En salle

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17 juillet 2014

Moquons nous (gratuitement) d'Eva Joly

Les députés européens ont déclaré leur patrimoine et tout ça. L'ancienne candidate EELV a la présidentielle touche plus de 10000 euros brut par mois en tant que membre du « comité paritaire de suivi et d'évaluation anti-corruption en Afghanistan » où elle fait des missions de 15 jours tous les trois mois. Certes ! Lutter contre la corruption nécessite une bonne rémunération pour ne pas être tenté de sombrer.

Il n'empêche que...

Ca paye bien l'ONU pour sauver des peuples...

25 novembre 2011

En Vert et contre tous

Mon copain Nicolas de l’excellent blog Regarder le Ciel se lance aujourd’hui dans le blogagepolitique et pose un certain nombre de questions auxquelles je vais répondre sur le ton du trou du cul qui croit s’y connaître plus que tout le monde.

« Tout d’abord, je trouve étrange que concernant les négociations entre EELV et les PS sur l’attribution de circonscriptions pour les législatives de juin prochain, on puisse se baser sur les sondages (mauvais) attribués actuellement à Eva Joly, en oubliant les bons scores d’EELV aux dernières élections régionales et européennes. »

C’est une bonne question. Pour ma part, je trouve étrange que EELV ait rendu ses négociations publiques et ridicule qu’on les fasse dès maintenant comme si on s’en foutait des résultats de la Présidentielle. Comme si la candidature d’Eva Joly ne servait à rien.

Pour répondre à sa question, les « petites formations politiques » font régulièrement des bons scores aux régionales et aux européennes que les électeurs ne prennent pas franchement au sérieux et en profitent pour donner des baffes aux deux gros. A la Présidentielle, beaucoup plus de lascars se déplacent (voir les taux d’abstention) pour confier les clés de la boutique à une personne en qui ils ont confiance pour gérer le bordel pendant cinq ans.

A cause de notre constitution devenue grotesque au fil des jours, seule l’élection Présidentielle a une réelle importance.

A regarder le score aux précédentes Présidentielles, Eva Joly devrait faire 2 ou 3%. Le total, avec François Hollande et Jean-Pierre Chevènement, devrait atteindre 30 (plus si on se base sur les sondages mais moins si on se base sur les dernières présidentielles). Le PS envisage de laisser 10% de ses circonscriptions aux Verts, c’est mathématique.

Nicolas aurait pu se poser la question dans l’autre sens : pourquoi le PS se fait-il chier à laisser des circonscriptions à un parti qui lui met des bâtons dans les roues au risque de ne pas pouvoir réunir à lui tout seul la majorité absolue ?

« Ensuite, je suis surpris que l’on rappelle les mauvais scores (encore !)  des candidats écolos aux dernières présidentielles, les choses ont évolué depuis quelques années, l’environnement préoccupe de plus en plus les gens, enfin je crois… »

Pas du tout… D’ailleurs je viens de les rappeler… Qu’on se rappelle la dernière présidentielle… Dans les mois de préparation, on avait Nicolas Hulot qui gesticulait dans tous les sens et avait réussi à faire signer par tous les candidats son pacte pour l’environnement. On se disait que l’écologie rentrait enfin au cœur de la politique française. Tu parles ! Dominique Voynet a fait un score dérisoire à l’élection, les vainqueurs ont gesticulé autour du Grenelle de l’Environnement et plouf.

« Bon, il est vrai que seul Noël Mamère a dépassé les 5%  jusqu’à maintenant à une élection présidentiel… Les écolos aurait-il toujours misé sur le mauvais cheval ? Possible. »

Cette année, ça me parait certains ! Pas les années précédentes. En 2002, Noël Mamère a fait un bon score en partie parce que la campagne des socialos et de Lionel Jospin a été nulle. Moi-même je n’ai pas voté au premier tour… En 2007, Dominique Voynet a fait un mauvais score pour différentes raisons mais aussi parce que les Français ont choisi de « voter utile » en souvenir de 2002.

