28 novembre 2023

Coup de tabac sur la clope !

 


Le gouvernement a annoncé un volet de mesures contre le tabagisme, comme une nouvelle augmentation des tarifs ou l’interdiction de fumer dans d’autres lieux publics. On peut se réjouir de certaines. L’interdiction de la clope dans les bistros et restaurants en 2008, au fond, a permis d’éviter des puanteurs pendant les repas.

Cela étant, les chiffres d’évolution du tabagisme en France sont disponibles dans Google et nos neuneus gouvernementaux devraient apprendre à faire des recherches. Voir la courbe en illustration (et sa source). Depuis cinquante ans, la consommation de tabac a bien diminué (passant de 42% à 32% de la population présentée) même si elle a légèrement augmenté chez les femmes. Par contre, c’est assez rigolo : la baisse a stoppé au lendemain de la loi Evin. Cela revient à dire que toutes les mesures prises depuis environ trente ans n’ont eu aucun impact.

Cela ne veut pas dire que les mesures sont mauvaises (on ne se portera pas plus mal si on ne trouve pas de mégots dans les plages ou si des crétins ne peuvent fumer dans des endroits « inflammables ») mais qu’on arrête de nous faire croire que ces mesures sont liées à la santé de nos braves concitoyens…

 


Fatalement, les consommateurs vont dire qu’ils font tout pour récupérer de l’oseille mais je ne crois même pas que cela soit le cas.

Ce qu’il y a de sûr, c’est que les limitations dans certains lieux n’ont eu aucun impact global et les mesures d’accompagnement sont peut-être plus onéreuses que l’augmentation des recettes de l’Etat. En outre, qui va vérifier les différentes restrictions ? Vous faites du camping sauvage, en forêt, personne ne va venir vérifier si vous fumez une clope derrière un talus…

 

Comme à peu près tous les débatteurs, je n’ai aucune idée d’où en est la recherche « scientifique » sur ce qui pourrait diminuer le tabac. Mais, comme eux, j’ai un avis.

Les mesures liées au prix ont sûrement un impact chez les jeunes mais elle sont sûrement pénalisante chez les plus démunis qui ne vont pas restreindre aussi facilement que ça leur consommation et vont privilégier d’autres baisses de dépenses. Dans mon quartier, l’achat de cigarettes de contrebande auprès de vendeurs à la sauvette est très facile et permet de faire une économie de plus 50% ! Même si les clopes en question sont dégueulasses, ça donne à réfléchir. Nos vaillants policiers municipaux leur font la chasse mais je ne suis pas persuadé que cela rentre bien dans leurs missions prioritaires, du moins pour celle qui me font penser que mes impôts sont utiles… En plus, ces pauvres vendeurs ne font que chercher une source de revenus pour vivre, sont sans doute, sous la coupe de quelques exploiteurs professionnels et n’ont pas mérité de passer quelques heures de ci de là dans des postes de police.

 


Mon avis sur le tabac est forgé par mon expérience personnelle. J’avais arrêté de fumer brutalement à l’occasion d’une hospitalisation pour un problème de poumons. Je n’avais plus du tout envie de fumer. Cela a duré onze mois puis j’ai repris une cigarette, lors d’une soirée, comme le font la plupart des abrutis et, au bout de quelques semaines, le vice était repris malgré quelques précautions. Par exemple, au début, je n’achetais jamais de cigarettes et en taxait aux copains (tout en les remboursant périodiquement). Plus tard, j’achetais des paquets et les laissais dans les bistros pour les « continuer » lors de mes visites suivantes, puis j’ai gardé les paquets avec moi…

Mon oncologue m’avait prescrit des patchs, ensuite. Ces machins sont drôlement efficaces : quand vous ne pouvez pas fumer (pendant les heures de transport, les réunions de boulot…), vous n’avez plus du tout envie. C’est magique ! Par contre, à d’autres moments, vous ne pouvez pas vous en empêcher, comme en terrasse de bistro, en attendant le train… Finalement, rien ne m’empêchait de fumer chez moi et le télétravail a été dévastateur. Prenez une journée comme aujourd’hui : j’ai fumé deux ou trois cigarettes au réveil puis j’ai mis mes patchs, j’ai foncé dans le métro, j’ai bossé, j’ai déjeuner, je suis allé faire des courses et j’ai fini par en allumer une à 13h45 (soit six heures après la précédente) en attendant le début une réunion.

