20 septembre 2023

Le crop top rose à boycotter


 

La photo a été prise devant le stand de « boycott Israël » pendant la fête de l’Huma et génère beaucoup de commentaires dans Twitter. La dame blonde est Ersilia Soudais, députée LFI, venue soutenir la cause. Cette photo tourne beaucoup dans les réseaux sociaux et pas seulement pour la cause en question mais évidemment pour les fringues de la dame.

Et c’est d’ailleurs pour cette dernière raison que je l’ai publiée, uniquement pour lancer une grosse vanne. Ce n’est pas du délit faciès ou un truc comme ça lié à l’embonpoint de la dame. J’ai moi-même une légère surcharge pondérale qui dépasse l’entendement (140 kg pour 1m77) et j’ai beaucoup de mal à trouver des sweet-shirts qui vont jusqu’au haut des pantalons d’autant que ces derniers ont tendance à descendre bêtement vu l’intégralité de la surcharge en question est dans mon ventre.

J’ai même un joli petit cul mais on s’égare. Il faudrait que je mette des bretelles mais ça ne résout pas totalement le problème. Les bretelles retiennent aussi le tee-shirt si on ne fait pas attention vu qu’elles sont forcément tendues. Côté égarement, ça ne s’arrange pas. La seule solution que j’ai est de mettre des tee-shirts 5XL (même les 4XL sont souvent trop petits). Beaucoup de marques ont abandonné les « grandes tailles » (il y avait un reportage à ce sujet sur France Info samedi) et c’est bien dommage. Vous ne trouverez jamais plus que du 2XL dans les hypermarchés, par exemple.

 

Quand je tombe sur des grands tee-shirts, je les achètes. Tant pis s’ils viennent d’Israël. Boycotter des produits en fonction de leur provenance est franchement ridicule (sauf si on s’attache à n’acheter que français). La lutte pour le boycott des produits « sionistes » est donc ridicule.

Tout comme l’accoutrement de la dame. Nous pouvons saluer ses efforts pour épouser dignement les causes qu’elle soutient. Mais elle pourrait avoir de la dignité quand elle se fait prendre en photo dans une activité qu’elle mène en tant que députée. Jamais je ne sors de chez moi avec un tee-shirt trop court et en short trop petit. Jamais je ne mets de short pour sortir mi-septembre. Jamais je ne mets de shorts sauf quand je me promène à la campagne ou à la plage. Si je ne fais pas de sport, c’est pour éviter les shorts.

 

On pourrait en faire un billet, d’ailleurs. Par exemple, le port du survêtement, sauf chez les jeunes, devrait être réservé aux trajets vers des lieux où l’on pratique de sport. Il devrait être totalement prohibé dans les bistros et les marchés. Tout comme les chaussettes avec des sandales (et je ne parle pas que des touristes allemands : les socquettes courtes dans des nu-pieds redeviennent à la mode). Je dois avouer que ça me gêne autant que ces histoires d’abayas, du moins pour le visuel.

Il faudrait un peu de décence, que diable. Surtout si on est député de la République.

On « nous » accuse parfois d’être sexiste, de vouloir définir comment les femmes doivent s’habiller. Ca n’a rien à voir. Et, disons-le, si je faisais 60 kilos de moins, je me promènerais peut-être torse nul.

 


J’ai vu, en réponse à une publication avec la photo de la dame, un type qui répondait avec des photos bizarres de macronistes, dont « la » photo de Macron avec ces musiciens habillés de cuir léger visiblement un tantinet homosexuels lors d’une fête de la musique à l’Elysée. Il mettait aussi des photos du président en jean, comme si cela avait le moindre rapport avec notre députée photographiée.

Des fois, on se demande si l’homophobie ne rejoint pas un peu l’antisémitisme, tout de même.

 

Oups ! J’ai lâché le mot. Mais lancer des appels à boycotter un pays à majorité juive n’est pas que de l’antisionisme. Il faut se le mettre dans le ciboulot plutôt que de relancer éternellement les mêmes débats. Tout au mieux, c’est de l’islamogauchisme un peu trop caricatural.

Notons que nos gentils internautes militant contre les produits israéliens ou seulement défendant la cause s’appuie sur une décision de la Cour de justice de l’Union européenne qui a interdit à la France… d’interdire les appels au boycott d’Israël. Il faut quand même souligner qu’elle ne l’a pas fait au nom de la défense de la cause palestinienne (qui génère les appels au boycott) mais de la liberté d’expression.

Tout cela est bien compliqué.

 

J'ai retrouvé le modèle...

Et je ne vais pas lutter contre la liberté d’expression d’autant que ça m’empêcherait de raconter des âneries dans mon blog. Je vais tout de même lutter pour le savoir vivre, la décence et l’interdiction des furieux très mal habillés dans les fêtes populaires.

Surtout les députés qui représentent mon pays. Et c'est par pur compassion que je voudrais interdire aux gens de se ridiculiser hors des réseaux sociaux.

19 septembre 2023

Balle tragique à con Libé



Depuis hier, Libé fait tourner cette infographie dans les réseaux sociaux. Elle présente le nombre de tirs contre des véhicules en fonction du nombre de refus d’obtempérer. Quand on la regarde cinq secondes, la seule conclusion possible est que le nombre de tirs par la police est largement supérieur à celui de la gendarmerie mais a fondu en quelques années.

Pourtant, le texte d’accompagnement (le libellé du tweet) est : « Pour un même nombre de refus d’obtempérer dangereux constatés, les policiers tirent jusqu’à 4x plus que les gendarmes. Un phénomène sans doute lié à l’assouplissement du cadre légal de l’usage de l’arme des policiers, voté en 2017. »

 

Or, on voit clairement que le nombre de tir par la police a été divisé par plus de deux (à peu près 2,3) depuis 2017. On voit donc que la loi de 2017 relative à l’usage des armes à feu par les forces de l’ordre n’a pas été néfaste voire a réellement été positive. La conclusion est donc que toutes les vociférations de la gauche au sujet de cette loi qui aurait été un permis de tuer ne sont que de la foutaise.

