En salle

16 octobre 2022

Les changements de Facebook feront-ils revivre les blogs ?


 

Suite à mon billet au sujet du dysfonctionnement de mon nom de domaine (le blog fonctionnait parfaitement en y accédant, par exemple, via des bloguerolles, mais l'adresse www.jegoun.com était dans le coma), une copine a écrit dans Facebook, en commentaire, ce qui valait dire, en gros : « fais pas le con, abruti, ton blog est le seul politique que je liste ». J’aurais pu lui répondre que ce n’était pas compliqué vu qu’il n’existe presque plus de blogs politiques… Hier, une autre copine disait dans une publication dont je n’ai pas compris l’objet, tant pis (je manque diaboliquement de poésie) : « Contente d'avoir remonté la pendule, le temps d'un café, en souvenir d'une époque où tenir un blog avait encore du sens ».

Ce matin, un autre pote, se plaignait des algorithmes Facebook et expliquait que ce réseau social allait crever car il faisait n’importe quoi pour tenter de contourner l’hémorragie des jeunes, partis vers d’autres cieux. Son constat est que ses billets politisés qu’il juge les plus intéressants ou les plus percutants (je ne suis pas son porte-parole) ne sont plus présentés au public vu qu’il n’y reçoit plus de « likes » ou de commentaires.

 


Cette baisse de la hiérarchie des publications politiques dans Facebook me semble être une preuve de l’intérêt des blogs : je reste propriétaire de mes billets. Mon nombre de lecteurs est à peu près stable malgré une baisse d’une petite trentaine de pour cent début avril dernier (dans le début de la dernière ligne droite avant le premier tour des présidentielles. Le nombre total de visiteurs a baissé de plus de la moitié en novembre 2016 (peut-être quand tout le monde a admis qu’Hollande était grillé). Il est reparti largement à la hausse avec la crise sanitaire, pour battre son record absolu en juin 2021 (ne me demandez pas pourquoi mais le nombre de lecteurs était supérieur à celui des grandes époques des classements de blogs puis de la campagne d’Hollande en 2012) avant de redescendre, assez nettement, depuis quelques mois (néanmoins – et heureusement – bien au-dessus de début 2019 quand je ne glandais plus rien).

Je ne fanfaronne jamais sur ces chiffres car ils ne veulent pas dire grand-chose. D’une part, j’ai trois compteurs de visites qui fournissent des informations différentes (mais deux ne peuvent pas être activés avec la version mobile vu, pour les techniciens, que le petit bout de code HTML qu’ils utilisent n’y est pas activé). D’autre part, il est possible, même si les agrégateurs de flux sont moins à la mode, de lire les billets sans accéder au blog. Enfin, et surtout, je peux savoir à un cheval prêt le nombre d’andouilles à avoir chargé une page de mon blog sur un ordinateur fixe mais je ne peux pas connaître le nombre de lecteurs. Aussi bien, ils sont intéressés par des mots clés tapés dans des moteurs de recherche mais ne trouvent pas leur bonheur. Le billet le plus lu de l’histoire de ce blog est un que j’avais fait avant Noël que j’avais couvert d’illustrations dignes de cette période, dont, la première, avec le père Noël qui donnait la fessée à une jeune femme dénudée…

Les desseins des lecteurs sont impénétrables, contrairement, sans doute, à la jeune femme en question.

 


Bloguer est peu gratifiant comme sous-entendait ma copine citée en introduction, parlant de l’époque où tenir un blog avait encore du sens, encore que je me demande si cela en a déjà eu. Les visites stagnent ou baissent, on est en retard par rapport aux réseaux sociaux traditionnels pour traiter des informations, on ne reçoit plus beaucoup de commentaires et les blogueurs politiques finissent par se rendre compte qu’ils n’avaient aucune influence alors que, à une époque, « on » s’imaginait qu’on aller damner le pion à une presse insipide. Mais des sites d’information militants se sont développés, la presse d’information en ligne a changé, diffusant des textes plus engagés… Les sites militants dont je parlais tout comme les blogs plus ou moins institutionnels sont très suivis par les sympathisants qui font beaucoup de rediffusion.

Par ailleurs, dans les réseaux sociaux traditionnels, les utilisateurs publient souvent n’importe quoi (je ne m’exclus pas du lot) martelant une information que le tout le monde connait mais dont ils ont pris connaissance sur le tard. Je comprends très bien ce que veut dire mon « autre pote » dont je parlais : Facebook n’en a plus rien à cirer de diffuser des informations qui font la une de la presse ou de Google News. Franchement, les propos de personnalités politiques intéressent plus de monde… et c’est également le cas, souvent, et malheureusement, pour le « contenu sponsorisé ».

Vous allez sur mon Facebook, ce matin, vous tombez sur un tas de publication pour l’anniversaire de l’assassinat de Samuel Paty. Ce n’est pas critiquable. Chacun est bien évidemment libre de rendre hommage mais, après le dixième de la journée, qui lit encore les hommages publiés par les autres ? Pourquoi faire un hommage dans un réseau social ? Les cérémonies organisées par les instances de la Républiques me semblent tout de même plus fortes et sortir de chez soi ne fait pas de mal…

Je prenais seulement l’exemple du jour…

 


Ainsi, pour moi, le blog reste le bon support pour écrire, pour étaler un raisonnement. Il a le bon support, permet d’illustrer le blog, tant pour l’aérer que pour le rythmer, de faire des variations de couleurs, d’espacements… afin de le rendre plus lisible alors que les longues publications de Facebook deviennent rapidement chiantes, rien que pour la forme (je vous passe le fond : beaucoup de rédacteurs ne se rendent pas compte qu’ils ne sont pas meilleurs que les autres).

Un blog comme le mien a peut-être en moyenne 300 visiteurs par billets. Sans doute moins d’un tiers du public regarde ce que j’ai à dire et moins de la moitié lisent réellement. Il n’empêche que cela reste supérieur à ce que peut apporter les algorithmes de Facebook. Les 300 du blog deviennent peut-être 50… Donc les lecteurs de Facebook moins de 10.

Il faut garder un fond d’objectivité.

 

Vive les blogs politiques ! D'autant que les algorithmes Facebook n'en lisent pas (encore) les contenus. Et de toute manière, un billet de blog ou une publication Facebook, mais lues par 300 personnes dont 200 partisans, a une faible probabilité de convaincre les 100 autres... parmi les 50 millions d'électeurs.

14 octobre 2022

Blocage des stations d'intelligence collective


 

Un compromis, sans la CGT, a parait-il été trouvé dans cette histoire de blocage des raffineries entrainant une pénurie de carburant et un beau bordel. Evidemment, la droite crie à une prise d’otage, comme d’habitude, ce qui est une belle connerie… J’aimerais bien les voir réellement pris en otage. Mais, c’est sur les conneries de la gauche que je voudrais revenir, cette après-midi, tant on entend des absurdités dans ses rangs.

