24 janvier 2021

Des mesures pour une covid !

Heureuse banlieue non confinée

Je donne de moins en moins mon avis sur la stratégie à mener contre la covid dix-neuve et celui des autres me les broute de plus en plus. Seul le mien m’intéresse ce qui reste la moindre des choses et, parfois, il m’amuse ce qui m’autorise « intérieurement » à vous le donner en partage. Vous devriez, d’ailleurs, me remercier.

Je vous présente néanmoins mes plus vagues excuses : pendant trois ou quatre paragraphes, je ne vais être on ne peut plus sérieux en rappelant l’historique de mes avis et donc de mes changements. Vous noterez que c’est tout à mon honneur, les autres lascars ayant une fâcheuse tendance à s’enterrer dans une idée initiale ou à ne pas avouer leurs propres mutualisations intellectuelles. Tout d’abord, pendant un ou deux mois, j’ai plus eu confiance dans les scientifiques de Facebook que ceux du gouvernement, ce qui me semble naturel tant ils racontaient n’importe quoi. J’ai ensuite fait différents constats, notamment à partir du fait que la pandémie était réellement mondiale sans donc dépendre de nos tergiversations franchouillardes. C’est ainsi, par exemple, que j’ai rapidement enterré les raoulteries. Je suis devenu assez consensuel notamment par rapport à l’avis officiel mais aussi celui de personnalités qui me semblent intéressantes comme Axel Kahn.

La courbe, ci-contre, est très jolie. Ne prenez pas en compte l’indicateur précis qu’elle mesure. De toute manière, on trouvera toujours des contradicteurs ou des couillons qui pensent que j’aurais dû en montrer d’autres. On se fout de tout cela, ce qui importe, c’est la forme globale : une grosse montée en mars en avril suivi d’une baisse pour l’été et d’une nouvelle forte croissance, une petite baisse qui semble bien être terminée. Pendant cette période, j’ai eu plusieurs avis (peu importe qu’ils aient été bons ou mauvais, dans la mesure où ils n’ont pas été suivis par le gouvernement, on ne peut pas vérifier mes thèses et je n’ai absolument pas la prétention de devoir être écouté par le gouvernement qui a déjà 66 millions de procureurs à lui casser les couilles).

Mes lecteurs se rappelleront sans doute de ces avis d’autant que, quand j’ai un truc dans le crâne, j’ai un peu tendance à le répéter. Tout d’abord, dès juillet, j’ai cru à la deuxième vague. Je pensais même qu’elle arriverait beaucoup plus vite que ce qui était prévu par le consensus (fin août, de mémoire). Ainsi, persuadé de l’arrivée de nouvelles mesures de protection, j’ai imaginé ce qu’elles devraient être en tirant la leçon du premier confinement. Certaines étaient trop compliquées (notamment ce à quoi je pensais pour limiter les déplacements) et d’autres polémiques. Il me semblait notamment indispensable de réfléchir à ce qui était une « activité économique indispensable ». Parallèlement, je me suis dit que les cycles « confinement – déconfinement » pourraient durer assez longtemps et qu’il vaudrait mieux les calquer sur le rythme de la vie en France que sur les courbes sanitaires. Par exemple, j’ai promu un reconfinement dès début octobre afin de nous permettre de disposer de décembre et des fêtes, suivi d’un autre dès début janvier afin de nous libérer pour les vacances de février. A posteriori, avouez que cela n’aurait pas été si idiot… même si on peut facilement comprendre les motivations du gouvernement.

Un dernier mot d’introduction, à propos des bistros. Longtemps, j’ai nié qu’ils pouvaient « participer » à la pandémie parce que les bistros que je fréquente (en Bretagne ou en banlieue parisienne) sont assez calmes : il est évident qu’il y avait plus de risque dans d’autres commerces de dans les transports en commun. Et j’ai changé d’avis à l’occasion d’une de mes visites au bureau quand j’ai vu des bistros en « afterhours » à partir de 18 heures : ces crétins n’avaient pas compris. Je me suis rappelé certaines de mes soirées festives. L’évidence m’est alors apparue : il fallait fermer certains bistros à certaines heures mais le « certain » étant difficile à définir, il n’y avait pas le choix…

 

Et maintenant, où en sommes-nous ?

Je continue à rager contre les mensonges qui nous ont été faits depuis le début ! Rien que pour reprendre l’histoire des masques, la folie continue. Après nous avoir dit qu’ils étaient inutiles voire dangereux, ils sont devenus obligatoires et, maintenant, on commence à nous dire que les masques en tissus sont dangereux. Pendant des mois, j’ai dit qu’il fallait éviter les transports en commun urbain car l’entassement, malgré le masque, me semblait être la plus heureuse chose possible pour l’épanouissement de la covid. Afin de nous forcer à travailler, les autorités prétendaient le contraire. Aujourd’hui, on nous prépare à nous empêcher de parler dans le métro… Si ce n’est pas la preuve… Et pas seulement du grain de la folie.

 

Du fait de la présence de ma mère en maison de retraite, j’ai toujours été sensible à la condition des personnes âgées en hébergement, y compris les Ehpad et j’ai raconté plusieurs fois des scènes surréalistes dans Facebook. Je n’en fais pas des billets de blog car le personnel n’y est pas pour grand-chose et tout le monde est fatigué au bout de plus d’un an de confinement (il a commencé en novembre 2019 à cause de la grippe et s’est poursuivi en janvier à cause de la gastro avant d’être « définitif » pour le coronavirus). Pas plus tard qu’hier, je suis arrivé avec 10 minutes d’avance à un rendez-vous avec ma mère (le hasard : j’avais fini mes courses plus tôt que prévu). Le personnel m’a donc installé dans un coin qui venait de se libérer et qui n’avait pas été occupé par d’autres rendez-vous. L’aide-soignante est venue me chercher avant la fin de la demi-heure réglementaire pour libérer la place pour d’autres parce que d’autres visiteurs étaient arrivés. Je reprends : j’avais rendez-vous pour voir ma mère de 16h45 à 17h30, mais comme je suis arrivé par hasard en avance (sans revendication particulière), j’ai pu être avec elle de 16h35 à 17h05… Ubuesque !

Ce n’est qu’un exemple mais comment voulez-vous que nos aînés vivent cela bien ? Depuis quelques mois, je suis aussi assez sensible à la cause des étudiants qui se morfondent chez eux. Entendons-nous bien, je ne suis pas de ceux qui parlent de « génération sacrifiée ». Nos ancêtres qui ont eu 20 ans en 1915 ou en 1940 ont été un tantinet plus sacrifiés et en plus ils avaient des couilles. Je vous passe d’autres générations qui ont eu 20 ans à une mauvaise époque, comme pendant la guerre d’Algérie ! Ou la mienne, 20 ans en pleine crise du sida : obligé de boire plutôt que de baiser ce qui laisse des traces.

Non, tout simplement je pense à ces jeunes seuls dans une chambre à longueur de journée, avec les difficultés matérielles propres à cet âge, sans pouvoir rencontrer les copains. Moi, tout seul dans ma grande maison avec une pompe à bière, je me fais déjà chier. Alors eux…

 

Emmanuel Macron en parlait dans un de ces récents discours. Il a même évoqué un passeport psychologique ou un truc comme ça qui permettrait aux mômes d’aller consulter. C’est évidemment ridicule et pas simplement parce qu’il n’y absolument pas assez de psychologues en France pour s’occuper de 5% des étudiants…

J’ai bien la solution ! Rouvrez les bistros.

