14 novembre 2021

C'est encore la mort des blogs !



Comme le disait Didier Goux dans son journal, si « j'en juge par l'ensommeillement de ceux de ma blogoliste, et par la quasi-absence de commentaires – je ne parle même pas de discussions – sur le mien, je crois pouvoir affirmer que les blogs ont leur avenir loin derrière eux et qu'ils sont sans doute assez proches du débranchement terminal ». Le bougre n’a pas tort même si ça fait une bonne dizaine d’années qu’on annonce la mort des blogs… Le mien n’est pas à exclure du lot avec une moyenne de cinq billets par mois depuis six mois contre plus de soixante-dix, dix ans auparavant, sans compter que j’ai eu jusqu’à six blogs actifs…

On pourra tenter de trouver des raisons, à cette baisse, et c’est d’ailleurs ce que je suis en train de faire mais, si elle n’est pas rectiligne, dure bien depuis longtemps. En fait, la seule chose qui m’étonne est que nous n’ayons pas encore touché le fond ! Une partie d’entre elles tourne autour des réseaux sociaux, et je vais y revenir, mais il ne faut pas oublier la fin d’une mode, une lassitude… A une époque, nous étions un peu des pionniers et formions un club privé. Cela n’existe plus ce qui justifie bien que nous fermions, en partie, nos gueules.

Ensuite, il y a le développement de sites spécialisés. Par exemple, il ne viendrait plus à l’idée de quelqu’un de normal de faire un blog photo alors que des supports se sont développés (les supports de partage existaient avant les blogs), souvent sous la forme de réseaux sociaux spécifiques tels qu’Instagram.

Après, il y a la proximité entre les blogs et différents gros sites – souvent « d’anciens » blogs – où, je dois reconnaitre, les tauliers font preuve d’un don que nous autres n’avons pas et qui leur permet de « produire du continue ». Je pense au Gorafi ou à Topito (bien différents)… mais des sites comme VDM existaient bien avant les blogs. Cette « proximité » génère une espèce de sentiment d’écrasement pour le blogueur qui se dit qui n’aura jamais la possibilité de décoller. Ce n’est pas grave, il se fait une raison… mais arrête de bloguer. Et les petits nouveaux (on pourrait imaginer un « turn over ») ne se lancent pas : tout est dit par le Gorafi !

En d’autres termes, il faut bien admettre que les blogs, notamment « politiques engagés » ne servent pas à grand-chose (j’y reviendrai aussi). Le blogueur veut bien l’admettre parce que, au fond, il est ouvert et tout ça, mais c’est frustrant. Notons que moi, ça me fait rigoler… Quand mon blog était encore dans les classements et, surtout, en première place, j’étais le seul à savoir que j’avais moins de 300 lecteurs par billet, les deux tiers venant par une recherche Google sans rapport avec le billet (et donc une durée moyenne des visites de l’ordre de la dizaine de secondes). Mon blog ne serait à rien (sauf à m’amuser…) mais je connais des lecteurs qui ne l’ont toujours pas compris. Toujours est-il que le blogueur, s’il prend plaisir à écrire et développe un « vrai style intéressant », finit frustré. Il est inutile et arrête. C’est bien triste.

Seuls certains résistent. Pour les copains, vous les trouverez dans la blogroll. Je ne sais pas pourquoi chacun d’entre eux a fait son dernier billet. Mais, au fond, je ne sais pas pourquoi je fais le présent billet.

 

J’avais promis de revenir sur deux sujets, le premier étant « les blogs politiques ne servent à rien ». C’est faux, ils occupent, donnent du plaisir,… à ceux qui les tiennent et à quelques lecteurs de leur entourage. Mais si, par miracle, un billet cartonne et finit par être lu par 5000 personnes (ça n’arrive jamais ou presque ; quatre fois dans l’histoire de ce blog et pas une seule pour un billet politique), ça ne représente que 0,11% des électeurs (vous pouvez vérifier) mais, en plus, ils sont tous de votre bord politique et déjà convaincus. Le blogueur a du mal à tenir ce genre de raisonnement et beaucoup de ceux qui sont actifs, ou du moins étaient actifs, se donnaient l’impression de mener une croisade…

Le deuxième est l’impact des réseaux sociaux, notamment Twitter et surtout Facebook. Il y aurait beaucoup à dire. Je vais aller vite car ce billet pourrait devenir une tartine. Tout le monde peut s’exprimer dans ces machins. De fait, chacun est plus intelligent que l’autre et n’a rien à foutre de ce qu’il peut écrire, même s’il a travaillé un billet de blog, ta vanne à trois balles est plus intéressante. Ils fournissent par ailleurs beaucoup de lecture, un peu au hasard, tellement qu’on ne prend pas la peine de lire et, surtout, à la grande époque, il fallait des bloguerolles et des agrégateurs de flux, utilisés méthodiquement pour avoir une idée de dont causent les gens. L’information dans les réseaux sociaux n’est pas triée et vous « recevez » des plaisanteries, des articles geeks, des textes politiques et tas de trucs que vos potes ont jugé intéressant, sans doute à juste titre. Vous ne lisez plus les articles, mais juste les publications. Et vous savez que les autres font la même chose, vous n’écrivez plus de billets et vous vous contentez de quelques pets de travers.