L’oncologue m’avait aussi prescrit des gommes à la nicotine. Je ne pouvais pas blairer ces machins. Ils ne remplacent pas du tout ce qu’on appelle « le geste » (l’espèce de réflexe qui vous pousse à fumer alors que vous n’êtes pas en manque de nicotine). Ils sont des désagréables (même pour des détails, ils sont horripilants. Par exemple, les gommes sortent de leurs plaquettes dans vos poches et se collent à tout ce que vous y avez…).

J’avais demandé au toubib en question si je pouvais prendre des « vaporettes ». Il me l’avait fortement déconseillé. Un an après, il avait changé d’avis (la science…) et me disait de le faire. Par contre, des gens me prétendaient, exemples à l’appui, que l’on risquait des overdoses de nicotines. Mon pneumologue m’a alors affirmé que c’était faux. J’étais bien décidé à en acheter (et je vais sans doute le faire) mais un copain à moi qui avait arrêté de fumer avec ces machins a recommencé le lendemain. Donc, je ne sais pas.

Pour en terminer avec mon expérience personnelle, ma consommation de tabac avait largement augmenté avec le télétravail ou, plus précisément du confinement. Elle a ensuite été arrêtée du jour au lendemain, disais-je, et a repris au bout d’un an progressivement pour rejoindre la moitié de ce que je fumais avant mon arrêt, au bout de quelques semaines et est maintenant très variable, sans trop de logique. Je fume beaucoup plus chez moi par rapport à avant mais beaucoup moins au bistro et plus jamais en marchant. Comprenne qui peut…

 


Si je raconte tout cela, c’est pour essayer de décrire la difficulté du phénomène et, franchement, je me demande si l’espèce de ministre qui a annoncé les mesures s’est posé les moindres questions ou a étudié de vraies études scientifiques, de celles qui ne sont pas faites par des militants antitabac…

Mais il a fait des annonces. Elles ne feront même pas parler, tant les gens sont habitués à subir les méfaits des fanatiques de la santé publique.


On a vraiment l'air ridicule, quand on vapote, ou c'est le produit de mon imagination ?

38 commentaires:

  1. En tant qu'ancien fumeur, je pense que la hausse progressive est, si ce n'est contre productive, tout du moins inefficace. J'ai connu les malbac à 8 francs, et puis ca a monté, ca me faisait chier de voir le prix grimper mais la hausse ne m'a jamais paru nécessaire et suffisante. 40 ou 50 cts de hausse, n'importe quel vrai fumeur va se dire qu'après tout c'est le prix d'un café à la machine ou le prix d'une dosette en aluminium (pour ne pas faire de pub).
    Ce n'est pas du fanatisme mais du pragmatisme, j'ai cru entendre que le tabac coutait autant à la sécu qu'il en rapportait voire moins, mais faire cesser de fumer ne changera pas le nombre de malades actuels, fera baisser puis disparaitre progressivement leur nombre mais la "dette" est là :) comme on y retourne

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    1. J'ai connu le paquet de Gauloises à 1,50 F. Ce qui ne me rajeunira pas auprès des dames…

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    2. Didier,

      Vous êtes vieux.

      Cyrille,

      Je me pose aussi la question sur le montant des taxes et le coût pour la sécu.

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  2. Pour ce qui est de votre question terminale, je puis confirmer que les "vapoteurs" ont l'air de parfaits abrutis.

    Presque autant que des adultes à trottinette…

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    1. Ça ne vaut pas tous ces ploucs qui vivent dans le département de l'Eure.

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    2. Didier, je ne sais pas pourquoi mais je crois que je connaissais votre réponse…

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  3. J'ai arrêté de fumer bien avant l'invention du vapotage, mais si cela n'avait pas été le cas j'aurais considéré un vapoteur élégant en forme de pipe de bruyère comme un pis-aller acceptable ... mais qui reste, bien sûr, incompatible avec la trottinette.

    La Dive

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    1. Pourquoi les vapoteuses sont-elles aussi laides ?

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  4. La question serait de savoir quelle est aujourd'hui la consommation moyenne par fumeur de cigarettes ou d'équivalent tabac plutôt que de connaître le nombre de fumeurs ? Je n'ai pas trouvé de statistiques du gouvernement.