Ces vociférations m’énervent. Elles sont contreproductives : les quidams normaux par ailleurs électeurs se rendent bien compte qu’on les prends pour des billes et même les militant les plus aguerris, s’ils aiment bien taper sur les autres (une loi faites par Cazeneuve et Valls est forcément mauvaise, bordel), en restent dubitatifs.

Libé a évidemment raconté n’importe quoi pour faire plaisir aux gauchistes. Attention ! Le fait que Libé raconte n’importe quoi n’est pas une information.

Cela fait bien rire les twittos, cela étant…

 

Tant qu’à avoir entre les mains une jolie courbe bien qu’un peu tristounette, on peut faire d’autres constats. Tout d’abord, il y a beaucoup plus de tirs par les policiers. Pourquoi ? La raison est peut-être simple, comme l’implantation plus rurale des gendarmes et le fait qu’ils aient plutôt à arrêter des poivrots.

Il n’empêche que les flics tiraient trois fois plus que les casques bleus en 2012 et que la proportion est passée à quatre en 2022. Ce n’est pas bien même si la baisse des chiffres doit être notée.

Enfin, il y a eu un gros pic chez les policiers à partir de 2016 jusqu’à 2018 (et une grosse baisse après). Ce pic n’a pas eu lieu chez les gendarmes (la proportion est passée de « fois 3 » à « fois 4,5 » dans la période et est revenu à « fois 4 » depuis).

Le pic est certainement lié aux attentats mais pourquoi cette différence entre les deux composants de nos forces de l’ordre.

Dis, Libé, tu aurais la réponse ? Ah non, tu préfère faire le buzz… 


Toutes mes excuses pour le titre de ce billet mais admettez qu'y ayant pensé, je ne pouvais l'éviter...

18 septembre 2023

La gauche vue par la gauche

 


« A l’occasion de la dernière édition de la Fête de l’Huma, l’Ifop et le journal l’Humanité publient la dixième édition du baromètre « être de gauche aujourd’hui » qui cherche à identifier les marqueurs de la gauche et leur évolution. » Le détail du sondage (voir le pdf) m’inspire quelques remarques que je vous ponds ici, dans l’ordre séquentiel de leur présentation, pas du tout triées par catégories.

 


Page 5 : on apprend que de 2014 à 2023, le nombre de personnes qui se présentent comme étant à gauche est passé de 47 à 43%. Parallèlement, le nombre de ceux qui se pensent au centre gauche, comme moi, est passé de 14 à 18%. Je vais en tirer une conclusion, certes un peu hâtive, mais ce sont bien la gauche « normale » et la radicale qui ont perdu 8 points alors que mon camp en a gagné 4…

C’est encore plus flagrant, à droite, avec une hausse du centre droit de 9 points. D’ailleurs, les deux centres arrivent à 42% soit plus que chaque « côté ». Cela n’a pas grand-chose de surprenant, d’ailleurs.

Par contre, seuls 11% des Français se présentent comme d’extrême droite. A comparer au 23% obtenus par Marine Le Pen à la présidentielle. On peut quand même si ce n’est pas la droite de gouvernement qui chie dans la colle et provoque la hausse de « son » extrême.

 


Page 7 : parmi les lascars qui se sentent de gauche, à peu près la moitié pense qu’on peut être de gauche et de droite. Ils ont fumé quoi ? Parmi ces gugusses de gauche, 33% estiment qu’on ne peut plus se sentir fier d’être de gauche, aujourd’hui.

Ce n’est pas grave, docteur. Moi-même j’ai parfois peur d’être assimilé à la gauche radicale alors je ferme ma gueule. Pour être objectif, tout de même, je dois reconnaître que la pire baisse a été faite du temps de François Hollande… Le sentiment de fierté était au top du temps de la Nupes flamboyante mais s’est cassé la gueule depuis un an (ce qui rejoint un peu ce que je voulais dire dans mes deux derniers billets).

 


Page 9 : l’Ifop évoque certains mots (liberté, laïcité, solidarité…) et le fait de savoir s’ils évoquent quelque chose de positif ou de négatif. Les différences entre les Français de gauche et l’ensemble de la population. Cette section a assez peu d’intérêt, en fait et en conséquence, mais certains points m’amusent.

Par exemple, la liberté semble être la valeur dominante, à gauche. Nos amis militants qui passent leur journée à chier sur le libéralisme en détournant « ce qu’il est » devraient y réfléchir (le libéralisme est évoqué par la suite, j’y reviendrai donc). Le travail et le mérite sont très importants, moins que pour la droite, « évidemment », mais il faudrait arrêter de raconter des bêtises.

Les deux pages suivantes évoquant ce sujet (la dixième, donc, essaie de suivre) sont, quant à elle, plus partagée sur les différences entre les sentiments des gens de gauche et des autres. J’invite les militants à la regarder, tout de même. Par exemple, l’immigration n’est pas franchement vue comme quelque chose de très positif pour ceux qui se prétendent à gauche (je n’ai pas dit que cette partie du sondage me parait importante ou significative).

Le libéralisme est jugé positif par 47% des Français de gauche (contre 53% par rapport à l’ensemble des Français donc probablement près de 60% par ceux de droite). A mon avis, il faudrait travailler sur le sujet et mettre au clair certains thèmes… Le capitalisme est très mal vu à gauche (mais aussi par l’ensemble des Français). Cela m’amuse. Surtout si on regarde dans le détail : il y a deux fois plus de gens de gauche à avoir un bon œil vis-à-vis du libéralisme que du capitalisme. C’est bien la preuve que je ne suis pas trop loin de la vérité : la confusion entre les deux est néfastes…

 

Page 12 : il y a une espèce de synthèse des trois pages précédentes. Elle n’est pas inintéressante. La liberté est plébiscité par toute la « classe politique »… Surtout, on a l’impression que beaucoup moins de valeurs sont plébiscités à droite.

 


Page 15 : à partir de la précédente, il y a une série d’affirmation et les sondés sont invités à donner leur avis.

