08 avril 2020

#Confiné Jour 23 - avec des belles histoires de bistro


Yves Camdeborde - La Brasserie Le ComptoirPetit journée pour cette vingt-troisième de confinement.  J’entends par là que je n’ai rien à raconter de spécifiques. Une assez grande sortie, ce matin après le traditionnel point d’équipe du matin puis une réunion à 13 heures et une autre à 14 jusqu’à 17…

Les premières journées de confinement étaient consacrés à la mise en place donc j’ai eu pas mal de temps à moi pour jouer avec les outils et écrire des billets de blog. Là, la routine est bien installée ! Je pense que vous vous foutez de mes promenades et que je me fous de vous les raconter mais j’aime bien cette routine. Je lis les billets de mes potes blogueurs mais je ne commente plus.

Il y a donc des billets que j’ai préparés et que je n’ai pas diffusés. Je vais en citer trois. Le premier est une comparaison de mon iPhone et de mon Samsung. Le deuxième est sur mon équipement technique pour me connecter à internet avec les moyens du bord. Le troisième est la liste des jeux auxquels je jouais avec le niveau auquel je suis. Je n’ai jamais terminé ce dernier. J’ai gagné six heures de jeu gratuit à l’un et je suis resté jouer alors que, en principe, on est limité à cinq essais ratés.  

Hier, c’est sur l’autre blog que j’ai parlé du confinement. J’essayais de raconter comment certaines personnes me manquent les copains de bistro. Le téléphone existe mais on n’appelle pas des copains de bistro. Le principe est de raconter des conneries au comptoir ou à table… Des conneries ou des choses sérieuses, c’est improvisé, ça dérive au cours des conversations, on s’énerve contre un pochetron, on engueule le serveur parce que les verres sont vides et on s’engueule entre nous pour savoir qui devra payer la prochaine tournée, on envoie chier les mecs qui se mêlent des conversations sans y être invités… et on attend la fermeture. Chaque bistro a un rituel de fermeture.

Au PMU, à côté de chez moi, le patron ferme le rideau de fer pour empêcher les clients d’entrer mais tolère la présence tant qu’il n’a pas fait tout ce qu’il avait à faire (la caisse, la mise en place pour le lendemain, un coup de balai… A la Comète, c’est un peu le même principe mais ce sont les serveurs qui font la fermeture et ce ne sont pas toujours les mêmes. Certains sont pressés, d’autres pas. Jojo n’est jamais pressé mais il ne nous laisse pas trop traîner avec lui après 23h. Pendant un temps, je faisais beaucoup de fermetures dans un autre rade mais ses horaires sont aléatoires. Il peut fermer à 17h et je suis déjà parti après minuit.  Ca dépend de son humeur et de la cuite du patron. Il y en a un qui sonne la cloche une demi-heure avant la fermeture pour dire que c’est le moment de prendre un dernier verre avant la fermeture. Un quart d’heure après, on a droit à un deuxième coup de cloche. Les clients commencent à partir mais à l’heure, ça devient difficile. Moi je me mets dans un coin, une espèce de rituel. Je ne fais rien. J’attends la fin du ménage pour que la patronne me ramène à la maison.

Vous voyez ce qui me manque ? Il n’y a pas que les copains, pas que la bière, pas que les bistros mais ces rituels rassurants. J’en ai un autre, je suis assez précis sur les horaires sauf quand je travaille. Ou pour la fermeture.

En semaine, par exemple, je finis le boulot et fonce au Nouveau Monde puis en part à 20 heures tapantes. J’y reste le tant qu’il faut pour, ensuite, prendre le métro, pour être à la Comète avant 21 heures. Le samedi midi, je vais à la Comète vers 12h45. Tous les horaires que je cite ici ont une raison précise (là, c’est pour éviter l’heure d’affluence). Le soir, je ressors à 19 heures en coup de vent puis vais faire des courses avant de revenir. Le dimanche midi, je vais à 12h15 à l’Amandine (la raison est que j’ai rendez-vous avec un petit vieux chiant à midi mais il passe à table à 12h20, il a le temps de payer une tournée). A 12h45, je vais à l’Aéro puis j’essaie d’arriver à la Comète pour 13 heures. Ce rituel fait parfois bondir ou rigoler les copains. Le dimanche soir, j’ai un peu changé mes habitudes récemment. Je vais maintenant à l’Amandine vers 19 heures. Je n’ai pas encore repéré les habitudes de fermetures. J’ai l’impression que le patron aime bien rester seul avec ses potes. Quand je suis en Bretagne, j’ai aussi ces horaires assez précis.

Quand j’allais souvent en déplacement dans des villes de province, souvent les mêmes, je me créais aussi une routine, différente selon les cas. J’avais fait des billets de blog sur l’art de trouver un bistro. A vrai dire, j’ai oublié. Je n’ai plus l’occasion de chercher des bistros. Et avec le confinement, la question ne se pose plus. Il est important d’aller toujours dans le même bistro pour être connu du personnel et tout un tas de raisons.

Alors je me suis naturellement créé un rituel pour le confinement. J’ai arrêté la bière. Je finis ma journée de travail vers 18h ou 18h30, j’appelle ma mère puis rédige ce billet tout en traitant les mails qui arrivent. A 20h, les andouilles commencent à crier aux fenêtres, j’éteins la messagerie et me sert un apéritif. Je finis mon billet, le publie et je commence ce verre.

Il n’y a que les horaires de sortie avec lesquels j’ai du mal. J’y vais tous les trois ou quatre jours quand je n’ai plus à bouffer mais je prends toujours la décision au dernier moment. Hier matin, j’avais prévu d’y aller en fin de journée mais j’ai craqué le matin à 10h45… J’avais peur de manquer ma sortie l’après-midi, à cause du boulot, que je sorte trop tard et que la queue soit trop longue, un tas d’idioties, celles qui font passer des nuits blanches.

Une fois le billet terminé et publié, l’apéro bu et la bouffe avalée, il n’est pas rare que je me remette au boulot. Je viens d’ailleurs d’avoir une idée…

Edit : je corrige ce billet (et son titre) : je m'étais trompé dans le comptage des jours.


07 avril 2020

#Confiné jour 22 - Avec du filet mignon


La 22ème journée de confinement a été terne avec la succession de réunions téléphoniques, la dernière en particulier était un peu longue. C’est un « point de synchronisation » que nous avons tous les mois avec une équipe d’un autre site (en principe, vu que là, on est chez nous) au cours de laquelle nous abordons une vingtaine de sujets. Heureusement que les gens sont sympathiques.

Sur tous les sujets, seuls 10% m’intéresse vraiment. Certains ne me concernent pas du tout. Nous étions une dizaine à bavasser de choses et d’autres en relation avec le boulot. La première réunion de ce matin (un « Comité Projet avec un fournisseur ») était pire ! Très peu d’aspects me concernent réellement mais pas présence était nécessaire. La deuxième était technique : je n’ai rien compris. Seule celle de début d’après-midi était réellement intéressante.

Sinon, je me suis cuit un filet mignon au four. La première fois que je l’utilise depuis sans doute près de 10 ans. Ce soir, je mange les restes et demain, c’est rosbif… Ca fait longtemps…

Côté covid, les informations sont « partagées ». La Russie annonce qu’elle sera prête à tester un vaccin en juin. Aux USA, le virus tue majoritairement les noirs (il s’agit peut-être d’une conséquence des inégalités sociales). Le premier ministre a annoncé que le confinement va durer. Le sport a été interdit de 10h à 19h à Paris. Le premier ministre anglais va très mal. Macron nous causera cette semaine, sans doute jeudi. Vous savez tout. Ne me remerciez pas.

Ca sera tout pour aujourd’hui (la batterie de mon PC est presque vide et je n’ai pas de prise à côté de mon fauteuil. On n’

06 avril 2020

#Confiné Jour 21 - Fin de la troisième semaine...


Ce matin du vingt-et-unième jour de confinement vers 11, alors que je travaillais, la gardienne a sonné chez moi. Elle ne voulait pas que j’ouvre. On a parlé au travers de la porte. Elle fait le tour des célibataires pour vérifier que tout va bien. La première fois en trois semaines. J’avais déjà commencé la cuisine pour faire des échalotes confites (celles d’hier étaient un régal, j’ai donc décidé d’en faire d’autres.

A onze vingt, je suis allé faire des courses non sans avoir généré mon attestation QRCodée. J’ai acheté des « patatoes », vous savez, ces espèces de frites surgelées. Je les ai faites cuire dans ma sauteuse avec les échalotes. Succulent.  Il y avait beaucoup de monde, chez Leclerc. Un effet RSA, peut-être ? Du coup, ils avaient fermé les portes (pendant que je faisais les courses) pour qu’on ne soit pas trop nombreux en même temps. Un bonheur… C’est la première fois que je vois ça. J’ai rencontré quatre ou cinq personnes connues ce qui est très rare et j’ai discuté avec un voisin assez longtemps, tout en laissant la distance réglementaire.

