01 avril 2024

Woke'n ploucs

 


Threads, le nouveau réseau social de Méta (Facebook, Instagram…) n’a pas perdu de temps pour devenir un bouge aussi glauque que Twitter (X) avec une grosse différence : les utilisateurs se croient beaucoup plus intelligents. On y trouve des gens normaux, évidemment, qui racontent des bêtises, un peu comme moi. C’est normal : X ne le permet plus vraiment et Facebook rend peu visibles vos âneries.

Par contre, on y rencontre beaucoup de militants « woke » dont beaucoup de féministes abrutis, de bienpensants, de justiciers des causes… qui n’ont souvent pas grand-chose dans le cerveau. J’en ai épinglé un, hier, qui disait : « les gars, on est d’accord qu’on ne répond pas aux publications des nazis et des machos pour ne pas leur faire de la publicité mais qu’on les signale et qu’on les bloque ». Rien que le fait qu’il commence par « les gars » aurait mérité qu’on le signale et qu’on le bloque, selon ses critères.

D’emblée, on notera leur propension à la délation. Ils bloquent qui ils veulent (même s’il est grotesque de ne pas lire les gens avec qui l’on n’est pas d’accord) mais, delà à dénoncer à Méta les gens qui ne pensent pas comme eux, il y a un pas ! D’ailleurs, ils doivent bien rigoler, chez Méta, à lire des cons leur expliquer qu’il faut supprimer les comptes de ceux qui prétendent avoir un gros membre ou expliquer qu’on ne peut pas expliquer qu’une jeune fille a un joli postérieur.  

Ils traitent « de nazis » mais, en fin de compte, s’en approchent de manière assez amusante.

 

Pour ce qui concerne les féministes, on en trouve, heureusement, plusieurs catégories. Il y a les personnes normales, qui défendent l’égalité dans tous les domaines où l’on peut agir (j’entends par là qu’on ne pourra pas demander au créateur de donner autant de force physique à une pétasse qu’à un lascar ; c’est trop tard). Et il y a les fous. Rien que pour ma parenthèse ci-dessus, je mériterais sûrement, à leurs yeux, la pendaison pour avoir utilisé le terme « pétasse »…

On les appelle les néoféministes et elles se placent dans une certaine dimension du wokisme, celle qui voudrait, excuser mes mots, couper les couilles à tous les locdus. Je dis « elles » mais on y trouve aussi un certain nombre de collabos testiculés…

 


On a un peu de mal à définir ce qu’est le wokisme. On apprend par Google que « désignant un courant de pensée d’origine américaine qui dénonce les injustices et les discriminations, le mot wokisme est employé de façon généralement péjorative pour dénoncer des méthodes jugées excessives par les détracteurs du mouvement. Wokisme est dérivé de l'argot afro-américain woke (« éveillé »), issu du verbe to wake (« se réveiller »). »

Ce qui m’amuse, c’est de voir des gens se prétendre « woke », notamment dans Thread, uniquement pour faire la nique aux détracteurs, un peu comme ils le faisaient avec islamogauchistes. D’ailleurs, tout se recoupe : « Tristane Banon dénonce les dérives du néo-féminisme, qui en vient notamment à tolérer le patriarcat musulman. La romancière et essayiste défend sans relâche le féminisme universaliste. » J’imagine que nos wokes doivent être un peu perdus entre une haine de Mme Banon et un soutien sans pareil vu qu’elle était une plaignante contre DSK.

Ce n’est pas toujours facile d’être à la mode.

 

 

Pourtant, elle met dans le mille avec nos wokes qui se disent islamogauchistes par réaction contre l’extrême droite, surtout qu’ils considèrent tous ceux qui ne pensent pas comme eux comme des dangereux fascistes. Je dois en être un d’ailleurs. Il n’empêche qu’en tant que type de gauche (là, c’est moi qui le dis, hein !), je ne comprends vraiment pas que l’on puisse défendre une religion, même au prétexte de laisser aux femmes la liberté de s’habiller comme elles veulent. Alors que l’actualité nous montre « qu’elles ne veulent pas » s’habiller comme la religion l’impose.

N'oublions jamais la phrase la plus célèbre de Marx, après « attention, dépêchons-nous, le bistro va fermer » : « la religion est l’opium du peuple » !

 


Ce wokisme ne peut être disjoint de ce qu’on appelle la convergence des luttes ou les luttes intersectionnelles, j’ai un peu mal retenu ma leçon, qui finit par opposer toutes les catégories de la population aux mâles blancs dominateurs. Je suis sauvé par ma capacité à me dire opprimé par les grossophobes ou par celui d’avoir eu ma bite dans le livre des records (avant d’être viré de la bibliothèque).

Mme Banon parle d’ailleurs à juste titre d’universalisme et je ne vois pas comment on peut se prétendre de gauche et ne pas être universaliste en défend les gens selon des catégories de genre, d’origine ethnique, de préférence sexuelle… Nos braves wokes pourtant officiellement bien à gauche oublient de défendre, pour autant, une catégorie de la population : les exclus pour raisons financières, les pue-la-sueur opprimés par le capital ! C’est tout de même ballot mais, au moins, je peux dire qu’ils auraient tort de se prétendre plus à gauche que d’autres.