« Les sondages attribués actuellement à Eva Joly  ne sont-ils pas aussi le résultat du Grenelle de l’environnement ? »

Non. C’est le résultat d’une erreur de casting. Mais, suite à l’épisode Hulot de 2007 que je rappelais et au Grenelle, l’écologie est devenue ridicule d’un point de vue politique…

« Sarkozy n’a-t-il, finalement, pas réussi avec ce Grenelle à faire croire que l’écologie n’avait pas besoin des écologistes ? »

Je ne sais pas. Les électeurs savent que le Grenelle n’a rien donné. Et, je me répète, c’est le comportement de Nicolas Hulot en 2007 qui a tout fait foirer en laissant entendre que l’écologie n’était ni de droite ni de gauche (ce qui est peut-être vrai, la question n’est pas là, mais sa participation à la primaire ont donné un gros doute sur le positionnement politique des Verts).

« Le PS ne profite-t-il pas aussi de cette situation ? » A quel point ? Le PS subit les conneries des Verts dans les médias qui sont tout bénéfice pour l’UMP et laisse des circonscriptions aux écolos… Je n’appelle pas ça « profiter ».

« J’ai l’impression qu’il reste toujours un vaste fossé entre ceux qui ont des convictions écolos et ceux qui veulent faire une politique écologiste, que le terrain d’entente n’a pas encore été trouvé sur ce point même au sein d’EELV. »

C’est un des problèmes des écolos français, plus le sentiment qu’ont une majorité de militants qu’ils ont le monopole de l’écologie mais aussi que l’écologie était une fin en soi…

Vous vous rappelez de l’époque où l’UMP essayait de nous vendre une Taxe Carbone suite au Grenelle. Cécile Duflot avait été reçue à l’Elysée en grande pompe mais, de mémoire, elle trouvait que la taxe n’était pas assez élevée…

Elle avait pourtant oublié que la Taxe Carbone était un impôt sur la consommation qui allait peser sur les plus faibles ; je crois d’ailleurs que c’est Ségolène Royal qui avait été la première personnalité politique à le rappeler.

Quand les écolos croient gagner des victoires politiques de ce type, ils se plantent largement.

Par exemple, la bourse du carbone, mise en place après les accords de Kyoto, est un bon exemple : « Une bourse du carbone est un marché de négociation et d'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre (CO2, méthane, protoxyde d'azote…). » Elle revient concrètement
-         d’une part à permettre à certains d’acheter le droit de polluer,
-         d’autre part à confier « aux marchés » la protection de l’environnement.

C’est une erreur grossière et les gens, les électeurs, du moins ceux qui ne s’en foutent pas à peu près autant que de ma première bière, ne sont pas dupe.

« un vaste fossé entre ceux qui ont des convictions écolos et ceux qui veulent faire une politique écologiste » ?

C’est quoi une politique écologique ? Mettre en place un marché de la pollution ? Taxer les plus démunis ?

Une politique, qu’elle soit écologique ou non, se caractérise essentiellement, d’une part, par des lois qui fixe ou enlève des obligations ou des interdits et, d’autre part, par un budget et une politique fiscale.

Aussi, j’ai beaucoup plus confiance pour la sauvegarde de l’environnement en un candidat qui prône une très grande réforme fiscale en début de mandat qu’en un candidat qui veut fermer des centrales nucléaires nous laissant dans l’expectative pour tout le reste…

Tiens ! « Face à la croissance anémiée, à l’industrie diminuée et à la base productive réduite, nous devons engager un nouveau pacte productif avec le pays. Redresser l’industrie française est une nécessité pour relancer l’emploi, accroître le pouvoir d’achat et permettre la transition écologique de notre économie. » Z’avez droit de lire la suite en cliquant sur le lien.

Redresse l’industrie française et contrôler la production de ce que nous consommons tout en limitant les importations et leur coût énergétique me parait bien plus écolo que d’arrêter l’EPR.

Les écolos ont commis une erreur : non seulement, ils ont limité leur communication à la de l’environnement (même s’ils abordent différents sujets, ce n’est pas ce qui est perçu par l’opinion), elle-même réduite, dans cette communication, à la lutte contre la production d’énergie nucléaire, celle-là même qui pourrait nous permettre de développer le transport « propre » et tout ça.

Si les écolos ne sont plus crédibles, aujourd’hui, ne n’est pas de la faute du Parti Socialiste ou de Nicolas Sarkozy et de son Grenelle de l’Environnement.

Ca serait trop facile.

C’est ballot, hein ?

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24 novembre 2011

Europe Cacophonie Les Verts

« Il faut encadrer la candidate. » Je ne sais plus quel responsable de EELV a dit ça, hier, mais ça m’a bien fait rigoler. Ces Messieurs Dames sont en train de nous expliquer que la personne qu’ils voudraient voir présider la nation est incapable d’agir par elle-même et ne fait que des conneries ! Ils sont tous incompétents.

