En salle

31 mars 2026

Aux grands hommes de gauche, la patrie reconnaissante ?

 


Il parait que François Hollande a maigri et que c’est un signe : il va se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Pour ma part, je ne crois pas à sa capacité à l’emporter mais je dois bien reconnaitre que, il y a quinze ans, je ne le croyais pas non plus. On va laisser le temps passer ! A la fin de l’année, on aura une vision plus précise et il est bien probable que personne d’autre ne se dégage, à gauche.

Alors, je vais commencer dès maintenant à faire campagne pour lui (au moins pour un billet, hein !) surtout parce que je commence à voir des gauchistes en peau de lapin lui taper de plus en plus dessus, comme si, eux aussi, le voyaient comme seul candidat issu de la gauche apte à gagner.

C’est ainsi que j’ai pu lire dans Facebook : « Il y a une énorme différence entre Lionel Jospin et François Hollande. Après une défaite, Jospin assume et se retire de la vie politique. Voilà la vraie morale politique. Hollande, lui, après 93875082498402234 défaites, il revient en majesté, sans la moindre honte et avec un culot incroyable, comme si de rien n’était!!! »

Il faut rétablir les faits…

 

François Hollande s’est présenté une seule fois à la présidence de la République et il a gagné. Lionel Jospon a été candidats deux fois. Il a perdu deux fois. La deuxième, il n’était pas au second tour.

Lionel Jospin a annoncé se retirer de la vie politique mais a tenté de se présenter à la primaire suivante puis à été membre du Conseil constitutionnel. François Hollande, lui, a annoncé ne pas se présenter à sa succession (et il ne s’est pas présenté) parce qu’il ne pouvait pas gagner et, surtout, que s’il s’était présenté, le prochain président aurait été à choisir entre Marine Le Pen et François Fillon.

Lionel Jospin a été député pendant huit ans. François Hollande a été député pendant vingt ans (mais n’a gagné que trois législatives). Ils ont gagné tous les deux quatre législatives.

Lionel Jospin a été conseiller général pendant treize ans. François Hollande a été président pendant quatre ans d’un conseil général. Hollande a été maire de Tulle pendant sept ans. Lionel Jospin a été conseiller municipal de Paris pendant neuf ans.

 

Maintenant, si vous insistez, on peut comparer les résultats électoraux du PS quand ils en assuraient la direction. Vous n’insistez pas ? C’est dommage. J’aurais pu rappeler, par exemple, que le Sénat est passé à gauche pour la première fois sous la cinquième après des municipales orchestrées par Hollande.

Vous préfèreriez comparer les résultats obtenus après qu’ils aient assuré la responsabilité de la politique du pays pendant cinq ans (à des postes différents) ? On pourrait le faire mais on pourrait s’engueuler quand je poserai la question : qui a fait le plus de privatisations ?

Mais ne soyons pas mesquins ! Jospin a bénéficié d’une période de forte croissance avec ces histoires de bulle informatique et de cagnotte. Hollande a eu à faire face à une vague d’attentats sans précédent.

 

Rassurez-vous, je ne suis pas là pour faire une comparaison des deux grands hommes. Il y a les circonstances politiques et économiques, il y a le fait que c’est Jospin qui a poussé Hollande et un tas de faits indiscutables.

Il n’empêche qu’il me paraitrait assez souhaitable que les gougnafiers qui se prétendent de gauche ne racontent pas n’importe quoi sous prétexte qu’ils ne peuvent pas blairer le type qui a le plus de chance, dans notre camp, de l’emporter !

27 mars 2026

Municipales : ne foirons pas l'analyse

 


Les analyses du résultat des élections municipales des deux derniers dimanches se multiplient mais j’ai un peu peur que les personnalités politiques, les éditorialistes et tous les braves gens qui sont payés pour donner leurs avis insistent sur différents aspects sans intérêt en oubliant qu’il faudrait en tirer des conclusions fiables avant le prochain scrutin.

C’est notamment le cas dans le camp – le mien – de la gauche républicaine où l’on nous dit qu’on n’a pas gagné a pas fait alliance avec LFI et que les principales victoires viennent des villes où l’on a tourné le dos à ce parti. CQFD laissent-ils entendre : « il ne faut pas faire de compromission avec la gauche radicale ». Ce raisonnement est totalement biaisé. Le fait est que l’on a gagné dans les villes où l’on est forts et que, dans les autres, on a bien été obligés de s’allier pour tenter d’avoir une majorité mais qu’on n’a pas réussi partout. Le rejet de LFI par les électeurs du centre gauche n’est pas du tout montré ici.

Comme on le dit par chez moi : il ne faut pas tortiller du cul pour chier droit.

 

L’analyse du résultat n’est pas simple à cause du système électoral. De fait, on va souvent se limiter aux grosses villes, sachant que 60% de la population habite dans des patelins de plus de 30 000 habitants. Les analyses vont donc porter sur les plus grosses villes. On parle beaucoup des 100 plus grosses villes mais seuls un peu plus de 30% des Français y vivent.

Voir en illustration l’évolution des votes dans ces 100 villes depuis la précédente échéance de ce type (elle vient du Parisien et est présentée par l’ami Ronald).



C’est très rigolo. Certains « choisissent » le panel de villes selon des critères qui les arrangent. Manon Aubry retient celui des 50 plus grosses villes parce que seule LFI y gagner. Elle a donc publié un graphique dans Facebook pour montrer que la plus grosse progression est faite par LFI. Si elle avait pris les 100 plus grosses, comme moi, elle n’aurait pas pu le dire : le centre a gagné bien plus et le RN a gagné autant.

 

La vérité, pour ce lot de 100 villes, est que les changements n’ont pas vraiment d’importance. Prenons la gauche « non écolo », donc, en résumé, le PS, LFI et le PCF. Ce groupe gagne 3 villes (c’est dérisoire, ça fait 3% !). Si LFI peut être distinguée dans ce machin, c’est, d’une part, parce que c’est la première fois qu’ils ont des candidatures sérieuses et, d’autre part, parce qu’ils sont qualifiés d’extrême gauche depuis quelques semaines par le ministère. Sans oublier que c’est toujours dans les centres urbains qu’ils font de bons scores ce qui les éloigne un peu des classes ouvrières… Mme Aubry aurait donc peut-être mieux fait de se taire.