 

Avec les fêtes, on nous a fait la leçon, les risques liés aux rencontres, cette folle « partie » en Ille-et-Vilaine avec 1500 jeunes andouilles. Les fêtes sont passées depuis bientôt trois semaines : il n’y a pas eu de rebond réel de l’épidémie mais seulement une courbe qui est plate comme elle l’est depuis début décembre. Le violon est plein d’urine.

Jolie courbe sur laquelle on peut cliquer si on voit mal


Regardez bien la courbe en illustration sans en tirer trop de conclusions hâtives, tout n’étant pas égal par ailleurs (notamment les impacts saisonniers au travers des conditions climatologiques et des congés d’été). Il y a une chose qui saute aux yeux : les courbes des deux pics (ceux culminant en avril et en novembre) sont à peu près parallèle mais la « descente » du second cesse au bout d’un mois.

Il parait qu’un troisième confinement va arriver (vers le 7 février si j’en crois la boule de cristal des réseaux sociaux).

 

Cher Emmanuel, cher Jean, cher Olivier,

Avant de préparer quoi que ce soit, demandez-vous, en regardant cette courbe, si le plus urgent n’est pas de maintenir les gamins à la maison ! A la limite, je me fous de leur éducation : de toute manière, ils finiront cons comme des bites à 25 ans. N’allez pas croire que je balaie les problèmes d’un coup de manche mais un type de ma condition ne va pas s’attaquer aux détails, surtout s’il n’y connait rien (mais il me semble que les profs ont montré leur capacité à s’occuper d’une partie d’entre eux à distance et que les difficultés provenaient aussi d’un manque de moyens, d’organisation,…).

Le ralentissement de la baisse de la deuxième courbe a commencé au moment précis où vous tergiversiez sur les activités économiques essentielles. Vendre des livres en présentiel, des jeux, des fringues n’est pas une activité économique essentielle. N’écoutez pas les pleurnichards dont je n’ai absolument rien à cirer sinon nous sommes dans la merde pour des années encore.

Rien ne permet de dire que les fermetures des bistros ont contribué à des baisses d’épidémie (qui n’ont d’ailleurs pas eu lieu). Par contre, qu’est-ce qu’on se fait chier ! Et rien n’empêche la mise en place de contrôles de respect des gestes barrière et de la distanciation sociale pour permettre des ouvertures : cela n’a jamais été fait. Et ne me dites pas que ce n’est pas possible avec 250 000 flics pour 35 000 bistros… Si chacun va prendre un café avec un collègue quatre jours par semaine, ça nous fait deux contrôles par jour et par troquet et ça renforcera la proximité entre les forces de l’ordre et la population.

 

Pendant ce temps, vous pouvez continuer à amuser la galerie avec la qualité des masques, les quantités de vaccins, le nombre de cinquièmes de doses par flacon de six et ce genre de conneries mais ça commence à lasser. Confinez-nous franchement deux mois sur six si l’hôpital risque d’exploser et cadenassez les gamins ce qui leur évitera de se faire violer hors du cadre familial mais arrêtez de m’empêcher de prendre l’apéro avec les copains.

Par pitié.

22 janvier 2021

Gorce profonde mais sans mépris


Cette fois, j’ai mis un fût de Spatten en perse. C’est une des meilleures bières que j’ai goutées à la pression depuis que j’ai la machin chez moi, achat indispensable compte tenu de la fermeture des bistros qui s’annonce sans doute plus longue que la guérison d’une cirrhose du foie sauf si on trouve un donateur heureusement mort il n’y a pas trop longtemps.

J’aime bien la tireuse de bière à la maison. Mon occupation préférée est de changer le fût, tous les deux jours, en moyenne. Ca dure deux minutes mais c’est à peu près le seul geste qui varie. Et c’est surtout beaucoup moins chiant que l’actualité.

Imaginons que nous ayons un dessinateur de presse un peu connu et surtout parce qu’il travaille dans un des premiers quotidiens du pays qui fassent un croquis où il se moque d’opprimés, de malheureux, de victimes… En temps normal, nous devrions perdre notre temps à en rire mais je mets sur le compte du confinement ou du couvre-feu le fait qu’il faille déclencher une polémique dans les réseaux sociaux comme s’il était subitement devenu mal de se moquer du malheur des autres ! On pourrait desproger et dire qu’on peut rire de tout mais pas avec tout le monde mais ce n’est même plus le cas. Enfin si, mais il reste peu de monde, surtout dans la gauche française. Vous savez, tous ces qui « étaient charlie » encore à l’occasion du procès suite aux attentats de 2015, il y a très longtemps (je veux dire : en début de mois). Là ! Ils appellent à la censure et défendent un journal qui, comme on l’a cru (ce n’est en fait pas vrai), a supprimé une caricature.

C’est à pleurer, d’autant qu’il s’agit des mêmes gens qui, il y a une autre éternité (dix jours, à cette échelle), hurlaient contre Facebook et Twitter qui avaient bloqué les comptes de Trump au prétexte qu’il risquait de les utiliser pour lancer un appel à l’insurrection armée ou un truc rigolo comme ça et je me faisais engueuler, par les mêmes, parce que je soutenais des grands groupes privés qui respectent la loi et on bien le droit d’autoriser ou non des gens à dire des conneries chez eux, tout comme un patron de bistro a le droit de virer les braillards de chez lui.

Enfin, avait le droit quand il avait le droit de les faire rentrer…

 

Ce pauvre Gorce n’a néanmoins ce qu’il mérite. C’est-à-dire pas grand-chose au point d’avoir un geste d’honneur : celui de démissionner de la serpillière de référence, à un point que Plantu, la référence du dessin de presse (pas drôle mais un dessin n’est pas toujours là pour faire rire). Ce pauvre Gorce, disais-je, c’est fait traiter de libéral par des imbéciles qui pensaient justifier ainsi les malheurs (qui ne lui arrivaient pas). Ce faire traiter de libéral par des lascars qui défendent la censure tout en luttant officiellement contre ne manque pas de charme !

Le deuxième grief qui est lui ai fait est de ne pas être drôle. Ca ne se discute sans doute pas. Ses dessins me faisaient presque toujours sourire. Pour vous dire à quel point je suis ouvert sur l’humour de gauche, je vous invite à écouter le billet du matin d’une radio de service public d’un comique troupier (qu’est qu’on pouvait trouver de drôles aux Deschiens ?) : François Morel. « L’humour et la nuance ». Je vais citer la conclusion. Deux points : « Que Le Monde s’excuse publiquement d’un dessin de Xavier Gorce sans même contacter le dessinateur me paraît indéfendable. Que le dessin de Xavier Gorce ne soit pas son meilleur, c’est possible. Que Xavier Gorce n’ait pas réussi à joindre la nuance à un dessin d’humour  ne fait sûrement pas de lui un abjecte défenseur de la pédophilie, méprisant les victimes, comme on peut le lire sur les réseaux sociaux par la cohorte des vengeurs masqués, des justiciers sans foi ni loi, bavant de haine.

J’ai laissé toute la place ce matin à la nuance. L’humour n’est pas loin. Il vous embrasse. »

 

Le troisième grief contre ce pauvre Xavier est : il faisait du mépris de classe. C’est à la mode mais comme la gauche à abandonné la lutte des classes, on peut en rigoler. Les gens aiment bien dire « c’est du mépris de classe » dès qu’on se fout de la gueule des gens qui ne gagnent pas la moitié de votre salaire. Pas du tout ! Comme on ne peut rire que du malheur des autres, on ne peut que rigoler de leur pauvreté. CQFD, non ? Rien n’empêche celui qui parle de mépris de classe en gagnant 4000 euros par mois à propos d’un type qui en gagne de 2000 qui se fout de la gueule des smicards. Je gagne plus de 4000 et je méprise ceux à 2000 qui ont regardé les hommages à Bacri que j’aimais bien par ailleurs. Le type qui utilise l’expression « mépris de classe » fait partie d’une classe supérieure et se sent obligé de défendre les pauvres ou un truc comme ça. Je vous laisse trouver la solution. Je n’aime ni les riches, ni les pauvres, sauf s’ils sont patrons de bistros (ouverts).