Tout d’abord, on nous dit « la grève est un droit constitutionnel ». C’est une locution très à la mode et on peut mettre, derrière, à peu près n’importe quoi. Le préambule de la Constitution de 1946, cité dans celui de celle de 1958 (on revient de loin), dit : « Le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le réglementent. » Vous admettrez qu’on peut l’interpréter autrement, comme : « bon, les gars, vous pouvez toujours faire grève, mais il faut que cela soit conforme à la loi. » En d’autres termes, le législateur pourrait modifier la loi en disant que l’on peut faire la grève dans les raffineries mais en rendant obligatoire la fourniture de carburant aux stations-services…

Arrêtons donc, d’abord, de faire dire n’importe quoi à la Constitution qui ne fait, clairement, que limiter le droit de grève.

 


Ensuite, on débat dans tous les sens du salaire des « opérateurs de raffineries » (on ne sait pas trop de quoi il s’agit) alors que l’on s’en fout. Ils ont le droit de grève et ont le droit de le « mettre en application » dans le cadre d’un conflit ou d’une négociation avec leur employeur. Ils font ce qu’ils veulent pour obtenir des augmentations et cela ne nous regarde pas. On peut les encourager, être admiratif et j’en passe mais ce n’est pas du ressort du grand public.

Par contre, le grand public n’a pas à subir ces fameux blocages. Je pense que si quelque chose devait être graver dans la Constitution, c’est la liberté de se déplacer, d’exercer une activité professionnelle et tout ça. Or cela n’a pas été garanti !

Les blocages amusent ou excitent des bandes de gauchistes dans les réseaux sociaux, comme s’ils étaient jaloux de ne pas pouvoir agir eux-mêmes…ou sont content de voir les autres perdre une partie de leur paye en luttant contre la première capitalisation boursière de notre pays. Par contre, ils oublient que les grévistes n’agissent pas pour l’intérêt général mais pour gagner plus de pognon (et je me répète : c’est tout à leur honneur).

 

En bloquant l’approvisionnement, nos grévistes ont pris à témoin l’ensemble des Français et les commentateurs en ont profité pour mettre la responsabilité des blocages sur le dos du Gouvernement. Or une grève devrait être le fait de mettre les patrons dans l’embarras pour les inciter à négocier, pas le grand public.

Tout ce bordel pourrait d'ailleurs avoir un impact au niveau électoral. Le bordel n’est aucunement de la cause de l’Etat et les électeurs ne sont pas tarés. Je ne suis pas du tout persuadé que les grands gagnants soient les partis majoritaires de la macronerie et surtout pas ceux (tout le monde est majoritaire, hein !) de gauche. Le sentiment général étant « ils nous emmerdent », je vois plutôt les formations d’extrême-droite tirer leur épingle du jeu…

 


Cela m’amène à faire un aparté au sujet de la taxe sur les dividendes exceptionnels adoptée récemment (en première lecture). Je suis partisan d’une modification de l’impôt sur les bénéfices pour les rendre bien plus progressifs et à un niveau européen. C’est d’ailleurs en cours et je trouve ça bien léger de les court-circuiter. C’est probablement un jeu du Modem pour bien montrer qu’il existe indépendamment de Renaissance (de mémoire, le nom, disons LREM), le tout en étant capable de déclencher des amendements majoritaires votés à l’unanimité des partis hors celui du Président.

C’est quand même fort. L’inutile Méluche a tweeté hier : « La macronie explose sur une taxe sur les superdividendes : adoptée par les députés contre l’avis du gouvernement, NUPES + Modem + abstention de Horizons. » Il n’a même pas assez de couilles pour dire que sa formation politique a voté comme le Rassemblement National.

 


En cherchant ses propos exacts, dans Twitter, à l’instant, je suis tombé sur d’autres perles.

« Je crois que la mobilisation et l'implication citoyenne, c'est ça qui fait vivre une société. Notre société ne pourra pas résister avec autant de pauvres et quelques riches qui s'accaparent toutes les richesses. » Accaparer n’est pas un verbe transitif mais peu importe. Pour la taxe en question, il n’y a pas de mobilisation ou d’implication citoyenne mais une espèce de barouf d’honneur des groupes parlementaires qui ne sont pas en tête. Il faut d’ailleurs bien comprendre que la distribution des dividendes n’est pas une accaparation des richesses : une fois les dividendes payés, le prix des actions baissent du même montant. Si une action vaut 100 euros, c’est que l’acheteur en bourse estime que cela le vaut. Si on verse 1 euro aux actionnaires, ils vont vite en déduire que l’action ne vaut plus que 99 vu que les réserves de l’entreprise ont diminué à cause de ce versement.

Il faut arrêter de jouer avec tous ces mécanismes d’autant que les électeurs ne sont pas dupes. Il faut arrêter avec les taxations castratrices et imaginer un système idéal de redistribution (qui passe évidemment par l’imposition mais seul le gouvernement de François Hollande avait aligné celle des revenus du capital sur ceux du travail : là, on fait n’importe quoi).

« .@HadrienClouet a déposé un amendement pour créer un motif légitime d'absence en cas d’impossibilité de s'approvisionner en essence. L'amendement est déposé, nous verrons ce que valent les hypocrites qui ne cessent d'essayer de dresser le peuple contre les salariés. » En d’autres termes, un patron de bistro devra verser son salaire à un barman qui ne peut pas venir bosser parce que des glandus d’une autre entreprise ont décidé d’un blocage. Où sont les hypocrites ? Qui dresse qui contre qui ?

« L’augmentation des prix du pétrole est due à un effet spéculatif. Les pays producteurs de pétrole ont décidé de produire en dessous du niveau nécessaire pour faire monter les prix. Macron aurait pu demander un prix plancher au niveau européen. Il n’a rien fait. » Tant qu’à faire, j’aurais préféré que Macron demande un prix plafond plutôt qu’un prix plancher… C’est moche de vieillir, quand même.

« Sûreté nucléaire - Notre proposition : des casques bleus autour des centrales en #Ukraine. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Et ne toujours pas le proposer ? » C’est pas comme si la Russie était au conseil de sécurité de l’ONU mais on s’égare…


C'est ballot : l'intérêt du peuple n'est pas le salaire des salariés de Total mais le fait de pouvoir mettre du carburant dans ses bagnoles. L'intérêt de la gauche n'est donc peut-être pas d'applaudir bêtement des grèves ou des textes passés avec l'appui de l'extrême droite qui se frotte les mains. Sales, bien sûr.

 

09 octobre 2022

Message de service(s)

 


Mon ordinateur personnel étant à Loudéac, je ne gère pas vraiment mes affaires du même métal pendant mes périodes à Paris. Le nom de domaine « JEGOUN.COM » arrivait à expiration hier. J’ai donc pris soin de prévoir mon retour en Bretagne dès jeudi mais cette histoire m’est sortie de la tête : JEGOUN.COM n’existe peut-être plus et c’est bien triste. J’ai fait le règlement ce matin mais j’ai merdé, j’espère m’en dépatouiller.