La première est : « Il faut que les richesses du pays ne soient pas accaparées par une minorité ». J’ai du mal à concevoir que 9% des gens de gauche ne soient pas d’accord. Comment faire de la redistribution en tolérant que certains gardent la totalité des profits ?

La deuxième est : « Les très grands profits réalisés par les entreprises de l’énergie et de l’agro-alimentaire devraient être taxés. » Peu importe la réponse, pour moi. D’ailleurs, même les gens de droite sont d’accord. Mon sentiment est que la question est posée à l’envers. Il n’est tout simplement pas normal que certains secteurs fassent tant de profits. C’est bien la preuve qu’il y a quelque chose qui fonctionne mal et, sans doute, que ce quelque chose est la concurrence.

On ne peut pas exiger du gouvernement et des industriels une diminution des prix sans réfléchir au système. S’il y avait vraiment plusieurs distributeurs de carburant, en France, ils seraient bien obligés d’adapter les prix de vente.

« L’article 49.3 de la Constitution (permettant au gouvernement d’engager sa responsabilité lors d’un débat sur un texte de loi et de le faire adopter sans le vote des députés) devrait être supprimé. » Comment faire adopter un projet de loi de finance dans un pays comme le nôtre, où les formations politiques sont bien dispersées ? Quant aux lois « pas de finance », on peut juger de leur opportunité mais sans le 49.3, aucun parti sans majorité absolue ne pourrait appliquer son programme.

« Tous les étrangers résidant en France depuis plusieurs années devraient avoir le droit de vote aux élections Municipales. » C’est une espèce de marronnier mais la vraie question devrait de se demander s’il est normal qu’un type vivant en France depuis plusieurs années puisse ne pas être Français.

« On ne se sent en sécurité nulle part » : 54% des gens de gauche sont d’accord. A méditer. « Les chômeurs pourraient trouver du travail s’ils le voulaient vraiment ». 54% des gens de gauche sont d’accord. A méditer.

« Il faut que l’Etat donne plus de liberté aux chefs d’entreprise. » La moitié des gens de gauche sont d’accord (la proportion est d’ailleurs la même à droite). A méditer aussi…

« La défense de l’environnement est compatible avec le capitalisme. » Seuls 45% « du peuple de gauche » est d’accord. Donc faire de l’écologie un grand thème de gauche n’est pas nécessairement une bonne idée. Et surtout pas crédible.

 


Page 17 : les mêmes thèmes sont repris et répertoriés selon le fait qu’ils soient, ou pas, « marqueurs de gauche ». Parmi les 7 répertoriés, seuls 2 ont un rapport avec l’économie. Si les réponses à ces deux sont logiques, en tant que marqueurs, on peut toutefois rigoler du fait que la moitié des gens de gauche pensent que les chômeurs pourraient retrouver du travail s’ils le voulaient ou pensent que l’Etat devrait donner plus de liberté aux entreprises.

Page 18 : les données sont à peu près les mêmes que pour la page précédente mais la présentation est centrée non plus entre « la gauche » et l’ensemble des Français mais entre « la gauche » et « la droite ». Tout ce beau monde est d’accord, largement, pour dire que les plus riches ne doivent pas accaparer tout le pognon et que les gros profits doivent être plus taxés (j’en parlais ci-dessus).

 


La suite est consacrée à la perception de la politique menée par les gouvernements d’Emmanuel Macron. Depuis 2017, il n’y a que 5% des gens en plus qui trouvent qu’elle est plutôt à droite.

Après, on passe directement à ce qu’on attendrait d’une politique de gauche. Notons les points les moins importants (les plus importants sont évidents et n’amènent pas spécialement de réflexion) : l’intégration des étrangers, la compétitivité des entreprises et la démocratisation de la culture. Ca m’amuse. Surtout que d’autres points sont également peu importants comme la sixième république et la conquête de nouveaux droits pour les salariés. Même l’égalité des droits est à la traîne : à vous dégoûter d’être de gauche.

La dernière partie est consacrée à la Nupes. Une majorité du « peuple de gauche » pense comme moi que c’est une coalition éphémères mais, à mon grand dépit, une majorité est pour une liste commune aux élections européennes.

 


A l’heure de conclure… Tout d’abord je parle des « gens de gauche ». Vous avez le droit de penser que s’ils ne pensent pas comme vous, ils ne sont pas vraiment à gauche. Il n’empêche que, comme ils représentent uniquement 43% des électeurs, ils font bien partie d’une majorité à construire, pour les urnes, j’entends.

Les avis doivent donc être pris en compte et l’on doit s’asseoir sur les grands principes qui nous traversent…

 


Notons en marge que lors des billets que je rédige au sujet des présidentielles, je rappelle qu’un gain au second tour, pour la gauche, ne peut être prévisible que si elle réussit à obtenir, dans sa globalité, environ 43 ou 44% des voix au premier. Il faut donc faire le plein.

Et ce n’est pas en étant en tête qu’on y arrive mais en faisant en sorte que la totalité des formations de gauche y arrive, pour ratisser large.a

17 septembre 2023

Pour de l'espoir, à gauche !

 


Mon dernier billet manquait certainement de clarté. Reprenons sagement. Dès l’arrivée de François Hollande, elle a commencé à sombrer. Le pouvoir avait été obtenu grâce à un bon travail qui a commencé je ne sais quand. On peut dire avec l’arrivée de Martine Aubry à la tête du parti. On peut dire avec la victoire de François Hollande aux primaires. On peut dire aussi avec la déroute de 2002 qui l’a obligé à se remettre en cause et a créé une espèce de dynamique en 2007. La victoire est aussi liée à une « logique d’alternance »… Les raisons de la déroute importent peu, à ce stade. On peut évidemment tirer des conclusions de tout ça mais ce n’est pas encore l’heure de l’apéro.

La chute a duré. Pour ma part, j’ai laissé tomber vers 2019. A un niveau électoral, les trois années suivantes ont été désastreuses mais j’en avais marre de lutter contre des moulins à vent. Les forces de gauche ont continué à sombrer et la création de la Nupes était la confirmation de la folie ambiante, de la perte totale de repères électoraux d’une partie de ceux qui étaient mes potes, avec qui j’avais vécu de bonnes années, comme l’arrivée au pouvoir de pépère.