Néanmoins, plutôt que de jouer la commisération ou la pitié voire les pléonasmes, les gauchistes devraient réfléchir à la parole des pingouins qui traitaient les gilets jaunes d’abrutis (ce sont ses propos ou, du moins, ce qu’il dit dans le dessin servant lamentablement d’illustration à ce billet de chiotte). Pour ce dessin (et d’autres du même tonneau ce qui me fait penser à mon fût de Spatten), Gorce s’est fait taper dessus par tous les néogauchistes en culotte de laine : il méprise le peuple.

Pas du tout. Tout au plus, il critique des gens qui viennent faire chier dans des ronds points avec des revendications (tout à fait justifiées, la question n’est pas là), indépendamment de toutes les structures démocratiques que l’on pourrait mettre en place, genre voter, adhérer à un parti, militer dans un parti, participer à débats publics… Vous me direz que ça ne sert à rien et qu’il vaut mieux bloquer un rond point pour obtenir une baisse du gazole mais on voit assez peu de lascars bloquer les véhicules pour obtenir du financement pour l’hôpital public. D’ailleurs, j’ai assez chié sur les imbéciles qui se mettaient à claquer des mains à 20 heures sur leurs balcons lors du premier confinement.

 

Un type de gauche devrait donc se poser des questions à propos de ce nouveau type de militantisme à gilet, de l’abandon de la politique et donc de l’inutilité de lui-même à part pour espérer récupérer les voix de ces braves gens avant que l’extrême droite ne le fasse.

Et en ce sens, Xavier Gorce est salvateur. En plus d’être parfaitement républicain contrairement à beaucoup de mes copains qui ont perdu leurs valeurs !

 

D’ailleurs, j’ai une copine qui a dit dans Facebook, un truc du genre : « Gorce n’est pas drôle, il est comme Dieudonné ». Elle se trompe, Dieudonné est parfois très drôle mais il est raciste et tient des propos formellement interdits par la loi, notamment en faisant de l’incitation à la haine raciale. Quand on en arrive à tout mélanger ainsi, on ferait mieux de prendre quelques cachets plutôt que de se draper d’un lange de défenseur des minorités et des victimes (en l’occurrence des trans et des violé.e.s inclusifs). Je sais que le viol, c'est mal, et que la transexualité n'est pas facile à vivre. Je préfère néanmoins en rigoler que de comparer tout le monde à une graine de facho et de rendre légitime une censure. Sinon, on va tous mourrir, hein...

 

Cela étant, il y a Tintin à la télé ce soir et j’ai un fût de Spatten à poursuivre (en justice, sans doute).a

 

17 janvier 2021

S'il ne reste plus que l'empathie...

Il n’y a pas beaucoup d’apéros de blogueurs plus ou moins politiques (visio KdB) dont on ne sorte enrichis ! Bien sûr, pendant les deux premiers tiers, on ne raconte que des conneries pour rigoler puis on devient plus ou moins sérieux et écouter les autres permet d’y voir plus clair même si tout cela, au fond, est évident. Je vais d’ailleurs faire la conclusion de ce billet dès l’introduction (ce qui me permettra d’être sûr d’avoir fini la rédaction avant l’heure de l’apéro), conclusion fort simple : à force de pérorer péremptoirement des avis politiques, on a une fâcheuse tendance à se croire différents des autres gens… voire supérieurs. Il n’y a pas de mal à ça : chacun se sent supérieur aux autres et, même moi, en le reconnaissant, je me demande si je ne pète pas plus haut que mon cul.

 

J’espère que vous avez bien compris le sens général de cette introduction, outre le fait qu’on s’est soulé la gueule via internet hier, je ne vais pas y revenir. Deux exemples piochés dans cette conversation vous permettra d’y voir plus clair.

Le premier sera d’une limpidité sans égal. Vous pouvez prendre des notes. On parlait de la crise sanitaire et chacun tenait des propos du genre « les gens en ont marre », « les gens pensent que », « les gens ont peur » et ainsi de suite et j’ai craqué ! Ca a été moi, ça aurait pu être un autre… J’ai dit « stop, je suis les gens ». J’en ai marre de cette crise. J’ai peur. Je ne sais plus trop comment gérer ma vie à ce putain de couvre-feu. J’en passe. On peut parler des jeunes de vingt ans, coincés dans des chambres d’étudiants, ne pouvant plus aller voir leurs parents, n’ayant plus le droit de voir des potes, sentant la dépression comme un chauve peut sentir des pieds… On peut parler des vieux qui au fond de leurs maisons de retraites se demandent s’ils en sortiront un jour pour un simple de repas de famille au cours duquel ils pourront tenir leur rôle : celui du patriarche, au bout de la table, qui ne parle plus, que tout le monde respecte et qui voit sa descendance virevolter autour… Et qui, sans espoir, se demande s’il ne serait pas plus simple d’anticiper l’heure du passage de l’arme à gauche.


On est tous pareils : pourquoi commencer une nouvelle semaine de claquemurage s’il risque de ne jamais s’arrêter, si on ne pourra plus reprendre ses voyages autour de France ou du Monde, les apéros avec les potes, le sport ou que sais-je ? Si on ne pourra plus être avec ses proches avant des mois. Ne garder que l’espoir que tout cela cesse…

Notons bien que je ne déprime pas plus que cela mais mon horizon n’est pas plus clair que celui des autres. Il fait beau. Si cela dure jusqu’à la fin de la sieste, je pourrai aller faire le tour du pâté de maison. Pour cela, il me faudra mettre mon pantalon. Ce n’est pas tous les jours.

 

Le deuxième en découle. Avec les copains, on est plus ou moins militants politiques, généralement proches du PS et nous avons une élection en ligne de mire. 15 mois. Le parti n’a pas de programme, pas de candidat et on se demande bien ce qu’on va devenir. Au moins, on peut rigoler des autres qui sont à peu près autant dans la mouise mais ce n’est pas une consolation.

Cette future élection présidentielle n’intéresse personne. Certains rêvent de vire macron mais s’il s’agit de trouver d’autres croque morts pour annoncer la fin du monde et des nouvelles modalités de confinement pour le lendemain, ça nous fait une belle jambe. Le pire est que Macron, s’il veut se représenter, sera obligé de virer Casteix pour tenter d’avoir une belle fin de mandat et qu’on n’a plus que cela à attendre.

Ainsi, tout le monde se fout de la politique et les blogueurs et autres militants ne savent plus quoi faire. Un programme ne sert à rien. Parler de la France d’après devient soit anxiogène soit utopiste. Montebourg a commencé sa campagne. Je m’y intéresse parce qu’il est soutenu par des copains mais, au fond, je m’en fous aussi, je ne sais pas ce qu’il propose et je ne veux même pas le savoir. Ce n’est pas le moment. Il faudrait commencer la campagne en janvier ou mars 2022 si on a toujours cette pandémie au-dessus de la tête.


