Il y a une dizaine de jours, un certain nombre de partis de
gauche, incluant les socialos et les écolos, ont annoncé la date pour leur
primaire en vue de la présidentielle de 2027. Ma réaction a été très négative,
du genre : « c’est quoi cette bande de loosers ? » Je
voulais en faire un billet de blog mais je n’ai pas trouvé les mots, tout
simplement parce que je n’ai pas grand-chose de mieux à proposer. Cela me hante
tellement que je n’ai d’ailleurs fait aucun billet depuis.
Récapitulons tout de même. La gauche « non radicale »
peu très bien gagné sur un malentendu. Disons que l’on pourrait très bien avoir
trois ou quatre candidats de la droite ou du centre (par exemple : Philippe,
Villepin et Retailleau) qui se feraient concurrence. Un candidat du centre
gauche pourrait se glisser devant et affronter Le Pen ou Bardella au second
tour, aucun des deux n’arrivant à prouver qu’il n’est pas totalement
incompétent. Et hop ! Voila 50,01% pour Glucksmann (en oui, c’est à lui
que vous avez pensé en me lisant, non ?).
Un malentendu ! Admettez que ce n’est tout de même pas
très bandant, surtout si on tient un blog politique de centre-gauche qui parle
de bière, de nichons et de bites.
En d’autres termes, on est beaucoup dans cette « mouvance
politique » à attendre l’homme ou la femme providentielle, celui qui part
de très loin à 18 mois du scrutin mais finira par émerger, à l’image d’un
Hollande fin 2010 ou d’un macron fin 2015 ! On pense évidemment au retour
d’Hollande, puisque la plupart des commentateurs le voient rêver, on pense à
Glucksmann, seul type du centre-gauche à ne pas afficher des sondages ridicules,
on pense à Cazeneuve, qui doit bien bosser dans son coin pour nous préparer
quelque chose (je suis abonné à sa newsletter, je vois bien que ça turbine !).
Les braves gens de la gauche radicale pourraient nous dire
qu’on ferait mieux de penser à Mélenchon mais on ne le voit pas gagner un
second tour. LFI s’est fait beaucoup de mal et a réussi à se faire plus détester
que l’ensemble des autres partis. Ils pourraient changer, il reste du temps !
Mélenchon avait changé, d’ailleurs, mais, la semaine dernière, il a recommencé à
parler d’islamophobie. Il faudra bien que le vieux se foute dans le crâne que
si je ne trouve pas normal que des fillettes de 6 ans portent le voile, ce
n'est pas parce que je suis un facho et que tous les Français sont admiratifs
des Iraniens qui luttent contre les mollahs…
Les militants LFI se rendent ridicule auprès de beaucoup d’électeurs
à l’occasion des municipales. En résumé, ils veulent la gratuité pour tout sans
avoir le moindre financement (faut-il leur rappeler que ce n’est pas du ressort
des communes de taxer les riches ?). Ils racontent n’importe quoi. L’autre
jour, dans ma commune, le numéro deux de la liste menée par LFI disait qu’ils
voulaient déplacer le marché forain parce que les commerçant de l’actuel marché
avaient augmenté les prix car ils avaient moins de clients… Le gars qui n’a
rien compris à l’offre et la demande…
En fin de semaine dernière, l’ami Valerio Motta a fait un
billet pour montrer l’importance des primaires, les différences entre la
présidentielle et les autres scrutins. Son texte est long et je ne peux pas le
résumer. Il part d’exemples, de Chirac en 1995, qui a réussi, évidemment sans
primaire, à battre Balladur parce que l’appareil de son parti était derrière
lui jusqu’à des faits plus récents. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il
dit, peu importe, mais il amène un éclairage intéressant sur différents
phénomènes.
Prenez 2017 ! On est « tous d’accord » sur le
fait que Macron a profité de la chute du PS et des casseroles du candidat de l’UMP
mais, si on regarde plus précisément, le score de Fillon est très bon,
supérieur à 20%, alors qu’on le disait grillé par ses costumes et Pénélope !
