15 septembre 2021

Attendons l'élection, le passe dans une main, le bulletin Macron dans l'autre et la bière sur la terrasse


Alors qu’il ne s’est rien passé dans notre quotidien depuis dix-huit mois, il nous faut préparer les six prochains vus qui seront tout autant inutiles vu qu’ils se concluront par l’élection du même loustic avec la reconduction des incompétents à leurs divers postes. D’ailleurs, je ne vois pas trop pourquoi je ferai des billets de blog en attendant d’avoir quelque chose à dire, à savoir lors du prochain trépas delonesque.

Notons tout de même qu’il est fort probable que je vote moi-même Macron fin avril prochain. Je suis sérieux. Je ne vais pas passer six mois à me contrepalucher tout en concluant : « on va faire barrage ». Autant le faire maintenant. Déjà, voter pour Macron, c’est voter pour tous ceux dont le devoir serait de lui faire barrage comme le Parti Socialiste.

Si un candidat franchement républicain de gauche émerge tout en étant franchement défenseur de l’Union Européenne et arrêtant de promouvoir une production en France, le tout en mijotant des slogans sur son smartphone construit en Chine. Il n’empêche que mon candidat républicain de gauche espéré n’aura très certainement pas cassé le passe sanitaire car il pense être raisonnable et que c’est la seule solution nananère car les opposants à cette stratégie gouvernementale sont des âne doublés de ploucs provinciaux.

J’ai déjà exprimé mon opinion. Dans six mois, on aura tiré la conclusion suivante : bon ben on en a peut-être moins chié que sans vaccin mais à un coup délirant tout en devant reconnaitre qu’on n’avait quatre vaccins dont deux qui déjà aux fraises et un qui vient de faire exploser l’ordinateur prêté par la Nasa pour calculer le nombre de rappels qui seront nécessaires.

J’ai néanmoins arrêté de l’exprimer il y a une paire de quinzaine de jours alors que les copains de gauche défenseur du passe sanitaire mais voulant la tête à Macron expliquaient que j’étais nécessairement un con si je pensais qu’une obligation de contrôle supplémentaire était privateur de liberté…

« Heu… » sera ma seule réponse. Ils ont le droit de penser que la vaccination devrait être obligatoire car c’est la seule solution pour que nous puissions reprendre une vie normale uniquement perturbée par la nécessaire vérification de notre conformité à des normes sanitaires… J’ai le droit de penser que l’on pourrait se préoccuper en priorité de braves gens qui ont moins de pognon que nous et vont tous mourir infectés par des faux PCR en bambou qu’ils se seront enfoncé dans le nez. Ou ailleurs, mais ça serait du vice.

 

La vie doit reprendre, disais-je, avant d’interminabiliser mon introduction. Quelques blogueurs politiques sont déjà au charbon. Saluons par exemple Stéphane qui ne débande plus. Mon rôle restera cantonné à la défense de Macron. Ca ne fait pas mal. Je m’y prépare. Encore deux ou trois étirements et je serai au top !

Dans l’attente, parlons de blogs : il y aura un Kremlin des Blogs ce soir à 19h20 à la Comète au Kremlin Bicêtre, 102 avenue de Fontainebleau. C’est la Nationale 7 que nous avons choisir pour faciliter les déplacements de Stéphane même s’il ne viendra pas. Il y aura un autre KDB demain avec d’autres gens, tout aussi bien même si moins hauts de poitrine. Un KdB est une rencontre de blogueurs informels mais comme il y a de moins en moins de blogs, nous acceptons dorénavant tout acteur de la vie politique française même si veut voter Le Pen pour faire barrage à Macron.

Pour ces deux KdB, je vous ai préparé une surprise : la Comète a été presque entièrement refaite et est toujours magique grâce à un éclairage faisant ressortir des couleurs chaudes. Il n’y avait pas eu de travaux depuis 13 ans. Le patron avait alors voulu faire un lieu « rétro », recouvrant les murs de morceaux d’affiche d’époque prédécolonisatrice pour marquer son attachement au vivre-ensemble. Au bout de quelques années, c’était tellement sale qu’on croyait que la décoration était d’origine.

Là, c’est propre.

07 septembre 2021

Le Trépassé

A chaque fois qu’une personnalité passe l’arme à gauche, les internautes multiplient les hommages et ça m’énerve. Je me fous de savoir de ce que pensait chacun de tel ou tel disparu et… trop d’hommages tue l’hommage. Les propos sont ridicules.


Déjà, les précédentes années, on avait perdu quelques « monstres sacrés » tels Marielle, Rochefort, Brasseur… et la Covid n’avait rien amélioré. On a d’ailleurs l’impression qu’ils sont tous morts au cours des 18 derniers mois.

Des géants ! Subitement relégués au rang de nains. Comment lutter face à Belmondo ? Mais où ce dernier pourra-t-il siéger quand le tour de Delon arrivera ?

Et il restera Bardot !

La dernière des monstre.sse.s sacré.e.s que nous qualifierions volontiers de vieille vache acariâtre et fascisante si notre respect ne frôlait pas la vénération.

 

Pendant un post mortem sacris monstris, la question se pose souvent : « quel est ton film préféré avec le monstre trépassé ? » Jusqu’à il y a environ quatre ans, on pouvait répondre « les tontons flingueurs » sans prendre trop de risque. De nos jours, on réfléchit plus. Il faut prendre un film un peu intello et un peu populaire. La démarche est chiante. Avec Belmondo, prenez l’As des as. Déjà, il est drôle, plaisant, divertissant mais vous pourrez en ajouter quelques couches pour montrer votre admiration pour Bébel et votre haine pour les forces du mal vu qu’il a tourné bénévolement pour se foutre de la gueule des nazis.

J’ai une raison beaucoup plus objective d’avoir préféré l’As des as. On l’avait regardé en famille pendant les vacances de Noël et la soirée ne fut que du bonheur. Pour vous dire, il m’a fallu rédiger ces lignes pour me rappeler quel film nous avions pu aller voir ce soir là…

 

Cela étant, s’il ne restera bientôt plus que Bardot, il nous faut quand même bien penser qu’après elle, il n’y aura plus que Depardieu et on ne saura pas trop quoi en faire.

Mais au moins, après lui, il n’y aura personne… On aura la paix.


14 août 2021

L'influence du coronavirus sur les trolls et la réflexion politique

Illustration sans rapport mais je cherche une
recette originale pour des courgettes,
pour demain.

Au sortir de la sieste (la deuxième, hein !), je viens de tomber sur une conversation entre copains notamment pro peine de mort pour ceux qui ne sont pas vaccinés avec effet rétroactif qui se vantent d’avoir bloqué d’autres copains pro autre chose. Moi, je ne suis pro rien à part un peu d’humilité (et d’humidité vu qu’il fait plus de 30° en Bretagne). Je leur ai fait peur de ma réprobation : il faut rester copain sinon on finir par boire tout seul et ne plus écouter les arguments des autres et donc ce que peu penser le peuple. Quand on se vante de faire de la politique et d’être proche de la sociale démocratie, ça fait tâche.

Tâche d’huile, vu que je me suis enfin débarrassé de mon plus ancien troll, EA, pour ne pas le nommer, à qui j’ai demandé en 2015 ou 2016 (c’était à l’occasion de la déchéance de nationalité de pépère). Ce gars, ayant dépassé l’octogénarité depuis longue date, était persuadé que j’étais intelligent et sympathique tout en étant de gauche et ne comprenait pas que je ne fusse pas d’accord avec lui. Il me cassait donc les couilles à tous les sujets et me disais « vous avez tort ». Je ne publiais pas ces commentaires ce qui me faisait passer pour un dangereux censeur mais il ne connait pas vraiment les blogs. Le pauvre… N’étant pas d’accord avec lui, j’avais sans doute trahi l’amitié qu’il m’avait concédé et regrettait que je ne l’approuve pas systématiquement. Dès fois, il me disait : « voila ce que vous auriez dû dire dans votre billet ».

 

Cette fois, il est fâché. Il m’a dit : « je ne reviendrai plus dans ce blog ». Ca tombe bien, c’est exactement ce que je veux. C’est mon blog à moi et j’y diffuse ce que je veux.

Le problème qu’il avait est qu’il se mélangeait dans les arguments tant il était sûr d’avoir raison. D’ailleurs, un pro vax peut avoir raison quand il dit que seule la vaccination systématique nous permettra de venir à bout de cette saloperie mais il ne doit pas oublier que le monde ne tourne pas autour de cette phrase.

Là, j’avais osé dire dans un billet : « Désolé. Jamais, en France, on ne fait de contrôles d’identité pour entrer dans des lieux publics (sauf, potentiellement, pour vérifier l’âge ou pour des raisons de sécurité). » Il m’a répondu (réponse censurée) : « Bien entendu, ce sont des CRS qui, au cinéma, aux bistrots, aux bureaux de tabac, etc., vérifient l'âge de ceux auxquels la vente de billets pour certains films, d'alcool, ou de tabac sont interdits, jamais le commerçant. » Je ne lui ai pas fait remarquer que je citais moi-même les contrôles pour l’âge, évidemment fait par les commerçants. Je lui ai répondu : « ce n'est pas le vendeur de billets du cinéma qui doit demander une pièce d'identité au mineur apparent, c'est l'apparent mineur qui doit présenter une pièce d'identité pour qu'on lui vende un billet » histoire de me foutre de sa gueule.