Inventons un groupe « droite de gouvernement et centre ». Ils passent de 50 à 51. La belle affaire. Occupons-nous des écolos. Ils ont une vraie perte (le nombre de ville est divisé par trois) mais n’est-ce pas le score de 2020, dans les conditions que l’on sait (le Covid et tout ça) qui les avait favorisés ? On pourrait parler du RN mais, au fond, Nice a été conquis par un ex UMP, ex premier adjoint et ex président du conseil général.

Je ne dis pas qu’il n’y a pas des éléments significatifs mais ils se limitent à la baisse des verts et à la montée des centristes…

 


Ainsi, chacun pourra voir « midi à sa porte » et arranger l’échantillon de l’étude pour sortir un résultat réjouissant. Moi-même j’ai parlé de 30000 habitants dans mon introduction mais c’est bien parce que ma commune en a moins.

Le Kremlin-Bicêtre est à gauche depuis la nuit des temps (malgré un passage à droite dans les années 80), est au cœur de la banlieue rouge. La députée insoumise y a fait plus de 50% au premier tour des dernières législatives (au nom du NFP). Pourtant, elle a été conquise par la droite, dimanche dernier. Cette victoire de la droite est explicable par la présence de deux listes de gauche au second tour, celle proche du PS arrivée bien devant celle de LFI au premier.

C’est bien donc la présence de la liste LFI qui a empêché celle du PS de gagner. Cette présence est expliquée par l’absence d’un accord. Pour cette absence d’accord, j’ai entendu deux justifications. LFI prétend notamment que le PS n’a pas fait de proposition. Il me semble pourtant que les exigences de LFI étaient trop lourdes à supporter pour le PS qui aurait perdu le fait d’avoir la majorité des sièges au conseil, LFI aurait alors pu faire sa loi en étant arrivé avec 15% au premier tour…

 

Il aurait donc fallu un accord national entre le PS et LFI (et les autres partis) pour que cette commune moyenne reste à gauche.

On est donc bien loin de cette analyse de nos spécialistes parisiens en accords électoraux et en lutte contre l’antisémitisme quand il est de gauche qui prétend que les accords sont mortifères pour la « gauche de gouvernement ».

Cet accord national doit être formel : s’il y a plusieurs listes de gauche capables de se maintenir au second tour, seule la première doit pouvoir se maintenir. S’il y a une fusion de liste, il ne faut pas qu’un seul « groupe » puisse provoquer un blocage en s’alliant avec l’opposition municipale. Cet accord ne doit concerner que les seconds tours.

Et si on est nombreux à penser que LFI plombe la gauche, il faut bien faire avec…

 


Retour vers le passé

La mort de Jospin m’a renvoyé à l’époque de la création de ce blog, il y a une vingtaine d’année. Ca suivait 2002 et précédait 2007 et 2008, avec le congrès de Reims. Ce n’est qu’à cette époque que j’ai eu des copains engagés au sein des partis politiques, notamment le PS. Il y avait souvent des débats entre eux et ils s’engueulaient prodigieusement pendant que je finissais les popcorns.

Prenons le premier, 2002, avec l’élimination au premier tour du vénérable. Il y avait deux camps. Ceux qui mettaient les torts sur le dos de Jospin qui n’aurait pas fait une bonne campagne, déclarant sa candidature par fax puis se faisant baiser par Chirac avec les problèmes de sécurité, papy Voyce et tout ça. Les autres mettaient tout sur le dos de Taubira et Chevènement qui auraient piqué des voix à Yoyo. Personne n’osait dire, à l’époque, que les deux avaient raison et que d’autres phénomènes étaient à prendre en compte (notamment le fait que l’extrême gauche est arrivé à 10%, ce que nous n’allons pas tenter d’expliquer aujourd’hui).

Pour 2007, il y avait clairement deux camps pour expliquer la défaite de Ségolène Royal. D’un côté ceux qui expliquaient qu’elle n’avait pas pu compter sur l’aide du parti, de l’autre ceux qui disaient qu’elle avait fait campagne en dehors du parti. Ils ont complètement omis des deux autres. La première (et peut-être la seule valable) est que Sarkozy était un excellent candidat (le travailler plus pour gagner plus, le successeur dynamique d’une droite vieillissante). L’autre est Ségolène Royal était mauvaise…

2008 et le congrès de Reims offrent peu d’intérêts directs dans ma démonstration. Il y avait les soutiens de Royal et ceux d’Aubry (l’autre) qui s’accusaient mutuellement de tricherie. Je ne sais pas qui avait raison. En revanche, on est bien obligés de reconnaitre que la victoire d’Aubry a permis une mise en marche du parti qui a abouti à la primaire de 2011 puis à la victoire de 2012. A l’époque, personne ne le disait, d’autant qu’Aubry a été la grande perdante de la primaire et que beaucoup estiment qu’Hollande n’a gagné que grâce aux déboires de DSK. Pourtant, pépère aurait pu gagner la primaire par sa gauche en positionnant DSK comme un représentant du libéralisme….

D’ailleurs, on pourrait raconter la suite de la rigolade avec les déboires d’Hollande et les critiques de sa politique faite par l’aile gauche des socialistes alors que Flanby ne faisait, en gros, que mettre en œuvre ce qu’il avait annoncé dans ses livres parus avant le « forfait » de DSK…

 

Certes, un militant socialiste de l’époque pourra critiquer la légèreté de mes quelques analyses mais elles n’en sont pas vraiment : elles sont une critique de ce qui leur ai passé par le crâne et qui les induit en erreur depuis tant de temps.

 

Alors, aujourd’hui, on peut détester ce que représente LFI, l’antisémitisme supposé, le non-respect de quelques valeurs républicaines, la bêtise des analyses politiques de certains cadres, le positionnement délirant sur certains sujets mais on ne peut pas rejeter des électeurs qui ont pensé que seuls la « voie Mélenchon » pouvait mener à la victoire de la gauche depuis 2017 ou qui pensent que le projet de LFI est meilleurs que celui des autres (que l’on continue d’ailleurs à chercher).

On ne réconciliera pas les gauches irréconciliables mais on ne gagnera pas en se foutant sur la gueule. Tout simplement parce qu'on ne peut pas garantir l'impartialité d'une analyse.

23 mars 2026

Retirons-nous de la vie politique !

 


On sait maintenant pourquoi Lionel Jospin était absent à la soirée électorale, hier. En 1990, un copain avait décidé que j’étais un fan de lui et je le suis devenu. Je l’avais croisé une fois, lors de la soirée électorale au soir du second tour de 2012, chez France 2. Quand je suis sorti des toilettes (le champagne…), après m’être lavé les mains, il était là, au bout du couloir, pour une interview. J’avais les mains mouillées et j’étais pétrifié à l’idée de passer à côté de lui et d’être obligé de lui serrer la main. J’avais attendu dans mon coin en le regardant et j’étais impressionné par le bonhomme, assez grand.

