En salle

05 juin 2026

Vive la Ville du Grand Paris !

 


Les agences « du gouvernement » étaient en forme, hier ! Tout d’abord, l’Insee a sortir un rapport sur l’immigration (pdf). Ensuite, le Haut-commissariat à la stratégie et au plan a sorti « un point de vue » au sujet d’une refonte complète de l’organisation territorial à Paris allant jusqu’à fusionner les départements et l’ensemble des communes (Paris et petite couronne). Excusez du peu ! (pdf)

Je n’ai pas grand-chose à dire sur le premier mais il ne serait franchement pas inutile que nos chroniqueurs des chaînes d’information devenues franchement réactionnaires lisent cela et apprennent les chiffres par cœur ! Si j’étais vicieux, j’irais jusqu’à demander la pénalisation des menteurs au sujet de données factuelles.

Par exemple, plus de la moitié des immigrés ont un niveau d’études supérieures.

 


C’est le second qui retient mon attention, ce matin, et rien que les critiques que j’ai pu lire, hier, de la part de vieux briscards de la politique attachés à leurs postes me donnent l’envie d’être pour. Et peut-être qu’André Santini n’aura attendu que 3 jours avant de se retourner dans sa tombe vu qu’il était vice-président de la Métropole du Grand Paris qui pourrait disparaitre après une grosse dizaine d’années d’existence.

« Afin de simplifier sensiblement l’organisation administrative de la petite couronne, il apparaîtrait pertinent de fusionner Paris avec les départements et les [123] communes de la petite couronne afin de former une collectivité territoriale unique nommée « Ville du Grand Paris », qui regrouperait 6,92 millions d’habitants. Ce projet passerait ainsi par :

• la suppression des départements (92, 93, 94) et des communes de la petite couronne, ainsi que de la métropole du Grand Paris ; les départements de la grande couronne seraient conservés tels qu’aujourd'hui ;

• la fusion de ces échelons avec la Ville de Paris, entraînant la création d’une nouvelle collectivité à statut particulier (sur le modèle de la Ville de Paris actuelle ou de Lyon / métropole de Lyon) ;

• le redécoupage de cette collectivité autour d’une nouvelle carte administrative, organisée en quarante nouveaux districts. Ces nouveaux districts seraient calqués sur les frontières communales actuelles, et formés via la réunion de plusieurs communes existantes pour constituer des unités d’un poids démographique homogène (sans redécoupage interne aux communes actuelles). »

Je ne vais pas citer plus d’extraits mais je vous invite à lire tout ce document assez bien fait, rappelant notamment les compétences de chaque échelon du millefeuille abominable et ce qui est proposé pour la suite.

 


Pour ma part, j’ai soutenu la précédente grosse réforme, celle qui avait aboutit à la création de la Métropole du Grand Paris mais j’étais très perplexe au sujet des « territoires » gigantesque qui allaient devenir totalement imbuvables pour les habitants qui ne savent plus qui fait quoi, qui dirige telle ou telle entité…

Alors supprimer les communes et les départements me parait aller maintenant dans le bon sens ! N’oublions pas que Paris est la ville du monde occidental la plus dense mais est aussi une des plus petites capitales (Londres à 5 fois plus d’habitants et est quinze fois plus vaste). La réforme permettrait, au mieux, de remettre notre capitale et sa banlieue « dans la moyenne ». On parlait, il y a quelques mois, de l’élection du premier maire musulmans à New York. Mais savez-vous qu’il y a quatre fois plus d’habitants dans ce patelin qu’à Paname et qu’on ne peut pas tout comparer…

 


On lira également, dans cette note, un résumé des impacts économiques, au niveau de la redistribution ! Paris et les Hauts-de-Seine sont bien plus riches que les autres départements, notamment la Seine-Saint-Denis. Avoir une entité avec les compétences de ces communes mais à un plus large échelon permettra de réduire les inégalités.

Enfin, les récentes municipales, chez nous, ont montré un déficit de démocratie. Qui de nos électeurs se souvient pour qui il a voté pour les territoires ?

28 mai 2026

LFI : Crédibilité et sérieux ?

 


Gabriel Attal a annoncé sa candidature à la présidentielle. C’est dans le camp Mélenchon qu’ils doivent se marrer vu que, avec le prochain sondage, ils vont sans doute être qualifiés pour le second tour… J’espère qu’Attal, Philippe et Retailleau arriveront à se mettre d’accord. Au fond, ils font ce qu’ils veulent et cela ne me regarde pas mais j’aimerais autant éviter à avoir à voter pour Jean-Luc Mélenchon pour faire barrage au RN tout en perdant quand même l’élection…

Cela étant, c’est le même bordel chez les socdems : si Cazeneuve, Glucksmann et Hollande n’arrivent pas à se départager, on est un peu dans la merde.

Je prierais bien le bon dieu pour qu’on n’ait que quatre candidats sérieux au premier tour (Mélenchon, Le Pen ou Bardella, Cazeneuve, Glucksmann ou Hollande et Retailleau, Attal ou Philippe) mais je ne suis pas croyant…

 


On sait que tout peut arriver et je n’exclus pas de mon raisonnement d’autres hypothèses. Par exemple, François Ruffin arrive en tête de sondages de confiance parmi les personnalités de gauche et il a tout ma sympathie.

Et qu’on se rassure, Glucksmann et Attal ont déjà annoncé qu’ils retireraient leurs candidatures si les conditions l’exigent.

