19 juin 2024

Ne changeons pas de sexe en période électorale !

 


Consultant Google News, ce matin, la première dépêche que je trouve est celle-ci : « «Transphobie crasse»: Macron attaqué à gauche après une déclaration sur le changement de sexe ». Je résume. « La sénatrice écologiste @Melanie_Vogel_ dépose aujourd'hui une proposition de loi visant à simplifier le changement de la mention du sexe à l'état civil pour les personnes trans ». Emmanuel Macron a déclaré que cette proposition fait partie « des choses complètement ubuesques » portées par le Nouveau Front populaire.

Mon avis est que la transition de genre est forcément un processus compliqué, ne serait-ce que psychologiquement, d’autant qu’il implique des parents et autres proches qui risquent de ne pas être spécialement ravis. Je ne suis pas persuadé que les démarches administratives au niveau de l’état civil soient réellement les premières choses à simplifier (je ne suis évidemment pas spécialiste des démarches de ce type !).

Je suppose que peu de personnes sont concernées de près ou de lien (je le suis, pour ma part, pour une personne que je ne vois pas souvent, ce qui ne l’empêche pas de descendre de deux de mes grands-parents – de sexes opposés, hein !   et j’ai donc un peu réfléchi au sujet). Les militants qui s’indignent des propos du Président n’y connaissent évidemment absolument rien et réagissent à cause du wokisme qui nous submerge.

La Sénatrice fait une erreur en présentant cette proposition de loi pendant une campagne électorale car elle met le sujet, momentanément, au centre des débats ou des enjeux.

 

La Sénatrice a déclaré que Macron se vautre dans la transphobie crasse et Mélenchon a déclaré « Que se passe-t-il ? Est-il toujours dans la réalité ? Il veut couper les routes de la résistance au RN au deuxième tour ? Alerte. »

Je vais moi-même déclarer : « Jean-Luc, ça suffit, il faut fermer ta gueule, maintenant ! » Ce sont précisément ce genre d’inepties qui font fuir les électeurs qui voient clairement que la gauche se vautre dans des sujets sociétaux qui n’intéressent presque personnes et réservés à une infime minorité, alors qu’elle devrait être là pour améliorer le quotidien des Français.

2 543 093 d’électeurs viennent de penser « ah mais ils font chier ». Et ont ajouté « ben je vais aller voir ailleurs ». Peut-être pour un parti qui propose de rendre plus viable la boite qui me verse mon salaire ou qui m’aidera à payer le logement de mon fils, à « la préfecture », pour mon rejeton pendant la durée de ses études ou qui permettra un hébergement de mes parents âgés dépendant sans que le coût dépasse les revenus…

C’est précisément ce genre de propositions (de loi) qui fait monter les extrêmes parce que leurs porteurs apparaissent complètement déconnectés du quotidien des Français.

 


Une ancienne députée a déclaré : « L'extrême droite n'a plus besoin de faire campagne. Macron fait le travail. En pleine offensive transphobe, c’est irresponsable et immonde. Le Nouveau Front populaire est la seule alternative aux haines et aux discriminations. » La dernière partie est vraie mais tout le reste est un ramassis de conneries : il n’y a pas d’offensive transphobe et c’est bien la gauche qui prépare le terrain à l’extrême droite.

Je citais Mélenchon, plus haut, mais son tweet était : « Et maintenant le Président dénonce notre programme "totalement immigrationniste" ! Que se passe-t-il ? Est-il toujours dans la réalité ? Il veut couper les routes de la résistance au RN au deuxième tour ? Alerte. » Quel est le rapport entre le changement de genre en mairie et l’immigration ? Les sécateurs sont importés ? De tels propos sont de la folie, pure et simple, mélangeant (Mélenchant ?) tous les sujets sociétaux proches du wokisme. Jankuk n’a pas vu les sondages qui montrent que la sécurité et l’immigration sont deux des sujets principaux de préoccupation des électeurs ? Evidemment qu’ils vont aller voir ailleurs !

Autant je suis d’accord avec lui quand il parle d’immigration (on ne va pas foutre tout le monde à la porte, ça coûtera trop cher et ils ne viennent pas chez nous pour le plaisir de nous grand-remplacer), autant je ne supporte pas qu’on fuit les préoccupations des électeurs (il faudrait parler intégration, rôle de la police ou que sais-je…).

 

Je ne dit pas que les projets dits sociétaux, comme le remplacement d’un sexe par un autre, ne sont pas importants à traiter mais ils ne doivent pas devenir clivant.

Je dénonçais dans deux derniers billets les catalogues de décrets que sont devenus les programmes des partis de gauche avec une succession de mesures précises. Il vaudrait mieux montrer ce que l’on veut. Je citais trois exemples : l’aide aux entreprises qui en ont le besoin, la fourniture de logements pour les étudiants et l’accueil des personnes âgées dépendantes sans pognon… On peut ajouter la facilitation de la vie pour les grands remplacés de sexe.

Ca serait trop demandé ? Arrêtez des points chiffrés que personnes ne croit et des propositions qui paraissent, effectivement, totalement ubuesque pour les gens qui mettront des enveloppes dans les urnes…

 

Non mais sans blague.


N'oublions pas : pour appliquer des mesures de progrès, il faut être élus, auparavant... Peu importe, parfois, le fond des dossiers... 

18 juin 2024

Législatives : comment vont voter les orphelins de la social-démocratie ?


 

Devinez de quoi je vais parler, ce matin ? Des législatives… Et plus particulièrement des électeurs habituels des PS ou du moins, certains, égaré dans cette campagne, ceux représentés par ceux qui ont voté Hollande à la primaire de 2011. Désolé de remonter si loin mais on connait les événements ultérieurs : nos héros ont succombé aux quelques erreurs de pépère ou de sa bande (assister au retour de Cahuzac, la semaine dernière, fut un moment grandiose) ou aux coups de boutoirs des frondeurs ou d’une gauche radicale et de son leader, qui s’en sont donnés à cœur joie…

Nous allons les appeler les orphelins.