Je vais quand même publier l’intégralité de son commentaire : « Bye, Jégou. J'étais content, à un moment, de faire votre connaissance et de lire certains de vos billets; mais votre façon de m'injurier nommément tout en me censurant systématiquement, de répondre stupidement à mes commentaires sans les publier ( "ce n'est pas le vendeur de billets du cinéma qui doit demander une pièce d'identité au mineur apparent, c'est l'apparent mineur qui doit présenter une pièce d'identité pour qu'on lui vende un billet " : génial !) me prouvent que vous êtes finalement un pauvre type, vous êtes victime dew réseaux sociaux que vous méprisez ici tout en y passant votre temps. Je ne reviendrai plus lire ce blog, vous êtes finalement plus proche de Sarkofrance que de Didier Goux. » Je publie ça en rappelant que ça fait cinq ou six ans que je le prie de ne plus passer sur mon blog et que je l’insulte systématiquement.

On rigole bien dans les blogs et si vous ne saviez pas ce que doit, parfois, supporter les tauliers, c’est fait. Sarkofrance a abandonné ses blogs et Didier Goux n’a pas un blog politique. Des années qu’on se trolle dans la plus grande bonne humeur, pourtant !

 

Je reprends donc pas ma phrase : « Désolé. Jamais, en France, on ne fait de contrôles d’identité pour entrer dans des lieux publics (sauf, potentiellement, pour vérifier l’âge ou pour des raisons de sécurité). ». Les contrôles d’identité sont effectivement toujours quasiment réalisés par des agents assermentés (« on » vous demande parfois une pièce d’identité pour certaines actions, comme louer une voiture… et parfois il faut présenter des papiers pour entrer dans un immeuble pas public). Vous pouvez aller absolument partout sans être contrôlé. Un mineur de moins de 16 ans pourra entrer dans un bistro pour demander un verre d’eau : il ne sera pas viré par le patron, manquerait plus que ça ! Il reste les activités : l’achat d’alcool, de jeux et j’en passe. Le commerçant pourrait être emmerdé par la police si un mineur fait des emplettes illégales. Il vérifie donc l’âge par les moyens du bord…

 

La vérité est donc bien que : « Désolé. Jamais, en France, on ne fait de contrôles d’identité pour entrer dans des lieux publics (sauf, potentiellement, pour vérifier l’âge ou pour des raisons de sécurité). »

Par une sombre semaine de vacances scolaires dans une frénésie délirante, cette règle implicite vient de sauter. Le personne politique de gauche ne réagit qu’à peine. Et les pro sont pro.

 

Moi, je demande à ce qu’on arrête de s’engueuler. On est assez con sans ça.

11 août 2021

Des questions pour une pandémie

J’aime bien faire des billets pour me foutre de la gueule des passionnés de la vaccination car ils ne savent généralement pas lire et commentent hors sujet comme cet imbécile d’Arié qui n’a toujours pas compris mais je crois que les twittos sont encore plus débiles… Ils sont confrontés à un problème sans solution évidente (supprimer ce virus). Ils se replient donc sur celle qu’ils jugent la moins mauvaise mais sans oser le dire. De fait, ils ne lisent pas les arguments. Vous pouvez retourner à mon billet d’hier…

En préambule à celui d’aujourd’hui, je rappelle que je n’ai jamais dit que la vaccination obligatoire n’était pas cette solution. Arrêtez donc de me traiter de menteur. Je propose de s’en tenir à ce que j’ai dit (comme si cela pouvait avoir le moindre intérêt, d’ailleurs, ceci est mon blog et j’y dégoise ce que je veux depuis 15 ans) que je vais résumer en deux points : je suis opposé au passe-sanitaire mais suis favorable à une obligation de vaccination pour la fréquentation de la plupart des lieux publics. Le troisième point que je voudrais mettre en avant, je le rabâche depuis l’été dernier : c’est aux forces de l’ordre qu’il revient de faire des contrôles de conformité à la loi et cette option n’a été retenue qu’à la marge, pendant cette crise, et surtout pour les contrôles du truc le plus débile qu’on ait pu inventer : l’attestation. Je n’ai pas vu les flics entrer dans les bistros pour vérifier le respect des consignes. De fait, beaucoup d’établissements ont fini par ne plus rien respecter et cela explique probablement le retour de clusters et de foyers divers…

 

Ainsi, je suis contre le passe-sanitaire tel qu’il nous est présenté d’une part parce que les contrôles ne devraient pas être faits par des « privés » et d’autre part parce qu’il regroupe deux notions, comme si les tests pouvaient remplacer la vaccination !

Par ailleurs, ce n’est pas parce que l’on tend, comme moi, vers la vaccination qu’il faut éluder les autres sujets.

Petit 1 : un an après les polémiques sur la chloroquine et ce qui va avec, n’existe-t-il pas des pays qui s’en sortent très bien sans vaccin, en utilisant des combinaisons de médicaments ou autres ?

Petit 2 : alors que l’on devine que deux doses de Pfizer pourraient ne pas être suffisantes, sait-on vraiment si les vaccins pourraient un jour répondre à l’objectif ?

Petit 3 : sait-on évaluer la surmortalité qui serait liée à la covid avec, disons 60 ou 70% « seulement » de la population vaccinée ?

 

Mes questions sont orientées mais je pourrais faire pire (s’il faut se taper une dose tous les six mois, ne risque-t-on pas de développer je ne sais quelle forme de cancer dans cinq ans ?). Elles sont orientées mais ne reprennent pas celles d’hier (s’il y a une obligation, il y a par définition une diminution des libertés, jusqu’à quel point est-ce tolérable ?).

Mes questions sont orientées mais rien ne vous empêche de les compléter (Tiens ! Petit 1 : l’obligation est une privation de liberté, certes, mais l’absence de vaccination ne remet-elle pas en cause la liberté des autres de ne pas attraper le virus par un non vacciné ? Petit 2 : quelle est la surmortalité prochaine liée au report de certains traitements ou opérations sans rapport avec la covid mais pour libérer des places en hôpital ?).

 

 

Je vais volontairement terminer ce billet en eau de boudin : la vaccination systématique et obligatoire n’est pas l’option retenue par le gouvernement.

10 août 2021

Au bord du gouffre, ils continuèrent à avancer...

Ce qu’il y a des fascinant avec les défenseurs des passes sanitaires, des vaccins obligatoires et un tas de machins qui m’énervent tout cru est leur faculté à dire « ce n’est pas grave ». La SNCF a inventé le bracelet bleu pour désigner les heureux déjà contrôlés aptes à figurer dans le quartier. Ne voila-t-il pas que l’on voit dans Twitter et Facebook : « ah mais ce n’est pas très grave d’avoir un bracelet bleu. » Ils ont raison. Ce n’est pas très grave. A part que ça ne va pas avec mes lunettes. Ils ont raison. Ce n’est pas grave.

D’ailleurs, ce n’est pas très grave de porter une étoile jaune mon montrer sa fierté d’appartenir au peuple élu (je godwine pour rigoler, hein !) ou un bide en obus pour montrer son adhésion à la famille des admirateurs de céréales.

Je pense néanmoins que la SNCF pourrait inviter les porteurs d’un bracelet bleu de se visser une casquette magenta (c’est la couleur qu’on apprend à l’école, avec le cyan, mais qui n’existe pas dans la vraie vie) pour attester de l’authenticité du bracelet bleu pour éviter à un brave préposé de devoir faire un nouveau contrôle du passe-toutgrain pour éliminer les fraudeurs. La casquette magenta, elle, pourra être authentifiée par une ceinture fuchsia.

On pourrait aussi s’abstenir de ces machins en couleur en se faisant tatouer un QR code authentique sur la bite pour les messieurs (pour les dames aussi, si elles veulent) ce qui permettrait d’ouvrir automatiquement les nouveaux portillons installés dans certaines gares.

 

La mauvaise foi ne tuant à peu près jamais, j’aime beaucoup, aussi, les partisans des obligations en question expliquer que de nouvelles obligations ne sont pas une privation de liberté. Il faut quand même oser le dire. Et que ce n’est pas bien grave. C’est toujours la même chose : ce n’est pas bien grave.

Et bien si. Désolé. Jamais, en France, on ne fait de contrôles d’identité pour entrer dans des lieux publics (sauf, potentiellement, pour vérifier l’âge ou pour des raisons de sécurité). Et sur ordre du président de la République, des élus ont fait passer un tel texte en plein mois de juillet. C’est odieux !

Je ne crie pas à la dictature, je me fous de ces polémiques à deux balles. Je dis simplement que les militants de mon bord politique qui défendent cette abjection avec de tels propos (« ce n’est pas grave ») me font chier et je les vois reprendre la critique des cadres des partis qui n’écouteraient pas le peuple.

Faire de la politique n’est plus utile. 

