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07 avril 2015

L'UMP et l'Education Nationale

Michaël Miguères, jeune prodige de l'UMP, pense que l'Education Nationale entraîne des dépenses publiques nuisibles à notre croissance, nos emplois, nos investissements.

Il me semble pourtant que l'éducation des jeunes est le meilleur investissement que l'on puisse faire.

Bon, je vous présente sa photo de profil et sa bio parce que vous êtes sympathiques : 

06 mars 2015

Qui de la fausse droite ?

Monsieur Treize se demandant ce qu'il fout sur un blog.
Koltchak, me fait rire, parfois. C’est un blogueur réactionnaire, donc à la droite de la droite. En commentaire à mon dernier billet, il dit : « Il y a des pays européen où la droite existe, mais en France, la droite est morte depuis très longtemps. Oh, il y a bien des machins qui tentent de donner le change, mais aujourd'hui cela ne trompe plus grand monde. D'où le succès actuel du FN, qui compte tenu de son programme et du niveau de ses candidats, ne pourra que les décevoir à son tour. » La vraie droite dit que la droite n’est pas à droite. D’un autre côté, la vraie gauche dit que la gauche n’est pas à gauche.

D’un autre côté (on a beaucoup de côtés, aujourd’hui, c’est normal, on parle de droite et de gauche), il m’arrive de dire que la vraie gauche n’est pas à gauche. C’est vrai, quoi ! Des gens qui proposent d’emprunter plus, donc de donner du pognon à des prêteurs privés, pour relancer ou qui défendent le port du voile donc une religion me paraissent éminemment suspects. D’un autre côté (on est à quatre, heureusement que les centristes ferment leurs gueules, ça nous en ferait cinq), le programme du Front National ne serait pas spécialement renié par les communistes des années 70.

C’est le bordel. Reconnaissons-le.

Dans le billet en question, j’évoquais Alain Juppé qui s’est déclaré pour l’autorisation du port du voile à l’école ou contre l’interdiction ce qui revient au même, convenons-en. C’est évidemment une posture politique. Tout comme la mienne, quand je me déclare opposé au voile. En vérité, en vérité, je vous le dis, je me fous totalement de la religion et de ses signes ostentatoires. A la limite, je pourrais défendre le voile : c’est très pratique pour se moucher quand on est tassés dans le métro et que la dame devant à un voile.

Des commentateurs s’engueulent. Didier Goux et Captain Haka. Je dis qu’ils s’engueulent, c’est pour mettre un peu de piment.

La stratégie d’Alain Juppé va-t-elle lui être bénéfique ? Là est la question. Imaginons qu’il soit le candidat de l’UMP à la présidentielle et soit opposé, au second tour, à Marine Le Pen ou à François Hollande. Il est à peu près sûr de gagner (tout comme Balladur et Jospin étaient sûrs de gagner en 1995 et 2002, j’entends… Tout peut arriver). Disons qu’il a plus de chance de gagner face à François Hollande que Nicolas Sarkozy. Face à Marine Le Pen, c’est plus compliqué : les électeurs de gauche auront un réflexe « républicain » et iront voter pour éjecter le Front National. Par contre, ces électeurs de gauche auront évidemment moins de mal à voter pour Alain Juppé

Mais prenons les choses dans l’ordre et commençons par la primaire de l’UMP. Alain Juppé a-t-il une chance de l’emporter face à Nicolas Sarkozy et aux autres rigoles ? J’aime bien ces billets en mode « Madame Soleil » mais on n’est pas sûrs, à ce stade, qu’ils y participent. Par exemple, il est possible que Nicolas Sarkozy refuse d’aller au combat s’il n’est pas sûr de gagner, il serait totalement ridiculisé pour sa fin de carrière…

Nicolas Sarkozy a annoncé les grandes lignes de son projet. Il semble avoir perdu la main mais ce n’est qu’une opinion personnelle : je ne suis pas très bien placé pour donner mon avis. Les sondages sont mauvais, les sympathisants UMP rejettent la plupart des mesures sauf la défiscalisation des heures supplémentaires mais je doute que ces dernières soient vraiment un facteur de décision (le contexte n’est pas le même qu’en 2008, les électeurs sont toujours d’accord pour gagner du pognon mais leur sécurité « sociale » et celle de leurs proches pourrait devenir plus important que d’accord plus de pognon à ceux qui ont la chance d’avoir beaucoup de boulot).

Il reste favori pour cette primaire, dans les sondages, mais il continue à baisser. C’est ballot. Il apparaitra rapidement (et je reste en mode « Madame Soleil », les sondages se plantent souvent…) aux électeurs qu’Alain Juppé est le plus apte à gagner le second tour. Il reste évidemment à savoir pourquoi ils vont aller voter : pour un candidat ou un programme ? Si Alain Juppé est bien dans une posture, ce que j’espère (mon dieu, le voile à l’université…), c’est évidemment pour faire plus consensuel, plus rassembleur, plus calme… Il dessine le contraire de Nicolas Sarkozy.

Et nous en arrivons surtout au débat entre Didier Goux et Captain Haka dont au sujet duquel je parlais auparavant plus tôt. La question est : pour qui voteront plus facilement les électeurs de droite au premier tour, Marine Le Pen, Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy ? J’écarte de ma question les réactionnaires qui ne peuvent pas blairer les deux derniers voire les trois premiers : ils voteront Marine Le Pen plus facilement. J’écarte également les centristes. Il me parait à peu près certains qu’ils se rangeraient plus facilement derrière le maire de Bordeaux. Occupons-nous des autres…

Mais, avant cela, je vais répondre à une question qu’on ne m’a pas posée mais qui aura le mérite d’éclaircir le débat. Les réactionnaires disent fréquemment que Juppé est le candidat de droite préféré de la gauche. Ce n’est pas totalement exact : si on avait le choix entre lui et l’ex, on le choisirait lui. Par contre, mon candidat préféré est largement Nicolas Sarkozy. Outre que cela nous rappellera le bon vieux temps, il me parait beaucoup plus facile à battre par un candidat socdem. Pour le reste, si Alain Juppé vient au pouvoir, il sera obligé de monter un gouvernement et on se retrouvera avec des NKM, Pécresse et autres Bertrand. Or, il n’y a que deux types que je supporte, à droite, Juppé et Baroin… Ou alors quelques gonzesses, mais ça devient sexuel.

Quelle était la question ?

Ah ! Oui ! Au premier tour, en 2017, il est probable que cela soit le bordel à gauche mais que, finalement, Hollande ou Valls pourraient être des candidats faisant l’unanimité « au centre gauche » vu que les autres seront encore plus à la ramasse, selon Madame Soleil. Il pourrait donc très bien faire 25% au premier tour, comme tous les candidats socialistes depuis belle lurette sauf ce brave Jospin en 2002. Le candidat de droite qui fera 25% sera au second tour (ne pinaillez pas pour un ou deux points ni même cinq : je n’ai pas que ça à foutre).  Le combat de l’UMP est donc de piquer des voix au Front National…

Je reprends : si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle, même avec la théorie du genre, et qui de Nicolas Sarkozy ou d’Alain Juppé raflera le plus de voix des électeurs de droite ? Du moins, de ceux qui votent traditionnellement à droite.

Vous avez deux heures.

J’ai mon idée, mais… J’ajoute néanmoins un élément. Je pense qu’ils diront à Nicolas Sarkozy : hé ho mon garçon t’es bien mignon mais tu nous as déjà fait le coup deux fois de chercher des voix à la droite de la droite et on a vu ce que ça donne.


