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09 novembre 2012

La grosse commission qui fait tousser les gros élus

Les réactions au rapport de la Commission Jospin sont réjouissantes. Les Sénateurs du Parti Socialiste, François Rebsamen et Gérard Collomb en tête, sont furieux. On va leur rappeler qu’ils sont au sein d’un parti qui prône la limitation du cumul des mandats et qu’ils ont soutenu un président de la République qui s’est engagé à mettre en œuvre cette limitation.

Moquons-nous plutôt des élus de droite...

A propos du Sénat, Jean-Claude Gaudin accuse l'ancien Premier ministre de poursuivre son acharnement contre la ruralité. Le Maire de Marseille ferait mieux de défendre ses administrés. Dans son département, il y a un sénateur pour 245000 habitants. Dans le département voisin (par la numérotation), l’Aveyron, il y a un sénateur pour 138000 personnes.Ca va du simple au double. M. Gaudin a statistiquement deux fois plus de travail qu’un Sénateur de l’Aveyron… La ruralité pas défendue ! Pourtant aucun Sénateur de l’Aveyron ne trouve le moyen d’être le Maire d’une ville de plus de 800 000 habitants et Président de Groupe au Sénat.

Notons que la Commission Jospin ne préconise pas de modifier la répartition du nombre de sénateurs par département, je cite cet exemple pour montrer que même en préconisant les actions de la Commission, la surreprésentation de « la ruralité » sera déjà très forte.

M. Gaudin pense que le PS tente un tour de bonneteau électoral pour empêcher l'alternance en 2014. Ne croit-il pas que la droite « de gouvernement » est déjà surreprésentée dans ce matin, avec 46% des élus tout en faisant environ 30% aux premiers tours des différentes élections ? Ne croit-il pas que c’est du vol ? On dirait un receleur défendant sa boutique face à la police…

Gérard Longuet, quant à lui, estime que « nous avons besoin de parlementaires qui aient un ancrage sur le terrain, qui connaissent la vie locale, qui exercent les responsabilités, qui peuvent parler de l'école, parler de l'aide aux personnes âgées, ou parler du soutien à l'adolescence. »

Après avoir été environ 10 ans sénateur, 10 ans député, 4 ans ministre, 13 ans conseiller général plus 12 ans Président de Conseil général, 2 ans député, Monsieur Longuet ne connaît pas la vie locale, n’a pas assez de compétences pour être Sénateur ? Qu’il démissionne ! D’autant qu’il n’a aucune expérience municipale (il a été élu d’opposition à Bar Le Duc) : il n’a donc aucune qualification pour être Sénateur, selon ses propres critères…

Il trouve aussi que « Le parlementaire, s'il n'a pas un ancrage, devient en quelque sorte un employé d'un parti politique : il est fragile, au moindre retournement de conjoncture, à la moindre rumeur nationale, il disparaît. » Heu… A la sortie de l’école (l’ENA), il a bossé 3 ans comme Directeur de cabinet de Préfets, puis est passé dans les cabinets ministériel avant d’être élu et d’être un professionnel de la politique pendant 34 ans…

Le député UMP Sébastien Huyghe accuse le Parti Socialiste de faire monter le Front National en introduisant une dose de proportionnelle… Une espèce de marronnier… Si 58 des députés sont élus à la proportionnelle, comme le prévoit « la Commission » et s’il y en a 20% du FN (alors que le FN n’a jamais fait 20% aux législatives ; ils ont fait 13,6% la dernière fois), ça leur ferait donc 13 ou 14 députés en tout (en plus des deux qu’ils ont déjà), soit environ 2,25% des élus. Que l’UMP se débrouille avec ses extrêmes !

Christian Jacob estime que l'introduction d'une dose de proportionnelle « ferait prendre le risque historique d'une France ingouvernable ». Ils nous font le coup à chaque fois (alors que la dernière fois que la gauche a introduit la proportionnelle, la droite s’est retrouvée majoritaire). Il faudrait qu’il apprenne à compter. Avec le nouveau système, le PS et ses alliés perdraient environ 10 élus (exactement, en fait, si on fait une estimation par règles de trois), ce qui lui en laisserait largement une majorité absolue…

C’est vrai que l’UMP se serait retrouvée encore plus en slip

Je ne suis pas constitutionnaliste ou législateur et je ne sais pas comment pourra passer les recommandations de Lionel Jospin. J’espère que les députés PS et leurs alliés, y compris, sur le coup, j’espère, les communistes, pourront faire passer ces mesures.

Ca donnera une leçon à tous les sénateurs opposés et aux députés UMP…

35 propositions de la Commission Jospin bénies

Le rapport Jospin est disponible au téléchargement (pdf) mais il est épais et je n’ai pas le temps de tout lire. Ce que j’en ressors, après une lecture en diagonale (sans insister sur les points dont la presse a beaucoup parlé ce matin).

Petit 1 : le remplacement des 500 signatures de maires par le parrainage de 150 000 citoyens.

Petit 2 : la modification du calcul des dépenses de campagne pour le remboursement public, avec notamment l’adaptation du seuil des 5% des voix à partir du quel le remboursement peut commencer (car les petits candidats sont trop bridés et ne peuvent pas emprunter).

Petit 3 : modifier les règles de répartition des temps de parole dans les médias pendant la période qui précède la campagne officielle.

Petit 4 : fermer à 20 heures les bureaux de vote sur l’ensemble du territoire.

Petit 5 : avancer deux mois l’élection Présidentielle et l’élection Législative et les fixer vers mars (rappel : les dates actuelles sont celles établies suite à la mort de Georges Pompidou… la Commission veut maintenant que les dates soient fixes, quitte à réduire la durée du mandat « du successeur » en cas de décès ou de démission).

Petit 6 : réduire d’une semaine ou deux le délai entre la Présidentielle et les Législatives.