06 août 2021

Pandémie de rire


Me voila en congés (depuis le début de la crise sanitaire, j’ai pris beaucoup de jours « épars » mais assez peu de périodes longues ; c’est la troisième je crois avec l’été dernier et Noël). N’ayant pas de passe sanitaire et n’ayant pas spécialement envie de voyager, je vais sans doute glander à Loudéac. On ainsi une énième nouvelle page qui se tourne avec ce passe sanitaire et la décision du Conseil constitutionnel d’hier.

Je pense que dans quelques années, nous aurons des livres très drôle à propos de cette période ! Rappelez-vous au début du confinement, par exemple. Céconla avait réussi à nous donner une peur bleue de tout : le virus se transmettait par le toucher. Il ne fallait pas toucher. Je sortais de chez moi pour faire les courses et je m’arrangeais pour ne rien effleurer avec les mains, je touchais les boutons de l’ascenseur avec le revers de ma veste ! Je me précipitais pour laver la barre de mon caddie avec le produit spécial. De retour à la maison, je posais mes sacs de courses dans un coin en me jurant bien de ne pas y toucher avant les trois heures réglementaires (sisi, le virus ne pouvait pas survivre !), je fonçais me laver les mains pendant les trente secondes légales en frottant bien entre les doigts, sous les ongles voire dans le nez, puis allait pisser avant de me relaver les mains puis d’enlever mon pantalon et de me relaver les mains au cas où des morceaux de virus se furent décollés de ma bite en pissant pour se poser sur le bouton braguette ou que sais-je !

C’est vrai que, à l’époque, on n’avait pas assez de masque… Mais peu importe car non seulement on n’avait pas assez de masque mais, en plus, ils étaient dangereux à utiliser car on n’avait pas été formés à les mettre. On aurait pu, par exemple, se mettre les élastiques dans les trous de nez ce qui aurait accéléré l’écoulement de morve qu’on aurait pu se toucher avec les doigts avant de l’étaler par mégarde sur nos pupilles. Moi qui suis gros, je nouais les masques entre eux autour de mon ventre pour éviter d’être touché par des gamins mal surveillés dans les supermarchés au cas où ces jeunes branleurs auraient piqué des particules virales à leurs aînés pour les distribuer dans les commerces aux passants avec une attestation mal remplie !

Tiens ! Je l’avais oubliée, celle-là ! Je soussigné Nicolas Jégou certifie en fonction de la loi machin être sorti pour acheter des produits de première nécessité dont une bouteille de Ricard pour passer la nuit. Même que la fois où j’avais pris du Casanis à la place du Ricard, j’en avais mal dormi vu que j’avais certifié autre chose sur l’honneur. Le coronavirus m’avait fait le perdre, cet honneur !

Revenons aux masques ! Du jour au lendemain, ils n’étaient plus dangereux mais, au contraire, salvateurs ! Plus précisément, puisque nous sommes en train de rigoler (mais pas de travestir), on nous a annoncé le 25 avril qu’à partir du 5 mai les masques ne seraient plus dangereux et qu’ils deviendraient obligatoires ! On a alors vu dans les réseaux sociaux des pignoufs disserter de la marque du masque. Il fallait des FSP2, des chirurgicaux ou que sais-je ! Nous avions donc un tas de scientifiques qui débattaient entre eux pour tenter de donner la lumière aux imbéciles que nous sommes… Ces scientifiques sont les mêmes qui nous expliquent aujourd’hui qu’il est complètement de crétin de discuter de l’efficacité du vaccin (alors qu’on commence à nous expliquer que deux dosent ne servent à rien et qu’il en faut une troisième mais rassurez-vous mesdames messieurs nous avons suffisamment de recul) !

Les imbéciles que nous sommes ont fini par comprendre comment fonctionne ce grand couillon de coronavirus ! Il est expulsé par nos orifices variés avant de tomber par terre vu que Newton a inventé la gravité. Donc les vilaines molécules trainaient dans l’air aux alentours immédiats des potentiels malades et basta ! Constatant ainsi que se laver les mains étaient devenu inutile mais tendance, nous avons continué et il fut évident que les masques, quel que soit leur type, allaient permettre de ralentir l’avancée des saloperies trainant dans l’air ! On comprenait bien que le masque qu’on mettait était bien pour les autres tant il était évident que les glaviots que nous sortirons allaient être ralentis.

La science fut sauvée de justesse mais nous n’en sommes qu’à deux mois après le début du premier confinement.

Pendant l’heure de gloire des masques en papier, nous avons eu celle des masques en tissus. Nous avons eu celle de ceux en tissus et des mobilisations citoyennes qui vont avec (notons que, ici, je rigole, mais pour la première fois de ce billet, je suis plein de respect), celles des élus locaux et autres employés municipaux pour organiser des distributions mais aussi de braves couturières se relayant pour fabriquer des trucs à distribuer ! J’imagine des salles de sport remplies de table et de joyeuses ménagères masquées s’agiter, recevant les ordres d’élus avec leurs écharpes officielles. Dès un carton plein, il était acheminé vers une autre salle communale pour être distribué au compte-goutte aux mères de familles éplorées.

Pendant ce temps-là, j’avais découvert la boîte de masque à 35 euros les 50 à usage unique, chaque masque à usage unique pouvant être mis à sécher (en boule dans la poche de son veston) pour une utilisation ultérieure, jusqu’au craquage de l’élastique voire l’apparition d’un dépôt noirâtre sur le devant. Depuis, je me fais un plaisir de ne pas respecter les consignes (mais je suis obligé de changer de masque quand j’ai plusieurs heures consécutives avec, tout de même) de conservation de ces bouts de papiers.

 

Pendant un an, on s’est beaucoup moqué de l’amateurisme du gouvernement, de sa communication… Mais nous n’avons nous-mêmes pas avancé ! On devait parler du monde d’après mais les partis d’opposition mais gouvernementaux ne cessent de préparer le terrain pour le retour de Macron qui est quand même très fort : avec son calendrier débile, il aura jugulé l’épidémie – espérons-le – un mois ou deux avant la prochaine échéance électorale, prouvant ainsi qu’il est le seul à tenir la route…

Alors j’espère que l’on pourra longuement rigoler – jusqu’à 2027 – avec nos conneries présentes qui entrent dans l’histoire. Drôle.

05 août 2021

En attendant le CC...

 Les zanti disent tellement de conneries dans leurs arguments qu’il arrive que ça fasse franchement mal au cul d’être plutôt dans leur camp. Pour résumer, il est hors de question que j’aille manifester derrière des bannières grossières. Tout cela nuit à la cause car on aimerait un peu plus d’argumentation, de débat… Du coup, les « pour », souvent « bénis oui oui » de la majorité LREM ne se sentent plus pisser et sortent des arguments à peu près aussi débiles sans même se rendent compte de leur propre bêtise.

Par exemple, je viens de tomber sur un type qui expliquait que ce sont les scientifiques qui font la science et pas les réseaux sociaux et qu’on pouvait donc fermer notre gueule. C’est d’autant plus rigolo que les notions de sciences qu’il a sujet de ce vaccin, il les a lui-même lu dans Facebook ou dans des journaux non scientifiques et il n’a aucune raison de se sentir supérieur en sciences que moi. On est toujours le con de l’autre, hein ! Par ailleurs, s’il semble y avoir un large consensus en faveur du vaccin et de son utilité (consensus loin d’être absolu : on nous dit maintenant qu’il faudra une troisième dose… A quand la quatrième ?) mais pas du passe qui n’est qu’un pis-aller pour éluder un sujet (les Allemands viennent de l’éluder alors qu’ils sont bien plus rigides que nous). Surtout, le sujet n’est plus scientifique : il touche l’obligation de se vacciner (au moins pour se rendre dans certains lieux) et donc sur les modalités de contrôle de la bonne vaccination.

Hors, cela n’est pas scientifique. C’est purement politique.

D’ailleurs, je n’ai pas la prétention de parler de science, dans mon blog ! Déjà, une fois, j’ai parlé d’esprit scientifique et ça a fâché un gros normand non vacciné… Pourtant, je pourrais parfois parler de science ! Rien ne me permet de penser qu’un type avec un parcours similaire au mien puisse être plus scientifique que moi. Ou moins.

02 août 2021

De l'argument pour le vaccin


Cette semaine, les dispositifs gouvernementaux autour du « passe sanitaire » devraient être examinés par le Conseil constitutionnel. On peut penser qu’il supprimera les textes rendant obligatoire la vaccination dans des milieux professionnels, c’est-à-dire, ce qui permet aux entreprises de virer les salariés qui refusent la vaccination. Sans même parler du fond, ça serait aussi bien que le CC se saisisse du dossier : les législateurs n’ont pas à prendre ce genre de décision en urgence alors qu’il faudrait des années de réflexion…

Ce sujet me tient à cœur car c’est un des principaux argumentaires des provaccins abrutis : il y a déjà onze vaccins obligatoires, on peut en ajouter un douzième. Or ce n’est pas vrai. Il n’y a aucun vaccin obligatoire sauf chez les nourrissons (et je ne sais même pas si le premier rappel, au bout d’un an, est systématiquement imposé). Si on a réussi à éradiquer des maladies avec la vaccination, c’est qu’il y a eu de bonnes campagnes organisées, par des associations de terrain, comme la Croix Rouge et pas par des crétins dans Facebook.