Il y a eu, cet été, une espèce de rupture. Peut-être est-elle due à la tuerie de Nanterre. Peut-être aux conneries d’août (le Connemara, l’abaya, Médine…). J’en suis donc à reprendre l’espoir que la raison revienne chez les miens. Il y a d’autres choses comme l’affaire des bassines. Il est évident que ces cochonneries sont mauvaises mais que la lutte menée par et autour des Soulèvements de la terre est grotesque. Dans tous les sens. Elle est inefficace et le gouvernement a raté la dissolution. Il y a aussi, par exemple, notre capacité de produire de l’énergie « non carbonée » (à partir du nucléaire, évidemment) qui revient en montrant que l’écologie radicale était, au mieux, du foutage de gueule.

Alors l’espoir peut revenir !

 


Ne me demandez pas de lire dans le marc de café. Un de mes commentateurs me disait ce matin que Fabien Roussel pourrait devenir un leader de la gauche. J’aimerais tout de même que l’on garde un peu de sérieux. Ce lascar, aussi sympathique soit-il, a à peu près autant de chance d’arriver au pouvoir que moi d’être en retard à l’apéro dominical à cause de la rédaction de ce billet de blog. Qui sera court, donc.

Par contre, Roussel a un rôle à jouer dans la résurrection de cette gauche raisonnable.

 


Mon espoir tient en peu de chose. Il faut que la « gauche socialiste » se retrouve aux européennes, sans doute autour de la tête de liste probable, la même qu’en 2019… en allant des plus nupsiaux des socialos jusqu’aux plus cazeneuvophiles de la bande.

Un score à deux chiffres (même si le premier est un « 1 ») serait déjà porteur d’espoir. Passer devant LFI serait signer la fin de l’hégémonie de celle-ci. Il est tout à fait probable qu’LFI devienne la troisième formation de gauche. Le PS pourrait même passer devant EELV si ces ânes continuent leurs âneries.

Je suis bien conscient non seulement de la légèreté de tout ça mais aussi du fait que gagner l’élection m’importe peu et que seul rebattre les cartes à gauche à, à ce jour, le moindre intérêt alors que je ne cesse de dire que la stratégie de la Nupes, réduite au fait de devenir le premier parti de France mais sans les moyens de gouverner, est ridicule.

La déroute de LFI pourrait se poursuivre à l’occasion des municipales de 2026 mais la bérézina ne pourra être évitée que si les partis de gauche travaillent intelligemment ensemble.

 


La troisième piste d’espoir que « la macronnerie » pourrait voler en éclat à la présidentielle. Edouard Philippe pourrait bien être le candidat (les seconds couteaux me semblent déjà dans les choux même si tout peut arriver… et si tout arrive : qui aurait prévu quatre ans avant les présidences d’Hollande et de Macron). S’il est candidat, il aura un discours bien trop à droite pour les électeurs. Il pourrait exploser en vol.

 

L’heure n’est à trouver une stratégie globale et surtout pas la bête de foire qui nous permettra de gagner. L’heure est à trouver des photographies pour illustrer ce billet de blog.

Il me reste dix minutes. L’urgence est là. Et mes illustrations manquent un peu de gonzesses. Elles sont pourtant une forme de clé pour les municipales et donc pour que le parti socialiste garde sa force locale.

Et j'ai toujours en mémoire les précédentes déroutes de la gauche. Je parlais de 2002. Il y a eu 1993 aussi. Elle est toujours revenue.

15 septembre 2023

La gauche, l'accablement et moi



Dans un article, Challenges revient sur la stratégie de Jean-Luc Mélenchon (lisez-le donc, je ne vais pas me fatiguer à résumer) notamment pour les Européennes vu qu’il commencer à défendre Ségolène Royal puis l’a laissée tomber comme une vieille capote. Voila un extrait de la conclusion : « À gauche, la politique reste un sport de combat, mais un combat interne, une lutte fratricide. Le camp macroniste, la droite et l’extrême droite observent la scène non sans délectation. Les électeurs de gauche, eux, sont accablés. On le serait à moins. »

Ce n’est pas faux…

Néanmoins, je vais rassurer le sympathique (je suppose) rédacteur : j’ai dépassé le stade de l’accablement. Je suis même redevenu serein et stoïque… Ca date de la campagne pour la présidentielle de 2017, quand j’ai vu que le Parti Socialiste ne se battait même plus (d’ailleurs, la fin de l’article de Challenges évoque Benoît Hamon comme nouveau pion dans la stratégie de Méluche). Il y a eu plusieurs phases, avant. Honnêtement, quand j’ai vu les images de François Hollande aller prendre le TGV pour partir en congés, j’ai compris que ça allait partir en vrille. Il y a eu, ensuite, les pigeons, l’affaire Cahuzac, la courbe qui refusait méthodiquement de s’inverser et, surtout, les frondeurs. Chacun de ses événements est de nature différente mais on peut les observer avec un œil précis. Par exemple, François Hollande n’est pas responsable de l’affaire Cahuzac et a même eu raison de lui faire confiance. Il n’empêche que c’est surtout la gauche qui est tombé sur l’ex-ministre et, honnêtement, j’ai vécu comme une trahison le fait d’avoir le ministre en charge de la lutte contre la fraude fiscale se faire prendre la main dans le sac.

Les frondeurs ont marqué une étape. Peu importe de savoir qui est responsable mais voir que le parti et ses chefs étaient incapables de se ranger pendant cinq ans devant celui qui a été élu chef m’a accablé. Parallèlement, on a eu l’affaire de la déchéance de nationalité. François Hollande avait choisi un geste de réconciliation nationale mais il s’est fait trainer dans la boue par la gauche.