 

Dans le wokisme, il y a aussi la chasse aux mots ! Ce qui a fait que l’éditeur de Mme Christie a renommé son livre phare « ils étaient dix » ou ce qui nous peut faire haïr pour parler de « pétasse » et de « pue la sueur » dans un billet de blog. Pourtant, dans ma bouche, ce n’est pas vraiment péjoratif mais, comme je vais avoir du mal à le prouver, je vais m’abstenir de toute démonstration. Par contre, je continuerai à défendre l’argot qui est, justement, le langage de la rue, peut-être celle des mâles blancs dominateurs mais certainement pas des plus vernis dans notre monde cruel.

Dans ma famille, on ne parlait pas trop argot. Je l’ai appris en lisant quelques livres louches (comme des San-Antonio) mais surtout entendu au fil de longues heures de comptoir. Ainsi, quand un type sort du bar et qu’un autre lui dit « passe le bonjour à ta grosse », cela veut simplement dire « je te remercie par avance de saluer de ma part ta tendre épouse ».

 


Samedi, en début de soirée, j’étais dans un des bistros de mon patelin du Centre Bretagne et je discutais avec des copines d’enfance. A un moment, je leur ai dit que j’aimais bien un autre établissement car il y avait plein de ploucs. C’était évidemment une discrimination de ma part, au moins dans le sens où il transparait que je pourrais me sentir supérieur.

De fait, peu après, j’ai changé de café et il y avait une de ces bandes de jeunes, quatre ou cinq, tout droit venus d’établissements agricoles avoisinants où ils officient comme garçons de ferme, comme mécaniciens agricoles ou tout simplement comme fils de paysans. Ils étaient accompagnés de trois pouffes. Ils étaient saouls, racontaient des histoires ignobles de gonzesses sautées dans le foin, de cuites abominables et surtout chantaient des « chansons à boire ». Ils étaient tellement bruyants que, avec le patron, nouveau dans le métier, nous étions pliés de rire.

De fait, je me demande ce que les pouffes pouvaient faire avec eux. Soit elles aiment ça, soit elles cherchent un époux. Cela ne me regarde pas.

Toujours est-il que j’ai eu des mauvaises pensées et ce que je viens d’écrire n’est pas trop aimable pour les individus qui sortent de notre campagne.

Ils mériteraient tout de même d’être soutenus par les wokes, non ?

L’intersectionnalité, ce n’est pas toujours facile. Et je me demande si le wokisme est vraiment un truc rural ?

13 commentaires:

  1. Très sincèrement, sur Twitter, je ne comprends pas ton point de vue. Tu as la possibilité dans les paramètres de confidentialité et de sécurité de masquer, bloquer par mots, expressions et profils. Et ça marche bien. Je dégage les wokistes, les islamistes bien sûr, toutes les personnalités politiques, les pro-nucléaires et les pro-pesticides, les pro-Ukraine et les pro-Russes, Twitter reste un remarquable outil pour la visibilité, le contact avec les institutions et les médias et surtout pour s'informer. Je ne connais pas Threads.

    Sinon, sur le wokisme, l'intersectionnalité, la déconstruction, l'éco-féminisime, etc, c'est un discours communautariste antirépublicain qui s'inscrit dans un processus d'atomisation de la société. Sur ces questions, nous avons toujours été en accord et nous le resterons !

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    1. Que ça te t’empêche pas de signer !

      Mon billet ne porte pas sur Twitter mais je réponds tout de même : je ne vais pas dans un réseau social pour bloquer des gens (je le fais pour ceux qui m’emmerdent « directement »).

      NJ

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  2. Les woketeux sont en effet peu soucieux de la plouquerie. Ils s'intéressent plutôt aux grosses légumes.

    Et ça tombe bien car les légumes au woke, c'est délicieux.

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    1. Vous êtes vegan, maintenant ! Z’avez plus qu’à faire lesbienne et vous aurez votre diplôme de woke.
      NJ.

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    2. Eh ! oh ! on peut faire sauter des légumes au wok… et les servir en accompagnement d'une côte de bœuf bien épaisse et saignante !

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  3. Sur l'image de Fantasia chez les ploucs, qui illustre ce très bon billet, apparaît à droite une première adepte du wokisme. J'dis ça, j'dis rien. ;-)

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    1. Je ne sais pas qui c'est. J'observais simplement que son regard était plus proche de celui de Justine Triet aujourd'hui que de celui de Mireille Darc à l'époque.

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    2. Monique Tarbes peut-être ? Ce serait faire beaucoup d'honneur à Justine Triet ...

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    3. Vu le nombre de gonzesses au générique, ça pourrait bien être elle ! Ou alors Marthe Villalonga était très maquillée...

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    4. Pour Monique Tarbès, je dirais non… Cela dit, je ne vois pas qui ça peut être.

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    5. Si c'est pas Tarbes, c'est pas de Pau.

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