Je vais en exclure les « purs militants » qui respectent à fond les consignes des partis. Ils ont reçu l’ordre de soutenir le Nouveau Front Populaire : ils y vont. Je le disais dans mon billet d’hier ou d’avant-hier, ils sont parfois exaspérants tant ils s’imaginent que les électeurs (les « sympathisants ») vont les suivre. Ils sont persuadés qu’ils vont les convaincre.

 


Qui sont-ils, ses orphelins ?

A la primaire, ceux qui ont voté pour François Hollande, Manuel Valls et Ségolène Royal (et Baylet... ; j'y repense en cherchant une photo d'illustration) ont représenté un peu plus de 50% des électeurs. Il ne semble pas idiot de considérer qu’ils représentent la moitié des électeurs de François Hollande au premier tour, soit 14% des votants. François Bayrou avait alors obtenu 9% des voix.

Rappelez-vous 2017. Emmanuel Macron a obtenu 24% des votes, soit à peu près la somme des 14 et des 9%. Vous commencez à voir où je veux en venir ? Notons une pique qui va agrémenter ma théorie (je fais bien une théorie, je n’ouvre pas un débat sur le sujet) : la majeure partie de l’électorat de Macron vient de celui d’Hollande et le reste du centre (j’ai toujours considéré Bayrou comme un homme de droite). On nous dit parfois que les exhollandophiles ont déserté la gauche. C’est incontestable. Mais on nous dit que s’ils sont partis, c’est parce que la politique de François Hollande n’était pas assez à gauche.  Le fait qu’ils soient partis plus à droite parce qu’Hollande n’était pas assez à gauche m’a toujours bien fait rigoler.

Au fond, c’est évident, mais vu sous cet angle, c’est aussi la connerie de la gauche qui a permis à Macron d’émerger. Et à nos orphelins d’exister.

 


Reprenons les éléments de ma théorie.

En 2012, environ 44% des électeurs avaient choisi un candidat de gauche. Si on y ajoute les voix obtenues par Bayrou, on monte à 53%. En 2017, le cumul des candidats de gauche plus Macron obtient à peu près le même score. Comme vous aimez les chiffres, le même « périmètre » couvrait 54% en 2007 (alors qu’il montait à 58% en 2022 mais j’y reviendrai, oublions cela pour l’instant ; notons aussi qu’il était aussi un peu supérieur à 46% en 2002 ce qui semble montrer que la dispersion des voix n’explique pas, à elle seule, la défaite).

J’espère que vous voyez toujours où je veux en venir… Désolé de vous titiller le paradigme en cumulant les voix de la gauche et du centre. Je veux en venir aussi au fait que, si on prend en compte ce fait, les équilibres entre la droite et le reste n’ont pas tellement changé. Mais j’en étais à la recherche de mes orphelins.

 


Je dois donc poursuivre l’exposé évidemment passionnant de ma théorie.

En 2022, il y a une grosse fuite à droite, environ 8% des électeurs mais aussi une augmentation à gauche, environ 4%. Macron a donc augmenté son score de 4 points… C’est mathématique.

4 de mes 14% d’électeurs Hollandistes de 2012 à être devenus Macronistes en 2017 étant partis, il reste 10% des électeurs à aller pêcher… si l’on considère que le fond de l’électorat du parti centriste est maintenant issu de l’ancien électorat plutôt centriste (n’allons pas jusqu’aux 18% de Bayrou en 2007…) et de réfugiés de la droite vers un parti qui, en fin de compte, a fini par se révéler plutôt à droite.

 

J’ai fini ma théorie et je vais en livrer le résumé devant vos yeux émerveillés : il y a 10% des électeurs qui sont prêts à passer du centre à gauche (et vice versa…) selon la tête du candidat, sa personnalité et le projet qu’il porte. Vous me direz que j’ai usé des pixels pour démontrer une évidence mais encore faut-il le rappeler.

Car il y a une conclusion : ces 10% peuvent évidemment faire basculer la majorité (la gauche est donnée à 32% alors que la droite est à 47, dont 36 à l’extrême) en permettant à la gauche d’avoir une majorité absolue sans bouger les oreilles. En conséquence, nos ferions mieux de travailler sur le projet et la personne qui le porte que sur des alliances d’autant plus délirantes qu’elles vont faire fuir une partie de ces 10%.


 

Ne me dites pas que ma démonstration (j’aurais dû mettre des guillemets à ce mot) a des limites : je le sais. D’abord, je parle de taux d’électeurs au niveau national alors que ce qu’il nous faut est une majorité d’élus à l’occasion de 577 élections (une par circonscription). En outre, elle est basée sur le fait que le transfert des voix d’une année à l’autre serait binaire, ce qui n’est évidemment pas le cas.

 

Toujours est-il que le conglomérat n’a pas de chef pour le porter. Jean-Luc Mélenchon est tellement haï par une partie de la population que ses partisans ont intérêt à ce qu’il ferme sa gueule. Il y a François Ruffin mais, malgré toute la sympathie que je peux avoir pour lui, je ne pense pas que mes orphelins puissent le retenir. Et il reste un type à très forte notoriété (pas nécessairement popularité) : François Hollande. Et je me demande s’il n’a pas quelque chose derrière la tête.

Et il faut étudier le programme.

 

Vous avez le droit de comparer le programme d’Hollande en 2012 (et pas en 2011, je ne trouve pas de document avec Google) et ce que propose le Nouveau Front Populaire. Un projet de transformation de la société s’oppose à un catalogue de décrets…

On ne va pas aller loin pour motiver les troupes.

 

Il fallait travailler avant. La Nupes a deux ans, maintenant… Mes orphelins ne vont pas s’y retrouver. C'est le problème de la gauche depuis des années : rien n'y fait plus envie. 

Débrouillez-vous.


Et n'oubliez pas les enjeux : 

  • augmenter le nombre de "nos" électeurs ne réside pas dans le fait de récupérer des voix au FN... Les vagabonds ne sont pas là...  Mais les orphelins ne supporteront pas qu'on touche à leurs camps d'adoption.
  • bâtir une majorité pour faire passer nos idées est la priorité, cela ne se fera pas nécessairement à la gauche de la gauche.

17 juin 2024

Législatives : état des lieux (personnel...)