 


La gauche conne, devrais-je dire. Ils disaient que c’était une proposition de droite alors que la question n’était pas là (sans compter que défendre la nationalité n’est pas franchement un truc de gauche) et que virer du territoire un type qui cherche à la détruire n’est pas spécialement idiot. Cette gauche conne s’est mise à tout politiser selon des a priori théorique. Admettez que c’est accablant.

Vers 2016, on a compris que François Hollande ne pourrait pas être réélu ce qui n’était pas surprenant (jamais un président n’avait été réélu hors phases de cohabitation) donc pas accablant… La deuxième phrase d’accablement est venue plus tard. Peut-être pendant la campagne de 2017, comme je le disais. La primaire avait marqué la fin de la social-démocratie ou du « centrisme de gauche ». Son représentant le plus fort était Manuel Valls mais ce pitre insipide, hautain et prétentieux devait être viré. J’ai d’ailleurs fait la campagne de Benoît Hamon, à mon modeste niveau, vu que ces idées me paraissaient intéressantes (je n’ai pas voté pour autant). Quand j’ai vu, ensuite, qu’il ne faisait pas campagne pour la présidentielle, je me suis décidé à voter pour Emmanuel Macron d’une part parce que j’avais encore l’espoir qu’il soit un peu à gauche et d’autre part parce que c’était encore la meilleure des solutions pour éliminer François Fillon.

Après l’élection de Macron, l’accablement a continué. La logique électorale aurait voulu que le centre gauche se rapproche intelligemment de Macron (et pas opportunément, comme beaucoup ont fait). Au fond, ses électeurs venaient essentiellement du centre (au sens bayrouesque du terme) et de la gauche. Les partis de gauche sont pourtant entrés dans une franche opposition malgré quelques tentatives de fédération de « macronistes de gauche », toutes risibles.

Je ne veux pas refaire l’histoire ou faire un procès. Au fond, Macron a progressivement commencé à faire une politique plutôt à droite, ce qu’il n’aurait sans doute pas pu faire s’il avait réellement eu des alliés à gauche. Ce que je veux, c’est montrer les raisons de mon accablement vu que j’ai compris, disons fin 2017, que la gauche de gouvernement était durablement dans les choux. Aucun procès, je dis. Par exemple, je parle des alliés de gauche et certains auront lu « traitres » mais j’aurais pu en faire partie, étant beaucoup plus proche de Macron que de la gauche radicale.

 


Pendant les deux ans qui ont suivi, disons jusqu’à fin 2019, il y a eu une autre phase avec deux faits que je tiens à souligner et qui ont marqué, pour moi, la fin du Parti Socialiste. Il y a eu, d’abord, le fait que le Parti Socialiste aille chercher une tête de liste pour les Européennes à l’extérieur. Il y a eu, ensuite, le constat que le parti serait incapable de faire un inventaire public et positif du quinquennat d’Hollande. J’insiste sur le terme « positif » car on pourrait penser le contraire. Il n’empêche que la communication politique voudrait que l’on n’explique aux électeurs qu’on est nul. Les socialos ont échoué, collectivement. Ils n’ont fait que confirmer qu’ils étaient incompétents. Leurs bisbilles pendant le quinquennat avaient perturbé les électeurs (c’est pour ça que je soulignais l’importance de suivre le chef élu) et cerise sur le gâteau, ils étaient incapables de prendre un graphique, dans Google Image pour montrer que l’inversion de la courbe a réellement eu lieu à la suite de mesures, certes controversées, prises vers 2015.

Le fait que l’on soit actuellement dans la plus longue phase de baisse du chômage depuis très longtemps ne me fera jamais rougir même si tous les indicateurs ne sont pas au beau fixe.


 

Ainsi, ça fait quatre bonnes années que je n’ai plus d’accablement. Mon blog est parti en jachère (regardez le nombre de billets par an, dans ma colonne de gauche) même s’il est un peu remonté avec le COVID… puis mon acharnement contre la Nupes en 2022, le tout avant de sombrer à nouveau. Il faudrait d’ailleurs que je parle plus souvent des statistiques de ce blog. J’évoque ici, le nombre de billets par an mais il faudrait regarder le nombre de lecteurs par billet (l’exercice est très difficile : si je fais un billet le jour d’une polémique, le nombre de lecteurs va dépasser les 1000, si j’attends trois jours, il plafonnera à 150, mais faire du chiffre sur une polémique n’a aucun intérêt. Par ailleurs, des chiffres exceptionnels viennent de Google mais les billets n’ont aucun intérêt : mon meilleur score, pour un billet, vient de celui-ci, à cause de la photo d’illustration, le suivant vient du fait que j’ai parlé de Paris Hilton nue dans le titre, le troisième d’une vidéo que j’avais diffusée de la Comète quand un type qui se prétendait journaliste avait agressé un serveur… Le tout est bien loin de l’objet du blog).

Mon blog a connu différentes phases, pour ce qui concerne ces statistiques : un nombre élevé de visites entre le moment où j’ai commencé à soutenir Hollande en 2011 jusqu’à début 2016, une baisse régulière ensuite puis un redémarrage en flèche avec la crise sanitaire et une baisse depuis mi 2021, un léger rebond avec les dernières élections, une grosse baisse ensuite et un redémarrage en flèche depuis un mois, sans doute expliqué par les polémiques autour de l’abaya, du Connemara et de Médine mais cela reste surprenant – vraiment – pour un mois d’août, d’autant que j’ai passé plus de temps devant Netflix que devant Blogger.

 

Vous vous demandez peut-être pourquoi je parle de chiffres dans ce billet sur l’accablement mais dites-vous bien que mon engagement politique est surtout exprimé dans mon blog (avec un lectorat dérisoire mais tout de même supérieur à celui des blogs politiques de simples particuliers) et que, à part mes copains, mes lecteurs sont assez proches de moi, entre la gauche de la majorité et le centre de la gauche. Différents indicateurs (le nombre de « likes », de partages, de lecteurs,…) me laisse donc imaginer la part des internautes d’accord avec moi et ayant dépassé le stade de l’accablement.

 

Avant ces chiffres, je parlais du Covid puis de la Nupes.