Sinon, adieu mon nom de domaine et tant pis. Vous retrouverez mes âneries à l’ancienne adresse que je communiquerai prochainement (par mail et à qui de droit, pour mise à jour des bloguerolles) à qui de droit.

De toute manière, à part Denis et Haka, je ne connais plus vraiment de blogs politiques actifs et l’on pourrait déblatérer, ce que je vais faire, sur les raisons. Mais toujours est-il que, compte tenu des usages actuels d’internet, les noms de domaine personnalisés ne servent plus à grand-chose.

 

Parmi ces raisons, il y a une lassitude, vu que cela ne sert pas à grand-chose d’autant que, à gauche, c’est de plus en plus compliqué de militer sérieusement… D’ailleurs, j’avais récemment qualifié mon blog de « pas militant » ce qui était une façon de parler : disons que je ne milite plus pour des mouvements politiques identifiés.

Cette lassitude m’a sauté aux yeux au fil des jours où j’ai vu les confrères et amis poser progressivement la plume. Pour ma part, je n’ai jamais eu le moindre doute sur le fait que je rédigeais des textes surtout pour moi-même ce qui fait que je n’ai pas grand-chose à cirer des commentateurs pas sympathiques qui n’ont rien compris au blog. Pendant des années, mon boulot a été de rédiger différents types de note, à un point que mes chefs me confiaient toute la prose du service s’ils voulaient que cela soit bien fait. Désolé pour mes chevilles mais je suis assez doué pour cela avec deux facettes : d’une part, rédiger le baratin nécessaire pour satisfaire les « sponsors » et autres chefs finançant nos projets et, d’autre part, être suffisamment concis pour ne pas être trop directif pour les informaticiens et ne pas brider leur fertilité ce qui permet de diminuer largement les coûts.

Il est très difficile, en effet, pour un « analyste » (dans l’informatique) d’expliquer un résultat attendu sans imposer des contraintes idiotes qui empêchent les informaticiens à aller droit au but, tout en soufflant des directions pour les empêcher de partir en vrille.

Evidemment, ceux qui me lisent pourront rigoler quand je me trouve concis mais trouvez donc une andouille qui fasse plus court que moi pour exprimer la même chose aussi profondément.

Toujours est-il que cela m’a lassé rapidement et j’ai pris l’habitude, voire le besoin, d’écrire des textes plus légers, d’où le blog…

 

Il y a d’autres raisons. Par exemple, depuis une quinzaine d’années, différents sites web plus ou moins institutionnels (par oppositions à l’amateurisme des blogueurs) se sont développés et on plus de métier pour cracher du militantisme. Pour ma part, je les juge sans intérêt à part qu’on y trouve parfois des informations intéressantes. Ils sont souvent écrits comme des pieds. Ensuite, une grande partie des publications et des réactions se fait maintenant dans Facebook. Enfin, Twitter a donné l’habitude aux gens de ne plus exprimer d’arguments mais de balancer soit des slogans soit des liens vers les sites dont je parlais…

Tant qu’à parler des réseaux sociaux, un de mes trolls me reprochait la fréquentation de TikTok qui n’est pas « sérieux » et fait de la propagande. Je lui ferais remarquer qu’en y allant, je sais ce qu’il s’y dit… Baver sur les médias qu’on ne connait pas est franchement crétin (ce qui ne veut pas dire que l’on doive absolument les suivre).

 

Je parlais de mes commentateurs pas sympathiques que l’on appelle, peut-être à tort, des trolls. Figurez-vous que leur nombre a doublé, suite à mon billet au sujet de notre prix Nobel, passant à deux.

Tout d’abord François, un lascar que j’ai viré il y a quelques semaines. Piqué au vif que je suis puisse critiqué une nouvelle star octogénaire et pris de je ne sais quel accès de mauvaise humeur, voire de folie, il m’a expliqué que, au moins, elle écrivait bien contrairement à moi qui multipliait les fautes de français.

Je reconnais bien volontiers ce fait, j’ai de plus en plus la flemme de me relire (mais c’est aussi une déformation professionnelle : les documents que je rédige sont relus par un tas de chefs et je préfère qu’ils fassent un focus sur les fautes et erreurs de français plutôt que sur le fond). Mais j’ai vraiment la flemme. Cela étant, il n’a pas compris que mon billet ne portait pas sur la dame mais traitait des arguments débiles des féministes pour défendre le voile. Je me fous franchement du prix Nobel de quelqu’un que je ne connais pas (au moins, quand Modiano a eu le sien, j’en étais un lecteur).

L’autre est évidemment Arié qui a dit que le port de la soutane avait été interdit sur le territoire de la commune du Kremlin-Bicêtre en 1900. Je me suis demandé s’il pouvait imaginer que je l’ignorais vu qu’habite là depuis près de 29 ans. Ensuite, il a mis trois fois le même lien pour prouver ses dire. C’est d’autant plus con que j’en ai parlé plusieurs fois dans le blog.

Son commentaire était doublement hors sujet pour deux raisons. La première est que le sujet de mon billet était les arguments des féministes ou, plutôt, de ce qu’on appelle à tort ou à raison, des « néoféministes ». Rien à voir avec la soutane. La deuxième est que je « veux » que l’on arrête de faire l’amalgame entre les tenues portées par les « officiers du culte », ces braves gens qui sont entrés dans les ordres, ont prêté serment ou que sais-je… et les gens obligés de porter une tenue spécifique à cause de leur religion.

 

Je vais continuer à virer les trolls, ça me fait des vacances et ça me permet de maintenir, dans mon blog, ce que je veux y voir figurer. A noter par ailleurs que je ne peux plus aller sur mon blog avec mon ordinateur professionnel et qu'il y a un tas de bug sur la version "smartphone" : il est probable que j'arrête prochainement de répondre aux commentaires et de commenter les billets des copains.

C'est bien dommage.


07 octobre 2022

Ernaux futur


 

C’est chouette ! Nous avons deux prix Nobel, cette année. Je les félicite sincèrement malgré toutes les saloperies que je me prépare à sortir. Je comprends parfaitement ceux qui se réjouissent en particulier de l’attribution du prix Nobel de physique à Alain Aspect, en même temps qu’à d’autres lascars, même si je me demande si ses écrits valent bien un prix Nobel de littérature. Quant à ceux d’Annie Ernaud, je n’ai lu que les quelques extraits lus dans Facebook, hier, et je me demande si le jury n’était pas saoul au moment de la délibération.

Entre nous, je ne vois pas comment un jury international peut juger de la prose d’une personne qui écrit dans une langue probablement à peine déchiffrée par les trois-quarts d’entre eux mais je ne vais pas tergiverser par pure méchanceté. Ah ! Si. On va dire que c’est politique, en fonction de la notoriété et tout ça et, au fond, je n’avais pas ronchonné quand Modiano était monté sur la plus haute marche.