 

Enfin, pour ma part (mais cela concerne beaucoup de gens), je suis orphelin de la politique, je n’ai plus de parti ou de candidat de prédilection. Je n’ai pas envie de taper trop sur le gouvernement qui est sans doute ce qui aurait pu arriver de moins pire avec les tordus qui aspirent à nous diriger. Par ailleurs, je suis lassé de voir le manque de succès des billets de fond que j’ai pu faire à une époque. Surtout, je pense avoir fait un peu le tour de mon style avec plus de dix mille billets en bientôt 16 ans…

Cela étant, ça fait plusieurs fois que j’assiste à la mort des blogs… Parallèlement, le contenu en ligne est plus riche et les médias traditionnels se sont adaptés. On va tous mourir.


38 commentaires:

  1. Je crois plus à un effondrement de l'offre qu'à un problème de demande. Autrement dit, nous ne sommes lus qu'à la condition de nous donner la peine d'écrire.

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    1. C'est à la fois l'oeuf ou la poule et une lapalissade...

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  2. En la matière, je crois à la prééminence de l'offre.

    Pour ma part, j'écris d'abord pour moi-même. Mon blog technique est un aide-mémoire et un faire-valoir. Mon blog politique est avant tout une cocotte-minute, un échappatoire, un loisir personnel.

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    1. Ca ne veut pas dire grand chose, tu pourrais aussi écrire dans un .doc...

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  3. En revanche, les podcasts se développent de plus en plus. Et puis tu es sur TikTok aussi ;) Les nouveaux modes d'expression sont là :)

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    1. Non, ça revient au même, ça n'intéresse personne à part quelques personnes.

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  4. Je suis emmerdé j'ai du mal à commenter depuis mon iphone ou mon ipad alors je commente moins.

    Je trouve toujours du plaisir à écrire. Mais j'écris pour les autres, un peu pour moi. Non, les blogs ne sont pas morts. Mais le marronnier est sympa :)

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    1. Oui, c'est de plus en plus chiant de commenter avec un mobile.

      Oui, le marronnier est sympa mais beaucoup de blogs sont morts...

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  5. Mort des blogs ou pas il n'empêche que c'est quand même plus ce que c'était ici ! Il fût un temps où la mère Noël avait un peu plus d'atouts !

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    1. Obligé de faire le boulot de Fred...

      https://cdn.shopify.com/s/files/1/0278/5637/1782/files/ravissante-femme-avec-shorty-rouge-et-canne-de-noel.jpg

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    2. Tiens c'est vrai ça ! Elle est où notre pin-up du dimanche soir ?
      Tous des faignasses ces blogueurs. Moi premier.

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    3. J'ai mis cette illustration parce que mon billet avec le plus de visiteurs (64000 je crois) est illustré avec une mère Noëlle légèrement vêtue...

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    4. Putain c'est vrai ça manque de pin-up!

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    5. Oui tiens ! La pinup bordel !

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  6. Je ne sais pas si le blog va mourir. Le blog politique est en voie de disparition - parce que la politique est en voie de disparition. Il y a aussi beaucoup d’espaces d’expression libre (il n’y en a jamais eu autant d’ailleurs) et forcément la parole des blogueurs a perdu de sa valeur.
    Après, je continue à écrire pour le plaisir. Vient qui veut 😉

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    1. Tu as raison, au fond. Ce ne sont pas les blogs politiques qui crèvent mais la politique.

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  7. Je me demande si, finalement, le seul véritable intérêt des blogs ne serait pas qu'on y évoque, parfois, mon journal…

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    1. A ce propos, j'ai justement un vague projet d'article consacré à votre journal, dont je suis, avec une fidélité sans faille, un des douze lecteurs.

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    2. Oui et non. En fait, votre journal devrait être la page d'accueil à internet avec tous les navigateurs.

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    3. Jacques, votre commentaire était coincé dans les tuyaux, je répondais à Didier.

      Didier a 14 lecteurs.

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    4. 14 ? T'es sûr de ça ? Tu m'as compté dedans ? Nan, pasque ça fait une paye que je lis le journal du vieux, faudrait pas que ce soit pour rien.

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    5. Mes lecteurs ont beau se multiplier à l'envi, ils restent toujours 12.

      Un peu comme les apôtres, si vous voulez, mais en moins recommandables quand même.