Le Covid a clairement introduit un nouveau clivage entre les partisans et les opposants des mesures prises par le gouvernement. Ce clivage est durable et n’a pas grand-chose à voir avec nos fameuses gauches irréconciliables traditionnelles. D’ailleurs, peu de parti se sont opposés à la politique officielle (on en parlait un peu, hier, avec un commentateur). C’est extrêmement compliqué, pour un parti politique, de s’opposer à une politique sanitaire qui semble s’imposer même s’il y a un vivier d’électeurs. On n’a pas fini d’en parler.

Ce nouveau clivage ne m’accable pas dans la mesure où je me suis rapidement fait une raison (au sujet de l’existence du clivage, pas de la crise sanitaire). Il me montre tout simplement qu’on n’arrivera plus à travailler ensemble alors que nos partis républicains sont acculés entre deux formations populistes (sans positionnement sur la crise sanitaire, d’ailleurs).

Le phénomène Nupes ne m’accable pas. Rappelons tout de même que ce machin a été créé à l’occasion de la dernière élection et est en train de crever. C’est un parti « one shot » en quelque sorte. Par contre, je suis sidéré par le nombre de copains issus du centre gauche qui se sont mis à soutenir ce bordel, pourtant, à l’évidence depuis le début, éphémère. Je ne vais pas ressortir mes arguments contre la Nupes par contre, si j’ai parlé des chiffres de ce blog, c’est aussi pour montrer que sa fréquentation a été en baisse depuis la création de cette alliance jusqu’à ce que ses composantes dépassent les bornes : Médine, abaya… le tout illustré autour de folie autour de la chanson de Sardou.

 


Alors, je vais répondre à mon journaliste qui disait : « Les électeurs de gauche, eux, sont accablés. On le serait à moins. » Non. On ne l’est pas. Jean-Luc Mélenchon, puisque l’article parle de lui, est en train de couler la Nupes et LFI en entrainant dans son sillage deux gros toxiques du PS même s’ils ont représenté une majorité : Ségolène Royal et Benoît Hamon.

Si la campagne pour les européennes est bien menées, d’un côté par la tête de liste, Raphaël Glucksmann, extérieur au PS, par le PS et ses militants lui-même et par les partisans de Bernard Cazeneuve, que je considère un peu comme les héritiers du centre gauche, les espoirs sont permis.

Commençons par cela. Il y aura, ensuite, les municipales. Paris est peut-être perdu mais « nous » pourrons néanmoins, dans beaucoup de grande ville, nous retrouver derrière le Parti Socialiste. Et il y aura, ensuite les présidentielles de 2027. Beaucoup de chemin à parcourir mais, selon toute logique, Edouard Philippe devrait dérouler un programme de droite. Les autres clampins seront carbonisés.

On aura un boulevard. Je me plante peut-être mais je suis tout sauf accablé. 

14 septembre 2023

Outrances, sondages et descente de la gauche

 


Un « ami Facebook » a publié, hier, une photo d’un article au sujet de Jacques Julliard (mes condoléances et tout ça) et a mis en avant cette phrase : « Je me sens toujours de gauche mais je ne me sens plus représenté par ceux qui parlent en son nom. » Je m’y retrouve parfaitement. Certes, il s’agit d’une tribune du JDD écrite par Manuel Valls et je crois que « l’ami » était candidat sur une liste menée par un candidat LREM aux municipales dans mon coin.

Toujours est-il que cela va assez loin ! Hier, un sondage au sujet d’une présidentielle est sorti (il n’est pas l’objet de mon billet) avec comme un résultat (avec l’hypothèse de Darmanin candidat de la macroneries) : Marine Le Pen : 32%, Jean-Luc Mélenchon : 16%, Gérald Darmanin : 14%, Bernard Cazeneuve : 8%, Laurent Wauquiez : 7%, Fabien Roussel : 6%, Eric Zemmour : 6%, Yannick Jadot : 6%.

Un lascar à plus de soixante mille abonnés a tweeté (xé ?) : « Total gauche : 28%, Total droite : 72%. Ami(e)s de gauche, il reste 4 ans. Arrêtez les bêtises et les outrances, et redonnez aux électeurs l'envie, ou plutôt même le sentiment du besoin de voter pour vous. »

A vos calculatrices ! Cherchez comment ce type est arrivé à « 28% » pour la gauche. C’est simple, il n’a compté les points de Cazeneuve. Nous avons donc un gugusse qui lance une espèce d’appel à l’unité de la gauche et donne des conseils mais considère le « descendant » de la social-démocratie comme étant à droite, le tout dans un sondage qui ne présente aucun candidat se réclamant du Parti Socialiste.

Il fallait oser !

 


En aparté, je précise que Bernard Cazeneuve est très certainement celui dont je suis le plus proche mais je ne soutiens absolument personne (je ne crois pas, encore, à la capacité de l’ancien premier ministre à rassembler les électeurs). Par ailleurs, pour appuyer sa démonstration, notre hurluberlu prend l’hypothèse de la candidature de Darmanin mais pas celle d’Edouard Philippe pourtant largement défavorable à Nanard (le pdf complet). Tant que je suis dans mon aparté, vous noterez que le « 28% » se traduit en « 39% » si l’on prend bien l’ensemble de la gauche (donc si on compte les deux candidats dits d’extrême gauche et celui « extrême centre gauche »). Notons que c’est plus qu’au premier tour de 2007 (et bien plus qu’en 2017 et, pour « mon 39% » qu’en 2022, mais bien loin de 2002 et 2012).

Toujours en aparté : il ne s’agit évidemment que d’un sondage. Il faut rigoler des sondages. Prenez ceux faits longtemps avant 2007, par exemple. Ils montraient clairement que le meilleur candidat de la gauche était François Hollande… du moins pour le premier tour vu qu’il aurait été assuré de figurer au second (et d’être balayé au second).