 


Laissez-moi résumer ma semaine, proche de la vôtre, d’ailleurs, pour une partie. Dimanche 9, on attendait le résultat de l’élection européenne mais comme on s’attendait à ce qui est arrivé, il ne m’a pas spécialement intéressé… Emmanuel Macron a annoncé la dissolution ce que j’ai appris par hasard. J’ai tout de suite pensé que c’était une connerie avant de me raviser : il n’avait peut-être pas le choix et, en fait, sa « manœuvre » était préméditée, selon les rumeurs que l’on peut lire dans la presse.

Après l’annonce, un dirigeant politique de gauche, François Ruffin, il me semble a appelé à un Front Populaire et je m’en suis réjoui… avant de me raviser. Je pensais que le front en question n’étais qu’un accord de bon sens (on ne présente pas de candidat contre les sortants ou comme il y a un vrai risque de ne pas être présent au second tour et on fait un accord de désistement au second tour (accord de désistement qui devrait d’ailleurs dépassé le cadre « des partis de la Nupes »).

En fait, il s’est rapidement avéré que nos zozos voulaient faire un accord proche de celui de la Nupes, uniquement en rééquilibrant les investitures pour prendre en compte les résultats de la dernière élection et pas uniquement de la dernière présidentielle.

 


Je me suis remis à fulminer et à m’imaginer reprendre mon argumentaire depuis 2022 mais je me suis un peu… ravisé. Pour la Nupes, il s’agissait essentiellement de sauver des postes en faisant croire que l’on pouvait gagner, ce qui était un mensonge éhonté. Pour le Nouveau Front Populaire (NFP), les participants étaient plus dans une réelle logique de lutte contre le Rassemblement National et des changements d’avis (et pas des moindres, il y a Hollande et Jospin !) étaient compréhensibles.

En revanche, je reste opposé à cette démarche. Il y a plusieurs raisons. La première est qu’on lutte contre l’extrême droite depuis 40 ans (rappelez-vous les municipales de 1983 et les européennes de l’année suivante), avec, par exemple, la création (dans les mêmes années) de SOS Racisme. Depuis, le RN n’a cessé de monter (aux présidentielles, notamment) avec une exception, en 2007.

Autant, je suis parfaitement d’accord avec l’impérieuse nécessité de lutter contre l’extrême droite, autant il me semble évident que les méthodes utilisées sont nulles. Il faudrait répondre aux attentes des électeurs, ce qu’a fait Nicolas Sarkozy en 2007 avec son « travailler plus pour gagner plus » laissant entendre aux électeurs qu’ils pourraient s’en sortir. J’étais opposé à ces principes (ils ne pouvaient pas « remonter la France ») mais il n’empêche que les scores du RN ont été largement diminué.

Il faut que la gauche se sorte de ses paradoxes…

 


La deuxième raison est que des membres du NFP sortent de ce que je comprends comme les valeurs de la République. On parle par exemple de leur antisémitisme. On me dit qu’il y a de l’antisémitisme partout, que c’est plus de l’antisionisme. La vérité est qu’ils servent la soupe aux antisémites et que les démonstrations diverses n’ont aucun intérêt, sans compter « tout le reste », les manœuvres politiques ratées, le comportement inepte…

Je ne peux pas voter pour ces gens là ou des gens alliés avec eux. C’est mon opinion et je suis un peu fatigué de voir que l’on voudrait m’en faire changer. Je pense que je ne suis pas le seul dans mon cas. Imaginez un électeur de François Hollande de 2012 à qui l’on demande de voter maintenant pour Philippe Poutou (l’inverse est vraie, d’ailleurs, je ne vois pas un militant du NPA voter pour pépère…)… Cela va un peu plus loin. On ne peut pas lutter contre une formation politique qu’on accuse, à raison, de venir d’antisémites des années 40 en s’alliant avec des zozos qui jouent avec l’antisémitisme pour des raisons électorales.

Je ne suis pas en train de dire que le NFP est aussi pire que le RN mais prenons garde…

Et j'ai la flemme de reparler des purges récentes chez LFI qui montre l'absence complète de respect de la démocratie.

 


C’est un peu l’objet de ce billet, avec l’insistance de militants socialistes à vouloir me faire changer d’avis. Ils pourraient y arriver mais la question n’est pas là. Je pense qu’il y a une partie des Français qui refuse cette alliance et ne voteront pas pour ses candidats. Ils préfèreront, par exemple, à défaut de candidats de gauche indépendants, de voter pour des candidats de la majorité présidentielle.

Les sympathisants LFI n’auront aucun mal à voter pour le PS mais, dans l’autre sens, c’est beaucoup moins sûr. Au total, le nombre de voix de gauche sera moins important avec le NPF. Je ne vois même pas comment on peut discuter vu qu’il est évident qu’en limitant le nombre de candidats, on limite les choix et on favorise donc les opportunités d’aller voir ailleurs.

Ce travers des militants socialistes, que j’avais un peu oublié, m’exaspère. Ils veulent que je m’asseye sur mon propre code d’honneur et que je vote pour le camp du bien mais je n’ai pas besoin de justifier mes choix. Mes propos sont de dire qu’ils n’arriveront pas à convaincre tous les Français. Or, dans leurs argumentations, ils finissent par considérer tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux comme des cons et à le leur faire sentir.

 


La troisième raison est que je ne suis pas d’accord avec le programme. Il ne s’agit pas de savoir si je juge les mesures contraires aux intérêts des Français, ce n’est pas le cas. Il s’agit de s’entêter à lutter pour un programme qui ne soit pas porteur.

Si vous prenez les promesses au niveau économique, nous avons l’éternelle hausse du SMIC, l’abaissement de l’âge de départ en retraite, la taxation des ultra-riches, le blocage des prix… J’en passe (et tout n’est pas discutable) mais il se trouve que les électeurs ont déjà montré que cela ne les intéresse pas, non pas qu’ils soient contre mais ils ne croient pas que cela changera grand-chose dans leur vie et celle de leurs congénères.

La question n’est pas de savoir si le programme est bon mais, objectivement, qui irait voter pour des gens qui veulent « mailler le territoire de fontaines à eau, de douches et de sanitaires publics et gratuits » (je n’invente évidemment strictement rien). Après une récente élection nationale perdu, j’écrivais ici qu’il fallait réfléchir à la vraie formulation d’un projet de société et d’arrêter de pondre des catalogues de mesures (souvent grotesques).