D’ailleurs, je suis allé faire ma première piqûre, mercredi, et j’ai pu constater que l’organisation était excellente (et j’en profite pour remercier et féliciter qui de droit). Si les systèmes de réservation n’avaient pas merdé copieusement, j’aurais été vacciné bien plus tôt alors que je ne suis pas spécialement favorable à la généralisation de la chose (en aparté, il y avait bien deux bugs dans les applications en question, j’ai pu le vérifier. Tout d’abord, la case « plus de 55 ans » est venue bien après la date officielle. Ensuite, les principales applications ne trouvaient pas de centre de vaccination à Loudéac).

Alors, plutôt que de pérorer dans les ministères, les réseaux sociaux et les administrations, si on avait laissé les « acteurs de terrain » faire le job, on en serait pas là…

Il y a un autre aspect sur lequel j’aimerais que le Conseil constitutionnel se prononce (dans mon sens…) : des acteurs privés tels que des commerçants ou des organisateurs de spectacles peuvent-ils être habilités à vérifier un « passe » notamment s’il contient des données de santé. Vérifier qu’un type a bien 18 ans avant de lui servir une bière est une chose, faire un vrai contrôle d’identité une autre.

 

Les « provax » sont tellement sûr d’eux (on pourrait parler des anti mais ce n’est pas l’objet de mon billet) qu’ils arrivent à manquer de recul même quand ils accusent les autres de manquer de recul. Prenons les dernières nouvelles du variant Delta. Les vaccins permettront d’empêcher les formes de graves et d’éviter des décès mais pas du tout la circulation du virus. Du coup, ne peut-on pas avoir le droit de penser que le vaccin n’est pas aussi utile que l’on pourrait l’imaginer ? On va nous dire que cela permettra d’éviter des engorgements des hôpitaux mais, en un an, n’aurait-on pas pu augmenter le nombre de lit… ? Je ne fais que poser des questions…

Cette supériorité autoproclamée des provax fait circuler des âneries comme ce dessin du Canard enchaîné (très drôle dans son contexte) du genre : the « je suis pas antivaccin mais anti pass » is the new « je ne suis pas antisémite mais je suis antisioniste ». Ceci est grossier et je ne vois pas pourquoi je pourrais passer pour antisémite parce que je ne suis pas pour l’obligation d’un vaccin et contre un « passe ».

Je vais préciser ma position : je suis pour l’obligation du vaccin pour certaines activités mais contre un contrôle systématique par des personnes non habilitées et je suis contre l’utilisation généralisée d’un « passe » ridicule conçu, à l’origine, pour savoir si on pouvait voyager…

La lutte contre l’antisémitisme a encore du boulot. Et encore, j’espère que la covid n’a pas le nez crochu.

 

Dans les arguments « provax », nous avons aussi la comparaison avec la sécurité routière qui serait la preuve qu’on peut nous imposer des mesures pour notre bien et diminuer le nombre de mort. Reprenons calmement : si on a des limitations de vitesse, c’est bien pour diminuer la possibilité pour les chauffards de tuer les autres. Par contre, l’obligation du port de la ceinture de sécurité pour le chauffeur (je ne parle pas des autres passagers) pourrait ne regarder que lui. Quand je vois un type rouler sans ceinture, je me dis « il est con, il pourrait être arrêté par les flic » et pas « il est con, il pourrait avoir un accident ». De fait, si un type de ne vaccine pas et prend des risques pour lui, je m’en fous.

Un autre argument provax qui m’énerve est l’utilisation du nombre de manifestants. Genre : on a 40 millions de vaccinés face à 100 000 types qui manifestent contre. Parmi les 40 millions, il y en a 10 de vieux qui seraient confinés en permanence dans une maison de retraite et veulent souffler, 10 qui ont été inscrits par leurs conjoints, 10 qui ont voulu être peinards pour les vacances, 10 qui ont confondu avec le don du sang et pensaient avoir un sandwich au jambon à l’œil, ce qui laisse précisément 53434 personnes qui se sont faites vaccinés pour participer à l’effort collectif. Ne me demandez pas d’où je tiens ces chiffres. J’en ai d’autres plus officiels (un sondage Harris Interactive pour LCI) où l’on apprend que 40% des gens soutiennent les manifestations, 60% parmi les  pauvres, oups !, les catégories populaires (dont au sujet desquels le PS reste à la ramasse). Un tiers de ces soutiens le sont parce qu’ils sont inquiets à l’idée de se faire vacciner (et des coups de semonce dans Facebook ne font pas disparaitre une inquiétude).

Enfin, il serait intéressant de savoir, parmi les 40 millions de vaccinés, le nombre de ceux infoutus de respecter les règles barrière et coresponsables des précédentes vagues. Et parmi eux, le nombre d’abrutis qui expliquent que c’est à cause des « anti » que la prochaine vague arrivera ! Surtout que pisser dans un violon est plus efficace contre l’épanouissement du variant Delta que le vaccin en question…

 

Les arguments des antivaccins sont évidement bien souvent plus ridicules que dans l’autre camp, notamment quand ils sont godwiniens mais si tout le monde pouvait avoir un peu de recul sans tenter d’écraser l’autre sous un science qu’il n’a pas, on y verrait plus clair et on pourrait envisager de crever douloureusement mais dignement de cette saloperie.

26 juillet 2021

Les dix ans du Coucou


Demain, cela fera 10 ans que Le Coucou est mort. Pour préparer ce billet, je suis allé relire ce que j’avais écrit à l’époque et, surtout, les commentaires des copains. Je rigolais tout seul en voyant le nombre d’imbéciles avec lesquels je me suis fâché. J’imaginais Jean-Louis tentant de recoller les morceaux. Ca aurait peut-être fonctionné, avec certains.

Parfois, et toujours a posteriori, je me mets à rêver la manière avec laquelle nous aurions traversé les événements de ces 10 ans. La primaire socialiste, tiens ! Je parie que cette vieille andouille aurait voté pour Martine Aubry, uniquement parce que c’est une femme. De fil en aiguille, nous serions arrivés à cette crise sanitaire. Marcelle serait évidemment encore parmi nous puisqu’il était impossible qu’il y survive. Il aurait tout fait pour lui trouver un vaccin et pour se vacciner lui-même pour la protéger puis aurait fini par rigoler de tout ça, se moquant de tout le monde, des opposants aux bénis-oui-oui. Le connaissant, il aurait fini par créer une rubrique « père Ubu » pour nous faire marrer encore plus fort. Et on aurait fini par se retrouver dans son jardin, cet été, comme nous l’aurions fait au cours de ces 10 dernières années si la corde avait été moins solide.

Je suppose qu’il y a certains de mes lecteurs qui ne connaissent pas le Coucou. Et encore, je n’en suis même pas sûr tant les blogs politiques sont, au fond, une histoire de copains ! Au niveau politique, ils ne servent pas à grand-chose à part à obliger le taulier à exprimer des opinions donc à y réfléchir… et à recueillir les avis de proches, de braves gens dont on connait beaucoup de la vie. Beaucoup de gens ne le savent pas et confondent les blogs avec des mauvais réseaux sociaux (au fond, quel intérêt d’aller débattre avec des connards vu qu’on ne va quand même pousser le vice jusqu’à leur donner raison ? Disons-le, cela ne sert Arié).

Et parmi les copains qui suivent mon blog, à part ceux de la vraie vie, rencontrés au bistro puis potés dans Facebook, combien m’étaient inconnu, il y a dix ans ? Qu’est-ce qu’ils sont passés vite, ces dix ans sans le Coucou ! J’ai l’impression qu’hier, encore, je le prenais dans mes bras pour le consoler : « bah, ton billet de blog n’a pas eu beaucoup de lecteurs, c’est peut-être la malchance, ça ira mieux pour le prochain. » Il était comme ça, le Coucou, toujours humble, toujours besoin d’être encouragé, consolé… Il me soumettait des idées de blog (et je me gardais bien de réagir) n’osant pas tenter un nouveau défit alors qu’il ne se rendait même pas compte que je racontais strictement n’importe quoi dans le mien mais en parlant de bite, de nichon et de bière pour parfaire mon talent. Le plus bizarre est que notre amitié intense a duré très peu de temps, peut-être trois ou quatre ans. Ils sont où, dix ans ?

Une amitié intense, certainement, mais pas à sens unique et cela me rend triste parfois. Il était un de mes copains blogueurs alors que j’étais son copain blogueur. Je me rappelle la première fois où je suis allé le voir. Il était tout ému, honoré… Je lui avais répondu plusieurs fois pour le mettre en confiance (je ne sais pas si c’était une bonne idée) : « mais t’es con, j’ai la chance d’avoir un porte qui habite une maison dans un grand jardin dans les hauteurs de Fréjus, j’aurais tort de me priver… ».

 

Néanmoins, les petits jeunes, vous ne savez pas qui était le Coucou. C’était un blogueur de gauche parmi les plus talentueux, non pas par les conneries qu’il avait à dégoiser mais par la plume. Un vrai écrivain (c’était d’ailleurs son métier et le blog était une sorte de défouloir). Il écrivait des comptes pour enfant le jour et, la nuit, nous sortait les histoires du roi Sarko et de la Reine qui va avec.