10 février 2015

Partielles : à bon entendeur

« Les résultats de la législative partielle dans le Doubs confirment les derniers sondages et montrent très clairement que le Front national joue désormais le premier rôle dans la vie politique nationale. Il est probable que lors des prochaines élections régionales et cantonales le FN s’enracine dans notre vie politique. Mais là n’est pas le plus important : la question centrale reste celle des élections législatives de 2017. » Telle est l’introduction de l’article des affreux réactionnaires de Causeur dont je vous recommande chaleureusement la lecture (d'où le titre de mon billet, tiens).

C’est un papier comme je les aime avec plein de supputations électorales que je vais réécrire dans le désordre pour faire croire que j’ai une valeur ajoutée.

La gauche socialiste devrait prendre une veste aux prochaines élections, comme toute formation politique au pouvoir. Cette veste sera à relativiser par plusieurs facteurs comme celui que la gauche est largement majoritaire dans les départements et les régions et peut difficilement progresser. Compte tenu de l’état lamentable de l’UMP et de la nouvelle donne concernant le Front National, la gauche pourrait même rester majoritaire pour la gestion de ces collectivités territoriales. Elle passerait de 20 régions sur 23 à 8 sur 15 et de 60 départements sur 99 à 50… La belle affaire…

Ces considérations nous amèneront petit à petit aux élections nationales de 2017. On peut facilement penser que parmi les trois candidats en tête, il y en aura un des trois formations qui dominent actuellement : l’UMP, le PS et le FN.

On n’oubliera pas qu’à chaque élection présidentielle depuis 1981 sauf celles de 2007, il y a eu une forme d’alternance, sauf en période de cohabitation. On n’oubliera pas non plus qu’à chaque élection législative, sauf celles de 2007, il y a eu un changement de majorité. Ainsi, la défaite de la gauche ne serait statistiquement pas surprenante et il n’y a pas lieu de s’attarder sur le sujet. Seul le cas de l’UMP nous intéresse car, on l’a vu ce week-end, les électeurs de droite n’hésitent plus à voter pour le Front National.

« On peut très bien se retrouver avec une assemblée composée de 30 % de députés FN, de 30 % de députés socialistes et 30% de députés UMP, plus une prime de 10 % au parti soutenant le président qui aura été élu quinze jours avant.  L’UMP ou le PS légèrement en avance mais rien qui leur permette de dégager une majorité. » En d’autres termes, un président élu, quel qu’il soit, n’aura probablement pas automatiquement une majorité à l’Assemblée.

Causeur étudie différentes hypothèses, selon le président qui serait élu et ce qu’il aurait à faire pour former une majorité.  La conclusion est terrible :

« Et dans tous les cas de figures envisageables, on voit que l’UMP est en danger de mort. La droite conservatrice française est en passe de se disloquer pour voir émerger une droite identitaire agrégée autour du FN face à un centre droit social-libéral recomposé en rejetant à gauche certains socialistes.  Les élections législatives de 2017 enregistreront un glissement à droite de la France : un éclatement de l’UMP et une recomposition  de la droite autour du FN ainsi qu’une droitisation du Parti socialiste autour de thèses libérales. Dans tous les cas, le consensus républicain et social français sortira perdant de ces élections.

En fin de compte, la disparition de l’UMP et de la droite républicaine sous la conduite de Sarkozy n’aura été qu’un accident prévisible de l’Histoire : il fallait le retour de ce politicien falot pour donner un petit coup de pouce à cet enterrement programmé. »

Vous pouvez méditer sur le premier paragraphe. Notons que je m’en tire bien, je suis dans l’aile libérale de la gauche… Quant au second, il est fort amusant. La disparition de l’UMP est prévisible depuis sa création, en 2002. Rassembler « les trois droites » dans un seul et unique machin était le conduire à l’échec.

Je veux bien rendre service et aider la droite républicaine à rebondir parce que cela me troue franchement le cul d’envisager que le Front National puisse arriver au pouvoir mais à condition que l’on me paye des bières à chaque bon conseil.

Je vais en donner un pour commencer, je n’ai pas très soif.

Comme le RPR en 1995, l’UMP doit arriver à la présidentielle avec deux candidats. Laissez tomber les primaires et ce genre de conneries. Reprenez l’article de Causeur avec l’hypothèse où les quatre principaux candidats à la présidentielle seraient François Hollande, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen…



09 février 2015

Les blaireaux pour Barbier

Frédéric Barbier a été élu hier avec 51.43% des voix alors que Pierre Moscovici n’avait recueilli que 49,32% en 2012. La gauche est donc en net progrès. En 2012, l’UMP était qualifié pour le second tour, par 2015. La grande claque de cette législative partielle est donc bien pour l’UMP. Vous me direz que l’on peut faire dire n’importe quoi à des chiffres. Vous avez parfaitement raison, c’est d’ailleurs le but de cette introduction.

Parmi mes confrères blogueurs politiques, très peu donnent leur avis sur le truc d’hier, aujourd’hui. Il faut dire que tout a été dit dans Twitter, hier soir. Le meilleur Tweet étant : « que pense Le Figaro de la victoire de Barbier ? ». Il est de moi et je me remercie de le souligner.  

Intéressons-nous donc à ce que disent les blogueurs de droite. Je suis allé voir chez Corto, tiens ! Je suis « remonté » dans son blog pour voir ce qu’il disait après le premier tour et je suis tombé sur un billet où il expliquait pourquoi il soutient Nicolas Sarkozy. Du coup, j’ai lu les commentaires et éteindre la crise d’hilarité qui m’a secoué n’a pas été simple. Revenons à son billet du jour à propos d’hier ou vice versa. Il explique que c’est une défaite pour le parti qui a gagné l’élection et oublie de  parler de l’UMP. Il dit qu’il nécessaire : « de réhabiliter la politique ». Dire ça trois jours après avoir crié son admiration pour Nicolas Sarkozy, il fallait oser.

J’avais lu le billet de Pierre Parrillo, ce matin.

Par la même méthode que Corto, il tente de démontrer que le grand perdant de dimanche est le gagnant. Je vais tenter d’être particulièrement pédagogique vu que j’ai deux ou trois minutes.

« En comparant ces résultats, on remarque très clairement que d’une part les électeurs n’ont pas voulu se mobiliser pour ce scrutin et d’une autre part, dans une circonscription où l’ancrage à gauche est pourtant particulièrement puissant, que le score du PS est très largement moins bon aujourd’hui qu’en 2012. » L’ancrage à gauche dans la circonscription est certes très important mais au second tour, en 2012, la droite était en tête. Je ne comprends pas que l’on puisse faire une démonstration à partir d’une information fausse alors que l’on peut connaitre la bonne information en quelques secondes avec Google.

« Cela signifierait-il que le parti de la majorité peine à mobiliser ses électeurs ? » Certes, il y a moins d’électeurs que la dernière fois, mais c’est bien l’UMP qui a eu du mal à mobiliser.  « Difficile en tous cas après ça, pour la majorité, de parler d’une victoire… » D’ailleurs, on peut difficilement parler d’une défaite pour l’UMP qui n’a pas été éliminé au second tour. Je vais néanmoins vous laisser lire son billet par vos propres moyens et votre légendaire imagination vous faire rigoler. C’est une petite phrase, sur la fin, qui retient mon attention... Voila le paragraphe en entier :

« Lorsque la droite Républicaine arrive à se maintenir, le vote des électeurs est bien plus instinctif et bien moins hésitant que lorsque la gauche se maintient au 2nd tour. Je rappelle également que la droite n'a pas besoin d'en appeler à la constitution d'un Front Républicain, ni même au vote FN, pour remporter le 2nd tour d'une élection et le cas de la Mairie d'Ajaccio il y a quelques jours illustre parfaitement mon propos. »

J’avais dit une phrase, cela en fait deux mais je vous laisse comprendre ce que veut dire la première j’en viens à la seconde.

Quand le second tour est entre l’UMP et le FN, l’électeur de gauche ira naturellement voter pour le candidat le moins à droite. Quand le second tout est entre le PS et le FN, l’électeur UMP vote soit plus à droite soit moins à droite que lui.

