En politique, l'important, c'est d'être d'accord avec le patron de bistro d'autant que son métier consiste essentiellement à taire ses désaccords avec les clients.
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Du bon usage du droit de grève
En ces temps de « surchauffe sociale » avec des blocages des machins, on entend beaucoup de conneries mais quand c’est la gauche qui est au gouvernement, cela fait parfois un peu mal. Par exemple, la ministre du travail parle de travailleurs pris en otage et le ministre de l’économie – que j’épinglais dans mon annexe, hier – parlait de la France qui travaille. On croirait entendre n’importe quelle andouille de droite, de Raffarin à Sarkozy en passant par tous les autres…
A gauche, on entend beaucoup de bêtises, aussi, comme ces andouilles qui prétendent qu’en intervenant par la force pour faire sauter les blocages, le gouvernement ne respecte pas le droit de grève. C’est lamentable de la part de gens qui sont supposés défendre les acquis sociaux : la grève est le fait de ne pas travailler (et de ne pas recevoir de salaire) pour soutenir une revendication quelconque, pas de « bloquer ». Les « blocages » restent interdits. Il me semble nécessaire de rappeler la loi : « Les grévistes doivent respecter le travail des non-grévistes. Le blocage de l'accès à un site, l'occupation des locaux afin d'empêcher le travail des non-grévistes sont des actes abusifs. Il en va de même de la dégradation des locaux ou des matériels. De telles actions sont illégales et peuvent donc être sanctionnées pénalement, tout comme les actes de violence à l'encontre de la direction ou du personnel de l'entreprise. »
L’intervention des forces de l’ordre et la parution devant les tribunaux des responsables sont donc parfaitement justifiés vis-à-vis du droit.
Par ailleurs, les grèves fondées uniquement sur des motifs politiques sont illégales. Certaines, enterrer la loi travail est une noble cause mais la motivation est exclusivement politique (faire retirer un texte) même si les syndicats sont assez rusés pour ajouter des motifs qui le sont moins comme le prix de la bière à la cantine.
Les actions en cours de la part des opposants sont parfaitement illégales ce dont on s’en fout mais ce qui me fait de la peine – ou presque – c’est que certains feignent de l’ignorer voire, pire, l’ignorent réellement.
Si la grève est un droit – un droit constitutionnel, même – c’est parce qu’elle est parfaitement définie et encadrée. J’ose espérer que personne ne croit que foutre le bordel est un droit octroyé par la Constitution. On a le droit de lutter contre la loi, de manifester, mais on n’a pas tous les droits.
Et n’allez pas penser que je défends ici cette loi travail, je n’en ai dit aucun bien sur mon blog, au contraire, même si je me suis posé des questions sur l’immobilisme. J’essaie juste de défendre notre possibilité à nous opposer.
Ce qui ne peut se faire que dans le cadre des lois de la République.