En fait, avec ses affaires, il a peut-être perdu
5 ou 6 points mais son niveau était exceptionnel (légèrement inférieur de celui
de Chirac en 1995, par exemple). Cela aurait-il été possible sans un parti fort
(et riche…) et sans la légitimité fourni par la primaire ?
Est-ce qu’un Olivier Faure, gagnant un primaire en octobre prochain,
fort de sa position de l’homme qui a permis le consensus sur le budget pour
éviter le naufrage de notre pays, soutenu par un PS qui reste costaud mais
aussi d’autres formations politiques, comme les Ecologistes et les militants
gravitant autour de Corbière, de Ruffin, d’Autain, bref, une gauche unie, n’aurait-il
pas une chance de l’emporter en mai 2017 ? Et, au fond, qu’est-ce qui
empêche Glucksmann, Hollande ou Cazeneuve de jouer le jeu ?
Au fond, on nous a cassé les burnes, à juste titre, avec une
gauche sans LFI. N’est-il pas temps de jouer cette carte jusqu’au bout ?
De laisser tomber une rêvée social-démocratie dont la victoire ne pourrait
venir que d’un… malentendu ? De capitaliser sur l’existence de cette
gauche du compromis dont on verra aujourd’hui, je crois, si elle est une
réussite ?
Je n’ai pas fini de me poser des questions, moi… Sans
compter que je n’ai pas souhaité l’anniversaire de Captain Haka. Et qu'en lisant mon billet, des zozos de la droite "républicaine" pourraient se dire qu'il leur faut une primaire et qu'ils pourraient gagner.
Très bonne question : "qu’est-ce qui empêche Glucksmann, Hollande ou Cazeneuve de jouer le jeu ?" surtout Glucksman bien testé par les sondeurs et pour qui je pourrai voter, si Attal n'est pas candidat (c'est dire que je ne sais plus où j'en suis). Et le lien entre les sondages au moment des primaires et le premier tour : c'est la campagne , Valerio explique tout ça très bien dans son long billet et oublie de rappeler que son candidat avait fait un peu plus que 6% finalement sans doute + par porosité avec Merluchon qui l'a aspiré violemment . Et que faire si la primaire fait gagner Ruffin ! un ex-melenchoniste ? il est actuellement le plus populaire à gauche (lire là https://www.ifop.com/article/tableau-de-bord-des-personnalites-janvier-2026/) devant tout les autres? logiquement c'est lui qui doit sortir de la primaire.
RépondreSupprimerOn ne sait pas qui pourrait sortir de la primaire... Glucksmann est probablement au maximum.
SupprimerEt Valerio parle assez bien d'Hamon : la primaire fut merdique, le candidat mauvais (il ne le dit pas) et a subi le sort logique : le candidat de gauche avec le plus de chance a reçu un maximum de voix car ça ne servait à rien de voter pour Hamon.
pour l'instant Glucksman a dit qu'il n'irait pas dans cette primaire.
SupprimerJe sais. Mais s’il n’y va pas et que le PS y va, il ne bénéficiera pas de son pognon, de la force de ses meetings…
SupprimerJe comprends mieux ce silence depuis quelques temps.
RépondreSupprimerJ’ai menti : ce n’est pas la seule raison. En fait, l’actualité tourne autour de l’international et je n’ai pas grand chose à dire. Je suis d’accord avec Glucksmann (il faut renforcer l’Europe et tout ça) mais je n’ai pas envie de radoter plus que d’habitude.
SupprimerAvant de dire quoique ce soit (pour peu que j'aie quelque chose à dire), j'aimerais juste une clarification. Quand tu dis "Au fond, on nous a cassé les burnes, à juste titre, avec une gauche sans LFI. N’est-il pas temps de jouer cette carte jusqu’au bout ?" tu veux bien dire qu'il y a lieu de se désolidariser complètement de LFI et de certaines de leurs positions douteuses?
RépondreSupprimerC'est çà que j'ai compris en tout cas.
Oups ! J'avais glissé ton commentaire dans les spams avec tous ceux que j'ai supprimés... Désolé ! Heureusement que j'avais en tête que je te devais une réponse...