Nous pourrions évidemment parler des mesures du gouvernement contre le virus et en faire campagne même si tirer sur une ambulance n’est ni joli ni efficace. Mais même ça, on ne peut pas. Il y a quinze jours, on gueulait après le nombre de vaccins, il y a une semaine, on constatait que la France était parmi les pays occidentaux à avoir le moins de morts et, aujourd’hui, on ne peut que constater qu’on est presque les seuls à ne pas être confinés totalement. La politique menée par la France (évidemment, c’est crétin d’avoir les mêmes mesures en Bretagne qu’en région Parisienne mais peu importe) mais tout ce que nous avons contre est qu’on en a marre, qu’on est inquiets,…

La plupart des partis d’oppositions sont muets. D’une part, ils n’ont sans doute rien de mieux à proposer et, d’autre part, ils sont obligés de faire marcher la solidarité nationale.


 

C’est la fin de la politique ! Il ne reste plus qu’une chose : l’empathie. Prenez-nous dans vos bras et consolez-nous, donnez-nous de l’espoir, dites-nous qu’à l’été, on pourra recommencer les festivités, les repars de familles, l’égorgement de nos filles et de nos compagnes !

Tiens ! Rendez-nous Hollande. Il est très bon pour empathir. Hier, y avait Royal chez Ruquier. Ce n’est pas une mauvaise empathisseuse mais elle n’arrive pas aux chevilles de son ex. Montebourg doit progresser. Il est encore trop hautain pour nous empather correctement.

 


Dites-moi que ma mère va passer l’après-midi à rigoler avec ses copines en buvant l’absinthe et qu’elle ne se morfondra pas dans sa chambre en se demandant pourquoi des circuits administratifs et décisionnels idiots font qu’elle ne peut pas voir son fils, avachi devant les réseaux sociaux à moins d’un kilomètre alors qu’il serait tellement plus sain, plus jouissif, qu’il déambule dans le jardin de la résidence avec elle, sous ce petit soleil d’hiver.

 

 

 

 

14 janvier 2021

Le pire de 2020 (d'un point de vue personnel)

 Hier les copains des blogs faisaient des billets sur les différents volets de 2020 et je m’attachais aux meilleurs ! Je vais tenter de m’attaquer aux pires, maintenant, en essayant de ne pas évoquer la politique.

 

Le premier : la sidération du début

Rappelez-vous les toutes premières semaines, quand on croyait encore que le masque était inutile, quand on se demandait comment le corona pouvait s’attaquer à nous ! Je sortais de chez moi pour aller faire des courses et je prenais d’infimes précautions pour toucher le moins possible des surfaces communes comme les poignées des ascenseurs. J’engueulais (à juste titre) les gens qui touchaient des produits dans les magasins…

 

Le deuxième : la sidération du début

Je sais mais ce n’est pas la même. Je parle de ces moments, chez soi, à s’inquiéter de l’avenir, non pas à long terme, on peut bien tous mourir, mais à court terme : quand pourrais-je aller en Bretagne, quand pourrais-je reprendre le boulot… le tout en passant de mon fauteuil à mon lit.

 

Le troisième : l’alcool

C’est à la limite de ce qu’on peut raconter mais pendant des années, j’ai fait les fermetures de bistro. J’ai mis un bout de temps à trouver mon rythme et surtout, bizarrement, à ne pas boire démesurément.

 

Le quatrième : la chaleur

J’ai déjà raconté un truc : il y avait une canicule et j’ai fait une connerie dans le réglage de mon chauffage qui s’est trouvé pendant près de deux mois à fond au lieu d’être arrêté (les « graduations » sont inversées et j’avais oublié).

 

Le cinquième : l’impatience et la lâcheté !

Rappelez-vous, au bout de deux mois, le gouvernement a annoncé le déconfinement dans une partie de la France et la limite des 100 kilomètres. Entre la préannonce (les bruits dans la presse) et le « jour J » j’ai imaginé quinze mille scénarios qui allaient me permettre de ne pas respecter les 100 kilomètres (ma mère a vraiment besoin de moi, par exemple !) et surtout le pire d’entre eux : qu’est-ce que j’en avais à foutre de dépenser 125 euros d’amende en plus de mon billet de train.

La peur du gendarme ne se maîtrise pas…

 

Le sixième : l’incapacité à m’organiser

Pendant les premières semaines ou mois passées en Bretagne après avoir fui mon appartement parisien, j’ai eu beaucoup de mal à « tenir la maison » entre l’entretien du jardin, le ménage mais aussi des différences par rapport à avant. Vous bouffez une pizza dans un appartement, vous jetez le  carton près de la porte (si vous êtes célibataire…) et vous le ramassez le lendemain en sortant pour le foutre dans le container de la copropriété. Pas à la maison.

 

Le septième : le rythme

Du début du confinement jusqu’à mon retour de vacances mi août, j’ai eu beaucoup de mal à trouver un rythme qui m’aille, à m’endormir à des heures fixes, à me lever à une heure normale, me demandant en permanence si je n’étais pas malade.

 

Le huitième : la dernière fermeture des bistros

Lors de la première, de toute manière, on n’avait plus le droit de sortir de chez soi puis on s’était habitués à ne pas sortir. Lors de la seconde, c’était tout autre chose. Outre le fait que j’avais retrouvé quelques habitudes (de 18h30 à 20h30 au comptoir), on a vécu cette fermeture imposée comme une grosse injustice dans la mesure où dans le bistro que je fréquentais, on respectait scrupuleusement « les gestes ».

 

Le neuvième : le blog politique

Ce n’est qu’un sous-titre et j’avais promis de ne pas trop parler de politique dans ce billet. Pendant les premiers mois, je faisais des billets sur la pandémie et j’expliquais ce que je pensais qu’il fallait faire. J’étais toujours atterré quand le gouvernement prenait d’autres décisions mais peu importe, nous sommes plus de 60 millions à avoir des avis, en France, et à être persuadé d’avoir raison.

Il se trouve néanmoins que les faits ont parfois montré que j’avais eu raison sur des sujets importants. Par exemple, j’avais dit que le second confinement aurait dû avoir lieu en octobre de manière à libérer les gens en décembre. Imaginez un peu si j’avais été écouté ce à quoi nous aurions échappé !

A contrario, je me suis totalement planté sur l’impact des bistros. Je me rappelle que c’est un article diffusé par Dagrouik qui m’avait convaincu que les jeunes étaient incapables de respecter les gestes barrière alors que, ne connaissant que les jeunes en Bretagne, je faisais confiance !

 

Arrêtons-nous à neuf (j’en ai encore sous le coude si besoin, notamment dans mes relations avec la maison de retraite de ma mère...).


Le dixième : les billets de blog sans illustration !

13 janvier 2021

Il n'y a pas eu que du mauvais en 2020 (mais il faut chercher)


Elodie, émérite blogueuse et putative prochain.e premier.e Président.e de la République mais on ne sait pas encore laquelle, fait un billet de bilan de 2020 alors qu’on frôle le 15 janvier, ce qui est contraire à tous les usages. Je vais donc la pomper, à défaut du contraire, vu que je n’ai rien foutu dans ce blog depuis bientôt une semaine. Vicieuse comme on la connaît, elle a choisi de garder le meilleur ! Nous allons faire des efforts…

 

Premier point : le portefeuille

Il faut toujours commencer par les sujets qui fâchent mais à force de ne plus aller au bistro en région parisienne et de ne plus être tenté de prendre un taxi pour fuir un métro, je fais des économies qui dépassent le revenu médian en France ce qui est évidemment honteux d’autant que je reste autant rapiat par bien des côtés…

Si une gonzesse veut m’épouser pour le pognon, c’est le moment, mais ça ne va pas durer.

 

Deuxième point : le foie

Evidemment, le bistro me manque mais je dois reconnaître que d’avoir une tireuse à bière à la maison est une excellente idée… Il faudrait que j’y revienne mais je suis followé par l’académie de médecine.

