Allons bon ! Jean-François Copé n’a pas démissionné, me
faisant mentir. Je dois reconnaître l’avoir cherché. Selon l’alerte du Figaro :
« Jean-François Copé se dit victime d'une véritable
"chasse à l'homme" après les révélations du Point. "Depuis
quelques jours je fais l'objet d'une campagne de presse agressive", a déclaré
le président de l'UMP qui accuse les médias de livrer une inquisition contre sa
personne. Il annonce donc la mise à "disposition de l'intégralité de la
comptabilité" de l'UMP et va déposer une proposition de loi exigeant la
transparence financière de tous les partis depuis 2007. »
Tout d’abord, je me fous bien de la comptabilité de l’UMP :
personne ne va aller les vérifier. Pour les comptes de campagne, il a fallu un
travail minutieux du Conseil Constitutionnel pour s’apercevoir de quelques
erreurs d’imputation. La comptabilité de l’UMP ne dira pas que l’impression de
60 000 tracts pour une cause quelconque a été faite par un copain de la
secrétaire ou suite à un appel d’offre.
Ensuite, il est touché par une affaire : en déposant
une proposition de loi, il veut mouiller les autres partis. Ca ne marchera pas.
Et que fait-il des micro-partis ?
Je ne doute pas que la comptabilité de l’UMP est
parfaitement claire et juste. Elle est d’ailleurs probablement certifiée par
des commissaires aux comptes. C’est d’ailleurs une obligation légale ce que dit
la première entrée de Google quand on cherche « comptabilité
des partis politiques. »
Il n’empêche que la comptabilité ne peut pas dire ce qu’on
fait exactement de l’argent liquide touché pour la vente de tee-shirts ou de
sandales, des ventes de boissons à la buvette lors des universités d’été, des
dépenses assurées par des entités extérieures, comme les micro-partis.
La comptabilité des partis politiques fait probablement des
centaines ou des milliers de pages, après consolidation des échelons régionaux,
départementaux et locaux.
La « Commission nationale des comptes de campagne et
des financements politiques » est là pour vérifier les comptes. Les partis
politiques ont l’obligation de les lui déposer.
Son rapport annuel est disponible sur son site web (pdf
de la synthèse du dernier).
Un extrait. « On constate une croissance constante
[NDLR et de moi : des formations politiques obligées de déposer leurs
comptes], depuis 1990 (28 formations tenues de déposer des comptes) à 2012 (381
formations tenues de déposer et même 402 au 30 juin 2013). » Je traduis : depuis les lois régissant le financement des partis politiques, ceux-ci multiplient les structures juridiques pour contourner certaines restrictions imposées.
Dans son rapport, elle préconise de faire évoluer la loi dans différents sens pour faciliter son travail mais aussi celui de la multitude des parties et résoudre les défauts des lois actuelles.
Dans son rapport, elle préconise de faire évoluer la loi dans différents sens pour faciliter son travail mais aussi celui de la multitude des parties et résoudre les défauts des lois actuelles.
La loi proposée par Jean-François Copé ne servira
strictement à rien. Il s’est encore livré à une opération de communication qui
se retournera contre lui et contre l’ensemble de la classe politique, d’autant
que le grand public ne connaît absolument rien au financement des partis. Moi
non plus, d’ailleurs, mais Google est mon ami.
Jean-François Copé joue la carte du « tous pourris ».
C’est mal. D'un autre côté, ça me permet d'utiliser la même illustration pour deux billets consécutifs.