Petit 7 : une part de proportionnelle pour les législatives (58 députés élus sur un scrutin de liste national)

Petit 8 : réformer l’élection des députés des Français de l’étranger (par exemple en utilisant un scrutin de liste)

Petit 9 : éviter les seconds tours quand il n’y a qu’un seul candidat ! (c’était le cas dans ma circonscription).

Petit 10 : assurer une représentativité plus juste au Sénat (actuellement les communes rurales ont plus de poids du fait du principe de répartition des grands électeurs).

Petit 11 : étendre la proportionnelle pour les Sénateurs (actuellement, dans les départements ne dépassant pas 3 sénateurs, le scrutin est « majoritaire).

Petit 12 : réduire à 18 ans l’âge pour être sénateur.

Petit 13 : améliorer la parité (incitations avec les aides publiques).

Petit 14 : interdire à un ministre d’avoir un mandat local.

Petit 15 : interdire à un parlementaire d’exercer autre chose qu’un mandat local simple (non exécutif).

Petit 16 : « Mieux affirmer le caractère politique de la procédure de destitution du Président de la République » (avec un P majuscule à Président dans le rapport, Didier).

Petit 17 : « mettre fin à l’inviolabilité pénale du Président de la République en matière pénale ».

Petit 18 : et en matière civile aussi, tant qu’à faire.

Petit 19 : supprimer la Cour de justice de la République.

Petit 20 : empêcher les ministres de faire non seulement un autre job (pour lutter contre les conflits d’intérêt), ce qui est déjà le cas, mais aussi d’avoir une responsabilité associative (par exemple au sein d’un parti politique).

Petit 21 : forcer les ministres à faire une déclaration d’intérêts et d’activités qui sera rendue publique.

Petit 22 : obliger les ministres à donner un mandat pour la gestion de leur patrimoine.

Petit 23 : mieux contrôler les ministres qui partent vers le privé.

Petit 24 : clarifier le statut des membres des cabinets (en gros…).
Petit 25 : le petit 21 aussi pour les membres des cabinets (sans la rendre publique).
Petit 26 : de même que pour les titulaires « d’emplois supérieurs de l’état ».
Petit 27 : améliorer le fonctionnement de la Commission machin qui s’occupe de tout se bordel de conflits d’intérêts.
Petit 28 : améliorer la procédure de déclaration d’intérêt ci-dessus.
Petit 29 : le petit 23 étendues à un tas de gens.

Petit 30 : rendre obligatoire pour les députés et les sénateurs cette déclaration d’intérêt.

Petit 31 : améliorer l’interdiction faite aux sénateurs et députés de faire certains jobs, comme chef d’entreprise et leur interdire la profession d’avocat. Et paf !

Petit 32 : supprimer les membres de droit du Conseil Constitutionnel et leur empêcher de faire certains jobs en parallèle.

Petit 34 : ah merde, j’ai loupé le 33, je reviens.

Petit 33 : créer une autorité de déontologie de la vie publique
Petit 34 : lui confier du boulot.

Petit 35 : permettre aux braves gens qui n’ont pas connu LHLPSDNH de dénoncer les élus qui ont manifestement des conflits d’intérêt.

15 juillet 2012

Vers un grand quinquennat ?

Hier midi, à l’Aéro, Karim avait mis une chaine d’information continue. Ils repassaient en boucle des images de la matinée, François Hollande descendant les Champs Elysées, puis saluant les gens avant de s’installer… J’ai dit à Tonnégrande : « ça nous change de l’ancien Président, hein. » Il a répondu « oui, ça commençait à bien faire, l’excité » en mimant l’excitation en question. Du coup, je m’y suis mis en bougeant les épaules en parlant… Tout le bistro a commencé à rigoler puis à faire pareil. Un bordel ! Les gens qui passaient dans la rue devaient se demander s’ils ne passaient pas devant un asile de fous…

Ca fut un beau 14 juillet. Les militaires ont commencé à défiler devant l’Aéro (une partie des troupes qui défilaient sur les Champs étaient hébergées au Fort de Bicêtre) et j’ai pu passer entre les goutes et les soldats pour aller déjeuner au Petit Relai.

La compagne de François Hollande a fait son méa culpa. « Je tournerai sept fois mon pouce maintenant avant de tweeter. » Guy Birenbaum s’étonne qu’elle puisse tweeter avec son pouce. Je confirme pourtant que c’est la seule solution pour tweeter avec l’iPhone si on a une main occupée avec un verre de bière. François Hollande a magistralement botté en touche en rappelant que c’est une histoire privée.

Le Président a « baffé » les dirigeants de PSA mais j’ai bien peur qu’il ne puisse en faire plus…

« Vive Jospin » nous rappelle Yann Savidan ! « François Hollande a annoncé la création d'une commission sur la moralisation et la rénovation de la vie politique. Au départ ce n'est pas non plus une mauvaise idée. Cela tend quand même à prouver qu'il y a du boulot à faire sur la morale et la rénovation de la vie politique. Sur ce point personne n'est dupe. Cette commission aura  à sa tête l'ancien Premier ministre,  Lionel Jospin. »

Ce retour de l’ancien Premier Ministre ne fait pas plaisir à tout le monde mais je ne vais pas rentrer dans cette polémique…

La moralisation et la rénovation de la vie politique ?

Lionel Jospin et sa grosse commission auront fort à faire… Mon confrère O16o nous rappelle qu’elles ont un passage obligé : la fin du cumul des mandats. La France est dans un sale état. François Hollande et le gouvernement vont avoir beaucoup de difficultés.

J’espère que la création de cette commission ne sera pas un machin pour permettre de botter en touche.

La fin du cumul des mandats doit être faite pendant le quinquennat, avant les élections de 2014 pour pouvoir s’appliquer dès les Municipales, les probables Cantonales et les Européennes.

Je suis d’accord avec O16o : c’est aussi sur ce point que nous pourrons juger de la réussite de la Présidence Hollande.

Au boulot, Lionel !

La Présidence précédente, on a pu la juger, hier, à l'heure de l'apéro, avec une bande d'imbécile qui bougeait les épaules dans un bistro...