Tant pis si on manque de chiottes publics : je suis pourtant le premier concerné, il m’arrive d’oublier d’aller un pisser en quittant un bistro.

Et, objectivement, je ne vois pas Hollande se battre pour la retraite à 60 ans et il est ridicule de voir que LFI reconnait dans un texte d’accord électoral que les types du Hamas sont bien des terroristes et qu’il faut continuer à aider l’Ukraine. Où est la cohérence ?

 


La quatrième raison est que, quelle que soit la stratégie, la gauche ne sera pas majoritaire. Cela a été l’objet de plusieurs débats suite à mes billets. Quoi qu’il arrive, l’extrême droite devrait frôler les 40% (de députés) et la droite dite de gouvernement les 10%. Il reste donc 50% à se répartir entre la gauche et la majorité présidentielle (Wikipédia récapitule les différents sondages). Le NFP sera peut-être profitable à la gauche en termes de sièges mais pas de voix et quelle que soit la solution, la majorité absolue ne pourra pas être atteinte. Il faudra alors bâtir une coalition (telle qu’elle peut se pratiquer ailleurs) gérable au niveau de l’Assemblée mais aussi entendable par les électeurs (c’est pour ça que le taux d’électeurs est aussi important que le nombre de députés).

On ne pourra sérieusement pas gouverner sans une majorité absolue après avoir lutté depuis 2022 contre des gens qui le faisaient.

 


Il faudra former une majorité. Selon les prévisions que l’on peut faire actuellement (sur la base des sondages dont je parlais), la gauche aurait 200 députés, la majorité présidentielle 100 et la droite « de gouvernement » 30. Il faudra bâtir une « plateforme » avec 290 lascars à partir de cela (sachant qu’une partie de la droite préfèrera un ralliement au RN et qu’une partie de la gauche refusera de travailler avec Renaissance).

Bien du courage à nos dirigeants…

Mais il faudra bien gouverner sans filer les clés à l’extrême-droite. Ainsi, ma cinquième raison de critiquer ce qui se passe actuellement est que l’on ment aux électeurs. Il serait peut-être temps de leur dire que le programme d’un parti ne pourra pas être appliqué et que l’on dépend bien de la sensibilité de chaque député et que lier chacun d'entre eux à un programme national d'un parti politique ou d'un conglomérat n'a aucun sens (et ne l'a jamais eu).

 

16 juin 2024

Chroniques de pré-campagne

 


Ce qu’il y a de bien, avec la préparation de cette législative, c’est que le blogueur trouve toujours des commentaires à faire tant l’actualité est riche. Prenez ce brave François Hollande qui est maintenant candidat et qui va le faire au nom d’une coalition regroupant ce lot d’antisémites et Philippe Poutou, du NPA. La difficulté est de savoir par où commencer, en fait.

Prenez l’éviction de Danielle Simonet, Raquel Garrido et Alexis Corbières que j’évoquais hier. A la place de Mme Garrido, LFI a donné l’investiture à un certain Aly Diouara. Le Figaro en brosse le portrait.  A la lecture, il faudrait être tordu pour ne pas voir le côté antisémite du garçon, sans compter une obsession pour les blancs. On me dira qu’il y a de l’antisémitisme de tous les côtés mais ce n’est pas une raison !

En outre, nommer un tel type est une provocation à l’heure où, justement, il serait bon que LFI fasse du ménage dans certaines de ces obsessions, ne serait-ce que parce qu’elles vont à l’encontre de la coalition, des gens comme moi considérant que je ne peux pas sacrifier mon honneur à une élection.

 


Manuel Valls, qui n’est pourtant pas ma référence au niveau des pratiques politiques a déclaré que « Ce soi-disant front populaire est une faute politique et morale. » Le Point publie une interview de Valls. Je suis à peu près d’accord avec ses propos (mais lui-même ayant tenté de se faire élire dans des conditions louches, je pense qu’il pourrait faire attention aux termes utilisés ! Traiter les autres d’apparatchiks, heu…).

Un observateur dûment accrédité ironisait au sujet de la position que j’exprimais dans mon dernier billet : « Donc, si j'ai bien lu, vous souhaitez la victoire d'un conglomérat dont vous prévoyez déjà l'échec s'il vient au pouvoir ? C'est amusant... » Il n’a pas tort. Je souhaite la victoire de la gauche et seul ce conglomérat existe aujourd’hui et, donc, pourrait apporter une victoire. Mais comme Manuel Valls, j’aurais souhaité « un autre conglomérat ». Je ne veux pas de la victoire du RN et je considère que les autres (la majorité présidentielle et LR) ne peuvent pas l’emporter même si une autre coalition, plus dans mes goûts et ceux de Valls, pourrait se mettre en place dans l’hémicycle. Les résultats du Nouveau Front Populaire pourrait y participer, d’ailleurs, si des députés de centre gauche arrivent massivement à l’Assemblée.

Par contre, l’Alliance de gouvernement qui pourrait sortir du NFP ne pourrait pas fonctionner (comme le disait une amie dans Facebook, elle connaitrait rapidement « un tournant de la rigueur »).

Tant pis si je traine des paradoxes. Ca ne va d’ailleurs pas s’arrêter là.

 


Revenons à l’éviction des trois personnalités que je citais. Il est évidemment gonflé de la part la direction d’LFI de les virer alors qu’ils ont fait partie des gens qui ont permis la réussite (relative) de cette formation politique. François Ruffin a tenu des propos très justes : « Je ne vous ai demandé aucune investiture, aucune autorisation. Je ne suis pas passé sous les fourches caudines de votre bêtise, votre sectarisme. Vous préférez un homme qui frappe sa femme, auteur de violences conjugales, à des camarades qui ont l'impudence d'avoir un désaccord avec le grand chef. Notre démocratie mérite mieux que vous. » Autant dire qu’il vient d’envoyer chier sa propre formation politique. Voter pour lui ne serait pas un déshonneur, bien au contraire. J’ose espérer qu’ils sont des centaines, dans le NFP, a partager ce point vue.