C’est quoi cette théorie sur le Front Républicain ? Avec sa position débile du « ni ni », l’UMP a mis le PS et le FN dans le même panier et dit à ses électeurs qu’ils pouvaient voter FN. C’est presque le plantage du siècle, le plus gros raté de l’UMP depuis 2012, comme si elle venait de s’autodissoudre en étant incapable d’avoir une stratégie électorale à un mois ou deux d’un scrutin relativement important.

Cela ne nous dit pas pourquoi je rigolais à la lecture des commentaires chez Corto. Ces joyeux lurons parlaient du positionnement politique qu’ils voudraient que Nicolas Sarkozy adopte. Seule la ligne Buisson est-supportable, si je puis résumer. Cela me rappelle le dernier sondage dont on parlait, celui qu’une majorité de Français préférerait voir Alain Juppé représenter l’UMP à la prochaine présidentielle. Pas moi. Je préfèrerais Nicolas Sarkozy. C’est encore contre lui que François Hollande a le plus de chances de gagner… Certes, je préférerais Juppé à Sarkozy comme président mais ce n’est pas la question qui est posée.

Réhabiliter la politique qu’il disait, l’autre ? D’accord.

Petit 1 : Pierre Parrillo diffuse une infographie expliquant que le PS n’a perdu que 4 circonscriptions dans des législatives partielles depuis 2012. Or tout le monde citait le chiffre de 13 partielles perdues. Il est gentil de rétablir les chiffres. Pour une fois qu’il est précis.

Petit 2 : que les blogueurs cessent la langue de bois (mais pas la langue de pute, hein !). Deux blogueurs de droite, les deux seuls qui m’ont intéressé aujourd’hui, tentent de démontrer que le gagnant de l’élection l’a perdue. Ca fait beaucoup.

Petit 3 : dans les commentaires, chez lui, Corto disait : « Tiens pour info, au pré-congrès du PS aujourd'hui, 27 contributions différentes ont été déposées ! ». Il disait ça pour illustrer les divisions du Parti Socialiste. Outre le fait qu’il apparait que l’UMP est au moins aussi divisé que les socialos, arrêtons l’analyse politique à la petite semaine. D’une part, il y a des contributions thématiques. Un nombre élevé de contributions est normal. D’autre part, où les militants sont-ils invités à déposer ou lire des contributions à l’UMP.

Petit 4 : des sondages vont montrer qu’Alain Juppé pourrait être en difficulté au premier tour en 2017 et que Nicolas Sarkozy aurait plus de chance. La cote de Juppé va s’effondrer. Nicolas Sarkozy va annuler la primaire de 2016 pour éviter de diviser le parti ou fera une primaire bidon. Alain Juppé sera candidat au premier tour de la présidentielle parce qu’il sera soutenu par le centre en plus de Nicolas Sarkozy, de François Hollande et de Manuel Valls. Nicolas Sarkozy, le grand favori de la droite, sera éliminé du premier tour.

On va bien rigoler.


Réhabiliter la politique en pratiquant de la politique à la petite semaine…

12 septembre 2014

Vers une fusion UMP - UDI ?

Logo d'entreprise honteusement récupéré par un blogueur abruti.
Il parait que Nicolas Sarkozy veut fusionner l’UMP et l’UDI comme si, s’il est élu président de l’UMP, il aura le moindre pouvoir sur l’autre parti. D’ailleurs, les dirigeants de ce parti commencent à ronchonner.

L’idée d’une primaire entre les partis de droite et de centre-droit a un sens d’autant que le centre droit n’a pas de figure emblématique, à part François Bayrou mais qui n’est pas à l’UDI, de faire un score mémorable, surtout si Jean-Louis Borloo ne revient pas. Présenter un candidat qui ferait 4% au premier tour reviendrait à enterrer ce parti. Les récents sondages donnant le candidat du PS absent au second tour n’ont aucun sens : l’absence du candidat de la droite de gouvernement au second n’est pas une hypothèse à exclure compte tenu de la force du Front National, une candidature unique ce cette droite a donc un sens.

Nicolas Sarkozy ne regarde pas assez dans le rétroviseur. En 1995, Jacques Chirac a gagné l’élection qu’il était sûr de perdre alors qu’il y avait bien une division au sein de la droite avec deux grands partis et deux candidats importants (issus de la même formation, mais un était plus soutenu par les centristes).

En 2002, l’UMP a été créée, en tant que fusion de la droite et du centre droit. La victoire de son candidat n’est due qu’au hasard (ou du moins, au fait que Lionel Jospin ait oublié le premier tour dans sa campagne). En 2007, Nicolas Sarkozy a eu sa victoire avec un centre droit très fort. En 2012, il a perdu alors que le centre droit était faible. Je ne vais pas remonter plus haut et chacun pourra interpréter les résultats comme il l’entend.

Il me parait à peu près évident que chaque formation politique doit occuper son espace politique, les partis devant travailler intelligemment entre eux… Le phénomène est d’ailleurs le même à gauche : elle ne remporte les élections nationales que quand il y a deux partis forts en son sein (et pas plus de deux : voir 2002). Un candidat de gauche ne peut arriver au pouvoir que s’il y a au moins deux candidats de gauche à plus de 10%.

Par ailleurs, depuis la création de l’UMP, ce parti a perdu à peu près toutes les élections locales tant qu’il était au pouvoir…

Cela étant, faites comme vous voulez, hein !


J’aime bien ces tambouilles électorales vu que tout le monde se plante, généralement…

09 septembre 2014

Du mouvement à l'UMP ?

Nicolas Sarkozy a pris sa décision, il parait. Il sera candidat à la présidence de l’UMP. Les autres candidats, comme Hervé Mariton et Bruno Le Maire, peuvent aller se rhabiller. C’est con : j’étais près à soutenir M. Mariton, non pas parce qu’il ne dit pas que des conneries quand il n’est pas dans son rôle d’affreux réactionnaire mais parce qu’il est abonné à mon compte Twitter. C’est le seul cadre de l’UMP. Par contre, j’ai Alain Lambert et François Bayrou, en stock, mais pour Lambert, c’est pour raconter des conneries. Mais je suis hors sujet.

Il parait que Nicolas Sarkozy va changer le nom du parti, y remettre de l’ordre, rétablir les comptes et tout ça. En fait, il va en faire une machine à gagner la présidentielle. La primaire ne va être qu’une formalité, pense-t-il, mais il faut toujours se méfier avec ce genre de pronostic !

Libération fait sa une sur le retour aux affaires de Nicolas Sarkozy, avec la dernière qui vient d’éclore, sans compter le sondage a priori bidon pour faire croire qu’il est le seul à pouvoir battre Marine Le Pen au second tour… Jean-François Copé vient d’annoncer son ralliement ou, plutôt, d’appeler ses supporters de soutenir l’ancien président.  Je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle pour ce dernier.

Pendant deux ans, on va assister à un combat entre François Fillon et Nicolas Sarkozy. Je ne crois pas qu’Alain Juppé ira jusqu’au bout.

Quant à Bruno Lemaire et Hervé Mariton, ils semblent bien s’amuser. Bruno Le Maire a écrit dans un bouquin en 2004 : « Je me laissais envahir par la chaleur du bain, la lumière de la lagune qui venait flotter sur les glaces de la porte, le savon de thé vert, et la main de Pauline qui me caressait doucement le sexe. » Mon follower a déclaré récemment : « Moi, dans mes livres, je ne raconte pas comment ma femme me caresse le sexe. Je présente un réel projet. »

C’est dommage : il vendrait plus.