Il y a eu beaucoup de débats sur ce formulaire sur smartphone. J’ai d’ailleurs dit moi-même une dose de conneries, notamment en réponse à Seb Musset dans les commentaires d’une de ses publications Facebook. J’étais persuadé qu’il y avait une base de données centralisée. Non, un simple formulaire Acrobat. Aussi bien, c’est une fonction standard du produit… Il n’y a pas de fonction de sécurité : c’est simplement un formulaire « codé » pour être lu plus facilement par les forces de l’ordre. C’est très bien. Ils auraient pu le faire avant (contrairement à ce que j’ai dit) mais, si on en croit le ministre, il fallait d’abord que cette notion de formulaire rentre dans les mœurs. Ça n’en est pas moins très con…

Il tombe bien : il va falloir que j’aille trois fois faire des courses, cette semaine. J’ai oublié des trucs « indispensables », ce matin. Je vais y retourner demain et vendredi (on a un week-end de trois jours).

Ma journée : 18h30 – Téléafterwork comme lundi dernier. Sympa. 16h30 réunion sur la nouvelle AC. On s’en fout. 15h réunion. 14h réunion. 10h point d’équipe quotidien. Demain : 10h Point d’équipe. 10h Comité projet. 11h : point sur un incident. 11h point sur les incidents. 14h30 point de synchro sur un projet. 16h : point d’info sur la filière. Ce qu’il y a de bien avec le mardi et le jeudi, c’est qu’on a des réunions tout le temps, voire en même temps.

Au déjeuner, demain : du filet du mignon.

Un billet court, ce soir. Pour vous faire des vacances. Je viens de recevoir une pétition à signer pour exiger l'autorisation du médicament du docteur Raoult. Ca fera ma soirée…

05 avril 2020

#Confiné Jour 20 - Soignons le covid avec des échalotes confites

Echalotes : une recherche à la pointe... du goût
Rein que ça !

En ce vingtième jour confiné, j’ai enfin trouvé des raisons valables pour tenir ce journal : ça m’occupe une bonne heure (je n’en ai pas vraiment besoin mais réveillé à six heures, ce matin, je vois qu’il est presque une heure, j’ai donc passé cinq heures avec mon iPhone, que ça soit dans les réseaux sociaux, au téléphone ou dans des jeux) et ça m’oblige à réfléchir sur moi (voir la parenthèse d’avant…). Du coup, je commence à rédiger mon billet du jour dès midi, pour une publication vers dix-neuf heures.

J’ai eu un coup de fil du vieux, ce matin. Il tient son journal, aussi. Autant inutile que le mien, pour vous dire qu’il est bien ! Ca fait du bien, ces appels, constater que des gens pensent à vous et tout ça. Ce n’est pas que j’en doute mais je téléphone moi-même très peu, je n’ai pas le réflexe, sauf pour ma mère (et un collègue de travail, allez savoir pourquoi…). Je me rappelle de la mort de la sœur de ma grand-mère, il y a plus de vingt ans, peut-être trente. Je l’ai appelée (pas la sœur… Allo, de là ?) et me suis rendu compte que je ne l’avais pas fait depuis très longtemps et que j’étais un gros con. Je la voyais tous les deux ou trois mois mais c’est tout.

Du coup, j’ai appelé Odette, tiens !, vers 13h30. Patrice m’avait appelé vers 11h30. Yann (j’en reparle plus loin) à 10h45. Je vais devenir une vraie pipelette, moi. Sans compter les SMS avec les quelques potes…

J’ai un peu discuté avec Seb Musset dans Facebook (et d’autres copains). Lui aussi tient son canard. Je me demande s’il ne fait pas encore plus long que moi… Comme quoi, les réseaux sociaux sont quand même importants pour vaincre l’isolement. C’est bien ce dernier qui pèse, pas l’ennui. On s’occupe toujours…

Le week-end prochain sera long : c’est Pâques. Mais on sent venir le déconfinement partiel pour un peu après, au moins dans quelques régions. C’est un peu l’avis des copains (qui s’y connaissent largement aussi peu que moi) et c’est ce qu’on ressent en lisant les journaux. Il encore laisser respirer l’hôpital quelques jours… Disons deux semaines. Si j’ai bien compris nous aurons développé une immunité mais il faut encore plus de gens chopent le virus pour améliorer la « couverture ». Le déconfinement est nécessaire pour qu’une partie conséquente de la population soit immunisé et que le virus cesse. Il y a beaucoup de polémiques, donc, sur la nécessité de ce confinement. Le gouvernement fait tellement de conneries qu’on dirait qu’il a confiné par erreur. Je ne crois pas. Je n’en sais rien.

La première connerie (mais je crois que je radote et l’ai déjà dit dans mon billet d’hier) est la communication. Ils nous ont dit que les masques ne servaient à rien surtout qu’on les portait mal mais ils disent maintenant que c’est recommandé. C’est extrêmement maladroit et toute confiance a disparu. Je pense et j’espère qu’ils vont le payer cher même si leur stratégie, que l’on devinait la bonne dès le début (un ou de mois à rester à la maison) s’avère la bonne. Ils n’avaient qu’à le dire. Déjà, dès le départ, c’était mal entamé. Macron qui fait son discours le jeudi, Philippe qui annonce la fermeture des bistros le samedi et Macron qui nous dit le dimanche qu’on sera confinés. C’était pas plus simple de dire dès le jeudi « Bon, les gars, ça va chier, on va mettre en place le confinement dès lundi soir pour une durée de quatre à six semaines et arrêter toute l’activité économique non essentielle, les commerces alimentaires resteront ouverts, ce n’est pas la peine de faire du stock de PQ, imbéciles. Il faut que les masques soient utilisés par les soignants puis par les lascars qui bossent dans des activités essentielles mais après, quand le coup de bourre sera terminé à l’hosto, vous pourrez sortir, avoir des masques,… » ?

Denis parle de ça, aussi, et explique toute l’incompétence de ce gouvernement. Il ne tient pas de « journal », contrairement, par exemple, à Hiéléna, qui, comme moi, se pose des questions. A quoi bon écrire si on n’a rien à dire ?

Je remets progressivement à jour mon agrégateur de flux et ma bloguerolle, avec des gens comme elle, le Petit bonhomme, Il y avait eu l’arrêt de Google Reader qui m’avait fait perdre plein de blog sans compte que j’avais moi-même bien diminué ma fréquentation de la blogosphère. C’est plaisant de retrouver les copains…

Je ne fais pas que ça, jouer, lire, bloguer, je pense aussi beaucoup à mes copains patrons de bistros, aux serveurs et à tous ceux au chômage technique. On est dans une crise sanitaire mais elle va se poursuivre par une crise économe (pas nécessairement énorme ou durable, je pense que les Etats vont larguer de l’oseille) et, surtout, une crise sociale pour ceux qui n’auront pas eu de revenus pendant deux mois, qui auront des loyers en retard, ce qui n’auront vu personne de la famille pendant longtemps, ceux qui auront à faire le deuil des disparus de la crise, ceux qui auront une nouvelle vie à mettre en place, ceux dont l’employeur aura fermé boutique, ceux qui auront fermé boutique,…

Sans compter les andouilles comme moi qui devront se réhabituer à la bière et aux transports en commun. Tiens ! Ma boîte aurait dû déménager en juin (ce n’est pas très loin des anciens bureaux mais ça ne m’arrange pas. A la limite, je mettrai moins de temps mais avec deux  changements en plus : deux métros remplacés par un bus, un tram et deux RER). Je suppose que l’opération sera reportée à la rentrée.

Notons qu’avec la période actuelle, ça parait surréaliste de penser qu’à un moment, il faudra que je prenne un bus jusqu’à porte d’Italie, le tram jusqu’à Cité Universitaire, le RER B jusqu’à Chatelet et le RER A jusqu’à Nanterre Préfecture.

Revenons sur terre. Après déjeuner, j’ai essayé de faire la sieste. Rien à faire. Du coup, je suis allé prendre le soleil, dehors. J’ai compté, il y a 105 pas entre pas la sortie de l’immeuble et le trottoir de la Nationale. J’ai fait deux fois l’aller-retour. Soit 420 pas. On va dire que j’ai fait 300 mètres. Sans cette attestation débile. Je dis bien débile car elle n’est composée que d’un verbiage administratif très chiant à recopier. En plus, Patrice m’a dit que l’entrée du parking de chez Leclerc donnant sur la place piétonne où j’habite, je pourrais facilement faire des courses sans m’en munie. Elle est débile aussi parce que des gens qui ont une imprimante pourraient sortir quand ils le veulent ne serait-ce que pour acheter une bière. Tous les gens qui se sont fait verbaliser auraient pu passer au travers avec un simple bout de papier. Elle n’est pas dissuasive sauf, peut-être pour des imbéciles. Je n’abuse pas des sorties pour trois raisons. 1. Je ne veux pas chopper le truc. 2. Je ne veux pas contaminer quelqu’un si je l’ai. 3. Même si je doute de plus en plus de la stratégie du gouvernement, on ne peut que respecter les consignes parce qu’il est quand même conseillé par des gens plus compétents que moi et il faut faire preuve de solidarité nationale. Respecter les consignes, quoi !

Cet après-midi, j’ai préparé des échalotes confites pour ce soir. Une idée que j’ai eue pour mon repas de demain alors je vais goûter. J’ai regardé Internet et ils y a des conseils contradictoires. Certains affirment qu’il faut du sucre en poudre. D’autres estiment qu’il n’en faut surtout pas. D’autres sont péremptoires : il faut du vin blanc, non ! il faut du rouge, surtout, il faut du vinaigre balsamique. Du beurre ! Non, de l’huile. Il faut laisser cuire longtemps, non ! Il faut arrêter quand l’eau qu’on aura ajoutée sera évaporée. Il faut faire dorer les échalotes dans la matière grasse avant d’ajouter le liquide. Mais non, il faut mettre l’eau tout de suite.