 

Troisième point : le métro, DTC

Vous remarquerez dans cette longue énumération que je ne cite pas le télétravail qui serait à prendre d’une manière globale mais qui conserve des inconvénients. Le télétravail pourrait me permettre de gagner deux heures par jour mais ce n’est pas la réalité. Il me faut par exemple faire des courses pour les repas et préparer à manger et, comme on n’a plus d’horaire, on a une fâcheuse tendance à perdre du temps, notamment le matin.

Je m’explique car c’est assez important dans la psychologie du télétravail. En temps normal, le matin, j’avais une heure maximum de départ de la maison pour arriver au bureau à une heure raisonnable. Je ne l’ai plus. Je traine au lit (ce n’était le cas au début de la crise), à table, à la toilette (un bain par jour…). Même pour les courses, on n’a plus de raison de se presser vu que, en plus, les bistros sont fermés…

Par contre, éviter la cohabitation avec la foule, les déambulations dans des couloirs sales et tout ça est un vrai bénéfice.

 

 Quatrième point : la liberté d’organisation


Je parle évidemment des conséquences du télétravail et pas de la liberté en général qui a été foutue aux oubliettes. Si j’avais eu à faire l’éloge du « télétravail sanitaire » il y a encore un mois, j’aurais mis en avant cette liberté, le fait de pouvoir organiser nos journées comme on veut, de travailler quand on en a envie (à condition de faire ce pourquoi on est payés) mais une longue réflexion à l’issue des vacances de Noël me fait un peu déchanter. Je suis libre de bosser quand je veux mais il faut bien participer aux réunions et il faut bien que le travail soit fait. Je suis libre de faire mes courses quand je veux mais, avant, je bouffais au resto et ne faisais pas de courses. Je peux faire des visioconférences de ma cuisine en épluchant des patates mais, on en revient à la même chose : avant je n’avais pas besoin de préparer les repas.

En fait, avant, je n’avais pas à m’organiser, ça venait tout seul. Maintenant, je suis bien obligé de tout prévoir et c’est loin d’être un progrès.

Je garde cette liberté parce qu’elle permet de faire des lessives ou de tondre la pelouse pendant les heures de travail mais elle fait travailler pendant les heures de loisir…

 

Quatrième point : la maison

Etant en « télétravail sanitaire », je vis dans la maison de ma mère et non pas dans mon petit appartement de banlieue. C’est drôlement agréable et c’est une découverte pour moi. Ce qui n’empêche pas ma vie parisienne de me manquer…

 

Cinquième point : les blogs

Pendant le premier confinement, on a assisté à une espèce de renaissance des bogs politiques de la grande époque mais le soufflé est vite retombé ! La satisfaction est plus récente avec la création de deux nouveaux blogs, après celui de Stéphane, ceux de Claire et de Boris.

 

Sixième point : les visioconférences

Quelles soient entre potes ou entre collègues (pour des raisons autres que le travail), elles sont bien sympathiques. Elles n’ont, heureusement, rien de contraignant (contrairement aux soirées au bistro : on n’est pas obligé d’y venir mais on peut passer en coup de vent, voire renoncer en dernière minutes). Et ça permet évidemment de voir des copains et copines qu’on ne voit même pas hors crise.

 


Septième point : TikTok

J’aime bien ce truc qui n’a absolument aucun intérêt surtout si on n’est pas éditorialiste de gauche et constitutionnaliste. Si ! Un intérêt ! C’est un excellent somnifère…

Pour ce qui concerne les autres réseaux sociaux, notamment Facebook, 2021 s'annoncent pire que 2020. Les hurluberlus qui donnent leur avis dans ce machin ont décidé de perdre le peu de recul qu'il restait. C'est bien triste, ma pauvre dame. La bonne nouvelle est qu'il a fallu que je fasse un billet pour défendre Finky attaqué par la sphère entière...

 

Huitième point : les films à la télé

Je ne vais pas perdre du temps mais ça fait 25 ans que j’étais habitué à faire toutes les fermetures des bistros. J’ai découvert autre chose. Qui me va bien. Mais les bistros me manquent.

 

Je crois qu’il me fallait trouver douze points et je n’en ai retenu que huit mais on s’en fout vu qu’en fin de compte je suis assez grand pour trouver des objectifs. Je crois que c’est surtout l’occasion, pour moi, de faire un réquisitoire contre le télétravail ou, du moins, contre les arguments que j’avais sortis en sa faveur. Beaucoup de mes arguments concernent surtout les célibataires.

 

 

J’aimerais bien savoir assez tôt si on continuera à avoir une longue période sans bistro auquel cas il faudrait que je réorganise la maison : il faudrait que mon fauteuil soit en face de la télé, à côté de la pompe à bière et d’une source d’eau froide pour rafraîchir le verre.

  

06 janvier 2021

Duhamel et du cul !


S’il y a des sujets avec lesquels j’ai un de peu de mal, dans mon blog, c’est tout ce qui touche à la sexualité pas totalement consentie voire aux bonnes mœurs ! Je ne suis néanmoins pas un pervers sexuel. Au contraire ! Mon abstinence culière frise la perversité. Prenons un exemple : un type qui serait maintenant ministre de l’intérieur et qui se serait fait faire une pipe en l’échange d’un service, comme trouver un appartement, aurait toute ma sympathie s’il n’avait pas fait un acte illégal, genre « abus de position dominante frisant la corruption passive (le terme est bien choisi) et j’aurais tendance à me foutre de la donzelle qui s’est fait aussi facilement baiser (c’est une façon de parler) mais qui mérite, quant à elle, une accusation de corruption, active, cette fois ! Tout est une question de point de vue. Voire de position.

 

Je passe le cas de cette andouille d’ancien candidat LREM à la mairie de Paris qui a diffusé des moments de plaisirs avec son smartphone. Il est con. Point. Et nous ne méritons probablement pas d’avoir des dirigeants de cette âge se laissant aller à ce genre de plaisir. A 14 ans, à la limite. Plus tard, on est trop occupé à participer à des fêtes illégales (ce qui est devenu un pléonasme). De fil en aiguille, je ne vais pas blâmer un brave producteur américain qui aurait promis quelques travaux à d’énigmatiques starlettes en échange de quelques faveurs sexuelles, il ne pourrait avoir que ma considération : faudrait pas se priver, non plus !  

N’allez pas croire que je suis dénué de toute moralité, pour l’instant je plante le cadre ce que je fais avec d’autant plus de plaisir que je n’ai pas planté autre chose depuis longtemps. Quitte à poursuivre un tantinet la provocation, on peut bien que si le créateur (ou l’évolutionniste) a prévu quelques orifices dans le corps humain, il ne pouvait pas penser à tous les usages possibles inventés par des créatures qu’il a lui-même produites, ça lui apprendra.


Ainsi notre histoire et notre littérature dont les livres de Cavanna et de San-Antonio regorgent d’histoires de cul qui ne sont pas spécialement à la gloire du ou de la pénétré.e mais nous font bien rigoler. Tenez ! A propos de l’affaire DSK, JFK parlait de troussage de bonne ce qui a scandalisé le chalant mais le cul n’est qu’à la marge dans ces machins, le mal vient surtout de l’abus de position dominante, comme on dit. « Tiens, ma cocotte, baisse ta culotte », c’est mal ! D’un autre côté, une chatelaine profitant de la fraicheur des valets de chambre scandaliserait assez peu.

On est peu de chose mais je ne suis pas franchement un « père la morale » et vous présente mes excuses si, par mégarde, vous penseriez que je ne penche pas du côté du bien… J’ai le sens du mal, aussi.