18 octobre 2011

Avec Jospin, j'crois qu'c'est clair !


J’aime bien quand Twitter s’agite ! C’était un peu le cas, hier soir, avec la sortie (de la naphtaline) de Lionel Jospin. Dans la matinée, François Hollande l’avait invité à la convention d’investiture du candidat. Le soir, Lionel Jospin a dit à la télé qu’il avait voté aux deux tours pour François Hollande. Croyons-le. Moi aussi, c’est pour Hollande que j’ai voté mais je ne suis pas passé à la télé pour le dire après l’élection à la télé. Je l’avais juste dit avant sur mon blog.

« Mon soutien plein à François Hollande est assuré, est acquis, je ne demande rien mais je suis disponible pour l'accompagner et être présent dans sa campagne. Mais c'est lui qui va décider de toutes ces choses » a déclaré l’ancien Premier Ministre.

L’agitation de Twitter n’était pas identique à celle lors de l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn mais les twittos aiment bien faire un direct pendant le Grand Journal pour expliquer qu’ils n’aiment pas cette émission.

Il n’empêche que la nouvelle a fait un peu de bruit : les gens rigolaient bêtement.

A propos ! Vous savez quoi ? J’ai vu Jack Lang, lors de la fiesta chez les partisans de François Hollande, dimanche. Il m’a regardé droit dans les yeux. J’ai tweeté : « il est bien teint, Jack Lang. » Les twittos ne sont pas respectueux. Je ne sais plus ce que j’ai tweeté, hier soir, quand j’ai lu les tweets à propos de Jospin. Probablement pas une amabilité.

Il n’empêche qu’à la réflexion, François Hollande pourrait bien avoir besoin de Lionel Jospin, pendant cette campagne qui s’annonce très dure. Lionel Jospin pourrait aller au front pour laisser François Hollande se reposer, il a la stature pour ça et c’est peut-être bien le seul.

Car c’est ce qui fait le point commun entre les deux hommes. François Hollande semble être (mais c’est si neuf, l’avenir devra nous le confirmer !) le premier leader incontesté, au PS, depuis ce triste jour d’avril 2002.

Je souhaite donc un bon retour à Lionel Jospin dans l’arène politique !

21 avril 2011

La pelle du 21 avril

Juan nous demande ce qu’on faisait le 21 avril 2002. Je n’en sais strictement rien. Je sais juste que je n’étais pas rentré en Bretagne où je suis inscrit sur les listes électorales. J’ai toujours regretté même si ma voix n’aurait rien changé.

Le soir, j’étais probablement devant ma télé pour l’annonce des résultats. C’était une époque où Bicêtre était relativement mort le dimanche soir et tous les bistros avec une télé étaient sans doute fermés. Et puis, j’étais fasciné par les soirées électorales. Ca m’a un peu passé, maintenant, passant du temps sur Internet à lire des billets et des commentaires politiques.

Ca m’a toujours fasciné d’écouter des politicards retourner la situation en leur faveur. Le 21 avril 2002, un seul commentaire était possible, à gauche : « putain de bordel de merde ». Pourtant, j’imagine très bien des seconds couteaux du PS : « Ah mais si on ajoute les voix en faveur de Lionel Jospin, Christiane Taubira et Jean-Pierre Chevènement, on constate que la gauche de gouvernement est largement en tête. »

On se console comme on peut. Je me rappelle avoir appelé ma mère. J’appelais toujours ma mère les soirs d’élections pour mesurer l’ambiance au patelin (maintenant, on s’échange les scores par mail…). Elle m’a confirmé qu’elle partait en voyage et qu’elle me ferait donc procuration pour le second tour. Il aura donc fallu que je mette deux bulletins « Chirac » dans l’urne…

A l’époque, j’allais souvent à Brest pour le boulot. Je logeais à l’hôtel, rue de Siam et j’allais bouffer sur les terrasses des bistros « en bas à droite ». Je me rappelle de ces manifestations de jeunes (il y a beaucoup d’étudiants, à Brest) qui criaient leur « honte pour la France » et lançaient des appels contre le racisme.

Comme si manifester allait faire reculer le racisme. Dans un blog (ou un commentaire), j’ai lu, hier, que si quelqu’un disait qu’il comprenait qu’on puisse être raciste, c’était qu’on était soi-même raciste. Je suis peut-être raciste mais c’est le genre de propos complètement con, que je n’oserais surement pas prononcer à un comptoir, tellement c’est vide de sens. Je suis cerné de racistes, on est tous cernés de racistes, parce qu’on ne choisit pas ses collègues, sa famille, ses voisins de métro ou de comptoir. Alors je comprends.

Et j’ai mis mes deux bulletins « Chirac » dans l’urne.

Pour rien.

Dans toutes les réflexions que j’ai, pour remplir ce blog d’un billet tous les matins au moins, je me rends compte qu’un « 21 avril à l’envers », souvent annoncé par la presse, sondages à l’appui, est encore la meilleure chance pour que mon camp gagne l’élection. Yann craint le contraire, un nouveau « 21 avril à l’endroit ». Il a raison, c’est à craindre aussi.

Il n’empêche que c’est bien la multiplication des candidatures, à droite, qui serait la meilleure alliée du Parti Socialiste. François Bayrou, Jean-Louis Borloo, Nicolas Dupont-Aignan, Dominique de Villepin… et Marine Le Pen grappillant chacun quelques pourcents à Nicolas Sarkozy et le candidat socialo se retrouve au deuxième tour, face à la candidate du Front National.

La division de la droite est ainsi la meilleure chance de la gauche pour 2012. C’est déprimant. Mais on ne peut pas compter dessus.

On peut seulement craindre nos propres divisions.