Nous avions, hier, une soirée d’anciens blogueurs politiques de gauche (proches du Parti Socialiste de la grande époque). Un d’entre nous a déclaré qu’il ne comprenait pas que des gens de gauche puisse avoir des réticences à voter pour le NFP et que nous devrions changer. C’est toute la pensée des socialistes typiques ! Ne pas comprendre que l’on puisse être en désaccord et que l’on refuse de changer.

On ne peut pas obliger les gens à changer leurs pensées, surtout, en l’occurrence, quand il y a des principes moraux, au cœur.

La même personne nous disait que les électeurs qu’il croisait dans les marchés pensaient tous comme lui. Il est tant que les militants politiques qui sillonnent les marchés se rendent compte que les gens à qui ils expliquent qu’il faut l’union de la gauche ne peuvent pas aller contre leur avis et… souhaitent se débarrasser des importuns pour poursuivre leurs emplettes. Moi aussi, je rencontre des électeurs, pas au marché mais au bistro (on me l’a assez reproché) et au bureau. Je pense savoir mieux que le pote en question les idées qu’expriment les gens spontanément (surtout que, passant une partie des mes loisirs à tenir un blog politique, je fuis la politique quand je suis au bistro : les propos entendus sont vraiment spontanés).  

 


Il y a eu pas mal de débats au cours de notre repas. Je ne crois pas avoir souvent vu le ton monter autant (même de ma part). Je suis tout de même sidéré de voir des partisans de l’union expliquer que la gauche a toujours du faire une coalition pour gérer un gouvernement et, surtout, nier, que la gauche n’avait jamais gagné avec un accord de ce type, que ça soit en 36 (pour le vrai Front Populaire), en 1981 (Mitterrand a gagné après avoir mis fin au « Programme commun » avec ces propos que je cite de mémoire : « vous me faites chier, allez-vous faire enculer »), en 1997 (qui a permis la fameuse gauche plurielle) ou d’autres occasions…

Mon énervement a néanmoins tourné à l’hilarité quand le pote en question a déclaré que nous analysions mal la période de la gauche plurielle en question alors que nous n’avions rien dit… Je n’ai même pas compris ce qu’il pensait que nous pensions…

 


Il reste la question de François Hollande. Vous savez que j’ai toujours été partisan de ce type qui m’est particulièrement sympathique. Pourtant, je ne comprends pas. A ce sujet, Manuel Valls s’est aussi exprimé et je suis, encore, d’accord avec lui. Pourquoi Hollande va-t-il se vautrer dans ce bordel ?  

On peut difficilement dire qu’il aille à la soupe (il gagne assez d’oseille en tant qu’ancien président et il a déjà un rond de serviette sur la plupart des plateaux de télévision). Peut-être a-t-il une stratégie pour 2027 ? Je ne vois pas trop laquelle mais on ne lui retirera pas le fait d’être un excellent stratège électoral (non seulement, lui, il a réussi à gagner la présidentielle, mais, en plus, les résultats qu’il a eu aux élections intermédiaires lors qu’il était premier secrétaire du Parti Socialiste étaient très bons : rappelez-vous, le Sénat avait même basculé à gauche suite aux victoires aux élections locales…).

 

Comme il n’y a pas de mal à se faire du bien, on va dire que c’est un atout pour la future coalition à l’Assemblée et qu’il pourra contrebalancer certains fous furieux…

Pour ma part, j’ai la chance de ne pas avoir à voter. Mathilde Panot, ma députée, est assurée de retrouver son siège. Il n’empêche que je comprends très bien les électeurs de gauche qui ne veulent pas voter pour LFI voire on des difficultés à voter pour des candidats d’autres partis qui s’allient avec les lascars de cette formation.

15 juin 2024

Pour sauver la gauche, sauvons le centre !

 


Heureusement qu’on a des popcorns. Assis sur nos bancs trouvés par hasard, on regarde les manœuvres politiques au sein des mouvements politiques (et même en dehors, puisque la justice a donné raison à Eric Ciotti…) et les psychodrames divers (comme la non-investiture de figures historiques de LFI, bien critiquée par un de ses hommes clés, François Ruffin), voire les soubresauts de militants de gauche (comme Jérôme Guedj, qui a refusé l’investiture de la nouvelle alliance).

Entendons-nous bien. Je me présente ici comme simple observateur. Nous sommes des millions et peu peuvent l’écrire dans un blog, surtout un comme le mien (ce qui ne veut rien dire ; j’entends qu’il est ancien et a été connu mais il a suffisamment peu de lecteurs pour avoir le moindre impact sur la vie politiques française ce que ne semblent pas avoir compris des milliers d’ânes qui continuent à balancer des « vérités » dans les réseaux sociaux).

Entendons-nous bien, disais-je. Je souhaite la victoire du Nouveau Front Populaire (NFP) mais je n’y crois pas. Je souhaite ensuite sa réussite quand il sera au pouvoir (mais je n’y crois pas non plus, rien que financièrement, leur projet ne tient pas, alors quand on aura à se positionner sur un certain nombre de sujets, ça va être un peu délicat).

 


J’ai, en quelque sorte, la chance de pouvoir ne pas voter vu que ma circonscription est acquise au candidat du NFP (la liste LFI était en tête aux européennes, par chez moi). Je crois parfois Mathilde Panot vu qu’on fréquente le même bistro ce qui ne provoque, en moi, qu’une envie d’entente cordiale.

Je plains sincèrement tous les braves gens, issus de la gauche, qui ne veulent pas d’une alliance avec un parti toléra
nt des antisémites en son sein et pratiquant l’exclusion, comme on vient de le voir avec Daniel Simonet, Rachel Garrido et Alexis Corbière ! Une vraie purge… Ils veulent pourtant faire barrage au Rassemblement National et porter des idées bien à gauche. Je n’ai qu’un seul conseil à leur donner : prenez une pince à linge et mettez-la-vous sur le nez au moment de mettre le bulletin dans l’enveloppe.

Il faut battre le Rassemblement National. Point barre.

