En salle

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21 mai 2014

TAFTA : la crème !

« Il y a déjà des régions, des départements, qui se sont positionnés contre TAFTA. C’est aussi ce que l’on va essayer de développer au cours d’une table ronde prévue le samedi 5 juillet dans le cadre du festival Résistances à Foix. » Ainsi se termine cet article d’Ariège News, résolument contre le TAFTA (ou TTIP) me faisant doucement rigoler. Ils auraient du écrire : « nous sommes réactionnaires et fiers de l’être ».

Ce fameux accord TAFTA de libre échange entre l’Union Européennes et les Etats-Unis fait beaucoup parler, notamment à la gauche de la gauche. Il est agité comme un chiffon rouge par des andouilles qui se basent sur les peurs, n’hésitant pas à brandir des mensonges pour bien marteler leurs arguments qui ne sont que populistes…

Ils nous expliquent que l’on bouffera du poulet lavé à l’eau de javel et du veau aux hormones, des OGM,… Le tout probablement cuit au gaz de schiste…

Les blogueurs gauchistes en peau de lapin multiplient les billets pour casser les partisans de l’accord en oubliant les volets positifs, comme d’habitude ! Les textes se transforment en réquisitoires, tant ils se prennent pour des petits juges en oubliant l’avocat.

Par exemple, l’accord nous donnera accès aux marchés américains ce qui dans mon domaine pourra être salvateur…

Du coup, cela fait assez plaisir de voir des articles défendant l’accord, comme celui-ci, sur Slate.

Pour ma part, je vais vous donner mon avis : je n’en ai pas. Plus exactement, il ne me parait idiot d’avoir des accords commerciaux avec les USA et de créer une zone économique qui puisse lutter contre les économies émergentes. Il ne me parait idiot, non plus, de penser que certaines normes imposées par le traité pourraient être bénéfiques, comme, par exemple, une limitation des seuils d’émission de saloperies par les automobiles.

J’ai par contre, un point d’inquiétude, au sujet de cette rumeur qui dit que les boites privées pourraient attaquer les Etats s’ils prennent des mesures non-conformes aux accords. Cela n’a d’ailleurs rien de choquant mais il faut s’assurer que le périmètre couvert n’est pas délirant.

Toujours est-il qu’on ne connaît rien au contenu de l’accord en cours de négociation. Les contradicteurs crient au déni de démocratie mais je ne vois pas comment, dans une négociation, on pourrait mettre tous les éléments sur la table avant de discuter, histoire de montrer jusqu’à où on est prêts à aller.

Je ne vais donc pas faire le procès a priori de ce texte qui n’existe pas encore.

Fleur Pellerin a apporté un certain nombre de réponses lors de la séance de questions au gouvernement, à l’Assemblée, hier, rappelant notamment qu’il reviendra au Parlement de ratifier un éventuel texte (en plus du Parlement européen pour lequel nous votons dimanche). La signature du traité ne se fera pas en catimini. Elle précise les lignes que le gouvernement français ne veut pas franchir, notamment en termes d’arbitrage (les boites qui attaquent les Etats) mais aussi de normes sanitaires, d’appellations contrôlées,…

Par ailleurs, elle a appelé à ce que le mandat donné à la Commission pour les négociations soit rendu public.

A l’issue de la négociation, les gouvernements des pays membre de l’UE devront se prononcer à l’unanimité, chacun ayant un droit de véto puis l’accord devra être validé par les Parlements nationaux et le Parlement européen. Je me répète mais les loquedus qui prétendent que les peuples ne sont pas respectés, que l’accord n’est pas démocratiques méritent sans doute des claques.

Ils ne font qu’agiter un épouvantail avant les élections pour tenter de prouver que le fonctionnement de l’Europe est opaque. Toujours le même cirque…