Hier, le ministère de l’Intérieur a classé comme LFI au sein
de l’extrême gauche ce qui, à mon avis, est une funeste connerie et je pourrais
reprendre à mon compte les arguments développés par les responsables de cette
formation politique si je n’avais pas un gros poil dans la main.
Commençons par un exercice. A vos stylos. Prenez le programme
de Mitterrand en 1981 et celui, actuel, de LFI. Vous aurez à répondre à deux
questions.
Petit 1 : lequel est le plus à gauche ?
Petit 2 : Mitterrand était-il un extrémiste ?
Vous avez deux heures.
Pour vous départager, j’ajoute une question subsidiaire :
qui avait à son programme de 2012 la taxation à 75% des hauts revenus ?
Mon espèce de défense du programme LFI ne signifie pas une
adhésion à tous les points ni même aux principes généraux mais,
individuellement, ils méritent d’être étudiés avec le plus grand sérieux. C’est
scandaleux de vouloir rénover 700 000 logements par an ?
Par ailleurs, je me rappelle avoir fait plusieurs billets,
ces dernières années, pour montrer que je ne considère pas, toujours, LFI comme
un parti de gauche. Par exemple, ils font du clientélisme électoral. On pense
évidemment aux musulmans. Qui, de gauche, pourrait défendre la liberté de gens
opposés à la liberté, pour des motifs religieux ?
A ce niveau, c’est du nationalisme. Si j’étais provocateur,
j’expliquerais qu’LFI est souvent plus proche de l’extrême droite…
Mais, il n’y a pas que ça. Il y a quelques mois, il y a eu
une grève des taxis conventionnés qui voulaient continuer à gagner de l’argent
avec des fausses factures payées par la sécu. C’est de gauche, ça ?
Défendre des professions dites libérales qui vivent grâce à l’argent public (en
trichant par ailleurs) ! Soutenir des gens qui vendent les licences pour
la peau des fesses alors que, à l’origine, elles ont été mises à disposition
gracieusement par la collectivité !
Ainsi, j’ai bien un tas de raison de voter contre LFI, y
compris si ça me pousse à choisir un candidat d’une droite modérée mais cela n’a
strictement rien à voir avec le programme et l’orientation politique générale.
Il y a simplement des prises de position que je ne supporte pas, souvent sur
des sujets qui ne devraient rien à voir avec la droite et la gauche. Il y a des
comportements inadmissibles, antirépublicains…
Il y a des mensonges aux électeurs ! Récemment, par
exemple, au sujet du budget, ils oublient de dire que la seule alternative
était soit un budget pire, soit un remplacement d’élus ce qui aurait favorisé
le Rassemblement National et donc provoqué la mise en place d’un budget encore
pire.
Périodiquement, on les entend dire que la réforme des
retraites n’a pas été votée par l’Assemblée, ce qui est à peu près exact mais
ils omettent de rappeler que cette absence de débat est provoqué par des motions
de rejet liées à l’obstruction parlementaire.
Dernier exemple, depuis l’été 2024, ils prétendent que la
gauche a gagné les élections ce qui n’est pas vrai : la gauche n’a pas de
majorité.
Je pourrais multiplier les cas. Tenez ! Pas plus tard
qu’hier, j’ai vu un communiqué de Clémence Guetté expliquant que le Premier
Ministre avait demandé une analyse du budget par le Conseil Constitutionnel
(afin de supprimer les taxations des plus riches). Comment peut-on critiquer
une réexamen d’un texte qu’on a combattu ? C’est lunaire… même si on
comprend le fond, c’est la communication qui est à revoir.
Et les pratiques politiques : si le CC censure ces
taxes, le gouvernement ne sera plus toléré par le PS !
Je pourrais multiplier, disais-je, mais ce n’est pas l’objet.
On dit couramment que LFI est sorti de l’axe républicain et c’est une raison valable
pour conchier ce parti. Mais ça n’en fait pas des extrémistes. Vous pouvez, par
exemple, lire la définition « d’extrême gauche » dans Wikipedia.
Mais lisons plutôt celle « d’extrême
droite ». Extrait : « L'extrême
droite est très diverse. Sa définition stricte fait l'objet de débats auprès
des historiens et des politologues, mais ses fondements idéologiques reposent
principalement sur ces trois points : le rejet de l'immigration, justifié par
une vision organiciste de la société, fermée et homogène, définie par la
nationalité, l’ethnie ou la race ; un projet autoritaire qui valorise
l'obéissance aux autorités, aux traditions, aux hiérarchies sociales, à rebours
des valeurs de la démocratie libérale et de la prééminence du droit et enfin
une rhétorique antisystème portée par un rejet des élites, jugées corrompues,
décadentes ou éloignées du peuple. »
On pourra trouver facilement plusieurs motifs pour classer le
RN à l’extrême droite.
Et, en passant, je connais un président d’un ancien grand
parti de droite appelé, maintenant, Les Républicains, qui pour principal thème
le rejet de l’immigration, sans compte l’obéissance aux autorités, aux
traditions…
Toujours est-il que je ne sais pas à quel jeu joue le
ministère de l’intérieur mais il faudrait voir à arrêter les conneries.
Je présente mes excuses à mes fidèles lecteurs pour avoir
défendu LFI. Cela ne sera que temporaire, rassurez-vous !
ils se définissent comme la "vraie" gauche et veulent mettre à bas le capitalisme (sauf pour les taxis) et sucent les barbus bigots. Ca devient compliqué à classer , admettons alors qu'ils sont LFI.
RépondreSupprimerOuais. Très difficile à classer. Mais ne donnons pas les moyens de les assimiler à des terroristes révolutionnaires par les armes ou à des mouvements de l'autre extrême.
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