Remarque, on peut se tromper ! Au cours de la soirée, j’avais aussi croisé Nadine Morano et l’avais trouvé bonne. Je ne vous dis pas ce que j’avais pensé de FOG, je ne tiens pas à avoir un procès.

Mes condoléances à ses proches et à tous les copains du PS qui ont tant appris avec lui.

 

Pour ma part, ce n’est pas en 2002 que j’ai déclaré me retirer de la vie politique mais mardi dernier, quand j’ai vu que le PS était incapable de choisir une bonne stratégie pour les municipales. Comme quoi, il n’y avait pas que Jospin qui ne savait pas gérer les « petits » partis de gauche et il y a beaucoup d’ânes qui n’ont tiré aucun enseignement de cette époque !

Et en plus, il me fait réécrire l’introduction de mon billet, ce matin.

 

« Avec les insoumis, la gauche perd ; sans eux, elle gagne. Après le second tour de ces élections, il faut vivre dans un monde parallèle pour refuser de voir cette réalité électorale. Une leçon éclatante pour la suite… » C’est ainsi que débute l’éditorial de Laurent Joffrin, ce matin. Beaucoup, à gauche, sont sur la même longueur d’onde.

Pourtant, dans ma commune, les socialistes ont perdu la commune parce que la liste LFI s’est maintenue au second tour. Le prochain maire sera de droite. Pourtant, nous sommes en pleine banlieue rouge. Aux dernières législation, Mathilde Panot a fait plus de 50% au premier tour (sur le territoire de la commune).

A Marseille, c’est bien LFI qui a permis la victoire de la gauche. Il est probable que, en se retirant, Delogu a suivi les ordres du chef, mais que ces braves gens ne voulaient pas être responsables de l’élection d’une municipalité RN dans cette ville.

A Saint-Brieuc, il y avait un candidat de l’union de la gauche et de LFI au second tour : la gauche n’a pas gagné.

 

On pourrait discuter de chacun des exemples sortis sur les plateaux ou dans la presse, hier. Négocier tout, sortir des contre exemples. Les gens sérieux qui n’aiment pas LFI continueront être persuadés que l’alliance avec LFI devait bien être évitée.

Ca fait quelques semaines qu’on nous gonflé avec le caractère d’extrême gauche de LFI, on a parlé d’alliance de la honte…

Pourtant, qui nous dit qu’avec une alliance de la honte, le sortant de gauche n’aurait pas été réélu ?

 

Je n’en reste pas moins persuadé que, si en 2022, lors de la création de la Nupes pour les législatives, puis en 2024, pour le NFP, la question des alliances avaient été traitées sérieusement (pas d’alliance au premier tour, des accords pour le suivant) et normalement (les candidats de gauche qui ne sont pas premiers, de gauche, au premier tour, se désistent en faveur du second qui doit permettre la fusion des liste qui doit s’opérer raisonnablement, à savoir des strapontins ouverts aux alliés), on n’en serait pas là.

Et on n’aurait pas perdu des mois à se foutre sur la gueule : antisémite ! Facho ! Suppo de la droite ! Islamo gauchiste ! Anti républicain…

Peut-être que les électeurs ne nous auraient pas pris pour des cinglés.


On fait de la politique pour améliorer la vie des gens et donc pour être élu.

Pas pour virer des élus de notre bord qui s'allient avec le centre droit parce que les autres partis de gauche, y compris celui avec lequel on ne veut pas s'allier, se liguent contre nous.

Et que nos élus gagnent quand même.

17 mars 2026

Ne nous fâchons pas !

 

Les alliances des partis de la gauche dite de gouvernement avec la gauche dite depuis extrême font beaucoup parler au surlendemain du second tour des municipales. Et ça m’énerve.

Tout d’abord, si je prône des accords de second tour avec LFI, c’est dans l’espoir de victoires à gauche. A Strasbourg, nous avons les écolos qui s’associent avec eux pour faire perdre la candidate de gauche arrivée en tête ! Ca mérite tout de même des claques…

Notons que le type de LFI s’appelle Kobryn.

Les premières affaires d’antisémitisme suspectées à gauche dans l’ère moderne (je veux dire « post covid ») date de 2022, pour les législatives, dans le cadre de la Nupes (auquel j’étais opposé), avec la venue de Jérémy Corbyn, connus pour des suspicions d’antisémitisme, à des réunions politiques de personnalités politiques, en l’occurrence Mme Simonnet et Obono. Notons que la première siège maintenant avec les écolos au parlement.

Ensuite, un an après, il y a eu la polémiques suite à l’invitation du rappeur Médine, également suspect de la même chose, à débattre lors des universités d’étés des écolos. Encore eux. Puis il l’était aussi aux UE de LFI et il a fait un concert à la fête de l’Huma.

J’ai du mal à comprendre pourquoi certains viennent jouer aux vierges effarouchées maintenant et pourquoi les tirs sont dirigés exclusivement vers LFI. A ce stade, je ne vois pas pourquoi les alliances avec LFI seraient vraiment pire que celles avec les écolos…

 


Un peu plus tard, il y a eux les attentats de 7 octobre. LFI a refusé de les qualifier de terroriste. Cela a bien fait polémique mais je n’ai pas souvenir de ténors du PS fustigeant leurs camarades. Par contre, je me rappelle très bien la dissolution qui est arrivée quelques mois après et des nombreuses personnalités de la gauche socialiste qui ont profité d’un nouvel accord à gauche, le NFP, pour se faire élire. Pourquoi étaient-elles moins regardantes à l’époque ? La soupe…

Ce n’est que plusieurs mois après que la rupture entre le PS et LFI a eu lieu mais la cause n’avait rien à voir avec l’antisémitisme présumé : le PS a pris acte que les positions de LFI menaient dans le mur alors qu’il était à peu près évident qu’il aurait fallu un premier ministre issu du centre gauche pour « mener » une majorité parlementaire expurgée de l’extrême droite.

D’ailleurs, c’est à peu près à cette époque que la droite a lancé le slogan « tous sauf LFI ».