 

Par exemple, l’abus (le fait d’obtenir une faveur parce que la personne en face n’a pas le choix), c’est mal. C’est une saloperie. Mais nous ne parlons pas, ici, de simple abus mais de viol et de pédophilie vu que c’est bien évidemment « l’affaire Duhamel » qui motive ce billet. Néanmoins, au risque d’exaspérer mes camarades de jeu, je vais continuer à être léger (moralement, hein !, parce que physiquement, le confinement est passé par là) tout en restant sérieux.

Nous avons donc M. Duhamel qui est accusé d’avoir abusé du fils de sa compagne dont le père était (et est toujours) une personnalité importante ce qui ne change rien au fond de l’affaire pas plus que M. Duhamel est connu donnant qu’il porte le même patronyme que d’autres célébrités. Ce n’est probablement pas neutre parce que ces messieurs se croient souvent au-dessus de la mêlée mais aussi parce que le bas peuple qui juge dans les réseaux sociaux aiment bien taper sur les gens connus, notamment ceux qui apprennent que leur fils a été violé alors qu’ils sont ministre ou quelque chose comme ça et qui ferme sa gueule parce que l’élite a le droit de sacrifier ses enfants. Les juges des réseaux sociaux savent être encore plus ignobles que leurs cibles…

 

Tout d’abord, notre justice a un certain nombre de piliers, y compris en matière de pédophilie et de viol dont la présomption d’innocence et la prescription. On ne va pas en débattre parce que ce n’est pas le sujet de mon billet mais les histoires de M. Duhamel ne sont pas prouvées et qu’il y a peut-être prescription (a priori non, de peu, la loi ayant changé en 2018) mais je ne suis pas pénaliste. Je conserve, en l’occurrence, la présomption d’innocence, ce que j’ai toujours fait. En outre, l’affaire Duhamel, quels que soient les protagonistes, reste un fait divers ! Au moins, avec DSK, le fait divers avait un peu perturbé la politique française…

 


Je vais continuer ma légèreté volontairement provocatrice pour aboutir à la démonstration que je veux faire et ne croyez pas que je pense vraiment ce que je vais dire. Par exemple, le viol n’est qu’un mauvais moment à passer. Vous prenez un truc dans un orifice prévu ou pas pour cela dans un mimétisme d’une personne qui aimerait ça, vous n’avez qu’à pensez à autre chose, comme, par exemple, à ce qu’on pourrait faire pour rouvrir les bistros. Je n’ai jamais rien pris dans le moindre orifice à part de la bière dans le cornet mais, a priori, certains aiment ça, cela ne doit pas être totalement désagréable. Quant à la pédophilie, ce n’est pas joli joli et même très mal mais, à une époque, quand le môme n’était pas trop jeune, c’est-à-dire avait l’âge de celui qui nous concerne, on appelait ça de la pédérastie et c’était amusant. Et presque la norme. 

T’as vu ça ? J’ai presque réussi à faire passer un viol pédophile pléonastique pour une banalité. Fallait le faire, non ? Je vais être pourchassé par #metooteampremierdegré…

 

Comme beaucoup, j’ai lu des articles à propos du livre de Camille Kouchner, vu des extraits de journaux télévisé et même une espèce de débat tel que seule CNEWS sait produire. L’affaire est tellement glauque qu’il y a eu une omerta de près de 30 ans ce qui n’empêche pas les andouilles habituelles de dire « tout le monde savait ».

A ce sujet, je vais citer un copain de Facebook : « J'aime beaucoup les histoires qui nous racontent que "tout le monde savait". Parce que ça ne veut rien dire, "tout le monde savait".

Comment les gens savaient-ils ce qu'ils savaient ? Récit direct ? Rumeur ?

Ma première rumeur de viol en politique, je l'ai entendue environ 3 mois après mon adhésion au MJS. Le copain accusé n'a bien évidemment jamais été condamné. D'ailleurs, on ne m'a jamais dit le nom de la victime. Mais "tout le monde savait", visiblement. Bon, le petit problème étant que rétrospectivement, il y aurait à redire sur les accusateurs/calomniateurs de l'époque, mais c'est un autre sujet.

Savoir, c'est aussi, c'est d'abord, savoir qu'on sait, c'est à dire disposer d'éléments objectifs prouvant qu'on a raison de penser savoir ce qu'on sait. Sans quoi, on reste juste dans la croyance d'une rumeur.

De là ressort un point qui devrait selon moi guider nos réflexions : il vaut mieux être humble dans certaines situations et éviter certains jugements à l'emporte-pièce. »

Je vais résumer parce qu’on ne parle pas la même langue et que je ne comprends pas tout : ceux qui savaient sont des trous du cul.

 


Mais n’arrêtons pas là ! Le père de la victime, ministre sarkozyste de gauche (faut bien rigoler), a découvert les faits 20 ans après. Il voulait légitimement « donner une trempe » au présumé mais la sœur et le frère de la victime l’ont empêché de le faire pour la protéger. Et la sœur a encore attendu encore dix ans avant de causer. On croit rêver ! Je ne porte aucun jugement. Je constate : c’est abominable. Je comprends. Il y a la honte du viol. Il y a la honte du viol d’un garçon vu que le créateur ne pensait sans doute pas à cet usage pour l’orifice probablement utilisé (ou alors dieu serait vicieux ce qui est un autre débat surtout qu’il n’existe pas).

Il y avait un slogan parmi ceux qui luttent contre les abus, quels qu’ils soient, les abus des « producteurs de cinéma » comme les abus avec violence physique : « la honte doit changer de camp ». Cela ne veut rien dire : la honte pour le violeur n’existe pas. La peur de se faire prendre n’est pas de la honte. Duhamel, s’il est coupable, a peut-être honte 30 ans après mais cela nous fait une belle jambe.

 

Alors, dans toutes ces affaires, plutôt que jouer à la vierge effarouchée, ne faut-il pas banaliser l’abus pour que la victime puisse ne pas avoir honte, puisse s’en sortir la tête haute (30 ans, bordel !), puisse dénoncer les faits, le violeur… Et empêcher que ça se reproduise ?

Et « plutôt que jouer la vierge effarouchée en disant que tout le monde savait… »

 

Vous vous rendez compte, en marge de ce billet, qu’il y a des foldingues qui exigent la démission de Mme Guigou, présidente de « la commission sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants », sous prétexte qu’elle est proche des protagonistes de cette histoires ? Je dis bien « foldingue » parce que, plutôt que de s’occuper des violences sexuelles faites aux enfants ou des « 30 ans », ce pétasse va insister sur le "tout le monde savait" recommandant ainsi que tout le monde ferme sa gueule.


Les illustrations de ce billets sont fournies par Elodie qui doit assurer la promotion d'un jeune blogueur éphèbe.

05 janvier 2021

Démentielle covid


N’allez pas croire que je soutiens dorénavant le gouvernement : je continue à le trouver nul et pas seulement au niveau de la communication ! Il n’empêche que les cris de pucelles effarouchées à chaque amusement provoqué par cette brave mais néanmoins mutante covid finit par me lasser et ce week-end fût assez sportif… Mon énervement s’accroit du fait que je ne me contente plus de « prendre connaissance des informations » et de lire des conneries dans les réseaux sociaux, ma dernière lubie est de regarder les chaînes d’information en continu en deux ou troisième partie de soirée, notamment CNEWS avec une bande de réactionnaires qui s’étouffent un peu trop souvent !

