18 mai 2019

Le café du boulevard de la gare

On me demande quelle fut ma meilleure soirée dans ce bistro, qui a été le Vincennes puis le 1880. Quand le fils a pris la succession du père qui a pris lui-même celle de sa mère et ainsi de suite. Le 1er juin on fête les 100 ans de la boutique. Et tous les clients sont invités à raconter leur meilleure soirée. Je l’ai déjà fait mais, à la réflexion, je vais recommencer. 

La meilleure soirée dans ce bistro a toujours été la dernière soirée, vu que je ne me rappelle jamais des précédentes ! La vie est un long fleuve tranquille. Je suis client depuis 35 ans et je fais toutes les fermetures, quand je suis à Loudéac, depuis que La Grenouille a arrêté d’attendre l’heure légale pour foutre les derniers clients dehors. J’aurais du demande à Jeff, le veuf de l’ancienne patronne de La Grenouille, de quelle année ça date. Il est passé au 1880, ce soir. Il est à la retraite depuis quelques années et envisage d’acheter un vélo électrique. On en a parlé pendant une heure, le temps qu’il boive deux Perrier. Faudrait pas vieillir. Disons une quinzaine d’années que le bistro du boulevard de la gare est mon point de chute quand je quitte ma banlieue parisienne, toutes les deux ou trois semaines. 

La meilleure soirée est toujours la dernière soirée. C’était donc aujourd’hui vu qu’on ferme à une heure...

Depuis quelques années, les clients âgés ont disparu. La clientèle de soirée est très jeune. Disons que j’ai plus de trois fois l’âge moyen des autres clients vers 23h. Je reste stoïque au comptoir à observer les gens sans les voir et vice versa. Parfois, il y a des vieux copains, comme Gilles mais je reste le plus vieux.

Les précédentes générations ne sont plus là. Je ne suis pourtant un croulant (même si à cause de Jackie, je me retrouve depuis hier grand oncle : mon frère est grand père). 

La meilleure soirée est la dernière. Toujours, pour un type comme moi. Je reste seul au comptoir tant qu’aucun pote n’arrive. Ce soir, j’ai vu Serge et Jeff, dont je parlais, et Laurent mais comme il était déjà saoul, j’ai coupé court. Je lis Facebook, Twitter (ça dépend des époques, il y a encore trois mois, je ne le faisais plus, je jouais avec mon iPhone... Je ne vous raconte pas avant quand je passais mon temps dans les blogs ni la période où je jouais comme un forcené à la belote, toujours avec mon iPhone). 

La dernière soirée est toujours la meilleure. Je ne m’en rappelle d’ailleurs jamais vraiment. Ce soir, je crois que la bande à Camille est partie puis celle de Aymeric. Je ne connais pas le premier sauf qu’il a une bonne tête. Je suis copain de bistro et de Facebook avec des types qui ont plus de trente ans de moins. 

L’heure de la fermeture a sonné. J’ai vidé mon verre cul sec. Le patron avait encaissé ce que je devais et la serveuse a fini son ménage avant de me ramener à la maison. Ehontément, j’abuse ce mon privilège de vieux. 

La meilleure soirée au bistro est toujours la dernière. 

Quand je serai vieux, Jonathan me remplacera. Il sera le type deux fois plus âgé que les clients. 

Merci Ccil, Christophe, Yannick et l’anglaise. Et aux autres croisés ce soir comme Sophie et Sylvain. 

La meilleure soirée est toujours la dernière. Peu importe les fiestas antérieures.

12 mai 2019

Grave Bénin

Il y a beaucoup de gens qui donnent leur avis au sujet du Bénin et des otages. Faire le malin sur le Bénin, c’est mal. Moi, au moins, je peux reconnaître que je ne sais pas où est ce patelin. A ma décharge, ce qui se passe au sud de Villejuif m’indiffère. 


On a une bataille d’experts et de puristes de la défense des militaires. 