 


Tiens ! Parlons un peu de la droite. Il n’y a pas que les députés du PS qui ont eu droit à un poste grâce à des accords électoraux. Tous les camps, sauf le RN, ont bénéficié du front républicain qui s’est rapidement mis en place (et c’est heureux). La formule était simple : quand un type du RN était en mesure de se faire élire, tous les autres partis se mettaient derrière le candidat des autres partis arrivé en tête.

Le front républicain ? La première fois dont on en a réellement parlé, c’était à l’occasion de la présidentielle de 2022. Il y a un tas de gens de gauche qui ont voté pour un lascar de droite dont le plus célèbre discours porte sur le bruit et l’odeur. Tirons-en les leçons que vous voudrez.

Mais voir les gens de droite critiquer la gauche et lancer des oukases maintenant est assez drôle. Auraient-ils oublier leurs amis qui se sont alliés avec le RN pour gagner des élections dans les deux décennies précédentes ? Sûrement. C’est vieux, vous me direz. Les « Républicains » oublient-ils qu’ils ont élu un président de leur Parti, fin 2022, qui a ensuite prôné des rapprochements avec le RN avant d’être viré en plein « tout sauf FLI » ? Nous sachons…

 


C’est vieux, certes, mais revenons tout de même à Jean-Marie Le Pen. Le parti politique qu’il avait monté avec des Waffen SS a commencé à faire des scores notables au début des années 80. Le vieux a fait 15% en 1988 et en 1995 et un peu plus en 2002, vous savez, l’année du Front Républicain. On a eu peur. Il est donc passé à 10% lors de l’élection suivante. Il faut dire qu’il était face à un type de droite qui prônait de passer nettoyer les banlieues au Karcher, qui refusait les régularisations massives, qui voulait mettre en place un ministre de l’immigration…  Nicolas Sarkozy a gagné.

C’est rigolo. Ca fera 20 ans que « le vieux parti de droite gouvernemental » n’a rien gagné au niveau national (et on pourra dire la même chose un de ces jours, de son homologue de gauche).

C’était la candidature de trop pour Jean-Marie Le Pen. Il a donc laissé sa place à son successeur, en l’occurrence sa fille, qui a procédé à dédiabolisation de sa formation politique. Elle n’a pas fait une présidentielle sans être au second tour, avec 22 ou 23% au premier. Et elle gagnerait très probablement la prochaine si elle n’avait pas des ennuis avec la justice.

Nous avons donc un parti d’extrême droite qui avait un vieux chef qui tenait des propos outranciers et qui a fini à un second tour avant de s’effondrer et de laisser sa place.

Imaginons-nous un parti de gauche, même récemment classé « à l’extrême », avec un vieux dirigeant tenant des propos outranciers et qui aura bientôt atteint la limite d’âge ce qui lui permettra de laisser sa place à un successeur qui pourra dédiaboliser le parti ?

 


Revenons à la gauche. J’ai lu un texte intéressant dans Facebook. C’est bien écrit. Long et argumenté. Je vous invite à lire. Je résume : la gauche ne gagnera pas en se foutant sur la gueule ou en s’achetant une vertu. Elle gagnera en montrant aux gens qu’elle peut proposer un monde où ils vivront mieux.

Alors on se calme ! On ne peut plus tolérer des lascars qui traitent tous ceux qui ne pensent pas comme eux de fachos alors que leur chef est incapable de condamner des affiches avec une iconographie antisémite ou se moquant des noms de famille de juif. On ne peut admettre qu’ils tuent un même d’extrême droite, même s’il a commis des abominations, mêmes s’ils ont été provoqués par des gudards en culotte courte.

Vous vous rappelez l’affaire Shein. Mélenchon a fait un discours improvisé. Il a dit trois choses. D’abord qu’on ne pouvait pas condamner des braves gens qui voulaient acheter des trucs et payer moins cher. Ensuite qu’il fallait augmenter les salaires pour leur permettre d’acheter. Enfin, qu’il fallait aider les entreprises à produire et à vendre moins cher en baissant leurs charges. Trois points. Il a raison sur les trois.

 


Mais arrêtez de me traiter de droitard qui propose la politique de l’offre alors que c’est votre leader qui dit qu’il faut baisser les charges des entreprises.

A droite, arrêtez donc de charger la gauche sur des problèmes moraux (qui a été condamné à cause du financement de la dernière présidentielle gagnée, au fait ?) : ça ne vous fait pas reprendre des électeurs. Ca amuse la droite (vous pensez que le sondage Cnews en illustration est fait pour quoi ?) mais le violon déborde.

Au centre gauche, arrêtez de vous imaginer pouvoir gagner sans toutes les voies de gauche.

16 mars 2026

Municipales : et maintenant, à gauche ?

 


Il y a toujours moyen de se réjouir du résultat d’élections. Par exemple, cette fois, on a une majorité des grandes villes où la gauche dite républicaine est en position de remporter le suffrage et va probablement le faire. Parmi d’autres, comme à Nice, on ne va pas jouer à se surprendre que la droite dure, alliée au RN, va probablement gagner.

Cela étant, nous ne sommes pas là pour gagner un concours de langue de bois… Il y a beaucoup de municipalités où la gauche pourrait ne pas l’emporter à cause de la présence de listes LFI qui mettent en danger le reste de la gauche en vue d’une victoire.

C’est le cas de ma commune, Le Kremlin-Bicêtre, traditionnellement ancrée à gauche (depuis sa création, en 1897 sauf pour la période de 1983 à 1995). Une liste de droite est arrivée en tête. La gauche obtient 55% des suffrages mais ne passera sans doute pas le second tour sans la fusion des trois listes ayant dépassé les 10%). La question de la légitimité ne se pose pas. Personne n’a triché et LFI était arrivée en tête au dernier scrutin (Mathilde Panot a fait plus de 50% dans la commune au premier tour des législatives).

La logique traditionnelle de la gauche serait que la liste d’union de la gauche, menée par un membre du PS, arrivée seconde avec 27% des suffrages ouvre sa liste aux membres de la seconde (LFI) et de la troisième mais il y a cet oukase sur le plan national : pas d’alliance avec LFI.