 

Je ne pense pas, pour autant, que le NFP puisse gagner à ce scrutin. J’imagine un scénario où le RN aura 40% (des députés), le NFP et les divers gauche 30, les centristes 20 et LR 10 (voir ce sondage dont je tire l'illustration). On pourrait alors imaginer un gouvernement soutenu par une frange des NFP et les centristes, pratiquant une vraie politique d’ouverture, avec des négociations au cas par cas (« tu votes mon budget, je supprime ma réforme du chômage »). Un tel scénario parait utopique… en France. Il serait certainement appliqué dans la plupart des démocraties du monde qui préfère le consensus aux haines, comme chez nous.

D’ailleurs, dès le lendemain du premier tour de la présidentielle de 2017, le Parti Socialiste a chié dans la colle, refusant de voir que les électeurs d’Emmanuel Macron venait de chez lui et qu’une partie des cadres n’était pas du tout opposés à l’actuel chef de l’Etat… On aurait alors eu un camp majoritaire tel que voulu par Macron et ses électeurs (« ni de gauche ni de droite ») mais qui n’aurait pas été surtout « ni de gauche ». On aurait alors évité la déroute de l’alors principal parti de gauche qui a fini par se dissoudre dans une gauche radicale de laquelle, on le voit encore aujourd’hui, il n’a pas réussi à émerger… Nous n’aurions évidemment pas eu une politique de gauche. Mais, de toute façon, nous ne l’avons pas eue !

 


Vous me direz que j’ai un peu souvent tendance à réécrire l’histoire (d’ailleurs, quand je le fais, comme cette semaine, mes billets font un bide tant les militants refusent de voir le passé). Je vais tenter d’arrêter quelques semaines. Je vais aussi tenter d’arrêter de taper sur la coalition foireuse des forces de gauche, qu’elle soit nupsiale ou néofrontiste. Je ne vais pas, pour autant, oublier ce que je préconisais dans mon premier billet après la dissolution. Je vais le rappeler, pour rigoler. Il fallait que la gauche maintienne l’investiture des différentes composantes aux députés sortants mais arrête ces histoires de candidats uniques dans les autres circonscriptions.

Ces crétins (je pèse mes mots) ont réussi à faire exploser la partie la plus crédible de cette espèce de proposition, avec l’exclusion des trois personnalités dont je parlais plus haut. Ils sont fous.

 

J’ai dit que j’allais tenter des trucs mais je n’ai pas prétendu que cela serait immédiatement…

 

Ils sont fous, ai-je dit. Dans les réseaux sociaux, une espèce d’infographie traine, présentant les grosses mesures du programme. Ils ont oublié que ces grosses mesures n’avait pas permis la victoire lors de précédents scrutins (ne serait-ce que parce que les gens ne croient plus aux programmes) et y ont mis les mêmes codes couleurs que lors de la précédente législative, celle qui a été perdu.

Et il faudrait que cela marche, maintenant !

Ils ont tout oublié

Hier, je suis tombé sur un long thread, très bien écrit, d’un type voulant expliquer pourquoi la gauche ne prenait pas pour thème de campagne la sécurité et l’immigration. Il démontrait qu’arrivée au pouvoir, elle ne gérait pas plus mal que les autres ces volets mais que ce n’était pas porteur pour le cœur de l’électorat de la gauche : les ouvriers et autres travailleurs. Je n’avais jamais lu une telle fumisterie, en fait ! Les études ont montré que les employés et ouvriers ont voté à 49% pour le RN aux européennes… Et les intellectuels de gauche viennent nous expliquer qu’on ne peut pas s’adresser à leurs cœurs de cibles des lascars qui vont voter en fonctions des thèmes de « l’ennemi ».

 


A propos de l’immigration, je discutais, hier soir, avec des immigrés (peut-on appeler ainsi des types nés en France, de parents marocains et algériens ?). Ils sont les premiers à dire, en tentant d’expliquer la montée de l’extrême droite, que l’immigration – ou du moins ses conséquences – est un vrai problème. A titre de démonstration, l’un d’eux a dit : « il suffit de voir les prisons ». Un autre a surenchéri sur les émeutes d’il y a un an. Tous étaient d’accord pour des solutions, comme l’expulsion des chieurs (même nés en France, pour vous dire…) tout en insistant sur celles de gauche qui peuvent être mises en place, autour de l’intégration et de la mixité sociale (à « notre » décharge : Le Kremlin-Bicêtre, au cœur d’un fief de la gauche radicale, est un champion de la mixité sociale, on ne voit pas nécessairement des problèmes qui peuvent exister ailleurs).

Si je cite cette discussion, c’est aussi parce que les participants, qu’ils soient Kabyles, Normands ou Bretons, se sont mis d’accord sur le fait que les partis politiques faisaient n’importe quoi et avaient perdu toute crédibilité. C’est une évidence (mais ça ne mange pas de pain de le rappeler) et ils attendent de suivre des personnalités sérieuses, voire exemplaires. Ce mélange des boyaux ne peut rien donner et les Français le pensent.

 


Macron a réussi un tour de force : après avoir dissolutationné la gauche et la droite « de gouvernement », il vient de torpiller le centre. Il ne reste que des extrêmes avec des pauvres types courant derrière pour sauver des postes ou, du moins, quelque chose.

C’est de la folie.

Alors remettons-nous ! On avait un vieil adage qui disait qu’une élection, notamment présidentielle, ne pouvait que se gagner au centre. Nous avons maintenant une élection, certes législative mais sans présidentielle juste avant, qui pourrait aboutir sur la victoire de l’extrême droite et notre seule chance d’éviter le désastre que créerait un gouvernement avec ces pingouins est de faire un gouvernement de coalition.

Au centre.

13 juin 2024

Adieu, la culture !

 


On voit souvent ce genre de publication dans les réseaux sociaux : « attention, le RN au pouvoir va commencer par supprimer le budget de la culture. » Je ne vais pas disserter sur l’importance de la culture et du pognon dépensé pour financer des spectacles et des expositions qui n’intéressent absolument personne et qui n’ont pas grand-chose de culturel… ou à payer des intermittents du spectacles qui, quand ils ne sont pas occupés à monter ou animer des stands dans des salons pour le grand bénéfice de sociétés privées voire des plateaux de télévisions… privées. Tu parles de l’exception culturelle…

Tout cela n’a strictement rien de gauche. Ce qui serait de gauche est de financer des écoles de musique, des bibliothèques… et tous genres de trucs qui permettent aux gens, surtout aux jeunes, de pratiquer des activités à caractère culturel pour sortir la tronche de leurs smartphones, des réseaux sociaux. Et des blogs politiques de gauche.