09 juillet 2014

UMP : le naufrage continue

« Faisons peut-être confiance à la jeune génération pour reconstruire l’UMP. C’était la proposition de François Fillon: qu’il y ait un président qui prépare un projet, qui tourne la page du passé, on a commencé avec l’audit hier soir, qui reconstruise, qui prépare les primaires. » Voila ce qu’a déclaré Eric Ciotti et c’était un peu le sens de mon billet d’hier bien que je n’ai pas grand-chose à cirer de ce parti. Il a surtout lancé des salves contre Jean-François Copé et l’a appelé à un peu plus de décence et en le désignant explicitement comme étant le responsable du bordel à l’UMP.

Ce matin, c’est Rachida Dati qui s’est énervée dans Twitter contre François Fillon et Alain Juppé suite aux révélations la concernant parue dans le Canard Enchaîné. Depuis, c’est Nadine Morano qui s’y colle : « L'Ump c'est comme la déculottée du Brésil sauf que c'est nous qui marquons contre notre propre camp. Une gaulliste écœurée. » « Pourquoi cible-t-on Rachida Dati aujourd'hui? On observe une charge contre les soutiens de N Sarkozy » « A l'UMP, nous avons besoin d'un ordre du jour pas uniquement concentré sur les problèmes internes. »

Rachida Dati et Nadine Morano, des « créations » de Nicolas Sarkozy, se rendent-elles compte qu’elles sont foutues si Jean-François Copé et l’ancien président ne peuvent pas revenir ? Et qu'ils ne reviendront pas.

Nous pouvons les féliciter pour leur soutien inconditionnel mais, à un moment, il faut se rendre compte que couler avec le navire ne sert pas à grand-chose.

07 juillet 2014

RIP l'UMP

L’UMP est à terre, permettant ainsi aux blogueurs politiques d’enfiler les billets sans trop se fatiguer après une longue journée de travail. Je ne sais plus quelle est la dernière information qui nous est parvenue. Peut-être l’enquête préliminaire ouverte pour le paiement par l’UMP d’une amende adressée à Nicolas Sarkozy ?



Christian Estrosi a annoncé que le parti était déjà mort.

Amen.

01 juillet 2014

Violon

Huit ans et six mois que je tiens ce blog. Son personnage principal vient d’être mis en garde à vue. Je n’ai pas envie de faire exploser ma joie ou de sortir les âneries habituelles sur la présomption d’innocence et la justice qui fait son chemin.

J’ai eu l’information en arrivant au bureau et je l’annoncée à une collègue qui a eu comme seule réaction : « ça ne m’étonne pas que Marine Le Pen fasse des bons scores ». Elle ne m’a même pas demandé pourquoi, tant cela semble une suite logique… A la limite, tout le monde s’en fout.

Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est qu’il reste toujours des personnalités politiques pour le défendre en public, comme Valérie Debord qui a déclaré : « l’acharnement est tel contre l’ancien président de la République... A chaque fois qu’il évoque son éventuel retour aux affaires, étonnamment, il est inquiété par une affaire de justice qui immédiatement fait pschitt: Bettencourt, Karachi, on voit bien... C’est vrai que ça commence à devenir lassant pour ses supporteurs, je pense que ça commence à devenir lassant pour les Français aussi qui, en la matière, voient une forme d’instrumentalisation de la justice contre un homme, contre le retour d’un homme et je ne suis pas sûre que ce soit la bonne façon de rendre la justice au nom du peuple. »

Je lisais le tweet d’un autre gugusse qui voulait organiser une manifestation de soutien…

Ces politiciens sont nuls : ils devraient défendre l’indépendance de la justice. Je veux bien qu’ils soutiennent l’homme, Nicolas Sarkozy, mais ils devraient penser avant tout à la démocratie, à leur camp politique qui est en totale déconfiture avec des histoires qui s’enchaînent au jour le jour.

Il y a certes présomption d’innocence mais, à un moment, il faut savoir ouvrir les yeux parce que la présomption d’innocence pourrait se transformer en présomption de culpabilité. Si vous faisiez un sondage, parmi les Français, avec la question : « Pensez-vous que Nicolas Sarkozy soit innocent de toutes les affaires qui lui sont reprochées ? » le résultat ne serait probablement pas surprenant. Et même ceux qui le défendent mordicus se posent sans doute des questions…

Il y a encore des gens qui pensent qu’il va revenir, qu’il va briguer la présidence de l’UMP. Sont-ils inconscients à ce point ? Ne se rendent-ils pas compte que cela serait une catastrophe pour la droite ?

Certes, cela serait une très bonne nouvelle gauche, un boulevard s’ouvrant pour 2017… Mais je n’ai pas envie que cela se termine ainsi.

C’est la fin de la démocratie.

28 juin 2014

Refondons l'UMP pendant l'apéro

Bureau politique d'un grand parti de droite
Youpi ! Il y a un nouveau sondage, au sujet de l'UMP, le parti qui broie du noir ! S'il fallait que je fasse un nouveau billet à chaque scandale qui arrive, je serais épuisé. Les résultats de ce sondage ne sont guère surprenants à deux détails près.

Le premier : il est surprenant de voir que les sympathisants de l'UMP veulent un positionnement politique plus à droite alors qu'ils ont perdu les élections présidentielles en partie pour cela et qu'il ne ferait que cautionner Marine Le Pen. Surtout, comment peut-on être plus à droite ou moins à droite qu'une formation politique qui n'a plus aucune orientation ?

Le deuxième : je suis surpris que « l'ensemble des Français » puisse avoir un souhait pour l'avenir de l'UMP. Je n'en ai qu'un, pour ma part : que ce parti se casse la gueule, c'est encore la meilleure solution pour François Hollande pour gagner en 2017 (ce sur quoi il semble d'ailleurs compter).

Cela étant, je veux bien donner des conseils !

Conseil 1 : le parti doit tourner la page des années Copé – Sarkozy. La France et le parti ont été mal gérés au niveau économique comme au niveau politique. Imaginez que les juges prouvent que les comptes de campagne pour 2012 ont été trafiqués et que Nicolas Sarkozy ce qui, en l'état de ce qu'on sait avec ce que nous dit la presse, ne devrait pas être compliqué, on aura l'assurance que les comptes de 2007 ont été aussi plombés et que beaucoup de choses sur la gestion du pays ont été dissimulées. Marine Le Pen et François Bayrou auront un boulevard pour piquer des électeurs, aidés par les blogueurs socialistes (qui auront plus de faciliter à taper sur Nicolas Sarkozy qu'à défendre François Hollande, allez savoir pourquoi...).

Conseil 2 : le tournant doit être fait de manière douce, pour ne pas choquer les fans. La meilleure manière de faire cela est de changer de nom avec un vrai congrès fondateur, cela évitera de parler des anciens.

Conseil 3 : intégrer dans les statuts : « un type qui est élu pour diriger un exécutif, à une municipale, régionale ou présidentielle, et qui perd cet exécutif n'a plus le droit de se présenter à l'élection suivante correspondante. ».

Conseil 4 : dans les statuts, il ne doit pas y avoir de président mais uniquement un secrétaire général ou un truc comme ça. Le président d'un parti a forcément vocation à devenir son candidat à l'élection. Il peut avoir des présidents d'honneur, s'il faut, pour recaser des vieux crabes.

Conseil 5 : le secrétaire général doit avoir une casquette de « droite républicaine » même si on ne sait pas trop ce que cela veut dire. François Baroin serait parfait pour cela parce qu'il représente l'aire d'avant Nicolas Sarkozy tout en étant jeune (ou du moins pas trop vieux).

Conseil 6 : le parti doit présenter au plus tôt un programme économique précis. Comment voulez-vous motiver les militants avec des généralités comme « il faut supprimer les 35 heures, diminuer les cotisations et baisser les déficits » ? Il faut arrêter de sortir des « Eléments de Langage » comme projet économique.

Conseil 7 : le parti doit présenter rapidement un projet de société, indépendamment du petit 6, ci-dessus, ce qui n'est pas facile, pour des conservateurs.