(photo dans une belle gallerie)

07 janvier 2010

Lionel Jospin n'est pas mort


Lionel Jospin sort un nouveau bouquin (278 pages, au Seuil, aujourd’hui). je vais probablement oublier de le lire puisque les meilleurs extraits auront été dans la presse. On nous annonce une grande interview dans le Monde, ce soir (l’ouverture de la Comète ayant échoué, ce matin, je suis allé prendre mon café à l’Aéro où ils regardaient la revue de presse de LCI vers 7h20) (d’ailleurs, je ne sais pas si Le Monde sort ce soir because la grève).

De toute manière, je me demande si les journaux ne vont pas bousculer un peu leurs programmes compte tenu de l’actualité politique. Lionel Jospin n’a jamais eu de chance…

Toujours est-il qu’il sort un bouquin. "Lionel raconte Jospin".

« A "certains socialistes", il reproche de ne pas être "capables de défendre une réforme emblématique et positive", celle des 35 heures, cela a dénoté une "faiblesse politique". »

Parfaitement d’accord avec lui. Les socialistes d’aujourd’hui ont tendance, parfois, à oublier de défendre les progrès sociaux. Il va être temps qu’ils se mettent au taf.

« Quant à Ségolène Royal, elle n'a pas perdu la présidentielle de 2007 "à cause de la défaillance de son parti". Elle "a perdu la bataille de la crédibilité face à Nicolas Sarkozy". »

Et pourtant !


16 novembre 2009

Jospin et les alliances

Je ne voulais pas faire de deuxième billet, aujourd'hui, mais en feuilletant la presse, je tombe sur cet article qui relate l'avis de Lionel Jospin sur l'engueulade entre Ségolène Royal et Vincent Peillon. Un des propos tenus m'a troué le cul. Je n'aime pas critiquer Lionel Jospin (sinon Martin fait la gueule). Mais là, heu...

"Interrogé sur l'alliance avec le MoDem voulue aussi bien par Royal que par Peillon, il a répondu que lui n'avait "pas eu besoin du centre". "J'ai rassemblé la gauche et les écologistes, donc j'ai agi autrement, dans une période antérieure", a-t-il dit."
 
Peut-être qu'avec le centre, il serait passé le premier tour...

Lionel Jospin a néanmoins raison, à mon avis, par la suite : "Le problème du 1er tour du PS, on l'a vu a contrario par l'échec de 2002. C'est le problème de l'unité de la gauche et des écologistes." Mais la manière qu'il a de refuser toute responsabilité dans l'échec du 21 avril 2002 est exaspérante.

13 novembre 2009

Tout devient possible, mais le droit d'inventaire

L’indispensable Elmone nous propose une chronique de Lionel Jospin dans Le Monde. François Fillon aurait été impertinent !

« Priorité à l'emploi ? 900 000 chômeurs de moins, 35 heures mises en œuvre et emplois-jeunes multipliés. Croissance économique ? Constamment soutenue et supérieure à la moyenne européenne. Rétablissement des grands équilibres ? Baisse des déficits du budget et de la Sécurité sociale, et même de la dette par rapport à la richesse nationale. Parité entre les hommes et les femmes ? Inscrite dans la Constitution et introduite dans les scrutins de liste. Lutte contre les discriminations ? Mesures antiracistes et instauration du pacs. Indépendance de la justice ? Scrupuleusement respectée. Sécurité des quartiers ? Création de la police de proximité. Respect des élus locaux ? Contrats de plan généreux et négociés. Immigration ? Politique ferme mais digne. Soutien à la recherche, à l'éducation et à la culture ? Fin des coupes sombres et efforts budgétaires. Obéissance aux règles de la République ? Cinq ans de gouvernement sans scandale et d'administration conduite en transparence, hors de tout favoritisme. »

Les Français devraient comparer les bilans…

Les 35 heures ? Le PACS ? Les emplois-jeunes ?
Promesses tenues.

Travailler plus pour gagner plus ? On ne l’en lasse pas des dernières promesses :







24 mars 2008

Ségolène et Lionel sont dans un bateau. Nicolas tombe à l'eau.

Moi, vous me connaissez ! Dès lors que le Parti Socialiste – auquel je ne suis pas adhérent – aura pris les prochaines décisions pour son avenir, je me rangerai derrière, avec le blog en ordre de bataille. Peut-être même créerai-je une dizaine de nouveaux blogs pour fêter ça ?

Notamment, si Ségolène Royal est choisie, je la défendrai bec et ongle, cœur et âme, bière pression et pastis. Je suis fidèle au PS. D’ailleurs je ne vais pas annoncer sur mon blog que j’ai voté pour un candidat vert…

Dans l’attente, je suis d’extrêmement mauvaise humeur devant mes copains socialos. Depuis quelques temps, j’en connais certains de plus en plus, au gré des élections municipales et des réunions de blogueurs et je les trouve même très sympathiques.

Mais certains manquent de discernement. Tiens ! Lionel Jospin sort une tribune je ne sais où (je ne sais réellement pas où : c’est le week-end Paques, j’ai mieux à faire), des milliards de blogueurs lui tombent dessus ! Il ne reste plus que mon copain Martin pour le défendre. Je m’y associe.

Les militants socialistes n’ont toujours pas supporté l’annonce de son retrait de la vie politique le 21 avril 2002. Ils ressentent un sentiment d’abandon. Avant, ils ne comptaient que sur lui, l’autre pique un coup de colère par dépit (vous vous imaginez ? Battu par Le Pen !) et dit « je me casse ». Oh ! Les gars ! Ca va faire six ans… Faudrait voir à oublier.

Maintenant, ils ne savent plus quoi faire.

Vous connaissez « left_blogs », ce groupe dont j’ai l’honneur de faire partie, de même, d’ailleurs qu’aux vigilants (ce dernier groupe n’est pas uniquement destiné à faire rire Didier Goux).

Je concevais ce groupe comme un groupe d’opposants à la politique menée par Nicolas Sarkozy et François Fillon, donc un groupe unissant la gauche, le centre gauche, … tout ça, quoi.

