En salle

16 mars 2026

Municipales : et maintenant, à gauche ?

 


Il y a toujours moyen de se réjouir du résultat d’élections. Par exemple, cette fois, on a une majorité des grandes villes où la gauche dite républicaine est en position de remporter le suffrage et va probablement le faire. Parmi d’autres, comme à Nice, on ne va pas jouer à se surprendre que la droite dure, alliée au RN, va probablement gagner.

Cela étant, nous ne sommes pas là pour gagner un concours de langue de bois… Il y a beaucoup de municipalités où la gauche pourrait ne pas l’emporter à cause de la présence de listes LFI qui mettent en danger le reste de la gauche en vue d’une victoire.

C’est le cas de ma commune, Le Kremlin-Bicêtre, traditionnellement ancrée à gauche (depuis sa création, en 1897 sauf pour la période de 1983 à 1995). Une liste de droite est arrivée en tête. La gauche obtient 55% des suffrages mais ne passera sans doute pas le second tour sans la fusion des trois listes ayant dépassé les 10%). La question de la légitimité ne se pose pas. Personne n’a triché et LFI était arrivée en tête au dernier scrutin (Mathilde Panot a fait plus de 50% dans la commune au premier tour des législatives).

La logique traditionnelle de la gauche serait que la liste d’union de la gauche, menée par un membre du PS, arrivée seconde avec 27% des suffrages ouvre sa liste aux membres de la seconde (LFI) et de la troisième mais il y a cet oukase sur le plan national : pas d’alliance avec LFI.

 


Certes ! Nous aurons les couilles propres en ayant refusé l’alliance avec un parti soupçonné d’antisémitisme mais nous aurons perdu. Pendant ce temps, on oublie que l’adversaire principal est bien le Rassemblement National qui est bel et bien une formation d’extrême-droite, comme le rappelle Caroline Fourest. On ne scandalise plus des rapprochements qui font que la droite ancienne républicaine puisse conserver des postes…

C’est d’ailleurs amusant que ça soit Caroline Fourest qui le rappelle, elle qui est souvent traitée de fachos par les andouilles de gauche qui n’ont rien compris. Ce sont bien de vrais collabos…

On oublie qui est l’adversaire et on continue les oukases (des gens dont je suis assez proches ont recommencé hier : Hollande, Cazeneuve, Glucksmann, Guedj…) : « pas d’alliance avec LFI. »

 


Je le dis maintenant à nouveau : « ça suffit ».

Tout d’abord, avant de passer pour une amorale girouette, je vais rappeler, comme dans mes deux ou trois derniers billets, la position que j’ai toujours eue ! Vous vous rappelez des invitations du rappeur Médine aux universités d’été de partis de gauche (en commençant par LFI, d’ailleurs). J’étais un des premiers à gueuler : on ne peut pas inviter des antisémites notoires. Beaucoup de mes « potes » l’ont alors fermé. Un peu après, il y a la création de la Nupes puis du NFP. J’étais contre et j’ai dit « pas d’alliance avec LFI pour les premiers tours ». Ils se sont alliés. J’ai consacré deux bons tiers de mes billets de blog à la critique de LFI qui avait des positions inacceptables ! Ils se sont alliés. Et maintenant ils hurlent. Alors que j’ai toujours dit qu’il fallait des positions intelligentes au second tour. C’est simple. Exemples…

A Toulouse, la droite arrive en tête, LFI et « la gauche unie » arrive second et troisième avec des scores proches. Il faut faire liste commune avec, en tête, la personne dirigeant la liste arrivée devant l’autre, à savoir le candidat LFI.

A Marseille, la liste de gauche « normale » arrive en tête talonnée de peu par la liste RN. La liste LFI a trois fois moins de voix. Elle doit s’effacer pour éviter le RN (et fasse taire Delogu qui semble exiger la fusion pour éviter la victoire de l’extrême droite). A Roubaix, la liste LFI arrive largement en tête. Les listes de gauche doivent s’écarter car leur présence ne changera rien. Après, si des listes arrivées largement devant d’autres qui acceptent de se retirer, elles peuvent avoir l’amabilité de leur proposer des fusions en accordant des strapontins (en position éligibles) afin que tous soient représentés au conseil municipal. La démocratie et la politesse en sortiraient grandies.