Il n’a pas survécu à sa propre mort. Je suppose qu’après la primaire, il se serait rangé derrière François Hollande, non sans pester, pour me faire plaisir et serait resté fidèle, pendant cinq ans, crachotant sur Valls et prenant Cazeneuve pour un sous-préfet (à sa décharge, Castex n’existait pas encore).

Avec sa gentillesse, il faisait l’unanimité pour lui. Peut-être serait-il devenu notre boussole ? Peut-être la blogosphère politique aurait-elle résisté ?

 

 

25 juillet 2021

Du recul sur l'avance des vaccins


Avec cette pandémie, il est dommage de ne pas voir beaucoup d’observateurs, tel ce blogueur (réactionnaire, évidemment) prendre de la hauteur. J’ai essayé de le faire dans mon dernier billet  mais, comme tout un chacun, je deviens assez rapidement partisan mais les braves internautes sont habitués à voir tout d’une même teinte, ils en oublient le recul et te regroupent dans des catégories. Toujours les mêmes, le bien ou le mal. Parfois, il y a quand même des avis qui sortent du lot, comme celui de mon copain Jeff :

«  Autant je suis à fond derrière la vaccination, autant l’usage d’un Pass vaccination telle que la majorité En Marche le souhaite me semble totalement hors de propos. Comment peut-on envisager de licencier des salariés parce qu’ils ne sont pas vaccinés ? Faut pas abuser ! Il faut que chacun se vaccine, ça c’est clair mais de là à priver les salariés de leur job, ce n’est pas acceptable. »

C’est clair. Il est à fond pour la vaccination (et quand on sait combien il a morflé avec ce truc, on le comprend encore plus). Ma position est proche de la sienne. Je suis contre cette histoire de passe (il parle de passe vaccination, je suppose qu’il pense à passe sanitaire, mais peu importe) et contre l’obligation de la vaccination tout en étant pour la vaccination obligatoire pour certaines activités, notamment celles qui nécessitent de passer des loisirs enfermés…

D’une manière générale, il y a un problème de santé publique traité de manière assez radicale par les « observateurs pour » alors qu’il y a aussi des problèmes sociaux, humains et politiques. Voir électoral. Alors que le sujet est en débat à l’assemblée, que les catégories populaires sont majoritairement contre le vaccin, voila le Parti Socialiste qui se prononce pour (mais contre le passe sanitaire, c’est déjà ça). Le PS finira aux oubliettes de l’histoire… Tout comme beaucoup de ses représentants ou sympathisants ou presque. J’ai un vieux commentateur (je ne publie pas ses merdes), par exemple, qui explique à chaque billet que je devrais le réécrire car je me trompe.

Ces gens manquent de recul.

 

Reprenons. Depuis environ 18 mois, nous avons un virus qui a tué plus de 100 000 personnes en France malgré des périodes avec des mesures drastiques (je ne vais pas faire un retour sur tout). Il y a différents vaccins qui existent depuis environ six mois mais la montée en charge de la vaccination n’a sans doute pas été à la hauteur de la pensée de ceux qui nous couvent. Le président de la République nous a donné un coup de pied aux fesses, récemment, ce qui fait repartir la vaccination à la hausse. Gageons qu’on arrivera sans trop d’effort, d’ici quelques mois, à 60 ou 80% de personnes vaccinées.

On va sans doute avoir prochainement un nouveau cycle de confinement, à l’en croire les chiffres de propagation de la bête. Je rappelle néanmoins qu’on nous disait déjà ça en juillet en dernier et que le confinement n’est venu qu’en novembre. Or, en novembre prochain, nous aurons environs 70% de personnes vaccinées.

Compte tenu de ces paramètres, on peut en déduire que nous aurons environ, en année pleine, 50 ou 80000 morts de COVID soit environ 10% des décès. Disons que tu as cinq ou dix fois moins de chance de calencher de la covid que des barbecues de l’été avec du rosé pourri et des viandes mal grillées, à condition que tu ne sois pas vacciné. Je rappelle que tu peux le faire.

Par ailleurs, il y a très peu de décès liés au covid. Il y a généralement des facteurs de comorbidité. Si tu es cardiaque et que tu attrapes la covid, tu devrais passer l’arme à gauche assez rapidement mais on ne saura jamais si tu es « mort du cœur » ou de la covid. On ne saura pas, non plus, si tu ne serais pas mort, de toute manière, dans les six mois qui suivent à cause de ton cœur qui branle dans le manche. Enfin, n’oublions pas, non plus, que la plupart des morts sont des personnes âgées (je ne sais pas si la vieille est une comorbidité…). Mon annonce de 50 à 80000 serait donc à revoir en prenant en compte le fait d’avoir vacciné tous les vieux (des chiffres sont probablement déjà disponibles mais j’ai la flemme).

 

Nous avons donc une nouvelle maladie mortelle mais pas tant que ça contre laquelle tu peux te faire vacciner. Qu’est-ce que tu viens donc faire chier les autres ? Je vais sommairement répondre à ta place. Pour l’instant, je n’ai pas pris de la hauteur, seulement du recul.

Si le virus continue à beaucoup circuler, nous ne savons pas comment il va muter, si des formes plus graves ne vont pas apparaitre. On sait a priori qu’en atteignant un seuil d’immunité, donc de vaccination suffisant, le chenapan finira par crever de lui-même. On souhaite évidemment éviter d’avoir à subir d’autres épisodes de confinement, de jauge, de couvre-feu…

Je comprends donc que l’on puisse militer pour plus de vaccination (d’autant qu’il s’agit d’une maladie mortelle qui, si elle ne tue pas, présente des formes lourdes : on ne se vaccine pas que pour l’immunité collective…).

Mais pourquoi veux-tu rendre le vaccin obligatoire alors que le type qui n’est pas vacciné n’est pas plus dangereux que toi et moi s’il s’astreint à certaines contraintes, comme ne pas fréquenter des lieux publics ?

Par contre, on ne veut pas être contrôlé par personnes privées pour pouvoir entrer dans un commerce ou boire un coup au comptoir. On peut donc demander que le vaccin soit obligatoire pour rentrer dans un commerce ou boire un coup au comptoir mais ne pas souhaiter de contrôle systématique. Faire des contrôles est du ressort d’un policier, pas d’un barman… Je répète un argument que j’ai déjà seriné l’été dernier. Les forces d’ordre sont composées d’environ 200 000 personnes et il y a un 40 000 bistro. S’organiser pour augmenter le nombre de contrôles ne doit pas être spécialement compliqué.

Même si les ivrognes sont cons.

Vous me direz qu’il y a la fraude et les cas particuliers. A un niveau statistiques, on est dans ce qu’on appelle bêtement l’épaisseur du trait ou la marge d’erreur quand on parle sondage. On ne sait pas quel est le seuil à atteindre et quel sera le taux de gens qui seront vaccinés. Disons respectivement 80 et 70%. On se fout un peu de la différence. Les gens normaux sont suivis par des toubibs, ceux qui aiment les matchs de foot iront naturellement se faire piquer. Le péril est dérisoire…

 

Je viens de faire un bel exercice de relativisation. Vous pouvez penser que je suis fou ou « particulièrement léger » mais vous avez le droit de relire. Nous avons une maladie mortelle à la marge et contre laquelle nous avons un vaccin !

Est-ce bien nécessaire de modifier la loi et des principes de base de toute urgence en plein cœur de l’été d’autant qu’on ne sait pas quel sera l’impact, dans deux mois, des vaccinations en cours ? Les menaces du président suffisant à booster les vaccinations, est-ce la peine d’en faire plus ?

 

23 juillet 2021

Oui à la vaccination, non au "passe" !

Il y a une dizaine de jour, le Président nous imposait le « passe sanitaire ». J’ai pris acte. J’ai pris rendez-vous pour les deux doses et je me suis bien décidé à ne rien faire sans PCR avant la date correspondante. Il a bien fallu, pour cela, que j’enterre mes réticences (pas que j’oublie) et que je fasse rentrer dans mon crâne les assertions suivantes : petit 1, le vaccin n’a pas de danger ; petit 2, atteindre un taux de vaccination important permettra de se débarrasser du virus. Heureux les humbles disait l’autre ; je dirais, pour ma part : heureux ceux qui n’ont pas de doute…

La conséquence de mon revirement est que je suis dorénavant pour l’obligation d’avoir le vaccin pour tous ceux qui fréquentent des lieux à caractère public, le tout mis en place progressivement (Macron nous a mis le couteau sous la gorge et, comme chaque décision depuis le début de la crise, celle-ci a des défauts). Il aurait pu laisser deux mois de plus (de toute manière, s’il y a un vrai danger avec le nouveau variant, il faudra reconfiner…). L’interdiction pour les non vaccinés de fréquenter les lieux publics pose évidemment des problèmes notamment si elle empêche toute activité professionnelle. Je vais sans doute y revenir mais le gouvernement a fait passer un texte, hier, pour indiquer que les entreprises pouvaient licencier (sous conditions) les salariés refusant le passe-sanitaire. C’est scandaleux et c’est une grosse régression dans le droit du travail (si le salarié ne veut pas se mettre en condition de travailler, on peut lui supprimer le travail mais il faut être vigilant quant à ses revenus).

