08 avril 2022

Le choix final

 


La campagne se termine. J’ai donné mon avis, plusieurs fois, étant souvent trop long et insistant mais je pense que la gauche est à un moment clé : qu’elle se soit cassé la gueule en 2017 est une chose (les plus radicaux diront que c’est de la faute d’Hollande et les plus centrises mettront la panique sur le dos des frondeurs et tout le monde oubliera un peu le génie de Macron…). Qu’elle n’ait pas réussi à se refaire une santé et à remonter à son niveau habituel, quand elle flirtait avec les 40% est dramatique. Cette division est liée aux clivages et il faudra réapprendre à la maîtriser autrement que par des ridicules appels à l’union, comme celui de Taubira, récemment, de locdus qui oublient qu’un type qui ne peut pas voir tartempion ou les tartempioniste ne votera jamais pour lui.

Sans compter que les programmes politiques sont souvent des catalogues. Celui de Mélenchon comprend près de 700 mesures, je crois. Cela fait croire aux militants qu’il est travaillé mais c’est profondément ridicule. Et antidémocratique vu que l’électeur ne peut pas tout suivre.

Je vais néanmoins récapituler ce que je pense de chaque candidat susceptible d’intéresser au moins ces 40% d’électeurs. Je vais les trier par ordre alphabétique.

 


Hidalgo : bien sûr, tous les militants sont désolés de voir son score annoncé et beaucoup d’électeurs sont nostalgiques d’une autre époque mais, tant pis. J’avais dit, dès le départ, que c’était une mauvaise candidate, du moins avec les conditions de nomination utilisées. Genre : ah ben on va la mettre, elle seule peut nous sauver et les autres n’ont qu’à fermer leur gueule. Son programme manque étrangement de souffle et on la sent à la ramasse des autres. Tiens ? A combien va-t-on pousser le SMIC ? Comment va-t-on faire pour filer du pognon aux jeunes ?

 


Jadot : c’est la première personne pour qui j’ai envisagé de voter avant de trouver Roussel sympathique mais je n’aime pas l’écologie politique et je suis résolument pour le nucléaire. Surtout, EELV est rempli d’identitaires, d’islamogauchistes et d’andouilles de ce genre. Avant de trouver grâce à mon goût, il faudra que l’essentiel du parti se fende d’une jolie défense de la République. Surtout, les écolos sont bien loin d’une France périphérique et le gain de quelques métropoles est plus lié à un rejet des deux gros partis traditionnels qu’à une adhésion. Les Français qui ne pourront pas aller en week-end chez la belle mère parce que la batterie de la voiture ne tient pas vont bien rigoler : attention aux mauvaises idées écolos. Et si j’avais à défendre un projet écolo, j’insisterais non pas sur mes mesures anecdotiques mais sur la nécessité d’accord mondiaux, très difficile à obtenir, mais on ne sauvera pas la planète en empêchant les canettes de bière en Creuse-Atlantique.

 


Macron : vous pouvez voter pour lui, bien sûr ! Mais ne vous sentez pas obligés… Il a pris des mesures opposées à ce que devrait faire la gauche (je ne parle pas de détails comme les APL mais d’éléments structurants comme la flattax). Vous pouvez ne pas voter pour lui, aussi. De toute manière, sauf si mon blog devient subitement influent dans les trente-six prochaines heures et que je dissuade les gens de voter pour lui, il sera en tête du premier tour et donc présent au second. Alors lui donner une petite leçon pour qu’il n’oublie pas sa base électorale – nous, au fond – ne serait pas inutile. Et un peu de colère au vu des cinq années passées n’est pas interdite.

 


Mélenchon : tout d’abord, ses partisans sont totalement ridicules. Ils continuent à jouer comme s’il pouvait être au second tour et leur seul argument est, maintenant, qu’il faut voter pour lui, pour qu’il passe devant Le Pen (ce qu’il ne fera pas), comme ça on n’aurait plus à faire barrage dans deux semaines. Comme critique, j’ai parlé plus haut de son programme bien trop complet. J’ai critiqué la sixième République (et il est dans une impasse : s’il est élu, soit il facilite sa mise en place soit il met en œuvre son projet, mais faire les deux est impossible). Je ne suis pas d’accord avec beaucoup de ses mesures qui sont du leftwashing mais, surtout, il a fait main basse sur toute la gauche (ce n’est pas une critique, au fond) mais on n’arrivera pas à la reconstruire si on ne réconcilie pas les composantes, notamment les socdems avec les radicaux, les Républicains avec les heu…, les européistes et les europhobes et j’en passe, non pas pour avoir une opinion commune mais pour réapprendre à vivre ensemble dans l’espoir d’avoir une majorité, un jour. Et de gagner le second tour, pas d’y participer pour faire joli.

