En salle

02 mai 2014

Où va la gauche ?

Récemment, mon confrère Sarkofrance faisait un billet avec pour titre « le risque de disparition de la gauche. » Le titre, les propos et les commentaires sont étranges. Tout tient dans une définition de la gauche que chacun pourrait imaginer. J’imagine d’ailleurs qu’un trotskiste pensera qu’un militant du PCF est une crevure de droite. D’un autre côté, il m’arrive, essentiellement par provocation, de me qualifier de plus gauchistes que des lascars authentifiés de la vraie gauche. Par exemple, j’arriverais à me réjouir si les allocations familiales étaient supprimées. Soutenir la famille est un truc de droite. Le truc de gauche étant de fournir les moyens aux familles de survivre…

Le billet de l’ami tient en trois points.

Le premier : peu importe les étiquettes.
Le deuxième : la droite est pire que le PS donc le PS est à gauche mais ce n’est pas un motif de satisfaction.
Le troisième est plus significatif : pour lui, être de gauche, c’est être antilibéral.

Peu importe les étiquettes, disais-je, mais la droite française ne peut pas être qualifiée de libérale vu qu’elle a augmenté la dépense publique et est particulièrement interventionniste. Probablement plus qu’à gauche. Peu importe les étiquettes mais les mots ont un sens.

La question est donc : comment s’en sortir ?

Tout d’abord, l’ennemi n’est pas le libéralisme. Il faut changer de discours. S’il y a un ennemi, c’est le capitalisme financier. Il faut arrêter de délirer. Si un type monte sa boite et gagne du pognon avec, c’est très bien, et plus particulièrement s’il emploie du personnel et le paie correctement… Ca commence à déconner au moment où il vend sa boite pour en faire une plus-value, ce qui n’est plus un revenu du travail mais du capital. C’est mal. Mettons nous ça bien dans le crâne, à coup de marteaux, s’il faut.

Parmi les commentaires, nous avons ceci, de l’ami Stef : « Libéraliser est la preuve du manque de courage politique. En l’absence de solutions, on préfère enlever des règles, faute de pouvoir réguler, voire limiter le problème. »  La première partie ne veut rien dire. La deuxième est d’une logique qui m’échappe. Et si enlever des règles était la solution ? D’ailleurs la deuxième partie ne veut rien dire : enlever des règles faute de réguler…

Un commentateur tente de définir brièvement la gauche : « Voili voilou, pourquoi, les combats justes sont indispensables, quoiqu’il en coûte. » C’est quoi un combat juste ? C’est quoi un combat tout court, d’ailleurs ? Commenter les blogs ?

Un autre est drôle : « Les différentes parties socialistes ont tout bonnement perdu leurs crédibilités des qu’ils ce sont ralliés au marché, le dogme néolibéral. » L’économie marché devient subitement néolibérale ? Je suppose que le gaillard n’achète pas ses… achats en fonction du prix du marché ? Un peu plus loin : « Des mouvement de droites nationalistes réclamant le retour de la souveraineté nationale vont progresser…puis un jour…je vous laisse finir l’histoire. Tout cela uniquement par un autisme effarant des partis traditionalistes. » Bouh ! Godwin n’est pas loin. Toujours est-il que l’autisme ne serait que du côté des partis qui arrivent à se faire élire !

Je ne vais pas passer tous les commentaires en revue mais citer uniquement l’ami RVA : « Désolé, mais je suis têtu : le FDG se marginalise tout seul avec son discours "violent", dru et cru. C’est un problème aussi simple que ça. »

Le problème n’est pas aussi simple que cela, on le comprend en lisant les commentaires suivants : les zozos nient cette marginalisation. Le principe de la démocratie (et donc de la politique) est de partager des idées avec des électeurs pour se faire élire.

C’est ce qu’a réussi François Hollande. A ce rythme, il risque de ne pas être réélu en 2017, on est d’accord, mais s’il tient une politique plus à gauche, il est à peu près sûr, aussi, de ne pas l’être.

Quand la gauche aura changé son rapport au libéralisme, on y verra peut-être plus clair. De même que le jour où elle aura changé son rapport avec l'opprimé... Celui qu'elle doit défendre. Et elle aura changé le jour où elle aura intégré l'électoralisme qui n'est pas :

"Faites ce que je dis, les gens voteront pour vous".

30 avril 2014

Européennes : ce pays est foutu !

Ce pays est foutu dirait l'autre. Toujours est-il que la ministre de la culture a probablement lu mon dernier billet puisqu'elle a écrit au CSA pour lui demander d'obliger France Télévision à diffuser le débat entre les candidats à la présidence de l'Union européenne. 