 

Revenons à « Je me sens toujours de gauche mais je ne me sens plus représenté par ceux qui parlent en son nom. » Julliard n’a pas dit que ça. Par exemple, il a sorti : «  Nous vivons aujourd'hui un véritable chiasme intellectuel : la gauche a abandonné toutes ses valeurs – la laïcité, la nation, l'universel, l'école républicaine, la sécurité – à la droite. Ce qui a occasionné un décalage de plus en plus important entre le peuple de gauche et les intellectuels censés le représenter ». Je crois qu’on est en plein dedans. Julliard était d’ailleurs un spécialiste de ces clivages, à gauche, clivage reconnu par Rocard, il y a plus de 40 ans, par Valls plus récemment. Moi, je ne le suis pas, un spécialiste, et ne veux pas donner de leçons par rapport à tout ça… Ce qui m’intéresse est le volet électoral de la chose.

Seules deux personnes ont amené la gauche (même si c’est une fausse gauche nananère) à l’Elysée : Mitterrand et Hollande, sans oublier Jospin qui l’a mené à Matignon. Excellent exemple que ce Jospin, avec l’échec fameux de 2002 qui a fait que la gauche accuse TF1 et Papy Voise pour l’éviter de reconnaitre ses torts. Ceux du candidat socialiste, bien sûr, vu qu’il n’a pas réussi à fédérer. Ceux des autres, aussi, tels Taubira, Chevènement et Mamère qui ont décrété qu’ils étaient les seuls capables de représenter la gauche.

Il est clair, pour ma part, que je ne me sens pas représenté par la « nouvelle gauche », la nupsiale… Les militants font les sourds, ne pensant qu’à leur orientation « programmatique » mais en oubliant le reste, comme les outrances dont parle mon twittos.

 


L’ami Politeeks en parle dans son dernier billet. Tout d’abord, Jean-Luc Mélenchon « pour qui “Macron et Borne ont le même visage bestial” que celui de Pinochet, de ceux qui ont fomenté l’assassinat de Salvador Allende et l’arrivée des Chicago boys qui ont lancé un programme très libéral au chili dans les années 70 et 80 avec comme résultat l’explosion du chômage et de la misère, avec des milliers d’exécutions d’opposants. » Ces propos sont affligeants, insultants… L’auteur ne mérite que le mépris.

Politeeks demande aussi : « la France est-elle un pays libéral avec 58,3% de dépense publique dans le PIB (source Insee). Tout a-t-il été privatisé et vendu à la découpe ? Des opposants sont-ils jetés d’avions dans la mer ? »

 

Mon twittos qui voudrait dénoncer les bêtises et outrances. Il a parfaitement raison. Il omet tout de même 8% des électeurs soc dem et 3% de ceux de l’extrême gauche, soit le tiers des électeurs votant toujours à gauche et je ne parle même pas qui reviendraient volontiers mais ont choisi une voie plus centriste ou plus à droite, si vous voulez.

C’est une outrance.

Le candidat le plus fort à gauche, Mélenchon, est à 16%, à peu près au même niveau que les sondages quatre ans avant la dernière élection…

 

Personne n’apprend rien, dans cette histoire… Donnez-nous l'envie de cette gauche, dans sa diversité, avec ses divergences mais ses responsables qu'on aimerait voir nous représenter.


09 septembre 2023

Mettre l'abaya pour se coucher dans le lit du RN ?

 

Réponse subtile (et googlimagesque) aux imbéciles
qui expliquent que l'abaya n'est pas religieux.

La polémique au sujet de l’abaya continue. Sandrine Rousseau, par exemple, a encore raconté des bêtises, hier. A gauche, par rapport à ce sujet, on rencontre plusieurs « catégories » de locdus. La première, dont je fais partie, est composée de gens qui partagent la position du gouvernement et une certaine défense de la laïcité, je vais y revenir. Ceux de la deuxième s’opposent à Gabriel Attal et soutiennent les jeunes femmes concernées. Enfin, il y a, heureusement, ceux qui s’en foutent. Parmi tous ces braves gens, il y en a beaucoup qui estiment que parler de l’abaya est faire le jeu du Rassemblent National.

Et ça m’énerve. Avant d’en parler, je souhaite apporter quelques précisions.

 

Oups !

Tout d’abord, j’ignore ce qui motive ceux qui, à gauche, soutiennent cette housse de couette. Je n’ai d’ailleurs pas à juger et, si je donne l’impression de le faire, c’est uniquement par maladresse (à force de glander dans ce blog, je perds la main). Je suppose qu’il y a des gens qui optent pour un point de vue féministe et de liberté de la femme à s’habiller comme elle veut. Il y a des communautaristes ou des électoralistes. Il y a ceux qui considèrent les musulmans comme opprimés en France. Il y a ceux qui s’opposent pour s’opposer à un gouvernement qu’ils n’estiment pas « conforme ».

Je ne suis pas loin de penser que si Gabriel Attal avait dit que l’abaya n’était pas une tenue religieuse et ne se plaçait donc pas dans le cadre de la loi de 2004, certains auraient rué dans les brancards. C’est un exemple de réflexe, surtout quand on fait de la politique dans les réseaux sociaux. Pour ma part, je bavasse dans les blogs depuis avant l’élection de Nicolas Sarkozy ce qui m’a fatigué de l’opposition systématique (même s’il n’y avait pas grand-chose à défendre chez « l’ex »). D’ailleurs, depuis que j’ai compris que François Hollande n’avait pas la moindre chance d’être réélu, j’ai fini de militer pour qui que ce soit quoi qu’en pensent mes lecteurs qui finissent par prendre le moindre de mes propos pour un engagement alors qu’ils devraient s’en battre les machines.

Il n’empêche que je refuse d’adopter des positions purement partisanes dans certains dossiers. Certains pensent que je ne suis plus à gauche mais je m’en fous : je ne suis pas fier de la gauche actuelle. Je suis issu d’une lignée de gauchistes et j’ai été élevé par une bande de défenseurs de la laïcité (mes parents étaient profs en collège, soutenaient voire dirigeaient des associations laïques, une de mes grands-mères bouffait du curé et l’autre s’en foutait, obligée de ménager la chèvre et le chou : au fond, en Bretagne, on n’a pas le choix sinon on se fâche avec la moitié de la population).