 

Un nouveau sondage (Odoxa) est sorti hier il confirme la large première place du candidat RN mais, Phipppe, s’il reste deuxième, perd 4 points et, Mélenchon, s’il reste troisième, gagne 4 points. Les deux outsiders sont à peu près à égalité.

Il n’en fallait pas moins pour que les principaux dirigeants insoumis exultent dans les réseaux sociaux. Le thème principal est « pour 2022, il nous donnait très bas et on a fini à 22 ».  C’est vrai mais il y a deux autres vérités. La première est que les sondages un an avant l’élection prévoyaient que JLM serai troisième. Et il a fini troisième. La seconde est que les sondages actuels ne prévoient aucun candidat soutenu par le PS (avec un bordel sans nom au sein de la gauche non radicale). En mais 2021, Hidalgo était testée mais a perdu 4 points par la suite tellement elle a été nulle.

Quand on y verra plus clair à gauche et quand l’effet « lancement de la campagne » par Méluche sera atténué, il risque fort de baisser à nouveau. De fait, après mai 2021, les pronostics pour papy n’ont fait que baisser et sont repartis en mars 2022.

Il n’y pas de mal à se faire du bien mais un peu de prudence pourrait permettre d’éviter le ridicule.

Dont le comble serait atteint avec une défaite de plus de 30 points de Méluche face à Bardella au second tour.

 


Il ne s’agit pas de se chamailler entre militants de chapelle différentes à propos de sondages même si on peut bien sûr rigoler. Il se trouve tout de même que LFI nous a fait deux ou trois fois le coût du « on a failli gagner » alors que ce n’était pas vrai. La seule vérité est que le second tour n’était pas loin. Et les conditions pour que ça se fasse étaient de massacrer les candidats du reste de la gauche.

Je ne dis pas que votre programme n’est pas parfait, je dis simplement que la France est majoritairement à droite et qu’une gauche radicale ne peut gagner une présidentielle. Il faut arrêter de jouer sinon on va se retrouver avec Bardella au pouvoir.

 


Si le programme n’est pas mauvais, les idées colportées par des proches de LFI sont souvent pour le moins tordues. Sur la semaine dernière, par exemple, on a eu un tas de guignols qui ont écrit que le film l’Abandon était une stigmatisation de l’islam, on a eu des guignols exercer une espèce de terrorisme intellectuel auprès d’un cinéaste pour qu’il critique le RN, on a eu la fameuse tribune d’artistes qui ont dit qu’il ne voulait plus travaillé pour Bolloré (donc Canal+) et qui ont joué aux midinettes effarouchées quand Canal a répondu « chiche ! »

Je n’ai pas entendu de réaction des dirigeants LFI mais seulement vu des propos de militants qui gravitent autour. Je n’ai rien contre la liberté d’expression mais si des zozos racontent des inepties, il ne faut pas s’étonner que les électeurs aillent voir ailleurs.

 

Je vais suggérer à Mélenchon, Panot, Guetté et Bombard (et d’autres) de créer des comptes TikTok (autres que les compte officiels). L’autre jour, je suis tombé sur un type d’une vingtaine d’années, répondant à un commentaire, expliquant à ses lecteurs qu’il se sentait le droit de former sa grand-mère parce qu’elle n’a pas accès à la bonne formation.

D’ailleurs, j’ai vu ensuite une vidéo de Mélenchon qui disait aux militants qu’ils devaient convaincre leurs proches.

J’ai regardé d’autres vidéo de mon jeune lascar : il suit des études d’art pour devenir graphiste et les études sont payées par les parents. Et ce type explique à sa grand-mère qu’il connait mieux le monde qu’elle ! Et s’en vante dans les réseaux sociaux.

Il pense sans doute que le graphisme est un métier d’avenir à l’heure de l’IA.

 

Il y a une question de crédibilité. Il n’y a pas que le programme.

18 mai 2026

LFI, Ruffin et le racisme !


 

L’autre jour, François Ruffin s’est exprimé au sujet de l’immigration. J’en ai parlé dans un ou deux billets. Plus récemment, j’ai vu une interview de lui où il évoquait « un président au SMIC ». Je ne suis pas trop d’accord. Je veux bien être président mais avec un SMIC, je ne pourrais plus payer l’entretien de ma maison. Cela étant, je ne vois pas pourquoi un type nourri, logé, blanchi toucherait plus de 15 000 balles par mois pour nous expliquer comment serrer notre ceinture !

Je ne vais pas me mettre à soutenir François Ruffin car je ne pense pas qu’il ait l’étoffe pour gagner cette élection mais il faut bien reconnaitre que c’est encore un de types issus de la gauche radicale qui raconte le moins d’âneries.

Cette histoire de rémunération des élus est intéressante (mais n’est pas l’objet de mon billet). Toujours est-il qu’on a le droit de rigoler quand on voit un zozo comme Louis Boyard défendre les étudiants sans le sou alors qu’il touche lui-même près de 6000 euros. Mon propos n’est pas de dire qu’on ne peut pas être riche et défendre les pauvres. J’ai moi-même ce côté Robin des bois qui vote à gauche. Au moins, je prends le soin de voter pour la gauche caviar. Bizarrement, c’est une forme d’humilité ! Je ne vais pas me montrer fier d’appartenir aux sans-dents alors que j’ai les moyens de porter une couronne !

 


Ainsi, depuis quelques jours, j’ai dans la tête de faire un billet au sujet de Ruffin alors j’ai commencé à écouter ce que les réseaux disaient de lui. C’est intéressant car dans certains sondages de popularité, il apparait être le seul devant Jean-Luc Mélenchon.  Et donc l’homme à abattre ! J’ai cru entendre, d’ailleurs, des propos de Méluche racontant comment Ruffin avait « quitté son entourage ».