 


Certes ! Nous aurons les couilles propres en ayant refusé l’alliance avec un parti soupçonné d’antisémitisme mais nous aurons perdu. Pendant ce temps, on oublie que l’adversaire principal est bien le Rassemblement National qui est bel et bien une formation d’extrême-droite, comme le rappelle Caroline Fourest. On ne scandalise plus des rapprochements qui font que la droite ancienne républicaine puisse conserver des postes…

C’est d’ailleurs amusant que ça soit Caroline Fourest qui le rappelle, elle qui est souvent traitée de fachos par les andouilles de gauche qui n’ont rien compris. Ce sont bien de vrais collabos…

On oublie qui est l’adversaire et on continue les oukases (des gens dont je suis assez proches ont recommencé hier : Hollande, Cazeneuve, Glucksmann, Guedj…) : « pas d’alliance avec LFI. »

 


Je le dis maintenant à nouveau : « ça suffit ».

Tout d’abord, avant de passer pour une amorale girouette, je vais rappeler, comme dans mes deux ou trois derniers billets, la position que j’ai toujours eue ! Vous vous rappelez des invitations du rappeur Médine aux universités d’été de partis de gauche (en commençant par LFI, d’ailleurs). J’étais un des premiers à gueuler : on ne peut pas inviter des antisémites notoires. Beaucoup de mes « potes » l’ont alors fermé. Un peu après, il y a la création de la Nupes puis du NFP. J’étais contre et j’ai dit « pas d’alliance avec LFI pour les premiers tours ». Ils se sont alliés. J’ai consacré deux bons tiers de mes billets de blog à la critique de LFI qui avait des positions inacceptables ! Ils se sont alliés. Et maintenant ils hurlent. Alors que j’ai toujours dit qu’il fallait des positions intelligentes au second tour. C’est simple. Exemples…

A Toulouse, la droite arrive en tête, LFI et « la gauche unie » arrive second et troisième avec des scores proches. Il faut faire liste commune avec, en tête, la personne dirigeant la liste arrivée devant l’autre, à savoir le candidat LFI.

A Marseille, la liste de gauche « normale » arrive en tête talonnée de peu par la liste RN. La liste LFI a trois fois moins de voix. Elle doit s’effacer pour éviter le RN (et fasse taire Delogu qui semble exiger la fusion pour éviter la victoire de l’extrême droite). A Roubaix, la liste LFI arrive largement en tête. Les listes de gauche doivent s’écarter car leur présence ne changera rien. Après, si des listes arrivées largement devant d’autres qui acceptent de se retirer, elles peuvent avoir l’amabilité de leur proposer des fusions en accordant des strapontins (en position éligibles) afin que tous soient représentés au conseil municipal. La démocratie et la politesse en sortiraient grandies.

 

Dans ma commune, ça donne : Jean-François, tu proposes une fusion aux autres guignols afin d’avoir une chance de l’emporter. Sinon, ça ne servait pas à grand-chose de concourir… Et les 55% de sympathiques électeurs s’étant déplacés pour vous n’auront pas le sentiment de reste sur le sable (à se demander s’il ne vaudrait pas mieux aller directement à la pêche pour la prochaine fois).

 


Certes, on aura ouvert une conversation avec des gens dont certains sont antisémites mais c’est tout de même aussi pour éviter de renforcer des gens qui sont prêts à s’associer avec l’extrême droite.

Et, entre nous, LFI a atteint un de ses objectifs : s’implanter dans les communes. Ne leur donnons pas le plaisir de raconter partout que notre comportement est à l’origine de la victoire de la droite.

Sinon, je ne donne pas cher de la social-démocratie pour les prochaines élections.

 

Par ailleurs, ne faisons pas gagner ceux qui ont organisé la campagne de diabolisation de LFI (surtout que Mélenchon a su tirer la couverture dans le bon sens), avec, en phase finale : la déclaration de LFI comme étant d’extrême-gauche, un pataquès autour d’une graine de nazi battu à mort par des milices de gauche dissoutes (mais dans des conditions tout de même suspectes) et j’en passe ! La campagne pour les municipales n’a pas tourné autour de ce qui était bon pour les citoyens, nos communes… Mais sur LFI et Mélenchon.

En outre, personne n’a pas parlé des élections aux intercos. Les programmes des opposants étaient grotesques (à Nanterre, LFI avait à son programme le boycott des produits en provenance d’Israël, ce qui est certes antisémite mais qui n’a rien à voir avec les élections et est impraticable ; dans ma commune, la droite avait au programme la lutte contre la restauration rapide alors que le commerce est libre en France ; à Paris, les amis de Mme Dati ont critiqué la détérioration de l’environnement en oubliant la fabuleuse baisse de la pollution en 25 ans).

Il faudrait peut-être redevenir sérieux.

03 mars 2026

Guerre présumée utile ?

 


« Face à la guerre meurtrière décidée par Trump et Netanyahu sur l’Iran et le Liban, la France doit refuser totalement cette guerre illégale qui menace la paix de toute la région et agir pour le cessez-le-feu immédiat.

Compte tenu de la gravité de la situation, le groupe parlementaire insoumis demande d’urgence un débat suivi d'un vote en application de l'article 50-1 de la Constitution sur la position de la France sur la situation au Moyen-Orient. » Voila une récente publication de Mathilde Panot, pour accompagner la diffusion d’une copie d’un courrier adressé au premier ministre.

 

Ce matin, je ne pensais pas du tout à LFI quand je voulais faire ce billet, sauf peut-être pour dire que l’actualité tourne : on a été agités, dans les réseaux sociaux, pendant deux semaines, on a beaucoup parlé de la mort d’un jeune type, présumé d’extrême droite, tué par les miliciens présumes faisant partie d’un groupe de nervis d’extrême gauche présumés créé par des gens de LFI, présumée en être restée proche. Je n’avais pas présumé tomber sur cette publication en ouvrant mon Facebook…

Et on peut présumer que Mathilde Panot lance ceci dans une présumée folie qui la pousse à présumer que les musulmans de France sont sensibles à ce genre d’argument et vont voter pour son équipe.

Mathilde Panot présume qu’un vote des députés français fera plier Trump et qu’ils sont les seuls préoccupés par la situation. Pourtant, je présume qu’il vaudrait mieux pisser dans un violon en peignant une girafe. Et, je ne présume plus, je le dis : ça commence à bien faire.

 

En janvier 2026, il y a eu au moins 30 000 morts en Iran, par la répression des manifestations iraniennes. En un mois, on est à la moitié du nombre de morts, dénoncé par LFI, à Gaza (dont 80% de terroristes). Le départ du Chah ne nous est pas resté en travers de la gorge mais on pourrait tout de même se demander le nombre d’Iraniens martyrisés ou tués par le régime des mollahs.