Mais, au moins, j’avais lu quelques bouquins. Alors que, pour Ernaux… J’avais même oublié son existence et il a fallu que je prenne des renseignements en lisant des réactions dans les réseaux sociaux.

 


C’est chouette ! On a une polémique suite à l’attribution d’un prix Nobel à une Française. Je ne sais pas comment on peut qualifier la dame : woke, islamogauchiste et j’en passe. Rayez les mentions inutiles. J’entends bien les réactions de ces partisans qui, en fin de compte, « nous », ses opposants, traitent de « peine-à-jouir ». Tant pis ! J’assume.

J’ai mis le mot « nous » entre guillemets car je ne suis pas franchement un farouche opposant. Il n’empêche que Mémé défendait le port du voile, notamment par des tribunes, qui, au fond, sont à mourir de rire. Surtout, elles expliquent pourquoi elle mérite un prix. Elle sort une tribune à rallonge, peut-être bien écrite mais je ne suis pas un spécialiste, en racontant strictement n’importe quoi et, on est tellement sur le cul, qu’on ne peut dire que « c’est strictement n’importe quoi ». C’est sans doute la preuve que c’est une brillante intellectuelle et qu’elle mérite amplement son prix même si c’est un prix d’ami, probablement.

 


Tenez cette bafouille parue dans libération, datée de 2019, au moment de l’affaire Décathlon (je précise que c’est un lien qu’on m’a communiqué à ma demande, je ne tiens pas des dossiers - j'insiste : contrairement à des camardes, j'ai une très mauvaise mémoire pour ces machins - et il y a des moyens plus facile que Google pour trouver des âneries). Elle y défend le « hijab de course ». Dès l’introduction, il y a un monceau de mauvaise foi : elle reproche les « attaques » faites contre les commerçants lors d’une critique fait aux commerçants. Il fallait oser ! Le tout « faute de pouvoir s’en prendre à celles qui portent le hijab ». Je suis désolé, mais je n’ai aucune raison de m’en prendre à de pauvres femmes obligées à s’habiller en porte de prison à cause d’un système patriarcale.

Non mais sans blague ! Et en plus, t’as vu ça, hein ? J’arrive à utiliser la rhétorique des féministes…

 

Venons-en au second paragraphe même si on va penser que je fais des citations par pure fainéantise. « Si quelques voix ont souligné la liberté d’une entreprise privée de vendre ce qu’elle veut, d’autres rappelé que c’est l’Etat qui est laïque et non pas les individus, lesquels ont le droit d’arborer les signes d’une pratique religieuse (la loi de 1905 n’a pas obligé les prêtres à enlever leur soutane ni les religieuses leur voile), il n’a pas été fait mention de cette violence infligée, une nouvelle fois, à une partie des femmes qui vivent, travaillent, étudient sur le sol français, qui sont une composante de notre société. »

Décathlon peut bien vendre ce qu’il veut et cela n’a évidemment rien à voir avec la laïcité mais les gens sont libres, tout autant que cet honorable commerce, de critiquer et de boycotter. Le commerce voit ses intérêts commerciaux et retire ses produits. Nous voila avec des gauchistes en peau de fesse qui défendent des entreprises qui soutiennent les religions contre ceux qui considère l’opium du peuple et tout ça.

Quand je vous ai dit qu’elle racontait n’importe quoi ! Pour ma part, préventivement, je n’ai jamais mis les pieds dans un magasin d’articles de sport. Je fais du boycott d’anticipation.

 


Le troisième, youpi ! « Violence, parce que sous couvert de défendre la liberté et l’égalité, dans les faits on tente de limiter le droit des femmes qui portent le hijab, ici, à faire du sport, là à chanter dans un télé-crochet (Mennel), à militer (Maryam Pougetoux), à accompagner des enfants en sortie scolaire (et se souvient-on de ce projet d’une sénatrice socialiste d’interdire le voile, dans leur domicile, aux assistantes maternelles ?), naguère à fréquenter les plages et se baigner. Bref, c’est de la vie collective qu’on cherche à les écarter. »

Si je comprends bien, d’emblée, il faudrait conchier la défense de la liberté et de l’égalité. Ensuite, on mélange un peu tout histoire de perdre le passant. Tout d’abord, on interdit le voile aux accompagnatrices d’enfants en sortie scolaire car elles font alors une mission bénévole de service public et les parents n’ont pas à refiler la garde de leurs gamins à des prosélytes, même de rouge. Elles chantent comme elles veulent dans les télé-crochet et on a bien le droit de se foutre de leur gueule, même méchamment.

La dernière phrase est un pur mensonge : on ne cherche pas à éloigner des femmes de la vie collective. Elles s’éloignent elles-mêmes en portant certaines tenues. Si on les tolérait, alors qu’elles sont obligées de se vêtir ainsi, cela reviendrait à soutenir la société patriarcale (bis) qui leur impose des contraintes.

 

Pour le quatrième, je vais me contenter d’un extrait : « Qu’avaient-elles à dire sur cette possibilité de pratiquer le sport conformément à leur croyance ? » Encore une fois, on ne leur retire rien (sauf le burkini mais on ne va pas refaire le débat). En outre, je ne vois pas ce que les croyances religieuses ont à faire dans le débat à propos du sport. Aussi bien, dans certains des pays d’origine, elles n’ont même pas le droit de faire du sport ! Ici, on se contente d’insister sur la nécessité de se vêtir conformément aux pratiques en vigueur, comme pour les petites culottes à Wimbledon.

 

Je ne vais pas tout citer. La chronique est longue mais tout est l’avenant. Tenez ! « Comment nous, femmes féministes, qui avons réclamé le droit à disposer de notre corps, qui avons lutté et qui luttons toujours pour décider librement de notre vie pouvons-nous dénier le droit à d’autres femmes de choisir la leur ? » Je ne suis pas une femme féministe, vous me direz, mais… D’une part, on ne dénie aucun droit sauf le port de certaines tenues pour faire des missions de service public et pour tenir certaines activités tout aussi publique (elles n’ont qu’à avoir des piscines privées… Smiley, hein !). D’autre part, peut-on raisonnablement dire que ce sont ces femmes qui choisissent leur tenue ?

C’est quand même amusant que ce prix Nobel soit accordé après les événements en Iran et que des gonzesses qui se disent féministes continuent à défendre les propos passés de notre joyeuse prix Nobel.le !

Je vous laisse lire le reste de la tribune. S'il y avait un Nobel du nombre d'âneries par ligne, elle mériterait une statue à Stockholm. 


 

Félicitations, encore, à nos nouveaux champions !