Pas du tout un Groupe Ségoliste. Mon copain Dagrouik sort une tribune pour Ségolène Royal (je crois bien que Marc est complice et peut-être Julien). Elle commence (pas Ségo, la tribune) par : « Cette idée est partagée avec mes amis blogeurs de "Left_blogs" (pas tous) ».

Le « Pas tous » est destiné à moi. Néanmoins, cette phrase aurait pu être « Cette idée est partagée avec certains de mes amis blogeurs de "Left_blogs"». Dagrouik est persuadé être majoritaire… Malheureusement, le groupe Left_Blogs n’est pas constitué de militants PS et encore moins de militants Désir D’avenir.

On est tous d’accord sur le fond : il faut que le PS se mette au travail, engage les conventions thématiques…

Néanmoins, il est urgent de ne pas se précipiter à se ranger derrière Ségolène Royal. Je le répète : je le ferai si elle est désignée. Dans l’attente, il faut ouvrir les yeux, les oreilles, aller discuter avec les gens au bistro et arrête de comploter entre militants convaincus ! Il n’est pas encore sûr qu’elle ait les capacités de battre un candidat de la droite aux élections de 2012…

Mon pote Sarkofrance, disait ce matin dans son annexe : « Chaque jour, le matin vers 5h, le soir vers minuit, parfois même en journée, je scrute, je vérifie, je cherche. Que dire sur Nicolas Sarkozy aujourd’hui ? Usé ? Même pas. La vraie panne d’inspiration. Temporaire ? J’espère. ».

Non, Juan ! Nicolas Sarkozy se cache. Pendant un an, il a foutu un bordel, fait ce qu’il a pu pour s’amuser, essayer de faire bouger la France, … Il a réussi à s’amuser… Maintenant, il est au plus bas dans les sondages… Il ne dira plus rien pendant trois ans et demi et resurgira fin 2011 pour lancer une nouvelle campagne. Il se sera racheté une virginité et une popularité.

Alors, il nous faut continuer à Vigiler, à taper sur le gouvernement, ses mauvaises mesures, sa politiques de démolition de la société… Mais arrêter un angélisme socialiste. On va se retrouver comme en 2007. Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy avec François Bayrou en troisième homme.

Il est temps de se rassembler à gauche. Bien à gauche.

(photo) P.S. : Dagrouik, désolé d’être de mauvaise humeur. C’est à cause du « pas tous » et du fait que tu avais annoncé attendre mardi pour publier le texte.

28 février 2008

Lionel Jospin répond à Nicolas Sarkozy

Lionel Jospin a écrit au Parisien. Le Figaro le dit d’ailleurs, mais ne dit pas tout. Le Figaro est un journal de droite : ils oublient la moitié… L’information n’est pas que Lionel Jospin a écrit au Parisien mais que Lionel Jospin a écrit que Nicolas Sarkozy a menti aux lecteurs du Parisien.

C’est au sujet de l’interview diffusée en début de semaine. Elle a déjà fait couler de l’encre sur les écrans des blogueurs. L’interview a été corrigée a posteriori pour ajouter des « excuses » de Nicolas Sarkozy pour les insultes lancées au salon de l’agriculture.

Au cours de cet entretien avec les lecteurs du Parisien, Nicolas Sarkozy a indiqué que son augmentation de salaire de Président de la République était pour aligner ce salaire sur celui du Premier Ministre, décidé par Lionel Jospin quand il occupait cette fonction.

Dans son courrier, Lionel Jospin dénonce deux mensonges. D’abord, le salaire n’avait pas été décidé par lui mais par Jacques Chirac (vous vous rappelez de lui ?). Ensuite le salaire n’était pas proche de 20 000 € mais aux alentours de 9 000 €.

C’est la technique habituelle de Nicolas Sarkozy. Il fait des trucs et cherche après à se justifier soit par une question (« Je ne vois pas pourquoi le Premier Ministre gagnerait plus que le Président ? ») soit par un mensonge en espérant faire avaler la couleuvre.

Il oublie juste un détail : les gens en ont marre, ce qui explique une nouvelle dégringolade dans les sondages. Il n’y a plus que 33% des Français qui estiment que l’action va dans le bon sens ! 56% des Français estiment que Nicolas Sarkozy incarnent mal la fonction présidentielle. N.B. : Soyons objectifs : les chiffres de confiance envers le PS ne sont pas spécialement géniaux.

Il faut qu’il change de méthode de communication. Ou alors c’est volontaire : il dit volontairement des énormités pour nous cacher la politique de démolition pratiquée par François Fillon qui lui reste au sommet de la confiance. Les gens doivent le prendre pour un sauveur alors qu’il est en train de foutre en l’air des pans entiers du fonctionnement des institutions et des administrations. Le truc du jour : on privatise le permis de conduire. On nous fait pleurer en nous expliquant qu’il faut 6 mois pour passer le permis et qu’il faut le réformer. C’est probablement vrai mais s’il faut plus d’inspecteurs ce n’est pas la privatisation qui le permettra !

Cette privatisation aura un seul effet : les inspecteurs ne seront pas payés par les impôts mais par les candidats au permis. Relisez bien la presse : on nous parle du coût du permis actuellement pour « l’usager » pas du tout d’une manière globale…

Cela dit, le permis de conduire n’est pas le sujet de ce billet. Dans un moment d’émotion, j’ai divergé : mais doigts font ce qu’ils veulent sur le clavier. Le sujet est les contrevérités sorties par Nicolas Sarkozy à propos du salaire des Premiers Ministres.

Mes trolls de droite viendront titiller mon manque d’objectivité, Lionel Jospin ayant supprimé les fonds secrets, le gouvernement Raffarin a été obligé d’augmenter les salaires pour permettre aux Ministres de vivre.

Cet argument est complètement con. Ou alors essayez de convaincre la population Française qu’on ne peut pas vivre avec 9 000 euros par mois quand on a un appartement de fonction, qu’on passe la moitié des repas en « affaire », qu’on cumule le poste avec d’autres fonctions, qu'on voyage gratuitement, …

18 septembre 2007

Au fond du couloir : la gauche

Le débat a fait rage hier dans « ma » blogosphère suite aux sorties de Lionel Jospin sur Ségolène Royal. J’en ai fait deux billets, des copains ont fait les leurs : Donatien, Eric, Intox2007, … Même Filaplomb est sorti de sa réserve légendaire !

