Les alliances des partis de la gauche dite de gouvernement avec la gauche dite depuis extrême font beaucoup parler au surlendemain du second tour des municipales. Et ça m’énerve.
Tout d’abord, si je prône des accords de second tour avec
LFI, c’est dans l’espoir de victoires à gauche. A Strasbourg, nous avons les
écolos qui s’associent avec eux pour faire perdre la candidate de gauche
arrivée en tête ! Ca mérite tout de même des claques…
Notons que le type de LFI s’appelle Kobryn.
Les premières affaires d’antisémitisme suspectées à gauche
dans l’ère moderne (je veux dire « post covid ») date de 2022, pour
les législatives, dans le cadre de la Nupes (auquel j’étais opposé), avec la
venue de Jérémy Corbyn, connus pour des suspicions d’antisémitisme, à des
réunions politiques de personnalités politiques, en l’occurrence Mme Simonnet
et Obono. Notons que la première siège maintenant avec les écolos au parlement.
Ensuite, un an après, il y a eu la polémiques suite à l’invitation
du rappeur Médine, également suspect de la même chose, à débattre lors des
universités d’étés des écolos. Encore eux. Puis il l’était aussi aux UE de LFI
et il a fait un concert à la fête de l’Huma.
J’ai du mal à comprendre pourquoi certains viennent jouer
aux vierges effarouchées maintenant et pourquoi les tirs sont dirigés exclusivement
vers LFI. A ce stade, je ne vois pas pourquoi les alliances avec LFI seraient
vraiment pire que celles avec les écolos…
Un peu plus tard, il y a eux les attentats de 7 octobre. LFI
a refusé de les qualifier de terroriste. Cela a bien fait polémique mais je n’ai
pas souvenir de ténors du PS fustigeant leurs camarades. Par contre, je me
rappelle très bien la dissolution qui est arrivée quelques mois après et des
nombreuses personnalités de la gauche socialiste qui ont profité d’un nouvel
accord à gauche, le NFP, pour se faire élire. Pourquoi étaient-elles moins
regardantes à l’époque ? La soupe…
Ce n’est que plusieurs mois après que la rupture entre le PS
et LFI a eu lieu mais la cause n’avait rien à voir avec l’antisémitisme présumé :
le PS a pris acte que les positions de LFI menaient dans le mur alors qu’il
était à peu près évident qu’il aurait fallu un premier ministre issu du centre
gauche pour « mener » une majorité parlementaire expurgée de l’extrême
droite.
D’ailleurs, c’est à peu près à cette époque que la droite a
lancé le slogan « tous sauf LFI ».
Tiens ! Parlons un peu de la droite. Il n’y a pas que
les députés du PS qui ont eu droit à un poste grâce à des accords électoraux.
Tous les camps, sauf le RN, ont bénéficié du front républicain qui s’est
rapidement mis en place (et c’est heureux). La formule était simple :
quand un type du RN était en mesure de se faire élire, tous les autres partis
se mettaient derrière le candidat des autres partis arrivé en tête.
Le front républicain ? La première fois dont on en a
réellement parlé, c’était à l’occasion de la présidentielle de 2022. Il y a un
tas de gens de gauche qui ont voté pour un lascar de droite dont le plus
célèbre discours porte sur le bruit et l’odeur. Tirons-en les leçons que vous
voudrez.
Mais voir les gens de droite critiquer la gauche et lancer
des oukases maintenant est assez drôle. Auraient-ils oublier leurs amis qui se
sont alliés avec le RN pour gagner des élections dans les deux décennies
précédentes ? Sûrement. C’est vieux, vous me direz. Les « Républicains »
oublient-ils qu’ils ont élu un président de leur Parti, fin 2022, qui a ensuite
prôné des rapprochements avec le RN avant d’être viré en plein « tout sauf
FLI » ? Nous sachons…
C’est vieux, certes, mais revenons tout de même à Jean-Marie
Le Pen. Le parti politique qu’il avait monté avec des Waffen SS a commencé à
faire des scores notables au début des années 80. Le vieux a fait 15% en 1988
et en 1995 et un peu plus en 2002, vous savez, l’année du Front Républicain. On
a eu peur. Il est donc passé à 10% lors de l’élection suivante. Il faut dire qu’il
était face à un type de droite qui prônait de passer nettoyer les banlieues au
Karcher, qui refusait les régularisations massives, qui voulait mettre en place
un ministre de l’immigration… Nicolas
Sarkozy a gagné.