Mon brave Copilot m’indique qu’on peut l’estimer entre 26 et 47000 depuis 1979 (dont probablement 6000 pendus à cause de leur orientation sexuelle. Mais « aussi » dont les 30000 ci-dessus). Je ne compte pas les autres exactions ou répressions, les privations de liberté et toutes les horreurs dont a pu entendre parler.

Et qui ne sont pas que présumées.  De même que les sentiments de Mollahs vis-à-vis d’Israël.  Au fait ! Mon assistant préféré me dit que l’Iran versait 200 millions d’euros au Hamas chaque année.

 


Le peuple iranien a bien mérité un coup de main pour se débarrasser des fous de dieu et cette intervention parait nécessaire. On peut certes déplore qu’elle ai eu lieu en dehors du droit international, en l’occurrence sans autorisation des Nations Unis mais on peut se dire que ce machin n’aurait rien autorisé compte tenu des pays qui défendent l’Iran pour le plaisir de chier sur les USA.

Mais LFI préfère convoquer le gouvernement, notre gouvernement, qui est resté étranger à l’intervention pour qu’il agisse contre, sans doute pour que les mollahs puissent continuer « à tirer sur le peuple », ces braves gens qui aspirent à plus de liberté.

 

Faites les taire.

 

Pendant les épisodes récents, avec le meurtre de Quentin, les accents de Mélenchon…, je me suis bien demandé ce que voulait LFI. Maintenant que le RN est « rentré dans le rang » après avoir été réhabilité par la droite suite à une longue dédiabolisation, Il est simplement probable que LFI puisse vouloir passer comme le seul mouvement opposé au système.

Tant pis pour les dommage collatéraux.

C’est à chier.

28 février 2026

Raspoutaïne

 


J’ai vu dans TikTok le discours de Méluche où il parle de « phonétique » (Epstaïne ou Epstine ?) avant d’avoir vu qu’il y avait une polémique (très présente dans Threads et je suppose ailleurs aussi). Je dois avouer que je n’ai pas vu d’antisémitisme. Je croyais que Jean-Luc Mélenchon se foutait de la gueule de ceux qui avaient « russisé » la prononciation ! Comme s’ils les accusaient d’avoir voulu le rendre encore plus méchant, l’Epstein, comme un gros russe qui envahit nos pays amis…

Je me suis sans doute trompé. Si vous lisez mon blog depuis quelques temps, ça fait deux ans et demi que je reproche à des partis de la gauche de la gauche de flirter avec l’antisémitisme. Ca avait commencé avec l’invitation de Médine à l’Université d’Eté des écolos… Et le traitement des événements de Gaza par ces ânes m’avait conforté dans mon opinion.

Alors, je ne vais pas prendre la défense de Mélenchon aujourd’hui ! Mais j’en aurais pourtant un peu envie tant je suis empli de mansuétude.

 

Depuis une paire de semaine, je défends beaucoup LFI et ça m’énerve.

Et je crois sincèrement que mes camarades de gauche qui tapent dessus sans toucher au RN contribuent à sa respectabilisation.

C’est mal ! Il y a dix huit mois, on était tous là à vouloir encore faire barrage, on parlait de castors et tout ça. On a inversé la logique et ça va mal finir pour la gauche. Ce n’est pas en se rendant plus propres qu’on va reconquérir des échelons de pouvoir.

C’est dommage, je sais. Mais le RN est à 30%, en gros, ce qui montre que tout a basculé vers la droite au point où l’on va considérer que des machins comme Renaissance sont plus à gauche que la moyenne.

Donc sont à gauche.   

Ce qui ne me dérange pas spécialement. Au fond, je suis plus proche d’un Attal que d’une Panot…

 

Par contre, pour gagner, il nous faudra toujours réconcilier les gauches irréconciliables, tant que la gauche radicale, devenue extrême gauche, représente 20% des électeurs. Il faut peut-être arrêter de réagir aux outrances de ces extrémistes en peau de fesse.

 

Et je refuse de réécouter Mélenchon pour me faire une nouvelle idée de ce qu’il voulait dire.

25 février 2026

Quentin et la manipulation fallacieuse !

 


Dans son billet d’hier, l’amie Juliette « s’amusait » du côté fallacieux de certains arguments en matière de politique (vous pouvez la lire, je ne suis pas son porte-parole). Elle illustrait ses propos avec des éléments suite à la mort de Quentin. Il est vrai que dire, en défense de LFI : « arrêtez de nous les brouter avec nos morts, l’extrême droite tue plus que nous », n’est pas très fin.

En revanche, il faut se poser ! Ce n’est pas LFI qui a tué quelqu’un mais, potentiellement, des relations douteuses d’un député du même métal. Je dis bien « potentiellement » parce qu’à l’époque où les accusations ont été lancées, on ne savait strictement rien. Il va nous falloir attendre la fin de l’enquête mais il faut tout de même admettre que le scénario le plus probable est que les dames de Némésis sont venues exciter les zozos d’extrême gauche en espérant de la castagne avec leurs propres nervis, des zozos d’extrême droite.

Cela n’excuse évidemment pas un mort et je ne suis pas sûr de connaitre formellement les causes du décès. On nous a parlé d’un acharnement sur un homme à terre mais aussi de cet homme qui s’est relevé et a refuser d’aller à l’hosto. Honnêtement, je ne sais pas. Ca me gonfle de lire la presse à ce sujet car, aussi bien, une heure après, on aura une autre version…

 

Reprenons les faits.

Petit 1 : il y a une dizaine de jours, le ministère de l’intérieur a classé LFI dans les partis d’extrême-gauche. A mon avis, c’est une double erreur. D’une part, le programme de LFI n’est pas plus à gauche que des programmes du PS qui ont, par le passé, permis la victoire de son poulain (rappelez-vous Hollande qui voulait taxer les hauts revenus à 75% !). D’autre part, LFI veut la révolution par les urnes, pas par la violence. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : vous pouvez relire ce blog, depuis deux ans, les trois quarts des billets sont là pour dénoncer le comportement ou le positionnement de LFI.

Petit 2 : il y a une conférence de Rima Hassan dans une université à Lyon. Je le déplore complètement mais ce n’est pas le sujet de mon billet.

Petit 3 : il y a, un peu à côté, ce « gars » qui meurent sous les coups d’abrutis « d’une milice proche de LFI ».

Petit 4 : il y a des élus de droite, dans le poste, qui explique que l’extrême gauche tue.