 

05 octobre 2022

Qatar ta gueule à la récré



« En 2029, l'Arabie saoudite sera le pays hôte des Jeux asiatiques d'hiver, qui se dérouleront dans la mégalopole futuriste de Neom. » L’idée semble effectivement saugrenue et même si, pour ma part, je n’ai aucune idée de la météo dans le coin, les écolos très divers français qui ne sont pas occupés à nous arracher les couilles sont scandalisés : c’est – sans doute – un scandale environnemental. Néanmoins, tout cela ne fait que confirmer que l’on nous prend pour des cons. On nous demande des mesures individuelles, comme pisser sur l’étendoir à linge où sèchent les cols roulés en mangeant du quinoa, alors que nos problèmes climatiques ne viennent pas spécialement de nos comportements individuels mais de celui de quelques géants, Etats et industriels…

En outre, l’Arabie prépare « l’après pétrole » et est bien obligée de penser à l’avenir du pays, d’où ce projet « Neom » (Google est votre ami mais ça ressemble quand même à de la folie) pour éviter de se retrouver dans le tiers monde… Je ne vais pas les blâmer et je ne vois pas pourquoi je serais vraiment autorisé à juger tout le monde.

Mais tant que les internautes français grilleront de l’énergie à hurler…


 

Alors, revenons au Qatar et à la coupe du monde de foot. De nombreuses municipalités ont annoncé ne pas vouloir mettre des écrans géants et, hier, Paris s’est joint au lot. C’est assez ridicule si l’on considère que le Qatar est le principal sponsor de l’équipe de foot locale et notre éternel champion de France par intermittence. Ridicule et abject (d’autant que le PSG verse en moyenne 200 millions par an à la ville qui a oublié de cracher dessus).

Tout d’abord, il fallait gueuler avant et, outre les scandales divers, le nombre de morts prévisible, les conséquences sur le climat…, le plus gros problème est quand même que le foot est un sport populaire et que le Qatar « n’a pas de peuple ». D’autres pays, je pense en particulier aux grands pays d’Afrique, auraient largement mérité de recevoir cette compétition.

Les communes françaises qui boycottent n’ont ne sont pas franchement légitimes pour le faire : pourquoi iraient-elles privé le peuple local de manifestations populaires. Que feront-elles si l’équipe de France se retrouve en demi-finale ?

J’espère que les bistros prendront le relai et je me demande si ceux qui annoncent le boycott ne le font pas par opportunisme. Aussi bien, ils n’ont pas de téléviseur et ne diffusent jamais les matchs. Un peu de sérieux.

 


On nous parle de climatisation mais la température moyenne, au Qatar, vers novembre et décembre, est de l’ordre de 20 degrés et la climatisation ne sera fonctionnelle qu’environ cinq heures les jours de match sans compter que les systèmes fonctionneront à l’énergie solaire. Je suis allé faire un tour chez Google pour prendre connaissance du sujet : je m’étonne que les arguments des climatiseurs soient aussi peu pris en compte (il y en a plein, comme le fait que baisser un peu la température permettra de limiter la gravité des blessures des joueurs) par rapport à ceux des lascars qui crient au scandale sans aucune donnée chiffrée. Aussi bien, la consommation d’énergie (et je ne parle pas du fait que, en plus, elle est solaire) sera moins importantes pendant le mois que celle des tours de la Défense partiellement inoccupée à cause du télétravail pendant une demi-journée. Au fond, je n’en sais rien.

La température moyenne au Qatar « les mois de match » est du même ordre d’idée qu’en France et largement inférieure à celle au Brésil. La climatisation faisait scandale quand la compétition était prévue à l’été mais, à l’époque, personne dans nos salons parisiens ne disait rien, mais à partir du moment où elle a été décalée, on s’en fout un peu. Beaucoup de stades récents sont climatisés aux Etats-Unis et ces systèmes sont destinés à devenir la norme.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Outre ce que j’ai dit sur la localisation de la compétition dans un petit pays, je trouve évidemment stupide de climatiser des espaces ouverts mais je trouve assez ridicule les différentes réactions. Tant pis.

 


Il reste les 6500 morts en 10 ans. Boycotter la compétition ne les fera pas revenir et cela reste plus de dix fois moins que les morts à cause de la pollution en Ile-de-France. C’est du même ordre d’idée que le nombre de morts en France chaque année par accident du travail (même si, évidemment, notre pays est bien plus peupé). Comparaison n’est pas raison mais c’est tout ce qui concerne les conditions de travail dans « ces pays » qui est probablement à revoir (et ils le feront sans nos gauchistes). Par exemple, la loi, au Qatar, autorise 60 heures de travail par semaine, avec un seul jour de repos.

Mais n’oublions pas que nous ronchonnons sur internet grâce à des produits construits par des gamins à l’autre bout du monde.

Mes condoléances aux familles et aux proches. Aussi bien, les familles seraient mortes de faim si la Qatar n'avait pas fait venir de la main d'œuvre. L'esclavagisme aurait du bon ?

 


Il reste que je n’aime pas spécialement le foot. Probablement une question d’éducation, de prime jeunesse ou je ne sais pas. Sans compter que quand on jouait avec les copains, comme tous les petits gros, j’étais cantonné dans un poste de gardien de but. Mais je regarde les matchs au bistro, avec les copains, en buvant des bières…

En faisant la fête, quoi ! Et vous ne nous priverez pas de nos fêtes.

 

J’espère que personne ne critique les Arabes parce qu’ils sont des arabes, hein ! Et que nos réfractaires nationaux et gauchistes boycotteront ce sport qui fait circuler des milliards d'euros et permet à des andouilles de s'enrichir ignoblement. J'espère qu'il ne l'oublieront pas en regardant Benfica PSG, ce soir...


04 octobre 2022

Passer les morts au barbecue et autres billevesées non voilées

 


L’actualité politique est très riche depuis quelques jours. Je passe l’espèce de discours de Macron en col roulé qui voudrait nous faire participer à je ne sais trop quel truc. Il ferait mieux de s’occuper de ses deux proches ayant des ennuis avec la justice. Il y a le dépôt de plainte de Mme Quatennens contre son époux. Pour les trois, je reste sur ma position : rappeler la présomption d’innocence. Mais, au moins, l’Adrien c’est mi en retrait… A ce sujet, je vais dire du bien de Mathilde Panot, ma député, qui a envoyé se faire cuire le cul (j’adopte les langages à la mode) des journalistes qui voulaient la démission du gugusse : qu’il s’occupe de ses fesses. A voir l’interview, on sentait qu’elle avait envie de lui coller un aller-retour et on ne peut lui donner tort.

Il y le tweet de Mémère Obono qui envoie les gens qui ne sont pas d’accord avec « manger leurs morts ». Ce n’est pas franchement du niveau des élus de la République, cette dernière sortirait un peu grandie si des branquignoles payés 7000 euros, par mois et par nos impôts, apprenaient à fermer leurs gueules. Cela étant, je ne rentrerai pas dans le jeu des différents militants qui comparent ces différentes histoires du genre "plus grave que ça, tu meurs". 

Tous ces branleurs méritent le cabanon. C'est tout.