Les conseils 3 et 6 s'appliquent à peu près à toutes les formations politiques. Le 4 pourrait être renforcé pour les partis de gauche afin qu'ils virent les machines à perdre...

A bon entendeur ou à sourd comme un foc (c'était ma participation à l'événement politique du jour), salut.

17 juin 2014

La vie duraille à l'UMP

L’information fait la une de la presse : l’UMP et Nicolas Sarkozy auraient dépensé 17 millions de plus que déclaré et autorisé pour la campagne de 2012. C’est Médiapart qui se serait procuré la comptabilité. Le Monde quant à lui aurait pu avoir accès à « l’ordonnance des juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire qui ont renvoyé devant le tribunal correctionnel,  jeudi 12 juin, les principaux protagonistes du volet financier de l'affaire de Karachi. »

Le cas de Nicolas Sarkozy reste à traiter dans cette histoire. Compte tenu de son statut, il ne peut être entendu que par la Cour de justice de la République. « Toutefois, s’il existe à l’encontre de l’ex-président de la République des « indices » qu'il aurait commis un délit, ils ne sont aux yeux des magistrats instructeurs ni « graves » ni « concordants », conditions nécessaires pour une mise examen. »

L’affaire va avancer et nos chers médias nous tiendront au courant. Néanmoins, deux nouvelles informations tombent le même jour…

Ca sent la panique à l’UMP. Comme le révèle Le Lab, Jean-Pierre Raffarin a lancé une salve contre Nicolas Sarkozy sur France Inter, tout comme l’avait fait auparavant Xavier Bertrand. Les deux sont sur la même ligne : l’UMP n’a pas besoin d’homme providentiel.

L’ancien premier ministre cherche une position pour l’UMP à propos de la réforme ferroviaire vu que c’est le sujet du jour. Du genre : on votera contre parce que la loi ne va pas assez loin alors que la CGT est contre parce qu’elle va trop loin. D’une manière générale, il trouve que la France connaît une période de déclassement historique. Si j’étais joueur, je taperais « croissance France Allemagne » ou « chômage France Allemagne » dans Google Images, il est assez facile de montrer que le déclassement de notre pays par rapport à nos voisins date d’une époque où Jean-Pierre Raffarin était premier ministre de la France.

François Fillon cherche aussi une position. Pas facile d’être ancien premier ministre et chef de parti, les gars, hein ! « J’accuse le gouvernement d’improvisation sur son projet. Il est perdant sur tous les fronts. D’un côté, en tentant de restaurer le monopole de la SNCF sur ses réseaux, il a ouvert une boite de pandore dans laquelle s’engouffrent tous les conservatismes ; de l’autre côté, son projet bloque la modernisation nécessaire du transport ferroviaire qui a besoin de s’ouvrir à d’autres opérateurs européens » ! Diable ! Il accuse. De quoi ? De provoquer un mouvement de grève avec une réforme qui n’est pas assez importante alors que les grévistes pensent le contraire.

Alain Juppé, quant à lui, ne s’est pas prononcé sur le sujet, à ma connaissance. Par contre, maintenant qu’il y a quatre chefs à l’UMP, mon tour de l’information prend plus de temps. En cherchant dans Google News, je tombe sur cette dépêche de l’Express : « Sur fond de grève dans les transports, Luc Chatel, secrétaire général intérimaire de l'UMP, demande au gouvernement de "retirer" le texte sur la réforme ferroviaire. Et il est bien le seul dans son parti... où d'autres comme Xavier Bertrand refusent de se retrouver "dans le camp des jusqu'au-boutistes". »

Notons que l’objet de ce billet est de rigoler de l’UMP, on pourrait en faire autant au sujet du Front de Gauche, GdC trouvant par exemple réactionnaires ceux qui sont partisans de la réformes et progressistes ceux qui voudraient revenir à avant 1997. Quant à DPP : « A l'instar des précédentes réformes néolibérales, la réforme de la SNCF se fera au détriment de l'intérêt général ! En d'autres termes, les conditions de vie et de travail des cheminots et des usagers, et probablement comme l'a illustré hélas l'accident de Brétigny/Orge, la sécurité en pâtiront. » Une traduction ? L’organisation de la SNCF a provoqué l’accident de Brétigny, il ne faut donc absolument rien changer. Notons que je pourrais aussi me moquer du Parti Socialiste et notamment ceux de ses cadres qui soutiennent les grévistes.

Revenons à l’UMP. Les pauvres. Ils cherchent une position. Ils ne veulent pas défendre un texte du gouvernement (comme si le grand public avait un intérêt pour la position de l’UMP sur ce bordel) mais ne peuvent pas soutenir les cheminots ce qui serait pourtant assez drôle.

Ce soir, Jérôme Lavrilleux a été placé en garde à vue. Il devrait parler et peut-être dénoncer la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy…

L’UMP tient un bureau politique ce soir. François Fillon déclare que : « Notre travail sera de faire toute la lumière sur les scandales financiers qui touchent l'UMP ». Je vais le contredire. La justice va faire le travail. L’UMP ferait mieux de se trouver une ligne politique plutôt que de simplement vouloir tourner la page « Copé » en dégageant quelques types et en nommant quelques nouveaux secrétaires généraux.

Tant que leur opposition au gouvernement sera sur la dénonciation d’un texte que certains approuvent chez eux et que la grève qui découle de se texte est très peu populaire, ils n’arriveront à rien.

Toute la classe politique est empêtrée dans ce bordel. Ne me dites pas que je ne tape pas sur le PS, mon billet de ce midi était tourné contre François Hollande. Sans compter qu’on apprenait hier soir ou ce matin que Julie Gayet et François Hollande ne devraient pas tarder à annoncer leur union.

Pendant ce temps, le député UDI qui questionnait le gouvernement à propos de la réforme a déclaré : « Cette réforme est pourtant une absolue nécessité pour contenir une dette abyssale qui dépasse déjà les 40 milliards d’euros et pour espérer reconstruire un système ferroviaire à bout de souffle qui ne supporterait pas son report. Nous croyons à la rationalisation de la SNCF. Cette réforme n’est peut-être pas suffisante, mais elle nous semble nécessaire. »

Le représentant de l’UMP, quant à lui, dit : « Depuis une semaine, la France est le théâtre d’une double prise d’otage. » Toujours la même rengaine. « Prise d’otage, ensuite, du Gouvernement, qui n’a cessé de donner des gages à la CGT, pour la remercier sans doute de son soutien au candidat Hollande. » Allons bon ! La CGT descend dans la rue pour remercier le gouvernement ? Il se lance ensuite dans une charge contre le gouvernement.

C’est la routine. Le ministre finit par lui rappeler que la dette de la SNCF est due à des mauvais choix de l’UMP (je résume…). Ensuite, nous avons un député communiste qui intervient. « Monsieur le Premier ministre, est-ce que vous vous engagez à ce qu’il puisse y avoir, durant cette discussion, des avancées qui permettent de faire en sorte que nous disposions d’un service public du fer capable de combattre les dysfonctionnements et de répondre aux besoins des usagers ? » Ainsi, contrairement à la CGT et à nos blogueurs, il ne rejette pas le texte. Manuel Valls en personne lui répond pour lui donner des assurances. Entre temps, un type du PS s’est exprimé…

Tous les partis tournent normalement et travaillent. Sauf l’UMP. Ses députés sortent des âneries du genre : « Généraliser le statut du cheminot, comme vous le faites, c’est organiser la casse sociale ». Il fallait oser.

Bien du courage au quatuor de tête...


27 mai 2014

Explosion rue de Vaugirard

Il y a un blogueur UMP qui m’a fait rire ce matin en disant que l’affaire de l’UMP est sortie hier pour masquer la défaite du PS aux européennes. Comme si l’UMP avait gagné une victoire. J’ai vu aussi des twittos de gauche gueuler contre les socialos qui se moquaient des déboires de l’UMP.