Alors, évidemment, quand Ruffin a dit qu’il était contre l’immigration de travail, il a servi de cible. On lui a dit « raciste ! ».

Ca me rappelle quand Sarkozy disait le contraire, à savoir qu’il était pour « l’immigration choisie » (donc de travail). On lui disait « raciste ». Je me demande si tous ces clowns ont bien une colonne vertébrale (non, je ne me demande pas). Ca fait des années qu’ils ont comme seule réponse à la plupart des propos : « raciste » ou « fasciste ». .

Vous critiquer l’islam et ils vous répondent « raciste »… Comme si assimiler une religion à une origine ethnique, ce qu’ils font par réflexe (et électoralisme, sans doute) n’était pas profondément raciste. 

Ces gens vivent entre eux. Il suffit de chercher « réunion LFI » dans Google Image pour montrer qu’ils sont très loin de représenter la France dont ils font semblant de rêver. Dès qu’ils ont un « racisé » élu, ils le mettent en avant comme s’ils exhibaient un trophée…

 

Moi-même, il y a une douzaine d’années, j’avais été victime d’attaques de débiles légers mais néanmoins fanatiques de ce qui allait devenir la gauche radicale pour démontrer que j’étais un méchant raciste alors que je passais mon temps avec des « noirs » et des « basanés » (ce n’était pas volontaire, c’est mon quartier qui est ainsi). Je n’avais dit, une fois, et on m’avait comparé à Nadine Morano qui disait « ma meilleure amie est noire ». Moi, mes meilleurs amis étaient noirs, aussi. Je ne sais plus si je devais avoir honte. Heureusement, ils ont pris leurs retraites et sont devenus grands-parents : ils ne viennent plus au bistro. Je n’ai plus qu’un seul travers raciste : je fréquente surtout un bistro tenu par des kabyles avec une clientèle du même métal.

 


A LFI, quand ils voient un racisé, ils le prennent immédiatement comme un opprimé et ça fait leurs choux gras pendant des mois. Mais ils devraient les mettre sur la photo pour qu’ils ne soient plus exclusivement les objets de discours politiques.

J'en conclus que plus François Ruffin est traité de raciste, moins il l'est... D'autant qu'il fait assez parler de lui en évoquant le personnel d'entretien. Sans parler de couleur. 

15 mai 2026

Parlons d'immigration, tiens !


 

On peut déjà imaginer quels thèmes seront au cœur de la campagne pour la présidentielle : la situation mondiale et les différents conflits, l’Europe, l’immigration… Les sujets économiques et sociaux seront sans doute traités à la marge et encore… On va nous dire, par exemple, que la dette vient de l’immigration. La boucle sera bouclée.

Les différents candidats de gauche vont s’écharper au sujet des retraites, entre ceux qui veulent un départ à 60 ans et ceux qui privilégient 62 ou 63 mais restera à peu près inaudible. Même moi, qui viens d’avoir 60 et ai cotisé 41 ans, ai un réel projet pour plus tard, je m’en fous un peu… Et même si mon hygiène de vie n’inspire pas une grande confiance dans ma longévité. Je fais ainsi le pari que, si chacun a son avis sur son propre vieillissement, la plupart des gens ne sont pas sensibles à ce thème. Et la gauche ferait une grave erreur en le mettant en avant.

En annonçant sa candidature, Jean-Luc Mélenchon rappelait que LFI avait un programme. J’ai dit dans ce blog qu’il était mauvais, non pas vis-à-vis de chacune des mesures qu’il contient, mais de leur nombre, de la densité : cela empêche une compréhension complète et cela ne dégage aucune vision de l’avenir souhaité. En lisant cela, certains diront que je fais le jeu de la droite, voire « des fachos », mais ils devraient écouter plus sérieusement ce que dit Méluche : il parle des bisbilles à gauche, de la situation internationale, de l’immigration… Et lire d’autres réquisitoires que les miens.

 


A noter, en marge de ce billet, que si je parle ici de LFI, c’est surtout parce que leur programme a le mérite d’exister. Le PS a sorti un torchon encore plus gros avec des mesures sans fil conducteur, sans cohérence… A sa décharge, comme il ne pourra pas soutenir un candidat issu de son camp (sauf si on considère Hollande comme membre actif, on ne sait jamais ...), ce n’est pas la peine qu’il s’épuise les hémorroïdes à faire de la littérature.

 


Parlons immigration, donc !

 

Ce n’est pas un gros mot et ce n’est pas ma faute qu’elle sera au cœur de la campagne : c’est le seul sujet qui intéresse le RN et je n’ai pas entendu Bruno Retailleau évoquer d’autres sujets. D’ailleurs, la lutte contre l’assistanat chère à Laurent Wauquiez fait immédiatement penser à ses familles d’immigrés qui cumulent des aides sociales.

L’ami taulier du blog Politeeks rappelait récemment différents chiffres dans un billet montrant que ces ânes de droite racontent strictement n’importe quoi. Il n’oubliait pas, surtout, de rappeler que les électeurs frontistes croient à peu près n’importe quel argument venant de Jordan Bardella et de sa meute de joyeux marrons.