 

Pas plus tard qu’hier, nous avions une pétasse en tailleurs qui gueulaient car les forces de l’ordre n’avaient pas utilisé les moyens technologiques modernes pour empêcher la « teuf » dans du week-end dans un patelin de Bretagne. Non madame, on n’utilise pas les moyens technologiques mis en œuvre dans le cadre de la lutte contre le terrorisme voire de la pédophilie pour empêcher des jeunes de faire la fête ! On ne cherche pas dans les réseaux sociaux toutes les traces de tous les délits possibles, nous ne sommes pas dictature machin truc ! Aussi bien, cette andouille criait donc les lois dites sécuritaires… Il revient aux braves pandores locaux de faire le job même si c’est en mode « le gendarme à Saint-Tropez » !

 

Le week-end a été riches en bêtises covidiennes ! Toujours à propos de cette betterave partie, j’ai entendu des gens très proches dire que les forces de l’ordre auraient pu intervenir… Ben non, il aurait fallu déployer des très gros moyens pour lutter contre les 10% les plus tarés et on ne va pas envoyer l’armée pour déloger 2500 gamins qui dansent en fumant des trucs que la morale réprouve (la loi aussi mais ça ne fait pas unanimité) et en buvant des trucs dans une quantité effroyable (genre chacun en trois jours ce que je bois par heure). Le comportement de la police et de la gendarmerie a été exemplaire et ils ont fait ce qu’il y avait à faire.

Je lisais un éminent membre du Printemps Républicain, donc très proche de moi, qui disait que le gouvernement n’était plus capable de faire respecter l’Etat de droit ! C’est la vérité mais c’est n’importe quoi… On ne va pas, je me répète, empêcher des lascars de s’amuser bêtement. Le vrai non respect de l’Etat de droit était, par exemple, pas très loin, à Notre-Dame-des-Landes où le gouvernement a baissé sa culotte devant quelques abrutis dangereux alors que passer le coin au napalm aurait facilité le travail des bâtisseurs.

N’allez pas croire que je défends que ces couillons qui bravent les interdictions sans se rendre compte du danger qu’il y a s’échanger ce virus même si c’est dans la bonne humeur. Ils sont cons. Point. Ce n’est pas propre aux jeunes mais tout de même…

 

La transition est toute trouvée même si je suis hors sujet de mon propre billet : quitte à donner des priorités au vaccin, autant mettre les jeunes en premier. Ca leur permettra de continuer à faire les cons sans trop participer à la contamination générale. J’insiste parce que ça fait plusieurs jours que je le dis sans trouver d’échos. En plus, si le vaccin est dangereux, on ne fera que tuer des incultes et des chômeurs en puissance.

Le rythme de la vaccination a fait beaucoup parler : la France est à la ramasse par rapport à d’autres pays… Il n’empêche que le résultat du « traitement d’une crise sanitaire » doit se compter en nombre de morts à la fin et pas en nombre de vaccinations. On nous dit qu’on est 19ème et que c’est lamentable. Je crois bien qu’en termes de nombre de morts (par millions d’habitants) nous sommes 15ème, nous n’avons donc pas à rougir de nos places… Les guignols de CNEWS, hier, reprenaient les propos de Zemmour qui parlait, à cause de ces chiffres, de déclassement de la France. Un peu de sérieux, que diable ! Les pays déclassés sont ceux qui ont mal su gérer la crise dès le départ et ont plein de morts maintenant… et encore une fois, c’est à la fin du comice qu’on compte les bouses. Surtout que ces andouilles étrangères sont potentiellement entrain de vacciner à tours de bras avec un produit qui ne sert à rien compte tenu des mutations directes. Ca va coûter la peau des fesses et quand on aura le vaccin « définitif » leurs citoyens vont refuser de se le faire injecter.

En racontant n’importe quoi, les incompétents à la petite semaine poussent le gouvernement à changer de stratégie et je ne suis pas persuadé que cela soit une bonne chose ! Mais qu’il se débrouille et fasse une communication correcte et crédible.

 

Ce qui nous amène aux 35 citoyens tirés au sort pour parler de vaccination ! Les réseaux sociaux ont commencé à s’énerver ce dimanche comme si c’était une nouveauté hors l’annonce a été faite il y a plus d’un mois. Les lascars qui s’égosillent en permanence pour les sujets à la mode feraient mieux de lire les articles de presse.

Cela étant, je suis évidemment circonspect, comme tout le monde ! Mais j’accorde volontiers le bénéfice du doute : comment voulez-vous que les types au sommet de l’Etat puisse bien comprendre le peuple et les raisons qui poussent à refuser un vaccin s’il ne les entend pas directement. Vous me direz qu’on a les corps intermédiaires, les élus de proximité et tout ça. Je dis : oui. Mais à l’heure des réseaux sociaux, des micros-trottoirs en continue et de ces singeries, la « vérité » peut-elle arriver au sommet ? On a plein d’hurluberlus qui voudraient refondre nos pratiques démocratiques y compris en passant par une sixième république (établie par une « constituante tirée au sort », d’ailleurs…), qui prétendent représenter le peuple, les gilets jaunes devant et marron derrière mais qui gueulent quand le premier ministre veut papoter avec un type.

Notons que je ne défends rien, je ne fais qu’appeler à un peu de recul…

 

Pendant ce temps, les ronchons de service oublient de parler de certains sujets autrement plus qu’une boum organisée pour le 1er de l’an dans un sombre hangar près de chez moi, comme la fermeture des bistros ! On a eu ce week-end l’annonce qu’ils ne rouvriront pas en janvier mais les internautes n’ont pas gueulé. Ca fait bientôt un an qu’on se fout de la gueule des bistrotiers par exemple en leur demandant de définir des protocoles sanitaires que personne ne finit par étudier, le gouvernement se contentant de pondre des éléments de calendriers qui ne sont jamais respectés.

Vous me demanderez ce que peuvent faire les réseaux sociaux. Je n’ai pas de réponse mais cela me préoccupe plus que les bisbilles du quotidien.

02 janvier 2021

Le vaccin au festival de Kahn

 


Je suis parfaitement d’accord avec le Dr Axel Kahn et sa dernière publication dans Facebook (que je reprends ci-après). D’ailleurs, il me semble que c’est un des scientifiques qui dit le moins de conneries avec cette histoire de pandémie. J’insiste sur le « il me semble » car, contrairement à toi, toi et toi, je ne suis pas un spécialiste. La vaccination en masse des personnes à risque et des soignants devrait être la priorité absolue et le rythme auquel nous allons, en France, est diablement ridicule.

 

Je vais néanmoins ajouter des éléments parce que je me pose des questions.

 

Le premier est que des types comme moi n’ont pas à être prioritaires parce qu’on maîtrise à peu près ce qu’on fait : des réveillons en petits comités, des sorties réduites au minimum et un hébergement dans un coin où le virus circule peu. Par contre, je répète ce que j’ai déjà dit et ce pour quoi je m’étais engueuler : ce sont les jeunes qu’il faut vacciner en priorité parce que ce sont les jeunes qui font la fête, qui habitent seuls et donc vont dîner (ou picoler) chez les voisins (et iraient bien au bistro). Ce sont les jeunes qui font circuler le virus, qui le transmette à leurs parents parce qu’il faut bien rentrer à la maison pour faire laver le linge et essayer de récupérer un peu d’argent de poche… Ce sont ces parents qui vont consulter des soignants et, surtout, visiter des personnes à risques, leurs propres parents, ce qu’on ne peut pas empêcher car dans notre société, on ne laisser pas les vieux crever tous seuls. Autant porter le voile et revenir au moyen-âge.