 


Roussel : je l’ai choisi pour différentes raisons. D’une part, il représente un vieux parti avec une vraie base de militants et pas des clowns, si je puis me permettre, qui viennent là par opportunisme. Ensuite, il a des valeurs ou des éléments de programme qui me sont chers. Roussel est un vrai républicain. J’ajoute qu’il est sans doute le plus sympathique des lascars en présence (même si Jadot n’est pas à jeter dans ce domaine). D’autre part, quoi qu’en dise les opposants complètement ringards, le PCF a bien fait le ménage dans l’histoire du communisme (Roussel est parfaitement républicain et les membres du PCF sont démocrates) et il faut arrêter de nous sortir en permanence les mêmes arguments débiles (et souvent totalement mensongers). Roussel ne sera pas élu : il ne mettra pas en place une dictature communiste. Par contre, il peut fédérer les partis dits (par moi…) de la gauche radicale qui sont évidemment nécessaire comme élément d’une future « majorité plurielle ».  A noter que c’est quand même le candidat qui est soutenu par le plus de formations politiques.

 


On a beaucoup parlé du vote utile qui est une belle connerie et on pourrait parler du vote inutile, comme celui de voter pour Mélenchon pour qu’il soit au second tour alors qu’il n’a aucune chance. Un peu de sérieux ne nuit pas. On doit voter comme on le sent selon l’adage : au premier tour on choisit, au deuxième, on élimine. Mais il peut être compliqué de choisir…

Au deuxième tour, on élimine. Pécresse vient de dire que le second tour se jouerait entre Macron et Le Pen. Déjà, admettre qu’on a perdu est nul et est une insulte notamment par rapport aux autres types qui ont participé à la primaire du parti et aux électeurs qui sont restés fidèles. Ne pas choisir entre Macron et Le Pen est une insulte aussi aux vieux de la vieille comme Chirac qui refusait toute compromission. En quelques mots, Pécresse vient de tuer ce qu’il restait des « Républicains », en n’étant pas républicaine. C’est à mourir de rire.

Et à gauche, surtout autour de LFI, j’entends dire que l’on voterait Le Pen pour éviter Macron. Bravo aux gars qui se mobilisaient encore il y a quelques années pour lutter contre la haine, contre le retour des bruns, aux crétins qui crient en permanence au loup face au racisme.

Le Pen a fait un effort pour se dédiaboliser et ce sont des types qui se prétendent à gauche qui ont terminé le travail.

Et, en plus, elle est mal coiffée.

9 commentaires:

  1. Excellent billet. Le passage sur Pecresse je n'ai pas plus à dire, c'est lamentable sa déclaration. Si elle est au deuxième tour, ça me dérangera pas qu'elle donne une consigne de vote...

    Tu as fait une belle période électorale sur ton blog. Bravo

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    1. Merci. Oui, j'étais en forme...

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    2. Ce qui me désole le plus c'est que personne parmi mes potes de gauche, en fait, n'a fait de billet ou de publication dans les réseaux sociaux autres que pour dire qu'il fallait éliminer Macron ou placer Mélenchon au second tour. Leur seul résultat est d'avoir mis Le Pen en position de battre Macron mais ce n'est pas où je voulais en venir. Les idées des candidats, les programmes, n'ont jamais été abordés sous un angle autre que celui des slogan. "Il faut augmenter le SMIC" (ah, et qui paie ? Quid de l'inflation qui en résulte ? Les smicards veulent-ils une augmentation ou sortir durablement de la précarité ?) ou "le nucléaire ça pue du cul" (je suis le seul à avoir parlé réellement de la chose).

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  2. Je partage votre avis sur Roussel et les militants communistes que j'ai toujours admirés (et ça date de longtemps), même si je n'ai jamais voté pour eux.
    Il paraît que depuis 2002 les sondages ne se sont jamais trompés mais tellemnt de choses ont changé ! Alors on verra bien !
    Je regrette une fois de plus que les différents candidats ne parlent pas plus de mondialisation qui conditionne en partie les politiques à mener.
    Bon vote et merci pour vos billets
    Sylvie

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    1. Pour la mondialisation, tu (si je puis me permettre) à raison mais, au fond, c'est encore plus drôle chez les écologistes qui s'imaginent qu'on va sauver la planète avec nos seuls petits bras.

      Pour les sondages, oui, ils sont généralement bons sauf en 2002 et le niveau d'erreur était incroyable. Une semaine avant le premier tour, des sondages donnaient encore Le Pen à 10%...

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  3. Bon billet de synthèse sur les forces de gauche en présence. J'ai reçu ce jour les programmes des candidats (il était temps...) et mis sur le haut de la pile Hidalgo puis Roussel. Il y a quand même des choses qui me dérangent dans le programme du PC (comme nationaliser des banques, ça ne marche pas, on a déjà essayé) et je ne veux pas voir le PS s'effondrer au niveau du score de Poutou. Donc ce sera Hidalgo, c'est mon dernier mot. ;-)

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    1. Je me fous du programme de Roussel : il ne sera pas élu. Seuls quelques points m'intéressent car ils ont valeur de symbole, comme le nucléaire, alors que les autres veulent le détruire au nom de l'idéologie mais sans projet de fond, derrière.

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  4. Je voterai Roussel avant tout pour emmerder la secte mélenchoniste et au second tour je ne pourrai pas aller voter comme ça c'est fait. Je ne serais pas un "castor" cette année.

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    1. Regarde "gauche castor" dans Google : c'est en fait une gauche qui fait n'importe quoi en permanence et se retrouve en dernière ligne droite à faire barrage. Ce n'est pas seulement faire barrage.

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