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25 avril 2015

Faisons bouger l'école !

Vieille réforme de l'éducation
La semaine dernière, je dépouillais les réponses à un appel d'offre que nous avons lancé auprès de cabinets de conseil et de sociétés informatiques pour un renforcement de nos équipes. Il s'agit, en fait, d'étudier les CV des candidats que nous proposent ces boîtes. L'un d'entre eux avait déjà bossé pour nous (les CV sont anonymes mais je l'ai reconnu rapidement). Il avait fait un travail de merde. Je ne veux pas dire qu'il avait travaillé pour nous mais que la mission qui lui avait été confiée n'avait aucun intérêt mais nous en avions besoin. Il était resté longtemps, ce qui veut dire qu'il ne pouvait rien faire d'autre. J'ai donc regardé sa formation : il était docteur en électrophysique.

Le monde de l'informatique (des plus de 45 ans...) est plein de docteurs en électrophysique, en chimie, ou en machins comme ça.

Le gouvernement a préparé une réforme du doctorat pour limiter la durée à trois ans au lieu de cinq. J'aurais tendance à être contre, défendant assez souvent la recherche fondamentale (c'est-à-dire celle qui n'est pas directement poursuivie dans des intérêts économiques « immédiats ») mais il ne faut pas perdre de vue que l'enseignement supérieur doit aussi guidé par la nécessité de mettre les gens sur le marché du travail et au service de l'économie et tout ça. Le lascar a fait des études jusqu'à trente ans, dont cinq ans de recherche (probablement sans rien trouver) et se retrouve à cinquante ans avec un boulot « de merde » pour un salaire, certes largement supérieur au salaire médian mais sans commune mesure avec celui d'un ingénieur informatique sorti d'école. Et à 65 ans, il aura une retraite dérisoire. Je ne sais pas ce qui motive cette réforme. Elle est inégalitaire : seuls ceux qui auront un financement pourront faire un doctorat en trois ans.

Tout cela pour un diplôme, donc une formation, parfaitement inutile.

Ce qui nous amène à la réforme des collèges qui ne m'intéresse que de loin : je n'ai pas de mômes et les gamins de mes copains sont souvent sortis sortis du collège. Néanmoins, ma nièce va y entrer... Il n'empêche que c'est évidemment la plus intelligente des enfants et n'aura aucune difficulté pour avoir son doctorat à 12 ans. Donc, je m'en fous.

Je lis néanmoins des papiers défendant la réforme et d'autres la critiquant. Je vais laisser le débat aux spécialistes. Je me contrefous de l'enseignement de la chrétienté médiévale et de l'allemand.

Il n'empêche que mes collègues, titulaires d'un doctorat, font plus de fautes d'orthographe dans un mail de 10 lignes qu'un blogueur de gauche dans un billet de 4000 signes.

On ne m'ôtera pas de la tête qu'une réforme de l'enseignement, du CP jusqu'à l'entrée dans le monde du travail n'est pas totalement inutile, qu'une réflexion doit être menée. Parmi les ingénieurs et les docteurs qui débarquent joyeusement sur le marché du travail avec une vraie carrière devant eux ont fait des cours de latin en cinquième ou quatrième ? Probablement moins de 10%. Combien savent écrire convenablement le français ? Parmi les 10%, tous. Parmi les autres, disons 50%. Pour être gentil. Combien ont fait allemand première langue ? 30 ou 40%. Forcément, c'est la meilleure solution pour être dans des classes élitistes... Combien sauront encore parlé allemand 20 ans après la terminale ? 20%.

Pourcentages garantis 100% aléatoires.

Mon confrère Cyril a fait un billet pour parler de cette réforme. Le principal commentateur critique la réforme. Il est prof d'allemand. Il écrit un français déplorable avec une faute d'orthographe dès l'introduction. Je vous invite à lire : il défend les profs d'allemand et le nombre d'heures de cours qu'ils feront, avec des erreurs de calcul.

L'intérêt de l'enfant est très loin, celui de la France, des besoins futurs de notre pays aussi.

Rien que ce commentaire me laisse penser que cette réforme est bonne.




05 mars 2012

Recherche « recherche » désespérément

François Hollande était à Nancy, aujourd’hui, pour évoquer la recherche et l’enseignement supérieur. On connaît l’attachement de François Hollande pour la jeunesse. D’ailleurs, c’est le candidat le mieux noté par YoungPoor !