      Cela dit, on attend toujours l'article de Messire Étienne, lequel devraient suffire à multiplier mes 12 par au moins le carré de 12.

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  8. Je continue le mien tranquillement, il est ma mémoire :)

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  9. Pour être appelé blog, un blog doit-il être politique ? Pour moi non. Donc je vais ouvrir le mien. Bientôt, na !
    Euh... pour les plus intellos que moi, je sais, tout est politique. Mais y'a politique et politique, bref, je m'arrête de dire n'importe quoi.
    Pour conclure, tout se transforme... Merci quand même de m'avoir lue !

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    1. Non. Un blog ne doit pas nécessairement être politique.

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    2. oui, par exemple sur la photo . je me suis demandé comment faire des photos de chien qui courrent avec mon puissant matériel reflex numerique. Et bien je suis tombé sur des billets de blogs qui expliquent avec détails, exemples et conseils la chose. Cela est impossible sur Tiktok ou alors dans une vidéo qui va demander du travail de montage long et fastidieux à son auteur et qui n'aura que du LOL et des fautes d'orthographe en reponse. Tandis que sur son blog y'avait des commentaires avec réponses interressantes pour les lecteurs.

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  10. Arié, pauvre con. Tu n’as jamais tenu de blog et tu t’es fait exploité par un journal. C’est pour ça que tu n’as jamais rien compris aux blogs ce qui explique que je ne publies plus tes commentaires. Tu n’as aucun respect.

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  11. Billet intéressant, cher Nicolas - auquel j'ajouterai la question de la recherche (pro)active de nouveaux lecteurs, par le blogueur ou la blogueuse même. Aller commenter chez les autres, suggérer sans forcer qu'on a aussi une boutique intéressante, et qu'on est dans le réseau. Dans le domaine des blogs du livre, ça reste vivace. Et de l'autre côté, peut-être que certains "dinosaures", des gars comme toi et moi qui bloguent depuis plus de dix ans (purée!), se sont un peu endormis sur leurs lauriers à un moment donné - j'ai aussi constaté une diminution des commentaires sur mon blog, mais j'ai aussi, en tant que blogueur du livre, des retours sur des commentaires littéraires sur des bouquins improbables.
    L'âge de fer est de retour: au boulot! Prospection! Des liens, bordel!

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    1. Tu as parfaitement raison : j'ai arrêté la prospection. C'est toujours avec plaisir que je découvre des blogs mais je n'ai plus le courage d'aller chercher ni même de m'abonner (et comme en plus je n'arrive plus à mettre à jour ma bloguerolle...).

      Pour les commentaires, oui. Mais à part chez certains vieux potes, je commente plus facilement dans Facebook que dans les blogs. La raison est simple : c'est beaucoup plus simple vu que je lis surtout sur iPhone. Donc si moi j'ai un prétexte, d'autres peuvent en avoir.

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  12. Je crois que tu as raison, c'est plus l'offre politique qui est dead que les blogs. Les blogs qu'on a dit morts tant et tant de fois sont encore là.

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    1. Oui et non. Les blogs non politiques de mes potes sont presque morts aussi. Tu es un des rares survivants et encore, il me semble que tu avais arrêté et que tu as repris à l'occasion des confinements. En outre, un peu comme moi à l'époque de mon blog bistro et peut-être grâce à ton métier (disons que c'est un moteur), tu as toujours des anecdotes à raconter.

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    2. Mon job me fournit de quoi raconter, c'est vrai. Les confinements avaient aussi relancer la machine à écrire, il y avait de quoi dire, et on a été nombreux à s'épancher sur le sujet, chacun à sa façon. Je n'ai jamais (hors confinements) blogué plus d'1 ou 2 billets par mois, alors ça réduit le bruit et l'impression d'être présent.

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  13. Elie, ce n'est pas la première fois que tu me fais tes adieux... Je maintiens que ce que tu avais chez Marianne n'est pas un blog mais une chronique sur un site de presse. Tu fournissais du travail gratuitement en concurrençant des chroniqueurs ou éditorialistes.

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    1. Pas la peine de multiplier tes surnoms pour tenter de démontrer que tu as raison. Tu as tort. Oser écrire "Le mot 'blog' est mort parce que le mot 'woke' est né. " ! Il faut être très con.

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  14. Daniel, tes commentaires étaient restés bloqués dans les tuyaux. Je m'en vais les lire et répondre (au premier).

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La modération des commentaires est activée. JE SUIS LE SEUL à décider des commentaires qui sont supprimés et ils ne le sont jamais pour divergence politique sauf si les propos tiennent du harcèlement de la part d'imbéciles qui ne savent pas prendre acte d'un constat de désaccord.

Je supprime les commentaires qui n'apportent rien à l'esprit de ce blog, tel que je me l'imagine. Tant pis pour les andouilles qui voient autre chose...