S’il est nécessaire de rappeler tout cela pour semer le doute, il ne faut pas espérer que les arguments entrent entre les oreilles des électeurs basdufrontistes : ils ne veulent pas écouter. J’écoutais CNews, hier vers 20h, avec Pascal Praud. Au fond, cet énergumène n’a qu’un seul argument : « tout le monde sait que ». Il ne cite aucun chiffre, n’apporte aucune démonstration. Il tient les informations qu’il avance pour argent comptant. « Tout le monde sait que ce sont les immigrés qui sodomisent le plus profondément les petites filles. »  Qui va aller vérifier ? Par exemple qu’ils ne sodomisent pas aussi les petits garçons ?

 


Il y a d’autres arguments à faire entendre pour démontrer que le projet de la droite dure est fondamentalement inapplicable et donc ridicule, tout en mettant dans le cerveau des électeurs que la lutte contre l’immigration coûterait bien plus que l’immigration en elle-même. Jean-Luc Mélenchon le fait d’ailleurs très bien, mieux que quiconque.

Par exemple, ChatGPT nous apprend que la France à 27000 kilomètres de frontière dont près de 3000 de terrestres rien que pour la France métropolitaine. Vous n’allez pas embaucher des milliers de douaniers pour tout surveiller, construire des murs en haut des Alpes ou des Pyrénées, mettre des mines le long les côtes pour empêcher les barcasses venant d’Afrique de débarquer à Arcachon. Quel serait le prix de la reconduction des interpelés vers leurs domiciles ?

Autre exemple, toujours ChatGPT nous apprend qu’il est estimé qu’il y a entre 700 et 900 000 étrangers en situation irrégulière en France. Combien devrions nous payer pour les arrêter, les transporter au pays (prix du bateau, de l’avion… et de l’accompagnement) ? Sommes-nous sûrs que les pays en question seraient prêts à les accepter ?

 


D’autres arguments de bon sens sont entendables. Par exemple, nos fachos en herbe critiquent ce qu’ils appellent abusivement l’Aide Médicale d’Urgence. Pour autant, on a le devoir de soigner les braves gens qui tombent malades sur notre territoire et on ne va pas rigoler bêtement des mômes dont les parents ne sont pas en situation régulière qui souffrent d’une rage de dents.

Hier soir, sur Cnews, nos éditorialistes aux relents un tantinets xénophobes râlaient contre la faiblesse du prix des études en France pour les étudiants étrangers. Pour autant, je ne vois pas où est le mal de former des soignants pour des pays en voie de développement, où est le mal de sensibiliser les jeunes étrangers à la culture française, voire simplement à la francophonie… Sans compter les jeunes formés qui pourraient décider de travailler en France dans des domaines où nous manquons de main d’œuvre ?

 


En revanche, il y a des sujets assez clivants, à gauche, qui ont au moins le mérite de me faire rigoler. L’autre jour, François Ruffin a dit qu’il ne voulait pas qu’on fasse venir des médecins de l’étranger pour combler nos déficits en la matière et qu’il était contre l’immigration de travail.

Automatiquement, les trolls insoumis l’ont traité de fachiste en oubliant de réfléchir. En effet, aller chercher de la main d’œuvre par-delà les frontières et les mers est tout de même assez colonialiste (et priverait les pays moins opulents que nous d’ingénieurs, de soignants…) et c’est tout de même assez sarkozyste de vanter l’immigration de travail !

Comme Ruffin, je suis contre l’immigration de travail mais je ne suis pas opposé que des ressortissants étrangers occupent des postes chez nous si nous sommes en pénurie de main d’œuvre.

Raconter n’importe quoi comme les trolls en question est parfaitement contre-productif et être de gauche ne se décrète pas.

 


La gauche doit avoir un vrai projet en matière d’immigration et arrêter de jouer avec des slogans antifachistes et antiracistes. Par exemple (et je ne suis pas du tout un spécialiste du domaine), nous avons, en gros, trois catégories de résidants sur notre territoire : les citoyens français, les étrangers en situation régulière et ceux en situation irrégulière.

Je ne serais pas, d’une part, à ce que l’on propose l’accession à la nationalité des étrangers en situation régulière sous réserve d’un certain nombre de conditions (comme l’exercice d’une profession en continu depuis cinq ans, la virginité du casier judiciaire…) et, d’autre part, à la régularisation des… irréguliers avec d’autres critères (toujours la virginité en question mais aussi, par exemple, la présence depuis deux ans sur le territoire…).

Cela permettrait, en outre, de lever les confusions au sujet des OQTF. Un type en situation irrégulière incapable de se régulariser n’a pas besoin de se faire notifier une obligation de quitter le territoire, cela va de soi, et ce n’est pas la peine de d’ajouter des arguments à des cryptofaschistes.

Pour renverser la table, il faut parfois changer les mots : nous avons les citoyens, les ressortissants étrangers en situation régulière et une autre catégorie qu’il faudra nommer et que nous appellerons maintenant les personnes oubliées de racines citoyennes (ça ne veut rien dire mais ça donne un joli acronyme).

 


Enfin, il ne faut pas jouer avec la culture. La France est un pays d’égalité et de liberté. Les gens qui, par exemple, ne supportent pas l’homosexualité (ça vaudrait presque pour des citoyens ancestraux) ou pensent qu’une religion peut obliger des femmes à s’habiller de manière spécifique n’ont rien à foutre chez nous (avec une gauche qui prétend qu'elles ont la liberté de porter le voile...). D’une part, on peut être fier de notre pays, celui des lumières et tout ça ! On ne va pas rejeter des années de progressisme culturel. D’autre part, on ne va pas se mettre à dos des électeurs qui ont peur de cohabiter avec des gens pensant différemment.