 

Ce sont deux autres aspects que je voudrais évoquer, ce matin, avant même d’avoir pris mon huitième café : le voile et la vapeur le Printemps Républicain. Des esprits pas si tordus que ça feront le rapprochement entre les deux mais les faits ne font que se télescoper…

 


Le tweet Obono fait suite aux polémiques après la manifestation de soutien aux femmes iraniennes qui ne baissent pas leurs focs par rapport au voile. Je me suis rappelé que cette querelle entre les féministes qui défendent le voile et celles qui voudraient en faire des torchons est au moins aussi vieille que ma présence dans les réseaux sociaux. La position des premières est qu’il faut laisser la liberté aux femmes de s’habiller comme elles veulent et celles des autres est qu’elles ne sont pas libres et que l’obligation du port par ceux qui interdisent le porc est une marque politique d’une part de soumission des femmes et d’autre part d’affirmation politique de l’islam même si j’ai déjà été plus clair. Je me range évidemment à cette dernière opinion qui me parait de bon sens.

Entre nous, je me suis toujours demandé comment ceux qui défendent le voile peuvent se prétendre de gauche (et féministes mais ce n’est pas mon problème) : ils estiment défendre des opprimés alors que les « porteuses » sont les opprimées, de toute évidence. Ils défendent un truc religieux et ont oublié Marx. Défendre une tenue religieuse me semble plus proche de l’extrême droite mais ces pingouins se demandent pourquoi on les traite d’islamogauchistes. A la limite, les élus qui défendent le voile peuvent le faire par clientélisme mais les militants n’ont aucune excuse.

Je lisais récemment une interview de Jean-Louis Bianco, le fossoyeur de l’observatoire de la laïcité. Il ne raconte pas que n’importe quoi mais il se plante parfois violemment au sujet de la laïcité et de ce qui doit aller avec. Par exemple, dans ces propos, il défendait la liberté des femmes voilées d’encadrer bénévolement des sorties scolaires vu qu’elles ne sont pas fonctionnaires. Dans la mesure où elles accomplissent une mission de service public pour aider les instits, les sont évidemment assujetties aux mêmes obligations. Je ne vois pas pourquoi des parents seraient obligés de confier leurs mômes à des petites dames, sûrement pleine de bonne volonté, faisant du prosélytisme…

Les histoires récentes avec l’Iran me semblent montrer que ma position est la bonne. Me voila donc de retour dans le camp du bien. Ca s’arrose.

 


Ce que je voulais dire du Printemps Républicain n’a rien à voir avec la laïcité, pour une fois, mais ils viennent d’envoyer Macron se faire « cuire le cul » suite au discours dont je parlais en introduction. Il a tweeté en réponse à une tweet du Président annonçant son discours : « Communiqué officiel du Printemps Républicain : Merci Président mais on a déjà donné ! »

Voyant cela, je fus bien surpris pour la forme comme pour le fond puis assez content.

J’étais membre du PR il y a quelques années mais, en 2021, étant malade, j’ai oublié de renouveler ma cotisation. Début 2022, je n’étais pas satisfait de sa position en préparation des élections avec son rapprochement avec LREM. Du coup, je ne me suis pas réinscrit (ce qui ne m’a jamais empêché d’être totalement en phase avec eux sur les déclarations hors « politique politicienne).

Ca pourrait bien changer.

 

On va laisser un peu de temps, tout de même. Il me semble maintenant un peu souhaitable que tous les gugusses qui s’éloignent de la macronerie et de la nupserie s’entendent un peu… Je ne vais pas m’inscrire partout. Le spectre est assez large, entre les centristes pur jus et les gauchistes républicain mais rien n’est simple dans la vie, ma pauvre dame.

03 octobre 2022

Les petites Rousseau font les grandes misères

 


« Ce matin je lis des posts de mecs ouin-ouin qui ont peur de Coffin et Rousseau. Peur de quoi les gars? Coupage de glaouis? (Despentes étant rentrée dans le rang, heureusement qu'il reste quelques meufs qui ne lâchent pas l'affaire, sinon on retourne aux fourneaux et au devoir conjugal fissa) » est ce qu’a dit une copine dans Facebook, ce matin.

Je vais lui dire : je peux faire des publications de pleurnichard au sujet de Ruisseau (pas de Coffin, j’avais oublié son existence) parce qu’elle m’énerve à vouloir nous couper les couilles, surtout le mois où on fait des publications contre le cancer du sein. Il faudrait quand même que les deux sexes puissent cohabiter sur cette planète. L’un dans l’autre.

Par contre, je n’en ai rien à cirer, dans le fond. Si je m’intéresse à ce que dit la furie, c’est uniquement pour pouvoir rigoler dans les réseaux sociaux, y compris mon blog. Ce ne sont ni les réseaux sociaux ni les médias audiovisuels qui me font suivre l’actualité et que je me fais un plaisir de survoler, d’ailleurs, pour mieux voir ce que peuvent penser les gens. Tiens ! Je lisais des internautes français qui parlaient des élections au Brésil en priant pour la victoire de Lula. Au fond, beaucoup de lascars souhaitent sa victoire car on n’aime pas l’autre, là, le Borsalino ou je ne sais plus, et puis Lula ressemble au père Noël… mais on s’en fout, au fond. C’est le thème de ce billet. Ce qui n’empêche pas que nous avons la sagesse de penser que les Brésiliens savent mieux que nous ce qui est bon pour eux.

Cela étant, l’Amazone n’est pas un Ruisseau et la dame de nage et d’émasculation réunies finira balayée aux élections nationales avec un 2% pas Joly Joly. Cela ne m’empêche pas, en tant que sympathisant politique, de penser, justement, que mémère est mortifère pour son camp et ce qui me gène est que ce dernier est proche du mien. Alors j’en parle.

 

Madame Sandrine Rousseau a réduit l’écologie politique à une émasculation mais elle a oublié le mode opératoire pour la gestion des couilles usagées. Peut-on les mettre dans le compost ?

Il n’y a pas de quoi être fiers, les verts…

02 octobre 2022

Une refondation de la gauche - l'Europe en ligne de mire



Ca doit être la mode, chez les socialos, de diffuser des tribunes dans le JDD. Je signerais bien la dernière si j'étais au Parti Socialiste mais j'ai déjà posé ma croix sous les papelards de Dray et de Cazeneuve... Je ne peux pas tout rénover avec mes petits bras. Il s’agit, cette fois, d’un texte de dirigeants du parti, proches de personnalités assez peu partisanes de la direction actuelle du parti, comme Hélène Geoffroy (principale opposante à Olivier Faure), Anne Hidalgo et Carole Delga.

Il s’agit, cette fois, de : « rassembler les socialistes sur l’essentiel pour pouvoir espérer à nouveau rassembler la gauche durablement ». J’ai tout lu, je vous jure, mais c’est un peu abscons et surtout très chiant : ça ne parle pas de bière et de nichons. Et comme les motions des congrès, on a du mal, quand on est à l’extérieur, de voir la différence avec les autres publications.