Ce m’a un peu énervé, à un point que j’en ai fait un autre billet ce matin vers 1 heure. N’allez pas croire que je suis subitement devenu fou, non seulement je l’étais déjà mais en plus une semaine sous antibiotiques à dose de cheval ça perturbe les rythmes biologiques. Surtout quand on n’est pas malade mais bêtement souffrant d’une rage de dent.

Peut-être comme Lionel Jospin ?

D’où ma question de ce matin : comment en est-on arrivé là ?

En 1997, le Parti Socialiste reprenait le pouvoir et vivait 5 ans de bonheur au sein de la gauche plurielle, malgré deux ou trois privatisations que je n’avais pas vu au programme.

En 2001, élections municipales. Défaite de la gauche en général dans les villes moyennes ! Le contrecoup de 4 ans de pouvoir au niveau national ? Défaite de la gauche mais conquête des deux plus grandes villes de France : un tournant dans la vie de la gauche ? Bof… Je ne crois pas que les Parisiens aient eu à s’en plaindre (je ne connais pas Lyon). Balayer les années Chirac Tibéry était bienvenu !

En 2002, nouvelles élections nationales. Baffe généralisée pour la gauche socialiste emmenée par le Lionel Jospin dont au sujet duquel nous papotions hier. Moi-même, je n’ai pas été voté le 21 avril. Je n’en tire pas une fierté particulière mais rien ne m’avait motivé à me déplacer. De toute manière, c’était sur que le second tour opposerait Jacques Chirac à Lionel Jospin. Pourquoi ne pas aller à la pêche ce jour-là quand on n’a pas vraiment envie de voter pour Jospin ?

En 2004, élections régionales. Victoire totale de la gauche ! François Hollande a dirigé le PS pendant cette période, seul maître à bord. Il est béni entre tous les saints.

En 2007, élections nationales. Défaite en demi teinte de la gauche ! Pourquoi en demi-teinte ? Les socialos n’avaient pas faits un tel score depuis 20 ans… Certains voudraient que François Hollande endosse seul cette défaite. Il est banni entre tous les… heu… bannis.

Gageons qu’en 2008, les élections municipales seront gagnées, pour différentes raisons (la principale étant que les précédentes ayant été une catastrophe, faire pire est assez difficile). François Hollande en tirera-t-il profit ? On s’en fout.

Dans ma joyeuse chronologie, j’ai cité les privatisations par le gouvernement Jospin. Je n’étais pas contre, mais je crois que c’est un symbole.

Par contre, je n’y ai pas cité le referendum du 29 mai 2005. Je me demande si la plus grosse erreur du PS pendant ces cinq dernières années n’a pas été, fin 2004, de se positionner pour. Moi-même j’étais pour, indépendamment de l’opinion du PS, j’ai toujours été pour la construction de l’Europe.

Pourquoi une erreur ?

La première raison est qu’il n’a pas su écouter une des premières préoccupations des Français : la dégradation de leur environnement économique et social. Peut-être aurait-il fallu que le PS réponde : « on est favorable à la construction de l’Europe mais contre ce projet de constitution qui n’apporte rien à la vie des Européens un peu comme si on pissait dans un violon ».

La deuxième raison est le PS s’est coupé de la « jeunesse » et de la mode antilibérale qui s’en est suivi. Quand, en 2007, une majorité de la classe des 25 – 35 ans votent pour la droite conservatrice, ça fait mal !

Ainsi, Laurent Fabius avait probablement raison. Il avait donc probablement raison aussi lors du referendum interne pour le choix du candidat (dans un soucis d’objectivité, je dois ajouter que si j’avais eu à choisir, j’aurais opté pour Dominique Strauss-Kahn). Ce choix de candidat s’est transformé en une opposition entre deux « socio-démocrates » (Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn) et entre un type s’affirmant à gauche (Laurent Fabius) mais pas vraiment crédible dans ce rôle.

Ségolène Royal a ensuite été désignée et a défendu un très bon Pacte Présidentiel, mais en oubliant bêtement de se positionner à gauche sur TOUS les sujets ! Je ne veux pas énumérer les points litigieux, le plus emblématique étant à mon avis l’encadrement des jeunes délinquants par des militaires ! Quoiqu’on en dise, ça ne pas être à gauche, car un type de gauche ne pourrait confier sa jeunesse tourmentée à qui que ce soit d’autres que des éducateurs !

Entre les deux tours, Ségolène Royal a médiatiquement essayé de se rapprocher de François Bayrou qui essayait de rebondir sur sa position et, aujourd’hui encore, devant l’atrophie du PS, essaie de se positionner en chef de l’opposition, …

Où voulais-je en venir ?

La dernière fois que le PS a gagné des élections nationales, en 1997, c’était sur un projet résolument à gauche : le partage du travail, les emplois aidés, la baisse de la TVA, …

Ca fait 10 ans. Quelques années après, le Parti Socialiste a arrêté de s’afficher à gauche. Il n’a plus rien gagné au niveau national. Il n’a pu qu’affaiblir ses partenaires et ringardiser la gauche.

Ringardiser la gauche ? Oui ! Il n’y pas d’autre mot quand la politique conservatrice de Nicolas Sarkozy apparaît incarner la rupture et le modernisme.

Il faut se ressaisir !

La puissance de Chabal

serait bien utile à Lionel Jospin pour faire entendre sa voix ! Un rapide tour de la blogosphère montre que peu de blogs soutiennent son initiative anti Ségolène Royal. Partageons mon avis est de ceux-là !