    Difficile à évaluer à partir des chiffres de vente en France, sachant qu'une grande partie du tabac fumé s'achète désormais à l'étranger. J'ai un de mes conseillers qui monte en Belgique 1 à 2 fois par an pour y acheter son tabac et il "rentabilise" son voyage par la différence des taxes prélevés entre la France et la Belgique. "L'Europe, l'Europe...", nous disait le Grand Charles.

    L'augmentation du prix ne peut pas être "la" solution.

    Sujet et billet très intéressant.

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    1. J’ai eu beaucoup de mal à trouver des chiffres significatifs, en effet.

      Oui, le sujet est intéressant et j’ai essayé de montrer que je pouvais me poser à partir de mon cas…

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  5. Putain ! J’ai réussi à faire plusieurs réponses sans plantage de Blogger.

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  6. Les mesures administratives contre le tabac, on est d'accord, c'est pas réfléchi. Il y en a tout de même une que je félicite : les lieux publiques. En effet, je ne fume presque plus au bistrot parce que ça me fait chier d'aller dehors et que je prends un malin plaisir à rester au comptoir quand un groupe sort pour tous fumer à toute vitesse (les cons, au prix que ça coûte, ils feraient mieux de faire durer le plaisir).

    Ca fait un an que je suis prof, et très peu de mes collègues fument encore : il faut sortir du lycée pour fumer, et c'est tellement loin qu'on n'a pas le temps. Certains irréductibles arrivent à fumer entre chaque cour, mais ils doivent pour cela lâcher les élèves en avance. Pour ma part, bah je fume une clope au p'tit déj, une sur la route à 7h30, une à 13h10 et attends d'être de retour à la maison à 18h30 pour savourer la 4ième de la journée. Après, je suis chez moi et je ne compte plus.

    Et ça ne me manque pas plus que ça.

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    1. C’est bien ça. Je n’ai plus aucune envie de fumer quand je n’ai pas la possibilité de le faire. Avant ma maladie, je me donnais toujours la possibilité (comme tes collègues qui ne font plus leurs heures) mais je ne sais pas comment je m’en suis donné la possibilité…

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  7. J'ai arrêté brutalement vers 40 ans, mais j'ai eu la bêtise de fumer à une réunion de famille 5 ans plus tard... Le lendemain j'étais à nouveau à 2 paquets/jour... J'ai arrêté 25 ans plus tard grâce au vapotage. Je préfère avoir l'air ridicule qu'être mort. Et puis 20 Euros/jour, soit plus de 7000 par an, cela compte quant--même, même quand on a les moyens! Mon cardio, ma pneumologue et ma moitié approuvent. Economie : 5000 Euros. Mais on reste accro à la nicotine (même si je prends la teneur la plus faible, 0,3).

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    1. Ça t’empêche pas de signer tes commentaires.
      NJ

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    2. « Je préfère avoir l'air ridicule qu'être mort »

      Vous constaterez, un de ces jours, que l'un n'empêche nullement l'autre.

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    3. Quitte à être ridicules, autant être morts..

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  8. Tout à fait d'accord avec ce que tu écris.

    La France est l'un des pays d'Europe où le paquet de cigarettes est le plus cher et où il y a le plus de fumeurs. Cherchez l'erreur !

    Le prix peut réduire le nombre de jeunes consommateurs bien sûr, et c'est ce qui fait qu'il y a bien moins de fumeurs âgés de 18 ans aujourd'hui par rapport à 1980. Mais on est loin d'être aussi bons que les Belges, les Italiens et surtout les pays nordiques. Tout est une question de défaut de prise de conscience, d'orgueil gaulois aussi (à la gauloise devrais-je dire) et de je-m'en-foutisme.

    Je n'ai pas la solution, sinon d'en parler aux jeunes que l'on connaît pour qu'ils ne fassent pas la connerie d'allumer une première clope.

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    1. Il faut leur en parler mais je doute que beaucoup soient réceptifs.

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  9. Ce ne sont pas des mesures de santé publique mais de la fiscalité courante.
    Le problème du vapotage c'est que ça devient très vite écœurant...

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    1. Comme je le disais, je ne sais pas si c’est vraiment rentable.

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  10. J'ai connu le temps où les pères, pour montrer à leurs fils qu'ils les considéraient comme devenus des hommes, leur offraient une clope.