 

Ce qui m’énerve, avec le passe sanitaire, c’est qu’il introduit un amalgame entre la notion de test et celle de vaccination alors que cela n’a rien à voir et met la grouille dans l’opposition. Par exemple, si, pour fréquenter un lieu, disons un bistro, un test ou un vaccin sont nécessaires, pourquoi faire un papier qui regroupe les deux, sous la forme d’un « passe » ? C’est une question de principe, de communication ou de politique, que sais-je ?, mais on se retrouve avec une espèce d’Ausweiss (je pointgodwine pour rigoler) ! En outre, ça laisse penser que les deux sont similaires… Cela empêche toute pédagogie.

Reprenons.

Le test (PCR) est un truc qui indique qu’au moment du prélèvement tu n’étais pas malade au point de propager la maladie. S’il n’est pas trop ancien, il n’y a qu’une faible probabilité que tu sois devenu contagieux. Le vaccin (deux doses résolues) montre que tu risques très peu de développer une forme grave de la maladie et que la probabilité que tu puisses « attraper le virus » est faible, te permettant ainsi de participer à ce qu’on appelle, à tort ou à raison, l’immunité collective.

Si tu vas visiter une maison retraite, il y a très peu de chance pour que tu tombes malade (les établissements sont surveillés et tout ça). La vaccination, en tant que telle, n’est pas suffisante. Par contre, il ne faut pas que tu y introduises le virus. La garantie apportée par le vaccin est insuffisante : il faut faire un test avant… Par contre, si tu vas dans un bistro fréquenté, c’est presque le contraire : le test ne sert pas à grand-chose tant il est fort probable que d’autres imbéciles importeront le virus par contre, le vaccin est souhaitable pour t’éviter d’emporter la bestiole avec toi et te permettre de participer aux efforts collectifs.

Tu vas te dire que j’ai une fâcheuse tendance à la sodomie des diptères mais la question n’est pas là. On peut comprendre que le test devienne obligatoire pour certaines actions (comme la visite des maisons de retraite) si le « taux d’incidence » est élevé mais pourquoi obliger la vaccination d’un type qui ferait le choix de vivre sans fréquenter des lieux avec beaucoup de public ?

Je veux aller voir ma mère en maison de retraite : je me teste. Je veux aller au bistro : je me vaccine. Pourquoi mélanger les deux ?

 

Le passe sanitaire tel que présenté par Emmanuel Macron et promu par de nombreux lascars enjoués laisse à penser que c’est LA solution mais il n’en est rien. Tant que le taux de couverture vaccinal est insuffisant, les formes graves de la maladie se multiplieront. Il convient donc de maintenir les anciennes mesures jusqu’à cette couverture or on sent un relâchement (ne serait-ce qu’au bistro, les poignées de main ont repris comme si les imbéciles se disaient maintenant « je suis au-dessus de tout ça, maintenant). S’il y a une nouvelle vague avec de nouvelles mesures strictes, comme un reconfinement, il ne faudra pas être surpris. Ceux qui accusent les non vaccinés (ou, pire, les non « passesanitarisés ») sont des imbéciles. Ils feraient mieux de se demander s’ils ne sont pas fautifs, pour les précédentes vagues. Pour ma part, j’ai toujours joué le jeu (aidé par ma possibilité de faire du télétravail et ma haine de la foule, des centres commerciaux…).

 

Il me faut parler, maintenant, du caractère obligatoire de la vaccination. Tout d’abord, je n’ai pas changé d’avis quant à la vaccination : j’étais contre mais j’ai pris le choix de me faire vacciner parce qu’avec les textes qui s’annoncent ma situation personnelle serait devenue invivable. En outre, le consensus scientifique est fort : la vaccination permettra d’arriver à une forme d’immunité collective. J’ai mis le temps à l’admettre mais je n’ai plus de doute. Par contre, il est hors de question que je me désolidarise des copains qui, comme moi, étaient « antivax non complotistes ».

Je suis donc opposé à la vaccination obligatoire sauf pour la fréquentation de certains lieux (la plupart : travail, vie associative, loisirs…) et la pratique de certaines activités. Cette obligation doit exclure les transports en commun terrestres parce que la liberté de circuler est importante (j’ai d’autres raisons en tête et ce n’est pas l’objet du billet) et les lieux d’achat de produit de première consommation.  

S’il n’est pas possible de mettre en place la vaccination obligatoire, le respect des gestes barrière doit être drastique tout comme les contrôles qui vont avec. Des dérogations doivent pouvoir être accordées mais de manière très contrôlée (pourquoi faire chier les bars tabacs de campagne, par exemple ?).

Si des salariés refusent de se faire vacciner alors que les conditions l’imposent, les entreprises doivent pouvoir les mettre en chômage partiel à condition qu’ils fournissent une attestation sur l’honneur visée par la sécu… Le nombre de personnes concernées ne devrait pas être très élevé…

Tout comme le nombre de fraudeurs. On commence à voir dans les réseaux sociaux des personnes qui s’inquiètent de la fraude. Ne nous affolons pas ! Le con moyen préfèrera passer chez le toubib que subir des poursuites judiciaires… La fraude ne concernera que peu de monde et comme il s’agit d’atteindre un taux d’immunité (qu’on ne connait), il n’y aucune raison de s’inquiété pour 5% d’imbéciles.

 

Il reste donc pour le gouvernement à supprimer le passe sanitaire mais à mettre en œuvre une obligation de vaccination telle que décrite ici et à renforcer, encore et toujours, les gestes barrière. Dont les PCR gratuits font partie.

19 juillet 2021

Covid de baffes

 Mon cœur est rempli de tristesse à l’idée de voir les copains se déchirer pour espèce de virus avec du poil au pattes et à celle de raconter d’aussi grosses conneries en début d’un billet de blog mais on ne choisit pas toujours ses introductions sinon je serais moins célibataire. Tout d’abord, mon cœur (le même) aurait été aux gilets jaunes il y a deux ou trois ans s’ils n’avaient pas été représentés par des espèces d’imbéciles. Il irait bien aux « antivax » si leurs têtes de file dans les manifestations n’étaient pas du genre Philippot-Aignant. D’un autre côté, tant de déveine rend la lutte sympathique.

D’un autre côté, je vois mes copains de gauche « provax » soutenir les mesures de Macron sans que cela ne leur empêchera de crier, dans trois jours : « tout sauf Macron en 2022 ». Je suis donc partagé. Je vais voter pour Francis Lalanne. Au moins, peut-être mettra-t-il en veilleuse sa carrière de chanteur quand il sera président. Et disons-le franchement : les idées méritent d’être défendues quel que soit les andouilles qui se prennent pour les chefs. Depuis trois ou quatre ans, d’ailleurs, je passe pour lepeniste car je défends la laïcité. Et ça m’amuse beaucoup de voir la gauche se vautrer lamentablement.

J’ai même vu des clowns ronchonner, ce week-end, parce que Le Foll avait annoncé sa candidature à la présidentielle, gênant ainsi Hidalgo. Je m’égare mais je ne peux pas m’empêcher de penser qu’un bon vieux débat entre militants n’est pas inutile puis qu’il devrait revenir au congrès du parti de décider, le congrès pouvant mettre en place des primaires (ce n’est pas exactement ce que prévoient les statuts du PS actuellement).

Mais revenons à nos moutons.

 

S’il est absolument insupportable de voir les « antivax » se vautrer dans des arguments qui se voudraient être scientifiques et se faire récupérer par des cons, il est insupportable de voir la suffisance des « provax » qui se prennent pour des scientifiques et reprochent aux autres leur manque d’esprit scientifique tout en ne comprenant rien à la psychologie et ce genre de choses. A ce sujet, je présente par avance mes excuses pour les traces de mauvaise humeur dans ce billet mais quand je vois des copains s’engueuler dans les réseaux sociaux, j’ai envie d’utiliser la machine à baffe. Je vais commencer par moi pour rappeler ma légendaire objectivité.

Sauf pour ce qui concerne certaines maladies dites infantiles, j’ai toujours été opposé à une survaccination et surtout une surmédicamentation notamment car j’ai toujours eu peur que les méchantes bactéries et les horribles virus mutent pour y échapper provoquant ainsi des formes plus graves. La question de savoir si j’ai raison ou tort a peu d’intérêt, en fin de compte, même si la résistance croissante de certaines bactéries aux antibiotiques est une vérité, vu que savoir si on veut se faire piquer ou pas est surtout psychologique…

Pour cette andouille de coronavirus, j’ai longtemps tenu le même raisonnement, du genre « se vacciner va provoquer une mutation qui sera bien plus grave. » Il se trouve que j’avais tort mais, et nous sommes toujours en pleine psychologie, je n’ai fini par l’admettre que lorsque j’ai eu pris la décision de me vacciner (et de surcomposer).