Suis-je indécrottable ? Ou ne sont-ce pas, plutôt, ces centaines de militants qui ont soutenu Ségolène Royal qui n'osent pas regarder la vérité en face ? Ou ne sont-ce pas, ces militants, qui se raccrochent à Ségolène Royal car il n’y a aucun ténor au parti ?

On assiste à une attaque en règle contre Lionel Jospin. Il le mérite bien, il a attaqué le premier !

Mais ce qui saute à la figure comme le morpion saute à l’élastique, c’est que, outre le fait que Ségolène Royal soit la seul ténor debout, le seul moyen utilisé par ces militants pour défendre Ségolène Royal est d'attaquer Lionel Jospin.

Personne ne dit : "il a tort Monsieur Jospin, elle a largement la carrure Madame Royal". "Ouvrez les yeux" était le titre de mon précédent billet.

17 septembre 2007

Ouvrez les yeux

C’est amusant, ça fait bientôt 20 ans que j’aime bien Lionel Jospin. Rien de difficile ! Au début des années 90 (j’avais 24 ans), il était "visible" que Lionel Jospin serait le prochain type du Parti Socialiste à avoir vocation à diriger le pays. Ca fut chose faite, en 1997, où il devint Premier Ministre pour 5 ans, ce que personne n’avait fait depuis Raymond Barre.

Les élections de 1997 ont été provoquées par une connerie de la droite et gagnées par la gauche à cause de la connerie de la droite, grâce à un bon projet de la gauche et grâce à la capacité de la gauche d’aligner une brochettes de gens compétents pour nous gouverner.

La période 1997 – 2002 fut excellente, on l’oublie un peu trop souvent. La conjoncture économique mondiale a été très bonne, le Parti Socialiste et la gauche plurielle ont pu mettre en œuvre son programme. N’en déplaise à certains dont à moi, la gauche a réconcilié la France avec l’économie de marché.

Cette période fut aussi ponctuée par l’amorce d’une crise boursière et par les attentats du 11 septembre 2001. La campagne pour la présidentielle fut menée par tout un chacun comme elle a été menée… et Lionel Jospin comme toute la gauche s’est pris une énorme baffe.

Nous voilà dans le vif du sujet !

Lionel Jospin a eu le tort de ne jamais faire son mea culpa. Il a mis sa défaite essentiellement sur la présence de Christiane Taubira et Jean-Pierre Chevènement au premier tour (le total des trois montrait que la gauche socialiste arrivait en tête des élections). Je ne sais pas si, sans ça, il aurait été présent au second tour et l’aurait gagné. Ca ne sert à rien de réécrire l’histoire !

Lionel Jospin a eu tort de ne jamais faire son mea culpa : il pourrait maintenant le retourner à la gueule de la gauche !

J’ai fait un billet ce matin pour m’amuser du flingage en règle de Ségolène Royal par Lionel Jospin et mes commentateurs étaient assez majoritaire pour la défendre. Je suis aussi intervenu sur le même thème sur le billet de Donatien. C’est un sujet dont on parle beaucoup aujourd’hui !

Avant que les socialistes ne mettent sur le dos de Lionel Jospin la défaite de Ségolène Royal, je vais leur demander à leur tour si Ségolène Royal a fait son mea culpa et s’ils ont fait leur mea culpa de la défaite de leur candidate.

La réponse est non. Je vais les aider.

La défaite de Ségolène Royal est avant tout due… à la victoire de Nicolas Sarkozy qui a menée une excellente campagne. Elle est ensuite liée à une mauvaise campagne du Parti Socialiste : la candidate, ses opposants internes et le parti lui-même.

Ce n’est pas tout… Et les deux points suivants ont un peu trop tendance à être oubliés :

Point 1 : Ségolène Royal n’a jamais su montrer qu’elle avait les épaules nécessaires pour assumer la fonction.

Point 2 : Ségolène Royal a dit des conneries pendant la campagne. Ses fans auront beau lui trouver des excuses, ça ne changera rien. Je vais citer un seul exemple : son truc sur l’encadrement des mineurs par des militaires et l’ordre juste. Avec de tels propos, elle ne pouvait pas mobiliser les électeurs de gauche non PS, comme moi. Je vais citer une autre connerie : la démocratie participative (qui n’a rien de nouveau : les réunions publiques existent depuis toujours) a discrédité la démocratie représentative. Elle ne pouvait pas mobiliser des républicains comme moi, qui croyons au travail des élus, dont les députés !

Ainsi, elle a tenue des propos sur les thématiques de droite et contre la république qui ne pouvait en aucun cas faire la victoire d’un candidat de gauche. Son rapprochement et surtout son débat avec François Bayrou entre les deux tours ont été une erreur. Il fallait évidemment interpeller les électeurs de François Bayrou voire François Bayrou lui-même mais ce débat est passé aux yeux de l’opinion de gauche comme une traîtrise !

Quand on est dirigeant socialiste, on oublie pas François Bayrou a fait descendre dans la rue un million de types en 1994 ! Il a peut-être changé, j’y crois, mais il y a des signaux qui ne trompent pas.

Quitte à voter à droite, autant voter pour Nicolas Sarkozy.

Après les élections, elle a continué à dire des conneries, notamment quand elle a dit que c’était une erreur d’avoir remis le SMIC et les 35 heures dans les thèmes de campagne et que c’était une raison de sa défaite !

Rien que ces derniers propos mériteraient que Ségolène Royal ne soient plus la candidate du PS, parce qu’un candidat du PS n’a pas juger honteux de parler temps de travail et niveau des petits salaires !

Voilà !

Lionel Jospin tombe sur Ségolène Royal. Tout ce que vous avez à répondre, tout ce qu’ont à répondre une partie des dirigeants socialistes est « Qu’est-ce qu’il a à nous faire chier ? Qu’il fasse son mea culpa d’abord et après on pourra l’écouter ! »

Non ! Lionel Jospin n’est plus candidat à rien. Lionel Jospin n’est plus candidat à rien depuis 2002, même s’il a vaguement essayé un come back. C’est Ségolène Royal qui est maintenant candidate à quelque chose !

