27 janvier 2024

Fin de semaine : la politique au plus bas

 


En cette fin de semaine, l’actualité française est dominée par deux événements : la crise de l’agriculture et le retoquage de la loi immigration par le Conseil Constitutionnel (en fait, un troisième est peut-être plus important : les andouilles de la gauche radical qui tentent de faire croire que la cour de justice internationale – ou un truc comme ça – a accusé Israël de génocide ; l’antisémitisme a de l’avenir…).

Pour les deux, il y a une forme de délire dans les réseaux sociaux.

 

Prenons la loi « immigration ». N’oublions que c’est la gauche qui a « posé » une « motion de rejet » quand le texte, préparé par le Gouvernement et préalablement modifié par le Sénat à majorité LR, à l’Assemblée Nationale. Dans l’impasse, c’est la « CMP » qui a proposé le texte final, sur la base des choix des sénateurs LR soutenus par le RN (lisez doucement…) et il a fini par être adopté. Le Conseil Constitutionnel a été saisi et a retoqué une grande partie des articles sous prétexte, en gros, qu’ils n’avaient rien à faire dans ce texte.

Tout cela s’est déroulé dans le cadre de la Constitution et serait à peu près normal sauf que cela met en évidence que les députés sont des ânes. Les commentaires sont allés bon train. Laurent Wauquiez, qui est tout de même « le présidentiable » du parti descendant des partis gaullistes, a déclaré que c’est « coup d’État de droit ». Je ne comprends pas qu’un type qui ose dire ça puisse être maintenu « en fonction » par son parti…

 


Pour la crise agricole, je me suis peu exprimé à part, encore une fois, au sujet des commentaires des personnalités politiques qui, à peu près toutes, nous expliquent que le problème ne vient pas des normes mais du libéralisme. Il faut quand même revenir sur terre. Ce sont bien les accords de libre-échange qui nous donnent des smartphones pour taper sur les accords de libre-échange dans les réseaux sociaux.

Nos paysans ne veulent pas d’un débat pour connaître l’origine des maux (l’intérêt d’habiter en Centre-Bretagne, c’est qu’on peut interroger directement les agriculteurs sans passer par les troupes d’ahuris qui les « fédèrent ») : ils ne veulent plus de concurrence déloyale. Cette dernière vient sans doute un peu des accords en question et des normes différentes entre les pays mais il n’y a pas que ça, il y a aussi les modalités de fixation des prix par les industriels et les distributeurs.

 

Les agriculteurs ne sont innocents dans cette histoire et ont fait beaucoup de conneries, par le passé, ce qu’explique assez bien Denis dans son blog. J’ajoute que les grands-parents et arrière-grands-parents des exploitants actuels avaient créé les coopératives agricoles et que leurs descendants ont fini par les vendre à des multinationales ce qui fait qu’ils ne maîtrisent plus grand-chose. Je veux bien défendre une corporation qui souffre mais je ne suis tout de même pas un lapin de six semaines élevé en clapier.

Cela étant, je n’ai aucune solution à apporter. Peut-être des vagues pistes de discussion… Mais le personnel politique devrait être un peu plus sérieux. Avant-hier, par exemple, l’ineffable Mélenchon a déclaré que ce que veulent les agriculteurs étaient dans le programme de LFI ce qui est faux à un point incroyable. LFI veut plus de planification écologique alors que les paysans en veulent moins. Ou alors, ils entrent en plein délire en promettant des prix plafonds pour les consommateurs et des prix planchers pour les producteurs…

Un peu de sérieux.

 

Pour l’immigration, c’est un peu pareil. Ils ont tous dit n’importe quoi jusqu’à pondre un texte inutile d’une part et partiellement censuré de l’autre, le tout pour que certains puissent avoir une heure de gloire mais sans se poser de bonnes questions sur l’immigration uniquement pour faire un plaisir à électorat qui semble dans l’attente.

 


Il va être temps de se poser, d’arrêter de remettre en cause notre Etat de droit, le fonctionnement de nos institutions, notre participation à l’Europe et un tas de trucs. Il ne s’agit pas d’exonérer ces machins de toutes responsabilités mais quand les électeurs auront perdu toute confiance, on continuera à s’écharper sur les responsabilités quant à la progression des partis populistes dont, surtout, ceux de droite. Si les partis politiques et, surtout, les élus ne se remettent pas à travailler normalement, à exposer des éléments de réflexion et autres joyeusetés, tout le château va s’écrouler.