Disons-le franchement : je me moque de ce que je veux et je ne considère ni mes tweets ni mes billets comme suffisamment importants pour m’éviter de dire des bêtises.

La situation à l’UMP me fait aussi rigoler mais, paradoxalement, elle ne me réjouit pas. Le départ de Jean-François Copé va permettre à ce parti de se remettre en ordre de marche avec un scénario proche de ce que j’avais imaginé ce qui n’était d’ailleurs pas compliqué. Jean-François Copé va vite sombrer dans les oubliettes, entrainant avec lui Nicolas Sarkozy, et François Fillon pourra revenir sauf si Alain Juppé décide d’être candidat (il est probablement celui qui a le plus de chance de l’emporter mais aurait près de 80 ans à la fin d’un mandat).

Essayons de prévoir la suite : Jean-Pierre Raffarin va faire le ménage pour empêcher ceux qui continuent à soutenir Copé de donner leur avis tout en préparant sa candidature à la présidence du Sénat. Pendant ce temps, Alain Juppé jouera au vieux sage, rassurant les militants, et François Fillon renforcera son réseau de partisans, les rats n’allant pas tarder à quitter le navire. Ces braves gens ne manqueront pas d’aller draguer les centristes car ils en auront besoin pour gagner en 2017, notamment pour éviter la concurrence au premier tour.

Il reste quelques détails à régler. Tiens ! Christian Jacob ! Comment le faire quitter la présidence du groupe UMP à l’Assemblée ? Il va falloir trouver quelqu’un avec beaucoup de pogne pour maîtriser tout le monde.

Il n’est pas non plus exclu que le congrès de l’UMP aboutisse à une dissolution du parti et à la création d’un nouveau mouvement. L’UMP est en plaine faillite morale, sans projet, sans rien, avec seulement des soupçons de grosse triche pour le financement d’une campagne.

Ce midi, la presse regorge de titres de type : « cette matinée où l’UMP a explosé ».

Jérôme Lavrilleux va servir de fusible mais ça ne suffira pas.

Si j'étais militant UMP, je penserais à ces années de gâchis. Mais je ne suis que sympathisant du PS. J'espère qu'il saura éviter ce gâchis.


13 mai 2014

L’UMP et l’hymne à Dupont-Lajoie

On se demande si la droite est bête ou si elle a une volonté désespérée de faire diversion avant les élections européennes. Voilà qu’ils nous ont sorti une malheureuse histoire de Christiane Taubira qui ne chante pas la Marseillaise. La gauche est venue à la rescousse, notamment Benoît Hamon, hier matin. Je suis d’accord avec lui : sauf pour faire le con dans les blogs, je ne chante pas la Marseillaise. Je l’écoute et, dans les moments un peu solennels, je me recueille.

Sauf si mon verre est vide et le loufiat passe à côté. Il faut gérer les priorités.

Evidemment, les rézossocios de gauche ont trouvé des vidéos montrant que des personnalités de droite dont le président du présidium du soviet suprême, Nicolas Sarkozy, qui ont osé ne pas chanter la Marseillaise. J’imagine le président de la République – quel qu’il soit – chanter à tue-tête pendant la cérémonie du 11 novembre pendant que les cœurs de l’armée rouge jouent notre hymne national…

Tout cela est grotesque. Tiens ! Ne voila-t-il pas Marine Le Pen qui avoue qu’elle ne connaît pas les paroles de la Marseillaise… Moi-même, je dois reconnaître… Vraiment grotesque. On a souvent des polémiques sur les joueurs de foot de l’équipe nationale qui ne chante pas. Ils ne sont pas payés pour chanter – on a Twin Twin et Mireille Mathieu pour cela – mais pour taper dans un ballon ou sur la tronche de leur voisin.

Mais Christiane Taubira est une cible toute trouvée, depuis le début du quinquennat. Normal, c’est une femme, petite et noire. Bouh ! On pourrait se demander s’il n’y a pas un fond de délit faciès derrière tout ça. Ou de misogynie. Ou de nanopabulophobie. Ou de racisme. En fait, non. On ne se demande pas : il y a.

Dans la mesure où la droite n’a aucune intérêt électoral, pour les européennes, à taper sur Madame Taubira, il ne peut s’agir que de diversion.

Aucun intérêt électoral ?

Les électeurs de l’UMP iront voter pour l’UMP. Dire « ouh là là c’est mal, en plus les ministres socialistes, surtout les petites, les femmes et les noirs, ne chantent pas la Marseillaise, ce sont des mauvaise patriotes, vous devriez voter pour nous pour changer ça et sauver la patrie » n’est pas sérieux.

Ca ne va pas attirer un seul électeur ni même en repousser un du PS.

De la diversion ?

La plupart des partis politiques ont un projet. Il est souvent hors des clous car il concerne plus les institutions que ce pourquoi est fait le Parlement européen : voter des directives. Mais il existe. Le Parti Socialiste Européen a un projet. Les blogueurs socialistes peuvent en parler. C’est le cas par exemple de mon confrère Cyril même s’il est mal rasé. Il va même plus loin puisque le titre de son billet est : « Une Marseillaise pour éclipser l'Hymne à la Joie ? »

C’est de la diversion.

Je vais vous dire pourquoi, le temps de changer de section, en vous dévoilant, devant vos yeux certes cernés mais aussi ébahis le programme de l’UMP et du PPE pour les européennes.

Changement de section !

Voila le programme de la droite conservatrice majoritaire depuis 15 ans en Europe (voire depuis l’origine…) : continuer comme avant. Ne rien changer et virer François Hollande.

Belle ambition, hein !

Les électeurs devraient se renseigner avant de glisser un bulletin dans l’urne…

21 mars 2014

UMP : l'autre scénario

[Fiction] Quand il eut lu la tribune de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé pris immédiatement la décision et sut, par instinct, qu’elle était bonne. Il prit son téléphone et appela François Fillon : « Allo, François, ça va ? Ta femme, les enfants ? » « Oui oui et toi, la campagne pour la mairie se passe bien ? » « La routine. Bon, trêve de babillage. Tu as lu la tribune de l’autre gougnafier ? Ca ne peut plus durer, il est en train de nous mettre hors circuit pour vingt ans, sans compter ton rival, l’autre tartiflette, qui accumule les bourdes. » « Ah ça ! Tu n’avais qu’à me soutenir… » « C’est malin… Bon, voila ce que je te propose… »

Il appela son secrétariat puis passa deux autres coups de téléphone puis se rendit directement à l’aéroport. Dans son pied-à-terre parisien, il travailla longuement.

A 8 heures du matin, il retrouva Michèle Alliot-Marie, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin devant le siège de l’UMP. Ensemble, ils se rendirent directement dans le bureau de Jean-François Copé dont ils forcèrent la porte. Alain Juppé s’assit directement dans le fauteuil du Président. Il sourit et dit : « Pauvre Jeff, il n’est pas près de profiter de son fauteuil à nouveau. » En même temps, les deux anciens premiers ministres dirent : « Bon, tu nous expliques ? »

« OK ! Asseyez-vous. Nicolas, qui a sut mener la droite à une belle victoire, par le passé, vient de commettre une lourde erreur. Sa tribune est ridicule, ses comparaisons de la justice et de la police avec la Stasi sont pitoyables. Je comprends son sentiment mais il risque de continuer tant qu’il aura ses casseroles. Il aurait du garder un silence complet et revenir mi 2016. Il aurait eu un boulevard pour être notre candidat. »

François Fillon était au courant depuis l’appel téléphonique de la veille. Les deux autres étaient subjugués. Ils se doutaient bien que s’ils avaient envahi le bureau du président de l’Union pour un Mouvement Populaire, ce n’était pas pour jouer aux billes mais pour le renverser. Par contre, la stratégie d’Alain Juppé devenait claire. Amusé de leur regard, ce dernier continua.