C’est à elle de faire son mea culpa !

Lionel Jospin donne un coup de pieds dans la fourmilière. Plutôt que de vous boucher les oreilles en oubliant ses propos pour vous jeter sur lui, vous feriez peut-être mieux de l’écouter !

Lionel Jospin est le dernier dirigeant socialiste à avoir mené le Parti Socialiste à la victoire, dans des conditions certes particulières comme je le rappelais en début de billet. Quand Michel Rocard dit un truc du type « les socialistes ont maintenant admis l’économie libérale » vous l’applaudissez ! Quand Lionel Jospin critique votre candidate, vous le huez !

Choisissez votre camp ! Mais ne vous trompez pas de combat, sinon les deux chefs de l’opposition seront François Bayrou et Dominique de Villepin.

Quand Lionel Jospin dit que Ségolène Royal « une personnalité [qui] n’a pas les qualités humaines ni les capacités politiques » nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et « espérer gagner la prochaine présidentielle » demandez-vous donc plutôt s’il n’a pas raison avant de lui tomber dessus !

La question n’est pas de savoir si Lionel Jospin est gâteux mais de savoir si Ségolène Royal est la bonne candidate !

Ce n’est pas parce qu’elle est la seule aujourd’hui que la réponse est oui.

Jospin dans la gueule

Mon Dieu ! My gode. Que ce titre est nul ! La honte me ferait rougir comme une jeune demoiselle découvrant les attributs de mon copain Tonnegrande si dans un sursaut d’orgueil je n’envisageais pas immédiatement de le changer. J’envisage. Je ne change rien. La morale est sauve.

Ainsi, je voulais dédier mon billet de ce matin aux sorties de Lionel Jospin contre Ségolène Royal qui ont eu la bonne idée de me faire marrer ce matin, mais le journal de France Inter à 8 heures me met encore plus en joie. Deux événements politiques me paraissent de bons sujets pour se réjouir.

Le premier pourrait me rendre François Bayrou sympathique. Reconnaissons-le, c’est fait, il m’est sympathique. Voilà quelques extraits de son discours d’hier. A propos de Nicolas Sarkozy : « tous ses choix montrent qu'il conduit la France, non pas à la résistance, mais à l'alignement sur le modèle dominant ». « les signes multipliés au monde de l'argent, au CAC 40, aux milliardaires, à l'univers du Fouquet's, la vedettarisation de la politique, la jubilation des hot-dogs avec Bush père, Bush mère, Bush couple ». « Et que j'ai aimé ce jour-là que Cécilia Sarkozy ait une angine blanche ! ».

Mais ce sont surtout ses attaques contre tous les gens qui courent derrière Sarko qui sont réjouissantes : « Très en verve, le président de l'UDF a aussi ironisé sur « le concours de lèche permanent », « le cirage de pompes, devenu un sport national ». « Nous nous fixons comme but, de faire sortir la France de l'absolutisme et de la faire entrer dans l'ère nouvelle d'une authentique démocratie », a-t-il promis. »

Le deuxième pourrait permettre à Bernard Kouchner de remonter dans mon estime. Il commence à prendre ses distances vis-à-vis de la politique d’immigration du gouvernement Sarkozy (?). Allez, Nanard ! Franchis le pas ! File leur ta démission et dis franchement : « J’ai cru Nicolas Sarkozy quand il parlait d’ouverture, de nouvelle politique, mais, décidément, quand on est de gauche, on ne peut pas travailler avec ces gens là ». C’est le seule solution pour que tu reviennes dans notre cœur !

Je vais donc en revenir à Lionel Jospin. La première remarque qui me vient est que la réunion d’hier a un côté salutaire : il est temps que le Parti Socialiste refasse de la politique plutôt que du people et de la synthèse. Ca me fait penser que Bertrand Delanoë ferait un très bon Premier Secrétaire de transition pour préparer les prochaines échéances, ce qui ne veut pas dire qu’il ferait un bon candidat, il partage peut-être certains défauts de Ségolène Royal !

Nous y voilà ! Dans son bouquin à sortir prochainement, Lionel Jospin flingue celle qui fut par erreur la candidate des socialos à l’élection présidentielle : « une personnalité [qui] n’a pas les qualités humaines ni les capacités politiques » nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et « espérer gagner la prochaine présidentielle »

« «une figure seconde de la vie publique», n’est «pas taillée pour le rôle». «Avoir commis une erreur [en la désignant] ne justifie pas qu’on la réitère», avertit l’ex-candidat, pour qui les raisons profondes de l’échec - c’est le titre d’un chapitre - tiennent à la personnalité de son ancienne ministre, à son style de campagne, à ses choix politiques. »

« Retenons plutôt la critique sur la mise à distance par Ségolène Royal du PS. C’est, pour Jospin, «une lourde erreur, pour un leader, que de laisser décrier sa propre formation politique», tant les partis, avec leurs défauts, sont indispensables à la vie démocratique. »

« Une fois désignée, Ségolène Royal aurait commis l’erreur, «enfermée dans un face-à-face narcissique avec l’opinion», de refuser la confrontation «sur le fond» avec son adversaire principal, Nicolas Sarkozy »

J’ai parmi mes lecteurs des supporters de Ségolène Royal. Avant de vous dire « y fait chier Nicolas », allez prendre une douche. Asseyez-vous devant votre PC et réfléchissez à l’article de Libé (en attendant de lire le bouquin de Jospin). Mieux, allez acheter Libé. Et réfléchissez calmement. Quelle est la meilleure solution pour la gauche de revenir au pouvoir :
A : prendre un candidat avec un joli tailleur et orienter le parti à droite parce que c’est à la mode,
B : adapter la politique de gauche à un monde moderne tout en restant bien à gauche et en travaillant avec nos camarades antilibéraux ?
C'est amusant ! Nous voilà fin 2007 et on se demande si le nouveau chef de la gauche ne serait pas Lionel Jospin ! M... J'ai oublié de flinguer François Hollande.