Je suis tombé sur un glandu dans twitter qui disait qu’avant de devenir « rouge » la zone était « orange » et que les touristes avaient ainsi toute légitimité pour s’y promener d’autant que leur guide - mort dans cette histoire - connaissait le coin. Je crois que « orange » ne veut pas dire « vert ». 


Je parlais du guide. Ce gars voulait travailler pour nourrir sa famille. Comme les militaires. Ils ont une mission. Ils l’accomplissent et on leur doit un immense respect. Ne mettons pas sur le même plan les touristes qui font les guignols dans des zones dangereuses, roulent bourrés ou font du ski hors piste et les gens qui se dévouent, risquent leur vie, pour les sauver. Et ne comprenons pas de travers des publications Facebook. 


Facebook que j’adore comme Twitter déborde de moralisateurs sans recul.


Édit : j’avais un truc en tête en écrivant ce billet pour le donner un sens mais j’ai oublié. Il faut oublier. Il faut publier. Comme chantait la serveuse au fond du café. Bref. 


N’OUBLIONS PAS QUE LES FUMIERS SONT BIEN LES CONNARDS ISLAMISTES À L’ORIGINE DE LA PRISE D’OTAGE.


Et quand on tient un titre de billet de blog, on ne fait. 

09 mai 2019

Souvenir de bistro

Le 1er juin, on fête les 100 ans du 1880. Un commentaire de François me rappelle une demande des tauliers, Ccil et Christophe : raconter par écrit la meilleure soirée qu’on a passé dans le bistro. Je vais quand même leur rappeler que j’ai passé plus de 1000 soirées, voire 1500... En plus, je n’ai aucune mémoire, j’ai fait plus de 10000 fermetures dans ma carrière. 


Deux soirées m’ont particulièrement marqué au 1880 :

1. Le premier 25 décembre que nous avons fêté là-bas, quand j’ai connu Jonathan et Quentin, il y a six ou sept ans. J’étais chez ma mère et je me demandais bien ce que j’allais pouvoir glander. Et je suis tombé sur la page du bistro où ces deux andouilles exigeaient l’ouverture. 

2. Le deuxième était une fête de la musique, il y a trois ou quatre ans. Ou cinq ou six. C’était Warfael qui s’occupait des galettes saucisse et on avait passé la soirée, avec Gilles, à côté du stand. A surveiller quand le lascar s’absentait. Et à boire. 


Mais mon « meilleur » souvenir date d’avant. Du temps du Vincennes. A l’époque, je n’étais pas un client trop régulier. J’allais plus souvent à la Grenouille. Mais la patronne était fatiguée (elle avait d’ores et déjà acheté une nouvelle affaire mais un méchant crabe l’a empêché de le tenir). Ses horaires d’ouvertures étaient irréguliers. Comme je me déplace à pied, j’avais arrêté d’aller chez elle (j’arrivais à Loudeac vers 19h et dînait en famille et sortais vers 20h30). J’allais donc au PMU (que je fréquente quand même depuis plus de 35 ans mais assez occasionnellement au début). Il s’appelait le Vincennes et est devenu le 1880. 


Mais je n’étais pote qu’avec peu de clients. J’ai donc pris l’habitude de passer au Cornouailles, plus ou moins sur la route, où j’étais à peu près sûr de tomber sur Yann et Serge. Mais le patron qui picolait comme nous (mais pas avec ma contenance) devenait un peu trop rapidement militant Sarkozyste. Peu importe. Et à la fermeture, vers 23h, j’allais au PMU. Ça a duré quelques années. Assez peu. 


Et un soir, je suis arrivé au Vincennes, sans doute vers 23h30, le patron d’alors, Yannick était en terrasse avec son anglaise. Il n’y avait aucun client. Ils attendaient l’heure de la fermeture. Ils auraient pu fermer mais l’heure c’est l’heure. On avait l’exemple de la Grenouille qui fermait à des heures aléatoires. Du coup, les clients comme moi ne se donnaient même plus la peine de passer. 