SupprimerC'est à peu près ce que je veux dire, en effet ! Cela étant, il faut être pragmatiques (mais c'est sans doute trop tard). Par exemple, pour le second tour des municipales, des fusions de liste doivent pouvoir être envisagées. Dans ma commune, par exemple, la gauche devrait dépasser les 65%. Ca serait ballot que le candidat de droite soit élu à l'issue d'une triangulaire. En toute logique, la liste de "la gauche non radicale" devrait arriver vers 35, celle de la droite aussi, et celle soutenue par LFI à 30. J'espère que les états majors se sont rencontrés et qu'il a été convenu l'apport de personnes de la liste LFI à la liste "non radicale" pour éviter de perdre à moins de 30 voix près...
Par contre, au niveau national, il ne faut rien lâcher et il faudra bien compter le nombre de municipalités perdues par la gauche parce que LFI a maintenu une candidature...
Ok merci pour la clarification. Je ne te cache pas que je ressens un problème de dissonance cognitive au vu de cette approche "pragmatique" qui fait qu'au final, il est quand même acceptable de prendre langue avec LFI dans certaines situations. Non pas parce que je ne la comprends pas, mais parce que le principe ne m'inspire pas énormément de sympathie. A mes yeux LFI est hors de l'arc républicain. Joker sur ce que pourrait être mon argumentation à ce propos.
SupprimerCeci dit, Glucksmann. Je le suis sur diverses plate-formes où il fait souvent des communiqués sur des sujets tant nationaux qu'internationaux. Le verbe est pointu et juste, mais l'absence totale de solutions ou d'alternatives proposées est flagrante.
Je n'aurais pas du utiliser le terme "pragmatique" qui équivaut, en gros, à excuser de faire des actions contre lesquelles on est...
SupprimerJe reprends... Il y a des gens très bien, très sincères à LFI, des gens qui veulent des politiques économiques et sociales plus "de gauche" mais qui restent éloignés des conneries qui placent LFI hors de l'axe républicain. Il n'y a pas de raison de les rejeter à un niveau local parce qu'il y a des jeux entre les appareils (et ils sont probablement inconscients de ce que font les dirigeants de leur parti).
Je vais donner un autre exemple : je suis libéral et européen. Mais profondément de gauche. Ma municipalité a été longtemps MRC, somme toute bien plus souverainiste. Pour moi, ça n'est pas une raison pour avoir des divergences pour la gestion de la ville, ce pour quoi elle excelle.
Pigé. J'avais en effet buté sur le mot "pragmatique". Je ne doute pas qu'à titre individuel, il y ait des gens OK à LFI, et qui défendent des idées qui, même si elles ne sont pas les miennes, ne valent pas qu'on leur jette la pierre. Le problème, c'est que la clique qui dit des conneries inacceptables les dit tellement haut et tellement souvent que mon cerveau réagit comme le système immunitaire qui est face à une allergie: en bloc, et dans le rejet. Ce n'est sans doute pas très subtil, mais quand je suis en pétard, la modération n'est pas ma qualité première, MDR!
SupprimerMon expérience à l'extrême-gauche quand j'étais jeune adulte y est certainement pour quelque chose: chat échaudé craint l'eau froide. Faudra que je raconte cette expérience un de ces jours, c'est aussi navrant qu'édifiant.
Un des problèmes à mon niveau local est que des gens de gauche n'étaient pas d'accord avec la liste du maire de gauche et ont préféré aller voir ailleurs sans se poser de question. Et c'est ainsi que LFI a pu monter une liste sérieuse chez nous...
SupprimerAh ! Les commentaires anonymes ! Remarque les deux que j’ai virés n’ayant aucun intérêt, je ne les aurais pas diffusés s’ils avaient été signés.
RépondreSupprimerLa gauche radicale avec son leader maximo n’a aucune chance de l’emporter en 2027 (en tout cas ce sera sans moi ) , elle peut sans nul doute faire chuter plusieurs maires de la gauche de gouvernement aux prochaines municipales. Aidé en cela par une partie des verts bruns, quittent a installer une droite extrême qu’ils exécrent grands biens leurs fassent ; ils se déclareront ainsi seul capable de les vaincre,mais devront assumer devant les électeurs les excès de ceux-ci .