« Oui, vous avez bien compris. Je propose de torpiller Nicolas Sarkozy. Il restera un ami et je l’appellerai pour lui expliquer. La primaire de 2016 lui reste ouverte mais tant qu’il est empêtré dans des affaires judiciaires qui pourraient être très graves, le parti ne sera plus solidaire. Si on est dans ce bureau, maintenant, c’est parce que cette stratégie doit s’accompagner d’un grand changement du parti qui, même si nous tenterons de limiter la casse, commencera par ce qui passera aux yeux du grand public, comme un putsch. »

Michèle Alliot-Marie qui n’avait rien dit jusqu’alors pris la parole : « Alain, je suppose que tu vas nous exposer la suite et que nous aurions l’occasion d’en discuter mais j’ai deux questions à te poser. Avant cela, je tiens à préciser que je partage ton analyse : il n’y a pas d’autre choix que de larguer Jeff et Nico. La première question : pourquoi nous trois ? La deuxième question : pourquoi aujourd’hui, l’avant-veille d’une élection majeure dans laquelle tu es largement impliqué ? »

« Pourquoi maintenant ? Pour qu’on ne parle que de nous demain, samedi et dimanche soir. Si l’UMP remporte une victoire même relative, on ne pourra plus le faire. Enfin, le signal passé pourrait être très positif pour les électeurs si on leur montre qu’il y a quelqu’un à la barre. Tu veux d’autres raisons ? J’en ai besoin pour Bordeaux ! Oh ! Pas la municipale, je ne suis pas inquiet mais pour communauté urbaine. J’ai besoin de montrer que je peux être un chef qui agit. Alors, pourquoi vous trois ? François, c’est évident. Tout le monde sait qu’il a la volonté d’être le candidat en 2017 et il est le dernier chef de la majorité, quand nous étions dans la majorité. Toi et Jean-Pierre, c’est une question d’image auprès des militants. Désolé mais vous êtes, avec moi, les deux derniers vieux crabes de la chiraquie. François, je te laisse expliquer mieux pourquoi j’ai fait appel à toi. »

« T’es gonflé ! Ha ha ! Voila, Alain a très bien compris ma stratégie. J’allais quitter le parti pour en fonder un autre. A vue de nez, la moitié des cadres m’auraient suivi. Peu importe les militants, dans un premier temps. Ils auraient fini par nous rejoindre mais il fallait qu’on développe une offre politique auparavant qui dépasse le vieux : il faut supprimer les 35 heures. L’opération aurait probablement marché. Beaucoup de gens ne supportent plus Jean-François et l’image du parti est mauvaise. Mais, en partant, c’est ma propre image qui aurait pris un coup dans l’aile. Je serais passé pour un diviseur. Alain, tu as compris comment, au fait ? »

« Mettons cela sur le compte de l’instinct. Tu aurais probablement attendu le lendemain du second tour mais tu n’avais pas d’autre choix que de te désolidariser de Nicolas et de l’UMP à cause de toutes ces attaques contre la justice. Tu serais peut-être passé pour le neuneu de service mais tu serais passé pour une espèce de sauveur des valeurs de la République. Mais, comme toujours, tu hésitais. Et il y a toujours un risque, si je puis dire, que l’UMP sorte renforcée de l’élection. C’est aussi pour ça, Michèle, que j’ai décidé d’agir maintenant. Et Jean-Pierre, tu n’as encore rien dit, même pas une de tes conneries habituelles, tu en penses quoi ? »

« Rien. Je crois que vous avez raison. Le chemin de la reconquête passe par la rénovation de l’appareil ».

« Stop ! Alain, continue à nous présenter ton projet. »

« OK… Jean-François et moi allons émettre simultanément deux communiqués de presse  annonçant la vérité, à savoir, pour ma part, que je lui ai demandé de démissionner, de même que Luc et Laurent [NDLR : vice-présidents de l’UMP], et de nommer, auparavant Marc-Philippe [NDLR : cherchez pas, c’est Daubresse, il est un des trois secrétaires généraux du parti] secrétaire général par intérim. Lui, dira en plus qu’il nous demande, à tous les trois, Michèle, Jean-Pierre et moi, d’organiser rapidement un congrès en vue de trouver une nouvelle direction au parti et préparant les prochaines échéances, à savoir les européennes, les régionales et les départementales, puis, la primaire, et l’organisation du parti à l’issue de cette primaire. François émettra un communiqué pour dire « qu’il prend acte et se félicite » tout en annonçant qu’il ne sera pas candidat pour la nouvelle direction du parti. J’aurai annoncé, pour ma part, que je serai candidat. »

« Mouarf ! Tu es sûr de gagner. »

« Je crois, oui, Jean-Pierre. Marc-Philippe fera un communiqué plus solennel expliquant qu’il se met immédiatement au travail pour se mettre en ordre de bataille pour le second tour et pour l’organisation de ce congrès. Sur le thème : je comprends l’importance de la mission qui m’est confiée. »

« Et les raisons annoncées ? »

« J’y viens, Jean-Pierre, arrête de m’interrompre. On va dire la vérité : l’UMP est dans la tourmente et n’a pas réussi à se donner une ligne politique rassembleuse. Jean-François a décidé de soutenir Nicolas Sarkozy alors qu’une stricte neutralité se serait imposée, du genre : « j’ai confiance dans la justice de ce pays ». Je serai grandiloquent, du genre : le parti que j’ai contribué à créer pour soutenir Jacques Chirac ne rempli plus ses missions. J’ai proposé à Jean-François d’en quitter la tête et de nommer une direction temporaire pour permettre de rebattre les cartes, après avoir demandé à François de ne pas être candidat, ce qu’ils ont accepté tous les deux. »

« Mais vous les publiez quand ? »

« Toujours pressée, Michèle ! Dans l'heure. Ils sont prêts. Dans ma sacoche. »

La porte du bureau s’est alors ouverte. Jean-François Copé est entré. Il avait été prévenu par son secrétariat qu’il avait quatre invités surprise. Dans le couloir, il avait imaginé plusieurs scénarios mais quand il vit Alain Juppé assis à place, il comprit immédiatement qu’il n’y en avait plusieurs.

Il n’eut qu’une question : « quand ? »

13 mars 2014

Le Copégate gâte l’époque

Alors que l'affaire Sarkobira passionne les foules (mon blog a eu sa meilleure audience depuis le début de l'année alors que je me plaignais du calme plat en fin de semaine dernières), les titres de la presse se succèdent. Voila maintenant qu'une enquête a été ouverte sur les finances de l'UMP.

C'est dommage pour Jean-François Copé, il avait réussi à étouffer cette histoire par une autre. L'occasion pour les blogueurs de gauche de rappeler que les finances de l'UMP sont au cœur de toute l'actualité depuis quelques temps. Ca ne date pas d'hier, d'ailleurs, puisque l'affaire Karachi pour laquelle Nicolas Sarkozy pourrait être entendu date de la campagne d'Edouard Balladur en 1995. A défaut d'être entendu, il est écouté pour des choses suspectes dans le cadre de sa campagne en 2007. La campagne de 2012 semble avoir été plus propre, l'UMP n'est suspectée que pour des broutilles mais les comptes de campagne n'ont pas été remboursés à cause de l'incompétence des mecs qui ont fait les comptes.

Comme le conclut El Fredo, à l'occasion de son billet sur Christiane Taubira, "La seule façon pour elle de s'en sortir aux yeux de ses détracteurs aurait donc été de violer la loi et de l'assumer fièrement. Non, le sarkozysme n'est pas mort."

Aidons Jean-François Copé à préparer sa défense. Il faut des éléments de langage.