J’ai donc improvisé. On verra à l’autopsie. J’ai mis dans une casserole de l’huile, du beurre, du vinaigre balsamique, du poivre. Pendant ce temps, j’ai épluché les échalotes et les ai coupées en gros morceaux. Quand le beurre était fondu, j’ai mis les échalotes dans la casserole, j’ai laissé un peu puis réduit « le gaz ». J’ai attendu un peu et j’ai mis deux verres d’eau. Je vais laisser cuire une bonne heure à feu très doux non sans goûter de temps en temps. Et s’il faut, il y aura une deuxième heure et j’ajouterai de l’eau.

Non mais sans blague. Je vous raconterai en commentaire. Pour l’instant, au bout d’un quart d’heure de cuisson, ça semble parfait.

04 avril 2020

#Confiné Jour 19 - De la plume pour le masque


De l'urgence du déconfinement
En ce soir du dix-neuvième jour de confinement, on peut le dire avec une certitude bon enfant : nous en sommes à la première moitié du troisième week-end. On va pouvoir dire que le temps passe presque vite. Je n’ai pas vu passer ces quatorze jours de travail à la maison et ces cinq jours de glande. Si je les compte, ce n’est que pour le dire. Ça m’amuse toujours de plus en plus comment on peut prendre de nouvelles habitudes, de nouveaux rythmes. On le constate notamment au fil des discussions que l’on peut avoir avec des gens qui racontent la même chose : ils s’adaptent.

Je ne vais pas trop en parler sauf au travers de deux petits exemples, le premier est que j’ai arrêté le café et que je ne déjeune plus le matin. Je ne déjeunais déjà plus que lors de mes séjours en Bretagne mais, la semaine, je prends au moins un café en arrivant au bureau et un après le repas, voire un autre vers 16h. Là, presque trois semaines sans café. Et sans bière, d’ailleurs. Le deuxième est que ça fait plusieurs jours, vers 16 heures, où j’ai envie d’un encas alors que je ne prends plus de dessert le midi. Aujourd’hui, j’ai craqué. Tout est sûrement lié mais je n’arrive pas à tout piger.

A midi, j’avais un rendez-vous téléphonique avec une copine des réseaux sociaux que j’avais rencontré, dans la vraie vie, lors des meetings de François Hollande en 2012 et qui était venue deux ou trois fois à la Comète depuis. On a papoté une bonne demi-heure. Cela fait partie des nouvelles habitudes que j’apprécie. Prendre rendez-vous pour se causer pour éviter, ainsi, de prendre le risque de déranger l’autre. Je procède ainsi, pour le travail, depuis longtemps. Et même pour les aspects personnels, j’essaie de téléphoner à heure fixe, quand je peux, pour les conversations badines. Ainsi, ça fait des années que j’appelle ma mère entre 18 heures et 18h30, tous les deux à quatre jours en période normale et tous les jours en cas de maladie… ou de confinement. Toujours est-il que c’est la première dois que je discute aussi longtemps avec une personne depuis le début du confinement.

Vers 16 heures, j’ai profité de la nécessité de sortir les poubelles pour aller prendre le soleil, dehors. J’ai croisé un voisin, un type plus âgé que moi d’une vingtaine d’années peut-être que je connais depuis que j’habite là (25 ans). C’était la première fois (beaucoup de premières fois, aujourd’hui) que nous avons une vraie discussion, même si elle n’a duré que quelques minutes. C’est la première fois que je discute au-delà des formules de politesse avec quelqu’un « de visu » depuis ces presque trois semaines.

Il m’a appris que les flics avaient collé une amende à la gardienne parce qu’elle avait sorti les poubelles sur le trottoir de la nationale sans être munie de l’attestation ! On marche sur la tête. Le gouvernement devrait revoir ça. On devrait avoir le droit d’être à 200 mètres de chez soi sans avoir à remplir un papier et les policiers devraient faire preuve d’un peu plus de discernement. Une dame qui pousse des containers dans la rue dans un quartier comme le nôtre ne le fait pas par plaisir !

A propos de déconfinement temporaire, il y a deux informations. Je parlais de la première hier : une application sur smartphone sera bientôt disponible pour remplacer l’attestation. Elle est bien moins dangereuse que je ne le pensais. Il n’y a pas de base de données centralisée. J’appelle néanmoins tous les gens qui ont une imprimante à ne pas l’utiliser dans un premier temps (seulement, le temps de voir venir). Je n’ai pas d’imprimante…

La deuxième est que le port du masque devient recommandé, ce qui est logique, mais met à mal toute la communication du gouvernement qui expliquait jusqu’alors qu’il ne servait à rien sauf pour les soignants. Ce sont vraiment des ânes. Cela aurait été plus simple de dire qu’il n’y a pas les stocks suffisants et qu’ils sont réservés aux soignants puis aux gens qui travaillent. Cette fois, ils avouent ouvertement qu’il ne faut pas les croire.

Pour ma part, je me demande où on va pouvoir en acheter… C’est un vrai sujet et j’en débattais aujourd’hui dans Facebook.

Ce port du masque laisse entrevoir un espoir de sortie du confinement mais ne nous emballons pas. A part certaines professions, on ne peut pas s’organiser avec ce machin. Je vais faire comment pour manger à la cantine si je dois porter un masque ? Et répondre au téléphone ? Et surtout boire une bière ? Donc la réouverture des bistros n’est pas pour demain. Ou alors, il faudra organiser des tours de picole. « Hé ! Roger, c’est à toi d’enlever ton masque pour boire une gorgée ! » « Marcel, n’oublie pas d’aller fumer cigarette, ça va être le tour de Maurice. » J’imagine s’il faut déployer des flics pour vérifier que les consignes sont bien respectées.

Un déconfinement ne pourra être possible que quand on aura des tests fiables et des médicaments qui fonctionnent un peu.  Ça viendra. Gardons le moral.

Le voisin que j’ai croisé m’a dit que j’avais bien maigri. C’est le constat que je m’étais fait. Il y a sans doute une conséquence des trois semaines sans bière mais aussi le fait que je ne mange pas trop alors que, en temps normal, je peux être une espèce d’ogre. Je me force à ne pas finir les plats, à ne pas préparer des quantités gargantuesques,… Je ne bouffe presque plus de patates. Je ne mange plus d’entrées, de pâtisseries,… Un plat, un laitage, deux fois par jour, et basta !

Néanmoins, je viens d’effectuer un troisième virage alimentaire en trois semaines. En début de confinement, j’avais acheté des barquettes de plats préparés à réchauffer au microonde. Celle que j’ai l’habitude d’ingurgiter le soir quand j’ai fait un vrai repas le midi. Peu après, j’ai commencé à acheter des trucs que j’aime bien « cuisiner » (des rizottos, des sautés voire des salades de pâtes). C’est aussi lassant (préparer pour une personne, ne pas avoir les conditions et tous les ingrédients pour le faire). Du coup, hier, j’ai acheté des produits que je n’achète jamais, rien d’original (ce midi, escalope de veau avec des pommes dauphines surgelées ; ce soir, salade de pâtes au chèvre avec du jambon et des échalotes. Et un peu d’ail pour faire fuir le covid).

Je n’ai pas trop regardé l’actualité coronavirussienne aujourd’hui mais j’ai vu qu’il y avait eu une espèce d’attentat islamiste ce qui prouve que le virus n’arrête pas les cons. Néanmoins, devons-nous plaindre les terroristes ? Le confinement empêche les attroupement et rend difficile les massacres de masse.

Un dernier détail. Hier, j’ai fait un peu de marche, la première fois depuis longtemps. Du coup, le soir, j’étais épuisé (et aujourd’hui j’ai un peu mal aux guiboles) et je me suis couché encore plus tôt que d’habitude (ne regardant jamais la télé, il m’arrive fréquemment d’aller au pieux vers 21 heures s’il n’y a pas bistro). Je me suis donc réveillé très tôt, genre cinq heures. A 7h, malgré le week-end, je me suis mis au boulot. A 11h15, j’ai reçu un message de mon directeur (qui était un simple collègue de bureau il y a quinze ans, nous avons des relations amicales, d’autant que je le connaissais déjà avant). Il m’a dit : « ça va ? Qu’est-ce que tu fais, connecté un samedi ? » Microsoft Teams a un côté big brother ahurissant. Je lui ai répondu : « et toi ? » (puis nous avons papoté cinq minutes).

Parmi nos décideurs, il faudrait prendre en compte plus sérieusement le cas des gens en télétravail (je veux dire ceux qui ont la chance de pouvoir l’être, je demande donc un privilège supplémentaire, j’en suis pleinement conscient mais, cela étant, je passe mes journées seul à la maison). En principe, avec les RTT, on a 39 heures à faire par semaine (c’est plus compliqué que ça, on a les RTT et je suis cadre au forfait), disons 40. En confinement, ne pourrions-nous pas faire six heures par jours, sept jours sur sept ? Cela changerait quoi ? Et le week-end prochain, pour Pâques… Ne pourrions-nous pas officiellement bosser et  gagner un jour de RTT à prendre dans l’année ?