 


La laïcité est au cœur de notre débayaya mais, encore une fois, je souhaite être prudent. Depuis que je me suis rapproché du Printemps Républicain, jusqu’à y adhérer, j’ai toujours été surpris par les divergences entre les « factions de laïcards ». Je suppose que les anciens proches de « l’observatoire de la laïcité » auraient défendu les porteuses d’abaya. Je ne comprends rien à tout cela.

Pour moi, la laïcité, c’est deux choses : la liberté de conscience et la séparation de la religion et de l’Etat. Empêcher le port d’une tenue religieuse dans l’enceinte d’institutions de la République (ou chez des délégataires de service public) n’est pas du tout une limitation de la liberté de conscience. Je ne vois pas en quoi il serait nécessaire de vêtir une housse de couette pour être croyant… C’est même presque le contraire. A la limite, si une tenue spécifique devient la norme dans « une communauté », l’obligation de la porter est une entrave à la liberté de conscience, quel que soient les phénomènes qui génèrent cette norme. Une jeune femme peut porter l’abaya par conviction. Sa copine, par contre, pourra subir des contraintes ou, tout simplement, préférer mettre une jupe normale ou un pantalon qui moule les fesses.

 

Je considère qu’il faut sortir du débat sur la « laïcité quotidienne ». Que des personnes d’un groupe (ethnique, social, religieux…) souhaite se différencier par une tenue, c’est bien pour revendiquer une appartenance. En l’occurrence, à une religion. En débattre est ridicule. Il y a donc bien un volet politique pour faire monter la visibilité puis la puissance de ce groupe. Il convient de lutter contre car c’est le chemin vers une atteinte à la séparation de l’Etat et de « l’église ».

Ceci est mon opinion mais il y a des gens bien plus qualifiés que moi pour débattre.

 


En marge de ces débats sur l’anaya, il y en a un au sujet de l’uniforme à l’école. Je suis parfaitement contre. Je ne peux pas être contre le port d’un uniforme religieux à l’école et tenter de promouvoir une espèce d’uniforme que certains qualifieront de Républicain. Je vais même tenter un raccourci foireux : on ne saurait assimiler la laïcité au port d’un uniforme.

Les seules obligations que peuvent porter la loi au sujet de l’habillement sont de rigueur ou de circonstance (on ne va pas imaginer un militaire sans uniforme…). Par contre, on peut avoir des obligations vis-à-vis de la décence. On ne va pas au bistro en survêtement. On ne visite pas un établissement religieux ou historique en short. On ne se promène pas dans la rue torse nue sauf si les coutumes locales le permettent. Tout cela est peut-être parfaitement subjectif mais nous ne sommes pas des peine-à-jouir utilisant n’importe quoi.

Certains ont mis sur la même ligne l’abaya et les crop-tops portées par les jeunes filles. C’est de la connerie. Et je porte moi-même des tee-shirts trop courts (c’est parce que j’ai du mal à en trouver à ma taille, aussi).

 

Responsable politique française
faisant la promotion de nouveaux uniformes SS.

Revenons au Rassemblement National dont au sujet duquel on ferait le lit. Il n’est pas improbable que les motivations de ce parti politique soient racistes. Genre ces cons d’étrangers racisés essaient de prendre plus d’importance.

C’est dangereux d’assimiler les défenseurs de la laïcité à des racistes. Faire l’amalgame entre une tenue vestimentaire et une origine ethnique est du racisme, celui là même que ne renierait pas l’extrême droite, visiblement. Moi, je m’en fous. Je regarde l’abaya comme la marque d’une religion, pas d’un extrait de naissance (ni d’ailleurs d’un extrait de naissance des parents ou des grands-parents).

Par contre, le Rassemblement National porte certains thèmes issus de préoccupations des Français, notamment ceux que l’on peut appeler l’identité culturelle. Les Français ne veulent pas qu’une autre culture (issue d’une religion) s’impose chez nous. La gauche est incapable de se saisir de ce genre de sujet pour bêtement plaire au peuple.

Le résultat est là : cela fait 40 ans que les partis d’extrême droite progressent en France. Pendant ce temps, des gugusses nous expliquent qu’on ne doit pas s’occuper de certains sujets et oublient carrément que la laïcité devrait être un thème de gauche. Et la gauche disparait. Non plus à cause de problèmes sociaux ou économiques mais parce que les militants ont choisi de s’opposer aux thèmes de l’autre.

Marine Le Pen a dit qu’il faisait très chaud sur le Centre Bretagne. Je ne vais pas la démentir. Ni mettre une doudoune. Quand les partis politiques prendront en compte certains thèmes, on en sera plus là. Nicolas Sarkozy avait essayé de chier sur les étrangers lors de ses discours de Grenoble et de Dakar (deux patelins du sud du pays). Il a échoué. Par contre, il avait réussi à ratiboiser le Front National en 2007. Il faut peut-être étudier ce phénomène. Vous vous rappeler ? Une histoire de nettoyeur haute-pression…

 

Et quand la gauche (ou la droite, d’ailleurs) arrivera à le faire, à expliquer qu’elle vision de la société elle peut avoir pour plaire à tout le monde, on y arrivera peut-être.

En complément, il faut arrêter de tout assimiler au racisme. D’ailleurs, la lutte institutionnelle contre le racisme a sans doute commencé vers 1983 ou 1984, c’est-à-dire à peu près au moment où le parti du père Le Pen a commencé à faire des scores à deux chiffres. La gauche est en échec complet. Avec toutes ces conneries, elle a même réussi à banaliser le racisme.

A force d’assimiler le refus de l’abaya, pour en revenir au sujet du jour, à du racisme et donc de dire aux gens qu’ils sont racistes, ils finissent par accepter de passer pour des racistes alors qu’ils se foutent de ces histoires d’origines ethniques. Par contre, la gauche doit traiter le sujet culturel qu’il y a derrière tout cela, ce qui nous vient de la religion.

Sans plier. Sans complaisance. Sans fermer les yeux par peur.