Pour être objectif, ça ne fait pas que quelques jours que les écolos affichent en public leur désaccord et leur bordel interne.

Il n’empêche qu’il est temps que cette bande de guignols prenne la mesure de leur mission : ramener la gauche au pouvoir en France.

Je suppose que le jeudi trois mai au soir, peut-être le lendemain, il y aura un grand meeting, le dernier de la campagne, pour porter François Hollande (j’espère) à la victoire. Ce soir-là, on aura besoin d’une belle photo, sur la tribune, avec Hollande encadré de Martine Aubry, Eva Joli, Cécile Duflot, Jean-Luc Laurent, Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon et j’en passe, comme Yann Savidan, David Burlot, Seb Musset, Isidore Poireau, pour montrer que la gauche est forte et suffisamment unie pour accéder aux responsabilités dans ce pays !

Ben non, voila les Verts s’y efforcent de démontrer qu’ils ont choisi quelqu’un d’incompétent, prouvant ainsi leur nullité à tous. Entre Méluche qui traite Hollande de capitaine de pédalo et les verts qui s’égosillent à raconter des conneries, la gauche est mal barrée. Et encore, je ne cite pas les conneries du PS. On ne tire pas sur une ambulance, surtout si elle est de son camp.

Pourtant, tout le monde à sa place dans cette campagne, pour qu’au soir du premier tour on juge des rapports de force.

Pour l’instant, on a mieux à faire

Tiens ! L’antisarkozyme ! Faudrait pas oublier. C’est un peu ce que disait Juan (qui est passé à la radio, dans l’émission avec Guy). Nicolas Sarkozy remonte dans les sondages. Il serait bon de continuer à rappeler qu’il est responsable de la situation dans laquelle on est et au cœur d’un tas d’affaires.

Et l’écologie…

Ils ont de quoi parler chez EELV.

Il me paraitrait plus utile de faire la une des journaux avec le bilan du Grenelle de l’Environnement et toute l’écologie ramenée par Nicolas Sarkozy au rang de gadget électoral qu’avec des petites phrases et des revendications de circonscriptions…

On avance, bordel !

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25 octobre 2011

Sortir du nucléaire... de la campagne

Qu’on se le dise : je suis contre le nucléaire et pour en sortir. Non seulement, ce mode de production de l’énergie est absolument dangereux, risquant de nous faire provoquer la fin du monde ou moins pire dans les meilleurs délais, mais en plus les écologistes nous cassent les burnes avec. Et je ne parle pas des copains du Front de Gauche, j’en connais qui seraient prêts à jurer que la sortie du nucléaire est dans le programme historique du Parti Communiste Français.

J’étais tout songeur à la lecture de ce billet de mon confrère Sarkofrance ce matin qui souhaite concrètement qu’on arrête de sodomiser les mouches et que les écolos s’allient dès maintenant avec le Parti Socialiste. Sage billet de Juan. Mais je l’avais oublié, il y avait un Kremlin des Blogs, hier soir… Arrivé dans le métro, je suis tombé lourdement sur cette interview d’Eva Joly qui nous dit qu’elle va convaincre François Hollande de sortir du nucléaire.

Pour ma part, je souhaite surtout que François Hollande sorte vainqueur des urnes et qu’on arrête de me faire croire que la sortie du nucléaire est un thème qui pourrait faire changer le vote de plus de 0,1% des électeurs.

Madame Joly rentre d’une visite au Japon et nous explique la vie après la catastrophe de l’hiver dernier. « Mais il y a une discipline : moins d'éclairage dans les rues, dans les magasins ou dans les bureaux la nuit. »

Je lisais ça tassé dans le métro malgré les vacances scolaires en me disant qu’il faudrait surtout plus de rames et que ce n’est pas en enlevant l’ampoule de mes toilettes que j’allais fournir l’électricité correspondante. L’urgence écologique, en France, porte sur la diminution de la production de CO2, sur l’aménagement du territoire pour éviter l’entassement des andouilles dans des boites de sardines pas adaptées, de limiter la circulation de poids lourds et tout ça. Tout cela nécessite le développement du transport ferroviaire électrique. L’urgence écologique, en France, est de préparer l’après pétrole et quand on n’a pas de pétrole, on a des idées mais j’aimerais bien les voir, parfois. Pour l’instant, nous n’avons que de l’électricité.