Ce qui serait dommage.

Et n’oublions pas de préserver le prix des céréales, elles sont la base de la bière.

10 commentaires:

  1. Je comprends mieux votre courroux envers la LFI. Le programme écolo de ces derniers prévoit que seules des céréales bio, désherbées à la binette par des travailleurs immigrés transgenres mais sans OGM, puissent être cultivées sur les terres de France. Cela aura pour conséquence de faire passer le demi de bière à environ 50 euros. A ce prix là, même un socialiste peut devenir franchement libéral ...

    La Dive

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    1. C'est vrai que le libéralisme appliqué à l'agriculture est une vraie réussite environnementale, sociale et économique. Notre eau est de moins en moins polluée aux nitrates et aux pesticides. Les tracteurs rejettent de moins en moins de CO2, avec leur 55 tonnes atteints en charge. Côté social, on a réussi à appliquer les 35 heures dans le monde agricole, avec un taux de maladies professionnelles en chute libre du fait du recul de l'emploi des pesticides. Et sur le plan des revenus, les accords de libre échange ont amené les agriculteurs à s'enrichir sur des produits à très haute valeur ajoutée. Notre modèle agro-industriel est une réussite à tout point de vue.

      NB Et, la Dive, pensez à mettre vos lunettes.

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    2. La Dive,

      Catastrophe !

      Denis,

      Il me semble que dans mon billet je cite le tien (en lui donnant raison) mais la question n'est pas là, dans mes propos. Le fait est que les politiciens disent que c'est de la faute du libéralisme et les paysans que c'est la faute des normes et que je pense qu'il faut arrêter ce genre de polémique loufoque.

      Il se trouve aussi que la population française a quasiment doublé en 100 ans et la production de bouffe pour tout le monde a eu des conséquences sur l'environnement... On a eu parallèlement une forte baisse de la part de l'alimentation dans les dépenses des Français. Sans un minimum de libéralisme, on ne serait pas arrivé à ce résultat.

      Il faut donc arriver à du pragmatisme. Si un insecticide (par exemple) doit être interdit en France (ce qui me semble plus que probable), il faut qu'il le soit aussi chez les autres producteurs exportant vers chez nous sinon la concurrence devient déloyale et ce n'est pas à cause du libéralisme mais, justement, du fait de manque de libéralisme chez nous. Ce qui n'empêche pas que l'insecticide en question doit être interdit mais au niveau mondial.

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    3. Elle s'appelle comment, déjà, l'autorité capable d'interdire quoi que ce soit "au niveau mondial" ?

      C'est un détail qui m'aura échappé, sans doute, que celui de sa création…

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    4. Ça ne m’a pas échappé. Je voulais dire que les pays avec des accords commerciaux doivent s’engager…

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    5. Bon courage pour les persuader…

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    6. Je sais. Je dis dans le billet que je n’ai pas de solution et c’est bien parce que je ne peux contraindre personne. Et heureusement.

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    7. Pourquoi tout le monde commente "sous" La Dive ? Deux éléments de réponse complémentaires pour Didier et Denis.

      Didier,

      Il existe un organisme international qui devrait pouvoir interdire des trucs, c'est l'OMC (je n'ai pas d'avis spécial mais il me semble que ça devrait être son rôle).

      Denis,

      Je ne vois pas comment on peut ne serait-ce qu'oser penser qu'un secteur qui reçoit 10 milliards d'aide de l'euro (pour 500 000 exploitations agricoles, je te laisse faire la division) pourrait avoir la moindre proximité avec le libéralisme...

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  2. Tu as raison. J'aurais dû parler de néo-libéralisme, c'est-à-dire, cette forme du capitalisme datant des années 30, qui utilise de plus en plus l'Etat, la politique fiscale au service des intérêts privés. Et le pantouflage de nos dirigeants est le stigmate de cette confusion symbiotique entre les moyens de l'Etat et le secteur privé.

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    1. Tu as sans doute raison, aussi, sur le néolibéralisme mais je n'aime pas trop ce terme parce que l'on cache un peu tout derrière, comme si c'était parfaitement défini or la définition évolue selon les auteurs, les époques... En outre, la plupart des gens qui l'utilisent pense que c'est un phénomène nouveau alors qu'il est théorisé, comme tu dis, depuis au moins les années 30. Par glissement, le dénoncer devient une facilité.

      Et avec nos histoires d'agriculteurs, les gens oublient le préfixe "néo"...

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