Toujours est-il que je préfère qu’ils suppriment le budget de la culture que celui de la santé, par exemple.

 

Cela étant, il est temps de réaliser que toute l’oseille injectée dans cette fameuse culture pour nos citoyens n’empêchent pas ces derniers de voter pour favoriser l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.

Il faut arrêter de raconter des conneries. Et d'oublier de masquer les noms quand on publie une capture d'écran de Facebook. Ca leur apprendra.



Ca me rappelle autre chose. Dès la proposition de François Ruffin de faire un "Front Populaire" pour lutter contre l'arrivée des méchants nazis nauséabond au pouvoir, nos militants de gauche se sont empressés de faire des publications avec "Front Populaire" en blanc sur fond rose ce qui est tout à leur honneur même si elles sont parodiées par des gros cons (pas doués, par ailleurs, pour choisir les bonnes tailles de caractères).

Au bout de deux jours, j'ai vu des imbéciles faire des publications avec "Front Populaire et Ecologique". Pourquoi pas un "Front Populaire Ethique, Ecologique, Solidaire, Antiraciste, ProLGBTmachin..." ?

Sans oublier "Anti antisémite et Propalestiens", hein !



Un autre truc qui m'amuse, dans la même veine, tiens ! C'est le nombre de militants de gauche qui gueulent contre des mesures annoncées par le putatif prochain gouvernement, comme le non rabaissement de l'âge de départ à la retraite !

Parce que les gens que nous haïssons et que nous combattons au quotidien devraient appliquer le programme que l'on propose ?


Vive le blanc sur fond rouge. Et vice-versa.

12 juin 2024

Analyser ses déculottées pour en éviter une nouvelle

 


A la table à côté de moi, en terrasse, ce midi, quatre cinquantenaires parlaient politique parlaient politique avec les conséquences de la dissolution, dont une petite dame qui tenait un peu le crachoir et était dictatoriale comme si elle s’exprimait dans un blog politique. Cela m’amusait car je n’avais pas encore fait mon billet du jour et m’imaginait avoir à déborder… d’imagination, en fin d’après-midi, pour raconter plus de conneries tout en étant aussi sérieux.

Cela étant, ces conversations m’énervent : j’aime bien faire l’étanchéité entre les réseaux sociaux (dont les blogs) et ma vie du bistro. Ca me rappelle quand un type, au comptoir, me parle d’un sujet, y compris très personnel, qu’il a vu dans mon Facebook. Je le comprends mais il pourrait se mettre dans le crâne que je n’ai pas nécessairement envie de parler avec lui de ce dont je cause dans le grand internet public ! Même quand je fais du hors sujet dans mes propres billets de blog. Il y a quand même une exception : nos repas de blogueurs… Le prochain KdB aura lieu samedi soir, au fait !

 

Pendant ce temps, j’ai un mois pour donner mon avis sur ce que devrait faire la gauche et soyez assurés que je ne vais pas m’en priver.

 


Tout d’abord, les sympathiques militants oublient qu’ils luttent contre le Front National depuis 40 ans… Tu parles d’une réussite ! Maintenir les mêmes recettes, engueuler les électeurs, insulter les fachos et j’en passe ne sert à rien. Dimanche soir, les jeunes qui manifestaient au nom de « la jeunesse emmerde le Rassemblement National » ne devraient pas oublier que les jeunes qui manifestaient sur ce thème, en 2002, votent maintenant pour l’extrême droite (ce que me rappelait, pas plus tard qu’hier, un commentateur).

Je ne sais pas trop ce qu’il faut faire… Mais on peut affirmer que manifester ne sert pas à grand-chose, pas plus que rappeler les origines du parti, ce qu’il voulait au départ et j’en passe. Il faut donc tourner la page.

On peut essayer d’imaginer d’où viennent ces électeurs maintenant fanatisés par la mèche sur le front et la petite moustache de Marine et Jordan. L’occasion pour moi de sortir une première théorie fumeuse suite au résultat de la dernière élection, résultat qui a été un peu occulté par l’annonce de la dissolution.

La chose est pourtant évidente. Le « bloc de la gauche nupsiale » fait, en gros, le même score qu’en 2019, tout comme LR. La vérité est là, à vue de nez : 8 « points » parmi les électeurs ont été perdus par la macronerie et 8 ont été gagné par le jordanage. Cela ne fait tout de même pas un CQFD… mais tout de même ! Les gens qui avaient choisi le « ni de droite ni de gauche » en 2017 (le confirmant en 2019), après avoir constaté que les partis de gauche et de droite traditionnels ne répondaient pas à leurs attentes ont choisi le je ne sais quoi mais à droite de la droite en 2024 après avoir constaté que les centristes sans moelle épinière n’étaient pas à la hauteur.

A noter aussi au sein du bloc de gauche que les électeurs ont fui les écolos pour les insoumis et surtout les socialos. Ca apprendra aux dirigeants verdâtres à faire les cons et Mme Rousseau ferait mieux de rentrer au couvent plutôt que de fanfaronner devant M. Ciotti !

 


Puisque je suis remonté à 2002, étudions plus en détail la déroute électorale de la gauche, cette année-là. Je me rappelle que, pendant des années, on a cherché qui était le fautif : Jospin ou les hurluberlus qui lui ont piqué des voix, Mme Taubira et MM. Chevènement et Mamère. Tous les militants avaient des idées précises. C’est sûr que si Jospin avait eu les voix de Taubira, il aurait été devant Le Pen mais rien ne dit que si elle ne s’était pas présentée, ses électeurs auraient choisi l’alors vénéré. Mais c’est sûr que si Jospin avait préparé sa candidature autrement, en négociant avec ses compères, il n’aurait pas échoué dans le rôle du grand couillon. Je pense que 22 ans après, certains se posent toujours des questions, comme s’il n’y avait pas un tout. Je ne vais pas détailler mais nous en sommes au même stade : comment négocier avant une élection ?