« J'ai choisi de faire de la jeunesse la priorité de mon projet pour la France. Je veux mobiliser toute la nation autour de cette volonté. Je sais qu'elle y est prête, toutes générations confondues, toutes professions aussi, et j'ai la conviction que cette volonté peut unir même au-delà des clivages politiques. »

Avec les blogueurs, on avait rencontré le candidat à la primaire, début octobre. Il nous avait expliqué combien la jeunesse était importante, de nos jours. D’une part, en période de crise économique, pour en sortir, il faut investir sur l’éducation, c’est une priorité. D’autre part, tous les électeurs sont concernés par les problèmes de la jeunesse, parce qu’ils ont tous des enfants, des neveux, des petits-enfants qui entrent dans la vie active, qui ont des difficultés, …

Pourtant, il faut ouvrir les yeux. L’action de Nicolas Sarkozy pour la jeunesse et la recherche a été mauvaise.

En dix ans, la France a perdu 11 places, au sein des pays de l’OCDE, pour l’intensité de la recherche. « La recherche publique civile, contrairement à ce qui peut se dire, est en forte baisse : les organismes de recherche, l'Agence nationale de la recherche elle-même voient leurs crédits baisser dans des proportions importantes. Pour cette année, 12% de baisse pour le CNRS et 15% de baisse pour l'ANR. La recherche privée, malgré l'explosion du Crédit impôt recherche, multiplié par cinq en cinq ans, stagne en euros constants. »

« La situation des jeunes chercheurs est un révélateur puissant de la gravité de cette crise. Leur situation ne cesse de se dégrader : débouchés privés insuffisants, création d'emplois scientifiques publics en baisse, disparité, faiblesse et insuffisance des financements de thèse.
Si notre nombre de thèses ne baisse pas, c'est en raison de l'apport des étudiants étrangers. Ils représentent 40% des doctorants. »

Les universités sont ruinées. Nicolas Sarkozy avait mis en place leur autonomie ce sur quoi, finalement, on est souvent partagés, mais le bilan des courses est, aujourd’hui, qu’elles sont asphyxiées financièrement… et mises sous tutelle ! Tu parles d’une autonomie… Pourquoi ? Parce que les budgets prévus à l’origine n’ont pas été débloqués.

« Les conditions de vie des étudiants ne cessent de se dégrader : alors que près de 20% n'ont pas de complémentaire santé et que plus d’un tiers renonce à se soigner, le gouvernement décide le doublement de la taxe sur les complémentaires, y compris étudiantes. Les étudiants sont de plus en plus, contraints de travailler parallèlement à leurs études, leur précarité augmente, les inégalités entre eux s'accroissent. »

François Hollande a fixé un certains nombre de priorités :
-         la réforme des premiers cycles avec un service public permettant d’améliorer l’orientation des étudiants, en partenariat avec les régions,
-         le renforcement de l’encadrement avec l’affectation de 5000 des fameux « 60000 » postes,
-         des spécialisations plus progressives,
-         la revalorisation des tâches pédagogiques des enseignants-chercheurs,
-         des bonifications des dotations de l'Etat aux universités qui feront preuve d'initiatives innovantes et efficaces pour assurer la réussite des étudiants,
-         l’amélioration de la condition de vie des étudiants (notamment au niveau du logement, de la santé),…

Loin de vouloir revenir sur l’autonomie des universités, François Hollande veut revoir la façon dont elle a été mise en place et revenir sur le système de gouvernance.

« Il va nous falloir aussi simplifier le paysage de l'enseignement supérieur et de la recherche devenu illisible par l'accumulation de nouvelles structures. Les chercheurs doivent se consacrer à leurs recherches plutôt qu'à rechercher des financements. »

Le Crédit Impôt Recherche qui permet d’aider les entreprises privées qui font de la recherche sera réorganiser puisqu’à l’occasion, il sert surtout par « effet d’aubaine » sans du tout encourager les entreprises.

Enfin, François Hollande portera une attention spéciale aux doctorants, qui doit rester le principal diplôme tout en garantissant les débouchés pour les titulaires de doctorats.

«  Je crois au progrès scientifique.

Nous devons bâtir une société où démocratie et connaissance s'enrichissent mutuellement. Une société où le savoir, l’intelligence, la culture jouent, dans la Cité, tout leur rôle.

C'est cette idée de la France et de la République que je porte dans cette élection. »

Le changement, c’est maintenant !