C’est trop tard pour sortir pour acheter un masque ? Aussi bien, demain, il sera obligatoire d’avoir un masque pour sortir acheter un masque… Ils sont cons.

03 avril 2020

#Confiné Jour 18 - Un tour à Tolbiac

ibis Paris Italie Tolbiac, Paris – Tarifs 2020
Destination aléatoire

Ce dix-huitième jour est à marquer d’une croix dans le calendrier. Dûment muni de mon attestation dérogatoire, j’ai fait ma première promenade pédestre depuis des années. C’est assez plaisant d’avoir l’Avenue de Fontainebleau au Kremlin-Bicêtre et l’avenue d’Italie pour soi. Je n’étais pas seul, entendons-nous, mais il n’y avait pas les éternels badauds, les vendeurs à la sauvette, les vendeurs pas à la sauvette.

J’ai fait deux kilomètres et demi, en tout. C’est la première fois que je dépasse les 300 mètres depuis le début du confinement et, en déconfinement, je fais le strict nécessaire, genre aller du boulot au bistro, du bistro au métro, du métro au bistro et du bistro à chez moi.

Au retour, je me suis arrêté devant la Comète et regarder par la vitre. C’est étrange, le bar était comme d’habitude quand il est fermé, prêt à ouvrir pour le matin. Les serveurs avaient été prévenus le samedi soir que le bar était ouvert. Ils ont fait le tout dans la précipitation et ont agi par réflexe. Par exemple, ils ont mis les pots avec le sucre sur le comptoir. Comme si c’était utile ! Après un mois ou deux de confinement, il faudra refaire le ménage complet, désinfecter et tout ça. Ça me  semble d’autant plus bizarre qu’il y aurait dû y avoir un changement de gérance le premier du mois mais l’affaire a évidemment mise en suspens. Je ne sais donc pas qui sera au comptoir lors de la réouverture.

J’ai découvert des choses dans mon quartier où il y a plein de commerce, je ne faisais pas attention. Là, seuls les commerces alimentaires étaient ouverts et j’ai pu les regarder. Par exemple, j’ai vu une boucherie charcuterie alors que j’étais persuadé que toutes les boucheries du coin étaient halal.

Le plus drôle est que j’ai oublié de faire mes courses. Ça va me coûter une nouvelle attestation à écrire et une deuxième sortie de la journée moi qui m’étais juré de ne pas passer plus de deux fois par semaine sur l’avenue.

Hier, je parlais de la rumeur de la mort de l’ancien maire du patelin. C’était bien une fausse nouvelle, heureusement. Son épouse a fait un communiqué vu que des andouilles l’ont appelée. Ce n’est pas malin. Il est « seulement » à l’hôpital, touché par le COVID.

Côté boulot, ça va à part de nombreux problèmes techniques. Ce matin, par exemple, j’arrivais bien à accéder à internet au travers des applications (Teams, Outlook,…) mais il m’était impossible d’aller sur l’intranet ou un site web avec Chrome ou IE (et je n’ai que ça). Ces incidents sont dû à ce Covid (il  y a plus de gens en télétravail et les équipes ont dû livrer des portables, augmenter la capacité des tuyaux).

A propos de Teams, que je découvre de plus en plus, je suis assez épaté des performances de la chose. Par contre, beaucoup de collègues l’utilisent comme un outil de conversation instantanée soit avec toute l’équipe ce qui fait qu’on s’y perd. Je dois recadrer les gens un par un. Et les outils de partage de document (par exemple, une feuille Excel que l’on modifie à plusieurs en même temps).

Hier, j’évoquais la rumeur de l’ancien maire de la ville. Une copine fiable m’a appelé pour m’informer pour me le dire alors qu’elle tenait ça d’une personne fiable et bien placée à la mairie. J’ai appelé un copain bien renseigné qui venait d’apprendre « l’information » par des gens… fiables dont une copine commune qui bosse à l’agglomération. J’en ai parlé à ma mère qui n’était pas au courant et ses copines non plus. J’avais un gros doute puisque je ne trouvais pas une seule dépêche d’un canard local mentionnant ce fait. Le copain a fini par m’appeler pour me dire que c’était faux, finalement, puis m’a envoyé un SMS, ce matin, pour me dire que c’était vrai. J’y repense à 15h15 et je vois une dépêche de 15h15 (le hasard est grand et Google News est rapide pour mettre à jour ses index…) reprenant les propos de l’épouse de l’ex qui démentait formellement et était « énervée » par ses rumeurs (la pauvre, aussi bien des gens n’ont pas arrêté de l’appeler pour présenter des condoléances.

Le confinement m’interroge de plus en plus (pour vous dire, il m’a téléphoné pour m’interroger). Quand on va sortir, le virus sera encore là. Le gouvernement ne va pas nous imposer de rester à la maison. Donc on aura de nouveaux malades et un nouveau confinement. Ca pourrait durer assez longtemps, jusqu’à ce qu’une forte population ait des défenses immunitaires contre ce truc qui ne pourra plus se propager. J’imagine que ça dure jusqu’à la fin de l’année. Confiné 3 semaines. Déconfiné deux semaines, confiné à nouveau trois semaine et ainsi de suite. C’est d’une gaité. Heureusement que je n’y connais rien et rigole presque de mon propre avis.

Ou alors, ils vont faire une déconfinement alternatif. Les semaines paires sortent ceux qui sont nés un jour pair ou un truc comme ça. On n’a pas fini de rigoler.

Plus sérieusement, j’ai vu qu’ils allaient faire une application sur iPhone. On sera obligés de se déclarer sur un site web du ministère et la marée chaussée pourra vérifier avec un QR code. Les gens se réjouissent mais j’ai du mal à avoir un avis. D’une part, ça revient à obtenir l’autorisation d’un serveur du gouvernement (alors que l’attestation est un truc sur l’honneur : je jure de ne pas faire le con), c’est bien autre chose, et, d’autre part, c’est l’introduction d’un flicage généralisé. Je ne suis pas parano ou complotiste mais je regarde toujours ces machins avec circonspection.

J’ai donc fait une deuxième sortie pour faire des courses. Rien de particulier à signaler sauf qu’il y avait beaucoup plus de monde aux caisses automatiques que les trois ou quatre fois où je suis allé depuis le début du confinement mais moins de gens de le magasin. Cela vous intéresse sûrement.

Et j’ai oublié le beurre. Il va falloir faire la cuisine à l’huile. Je ne déteste pas non plus. Pendant des années, j’ai cuisiné à l’huile puis je me suis lassé et j’ai repris du beurre ; voilà enfin un propos intéressant dans ce « journal » fleuve. 

Ce qui me fait penser qu'il y a une affiche "changement de propriétaire" sur "l'épicerie fine restaurant" en bas de chez moi. Le changement, c'est maintenant. 

02 avril 2020

#Confiné Jour 17 - Loudéac 1 - Bicêtre 0

Un billet de 17ème jour de confinement un peu bâclé ce soir. Figurez-vous que j’ai terminé le boulot à 19h45 au lieu de 18h 18h30 lors des précédents confinades. Ou confitudes ?

En début d’après midi, « on » m’a envoyé un message pour me dire que l’ancien maire du bled a passé l’arme à gauche à cause du Covid. Il était peu apprécié par les milieux de gauche donc j’ai cru à une rumeur. Ce soir, j’ai appelé un pote âgé. Il confirme. La nouvelle me laisse dans un sentiment bizarre si tant est qu’on puisse être dans un sentiment. Je ne l’aime pas. Je ne l’ai vu qu’une fois de près et je connais un de ses fils qui fréquente le même bistro que moi. En fait, c’est le type mort du coronavirus dans mon entourage élargi. Politiquement, je l’ai combattu, certes. Mais quand même. 

Côté boulot, j’ai tellement peur de m’emmerder à la maison que je me fixe les 12 travaux d’Hercule. Je le disais l’autre jour, mon job est passionnant parce qu’il permet de préparer des nouveaux projets, parfois quatre ou cinq ans avant qu’ils ne viennent aux vieux du grand public mais en pleine confinitude, tout le monde s’en fout. Mes patrons banquiers s’inquiètent plus de savoir s’ils vont pouvoir distribuer le RSA demain que d’autres joyeusetés du futur. Ça m’occupe quand même un peu, je l’ai dit aussi. Il faut faire évoluer nos machins en urgence pour que les gens puissent acheter à bouffer ou des masques. Voire des bouteilles de pastis, ils font bien ce qu’ils veulent mais il faut qu’ils aient un minimum de pognon. 

Ces douze travaux d’Hercule sont en gros les trucs qu’on repousse au lendemain parce qu’ils sont chiants (ce n’est pas de la procastination - comment ça s’écrit, ce truc ? - parce qu’on sait qu’on le fera dans les délais, qu’on n’a pas la flemme mais on n’a pas tous les éléments dans le crâne pour passer à l’acte). Ils sont chiants et volumineux. J’en suis au troisième, je crois. Le deuxième c’était hier ou avant hier (je m’y mets quand je n’ai pas de réunion à mon agenda ; j’en avais une aujourd’hui mais mon agenda a bugué -je parle en novlangue - mais ça veut dire que j’ai effacé une invitation que j’avais acceptée). 