Et je suis fatigué de voir des écolos tenter de me convaincre que les sources de production alternatives au nucléaire sont d’ores et déjà disponibles, qu’elles pourraient permettre la production d’électricité à un coût moindre. Ce n’est pas que je sois persuadé du contraire ; je n’en sais rien. Je sais juste qu’on veut me montrer l’Allemagne en exemple, beau pays qui importe de l’électricité nucléaire de France et du gaz de Russie pour produire 50% de son énergie.

L’urgence écologique est partout. A long terme, le réchauffement climatique est tel qu’on se demande si on pourra continuer à nourrir la planète et, pire, à produire de la bière à bas coût. A moyen  terme, je ne vais pas reparler des algues vertes en Bretagne qui résultent d’un modèle économique basé sur la production intensive qu’il est urgent de révolutionner. A court terme, des problèmes se posent partout. Dans le même journal, je lisais cet article qui évoque une montagne d’ordures, à Limeil, qui aurait tellement pollué les eaux qu’il est maintenant envisagé d’évacuer les braves gens qui vivent dans le coin.

Un électeur quelconque – moi, en l’occurrence – lisant cet article après l’interview ne peut se dire que ceux qui veulent mettre la sortie du nucléaire en enjeu majeure de cette campagne, d’une politique future, sont complètement à l’ouest, complètement déconnectés des réalités de notre vie. Ceux qui bâtissent un message politique sur la catastrophe de fukumachin sont probablement les mêmes qui fustigent la politique du fait divers souvent menée par le gouvernement ? Une petite vieille agressée par un môme de huit ans qui veut voir ses fesses ? Et hop ! Une loi pour mettre en prison les enfants qui envisagent de voir des fesses de petites vieilles. Une catastrophe nucléaire ? Et hop ! Un projet politique avec la sortie du nucléaire au centre.

Les électeurs s’en foutent ! Pire, ils s’en détournent. Nous avons une crise économique sans précédent, les gens sont terrorisés pour l’avenir de leurs chiares, ils ne savent même pas s’ils pourront leur filer à bouffer dans six mois et nous avons des militants politiques qui voudraient faire de la sortie du nucléaire un préalable à la victoire de la gauche. Nous avons un tas de gens qui ne savent pas comment se loger, qui consacrent plus de la moitié de leur budget à leur habitation. Ils ne se posent pas la question de savoir quelle ampoule ils pourraient éteindre : ils n’ont même pas la place pour mettre une lampe de bureau pour que le petit puisse faire ses devoirs.

Ce n’est tout simplement pas sérieux.

Mais sur le fond, on est d’accord : ça serait bien de trouver un moyen de produire de l’énergie qui ne risque pas de nous péter à la gueule.

Mais il ne faut pas en faire un enjeu de campagne. On a un système économique mondial à sauver...

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16 juillet 2011

Stop au défilé de conneries !

Madame Joly aurait pu éviter de sortir sa bêtise à propos du défilé du 14 juillet dans une période où je suis assez loin de mon clavier : au moment où je le retrouve, tout a été dit, y compris par Jean-Luc Mélenchon qui a qualifié les propos de François Fillon de xénophobes. D'ailleurs, c'est Marine Le Pen qui a tenu les propos les plus drôles en se demandant si, dans les défilés citoyens, il y aurait des stands pour fumer des chichons (je cite de mémoire mais un 14 juillet, elle aurait pu parler de pétards).

Ces propos ont eu le mérite de faire parler d'elle !

Toute la classe politique était contre elle, hier, soulignant l'amplitude de la sottise des propos tout en laissant la gauche taper sur la droite qui employait les mauvais arguments. Ca donne « Maâme Joly a dit une bêtise mais on ne peut pas avoir ces arguments pour dire c'est une bêtise ».

Grotesque.

Mesdames, Messieurs, on est en période électorale, laissez les Français juger eux-mêmes de quel bulletin il devront glisser dans l'urne prochainement, vous éviterez de vous ridiculiser. De toute manière, Madame Joly ne dépassera pas 4% des voix. Elle a décidé jeudi que c'était trop, elle essaie maintenant de tomber aussi bas que Madame Voynet à la dernier présidentielle.

C'est amusant de voir les champions de la droite lui tomber dessus puisqu'ils ont intérêt à ce qu'elle fasse un bon score, histoire de mettre des bâtons dans les roues du PS.