 


Il faut que les jeunes puissent entrer dans une pharmacie et demander à la dame un peu moustachue, là, dans le fond, et avec une blouse blanche : « S’te-plait, Mâame, fais-moi une piqûre de vaccin ». « D’accord mon petit chéri, tu sais que tu es mignon toi et que j’ai un peu d’expérience, n’oublie pas de revenir dans une semaine pour la deuxième dose ».

 

Le deuxième est qu’on n’est plus à un mois près… (sauf pour les bistros, hein !). On peut aussi attendre que l’offre augmente pour diminuer les coûts et, surtout, « créer l’envie ». Dans six mois, on fera le tri, le bilan depuis le début de la pandémie et on pourra comparer les pays entre eux et, peut-être, montrer que la France n’est pas plus mauvaise que d’autres. Comme dit machin : c’est à la fin du comice qu’on compte les bouses. De toute manière, les virus vont muter, il faudra trouver d’autres vaccins, plus génériques.

 

Les vaccins seront génériques. Les anti-vax qui parlent de dangers et en rajoutent avec les OGM ou évoquent des thérapies génériques mériteraient le cabanon… L’ARN est comme du bois mort. On va t’en coller dans le sang pour prévenir tes cellules : « attentions mes petites chéries, des méchants virus avec le même squelette que ce déchet va arriver et il faut que vous commenciez à produire des anticorps pour les expulser manu-militari avec exécution immédiate et aucune reconduite à la frontière ». Le virus peut muter un peu, nos sympathiques cellules arriveront bien à leur coller la pâtée bien méritée.

 


Toujours est-il que l’on peut considérer la stratégie « de lenteur » du gouvernement comme une excellente stratégie. Rappelez-vous le début de la crise, on disait « il faut des masques » et ils répondaient « ça ne sert à rien », puis « il n’y en a pas assez » puis les masques sont arrivés, à 8 euros les cinquante en supermarché, la plupart des gens en mettent sans ronchonner et tant pis pour les autres, ils ne nous mettent pas en danger. On va leur taper sur la gueule quand même, par principe.

 

Nous en sommes, avec le vaccin, au « il n’y en a pas assez ». Les réseaux sociaux vont vite exploser : « mais vous vous foutez de notre gueule, les autres pays en ont plein, vous êtes des nuls et vous devez nous en trouver. » « Ah mais on a des problèmes de logistique ». Et dans deux mois : « on vous a écouté, les vaccins sont disponibles en pharmacie, leurs stocks sont limités à cause de la conservation, mais elles sont livrées tous les jours, elles ont formé des sans papiers roumains pour faire des piqûres et vous pouvez y aller ». Dans six mois, 70% de la population sera vaccinée et ça sera suffisant pour empêcher les méchantes covid de sauter joyeusement de l’un à l’autre à la caisse du comice.

 

Axel Kahn est scientifique, pas politique (il n’est pas une bille non plus mais a des idées saugrenues : en 2011, il soutenait Martine Aubry à la primaire du PS et, aux législatives suivantes, il était candidat face à François Fillon). Je ne suis pas scientifique et ma carrière politique se limite à raconter des conneries dans mon blog.

 

J’ai quand même parfois du nez…

 

 

La publication d’Axel Kahn (les vaches sont en bonus) :

AUTOPSIE D’UN DÉSASTRE

Au second jour de l’année, mes amis, les défis et incertitudes épidémiques sont tels que les stratégies à mettre en œuvre sont des plus délicates.


Les données objectives sont les suivantes : La flambée épidémique aux ÉU et, plus près de nous, en GB est impressionnante. Elle est l’un des scénarios qui nous attend, avec remplacement des virus circulants depuis février 2020 par des mutants plus infectieux, notamment ceux caractérisés en Angleterre et en Afrique du Sud.

Cette émergence de mutants sélectionnés sur l’avantage sélectif que leur confère une plus grande  infectiosité est inéluctable, elle est facilitée par l’indigence des politiques qui, pour des raisons économiques compréhensibles, ont cherché à « vivre avec le virus », « pas si virulent que ça. »

Bien entendu, plus le virus circule, plus nombreux sont les mutants aléatoires dont certains seront avantagés. La Chine nous a envoyé le SARS-CoV-2. En revanche, ce n’est pas chez elle, ni en Corée, Japon, Taïwan, Australie, Nouvelle Zélande... qu’apparaîtront les nouveaux mutants, leur politique constante a été de viser l’éradication du virus, avec succès pour la Chine.

La GB dans une situation terrible fait le pari de ne pas faire 3 semaines après la première injection le rappel nécessaire à une protection optimale.  Ses scientifiques sacrifient la qualité de l’immunisation chez N personnes pour protéger moins bien 2 N personnes. Je ne sais s’ils ont raison mais leur suis solidaire dans la tourmente.

La même situation nous menace. Mais la France n’ayant utilisé que 400 des deux millions de doses de vaccin qu’elle a reçues n’en est pas là !

Comment expliquer un tel désastre de démarrage ?

La raison principale en est une extrême sclérose intellectuelle des corps de l’État, notamment dans le domaine sanitaire.

Ainsi l’HAS doit statutairement proposer la stratégie vaccinale. Elle applique les règles dont elle n’est pas même capable de penser l’adaptation aux circonstances. Il faut prioriser les personnes fragiles, allons pour les EHPAD. Il faut évidemment respecter la règle du consentement, prendre toutes ses précautions, encadrer dans les EHPAD la vaccination de consultations espacées : la procédure dure 5 jours. Pas question de déplacer les anciens, on ira à eux. Et les soignants ? S’ils sont jeunes, ils ne sont pas à risque. Besogneuse, l’HAS fait son job sans aucune vision dynamique de santé publique ni clause d’adaptation à l’évolution épidémique. À la DGS, au Ministère, on applique sans plus de vision le plan de l’HAS.

Qui soignera les personnes malades si les soignants ne sont pas protégés et si la tension hospitalière devient chez nous aussi forte qu’en GB ? La procédure mise en place est d’une incroyable lenteur ? Oui mais si conforme aux règles !


Et puis cerise sur le gâteau, la politique de communication. Le gouvernement est obsédé par les gilets jaunes, de fait dans leur masse anti-vaccin. Il se méfie : « Évitons de leur donner de quoi prospérer, allons-y mollo ! » Le Monsieur vaccin en tête, on y va alors comme à regret. Le remarquable scientifique Alain Fischer, un ami cher, ici à contre emploi, dit dans sa 1ère intervention non ce qu’il faut espérer mais toutes les questions qu’il se pose. Les autorités annoncent très fières les sites où déclarer les effets indésirables, se déclarent prêtes à interrompre la campagne si nécessaire...Mais l’espoir du vaccin, la voie qu’il trace, l’extraordinaire aventure scientifique qu’il représente ? Presque rien. Moi-même, écoutant cela, j’ai été à me poser des questions ! (private joke).

L’erreur psychologique est inouïe ! Les anti- masques, anti- confinement, anti- seconde vague, négationniste de la réalité de l’épidémie, réseaux gilets jaunes et complotistes ont jubilé : « Voyez, ils ont la trouille, eux-mêmes n’y croient pas ! » Et les hésitant ont commencé de basculer en masse dans le refus. « S’ils font tant d’histoires, c’est qu’il y a un loup, une meute, même ! » Après 15 jours de cette brillante communication, on était passé de 55% de personnes disposées à se faire vacciner à 40% !

Cet épisode devra dans le futur être enseigné dans les écoles de l’administration comme l’exemple de ce dont il conviendrait à tout prix de se préserver.

Bon, tentons de réparer le désastre. Errare humanun est sed perseverare diabolicum...

Axel Kahn qui en a tant vu mais là, chapeau !