Notons que je parle d’une présidentielle alors que nous allons vers des législatives (le sujet n’est pas le même mais nous n’avons pas souvent des législatives sans présidentielle juste avant, c’est la première fois depuis 1997, qui était aussi la première fois depuis ma naissance, il me semble).

 


Pour 2007, c’est pareil ! On cherche toujours les responsabilités… La déroute était-elle à cause du candidat qui aurait été mauvaise ou du parti – dont son premier secrétaire – qui ne l’aurait pas soutenue comme il fallait ? Je n’ai pas de réponse mais je m’étonne toujours de voir des militants et sympathisants autant formels !

Par contre, on ne note pas assez la particularité de 2007 : le faible score de la gauche « cumulée » au premier tour et le fait que les centristes avaient déjà un très joli pourcentage, à plus de 18. En d’autres termes, le centre n’a pas commencé à 2017 à emmerder la gauche.

 


Pour 2012, on ne va pas analyser la défaite, vu qu’il n’y en a pas eue ! Même si les sondages donnaient le candidat de la gauche largement victorieux face à Nicolas Sarkozy tant celui-ci provoquait du rejet… Mais force est de constater que l’avance de François Hollande a fondu comme glaçon dans pastis. Il y avait 20 points d’écarts en février, au second tour, cette fois, mais, en mai, dans les urnes, il en est resté 3. Personne ne s’interroge vraiment sur les raisons de cette baisse. On va tout de même noter que la baisse a à peu près commencé à se voir à partir du moment où un accord électoral a été signé avec les écolos mais qu’il a été confirmé que les mêmes écolos maintenaient une candidature concurrente pour la présidentielle (à ce stade, autant vous dire que je me fous totalement du contenu programmatique de l’accord en cours de réalisation).

Parallèlement, au cours de cette période, François a multiplié les annonces « gauchistes », comme à l’occasion du discours du Bourget et le fameux « mon adversaire est le monde de la finance » ou la taxation à hauteur de 75% des hauts revenus. Des électeurs, a priori plutôt centristes et libéraux, ont commencé à se barrer. On pourrait assez facilement conclure, sans mauvaise foi mais en sifflotant discrètement tout de même que, au fur et à mesure de son gauchissement (du moins celui du discours), François Hollande a perdu des points…

 


Cela nous amène à 2017 avec le fiasco que l’on connait, expliqué en partie par la mauvaise campagne de Benoit Hamon. Mais il se trouve que ce dernier n’aurait pas dû être candidat, dans la logique des institutions de la Cinquième République : François Hollande aurait dû se représenter. Il en a été empêché (du moins, il n’était pas assuré d’arriver dans les cinq premiers ce qui aurait fait sale). Une des raisons est statutaire (les statuts du PS exigent l’organisation de primaire ce qui est totalement ridicule). Vous imagineriez qu’Hollande ne gagne pas les primaires de sa propre formation politique ? Le bordel…

François Hollande a continué à perdre de la popularité tout au long de son mandat et militants s’entretuent pour savoir si c’est de la faute de sa politique ou de celle des frondeurs. J’ai moi-même fait quelques concessions pour tenter de calmer le jeu.

Les électeurs de gauche devraient tout de même arrêter d’avoir la mémoire courte. Début 2011, les deux favoris pour la primaire étaient DSK et pépère. Autant dire que ce n’étaient pas des purs gauchistes… Strauss-Kahn était président du FMI mais intéressons-nous à Hollande. Il était bien connu des socialistes. Il avait 11 ans premier secrétaire du parti. Il était qualifié comme un homme de la synthèse (ben oui, il faut aussi cela pour gagner, arrêtez donc de rester arcboutés sur vos positions, on a une négociation à faire) mais aussi comme un social-démocrate, voire un social-libéral (relisez donc ses écrits de l’époque). DSK a été annulé et l’analyse doit changer (mais on peut rigoler de voir un libéral remplacé par une femme réputée assez gauchiste). Hollande a gagné le premier tour de la primaire (avec 39%) et a été soutenu par tous les autres candidates, sauf la seconde, pour le second. Il l’a donc emporté, avec 56%, soutenu par un socle de votants représentés par des candidats à 70% au premier tour.

Il a mené, pendant son mandat, la politique logique issue de son parcours politique et on lui a reproché de ne pas avoir mis en œuvre des promesses qu’il avait été obligé de tenir suite à des accords électoraux et pour gagner le premier tour mais qui ont failli le faire perdre.

 


On ne va pas trop s’occuper de l’élection de 2022. Je n’ai toujours pas compris comment la candidate du deuxième partie politique de France (pour les élections locales) issue de la « grande social-démocratie » a pu se retrouver avec un score aussi ridicule sauf par le fait que ses électeurs naturels ont préféré, sans doute, faire une espèce de vote utile en vue du second tour (on vote Macron pour éviter Mélenchon face à Le Pen ou on vote Mélenchon pour éviter Macron face à Le Pen… Un truc comme ça ; moi-même j’ai voté Macron, pensant que Le Pen ne pouvait gagner que face à Mélenchon).

 

Aujourd’hui, il faut peser les stylos et arrêter le billard à trois bandes, même si l’élection n’est pas la même (il ne s’agit pas d’avoir le plus d’électeurs aux deux tours d’un scrutin national mais  de gagner 577  élections locales avec des conditions drastiques de présence au second tour, des règles de triangulaires…).

Parier sur un socle électoral bien à gauche n’a jamais vraiment réussi. Par contre, l’union des candidatures pourrait sembler nécessaire pour éviter des absences aux seconds tours. Mais l’union fait perdre des voix. « Je » ne vais pas voter pour un candidat qui représente une coalition menée avec antisémites pas républicains et le seul argument de ceux qui pensent que je dis n’importe quoi étant que je dis n’importe quoi, leurs propos ne pèsent rien. LFI (et une partie d’EELV) s’est éloignée des valeurs de la République.

C’est ballot.

 

Et si on arrive à obtenir un joli nombre de députés, il faudra bien pratiquer une ouverture vers le centre, voire vers la droite, pour permettre de barrer la route à un parti politique d’extrême droite qui arrivera nécessairement en bonne position.

Baisser un peu sa culotte n’est pas obligatoirement le déshonneur. S’enfoncer dans des principes mortifères, si !