Aujourd’hui, mon troisième travail d’Hercule était de faire le point sur tous les projets dont j’avais demandé la validation (ça coute du pognon, aussi !) qui avait été accordée. Près de 60. J’ai décidé de le faire par hasard ce matin alors que je préparais un mail à un fournisseur pour le relancer. Je le suis dit : ce n’est pas que lui qui est concerné, le pauvre, il faut que je fasse une démarche exhaustive. C’est ainsi que j’ai bossé non stop (hors 10 minutes pour bouffer) de 9h30 à 19h45. Ce qui fait en gros 10 heures de boulot, alors que ce matin, au réveil, je me demandais ce que j’allais pouvoir branler. 

A part ça, je continue à tester des trucs électroniques pour mes conditions de travail. Par exemple, les hashtag ne fonctionnent pas dans Teams. Autre exemple : mon forfait mobile du bureau étant assez limité, je teste ses capacités pour savoir si en cas de confinement prolongé mon abonnement personnel pourrait tenir. C’est ainsi que depuis hier matin, mon PC du boulot et mon iPhone sont connectés en wifi sur mon portable pro. Pour voir. On marche sur la tête. Une conséquence du confitionnement !

Je n’ai pas regardé l’actualité aujourd’hui sauf pour vérifier la mort d’un type. Je n’y ai rien trouvé. 

01 avril 2020

#Confiné Jour 16 - des réseaux sociaux et des blogs


Explorez l'Histoire avec les journaux d'autrefois ! : Femme ...Ce quinzième jour de confinement voir sortir le journal de mars de Didier Goux et les blogueurs qui tiennent un journal, comme moi, prennent cher ! Il est vrai que nous n’avons pas grand-chose à dire et notre extase devant une queue de supermarché a assez peu d’intérêt. Je trouve néanmoins tout cela sympathique d’autant que des blogs que l’on croyait morts se réveillent. Comme au bon vieux temps, avant que les réseaux sociaux n’apparaissent.

A sa décharge, Didier n’a pas de compte Twitter ou Facebook. Twitter est devenu inintéressant au possible (du moins, pour moi ; il y a, en revanche, beaucoup de gens qui s’y complaisent). Il y a trop peu de dialogues, de trucs originaux. Les gens croient faire des vannes dans les commentaires qu’ils font aux articles qu’ils partagent alors que, souvent, ils n’ont lu que le titre.

Facebook est bien différent. Il n’y a pas assez de différence entre les gens qu’on connaît réellement et les types pour lesquels on a accepté une « demande d’ami ». Par contre, Facebook a un avantage sur Twitter qui n’a que des messages alors que Facebook a des publications, chacune avec des commentaires et des réponses aux commentaires. C’est beaucoup plus proche des blogs, en fait. Et ça me fait plaisir d’avoir des nouvelles des gens que je connais…

Pour les blogs et les « journaux de confinement », je trouve ça sympa car je connais assez bien les blogueurs. C’est comme si on échangeait entre nous sur le thème : « et toi, tu confines quoi ? »

Toujours est-il que Didier ne va pas dans ces machins et ne sait pas la chance qu'il a de n'avoir que les blogs à supporter.

Rien à signaler dans l’actualité à propos du covid. J’ai vu une information qui n’a rien à voir (une évolution des produits Microsoft de bureautique) et qui n’intéresse probablement que moi. Et quelques canulars du 1er avril (comme celui du point qui dit que le Tour de France se déroulera en Corée du sud).

A part ça, il me faut bien parler de ma journée. Elle fut normale. Mais confinée. Et je dois ajouter : ça me gonfle de plus en plus de faire de la cuisine pour une personne. Ca ne me fait pas ça quand je le fais sans obligation…


Rappelons à Didier Goux qu'il vit quasiconfiné en permanence et qu'il tient un journal (publié chaque mois) avec un tas de détails indispensable. Tiens ! L'autre jour, il a fait la révision de sa voiture de bobo.

31 mars 2020

#Confiné jour 15 - choucroute et Macron


Excellente journée de télétravail, ma foi… La quinzième du confinement. J’avais une appréhension, ce matin, quand j’ai vu mon agenda : j’avais une seule réunion de planifiée entre 10 et 11 heures et tous les collègues habituels étaient en réunion. La journée allait être longue… Quelqu’un m’a ajouté une réunion à 14h. Joie… Puis l’a supprimé une demi-heure après. Horreur !

Déjà, je m’étais réveillé vers 4h (normal, je me couche toujours tôt quand il n’y a pas de bistro). J’ai trainé dans les actualités et les réseaux sociaux jusqu’à 5h. Et là, un coup de bourdon en voyant qu’allais devoir attendre pendant cinq heures pour parler à quelqu’un. En fait, je me suis rendormi de six heures à neuf heures ou presque. Quasiment à la bourre si j’avais dû aller au bureau.

Alors, vers midi, je me suis décidé à réchauffer une choucroute (sous vide achetée chez Leclerc). J’en ai profité pour faire la vaisselle (qui s’entassait depuis jeudi, je crois). La choucroute était excellente, la meilleure depuis plus de dix ans, je pense (depuis que je ne déjeune plus dans des brasseries dans Paris). Ce qui me manque, côté bouffe, depuis le vendredi d’avant le confinement, ce sont les entrées et les desserts. C’est toujours chiant de faire quelque chose pour une personne (et la cantine du bureau était très bien, originalité, variété,… Sauf pour la choucroute).

Je suis allé faire la sieste, immédiatement annulée car j’ai eu une idée : un truc qui me trotte dans la tête depuis des semaines, pour le boulot, ce qui m’a occupé de 13 à 18 heures, en plus de deux coups de fil sur mon téléphone professionnel.  Vous me direz que cela n’a aucun intérêt (sauf le fait de discuter avec des vrais gens) mais il y a une anecdote. Depuis que j’ai ce téléphone professionnel, à peu près 18 mois, j’ai reçu trois appels. Tous les trois au cours de ces quinze jours. Même des collègues avec qui je communique sur mon 06 personnel habituellement, se sont mis à utiliser les moyens officiels. Ce qui est d’autant plus con que les gens de mon équipe m’appellent maintenant par Teams.

Comme les autres jours, je ne vais plus voir l’actualité avant de rédiger la fin de mon billet du soir. Rien d’intéressant. Emmanuel Macron est grotesque. Il appelle à construire l’après en produisant en local les trucs essentiels alors qu’on sait bien que la vie reprendra comme avant et qu’un sous-secrétaire d’Etat finira par dire que c’est idiot de stocker des casques périssables alors qu’on peut mettre rapidement la machine en marche. Ou un ministre commandera à nouveau des vaccins inutiles et sera la risée des réseaux sociaux. Commençons déjà par sortir de cette crise sanitaire et à préparer le « juste après » sans s’occuper des tournures que pourront prendre la politique et l’économie dans un an.         

D’ailleurs, on voit beaucoup de types de gauche dans les réseaux sociaux qui s’imaginent que le système va changer. Ils se trompent probablement. D’ailleurs, je crois bien que je le disais hier. Je radote avec ce journal. Preuve en est : Darmanin vient de lancer un appel au don. Ca équivaut à peu près à un arrêt de la solidarité nationale.

Les cotes de popularité de Macron et Philippe s’envolent (dans le tableau de bord Ifop pour Match) et je vais manger des tagliatelles au saumon ce soir. Les jours se suivent, se ressemblent, ne se ressemblent pas... Demain, j'ai quatre réunion à 10 heures... 

30 mars 2020

#confiné Jour 14 - Rien à signaler

Le temps qui passe | franckferdinand
Temps qui passe

Ce soir, 14ème jour du confinement, j’ai appelé ma mère confinée dans sa chambre de la résidence de retraite. Depuis aujourd’hui, ils n’ont plus le droit d’aller faire un tour dans le jardin. Elle ne voit donc personne à part les aides-soignantes  et n’a pas de nouvelle à donner. C’est un peu comme moi, dans ce « journal du confinement ».

J’ai survolé l’actualité, ce soir. Les nouvelles ne sont pas mauvaises. Il parait que le nombre de gens admis en réanimation devrait baisser au cours de la semaine et Jean-Luc Mélenchon  a dit qu’il fallait penser à la fin de ce confinement. Je ne prends pas ça au premier degré (je viens de recevoir un mail du maire de Bicêtre qui dit le contraire… et Jean-Michel Blanquer a dit que la réouverture des écoles sera peut-être après le 4 mai) mais il n’y a pas de mal à se faire du bien.

Je suis allé faire des courses, cette après-midi. Le personnel de Leclerc a enfin des masques. Il y avait beaucoup moins de monde que d’habitude alors que je pensais avoir choisi la mauvaise heure (cinq heures vingt), dans le magasin mais aussi dans la rue.

Le week-end a été long pour moi et pour tous les gens avec qui j’ai été en contact. Ce n’est pas qu’on s’ennuie (on lit, on joue,…) mais on l’impression de ne faire qu’attendre le prochain moment de la journée (le déjeuner, le dîner, l’heure de se coucher,…). Pour ma part, je suis décalé (peut-être un effet du changement d’heure). J’étais réveillé très tôt ce matin, j’ai déjeuné plus tard que d’habitude et il a fallu que je fasse une sieste express.

La journée de travail a été calme. Je le disais l’autre jour, j’ai du boulot « fluctuant ». A la limite, si j’avais été au boulot, je me serais fait chier. Aussi bien, demain, je vais faire douze heures de travail…

Ce soir, on a un « after téléwork » avec les collègues. Pourquoi pas ?