Toutes les chaînes publiques d'Europe avaient prévu de le faire sauf chez nous pour vous montrer comment le traitement de l'actualité est à la ramasse chez nous. France Télévision pense sans doute qu'elle aura plus d'audience en commentant la montée de l'abstention et des extrêmes...

Ce pays est foutu. Le service public ne fait plus son boulot. Il est incapable de penser à ce qu'est une émission de service public, voire d'utilité publique. On devrait les privatiser ou lui changer ses missions à coup de pied au cul. Tiens ! La moitié du temps d'antenne défini par le gouvernement, l'autre moitié donnée aux partis en fonction de leurs scores aux élections. Non. Je déconne. 

Ce pays est foutu. L'organisme de tutelle n'est pas capable de négocier en douce ce genre de bricole. Genre : "allo Rémi, c'est Olivier ! Tu ne pourrais pas nous diffuser ce truc ?" 

Ce pays est foutu. L'organisme chargé de garantir l'indépendance de l'audiovisuel se permet de faire pression sur les chaînes pour qu'elles diffusent un truc. 

Ce pays est foutu. Les organismes ne faisant pas leur boulot, le gouvernement est obligé d'intervenir. 

Ce pays est foutu. Le ministre de la culture se permet d'intervenir auprès de l'organisme chargé d'assurer l'indépendance de la télévision publique pour qu'il lui demande d'adapter ses programmes. 

Ce pays est foutu. 

Alors qu'il aurait été si logique que personne ne se pose la question : ce débat doit évidemment être diffusé par une chaîne accessible à tous et c'est évidemment la télévision publique qui doit s'y coller sur sa chaîne principale, sauf si une autre grande chaîne nationale décidé de le faire. 

Si j'étais le patron de M6, j'annoncerais immédiatement que "nous" allons diffuser le débat pour montrer la crédibilité de la chaîne dans le domaine de l'information. À défaut de faire un tabac au niveau des recettes publicitaires, il est assuré d'avoir la sympathie de beaucoup. 

Ils sont tous tarés. Ce pays est foutu. 

France 2, les européennes et la censure

France 2 a refusé de diffuser le débat entre les chefs de file des partis européens le 15 mai contrairement à toutes les autres chaînes du service public des autres pays de l’Union. C’est scandaleux. Il y a un tas de raisons de le diffuser.

« Les éditorialistes se préparent sans doute déjà, pour le soir des résultats des élections européennes le 25 mai, à commenter l'ampleur de l'abstention et le succès annoncé des populistes hostiles à la construction de l'Europe. »

Voila ! France 2 préfère le spectacle à l’information.

Cette chaîne, propriété de l'Etat c'est moi, avait déjà répondu aux exigences de Marine Le Pen qui refusait d'avoir Martin Schulz en face d'elle au cours de l'émission DPDA.

Vous z’aussi, blogueurs politiques, protestez sur votre blog !

Impact de Kron sur Alstom

Sosie officiel d'Alain Juppé
Patrick Kron assure le démantèlement d’Alstom dans une interview au Monde. « Si c'est pour assurer l'avenir des métiers et des salariés d'Alstom, j'assume la perspective d'un adossement de certaines activités d'Alstom à un groupe qui a la capacité de mieux relever les défis futurs. » Manquerait plus dise qu’il n’agit dans l’intérêt des métiers et des salariés.

Je n’ai pas spécialement d’avis sur l’avenir d’Alstom : je ne suis pas un industriel et ne connais rien à la production de trains et de turbines. Comme beaucoup, j’aurais voulu que l’industriel reste français ou européen mais l’important est que la production reste en France. On lit beaucoup de trucs à propos de cette histoire. Jean-Luc Mélenchon a exigé, je crois, que la boite soit nationalisée. C’est du populisme : ce n’est pas parce qu’une boite est propriété de l’Etat qu’elle vendra plus de turbines et de TGV !

Il y a un truc qui me fait rigoler, dans cette affaire, mais uniquement parce que j’ai mauvais esprit. Les défenseurs du nucléaire pourront de moins en moins invoquer l’indépendance énergétique de la France, non pas que je sois spécialement opposé au nucléaire mais je n’aime pas les arguments crétins.

Toujours est-il que ce brave patron tient des propos surprenant qui déclenchent l’hilarité avant d’avoir pu lire la fin de l’interview.