 


Il y a des points qui me touchent particulièrement et auxquels j’adhère. Un extrait : « Refondation de la République, pour qu’elle tienne toutes ses promesses de liberté, d’égalité et de fraternité. Par le renforcement et le redéploiement de ses services publics dans tous les territoires, par la priorité absolue à l’éducation, à la santé, à l’enseignement supérieur et à la recherche. Par un soutien sans faille à la Culture que nous considérerons toujours comme « essentielle ». Par le renforcement et l’impartialité de sa justice et de sa police déployées au plus proche des citoyens. Par son engagement contre toutes les discriminations, le racisme, l’antisémitisme, le sexisme et l’homophobie, et pour faire vivre la laïcité partout. Par l’aboutissement de sa décentralisation, pour donner enfin de l’air et de la visibilité budgétaire aux territoires, en co-construisant les politiques et en clarifiant les compétences. »

Il va de soi que je me fous un peu de la culture (on pourrait en discuter mais tant que l’on continuera à subventionner des va-nu-pieds sans une nette priorité pour l’apprentissage de la musique et l’éducation des mômes via le renforcement de médiathèques, par exemple, je m’en contre-pignole). Il va de soi, aussi, que je ne serai pas d’accord avec les rédacteurs quand ils parlent du renforcement des services publics (tant la plupart le réduise, dans leurs discours, au maintien de bureaux de poste dans des trous à rat d’où ne part aucun courrier ou à la construction de voies ferrées totalement inutile mais ça fait joli dans un bilan). Pour le reste, oui ! Ca me fait penser que je n’ai pas fait de billets sur la décentralisation depuis la nuit des temps.

 


C’est, toutefois, la partie sur l’Europe qui m’a incité à déballer mon clavier, aujourd’hui. A droite, ils ne pensent qu’à supprimer les normes de courbages des concombres et, à gauche, ils veulent imposer de nouvelles normes dont ne veut personne tout en conchiant les accords existants. Cette fois, on voit enfin une proposition pour renforcer l’Union Européenne sans énerver les zouaves qui se pensent patriotes ou penchent vers le nationalisme. Défendre l’Europe du travail, par exemple (et même si cela ne veut pas dire grand-chose), n’est pas une perte de souveraineté.

Ce n’est pas vraiment le sujet de mon billet mais je pense sincèrement que c’est ainsi qu’il faut parler puis agir.

Je vais citer la conclusion de la première partie qui est très jolie : « Pour mener à bien ces refondations, nous revendiquons la radicalité des politiques publiques nécessaires. Car c’est bien à la racine que tous ces défis doivent être relevés. Et vite, car le temps nous est compté. Mais cette radicalité ne peut se confondre avec les démagogies et populismes qui conduisent au chaos. Chercher la vérité et la dire, c’est avoir le courage de nommer les problèmes autant que celui de proposer des solutions ambitieuses mais crédibles, que nous réaliserons réellement. Elles seules sont susceptibles de rassembler et d’emporter l’adhésion d’une majorité de nos concitoyens. »

 

La suite est consacrée au Parti Socialiste et à son prochain congrès. Encore un extrait (je fais un billet de fainéasse) : « L’accord électoral Nupes a été le produit de l’état « comatique » de la gauche sociale et écologique, une réponse électorale unitaire attendue par le peuple de gauche face à sa dispersion, une réponse conjoncturelle visant à préserver sa présence à l’Assemblée Nationale et y agir ensemble. Pour regagner et créer une dynamique positive, d’espérance et de conquêtes, sans laquelle la gauche même unie est condamnée à n’être qu’une force d’opposition plus ou moins forte, nous devons la refonder avec audace et sincérité, et changer son centre de gravité actuel qui la conduit à l’impasse. » Je vais traduire pour les non-comprenant. En bleu, tiens ! Certains zozos ont voulu s’allier avec des radicaux pour sauver leurs postes au Parlement mais il convient de retrouver le centre gauche, la base de notre électorat. Fin du bleu. J’ai mis en gras, tant qu’à cliquer sur des trucs.

Vous pouvez tout lire, aussi ! Prenez trois cafés avant et mettez la musique à fond, tout de même.

 


On a vu récemment dans la presse (article réservé aux abonnés et comme c’est le Figaro, je ne peux pas lire) que la direction actuelle du PS (contrairement à celle du PCF et d’EELV) envisager sérieusement de continuer l’alliance avec LFI. Comme le dit le camarade Audibert dans Facebook : « Donc le parti socialiste réfléchit à faire liste commune à l'élection européenne avec des anti-europeens, dont le chef de file voulait supprimer le drapeau européen à l'Assemblée Nationale ? Il va falloir réfléchir vite et arrêter les conneries. Vendre son âme, son passé, son histoire, pour sauver quelques sièges n'a jamais été la bonne solution. »

Mitterrand doit en effet se retourner dans sa tombe.

Si jamais une telle alliance devrait voir le jour, j’appelle tous ces braves gens qui font des tribunes que je signe (ou pas, en l’occurrence) à monter un nouveau parti. J’appelle surtout les militants socialistes à ne pas reconduire Olivier Faure, au prochain congrès, mais je suis assez pessimiste, tant les militants socialistes sont suivistes derrière leurs dirigeants élus… Ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon qui me contredira, surtout qu’il a « fait carrière » après avoir déserté ce panier de crabes.

 

En appeler à Mitterrand, c’est mal, je sais. Surtout pour prôner à demi-mots une scission du PS… Mais cette élection européenne est l’occasion rêvée pour cette refondation.

 

J’ai écrit en vert, cette fois. Il n'y aucun jeu de mot dans le titre de ce billet.

01 octobre 2022

Autrices, on crie !

 


« Nombreuses sont les femmes qui refusent de féminiser leur métier d’écrivain et de se faire appeler «autrice» ou «auteure». » J’ai eu la chance de pouvoir lire cet article du Figaro pourtant réservé aux abonnés. Je ne vois pas, effectivement, pourquoi une « femme qui écrit un livre » voudrait passer pour « autre chose » qu’une « personne qui écrit un livre », comme s’il devait y avoir une catégorie spécifique, un peu comme en sport, où, pourtant, on imagine les raisons…

Depuis que je tiens ce blog, j’ai beaucoup discuté avec des féministes, souvent devenues des bonnes amies, qui m’ont très souvent convaincu à de nombreux sujets (je me rappelle notamment d’une discussion avec Olympe au sujet du « plafond de verre », phénomène que je minimisais beaucoup… Et ne parle pas d’Elodie qui sait être convaincante à plein de sujets ni d’autres, moins militantes mais tout aussi convaincues). En revanche, voir des hommes – de potes – se prétendre militants féministes m’a toujours amusé. Je dois être un méchant réactionnaire, peut-être de gauche, mais avec de mauvaises fréquentations…

Par exemple, je ne concevrai pas que l’on puisse remplacer les jeunes filles blondes à l’accueil de l’immeuble ou de bosse par mecs ou même des grosses pétasses, même si ça serait probablement très amusant. Dans mes sources d’amusement, il y a la fameuse charge mentale qui me laisse pantois. Je suis sans doute idiot, mais je ne vois pas l’intérêt, par exemple, de repasser des draps lavés et séchés dans la journée avant de les remettre sur mon lit ! Autant vous dire que je ne vois pas l’intérêt de faire un lit avant d’aller se coucher alors qu’on va commencer par « défaire le lit » notamment s’il fait un peu chaud. Mon féminisme a vraiment des limites.