Le plus drôle est donc le propos de Jean-François Copé : « Comment le Parti socialiste et ses différents candidats entendent-ils faire un programme commun pour la France avec des Verts qui veulent remettre en cause le défilé militaire qui est le moment où la nation honore nos soldats ? »

Quel stratège politique !

Il explique maintenant aux électeurs de gauche qu'il faut voter pour les socialistes dès le premier tour. Vive le vote utile !

29 juin 2011

La journée des femmes...

Les femmes semblaient à l’honneur dans l’actualité avec la nomination de Christine Lagarde au FMI, la « remontée » d’Eva Joly  dans la primaire EELV et la déclaration de candidature de Martine Aubry. La nomination de la première ne m’intéresse pas. J’attends juste le léger remaniement qui devrait s’en suivre. Je ne sais pas si quelqu’un a compté le nombre de remaniements depuis quelques temps… Ce sont bien Martine Aubry et Eva Joly qui m’intéressent aujourd’hui.

Hier, j’ai passé une journée particulière, consacrée à des séminaires, vous savez, ces réunions où on écoute d’un d’œil et on tweete de l’autre avec le smartphone en attendant un passage intéressant où une intervention à faire. Après avoir fait mes deux billets rapide du matin, je savais, pour la première fois depuis longtemps, que je ne pourrais pas faire d’autres billets de blog de la journée (j’ai supprimé par mégarde l’application que j’utilise sur l’iPhone, en plus) ce qui m’a permis de suivre les informations avec un œil différent par rapport à d’habitude tout en voyant les réactions à mes billets du matin.

La première fut celle de l’inusable Des Pas Perdus qui a backtweeter mon billet à propos de la primaire en ajoutant « Très drôle ». Je maintiens pourtant que je ne vois pas comment un citoyen ayant une conscience politique puisque se déplaçant pour un vote, pourrait vouloir participer à un processus favorisant l’unité, ces fameuses primaires ouvertes même si les autres formations politiques ont refusé d’y participer, puisse ne pas soutenir le candidat issu de cette élection.

La politique n’est pas un jeu. On ne peut pas dire « je soutiens Montebourg ou Aubry mais après je soutiendrai Mélenchon ». Ca n’a  tout simplement pas de sens. Martine Aubry a une bonne chance de gagner cette primaire. Intellectuellement, je ne comprends pas qu’on puisse se déplacer en octobre pour voter pour elle, pour dire qu’elle est la meilleure pour faire gagner la gauche, et ne pas continuer à la soutenir jusqu’au second tour de l’élection présidentielle. Ca me dépasse. Le raisonnement est un peu l’inverse pour Arnaud Montebourg puisqu’il a beaucoup moins de chance de gagner la primaire. Mais si on le soutient maintenant alors qu’il s’engage lui-même, s’il n’est pas élu, à suivre le vainqueur, je ne vois pas comment on peut annoncer avant qu’on ne suivra pas son choix. Tout ça me dépasse.

Soit on s’engage derrière le Front de Gauche soit on s’engage derrière le processus de rassemblement mis en place par le PS. Je veux bien qu’on change d’avis en cours de route mais annoncer maintenant qu’on fait les deux est surréaliste.

Consultant, l’information à 5 heures du matin (dans ces p… de séminaires, on mange très peu, du coup je me suis rattrapé hier soir, d’où un réveil un peu matinal), j’ai du mal à analyser le discours de Madame Aubry. J’ai un peu le même sentiment que Romain (« un discours de candidature intéressant sur le fond mais qui manquait de passion et de pep's ») mais ce n’est pas trop grave, elle a quelques semaines pour décliner ses propositions et séduire l’électeur.

Pour ma part, j’en reste à mon sentiment depuis quelques semaines : seul François Hollande pourra gagner au second tour face à Nicolas Sarkozy. Je suis plus inquiet pour le premier tour.

Mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. J’ai lu les tweets de mes copains soutiens de Martine Aubry, hier. Il semblait satisfait. Ca suffit à me rendre satisfait.