 

A ce stade, on a pu dire « attention, l’ED tue huit à dix fois plus que l’EG ». On pourra admettre que cette formulation est maladroite. Je reformule : « hé dis donc mes canards, vous auriez pu mettre plus d’entrain à ronchonner lorsque des types ont été tués par l’extrême droite plutôt de réagir en meute, maintenant, alors que LFI vient d’être classé « officiellement » à l’EG ! »

 

Petit 5 : ces mêmes élus de droite ont immédiatement enchaîné avec « il faut que les socialistes se désolidarisent complètement de LFI ».

Petit 6 : des élus de gauche ont dit « il faut qu’on se désolidarise d’LFI ».

Petit 7 (vous avez peut-être loupé une étape) : mes copains de ce que j’appelle (affectueusement) « la gauche républicaine et laïcarde » ont commencé à crier « si les socialos ne se désolidarisent pas immédiatement, ce sont des traitres, des collabos et en plus ils puent de la gueule ».

Je rappelle que j’ai fait partie du Printemps Républicain » dont je suis parti quand ils sont devenus une formation politique proche de Macron. A ce sujet, j’ai eu un éclat de rire quand j’ai vu hier, dans Facebook, que « Amine » qui en était le président à l’époque annonçait sa présence sur les listes de Rachida Dati pour les municipales. Je crois que je n’ai pas trop de leçon à recevoir en « traitrise » !

 

Nous en sommes à un point où le Rassemblement National a été dédiabolisé officiellement par la droite (puisque le front républicain a migré) et LFI diabolisé ! Nous avons des élections dans un mois et tout est fait pourque les partis de droite puissent aller chercher des sourires des dirigeants RN pour récupérer des électeurs (au second tour) mais que les socialos ne peuvent plus aller chercher des bulletins « sur leur gauche ».

C’est fort ! On assiste à une grandiose manipulation politique qui vise, au minimum, à torpiller la gauche pour les municipales. Suite à la manifestation, à Lyon, la famille de Quentin a appelé à cesser les récupérations, notamment à droite, à cause des saluts nazis et des slogans racistes. Côté récupération, ils étaient loin du compte.

Et je n’ai fait que citer des faits.

 

Petits 8 et 9 (j’accélère) : le PS se sentant coincé a fait un communiqué (que je n’ai pas lu) pour dire que des accords locaux pouvaient être possibles à nos conditions. Mélenchon a rétorqué (j’ai lu sa publication FB mais pas le communiqué) : « z’êtes gonflés, ce sont nos conditions qui s’appliqueront ! »

Il va falloir que les différentes composantes de la gauche clarifient tout cela et enterrent leurs propres fantômes… Je propose un accord :

 

Petit a : on ne fait plus d’accords nationaux pour ce qui concerne le programme et les candidats.

Petit b : on maintient ce qui a toujours été fait, depuis la nuit des temps, à savoir des accords de second tour, des désistements républicains. En d’autres termes, celui (le candidat ou la liste) qui arrive second parmi les listes de gauche à un scrutin doit se désister pour l’autre si cela est nécessaire pour empêcher un second tour qu’il juge mauvais. Le cas échéant, ils pourront discuter pour étudier l’opportunité de fusionner les listes.

 


Petit c : on se calme ! On n’oublie pas que c’est le RN qui vient d’un parti qui a été créé par des Waffen SS et contre lequel le « front républicain » a été imaginé, il y a environ 25 ans. Dans l’histoire de l’Europe, ce sont bien des partis politiques de l’ED qui ont toujours refusé de rendre le pouvoir par les urnes. Le danger est bien là. On n’oublie pas que ce front républicain avait été mis en place pour permettre l’élection haut la main d’une personnalité de droite qui, par ailleurs, aimait la bière et les pommes. Il doit maintenant se retourner dans sa tombe (d'autant qu'il y a assez peu de bruit et d'odeurs).

 

Petit d : je continue à dire du mal de LFI et de Mélenchon dans mon blog. Par exemple, Méluche a refusé de se désolidariser de la Jeune Garde alors qu’il rappelait, moins d’une semaine avant, que cette formation n’existait pas car elle avait été dissoute.

A ce niveau de folie…

23 février 2026

Perdre son honneur pour sauver des postes...

 


Ils n’ont pas attendu ! Quelques jours après l’assassinat de Quentin, voila Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, qui appelle le RN à se désister pour éviter à LFI de remporter des municipalités. Vous avez bien lu ! Une éminente membre de la majorité fait appel au RN pour faire barrage à LFI ! Elle a probablement oublié qu’il y a dix-huit mois, sa formation politique faisait appel à LFI pour faire barrage au RN ! Et que c’est grâce à ce barrage qu’on a pu éviter une majorité d’extrême droite…

Entre nous et entre parenthèses, je me demande si elle se rend compte à quel point les électeurs vont les prendre, elle et ses copains (et les miens), pour des cons ! Si ce n’est pas avec ce genre d’âneries que les gens vont se détourner des partis politiques traditionnels, ceux qui magouillent n’importe quoi pour conserver leurs postes…

 

Je rappelle ma position : dès la création de la Nupes puis du NFP, je me suis exprimé contre une union entre LFI et d’autres partis de gauche. Ma raison est claire : avec LFI aussi forte au sein de ces conglomérats, des gens du centre gauche auraient préféré voter pour des candidats centristes que pour une gauche radicale.

Depuis, je combats LFI dans mon blog, non pas pour le programme, mais parce que je n’aime pas leurs méthodes, leurs comportements, leur manie de vouloir faire sauter le gouvernement, leur refus d’admettre que les événements du 7 octobre sont de nature terroriste et j’en passe. J’estime, en plus, qu’ils entraînent le reste de la gauche dans leur perte.

Dès les législatives de 2024, j’ai appelé à la mise en œuvre d’une coalition gouvernementale regroupant la gauche hors LFI, le centre et la droite, avec, à sa tête, une personnalité issue du centre gauche (parce que c’est le centre de gravité de cette coalition) de manière à ce qu’on puisse avoir un gouvernement de compromis, comme ça se passe dans tous les pays du monde. Si j’ai exclu LFI, c’est parce que des formations politiques ont déposé leur véto pour travailler avec eux.

En revanche, je n’ai critiqué le programme de LFI qu’à la marge et je n’ai jamais exclu des accords de second tour, pour des désistements, notamment aux législatives, ou des fusions de listes, pour les municipales, à condition que ces accords ne viennent pas d’oukases nationaux mais d’héritage des traditions républicaine : le candidat de gauche le moins bien placé au premier tour se retire pour celui arrivé en tête afin de battre un candidat de droite. Le tout devant se faire dans une bonne intelligence : si le « deuxième » estime que le « premier » est un con dangereux, il peut évidement faire un autre choix.