29 mars 2020

#confiné Jour 13 - Tout est politique ?

Les horreurs de Hiroshima sont la preuve qu'on ne sort pas ...
Il faut reconstruire.

En ce treizième jour de confinement, on va se dire que touche à la fin de la deuxième semaine vu qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien. J’admire les copains qui, comme Elodie et Seb, continuent à faire des billets politiques sur le thème du confinement. Il faut voir la cause de la pandémie (une andouille qui a sodomisé un pangolin dans une soupe de chauve-souris ?), la cause de la crise et de la mauvaise gestion passée du système de soin en France), la gestion de cette crise, le médicament miracle qu’on n’a pas le droit de prendre, la gestion de l’après avec la fin de la mondialisation galopante et je ne sais plus quoi.

Treize jours sans boire de bière.  Encore deux semaines. Voire quatre, voire plus. Encore que… Je ne vois pas pourquoi le méchant virus déciderait de retourner subitement dans le trou du cul de son pangolin et nous lâcherait la grappe au point qu’on puisse sortir et rencontrer à nouveau des cons dans des bistros. On nous dit dans Facebook que les courbes sont encourageantes (on nous le disait il y a deux jours pour celles de l’Italie mais la tendance est repartie à la hausse, comme si le virus avait fait la trêve le vendredi) mais qu’en sera-t-il quand on sortira ? Le premier ministre nous dit que le pire est à venir pour les quinze prochains jours mais le déconfinement ne sera-t-il pas terrible ?

Ce qui m’amuse le plus est quand je vois des prévisions optimistes sur une nouvelle donne économique après l’épidémie. On voit des avantages à la situation actuelle avec une belle chute de la pollution à l’échelle mondiale et ne voilà-t-il pas quelques imbéciles heureux qui s’imaginent qu’on en tirera toutes les leçons et créeront un monde sans production mais qui finance des hôpitaux. Les gauchistes se réjouissent de l’arrêt du versement des dividendes comme si, à vie, tous les bénéfices des entreprises allaient être captés par l’Etat pour lui permettre de redistribuer. Comme si des individus allaient arrêter d’investir dans l’économie pour faire du profit mais uniquement pour faire du bien…

Denis est persuadé que la politique actuelle favorise la montée de Marine Le Pen, ce en quoi il n’a pas entièrement tort mais je ne la vois toujours pas au pouvoir. Qui pourrait prétendre qu’elle a la moindre compétence pour gérer ce gros bordel ? Qui pourrait lui faire confiance, lui accorder un vote d’adhésion plus qu’un vote de protestation contre les autres locdus ? D’autres s’imaginent que c’est la fin de l’Union européenne comme si notre brave Europe était responsable du pauvre Chinois qui mange du pangolin…

Rien ne changera réellement. Le pognon va être déversé pour faire tourner la machine et on nous expliquera ensuite qu’il faut rembourser. Pendant quelques années, nous feront preuve d’empathie et de fraternité en se rappelant l’époque où plusieurs milliards d’andouilles étaient confiné même qu’il ne faut pas que ça recommence, hein ! Et on oubliera, les années passeront, les populistes resteront aux aguets.

Et on continuera à refaire l’histoire. Roselyne Bachelot avait raison d’acheter des vaccins et des masques, qu’on commence à nous dire, sans même se remettre dans le contexte de l’époque. Nous sommes soixante millions de spécialistes de la Nivaquine et de l’entreposage de masques…

Accrochons-nous donc au présent, à l’amitié entre les gens et au rythme de la vie. Ce matin, avec le changement d’heure, je ne savais plus m’organiser. Fallait-il que je déjeune à 12h ou à 13h pour me caller. C’est con mais si la Comète avait été ouverte, je serais passé à table à 14h20, comme tous les dimanches, pour une raison essentielle : le cuisinier commence son ménage à 14h30.

Je me suis autorisé un apéritif (bon, deux…) pendant que ce qui ressemblait à du poulet cuisait. La première fois depuis toujours ou presque que je prends un apéritif à la maison un midi alors que c’est un rituel, le dimanche, quand je suis en Bretagne. C’est Jean-Michel qui m’a donné envie. Généralement, le midi, les week-ends, nous prenons l’apéritif ensemble à un comptoir du coin. Notre conversation a duré deux minutes. Rien à se dire.

On ne va quand même pas parler de politique ?

On va se dire que je ne connais, dans la vraie vie, aucun mort du covid-19 et que tout le reste n’est qu’accessoire.





28 mars 2020

#Journalduconfinement Jour 12 - Un Kremlin des blogs !


Pour cette douzième journée de confinement, je n’ai rien fait à part organiser un apéritif avec les copains blogueurs ou ancien blogueur et c’était bien sympa, ma foi ! Merci à Sylvie, Brigitte, Annie, Gaël, Denis et Jean (qui n’avait pas de micro)… Tous, ça fait plus de 10 que je les connais. Peut-être 12 ou 13.

On a bien sûr parler du coronavirus, assez peu de nos vie, beaucoup de l’ambiance dans nos quartiers réciproques..

Pour le reste, je suis resté à glander sur mon lit en jouant avec mon iPhone.

Je ne regarde plus l’actualité. Je suis allé voir ce matin au cas où et je viens d’y retourner avant d’écrire ce paragraphe. Il parait qu’Edouard Philippe a fait une conférence de presse et qu’il a dit que les 15 prochains jours seraient plus durs que les 15 derniers.

En fin de compte, je crois que je m’en fous.

27 mars 2020

#Journalduconfinement Jour 11 - Les affaires reprennent


France - Monde | L'argent liquide, espèce en voie de disparitionDans ce onzième jour de confinement, j’ai été happé par la crise sanitaire vu qu’elle est arrivée au centre de mon boulot. On est tous concernés par ce bordel. Certains doivent être en contact avec le public, maintenir la production. Nous, on a passé la première semaine à s’organiser tout en réglant les affaires courantes, affaires courantes qui ne changeait, jusqu’alors, absolument rien à nos missions sauf que certains collègues doivent être sur le lieu de travail alors que, nous, on peut rester en télétravail.

Un de nos clients nous a fait part, en début de semaine, d’un problème avec ses propres clients, du moins ceux qui ne peuvent pas aller jusqu’à nos machines, et nous a demandé de le résoudre, en tant que sous-traitant informatique. Pas de bol, c’est tombé sur mon interlocuteur qui s’est adressé à moi. En accord avec ma hiérarchie, j’ai répondu « ouh la la c’est compliqué et en plus avec le confinement on ne peut pas faire de mise en production, c’est trop dangereux et tout ça ». Il a dit « ah oui, je comprends bien. » Parallèlement, sa hiérarchie a « escaladé » auprès du directeur général qui a demandé aux directeurs variés de traiter le sujet sérieusement. L’adjoint du mien a récupéré le sujet. Ca devait être mardi ou mercredi et, entre chefs, ils ont décidé d’organiser la réunion avec tous les services ce matin mais l’adjoint a oublié de la planifier. Je l’ai relancé hier et, finalement, on a conclu que c’est moi qui m’en chargerai ce que j’ai fait immédiatement.

Ce matin, en rêvassant une heure avant le début, je me suis dit qu’en plus j’allais devoir me farcir le compte rendu de la réunion. J’ai donc commencé à le mettre en page ce qui était facile vu que j’étais absolument persuadé qu’il allait me laisser mener les débats ce dont j’ai absolument horreur. Ca fait 17 ans que je bosse dans la même direction que lui mais c’est la première fois que nous avons des « rapports hiérarchiques » (les autres chefs me connaissent…). Et j’ai appelé une collègue pour qu’elle m’assiste.

La réunion démarre, je fais un tour de table (nous étions 16 de cinq services différents) et lui passe la parole pour qu’il fasse l’introduction. Ca n’a pas loupé, à la fin, il m’a dit « je te laisse poursuivre. » Ce qui m’a navré c’est qu’il m’a intronisé ainsi responsable du projet alors que le gros du travail n’est pas dans mon équipe. C’est contraire aux usages…

Au milieu de la réunion, ça devenait un peu compliqué vu qu’on traitait d’applications qui ne sont pas de notre périmètre, il me dit : « au fait, Nicolas, je te laisse prendre des notes pour le compte rendu ». Quand va-t-il comprendre que je ne suis ni un chef de projet ni un organisateur mais un expert en un tas de sujets dont le montage applicatif de projets compliqués ? A sa décharge, en cette période, je ne suis pas le plus chargé vu que les temps ne sont pas à monter des projets… Sauf celui-là.

A la fin de la réunion, un lascar demande dans quels délais on doit faire le truc. Ce à quoi je lui ai répondu qu’on lançait la chose pour la période de confinement et qu’il faut donc qu’on soit prêts au maximum dans trois semaines. Il me dit : on ne peut pas avant juin. Je lui ai sorti : « bouge pas j’appelle le directeur général. »

Voila une journée bien remplie, sans compter les deux autres réunions.