C’est rigolo. Ca fera 20 ans que « le vieux parti de
droite gouvernemental » n’a rien gagné au niveau national (et on pourra
dire la même chose un de ces jours, de son homologue de gauche).
C’était la candidature de trop pour Jean-Marie Le Pen. Il a
donc laissé sa place à son successeur, en l’occurrence sa fille, qui a procédé
à dédiabolisation de sa formation politique. Elle n’a pas fait une
présidentielle sans être au second tour, avec 22 ou 23% au premier. Et elle
gagnerait très probablement la prochaine si elle n’avait pas des ennuis avec la
justice.
Nous avons donc un parti d’extrême droite qui avait un vieux
chef qui tenait des propos outranciers et qui a fini à un second tour avant de s’effondrer
et de laisser sa place.
Imaginons-nous un parti de gauche, même récemment classé « à
l’extrême », avec un vieux dirigeant tenant des propos outranciers et qui
aura bientôt atteint la limite d’âge ce qui lui permettra de laisser sa place à
un successeur qui pourra dédiaboliser le parti ?
Revenons à la gauche. J’ai lu un
texte intéressant dans Facebook. C’est bien écrit. Long et argumenté. Je
vous invite à lire. Je résume : la gauche ne gagnera pas en se foutant sur
la gueule ou en s’achetant une vertu. Elle gagnera en montrant aux gens qu’elle
peut proposer un monde où ils vivront mieux.
Alors on se calme ! On ne peut plus tolérer des lascars
qui traitent tous ceux qui ne pensent pas comme eux de fachos alors que leur
chef est incapable de condamner des affiches avec une iconographie antisémite
ou se moquant des noms de famille de juif. On ne peut admettre qu’ils tuent un
même d’extrême droite, même s’il a commis des abominations, mêmes s’ils ont été
provoqués par des gudards en culotte courte.
Vous vous rappelez l’affaire Shein. Mélenchon a fait un discours
improvisé. Il a dit trois choses. D’abord qu’on ne pouvait pas condamner des
braves gens qui voulaient acheter des trucs et payer moins cher. Ensuite qu’il
fallait augmenter les salaires pour leur permettre d’acheter. Enfin, qu’il
fallait aider les entreprises à produire et à vendre moins cher en baissant
leurs charges. Trois points. Il a raison sur les trois.
Mais arrêtez de me traiter de droitard qui propose la
politique de l’offre alors que c’est votre leader qui dit qu’il faut baisser
les charges des entreprises.
A droite, arrêtez donc de charger la gauche sur des
problèmes moraux (qui a été condamné à cause du financement de la dernière présidentielle
gagnée, au fait ?) : ça ne vous fait pas reprendre des électeurs. Ca amuse la droite (vous pensez que le sondage Cnews en illustration est fait pour quoi ?) mais le violon déborde.
Au centre gauche, arrêtez de vous imaginer pouvoir gagner
sans toutes les voies de gauche.
Bonjour.
RépondreSupprimerAssocier la droite ET l'extrême droite, comme j'ai encore entendu un journaliste de BFM le faire, en qualifiant Sarah Knafo de "candidate de l'extrême droite" à Paris, vous vaut aussitôt un brevet, certifié conforme, de " Fasciste" ou apparenté.
A gauche, non plus, on n'est pas en reste et on s'associera avec des écolos rouges comme des poivrons et des LFistes encore plus cramoisis, parce qu'on ne renie pas sa famille, bien que certains se montrent un peu turbulents et qu'on en avoue d'autres du bout des lèvres, comme ces enfants indignes qu'on cache.
Galatine.
Knafo est bien d'extrême droite (par exemple, elle est vice-présidente d'un groupe qui se qualifie d'ED au parlement européen) mais peu importe.
SupprimerAu fond, je n'ai rien contre les accords politiques. Je suis pour le respect d'une stratégie et contre le reniement de son passé...