 

Dans ma commune, ça donne : Jean-François, tu proposes une fusion aux autres guignols afin d’avoir une chance de l’emporter. Sinon, ça ne servait pas à grand-chose de concourir… Et les 55% de sympathiques électeurs s’étant déplacés pour vous n’auront pas le sentiment de reste sur le sable (à se demander s’il ne vaudrait pas mieux aller directement à la pêche pour la prochaine fois).

 


Certes, on aura ouvert une conversation avec des gens dont certains sont antisémites mais c’est tout de même aussi pour éviter de renforcer des gens qui sont prêts à s’associer avec l’extrême droite.

Et, entre nous, LFI a atteint un de ses objectifs : s’implanter dans les communes. Ne leur donnons pas le plaisir de raconter partout que notre comportement est à l’origine de la victoire de la droite.

Sinon, je ne donne pas cher de la social-démocratie pour les prochaines élections.

 

Par ailleurs, ne faisons pas gagner ceux qui ont organisé la campagne de diabolisation de LFI (surtout que Mélenchon a su tirer la couverture dans le bon sens), avec, en phase finale : la déclaration de LFI comme étant d’extrême-gauche, un pataquès autour d’une graine de nazi battu à mort par des milices de gauche dissoutes (mais dans des conditions tout de même suspectes) et j’en passe ! La campagne pour les municipales n’a pas tourné autour de ce qui était bon pour les citoyens, nos communes… Mais sur LFI et Mélenchon.

En outre, personne n’a pas parlé des élections aux intercos. Les programmes des opposants étaient grotesques (à Nanterre, LFI avait à son programme le boycott des produits en provenance d’Israël, ce qui est certes antisémite mais qui n’a rien à voir avec les élections et est impraticable ; dans ma commune, la droite avait au programme la lutte contre la restauration rapide alors que le commerce est libre en France ; à Paris, les amis de Mme Dati ont critiqué la détérioration de l’environnement en oubliant la fabuleuse baisse de la pollution en 25 ans).

Il faudrait peut-être redevenir sérieux.

3 commentaires:

  1. Personnellement, je me moque un peu de savoir ce que tu as dit par le passé. Ce qui m'intéresse, c'est ce que tu dis maintenant, le présent.
    Dans la même logique, on pourrait revenir sur des positions politiques que je tenais il y a quelques années, et qui ont maintenant évolué et changé. Ce sont les positions présentes qui définiront la nature du prochain bulletin de vote que toi et moi mettrons dans l'urne, et non ce que nous pensions il y a X temps.

    Sinon, je ne souhaite pas ré-ouvrir un débat qui nous a occupés pendant plusieurs jours, mais il me faudrait une clarification si tu n'y vois pas d'inconvénient. Je n'en crois pas mes yeux quand je lis une phrase comme "un mec soi-disant battu à mort". Soi-disant? C'est ce que tu penses vraiment? Ou bien c'est une figure de style où tu décris ce qu'une frange de "l'antifascisme" auto-proclamé prétend?
    Je me permets de dire que soit j'ai de la mayonnaise dans le cerveau et ai mal compris, soit il y a quelque chose de peu clair.

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    1. Pour moi, c'est important de rappeler mes positions (dans le cas présent) surtout pas ne pas qu'on dise que je suis une espèce de girouette et que je m'adapte (genre : ma liste est en état de faiblesse, il faut changer de stratégie). Par contre, je revendique certains changements de ma part (au fond, en 2017, j'ai voté Macron au premier tour et, en 2022, Roussel).

      Pour le battu à mort, j'ai été maladroit pour faire une phrase courte et, justement, éviter le débat que nous avons eu. Je vais tenter de corriger et te préviens quand c'est fait...

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