Depuis une semaine, on voit ces oukases, un peu différents, qui expliquent que la gauche ne peut plus s’unir mais, a contrario, on voit que la droite pourrait se rapprocher de son extrême, ce que vient de confirmer Madame Brégeon.

C’est inadmissible.

 

Imaginons une commune comme la mienne, largement à gauche (la députée LFI, Mathilde Panot, a été élue au premier tour). Le maire sortant, de centre gauche allié avec plusieurs formations de gauche, devrait arriver en tête mais il sera mis en « ballotage » au second tour. Franchement, je ne vois pas pourquoi des éditorialistes de plateaux iraient lui interdire d’intégrer sur sa liste quelques personnes venant de la liste soutenue par LFI, si une liste de droite est qualifiée pour le second tour.

On frise la folie !

Et on oublie d’où vient le Rassemblement National. Il a tellement bien réussi sa dédiabolisation que les électeurs de droite sont partis chez lui ! Alors les cadres de droite sont prêts à toutes les compromissions pour garder quelques strapontins.

 


Revenons à cette histoire de Quentin. Ce ne sont pas milices issues de l’extrême gauche qui ont volontairement tué ce garçon mais ce sont ses copains et lui qui sont venus soutenir un groupe de militantes qui venait foutre la merde dans un événement de gauche.

Alors, quels que soient les torts d’LFI, comme ceux d’avoir maintenu comme député un type compromis avec des dégénérés, il ne faut pas tordre la réalité.

 

Ca se voit un peu trop que tous les guignols qui ont eu comme fond de commerce de faire barrage au Front National ou au Rassemblement du même métal en arrivent à lui sucer la bite pour tenter de sauver leur honneur.

Qu’ils vont évidemment perdre.

22 février 2026

L'ère du confusionnisme ?

 


« Retiré de mes flux. Adieu. » Voila ce qu’a écrit un commentateur suite à mon dernier billet. Je ne sais pas de qui il s’agit. Je ne sais pas s’il part parce que j’ai critiqué LFI ou parce que j’ai défendu LFI. Ou parce que j’ai dit que le RN est plus dangereux que LFI. Tant pis. Ce drame lyonnais, avec la mort du jeune Quentin, provoque des réactions bizarres. Je vais résumer mon billet qui s’adressait à tous les citoyens éloignés des deux formations politiques « du bout », le RN et affiliés et LFI. Je disais, en gros : attention à ne pas être trop binaires. A force de diriger tous vos coups sur LFI, l’extrême droite en sort indemne, voire renforcée. Or, elle représente un vrai danger. Regardez un peu les livres d’histoire. Et c’est bien le RN qui pourrait très bien arriver au pouvoir dans une quinzaine de mois. Pas LFI.

Je vise évidemment une grande partie de la droite mais aussi des gens assez proches de moi, que je qualifie de faisant partie d’une gauche républicaine. Et ce sont surtout eux qui m’énervent ! Il y a des copains du Printemps Républicain, d’éminentes personnalités de gauche, peut-être Hollande en premier plan…

 

Comme contre-exemple, Je vais, en revanche, citer un extrait d’un commentaire d’un copain : « Ce sont les médias et cette gauche de droite, pour de sombres calculs électoraux, qui poussent à la diabolisation de LFI. » (j’ai bien dit que c’était un extrait, vous pouvez lire le reste pour avoir le contexte).

Il faut tout de même admettre que LFI n’a pas eu besoin d’aide de la gauche pour se diaboliser… Ils ont multiplié les conneries et autres outrances.

En outre, il faut bien admettre que c’est quand la gauche radicale ou l’extrême gauche ont réussi à cornériser le centre gauche que l’extrême droite s’est retrouvée au second tour ! Rappelons-nous 2002 avec les deux candidats de l’extrême gauche cumulant environ 10% des voix… Et je ne parle pas de 2017 et 2022.

La vérité est que l’extrême droite progresse en France depuis que la gauche est revenue au pouvoir, il y a plus de 40 ans, et que tous ceux qui, depuis, à gauche, cherchent à en déterminer les raisons, oublient leur propre responsabilité…

Tenez ! C’est à cette époque « quadragénaire » qu’a été créé SOS Racisme. La semaine dernière, ils ont publié dans Facebook un texte à propose des municipales. Ils y ont notamment écrit ceci : « 16 propositions de SOS Racisme pour une ville antiraciste : 1. S’assurer que figurent sur les listes des personnes représentatives de la diversité de la commune et, en cas d’élection, que les exécutifs municipaux soient composés avec la même exigence. » Ils n’ont pas « que » encouragé leurs partisans à s’assurer qu’ils voteraient bien pour une liste pratiquant la diversité. Ils ont dépassé le stade de l’élection puisqu’ils sont allés jusqu’à la nomination des exécutifs. Le mouvement antiracisme le plus emblématique a demandé à ce que les exécutifs locaux soient construits en fonctions de critères « raciaux ».

 

Bravo les gars ! 40 ans de lutte contre le racisme et on va se retrouver avec le RN au pouvoir. Et tout le monde accuse les autres !

On parlait des outrances d’LFI. C’est bien Jean-Luc Mélenchon qui reprenait à son compte le thème du grand remplacement. C’était peut-être une note d’humour pour se moquer de l’extrême droite… Mais tout de même. Hier ou avant-hier, une amie me donnait dans Facebook un lien vers un « reportage » sur l’évolution de Méluche. C’est édifiant (ça dure une douzaine de minutes et vous pouvez tout écouter).

Ils n’ont vraiment pas besoin de la gauche « de gouvernement » pour se diaboliser…

 


Mais revenons au sérieux. Avec l’esprit ludique qui nous caractérise. Ouvrez Copilot et demandez combien il y a eu de mort en France à cause de l’extrême droite et de l’extrême gauche depuis 40 ans.

La réponse est ED : 59 morts. EG : 6 morts. Il n’y a pas photo. Enfin si, une copie d’écran pour montrer que Copilot termine par « Résumé clair ».

Alors, pour ma part, je préfère l’EG diabolisée à l’ED dédiabolisée.

Ou alors, vous pouvez allumer votre télé et regarder les reportages sur la manifestation à Lyon, hier. Vous y verrez des magnifiques images de tatouages de croix nazis, des saluts du même métal et vous y entendrez des slogans racistes.