D’autres aspects m’énervent comme l’espèce de totalitarisme qui veut qu’on arrête de séparer les mômes entre celleux (si je puis me permettre) qui jouent au foot et celleux qui préfèrent la corde à sauter.

 


Cela ne m’empêche pas d’être un foutu égalitariste sur des tas d’aspects, notamment au niveau professionnel et salarial et cette manie qu’ont certains lascars de se regrouper pour s’assurer que c’est bien un des leurs qui deviendra le nouveau patron m’énerve au plus haut point et pas uniquement parce qu'il y a une inégalité mais aussi parce que c'est insupportable de voir des abrutis encravatés monopoliser des estrades.

Et je ne suis pas sûr que séparer les « auteurs » des « autrices » aille vraiment dans le bon sens.

J’ai néanmoins un côté pragmatique : par exemple, je ne vois pas ce qui pourrait faire que les employeurs ne préfèrent pas embaucher des hommes de trente ans dont la probabilité de tomber enceinte est assez faible, quoiqu’en dise le planning familial, plutôt que des femmes. C’est certainement immoral, certes, mais c’est humain.

Je vais le dire autrement : en politique, on essaie de pratiquer une espèce de parité imposée par la loi. Cela m’agace sérieusement car cette « mixité » devrait être naturelle. Mais, par pragmatisme, bis, je veux bien qu’on impose des choses pour faire bouger le monde. Il n’empêche qu’un parti politique obligé de présenter des femmes dans la moitié des circonscriptions pourra toujours leur réserver aux hommes celles présumées gagnables. C’est d’ailleurs ce que l’on voit sur le terrain ! La solution a peut-être été trouvée pour les élections départementales (ce sont des paires qui se présentent dans les cantons) mais, d’un point de vue opérationnel, c’est quand même insupportable d’avoir « un chef des hommes » et une « cheffe des femmes » ! Ca va contre tous les principes d’égalité, il me semble.

 


J’habite dans une banlieue rouge : la candidate ou le candidat issu de la gauche radicale est à peu près sûr d’être élu (ou élue, m’énervez pas). Ma député est Mathilde Panot. C’est une femme.

Notons que je veux bien dire « ma député » au lieu de « mon député » ce qui est une faiblesse de ma part, je le concède, mais il est hors de question que je dise « ma députée » en petite vertu d’une règle d’orthographe (rappelée par Google : « Les noms féminins terminés par té et tié ne prennent pas de E muet final, SAUF les SIX exceptions suivantes : la butée, la dictée, la jetée, la montée, la pâtée, la portée, ainsi que tous les noms qui indiquent une quantité ou un contenu : l'assiettée, la fourchetée, la brouettée, la charretée, la pelletée... »).

Je ne sais pas pourquoi Mme Panot a été désignée comme la candidate. Sans doute les militants locaux ont-ils pensé qu’elle était la plus apte pour faire le job (candidate puis député), ce qui est tout à leur honneur. Peu importe. Elle est « progressivement » devenue cheffesse du groupe LFI à l’Assemblée, probablement grâce à la parité.

 


Toujours est-il qu’elle a déclaré à propos d’Elisabeth Badinter : « Dire autant de bêtises en un temps aussi réduit, relève du talent. » C’est insupportable. Je ne parle pas du fait que comparer les capacités intellectuelles des deux femmes semble surréaliste : c’est la saucisse de Francfort qui se moque de celle de Morteau. Ma député tient son poste du combat mené par des générations de femmes qui se sont battues pour la cause…

Je ne vais pas rappeler ce qu’a dit Madame Badinter (et que, vous l’aurez saisi, je juge de bon sens mais je préfère l’avoir elle, comme référence, que Madame Rousseau). Je ne vais pas rappeler, non plus, tout ce qui a été dit à son sujet. Je vais quand même répété ce que j’ai écrit à propos des histoires récentes : il aurait fallu lâcher la grappe à Adrien Quatennens à partir du moment où il a démissionné de son poste de coordinateur de LFI (le reste est du ressort du privé et Jean-Luc Mélenchon a parfaitement eu raison de rappeler son affection, même si son message était mal foutu) et Sandrine Rousseau aurait dû saisir la justice quand elle a été avertie de ce qui touche Julien Bayou (je vous laisse quand même lire l’article de Libération rappelant le contexte mais il est réservé aux abonnés).

Je vais aussi rappeler ce que je disais à époque de « #metoo » : « Noble combat mais attention à la présomption d’innocence, bordel ! ». Cela ne m’empêche pas de penser, par exemple, que les propositions de LFI pour lutter contre les violences faites aux femmes en augmentant fortement les budgets pour leur permettre de parler, de chercher une protection… sont bonnes. Et de penser que la justice et la police feraient mieux de consacrer du temps à ce sujet qu’aux jeunes des banlieues qui vendent des cigarettes de contrebande à des laissés pour compte sans oseille. On ne mesure pas la souffrance au quotidien de ces milliers ou dizaines de milliers de femmes battues par des imbéciles qui ne méritent que le mépris avant de finir dans les bas-fonds de nos geôles républicaines.

 


Tu te demandes peut-être pourquoi je dégoise toutes ces âneries.

C’est simple, je n’aime pas ce néoféminisme limite woke et je pense que toutes ces bêtises sont nuisibles à la cause du féminisme, tout comme à la cause de la gauche, en général, ce que je dis souvent et depuis longtemps à différents sujets mais les scrutins finissent par me donner de plus en plus raison.

La France a une histoire et la cause des femmes avance progressivement, peut-être trop lentement, mais il faut laisser du temps au temps et ne pas tout balancer sur la table au cours d’une canicule et du mois qui a suivi, entre la virilité des mangeurs d’entrecôtes au barbecue et l’enterrement des icones du féminisme, le tout sur un fond de ce qui n’est qu’une succession de faits divers…

Emmanuel Macron a menacé de faire une dissolution (ce qui fait hurler ce qui disait, juste après les élections, qu’ils l’obligeraient à faire cette dissolution… mais le ridicule ne tue pas). S’il l’a fait, j’ai bien peur que la gauche ne s’en remette pas et qu’on se trouve une majorité présidentielle vaguement renforcé et une extrême droite épanouie, si on n’arrête pas de raconter des conneries.


N.B. : chercher "hôtesses d'accueil" dans Google Images (ce que je viens de faire pour illustrer ce billet) vous donnera la preuve du machisme ambiant (que je reprends à mon compte, of course).