RépondreSupprimerDoit on dés a présent se couper de la frange la plus radicale de LFI sans aucuns doutes pour moi quitte a y laisser des plumes aux municipales.
Sans quoi tout homme de gauche de gouvernement qui se livrerait a une pareille manœuvre sera de facto battu en 2027, s’il parvenait a se hisser au second tour ..
Et ; vous et moi assisteront de notre canapé a la bataille des deux extrêmes.
Vincent
Il n'est, pour moi, plus question d'avoir des relations avec LFI à un plan national. La question ne devrait plus se poser.
SupprimerVa en pets, je t'absous de ton péché ! Mais c'est gentil d'y avoir pensé camarade. En ce qui concerne la haute teneur de tes réflexions, j'en pense pas moins. Faut dire que je suis légèrement en déconnexion en ce moment, et je regarde la fourmilière électorale de loin. Je m'inquiète juste de voir le surnombre de candidats à gauche (je ne cause pas de LFI qui pour moi n'est plus un parti de gauche). Y a Guedj qui vient de faire son rot lui aussi... Putain ! Quand ces gens comprendront-ils qu'il faut un seul candidat (ate) et tous bourriner fort derrière lui pour nous faire winner ? Captainhaka.
RépondreSupprimerJ'ai pensé à rien : c'est Facebook qui m'a dit.
SupprimerPour le reste, on est dans le même état : c'est tellement le bordel qu'on ne sait pas lu par où commencer une réflexion.
J'ai entendu Jerôme Guedj sur France Inter parler de "courage de la nuance". Il sera candidat en 2027 et je pense qu'il a raison: on ne peut pas s'associer à des extrémistes.
RépondreSupprimerRevenons aux principes de la gauche socialiste.
On ne propose pas des alliances avec des extrémistes mais des partis avec lesquels on a toujours été proches (les cocos, les écolos, des transfuges de la gauche radicale - devenue officiellement extrême aujourd'hui...).
SupprimerIl faut trouver une solution pour gagner et Guedj n'en a qu'une pour se mettre en avant (ce n'est pas honteux : c'est pour affirmer des principes).
Tu as tout à fait raison. Je me suis mal exprimé en fait...
SupprimerJe suis simplement d'accord avec Guedj sur le "courage de la nuance". Il faudrait, par exemple, que les écolos arrêtent de taper sur Cazeneuve parce qu'il était ministre de l'Intérieur lors du décès de Rémi Fraisse.
Je voterai pour celui ou celle qui saura réaliser une union de la gauche comme nous l'avons connue en 1981.
Tu sais que j'apprécie vraiment Cazeneuve mais je ne sais pas quelle est sa stratégie et j'espère qu'elle sera bonne ! J'imagine qu'il multiplie les réunions publiques et les publications mais il n'apparait que peu dans les médias et semble ne pas se plonger dans les débats qui touchent le public le tout dans le but d'arriver en candidat providentiel ou un truc comme ça.
SupprimerIl apparait donc comme un candidat à la présidentielle qui refuse de participer à une primaire et c'est logique que les autres lui rentrent dedans.
Il n'y a pas eu d'union de la gauche en 1981 ! Il y avait deux gros candidats de gauche (c'est vrai que, depuis, les candidatures à gauche se sont multipliées ce qui fait qu'on a des impressions trompeuses). C'est en 1974 qu'il y a eu union mais le Mitterrand a gagné parce qu'il avait torpillé le programme commun.
"Il n'y a pas eu d'union de la gauche en 1981 !"
SupprimerExact, je me suis encore mal exprimé (décidément). J'aurais dû dire: "programme commun des années 70". Les conditions ont évidemment beaucoup changé aujourd'hui, mais un programme commun gauche+écolos+centre avec une personne qui saurait le porter dans la nuance et le respect, ce serait l'idéal.