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    1. Et ils leur montraient comment signer des commentaires ?

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  11. Les havannes ont pris 10% dans la vue en janvier dernier (marque quai d'Orsay), je n'ai pas l'impression que cela dissuade ses adeptes 😉
    Hélène

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  12. Et personne ne dit rien de la scandaleuse augmentation du caviar russe, qui dissuade les lycéens de s'en acheter pour leur goûter.

    DG

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  13. Ces histoires de hausses sont tout de même d'une grande hypocrisie. On nous rebat les oreilles à longueur d'année sur le fait que le tabac tue, que ça coûte une blinde à la société et je ne sais quoi d'autre encore.
    Ben arrêtez d'en vendre bordayl !
    Bon je sais, la contrebande, la liberté et toussa.
    Pas simple.

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    1. Ce qui m'étonne c'est que la recherche n'ait pas réussi à pondre un produit vendable, à savoir qu'il puisse se vendre sans tuer des gens.

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    2. Ouais, c'est curieux en effet.

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  14. Laissons donc les gens se tuer s'ils en ont envie, bon sang !

    Mettons toutes les drogues en vente libre dans les rayons des hypers, ainsi d'ailleurs que les armes à feu : on y verra tout de suite plus clair.

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    1. Faudra-t-il, tout de même, interdire la vente à perte ? Quel serait le taux de TVA ?

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    2. L'intendance suivra, comme disait l'autre grand couillon à képi.

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    3. "Laissons donc les gens se tuer s'ils en ont envie, bon sang !"

      Sauf qu'ils ne se tuent pas en tombant d'un immeuble comme Mike Brant, ou en se branchant sur une prise comme Claude François...

      C'est bien ça le problème.

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  15. J'ai bien fait d'attendre avant de commenter... alors oui Didier j'ai peut-être l'air d'un con avec ma vapoteuse, mais comme disait Chirac "ça m'en touche une sans faire bouger l'autre" (bien que cette citation soit probablement apocryphe)
    Pour le coup j'ai arrêté de fumer en 2015 après 20 ans de Marlboro et autres Chesterfield et je vapote toujours allègrement. C'est pas aussi simple que de s'allumer une, ça demande un peu de patience avant de trouver la bonne combinaison (matériel, taux de nicotine, arômes...) et un peu plus de maintenance (il faut penser à charger son accu, changer la résistance de façon régulière).
    Mais j'y trouve de nombreux avantages : d'abord le prix, j'y consacre à peu près une trentaine d'euros par mois contre 300 (au cours actuel du tabac), je ne tousse quasiment plus, je suis moins malade et je ne pue plus la clope à 30 mètres à la ronde (donc j'économise aussi sur le déo 😂). On peut me rétorquer qu'on n'a pasas le recul scientifique sur la nocivité ou pas du truc (ce qui est vrai), mais le liquide est composé de 3 substances connues, dont le polonium, arsenic et autres goudrons sont exclus (ce qui est vrai aussi). J'en déduis donc que si risque existe, il est moindre.
    Quant à crever d'un cancer, si ça m'arrive (et vu le nombre de cas y'a des chances que je sois le public cible), ça pourra être mis sur le dos de ma vapoteuse ... ou de Total pour le gasoil qu'on respire, de Monsanto pour le RoundUp qu'on bouffe, etc.
    Et je ne compte toujours pas me mettre à la trottinette 😊

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    1. On ne dit pas l'air con mais l'air ridicule. On n'a pour autant rien contre le fait de vapoter (d'autant que chacun fait bien ce qu'il veut).

      Je vais quand même préciser ma pensée : je trouve ridicule les types entrain de vapoter quand ils se massent à la sortie des zones où ils n'ont pas le droit comme devant les bistros, les bureaux...

      Par ailleurs, comme on le disait plus haut, les vapoteuses sont souvent des gros trucs disgracieux.

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    2. Nicolas, vous ne devriez pas parler à la légère de "gros trucs disgracieux"...

      DG

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    3. Sinon, il me semble que quand on a réussi à se passer de fumer pendant huit ans, on devrait pouvoir AUSSI arrêter de produire de la vapeur d'eau.

      Mais enfin, chacun s'occupe les mains comme il veut...

      DG

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    4. "Légère" ? C'est pas le mot...

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