Edouard Philippe a annoncé aujourd’hui une prolongation du confinement jusqu’au 15 avril. Au bureau, on table plutôt jusqu’au 15 mai. La deuxième semaine se termine (au onzième jour…). Officiellement, il en reste 3 mais sans doute 7. Ce qui va nous faire passer au moins trois jours fériés confinés. Il faudrait que ceux qui font du télétravail, puissent consacrer ces jours au boulot plutôt et les récupérer sous forme de RTT à prendre avant la fin de l’année. On serait peu à être avantagés mais tant pis. Désolé pour les autres.

A 15h40, j’ai été appelé par un pote. Il fallait absolument que je lui remette quelque chose. On a convenu d’un rendez-vous en bas de chez moi à 16h. La flemme de rédiger un laisser passer. Pardon, une attestation. Je suis descendu à 15h50. Comme il n’y avait pas grand monde je suis allé jusqu’au trottoir qui longe la Nationale 7 (en prenant bien soin de ne pas mettre les pieds sur le territoire public). Et je suis resté regarder pendant 10 minutes sans bouger, sauf pour m’écarter quand un quidam longeait de trop près les murs.

Les gens passaient. Quelques piétons, peu d’automobiles. On connait tous cette ambiance, maintenant. La frénésie au travail. La quiétude dans la rue.

Nous voila partis pour le deuxième week-end confiné.

26 mars 2020

#journalduconfinement Jour 10 - Sans patate


Résultat de recherche d'images pour "michel hidalgo"Belle journée de travail pour ce dixième jour de confinement. Putain ! 10 jours. 10 jours pendant lesquels je n’ai adressé la parole « de visu » qu’à trois personnes connues (la gardienne et deux voisins de longue date). Et encore, des formules de politesse banales. Heureusement qu’il y a le téléphone et les réunions de travail. Notons que ça ne me gêne pas plus que ça. Quand je passe des week-ends à Paris, il y a des jours où je ne parle qu’à des serveurs de bistro, parfois cons comme une bite, alors, hein…

Une autre routine est prise. C’est comme ça. Je m’imaginais, pour « l’après », décider de ne plus aller au bistro en semaine. Le patron de la Comète change et seuls trois serveurs restent dont un pour quelques mois. Le bureau va déménager dans un coin où je n’ai aucune habitude… Je ne m’en crois évidemment pas capable.

Je parlais d’une belle journée de travail. Dès le réveil me voilà à préparer une réunion pour l’après-midi. A 10h30, notre point d’équipe quotidien. 11h à 12h30, un workshop avec des clients sur un problème précis. De 14h à 16h un comité trimestriel avec les clients. De 16h à 17h, un comité mensuel avec un fournisseur. Le tout en audioconférence. Je ne plaisante pas. On dit bien « en audio » et pas « au téléphone ». On dit bien « point d’équipe », « workshop » et « comité ». Et encore, je suis le seul à ne pas mettre de majuscule à « comité ».

Ça me rappelle une instance interbancaire dans laquelle je bossais il y a une vingtaine d’années. Nous tenions tous les quinze jours des groupes de travail où nous évoquions plusieurs sujets. La direction a décidé de réorganiser toutes les relations entre l’institution et les banques. Nous avions alors le droit de faire des « groupes d’experts » (avec des majuscules, hein !) sur un sujet dédié avec uniquement des gens compétents et pas que des imbéciles ne connaissant rien et ayant pour seul travail d’aller à des réunions pour se montrer importants. Ça n’avait rien changé. Sauf qu’on avait des sujets officiels pour nos réunions. Comme le chef avait remarqué que je pouvais rapidement rédiger n’importe quoi sur n’importe quel sujet, il me confiait la rédaction des documents préparatoires (à l’époque, il n’y avait pas de mails, il fallait les envoyer par courrier une semaine à l’avance).

J’étais donc en réunion de 10h30 à midi et de 14 à 17h. Je n’ai presque rien fait en parallèle (à part surveiller les mails) sauf rédiger – recopier serait plus exact – mon attestation de sortie.

Et je suis sorti de 17h à 17h20 pour faire des courses. Les trottoirs sont toujours vides, des gens ont des masques, ils respectent les distances dans la file d’attente aux caisses mais pas dans le magasin. Un mal voyant (ou aveugle, c’est comme pour les « workshops » et les « comités ») m’a demandé où était vendue l’eau. J’étais bien emmerdé pour lui répondre.

10 jours, disais-je. Vous vous rendez compte ? 10 jours sans boire de bière, moi ! Et pire : 10 jours sans manger de pommes de terre. A propos de bouffe, je me suis fait une entrecôte, ce midi. Elle n’était pas bonne. Comme mon steak de l’autre jour. J’en ai conclu une chose : que c’est mon poivre qui est périmé. On est peu de chose. J’en ai donc acheté, tout comme de la moutarde pour mon sauté de porc de demain et du beurre par la cuisine à l’huile n’est pas adaptée à tout. Plus je confine, plus il me faut du beurre salé.

Ce matin, j’ai reçu un SMS d’Orange pour me dire qu’ils avaient des problèmes de consommation de téléphonie mobile liée au covid car trop de gens sont en télétravail ou s’emmerdent à la maison. Ils donnaient des bonnes pratiques que je vais respecter, surtout une : ne pas connecter mon VPN du bureau en permanence mais uniquement quand j’en ai vraiment besoin.

Ca me fera des vacances et me permettra de traiter les sujets de fond.

Quant aux actualités. Je n’ai pas regardé depuis ce matin. Dans mes mails, j’en ai un de la SNCF. Ils arrêtent les ouigo dès demain pour la durée du confinement et ont déjà réduit le trafic.

C’est tout ce que je sais. A part la mort de Michel Hidalgo.

25 mars 2020

#journalduconfinement Jour 9 - Rythme pris, c'est dommage !


Pour le neuvième jour du confinement, on peut dire que je suis loin d’être débordé, le mercredi.  C’est souvent pareil quand je suis au bureau. Mon travail comporte plusieurs volets. L’un d’entre eux est du support aux équipes. J’ai donc fait une réunion dans ce cadre cette après-midi. Un autre tourne autour des projets à long terme. Ce n’est pas le moment d’en parler. Par contre, comme je le dis ci-dessous, le rythme des bien différent. Je pense devoir bosser jusqu’à 21h.

J’ai donc eu le temps de faire un tutoriel pour Microsoft Teams que je viens de diffuser ici et que j’ai envoyé à l’adjoint de la chef qui a bien rigolé. Teams est bien devenu le centre de nos échanges mais les utilisateurs restent réticents… C’est pourtant très simple.

J’ai l’impression de dire chaque jour, dans chaque « numéro » du journal, que la routine s’installe. Une autre vie se met en place. Dès le réveil, ou, du moins avant 8 heures, je connecte le PC du bureau (un peu après, les entrées du VPN sont surchargées et pépère part en vrille) et la journée démarre. Au boulot, on commence par une réunion d’équipe. Elle remplace les échanges informels qu’on pourrait avoir à la machine à café ou en se disant bonjour. On parle des dossiers en cours, on organise le travail…

Le rythme est différent. Je viens de recevoir un dossier de chacune de mes chefs (un à 18h30, l’autre à 19h30). Il faut que je fasse un retour pour demain matin. Je vais le faire ce soir.

A la maison, c’est pareil. Le train train mais à d’autres heures. Dans son billet du jour, CC nous demande si on dort bien. Ben oui, un autre rythme de vie est en place. C’est fait. Aussi bien je vais me coucher à 21h30 et me lever à 7h…

Je n’ai pas trop regardé l’actualité, aujourd’hui. Je n’en peux plus de tous ces articles qui parlent alors que personne ne sait rien.

Je retiens une phrase du billet de Seb : « Il faut vite sortir de cycle sanitaire qui nous fait glisser dans un autre monde confiné. » Il explique ses raisons (je suis d’accord avec lu). J’ai les miennes, chacun à les siennes, et pas seulement pour des histoires personnelles.

C'est quoi Microsoft Team ? #tutoriel


Résultat de recherche d'images pour "réunion de travail"Ah ben voila, tu es confiné chez toi en télétravail et ton patron te force à utiliser Teams. Avant même que le Covid n’arrive, tu pensais bien qu’on allait te changer tes outils. Déjà, tu connais un peu Teams vu qu’on t’oblige à téléphoner avec. Bon ! On va t’aider. Tu as peut-être été regarder dans Wikipedia ou Google mais tu ne comprends pas ce genre de phrase : « Microsoft Teams est une application de communication collaborative propriétaire (SaaS) officiellement lancée par Microsoft en novembre 20161. Le service s'intègre à la suite Microsoft Office 365 et Skype et propose des extensions pouvant être intégrées à des produits autres que Microsoft. ».

Tu comprends chaque mot mais tu butes sur certains trucs. Office 365. C’est rien. C’est le nouveau nom commercial de la série bureautique de Microsoft : Outlook, Word, Excel, Powerpoint,… Ils vendent ça maintenant par licence annuelle. Tu peux travailler avec un logiciel sur ton ordinateur ou avec une application web. Et SaaS : ça veut dire que le logiciel est une application web, web où tu pourras stocker tes données. Dans le Cloud, comme on dit, même si ça n’a pas grand-chose à voir.

Mais revenons à Teams. Tu te demandes à quoi ça peut bien servir. On s’en fout. Ce qui importe c’est ce que tu en feras. On verra. Tu vas commencer à l’installer sur ton ordinateur même si tu peux y avoir accès via le web. Tu devrais aussi l’installer sur ton smartphone, même s’il est personnel, parce que, pour certains trucs, c’est bien pratique. Une petite réunion allongé sur ton divan ? Plus sérieusement, si tu es dans une pièce avec plusieurs personnes et que tu n’as pas de casque, il te faut bien écouter les conversations.

