La droite a gagné. La gauche récolte en gros 30%. Jean-Yves Le Drian dénote : il est le seul type à faire plus de 50% dans un coin où il n'y a pas de "front républicain". Le parti de Nicolas Sarkozy gagne : c'est lui qui a le plus de régions. Donc Nicolas Sarkozy est vainqueur. Le Front National gagne. Il n'a jamais fait un score. Et s'il n'a pas gagné de région, c'est à cause du désistement des socialistes, qui fait que Nicolas Sarkozy sort vainqueur et que la gauche n'est plus représentée dans deux régions. Bravo les gars.
Par ces propos, je rejoins l'analyse d'Elie Arié. Je vais rejoindre aussi Seb Musset qui salue à sa façon Xavier Bertrand. Heureusement qu'il y a des types comme lui dans la droite française. Ça m'évite de désespérer de mon pays. Lui est un vrai républicain.
La droite dure a gagné. Non seulement le Front National est très fort mais en plus Laurent Wauquiea a remporté sa région.
Que doit faire le PS, maintenant ? Tout d'abord, arrêter de se réjouir des fausses bonnes nouvelles. Rendez-vous compte que Valérie Pécresse et Hervé Morin ont été élus.
Les socialistes doivent faire le ménage dans son opposition de gauche. Sans pitié. Il ne gagnera plus rien sans discipline de ses alliés. Mais c'est un vaste programme.
J'ai entendu deux propos intéressants aujourd'hui et cela me fait rigoler d'observer qu'ils sont presque contradictoires. Julien Dray a dit qu'il fallait changer de nom au PS et Benoit Hamon qu'il fallait réaffirmer le clivage droite gauche. Ils ont tous les deux raisons.
Un mot à propos des propos de Dray : ce mot "socialiste" est devenu ringard dans toute une partie de la population. Arrêtons de le brandir comme un étendard. Je suis désolé mais nous n'avons plus au programme la nationalisation des moyens de production. Les mots ont un sens.
Et à propos de ceux d'Hamon. C'est plus compliqué. Il ne suffit pas de dire qu'il faut infléchir la politique ou que le problème est Macron ou Valls. Tiens ! L'emblématique sujet du travail le dimanche : on s'en fout. Ce n'est plus le problème. On oublie par ailleurs que le travail salarié n'est plus l'avenir. En défendant ces machin coûte que coûte, on se couple du peuple, celui qui n'a pas un travail presque à vie dans une grosse entreprise.
Il y a d'autres sujets bien plus marqueurs à gauche : le temps de travail, la fiscalité redistributive, la solidarité,...
Et la laïcité.
Quand la gauche aborde des sujets dits sociétaux, elle tape généralement contre son propre camp. Elle parle avec son cœur et c'est tout à son honneur mais l'électeur, le citoyen,... se demande si on ne se fout pas de sa gueule.
Je vais prendre un exemple : le droit de vote des immigrés aux élections locales. Le sujet revient périodiquement, à gauche. Elle parle du reniement de ses promesses par Francois Hollande. C'est une connerie. Les conditions n'ont jamais été réunies pour le mettre en place. En plus, ce n'est pas une thèse de gauche : cela équivaut à créer des sous-citoyens avec des droits réduits. La vraie question est la nationalité.
Quant au gouvernement, qu'il n'oublie pas d'où il vient. Quand je le vois sortir des nouvelles lois sécuritaires, du contrôle d'Internet, de la suppression du wifi public, j'ai envie de lui donner des baffes. Il nous fait un retour en arrière qu'un réactionnaire de souche n'oserait même pas espérer. Et le gouvernement se coupe de son électorat, le seul qui lui reste, tout juste issu de Terra Nova. Après avoir perdu l'électorat dit populaire.
Ce billet serait incomplet sans une baffe à la gauche de la gauche. Quand on chute à 4 ou 5%, on change de stratégie. On ferme sa gueule et on réfléchit.
Alors, je leur dis à tous, un peu de sérieux, bordel !
Hier, dans l'après-midi, j'ai deviné que la gauche perdrait en région parisienne. Ma gauche dans ma région. Cela s'est passé précisément quand je rejoignais la Comète après avoir voté et salué les copains à l'Amandine. J'avais affirmé qu'il n'y avait pas de risque que les franciliens envoient une cruche au pouvoir régional. En écoutant les copains, j'ai compris que si. Tout est possible. Le soir, je lisais les tweets et toutes ces andouilles jouant à Radio Londres pour sortir des chiffres sans avoir l'air.
Mesdames messieurs, l'enjeu n'est pas de gagner un concours de pronostics. C'est l'avenir du pays.