En outre, j’ai pris cette décision sans le moindre fondement scientifique et sans la moindre réflexion surjouée : ne pas me faire vacciner n’aurait pas maintenu la possibilité que j’avais de passer mon temps à moitié en Bretagne et à moitié à Paris à moins d’avoir une campagne PCR gérée par la SNCF…

 

Si j’en veux aux anti de développer des arguments qui détournent largement la science (non, l’utilisation de l’ARN n’est pas le signe d’une thérapie générique), j’en veux aux pro de faire pareil mais avec beaucoup plus de condescendance. C’est un fait absolu : on ne connaît cette maladie que depuis moins de deux ans et ça fait moins d’un an qu’on a imaginé des vaccins. C’est la stricte vérité qu’on manque de recul. Ce n’est pas parce que les technologies ARN sont pratiquées depuis une trentaine d’années et que les autres machins soient la base qu’on a du recul. Je maîtrise la recette des pizzas et celle des ananas confit, ça ne veut pas dire que j’ai du recul tant quant aux pizzas aux ananas confits…

De mauvaises explications ne produisent pas les bons résultats et, à force de ne pas écouter les autres, on ne sait plus quelles explications il faut. On en finit par dire qu’on a du recul quand on pense qu’on se fout du recul et le résultat passe pour « dors, je le veux ». Et l’on sombre dans un cercle vicieux d’incompréhension qu’un fut de bière ne saurait arriver à combler.

 

Depuis le début de la pandémie, le gouvernement fait des erreurs (tant pis… on ne peut pas tout savoir) et ment effrontément. Il y a eu l’histoire des masques puis celle des confinements. On nous expliquait que c’était la seule solution. On nous dit maintenant que le vaccin est la seule solution. On n’y croit plus. Et encore, avec le masque on se doutait que ça pouvait servir, ne serait qu’en évitant d’asperger de glaviots les passants imperturbables.

Avec le vaccin, on nous dit qu’il n’empêche pas la maladie et la contagion mais que c’est la seule solution. Fatalement, on s’assoit sur le bord et on attend de voir ce que sera la prochaine seule solution. A nouveau cette impression de se faire baiser dans les grandes largeurs !

Avec le vaccin, on voit bien qu’on continue à nous mentir : le délai entre les deux doses varie au gré du vent et probablement des stocks disponibles. Ce n’est pas sérieux. Pour ma part, ils m’ont mis cinq semaines. Une fin juillet, l’autre fin août. A crois que le planning scientifique de vaccination dépend surtout des congés des vaccinateurs… Je préfèrerais largement qu’on nous dise la vérité sur les connaissances mais aussi sur ce qu’on ne connaît pas. Tenez ! On voit que, pour certains vaccins, il faudra trois doses. Aussi bien, il faudra, à terme, une dose tous les trois mois…

 

Avec cette annonce précipitée, ne nous laissant que trois semaines pour préparer « une suite », le gouvernement a encore merdé. Revenons en arrière : j’ai eu 55 ans à peu près le jour où les vaccins ont été ouverts aux plus de 55 ans. Pendant plusieurs semaines, aucun site web ne proposait cette cause de vaccination (et Doctolib ne fonctionne pas dans mon coin). Du coup, j’ai trainé. J’avoue. C’est un bien grand mot, d’ailleurs, vu que je n’avais pas envie de me faire vacciner. Mais si on m’avait dit avant : fais gaffe, ça sera obligatoire au 1er août, ma démarche aurait probablement été tout autre… Là, le 12 juillet, je me suis retrouvé coincé avec la perspective de devoir reconfiner entre début août et mi septembre : quand je vois des provax dire que j’aurais pu le faire avant, j’ai aussi envie de distribuer des baffes. Ca me rappelle le boulot, quand les clients exigent qu’on prennent de l’avance sur un planning contractuel…

Appliquer les mesures dans les trains et dans les lieux de loisir au milieu de l’été est inique. Quand je vois des provax qui critiquent les restaurateurs et autres bistrotiers qui se plaignent de devoir vérifier un pass sanitaire dès le premier août, j’ai de plus en plus la conviction qu’ils sont totalement déconnectés de l’économie réelle vu que ce sont tous les petits bistros qui sont mis en danger.

 

Ce billet de blog est assez long. J’ai beaucoup bavé sur les provax et je pourrais en faire autant sur les anti mais, bizarrement, ce sont eux qui ont toute ma sympathie et pas seulement parce que la bataille est perdue d’avance.

Nous ne sommes évidemment pas en dictature. Faites attention à ce que vous dites. Mais nous sommes à 18 mois de crise et il y a évidemment un déficit de démocratie, de consultation du peuple et des élus quant à la suite à donner. Je ne dirais pas que cela se paiera aux prochaines élections… Les provax sont l’avantage d’avoir un camp adverse mené par des populistes, devant une foule qui n’a pas nécessairement que des mauvaises idée.


Toujours est-il que ce n'est pas franchement utile de se foutre sur la gueule et de commander à désigner des responsables vu qu'on ne sait pas de quoi...

15 juillet 2021

Situation absurde et avenir incertain


L’annonce d’Emmanuel Macron de l’obligation du pass m’a surpris voire laissé sur le cul et il y a de la place. Je ne suis pas farouchement opposé au vaccin mais je n’avais pas envie de me faire vacciner rapidement (je ne suis pas fou et je me doute bien que j’allais devoir y passer mais j’attendais que la pression retombe).

Je comprends bien ce qui motive cette obligation mais je suis déçu. Pas plus tard qu’hier, l’ami Dagrouik diffusait les résultats d’une étude menée dans je ne sais plus quel pays batave : le virus ne se propage pas où l’on se protège (travail, transport en commun,…) contrairement à d’autres, notamment les lieux de sortie tels que les bistros. Depuis le début de la crise, je n’ai été dans aucun lieu de sortie « chargé » sauf, trois ou quatre vendredis soir et je prenais toutes les précautions qui s’imposaient. Je n’ai pas fait de repas de famille à plus de 5 personnes, sauf une fois, en extérieur (nous étions 7 ou 8), je n’ai fait aucune sortie, je n’ai jamais mangé avec quelqu’un au restaurant. Les phases de confinement ont montré leur efficacité.

La principale raison de la propagation du virus est donc la baisse de l’attention par les gens. Je ne dis pas ça par méchanceté mais quand je vois des crétins qui ont fait n’importe quoi accuser maintenant les non vaccinés d’être les seuls responsables de la persistance de l’épidémie m’énerve au plus haut point. Vous allez me dire qu’avec des zozos comme moi, nous étions partis avec des mesures de distanciation à vie (il y a un an, un gros se foutait de ma gueule parce que j’évoquais des masques à vie), mais, au vu de la situation actuelle, nous sommes en chemin pour une vaccination éternelle, sans doute avec des rappels tous les six mois… Ce n’est pas brillant, non plus ! Le vaccin contre le covid n’empêchant pas d’avoir la maladie, elle ne sera jamais éradiquée par cette technique (et je n’en ai aucune autre à proposer).

Nous sommes d’ailleurs dans une situation absolument ridicule et j’espère qu’elle fera bien rigoler nos descendants : l’argument qu’on nous sort est qu’il faut se vacciner pour protéger ceux qui sont déjà vaccinés. Vous pouvez lire deux fois pour savourer.

 

Les partisans du vaccin ont ressenti, à juste titre, les propos de Macron comme une victoire et ne se sentent plus pisser dans les réseaux sociaux et tiennent parfois des propos particulièrement insultants sans se rendre compte. J’aimerais appeler à un peu de modération… J’en ai vu récemment quelques-uns qui expliquaient que ma modération était due au fait que je ne suis pas scientifique. Et pourtant. La logique reste la même et vaut pour te le monde : on ne convaincra pas un con qu’il est con. Et tous ceux dont on ne partage pas l’avis ne sont pas nécessairement des cons.

J’ai un excellent pote qui serait catégorisé parmi les complotistes. Pourtant, à l’écouter, il y a bien un complot mais il démontre une par une sa théorie et il mérite qu’on y fasse attention car, pour ma part, je n’avais pas franchement d’argument à sortir. Sauf que je ne crois pas à ces conneries et si l’antenne 4G à 50 mètres de chez moi a été remplacée, c’est seulement pour sauter le pas technologique de la 5G qui permettra d’avoir une meilleure utilisation de l’internet mobile…

Parmi les provaccins, il y a sans doute plusieurs catégories de lascars tout comme parmi les antivaccins. Moi, par exemple, je suis antivaccins (du moins ce vaccin) car je n’ai pas spécialement confiance en sa capacité à éradiquer l’épidémie. Et je suis provaccin car je ne pense pas qu’on puisse trouver autre chose, pour l’instant… Il faut arrêter de voir tout blanc ou tout noir.

Tenez, l’autre jour, j’ai une vieille copine, dans Facebook, qui me disait : « comment, toi, Nicolas, tu n’es pas 100% pour ce vaccin. » C’est quoi ce « toi » ? Je devrais être dans une majorité centriste en tant que supporter de François Hollande et social démocrate convaincu ? C’est quoi cette histoire ?