Tu prendras bien soin de démarrer l’application tous les matins.

Le calendrier

Tiens ! A gauche tu as un menu avec six grosses icônes : activités, conversation, équipes, calendrier, appels et fichiers. Commence par cliquer sur « Calendrier ». Tu y retrouves ton agenda Outlook. Magique, non ? Tu te demandes à quoi ça sert d’avoir plusieurs agendas… Tu te poses trop de questions, franchement. On y reviendra, je te dis. Utilises en priorité ton agenda Outlook pour organiser des réunions pour différentes petites raisons mais surtout parce que ça te permet d’inviter des gens extérieurs à ton entreprise. Tu passeras par l’agenda Teams pour te connecter aux réunions.

Puisqu’on y est, on va commencer par ça. Vas dans ton Outlook. Crée un nouveau rendez-vous que tu appelleras « Réunion toto pour test team » même si c’est rigolo à prononcer. Dans l’onglet « Rendez-vous », tu verras un sous onglet « Réunion Teams » et, là, tu pourras inviter tous les pingouins que tu veux. Le jour de la réunion, s’ils ne sont pas manchots, ils n’auront qu’à cliquer sur la notification pour y participer s’ils ont teams. S’ils ne l’ont pas, ils pourront cliquer sur le lien dans le rendez-vous. Et hop ! Une bonne chose de faite.

Les fichiers

Revenons sur ce menu vertical à grosses icônes. Clique sur Fichiers. Je sais, je ne procède pas dans l’ordre. Tu y verras la liste des derniers fichiers du « cloud » que tu as ouverts récemment : ceux dans Teams voire d’ailleurs,…  Si tu cliques sur un fichier, tu pourras l’ouvrir (quand ça fonctionne, hein !, j’ai oublié de te dire qu’il y a quelques bugs et l’intégration avec SharePoint a des limites…). Au bout des noms de fichier, tu verras trois petits points : clique et vois ce à quoi tu as le droit. Je ne vais pas tout te dire, non plus.

On verra par la suite mais à un tas de moments, Teams permet de manipuler des fichiers. Par exemple, au cours d’une conversation téléphonique, on pourra se partager un fichier. Cette grosse icone permet de les retrouver plus facilement.

A ce stade, tu as appris à organiser des réunions avec Outlook et à ouvrir des fichiers.  Comme si tu ne le savais pas déjà… Ce n’est pas grave. On va continuer en mettant les mains dans le cambouis.

Les paramètres

En haut, sur la droite, tu verras une espèce de bouton avec tes initiales et ta photo. Clique sur « Paramètres ». Tiens ! Il y a un machin pour démarrer automatiquement l’application au démarrage du PC. Moi qui te suggérais de le faire tous les matins. A part ça, il y a plein de truc que tu découvriras plus tard. Revenons au sérieux.

Les appels

Dans le menu à grosses icones, clique sur Appels. La page s’appelle « numérotation rapide » et, si tu as mis du monde dans tes contacts, ils apparaitront dans le gros pavé à droite. Au stade où tu en es, tu ne dois pas avoir beaucoup  de monde, mon pauvre, ou que les gens à qui tu as déjà parlé ou des types dont tu ne sais pas ce qui foutent là. C’est un éternel problème des outils modernes, les contacts apparaissent un peu au hasard…. En haut du pavé, tu as donc « numérotation rapide ». Là, tu pourrais y mettre les gens que tu appelles souvent.

Sous chaque personne, tu auras une caméra (pour lancer une visio), un téléphone (pour lancer un appel) et trois petits points pour lancer un « chat » (conversation instantanée) ce que tu pourras faire aussi en passant la souris sur la photo ou les initiales dans les pavés. Magique, non ?

Bref, tu auras compris que tu peux téléphoner à des gens avec ton ordinateur. A quoi ça sert, tu me diras. Je te répondrai : arrête les questions, c’est moi qui parle. Dans la ligne en haut, tu peux taper le nom d’une personne de l’entreprise. Au moins, ça fait répertoire.

Pendant les appels, visio et audio, si tu vas au centre de l’écran, un petit menu apparait avec des choses très bien. Tu pourras par exemple partager un fichier avec les participants ou leur montrer ton propre écran afin de faire des présentations.

La différence entre audio et visio est qu’en vision les interlocuteurs verront ta tronche. Je ne doute pas que tu es très joli mais tu peux faire du télétravail en caleçon. Donc évite. Evite vraiment : ça bouffe de la bande passante des participants et tu ne connais pas les spécificités de leur connexion.

Les notifications

Revenons à notre menu à grosses icones (toi-même !). Des fois, tu verras un bouton rouge, sur une des entrées. Tu cliqueras dessus car il y a quelque chose à lire. Souvent, à droite de ce menu, il y a un sous menu. Si une entrée du sous menu est en gras, c’est que tu as de la lecture.

Les équipes

Poursuivons les grosses icones. Une d’elle s’appelle « équipe » ce qui veut dire teams en anglais ce qui ne t’aura pas échappé. Clique. En principe, tu as au moins une équipe avec un truc qui s’appelle « Général » juste en dessous. Toi aussi, tu peux créer des équipes. Une équipe correspond à une équipe, un projet,… Ce que tu veux. N’en crée pas trop ! Ca deviendrait ingérable. Pour toi, comme pour les types que tu auras intégrés à ton équipe. Pour intégrer des gens, tu vas sur les trois petits points à côté du nom de l’équipe et tu cliques. Option « Gérer l’équipe ».

Sous les équipes, il y a des canaux.

Imagine que dans ton bureau, vous soyez six et que vous vouliez organiser une raclette pour l’anniversaire de Roger. Tu vas pouvoir créer une équipe pour la préparation. Tu mettras deux canaux : un pour courses et un pour la préparation. Dans chacun d’entre eux, vous pourrez vous organiser, voire stocker les tickets de caisse scannés et tout ce que vous voulez. Même faire un planning afin d’optimiser le tout, prendre une feuille Excel pour faire les comptes. Tu pourras aussi faire un canal privé dans lequel tu mettras tous les collègues sauf Roger pour la préparation des cadeaux.

Une fois la raclette passée, tu supprimes l’équipe et on oublie. Mais attendons un peu.

Sous le titre de l’équipe « Raclette », tu verras quatre entrées : général, courses, préparation et cadeau. Dans « Général », tu verras des messages destinés à l’ensemble de l’équipe. Dans les canaux, c’est pareil. Tu peux aussi diffuser des messages mais attention, ce n’est pas du « chat » ou de la conversation instantanée. Il ne faut pas confondre les deux. Là, c’est un peu comme Facebook. Un lascar diffuse une information et les autres peuvent cliquer sur répondre pour déclencher une discussion. Ne pas confondre avec Twitter et le « chat » où tous les messages sont emmêlés. J’insiste sur cette différence.

Dans le général et les canaux, tu verras que tu as différents onglets. Publications (c’est là où « c’est comme Facebook »), Fichiers, et « + ». Dans fichiers, tu peux ajouter des fichiers, créer des répertoires,… Tu verras les options disponibles. En cliquant sur le « + » tu peux créer un nouveau signet à partir d’applications diverses qui voudront bien fonctionner…

L’activité

Dans nos grosses icones, tu verras « Activité ». Ca porte bien son nom. On ne peut pas être partout, en revanche. Clique sur flux et regarde ta propre activité. Ca suffit bien.

Les conversations

La dernière grosse icone arrive. « Conversations ». Ca permet de papoter, à deux, à dix à 200 (mais c’est le bordel). Tu peux choisir les gens avec qui tu veux entamer une conversation, suivre celles où tu participes.

Tu veux parler à Roger. Tu tapes @roger dans la barre blanche en haut. Tu veux ajouter du monde, tu cliques sur les deux petits bonhommes tout au bout de la ligne avec Roger. Là, tu peux lancer un appel à plusieurs (vidéo ou audio), avec les options à côté des petits bonhommes ou saisir un message à l’endroit où est marqué « saisissez un message » ce qui semble relativement évident mais on ne sait jamais.

Dans la barre du haut, tu peux saisir n’importe quoi. Par exemple, si tu tapes « Réunion », il complètera automatiquement : « Réunion toto pour test team » puisque cette entrée figure à ton agenda. Tous les invités participeront à la conversation, tu pourras les appeler tous en même temps et ainsi de suite.

Dans une conversation (on va appeler ça un groupe), tu peux partager des fichiers que chacun pourra modifier.

Dans les différentes zones, les messages, les conversations, tu peux utiliser le célèbre @ pour désigner quelqu’un ou attirer son attention.

Je me répète : ne confondons pas les conversations et les publications que l’on peut faire dans les équipes et les canaux.

Finissons-en

Voila, tu commences à comprendre ce qu’est Teams. Teams ne remplace pas l’agenda et la messagerie mais plein d’autres trucs, y compris ton téléphone. Tu peux gérer de la documentation, discuter avec les gens, organiser des réunions, faire des présentations de ton écran, partager des fichiers…

Tout, quoi… Et l’idéal pour le télétravail quand tu n’as pas tes collègues à côté de toi.