Quant aux écolos, j’en reste aussi à mon sentiment depuis quelques semaines : ça me gave. J’aurais aimé voir une force politique représentée par une personnalité politique pour remettre la politique au centre du débat. J’ai toujours considéré que les écolos auraient du avoir pour candidat Cécile Duflot ou Daniel Cohn-Bendit. Ca ne sera pas le cas. Ils se sont donnés le choix entre Eva Joly et Nicolas Hulot, plus deux autres candidats mais j’ai la flemme de retenir leurs noms vu qu’ils sombreront dans l’oubli dès ce soir…

Je n’aime pas ce que représente Nicolas Hulot. Il a fait main basse sur l’écologie pendant l’élection présidentielle de 2007 avec le fameux pacte qu’il a fait signer à tous les candidats importants ce qui a déclenché une forte représentation de l’écologie dans les paroles mais pas dans les actes. Les Grenelle se sont succédés mais je ne sais pas s’il en reste quelque chose. L’écologie politique est morte à ce moment. L’épisode de la taxe carbone est presque le plus drôle puisqu’on a failli se taper un nouvel impôt injuste, dénoncé comme tel par Ségolène Royal.

Avant 2007, je voyais Nicolas Hulot comme quelqu’un de droite, ayant soutenu Jacques Chirac. Peu importe si c’est vrai, c’est l’image qui reste. Je l’avais assez mauvaise de voir une formation politique qui se revendique ouvertement à gauche envisager d’avoir comme représentant aux élections une personnalité semblant à droite.

Aussi, quand j’ai vu que les premières tendance du vote à la primaire écolo laissaient entrevoir une victoire possible de Eva Joly, j’étais assez content. Le dépouillement n’est pas fini (le système électoral est assez étrange chez les écolos, cette année, certains votent par des bulletins « papier » et d’autres par Internet mais les « résultats papiers » sont annoncés avant ceux du vote électronique alors qu’en théorie, il suffit d’appuyer sur un bouton pour les avoir…). Tout pourrait d’ailleurs basculer aujourd’hui (a priori, les partisans de Nicolas Hulot pourraient être plus branchés et enclins à voter par Internet). Le résultat sera connu aujourd’hui à 17 heures ;

J’espère d’ailleurs que Madame Joly sera élue dès le premier tour pour qu’on ne parle plus de Nicolas Hulot…

Ca m’amuse beaucoup de constater que, politiquement, je préfère Eva Joly à son rival pour les raisons évoquées ci-dessus (au moins Eva Joly est une professionnelle de la politique, déjà élue et pas estampillée à droite) tout en pensant qu’il est à peu près sur qu’elle ferait un moins bon score... Je ne suis pas à un paradoxe près.

Sa désignation serait d’ailleurs une très bonne nouvelle pour le Parti Socialiste et pour Martine Aubry.

Je retourne me coucher.


08 mai 2011

On n'est pas couché et ce n'est pas du Joly

Une fois n’est pas coutume, j’ai regardé l’émission de Laurent Ruquier, cette nuit, ou, plus exactement, la partie avec Eva Joly. Je ne sais pas si c’est parce que j’étais mal luné, mais, finalement, je n’aime pas cette émission.

Tout d’abord, Eric Zemmour semble incapable de laisser parler les gens sans les interrompre ou montrer en levant les yeux aux ciels qu’il les considère comme des débiles légers. Il parle plus que les invités, c’est exaspérant.

Quant à Eva Joly, elle semble incapable de parler devant une caméra en regardant droit devant elle. Mes félicitations au réalisateur…

Elle n’est visiblement pas au top pour les questions économiques. Elle a dévoilé tout son programme en une seule phrase, comme si elle se vidait d’un laïus appris par cœur.

Imaginez ce que ça donne avec un texte au hasard (l’Albatros de Baudelaire qui me vient à l’esprit puisqu’il m’a valu un 8 à l’oral du bac) : « Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, qui suivent, indolents compagnons de voyage, le navire glissant sur les gouffres amers. A peine les ont-ils déposés sur les planches, que ces rois de l'azur, maladroits et honteux, laissent piteusement leurs grandes ailes blanches comme des avirons traîner à côté d'eux. »

Hop ! Lisez ça à toute vitesse et passez au sujet suivant.

Si EELV espère gagner les élections en déclarant qu’ils allaient relancer l’économie parce qu’ils vont isoler en masse les maisons et construire des machins photovoltaïques, je leur souhaite bien du courage.

Ca sera sans moi.

Si j’étais membre de ce parti, je ferais le forcing pour que Cécile Duflot ou Daniel Cohn-Bendit soient candidats ou je déchirerais ma carte.

Sujet suivant.