Ainsi, si Jean-Luc Mélenchon peut être brillant quand il évoque l’immigration, il est complètement à côté de la plaque quand il parle de grand remplacement. On ne veut pas remplacer des gonzesses qui vont à la plage les nibards à l’air par des bonnes femmes en burkini.

 


Pour terminer, il ne faut pas jouer, non plus, avec les questions raciales ou ethniques. Taper sur Israël pour récupérer des voies d’électeurs rebeus de nos banlieues n’est pas joli joli. Et n’est pas de gauche.

On peut penser que les actes du gouvernement actuel d’Israël sont exécrables mais j’ai encore entendu Méluche qualifier d’actes de guerre les attentats terroristes du 7 octobre ! C’est lamentable. Surtout si c’est pour récupérer des électeurs.

Ca ne fonctionnera pas.

 


Dans ce billet, il y a une photo "IA" représentant Mélenchon vieillie. N'y voyez pas de méchanceté, c'est simplement parce que je parle de mon propre vieillissement.

10 mai 2026

Mélenchon, le pire atout pour la gauche !

 


Ne passons pas à côté de cet anniversaire. Nous sommes le 10 mai 2026. Il y a 45 ans, François Mitterrand était élu président de la République. La semaine dernière, en annonçant sa candidature, Jean-Luc Mélenchon s’est comparé à lui : un an avant, lui aussi avait une équipe, lui aussi avait un projet, lui aussi avait un programme… Sauf que, en mai 1980, Mitterrand n’était pas candidat et c’est Michel Rocard qui tenait la corde.

Dans la semaine, il y a eu un autre anniversaire : les 14 ans de l’élections de François Hollande. Un an après, peu de personnes pensaient qu’il serait le candidat du PS (cela étant, il n’aurait pas fallu que j’attende quatre ou cinq jours de plus pour faire ce billet, compte tenu de ce qui est arrivé au champion d’alors du PS : Dominique Strauss-Kahn). Les deux seules fois où un candidat de gauche a conquis le pouvoir suprême, on ne savait pas, avant octobre, qu’il serait candidat.

 


On comprend bien la stratégie de Mélenchon : profiter du bordel à gauche pour jouer au rouleau compresseur, pour faire croire qu’il est le seul à pouvoir l’emporter face à Jordan Bardella.

Se comparer avec assurance à Mitterrand a ses limites. Non seulement, Mitterrand ne croyait probablement pas à ses chances (ou alors, ce qui ne change rien, était déjà un très fin stratège, en reculant l’annonce de sa candidature). Mitterrand avait déjà été deux fois candidat (Méluche le bat !) mais, à chaque fois, il était au second tour (dont, une fois, où il avait mis de Gaulle en ballotage, excusez du peu).

Pour montrer qu’il est le seul, Mélenchon parle beaucoup des sondages. L’autre jour, il annonçait qu’un sondage le poussait en tête. « D’après un sondage Cluster17 paru aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon est la personnalité de gauche qui recueille le plus de « soutien », loin devant toutes les autres : près de deux fois plus que Ruffin ou Glucksmann, quatre fois plus que Roussel. » Saut que c’est un sondage de l’institut Cluster 17, qui n’est pas vraiment reconnu pour la justesse de ces analyses et que Méluche a oublié que n’importe quel imbécile pouvait retrouver les résultats réels ! Le seul classement « valable », dans ce truc, est celui page 16. Mélenchon est derrière Ruffin, à égalité avec Cazeneuve, Glucksmann et Roussel. Ce sondage ne porte pas sur la présidentielle.

 


Toujours à propos des sondages, il évoque beaucoup ses trois précédentes candidatures. Il est vrai que son score avait bien été minimisé par les instituts, jusqu’à 10 points pour 2022 (un peu plus, même, à un an de l’échéance). Il n’empêche qui analyse cela sans le moindre recul. En 2022, les sondages le donnaient quatrième, il a fini troisième. Actuellement, il est encore souvent donné quatrième.

Surtout, il oublie de rappeler les circonstances des élections. En 2017 et 2022, les candidats du centre gauche se sont montrés nuls à chier. Benoit Hamon a complètement raté sa campagne dès les premiers mois. Quant à Anne Hidalgo, on a du mal à se rappeler si elle existait. Il était parfaitement logique que les déçus aillent vers Mélenchon qui représentait le seul espoir pour la gauche.

En 2027, non seulement Mélenchon a déjà démontré deux fois qu’il ne pouvait pas être un espoir, mais, en plus, il est fort probable qu’il y a aura un candidat Socdem assez fort qui se retrouvera en position d’outsider sérieux pour « la tête de la gauche », à défaut de la participation au second tour, qu’il s’agisse de François Hollande, de Raphaël Glucksmann ou de Bernard Cazeneuve.

Il oublie aussi de dire qu’il n’y aura pas de primaire à gauche, cette fois : elles viennent d’être torpillées alors qu’elles représentaient un bon espoir pour Méluche : par deux fois, elles ont désigné le pire des candidats…

 


Quand il parle des sondages, Méluche oublie un détail. Il est lui-même le pire candidat pour un second tour, là où il s’agira probablement d’éliminer un candidat du Rassemblement National. Comme tout le monde, je me demande comment Jordan Bardella peut être à ce niveau et je crois sincèrement qu’une majorité de Français finira par se rendre compte qu’il est nul. Néanmoins, si tous les autres candidats pourraient bénéficier d’un front républicain, ce n’est pas le cas du leader de LFI.

