En salle

13 avril 2026

Tournons la page des municipales

 


Voila à peu près deux semaines que je n’ai pas fait de billet dans ce blog ce qui constitue une sorte de record. Il y a plusieurs raisons, cela. Evidemment, je suis déçu par les résultats dans ma commune qui voit la droite conquérir la mairie mais ce n’est pas essentiel dans ma déprime momentanée. En revanche, le fait de m’être planté à ce point dans mes estimations pour le premier tour. Je m’attendais à voir la liste menée par le PS à 40% et celle de droite à 25 et c’est le contraire qui est arrivé !

Je me répète : ce n’est pas d’avoir perdu qui me chiffonne mais de m’être trompé à ce point dans mes estimations… On est peu de choses. Ca ne m’était jamais arrivé à ce point. Prenez la présidentielle de 2002. Toute la gauche était déçue par le premier tour mais, au fond, l’écart entre Le Pen et Jospin n’était pas énorme. On pensait bien que Le Pen allait dépasser les 15 (et il a fini 16,86), ce qu’il avait atteint au scrutin précédent. On se disait que Jospin n’atteindrait pas 18 ou 19% (et il a eu 16,18). L’écart, en pourcentage, entre les pronostics personnels et l’élection était donc faible. Cette fois, j’ai atteint 15 points…

Le fait que je ne me sois pas trop planté de ce que j’imaginais au niveau national n’est qu’une piètre consolation.

 

Une autre raison qui explique mon silence (mais qui n’est qu’annexe dans ce billet) est que si la gauche a autant perdu (au second tour, cette fois), c’est surtout parce qu’il n’y a pas eu d’accord avec LFI. Or je dis dans mon blog depuis des années qu’il ne faut pas d’accord national pour les premiers tours et seulement sur les seconds. J’en ai parlé plusieurs fois, récemment.

Pendant cette campagne, on a beaucoup plus parlé de la nécessité de chier sur LFI plus que sur le RN que sur le contenu des projets. Ca a été à un point où j’ai été obligé de défendre LFI ce dont j’ai horreur. Quand je dis « on », je ne pense à tout le centre gauche, cette belle gauche républicaine ou gauche de gouvernement que je vénère généralement (surtout après l’apéro).

Les joyeux analystes de gauche ont beaucoup parlé des avaient pu être sauvé sans « accord de la honte » mais ils auraient mieux fait de faire le décompte des villes moyennes perdues à cause du manque d’accord…

 


Mais revenons à Bicêtre ! Après avoir constaté mon plantage dans mes prévisions, je tenais en estimer la cause. Mon sentiment est qu’une grande partie des électeurs d’origine maghrébine ont voté pour la liste de droite dont le chef de file est né dans la commune de parents Turcs… C’est peut-être une forme de communautarisme mais, surtout, ils lui ont fait confiance pour deux éléments forts de son projet : virer les vendeurs de tabac à la sauvette et les commerces de restauration rapide. Or les personnes concernées sont aussi d’origine Nord-Africaine et, mes propres relations de comptoir, que je connais depuis près de 30 ans ont fait la gloire des commerces de restauration rapide (et ramènent leurs clopes du bled).

A ce stade, je ne critique pas sur le fond mais ce qui me choque est qu’ils n’aient évoqué ces sujets, au comptoir ou en terrasse, qu’après le second tour. Tout ce qu’ils ont pu dire avant, pendant la campagne, ne m’a pas permis de me rendre compte que le vent avait tourné pour la gauche.

 

Au fond, c’est assez rigolo de constater que des électeurs « racisés » d’une banlieue bobo proche de la banlieue rouge vote à droite parce qu’ils n’aiment pas une les évolutions de la société liées à l’immigration.

 


Parlons de ce fond. Les commerces de restauration rapide ! Par les temps qui courent, ce sont les marchands de poulet qui ont la cote. Toujours est-il que le commerce est libre, en France, et que les municipalités ne peuvent pas faire grand-chose sauf à exercer leur droit de préemption quand un commerce est vendu… Le coût serait exorbitant ! Ce qui ne m’empêche pas d’être exaspérer par ces commerces qui n’apportent rien… et qui s’entendent assez bien pour faire monter leurs tarifs au point de concurrencer les bistros.

Quant aux vendeurs de tabac à la sauvette, ils posent très peu de problèmes mais s’ils importunent vaguement les passants. Il n’y a aucun impact sur la sécurité : ils sont obligés de bosser dans des secteurs avec beaucoup de passage. En outre, lutter contre des commerces illégaux n’est pas du tout du ressort des communes.

 

D’autres raisons expliquent la victoire de la droite, notamment une très bonne campagne. Mon amitié pour le maire actuel m’a sans doute un peu aveuglé mais force est de constater que les zozos de droite étaient bien présents.

La commune a été créée en 1897. Elle a été à droite de 1983 à 1995. Ce n’est pas une nouvelle période du côté sombre de la force qui va me faire déprimer. La commune était connue pour être championne de la mixité sociale en Ile-de-France et les principaux bénéficiaires, en prenant de l’âge, en n’étant plus des jeunes des banlieues, ont choisi de changer les dirigeants.

Il faudra bien qu’ils assument.