Alors je m’étais assis en terrasse et nous avons passé la fin de soirée à discuter (et à picoler pour ce qui me concerne). C’était en mai ou juin, il faisait bon, c’était le bonheur. 


C’est sans doute une de mes meilleures soirées au bistro de toute ma carrière (environ 340 fermetures par an depuis 35 ans... Je vous laisse compter) mais surtout car elle fut très formatrice (hors de l’amitié qui nous lie tous les trois). Voilà :


DEPUIS JE NE VAIS JAMAIS TERMINER UNE CUITE DANS UN BISTRO OÙ JE SUIS CLIENT SI J’AI COMMENCÉ À ME SAOULER LA GUEULE AILLEURS. 


Hop ! Ne me remerciez pas. 

03 mai 2019

Le PS devrait faire gaffe à ses fesses

Le PS va prendre une baffe mémorable aux prochaines élections. Ce n’est pas un scoop mais je ne sais pas si les militants du parti se rendent compte de toutes les raisons. 


J’ai des raisons personnelles d’envisager de voter pour lui (plus précisément de la liste qu’il soutient...) parce que deux copains sont sur la liste mais il faut bien reconnaître que je vais le faire à reculons. 


Tout d’abord, le PS a depuis le début un mauvais positionnement vis à vis de Macron. Ce n’est pas nouveau non plus. Je le dis depuis fin 2016... Les électeurs de Macron sont majoritairement des anciens électeurs du PS. Royal 2007 : 26%, 10 points plus à gauche. Hollande 2012 : 27%, un peu plus de points à gauche qu’en 2007. 2017 : la gauche peine vers 30 points, le score du PS est ridicule. Ses électeurs ont voté Macron. C’est peut-être ballot ou dommage mais c’est surtout mathématique. Désolé, mais je le répéterai longtemps. On nous dit qu’Hollande a échoué parce qu’il n’était pas assez à gauche. Dans l’attente, les types plus à gauche ont été laminé. Si des gens votaient pour le PS, c’est aussi parce qu’ils lui faisaient confiance ou, du moins, confiance en ses cadres pour gérer la boutique. C’est visiblement fini mais, à la limite, peu importent les raisons. 


Toujours est-il que si je me fatigue à publier un truc, c’est parce que je viens de voir un live tweet du PS à l’occasion d’un meeting. Tous les tweets étaient orientés contre Macron. Tous les partis politiques orientent leurs campagnes contre Macron. Mais Macron n’est pas candidat. Ça ne sert à rien. 


Par contre, les potentiels électeurs du PS sont des gens pragmatiques qui attendent que les candidats à une élection européenne parlent de leur projet pour quand ils seront élus au parlement européen. Ils ne mèneront pas une politique, ce n’est pas le job. Ils ne parleront pas de l’orientation des institutions, ce n’est pas le job. Ils négocieront et voteront des directives. C’est le job. 


Et j’attends que les candidats me parlent du job. Et c’est la seule solution pour que le PS subsiste. Qu’il paraisse enfin pour un parti sérieux voire pour le seul parti sérieux. Pas un parti de contestation. Et il doit avoir en ligne de mire également les élections municipales de 2020. Le PS mène du bon boulot dans un certain nombre de grosses villes (je pense évidemment à Paris, Nantes, Rennes, Lille, mais j’oublie sûrement... Sans compter que je me fous de Lille mais la mairie est tenue par un des derniers éléphants du PS. Sans compter que ces quatre patelins sont tenus par des gonzesses). 


Si le PS ne revient pas dans le droit chemin, il est mort. C’est une évidence mais il faut la rappeler tant qu’il fait des conneries, tant qu’il oublie qu’il faut donner aux électeurs des raisons valables de voter pour lui. 


La première étant l’aptitude à faire le job. 

01 mai 2019

Ramadan du fond qui baigne

Vous avez vu la petite boucherie presque en face de chez moi ?


Aujourd’hui et hier, elle a été livrée pour le ramadan qui commence dimanche en principe. D’après le patron du bistro à côté, 6 camions...

Impressionnant.