Je comprends que les militants insoumis n’y croient pas mais il y a beaucoup de passif. Trop d’erreurs ont été commises. Prenez la mort du jeune Quentin. On est très nombreux à penser que des groupuscules d’extrême-droite sont les seuls responsables. LFI aurait dû, tout de même, se désolidariser franchement de « la Jeune Garde » et du député Raphaël Arnault. Ca aurait été injuste, me direz-vous ? Et alors ?

 


Dans ses propos, pour jouer au rouleau compresseur, Jean-Luc Mélenchon parle beaucoup de l’international pour faire croire qu’il est le seul à avoir une vision ! Il parle même beaucoup de de Gaulle. Il commet un certain nombre d’erreurs. Il se met généralement en opposition avec Etats-Unis d’Amérique en oubliant que Trump n’est pas éternel, que les USA ne sont notre ennemi. Il n’ose pas critiquer la Russie et a toujours eu une position louche au sujet de l’Ukraine. Récemment, il s’est mis à défendre la Chine, par exemple en rappelant que Taiwan avait toujours été Chinois, peu importe si les Taiwanais ne veulent pas passer sous la coupe de leur voisin.

Je ne vais pas rappeler ici ce que je dis depuis deux ans et demi sur la position de LFI par rapport au conflit israélo-palestinien. Il continue. Pas plus tard que cette semaine, il parlait des attentats du 7 octobre comme d’actes de guerre.

Et il oublie toujours de parler d’Europe, comme si une des priorités n’était pas de remette l’Europe dans sa position de première économie ou puissance mondiale, que c’était la seule solution pour que l’on puisse s’en sortir…

Vous pouvez ne pas être d’accord avec moi sur ces différents points mais il va falloir que Mélenchon dépense beaucoup d’énergie – et il le fait, avec son brio habituel – pour obtenir le soutien des électeurs.

 


Il me reste à parler du programme. Je ne suis pas opposé à une majorité de points, loin s’en faut, mais il faut que Méluche arrête de dire que le programme est prêt depuis longtemps. Ce programme n’a rien permis de gagner jusqu’alors. « L’Avenir en Commun » a notamment échoué en 2017 et 2022. Les gens n’en veulent pas. Ils ne sont probablement pas opposés, un par un, à chacun des points mais ce programme ne donne aucune vision, aucune marque d’une société meilleure, aucune vision d’avenir.

Ce programme ne vise que des militants de gauche.

Pas les électeurs.

 

A l’heure actuelle, comme depuis 10 ans, ce qu’il a prouvé, Mélenchon reste le pire atout pour la gauche. Et il avait promis de passer la main. Aucune de ses promesses n’est donc crédible.

 

 

01 mai 2026

Politique sous perfusion

 


Je n’ai fait que deux billets, dans ce blog, en avril ! Ca ne m’était pas arrivé depuis décembre 2021 mais, à l’époque, j’avais un prétexte : j’étais à l’hosto pour une opération urgente de l’aorte… Je n’avais même pas encore 60 ans, ce qui est réparé depuis huit jours. Depuis quelques mois, ma production a baissé progressivement. Je ne sais pas pourquoi cette décrue a commencé. Je sais que, maintenant, je n’ai plus envie d’écrire alors que j’étais si prolixe, à une époque, arrivant à aliment jusqu’à six blogs.

Je me contente de piquer des coups de gueule dans Facebook quand je vois des zozos raconter n’importe quoi uniquement parce qu’ils n’aiment pas certaines personnalités. J’ai même fini par poser mes stylos et à me calmer dans les réseaux.

 


Je vais vous raconter le dernier exemple. François Ruffin a déclaré récemment : « La France ne doit pas faire appel à des médecins algériens, tunisiens ou roumains ! Elle doit avoir ses médecins [qu’elle forme…]. Moi je suis hostile à l’immigration de travail. » Je suis à peu près avec lui (mais il faudrait formuler des nuances ; par exemple, si un toubib étranger veut venir s’installer chez nous, on ne va pas l’empêcher si on en manque).

Immédiatement, un type de LFI a réagi : « Plus il parle, plus il ressemble à Bardella et à Marine Le Pen, avec en prime, la duplicité de Hollande et le manque de charisme d’Olivier Faure. »

Il n’a évidemment rien compris. Ruffin a dit qu’on ne devait pas aller chercher des médecins à l’étranger (les autres pays en ont besoin) mais qu’on devait former nos soignants (y compris avec des étudiants étrangers). Il faudra expliquer à cet imbécile que l’immigration choisie est bien un truc de droite voire d’extrême droite et qu’aller chercher du personnel à l’étranger est à la limite du néocolonialisme.

Vous aurez compris que, ici, ce n’est pas le problème des médecins étrangers qui me préoccupe (je n’y connais rien !) mais bien l’oukaze prononcé sans réflexion par un imbécile qui compare des types de gauche hors LFI a des gens d’extrême droite…

 


L’exemple précédent ne manque pas de piquant, non plus. Jack Dion (on se connait de Facebook depuis plusieurs années) est un (ancien ?) journaliste de l’Humanité proche de LFI. Il a déclaré en début de semaine : « Tous les candidats de gauche incapables de passer le 1er tour en 2027 accusent Mélenchon de partir battu pour le second tour. Les perdants ont inventé le Titanic électoral. »

Je ne supporte plus ces punchlines avec un trait d’humour pour dénoncer des conneries en croyant énoncer des évidences. Il faudrait qu’on arrive à se poser et à réfléchir à une manière de faire gagner la gauche. C’est ce qu’essaient de faire un tas de gens dont « tous les candidats de la gauche… » LFI propose une solution : Mélenchon. Or tous les indicateurs montrent qu’il aurait du mal à accéder au second tour et qu’il y perdrait. On peut clamer en ricanant que c’est faux. Mais ce n’est pas faux.

