment de nous foutre de la gueule du syndicat des capilliculteurs tordus.

A l’attention de mes lecteurs fragiles, je précise que je suis un très mauvais client pour les capilliculteurs. Je n’y vais que deux ou trois fois par an. Si la TVA basculait à 50%, ça me ferait une charge annuelle d’environ 15 ou 20 euros. Autant vous dire que je suis beaucoup plus sensible à la TVA sur la restauration. J’ai la chance d’avoir une tignasse qui s’auto-entretien assez facilement malgré une abondance désespérante (notre illustration) qui fait néanmoins ma gloire dans tous les salons O’Cédar. Pour vous dire, j’ai acheté mon appartement en février 1994, le 2. Le 3, j’ai acheté un peigne bleu. Il rempli toujours ses loyaux offices sans me faire chier. Je l’aime alors que je n’aime pas les capilliculteurs.

Tiens ! J’ai été au merlan jeudi. La petite mignonne me demande : « Je vous coiffe comment ? » J’ai répondu : « En silence. » Très mignonne d’ailleurs. Je viens de découvrir que j’avais à côté de mon bureau une succursale d’une de ces chaînes de coiffures dont les enseignes prospères à la place des vieux salons de coiffure des grosses dames de notre enfance. Je soupçonne le patron de cette chaîne d’envoyer dans ce salon les jeunes coiffeuses en formation. Elles sont absolument nulles pour le coiffage mais sont physiquement parfaites. J’envisage d’y aller beaucoup plus souvent que chez la grosse Michelle, celle qui me donnait des coups de nichons en me dégageant autour des oreilles, à côté de mon ancien job. Mais je m’égare, de triage, bien que je ne connaisse aucun merlan à Villeneuve Saint Georges.

Je propose que les sociétés qui emploient les types qui distribuent les journaux gratuits à la sortie du métro demandent également une TVA réduite au prétexte qu’ils emploient beaucoup de main d’œuvre, de même que les salons de massage et les maisons closes.

Toujours est-il qu’il faudra expliquer à ces patrons capilliculteurs qu’ils sont assez peu en concurrence avec des établissements étrangers ou des établissements français à faible taux de TVA et qu’on a aucune raison valable de leur baisser spécifiquement la TVA même s’il nous faut lutter contre la baisse générale de cet impôt injuste.

Il fallait le dire. Bordel. Je suppose que, encore une fois, mon blog sera le seul à s'engager dans cette lutte très importante contre la baisse de la TVA dans les salons de coiffures. Que font les vigilants ? Quand je pense qu'il y a des blogueurs qui ont du mal à trouver des sujets de billets.

10 mars 2009

TVA à taux réduit dans la restauration

Ca y est ! L'accord a été signé ! On en parlait depuis plusieurs jours dans les blogs, mais j'avais pour ma part un regard amusé : c'était dans les promesses électorales de Jacques Chirac en 2002. Et probablement en 1995...

N'écoutez pas les restaurateurs qui ne manqueront pas de parler dans le poste, ce soir, pour se réjouir et promettre de baisser les tarifs et d'embaucher. Ils ne vont pas le faire mais c'est quand même une très bonne nouvelle.

D'une part, il s'agit d'une baisse de la TVA, donc de l'impôt le plus injuste : une telle baisse doit s'acclamer.

D'autre part, les bistros sont nos amis. Il n'était pas normal qu'ils aient à payer une TVA à taux important alors que des concurrents, souvent filiales de groupes étrangers notamment dans la restauration rapide, bénéficient d'avantages. Ces groupes étrangers ne sont d'ailleurs pas les seuls concurrents mais ce n'est pas politiquement correct de les évoquer. Il y a aussi les supermarchés, les infâmes "points chauds" et surtout les boulangers, qui ont beaucoup moins de charges (un boulanger "ne paye pas" le pain et n'a pas des toilettes à mettre à disposition de ses clients, ni d'ailleurs un coin de bar pendant l'ingurgitation du sandwich).

Je me demande si le patron de la Comète va nous payer un coup ce soir... Ou s'il va attendre que la TVA baisse réellement. C'est une autre paire de manche...