Quant au type qui m’a expliqué l’autre jour que je ne suis pas scientifique (expression que je n’aime pas contrairement à « esprit scientifique ») et à celui qui me prend pour un antivacc de base, sachez, les gros, que j’ai défendu « l’ARN » au bar de la gare, à Loudéac, mardi soir parce que je connais ce dont on parle contrairement à d’autres (je n’irais pas jusqu’à le défendre dans les réseaux sociaux, il y a de meilleurs spécialistes que moi mais, au bistro, j’étais bien le seul). Et l’individu qui n’est pas d’accord avec nous, n’est pas nécessairement un crétin. Et je n’ai pas rabaissé le type, mardi soir, toujours, qui expliquait qu’il ne comprend pas pourquoi on a un vaccin aussi rapidement contre la covid alors qu’on n’a rien contre le cancer… Il n’est pas idiot pour autant et qui sait si, dans cinquante ans, on aura pas une substance qui empêche les cellules de se développer bêtement.

 

On est tous dans le même bateau et il faudrait que cesse ce climat délétère qui provoquera peut-être bien plus de dommage que la covid. Même les partisans du vaccin sortent des conneries par exemple lorsqu’ils expliquent qu’il y a déjà onze vaccins obligatoires. Comme si on allait vous vérifier le DTP avant de vous servir une bière… Ce n’est pas de ma faute si je n’ai pas envie de me faire vacciner, c’est ainsi ! Je vais le faire. L’obligation (du « pass ») est un choix fait par des gens élus démocratiquement (ou nommés par eux, ce qui revient au même) et on peut en conclure que c’est un choix de société alors je vais jouer le jeu sans penser que la majorité a toujours raison.

De même, je ne vais pas lapider ceux qui pensent qu’on est dans une dictature vu que le pouvoir en place impose un vaccin.

Dans un billet, il y a quelques temps, j’écrivais que j’allais me vacciner pour me protéger « moi-même personnellement ». Ce n’est pas le cas. Je vais me vacciner parce que c’est la seule solution pour aller boire une bière avec les copains et je vous invite à faire un sondage autour de vous pour connaître les motivations de chacun… D’ailleurs, si le vaccin devient obligatoire, ce n’est pas pour rien : rien ne peut motiver les gens à s’injecter un produit dans le corps à part la contrainte.

 

Maintenant, revenons un an en arrière. On se disait que les gestes barrière et les masques allaient nous protéger et faire disparaitre la saloperie après deux ou trois cycles de « confinement – déconfinement ». Que dirons-nous dans un an ? Que le vaccin a empêché la forme grave d’une maladie ? Ou qu’un variant aura réussi à passer entre les mailles du filet ?

29 juin 2021

Considérations post-électorales


Mon département perd son rouge : il était le dernier département communiste en France. D’un autre côté, alors que je confine en Bretagne, le 22 est revenu rose. Il n’y a pas de changement pour « mes » régions ou mes cantons. Dès hier midi, les commentaires ont recommencé à prévoir sur l’abstention et le soir, à gauche (la droite ne m’intéresse pas), sur les résultats. Tout cela m’énerve. Par exemple, un grand quotidien expliquait ce matin que le vote électronique permettrait de faire voter les jeunes. Je n’y crois qu’à moitié… mais je ne suis plus jeune. On perdrait un rituel républicain qui ne me semble pas inutile pour un résultat qui me semblerait assez limité.

Mesdames, Messieurs, devant vos yeux ébahis, je vais faire une déclaration : si les électeurs ne votent pas en général, et ne votent pas dans votre sens en particulier, ce n’est pas peut-être pas exclusivement de leur faute… Je vais donner un exemple au hasard : moi. Je n’avais pas envie de voter. Point barre. Tenez ! Si j’avais eu le vote électronique, j’aurais probablement voté aux cantonales, par amitié pour mon maire. C’est tout. Et encore, c’est parce qu’on était dans le même bistro pour le dernier match de l’équipe de France…

 

Je crois que je me suis expliqué sur mon vote et les résultats du premier tour la semaine dernière. Je ne vais pas recommencer. J’ai l’impression de radoter (ce qui ne m’arrivait – d’avoir l’impression – quand je faisais plusieurs billets par jour). On va simplifier : je voudrais qu’on arrête de dire qu’il n’y a pas deux gauches irréconciliables et de catégoriser à droite tous ceux qui se disent à gauche mais avec qui on n’est pas d’accord. Cela m’énerve. Pas à titre personnel : mes lecteurs et mes copains me connaissent et ce que pensent des andouilles inconnues m’importe peu. C’est même assez rigolo : je pense qu’une partie des types qui se sentent à gauche sont tétanisés par la nécessité de le  démontrer en défendant des thèmes extrêmement marqueurs à gauche mais qui n’ont pas grand-chose à y faire.

Prenez la récente réforme de l’AAH ! On n’y comprend pas grande chose mais, avant de donner un avis à l’emporte-pièce, on peut s’interroger : comment des militants ou sympathisants de gauche peuvent-ils défendre des sujets avec LR contre LREM ? Rien que sur le fond, ça interroge : comment peut-on, à gauche, dire qu’on ne peut pas prendre en compte le revenu familial pour l’octroi d’une aide ? Comment peut-on ne pas se demander pourquoi un couple avec une personne avec l’AAH dont les revenus sont moins importants qu’un autre soit défavorisé ?

 

Dans les analyses que l’on peut lire (à gauche), on voit des magnifiques cartes de France avec du rose et du bleu et on nous dit « ah ben vous voyez bien que le clivage droite – gauche existe toujours ». Je crois que ça ne prouve bien. La plupart des candidats sont catalogués d’un côté ou de l’autre, il faut bien une couleur en tête. De même, on nous parle de « prime au sortant ». Cela veut dire qu’on ne peut tirer aucune conclusion. On nous dit aussi qu’à la présidentielle, Le Pen pourrait ne pas être au second tour alors que ce résultat montre simplement que l’implantation locale du RN ne permet pas à ce dernier d’avoir des victoires.

A contrario, on nous dit que LREM a échoué car n’a rien remporté. On oublie de dire qu’ils n’ont rien perdu non plus.

 

Allez ! Encore une théorie… Il y a trois ans, on a gagné la coupe du Monde grâce à Mbappé. Cette fois, on se réjouit de l’arrivée d’un nouveau grand joueur, Benzema, qui va nous faire gagner aussi. On ne gagne pas, on est éjectés en huitième et on voit ce matin des locdus qui expliquent que Mbappé nous a fait perdre. Pourtant, ce dernier n’a rien perdu puisqu’il n’avait jamais fait de coupe d’Europe, contrairement à Benzema. C’est compliqué.

La politique, c’est compliqué.

 

Tout le monde a plein d’argument pour expliquer l’abstention voire les résultats. Ils ne sont pas mauvais. J’en partage certains. Par exemple, le mille-feuilles électoral fait qu’on ne comprend plus rien, à quoi servent les différents échelons et tout ça. On peut faire des propositions. Par exemple, dans la mesure où ils sont foireux, supprimons le suffrage universel pour les intercommunalités et les départements (pour les interco, les bulletins sont les mêmes que pour les municipalités et, pour les départementales, on a des cantons qui ne correspondent plus rien). Alors, on laisse les municipalités décider des élus aux intercommunalités et ces derniers au département. Et paf ! Le tour est joué. Les départements décident des sénateurs et la boucle est bouclée.

Je ne parle pas de modifier la Constitution, de rendre le vote obligatoire ou toutes ces singeries qui ne changeront rien. A la limite on pourrait inclure le conseil régional dans le jeu... Le nombre d’élus reste le même (on ne fait pas de démocratie en diminuant le nombre d’élus), on ne touche pas à la décentralisation, on renforce le poids des métropoles. Youpla boum. Moins d’élection = moins d’abstention. Pas con, hein ? On évite les débats autour de sujets qui ne sont pas du ressort de l’élection.

Prenez les régionales. Que font les régions. Les lycées et les transports. Je me fous des lycées et de la couleur politique de l’échelon qui va en décider. Pour les transports, les débats tournent autour des lignes à construire or il faut des dizaines d’années pour faire bouger quelque chose et le budget ne vient pas des régions pour une grande partie. Prenez l’exemple du programme des écolos en Ile-de-France ! Le Grand Paris, mis sur rail (façon de parler) il y a une douzaine d’années et qu’on attend avec impatience est remis en cause parce qu’une liste veut jouer au malin…

 

Ce sont sans doute les fans de Benzema qui expliquent qu’avec ces élections de 2021, on ne peut plus réduire l’offre de 2022, pour le second tour de la présidentiel, à un duel Macron – Le Pen. A vue de nez, il n’y a rien de moins sûr.

Mais laissons l’espoir ! Aux régionales, la gauche est en tête avec 35%, la droite en second avec 30, l’extrême droite est ensuite avec 20, le centre avec 10. Comment voulez-vous tirer une leçon de cela… ? Déjà, imaginer la gauche en tête, aujourd’hui, en France, à une élection nationale ! Déjà que j’ai cru que j’étais saoul en lisant cela sur Wikipedia… On se demande si l’abstention ne profite pas à la gauche, finalement…

Ah ! Si, bien sûr ! Si la configuration des candidats font que les électeurs centromacronistes votent pour la gauche. Tout est possible.

 

Mais n’en tirons pas les mauvaises conclusions. La gauche hétéroclite ne doit pas remplacer la gauche plurielle. La gauche a perdu 10% en Île-de-France entre 2015 et 2021. Elle n’a pas bougé au niveau national.

Voila de quoi tirer des conclusions mais on verra demain.