 


Récemment, Marine Le Pen a déclaré qu’elle préférerait que le candidat de son parti affronte quelqu’un du « bloc central » que Mélenchon. Immédiatement, les LFI sont intervenus : « ah ah, vous voyez bien que c’est de nous qu’elle a peur, pas de la droite ou du centre, elle pense donc que Méluche est le seul à pouvoir gagner ». La vérité est qu’elle pense que le RN gagnerait trop largement face à LFI parce que le vote serait « contre LFI » et pas « pour le RN ».

C’est dommage d’être aveuglé par son candidat. Je sais ce que c’est, je continue à soutenir Hollande !

 


Je viens de balancer deux ou trois pavés contre LFI mais je n’en pense pas moins des autres.

Commençons par LR. Au fond, je m’en fous et s’ils optent pour la pire des stratégies, ils donnent de l’air aux autres formations. Et ils viennent de choisir la pire des stratégies : désigner maintenant Retailleau pour les représenter à la présidentielle ! J’en reviens à l’aveuglement dont je parlais : ils ne se rendent pas compte que leur chef n’a pas la carrure ou le charisme pour faire le job de candidat. L’échec est assuré. Ils auraient dû opter pour une primaire et chercher une alliance avec Edouard Philippe, inclure Xavier Bertrand… Bref, réunir des cadors ou anciens cadors de la droite !

 


Je vais passer sur les « candidats de gauche incapables de passer le premier tour ». Je n’ai pas grand-chose à dire. Je suis pour une primaire mais à condition qu’elle ait une chance d’aboutir ce qui, en présence de Mélenchon et Glucksmann, est impossible. Il me semble qu’elle vient d’exploser, cette primaire.

Concentrons-nous sur le PS (d’où viennent une partie des incapables en question). En refusant une stratégie claire pour les municipales, celle que je préconise depuis longtemps (pas d’alliance avec LFI au premier tour mais un regroupement au second selon les opportunités), ils ont fait foirer toute la suite après avoir réussi à se tenir correctement pendant la séquence budgétaire.

On a vu dans la presse, cette semaine (ou la précédente…), que le PS avait sorti un programme en 600 points. Or ce n’est pas un programme mais la concaténation de 600 « contributions », sans colonne vertébrale, sans vrai projet de société. C’est du n’importe quoi ! En outre, la proposition est phare est le smic à 1690 euros ! C’est ridicule d’annoncer cela avant que le projet ne soit sérieusement débattu dans les instances nationales puis soumis au vote des adhérents.

 

Au moins, LR a fait voter ses militants et les partisans des primaires voulaient un vote pour le choix des candidats. LFI ne veut pas d’élection interne et le PS sort un OVNI.

On est mal barrés.

 

Alors je ne sais pas si je vais reprendre le blogage.

Pourtant, Mélenchon fait parler de sa fille. Marine Tondelier vient de proposer la création d'un congé climatique. La une de Google News est pleine de perles qui, au moins, on le mérite de nous faire rigoler.

16 avril 2026

Loi Yadan : de l'amertume ?

 


Je n’ai pas spécialement d’avis au sujet de la loi Yadan. Je n’aime pas la politique du gouvernement Israélien mais le militantisme débile « LFI pro palestinien » me casse franchement les burnes. En revanche, je n’aime pas du tout les lois qui nous empêchent de dire ce que l’on pense…

Toujours est-il que, dans les réseaux sociaux, on trouve n’importe quoi. Par exemple, je viens de tomber, dans Threads, sur ceci : « Donc 700000 signataires contre la loi Yadan et c’est pas pris en compte ? On se fou de qui ??????!!!!!! »

La pétition en question sur le site de l’Assemblée Nationale est là pour exiger la tenue d’un débat mais elle a été refusée par la commission des lois ce qui provoque l’ire de nos militants en peau de zob. Le texte de loi n’est pas encore passée devant le parlement (à l’heure où je débute ce billet) mais il est bien prévu. Et le débat aura alors lieu.

En gros, la pétition prévoit d’obliger la tenue d’un débat qui est d’ores et déjà prévu !

C’est n’importe quoi. Il faut arrêter de jouer avec nos institutions.

 

En outre, il est probable que LFI fasse de l’obstruction parlementaire ce qui empêchera la tenue du débat et favorisera peut-être son passage par une CMP voire son vote sans le moindre débat par l’Assemblée.

 

Comme le souligne mon confrère Authueil, le camp Attal semble à la manœuvre pour rebondir sur toutes les conneries possibles pour adopter une politique dans le style Mélenchon : jouer avec n’importe quelle grogne. « Pour avoir un socle de premier tour solide, il faut cliver et faire du racolage électoral auprès de communautés clairement identifiées, en leur disant ce qu’elles ont envie d’entendre. Et si on s’en prend plein la gueule, c’est encore mieux, ça renforce le message et ça hystérise la communauté qui n’aura pas eu ce qu’elle voulait. Ce n’est pas un hasard si Gabriel Attal, juste avant l’examen de la PPL sur le 1er mai, a écrit à tous les boulangers et fleuristes de France, pour leur dire qu’il est à leurs côtés. » 

Ca me fait penser que je n’ai pas parlé de cette tentative de modifier la législation du travail au sujet du premier mai. C’est un beau piège tendu à tous les débatteurs du dimanche (ou de tout autre jour normalement chômé). On touche à un symbole ou un tabou mais, entre nous, empêcher les fleuristes de vendre du muguet officiellement alors que la vente à la sauvette est tolérée ce jour-là, est grotesque et je n’avais jamais constaté que les boulangeries étaient fermées le premier mai.