C'est vrai quoi, après avoir lancé une cabale contre la garde des sceaux, il risque de se retrouver ridiculiser par d'immondes gauchiards qui pourraient être tentés de prétendre, 10 jours avant les municipales, que l'UMP est incapable de faire une gestion correcte et honnête. Avouer que ça serait ballot mais ils sont sans scrupules.

Défense numéro 1 : c'est un coup du gouvernement qui a donné des instructions pour faire du bruit pour qu'on oublie l'affaire Taubira.

Défense numéro 2 : c'est un coup de la gauche qui a créé l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales uniquement pour embêter l'UMP alors qu'avant on pouvait magouiller en toute impunité. 

Défense numéro 3 : vous croyez vraiment que cette affaire sort par hasard juste avant les municipales alors que, grâce à ma brillante gestion, l'UMP devrait remporter une large victoire ?

J'en profite pour préparer mes réponses de blogueur de gouvernement.

Réponse à la défense 1 : l'affaire Taubira étant un mensonge inventé par l'UMP pour masquer l'affaire Sarkozy (enfin, une des affaires Sarkozy...), il n'y aurait aucune honte à lancer des affaires. Il n'empêche qu'aucune instruction n'a été donnée. La droite n'est plus au pouvoir.

Réponse à la défense 3 : ben oui, c'est le hasard. Vous avez réussi à tout étouffer pendant 10 ans. Depuis près de deux ans, la justice a pu se remettre au travail. Si tout sort maintenant, c'est le hasard. En outre, c'est Le Point qui est à l'origine de l'histoire et on peut difficilement le qualifier de canard de gauche.

Réponse à la défense numéro 2 : ben oui, il fallait que la justice puisse travailler correctement. Tout se met en place progressivement, on n'est plus à l'heure de la communication mais de l'action, patati patata (il faudra que je brode un peu).


Note pour plus tard : penser à faire un billet de fond, avec un vrai sujet, à l'occasion.

12 mars 2014

L’enfumage politique en bande organisée : résumé en 94 caractères

Sympathisants de droite attendant...
Bembelly nous dit que Charles Pasqua disait : « Lorsqu’on est emmerdé par les affaires, il faut susciter une affaire-dans-l’affaire, et si nécessaire, une autre-affaire-dans-l’affaire-de-l’affaire, jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien. » C’est évidemment la stratégie retenue par l’UMP en envoyant partout ses membres critiquer le gouvernement, allant jusqu’à exiger la démission de Christiane Taubira. Il intitule son billet : l’enfumage politique en bande organisée.

D’un autre côté, cette affaire me plait bien. On peut en tirer un tas de billets que j’illustre par le plus grand des hasards avec des photos de toiles de Jérôme Bosch (Hiéronymus de son petit nom) pour parfaire votre culture (et la mienne, je connais surtout Bosch comme héro de Connelly, connaissant le peintre depuis la lecture…).

La stratégie de l’UMP est-elle bonne ?

Hors période électorale, elle le serait peut-être. Encore que, dans l’état actuel de l’UMP, tout peut se discuter.

Il est rigolo, Bosch. Dans les livres, c’est un des seuls personnages de roman qui vieillisse. En peinture, il a un tas de petits personnages rigolos. D’où ma relation avec l’UMP. On dirait des monstres qui courent dans tous les sens. Vous voyez bien que je ne fais pas n’importe quoi. L’UMP vieillit mal.

Et c’est bien cette image que j’ai de l’UMP. Rassurez-vous, je n’ai pas une très bonne image du PS par contre, j’ai une très bonne image de ses élus locaux. Disons, une image pas trop mauvaise. A quelques exceptions près. Votez pour eux. Et que ça saute.

J’invite Jean-François Copé à faire un sondage dans les bistros. Je l’ai fait, hier. Le public voit bien que c’est un bordel lié à Nicolas Sarkozy.

Par contre, exiger la démission de Christiane Taubira parce qu’elle n’a pas dit qu’elle était au courant des écoutes est profondément grotesque et passe pour ce que c’est : de l’acharnement. L’UMP, qui a une mauvaise image, passe pour mesquine.

En outre, ce qui fonctionnait à l’ère de Charles Pasqua peut-il fonctionner à l’ère des chaînes d’information en continu et d’internet ?

On est abreuvé d’informations « en 140 caractères ». On retient : « La droite exige la démission de Christiane Taubira. » Ainsi, l’enfumage me semble aller trop loin. Le raccourci est facile. Je vais donc le faire :

« La droite exige la démission de Christiane Taubira parce que Nicolas Sarkozy est mis en cause dans des affaires. »

94 caractères. Pour la liste des affaires, cela ne suffit pas.

03 mars 2014

Copé : le "tous-pourris" comme défense ?

Allons bon ! Jean-François Copé n’a pas démissionné, me faisant mentir. Je dois reconnaître l’avoir cherché. Selon l’alerte du Figaro : « Jean-François Copé se dit victime d'une véritable "chasse à l'homme" après les révélations du Point. "Depuis quelques jours je fais l'objet d'une campagne de presse agressive", a déclaré le président de l'UMP qui accuse les médias de livrer une inquisition contre sa personne. Il annonce donc la mise à "disposition de l'intégralité de la comptabilité" de l'UMP et va déposer une proposition de loi exigeant la transparence financière de tous les partis depuis 2007. »

Tout d’abord, je me fous bien de la comptabilité de l’UMP : personne ne va aller les vérifier. Pour les comptes de campagne, il a fallu un travail minutieux du Conseil Constitutionnel pour s’apercevoir de quelques erreurs d’imputation. La comptabilité de l’UMP ne dira pas que l’impression de 60 000 tracts pour une cause quelconque a été faite par un copain de la secrétaire ou suite à un appel d’offre.

Ensuite, il est touché par une affaire : en déposant une proposition de loi, il veut mouiller les autres partis. Ca ne marchera pas.

Et que fait-il des micro-partis ?

Je ne doute pas que la comptabilité de l’UMP est parfaitement claire et juste. Elle est d’ailleurs probablement certifiée par des commissaires aux comptes. C’est d’ailleurs une obligation légale ce que dit la première entrée de Google quand on cherche « comptabilité des partis politiques. »

Il n’empêche que la comptabilité ne peut pas dire ce qu’on fait exactement de l’argent liquide touché pour la vente de tee-shirts ou de sandales, des ventes de boissons à la buvette lors des universités d’été, des dépenses assurées par des entités extérieures, comme les micro-partis.

La comptabilité des partis politiques fait probablement des centaines ou des milliers de pages, après consolidation des échelons régionaux, départementaux et locaux.

La « Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques » est là pour vérifier les comptes. Les partis politiques ont l’obligation de les lui déposer.

Son rapport annuel est disponible sur son site web (pdf de la synthèse du dernier).

Un extrait. « On constate une croissance constante [NDLR et de moi : des formations politiques obligées de déposer leurs comptes], depuis 1990 (28 formations tenues de déposer des comptes) à 2012 (381 formations tenues de déposer et même 402 au 30 juin 2013). » Je traduis : depuis les lois régissant le financement des partis politiques, ceux-ci multiplient les structures juridiques pour contourner certaines restrictions imposées.

Dans son rapport, elle préconise de faire évoluer la loi dans différents sens pour faciliter son travail mais aussi celui de la multitude des parties et résoudre les défauts des lois actuelles.

La loi proposée par Jean-François Copé ne servira strictement à rien. Il s’est encore livré à une opération de communication qui se retournera contre lui et contre l’ensemble de la classe politique, d’autant que le grand public ne connaît absolument rien au financement des partis. Moi non plus, d’ailleurs, mais Google est mon ami.

Jean-François Copé joue la carte du « tous pourris ». C’est mal. D'un autre côté, ça me permet d'utiliser la même illustration pour deux billets consécutifs.