13 avril 2026

Tournons la page des municipales

 


Voila à peu près deux semaines que je n’ai pas fait de billet dans ce blog ce qui constitue une sorte de record. Il y a plusieurs raisons, cela. Evidemment, je suis déçu par les résultats dans ma commune qui voit la droite conquérir la mairie mais ce n’est pas essentiel dans ma déprime momentanée. En revanche, le fait de m’être planté à ce point dans mes estimations pour le premier tour. Je m’attendais à voir la liste menée par le PS à 40% et celle de droite à 25 et c’est le contraire qui est arrivé !

Je me répète : ce n’est pas d’avoir perdu qui me chiffonne mais de m’être trompé à ce point dans mes estimations… On est peu de choses. Ca ne m’était jamais arrivé à ce point. Prenez la présidentielle de 2002. Toute la gauche était déçue par le premier tour mais, au fond, l’écart entre Le Pen et Jospin n’était pas énorme. On pensait bien que Le Pen allait dépasser les 15 (et il a fini 16,86), ce qu’il avait atteint au scrutin précédent. On se disait que Jospin n’atteindrait pas 18 ou 19% (et il a eu 16,18). L’écart, en pourcentage, entre les pronostics personnels et l’élection était donc faible. Cette fois, j’ai atteint 15 points…

Le fait que je ne me sois pas trop planté de ce que j’imaginais au niveau national n’est qu’une piètre consolation.

 

Une autre raison qui explique mon silence (mais qui n’est qu’annexe dans ce billet) est que si la gauche a autant perdu (au second tour, cette fois), c’est surtout parce qu’il n’y a pas eu d’accord avec LFI. Or je dis dans mon blog depuis des années qu’il ne faut pas d’accord national pour les premiers tours et seulement sur les seconds. J’en ai parlé plusieurs fois, récemment.

Pendant cette campagne, on a beaucoup plus parlé de la nécessité de chier sur LFI plus que sur le RN que sur le contenu des projets. Ca a été à un point où j’ai été obligé de défendre LFI ce dont j’ai horreur. Quand je dis « on », je ne pense à tout le centre gauche, cette belle gauche républicaine ou gauche de gouvernement que je vénère généralement (surtout après l’apéro).

Les joyeux analystes de gauche ont beaucoup parlé des avaient pu être sauvé sans « accord de la honte » mais ils auraient mieux fait de faire le décompte des villes moyennes perdues à cause du manque d’accord…

 


Mais revenons à Bicêtre ! Après avoir constaté mon plantage dans mes prévisions, je tenais en estimer la cause. Mon sentiment est qu’une grande partie des électeurs d’origine maghrébine ont voté pour la liste de droite dont le chef de file est né dans la commune de parents Turcs… C’est peut-être une forme de communautarisme mais, surtout, ils lui ont fait confiance pour deux éléments forts de son projet : virer les vendeurs de tabac à la sauvette et les commerces de restauration rapide. Or les personnes concernées sont aussi d’origine Nord-Africaine et, mes propres relations de comptoir, que je connais depuis près de 30 ans ont fait la gloire des commerces de restauration rapide (et ramènent leurs clopes du bled).

A ce stade, je ne critique pas sur le fond mais ce qui me choque est qu’ils n’aient évoqué ces sujets, au comptoir ou en terrasse, qu’après le second tour. Tout ce qu’ils ont pu dire avant, pendant la campagne, ne m’a pas permis de me rendre compte que le vent avait tourné pour la gauche.

 

Au fond, c’est assez rigolo de constater que des électeurs « racisés » d’une banlieue bobo proche de la banlieue rouge vote à droite parce qu’ils n’aiment pas une les évolutions de la société liées à l’immigration.

 


Parlons de ce fond. Les commerces de restauration rapide ! Par les temps qui courent, ce sont les marchands de poulet qui ont la cote. Toujours est-il que le commerce est libre, en France, et que les municipalités ne peuvent pas faire grand-chose sauf à exercer leur droit de préemption quand un commerce est vendu… Le coût serait exorbitant ! Ce qui ne m’empêche pas d’être exaspérer par ces commerces qui n’apportent rien… et qui s’entendent assez bien pour faire monter leurs tarifs au point de concurrencer les bistros.

Quant aux vendeurs de tabac à la sauvette, ils posent très peu de problèmes mais s’ils importunent vaguement les passants. Il n’y a aucun impact sur la sécurité : ils sont obligés de bosser dans des secteurs avec beaucoup de passage. En outre, lutter contre des commerces illégaux n’est pas du tout du ressort des communes.

 

D’autres raisons expliquent la victoire de la droite, notamment une très bonne campagne. Mon amitié pour le maire actuel m’a sans doute un peu aveuglé mais force est de constater que les zozos de droite étaient bien présents.

La commune a été créée en 1897. Elle a été à droite de 1983 à 1995. Ce n’est pas une nouvelle période du côté sombre de la force qui va me faire déprimer. La commune était connue pour être championne de la mixité sociale en Ile-de-France et les principaux bénéficiaires, en prenant de l’âge, en n’étant plus des jeunes des banlieues, ont choisi de changer les dirigeants.

Il faudra bien qu’ils assument.