« J'en suis convaincu, la voie d'une stratégie autonome, qui est celle que j'ai menée ces dix dernières années, est devenue risquée et dangereuse. »

Ce type avoue avoir mené une mauvaise stratégie (soutenue par Nicolas Sarkozy…) pendant 10 ans. C’est donc probablement au nom de sa mauvaise stratégie, risquée et dangereuses, qu’il poursuit à la mettre en œuvre en torpillant son entreprise.

Quand on fait ce genre d’aveu, on devrait avoir les couilles de démissionner immédiatement.

Démocratie dans l'alcool

Musée à la mémoire de la démocratie
Ce n’est que vers 21 heures, hier soir, que j’ai appris le résultat du vote à l’Assemblée, dans Twitter où régnait une ambiance bizarre. Normalement, je suis le premier à m’énerver sur les twittos de gauche qui critiquent la politique de François Hollande mais, hier soir, il a fallu que je défende les 41 députés socialistes qui se sont abstenus et les 3 MRC qui ont voté contre le texte contre les partisans de Pépère !

Entendons-nous bien : si j’avais été député, j’aurais voté pour le texte même si je désapprouve certaines mesures, notamment le gel des revenus de certaines catégories (j’ai toujours pensé que les salaires étaient une priorité). Mais ce texte n’est pas l’objet de mon billet… Je peux très bien voter pour un truc auquel je suis opposé dans une logique de cohésion de la majorité. Prenons un exemple : le droit de vote des étrangers aux élections locales. J’aime bien cet exemple, il fait chier les gauchistes et les réacs. J’y suis opposé. Non pas que je sois un méchant raciste qu’il conviendrait de pendre par les couilles dans les meilleurs délais mais parce que je considère que cela reviendrait à créer une couche de sous-citoyens. Je préfèrerais que l’on facilite l’accès à la nationalité à ceux qui en ont envie. Je suis donc fermement opposé à ce droit de vote qui est une mesure de gauchiste de salon qui se donne bonne conscience à peu de frais… Il n’empêche que je ne ferais pas campagne contre si l’occasion se présenterait. Je rappellerais ma position de principe mais aussi le fait que c’est une des promesses de campagne qui a permis à la gauche de gagner tout en manquant de lui faire perdre puisque c’est le seul axe qu’avait trouvé la droite pour nous taper dessus dans la dernière ligne droite…

On a les paradoxes que l’on mérite. Suzanne appellerait ça de la mauvaise foi et c’est pour ça qu’elle m’aime.

Ainsi, la liste des 41 circulait hier mais pas de la part des zozos de la vraie gauche pour qu’on leur décerne une médaille, de la part de fiers bataves qui auraient voulu qu’on les fusille sur le champ pour traitrise.

J’ai pris mon blanc dextrier et je suis parti à leur défense, un demi dans la main gauche et un iPhone dans la main dextre. J’ai le jeu de mot foireux, ce matin.

J’ai dit, en gros et en 140 caractères bien tassés, genre un bit sur deux : « Bon les gens, un peu de sérieux, Manuel Valls a eu une majorité pour faire passer son bordel, ne nous fâchons pas, ne faisons pas un procès à ces 41 personnes qui, certes, protestent, mais ont eu le courage de leurs opinions contrairement à un certain nombre qui ont préféré conserver leur poste. C’est le jeu démocratique. »

Les contrefrondeurs m’ont alors répondu que les députés avaient été élus pour soutenir François Hollande et qu’ils devaient voter les lois que ce dernier proposait. Je leur ai envoyé dans la gueule qu’ils ne faisaient que militer pour la suppression du Parlement. Ils m’ont dit : « hein quoi comment ? »

Je leur ai donc expliqué : « Hé oui, bande de cons, si vous voulez que les députés de la majorité votent selon les consignes du président de la République, ce n’est plus la peine d’avoir des députés, des débats, des échanges,… On pourrait donc les supprimer, transformer le palais Bourbon en lupanar avec des grands parkings. Les députés pourraient rester au bistro mais la devises de mon blog ne tiendrait plus la route. »

Je vous rappelle cette devise qui n’a pas pris une ride depuis que j’ai improvisé une connerie, fin décembre 2005 : « S'il fallait connaître quelque chose en politique pour en parler, ça limiterait l'intérêt de la démocratie et la recette des bistros ».

Ainsi, nos brillants démocrates voudraient imposer un vote aux députés.

Pour un peu, nos fiers bataves constatant que la politique de Hollande n’a pas très bien marché jusqu’alors même si l’inversion tendancielle de la courbe est latente souhaiteraient installer une dictature.

Je veux bien défendre François Hollande, Manuel Valls et tout ce que vous voudrez mais pas avec n’importe qui.

Vive la démocratie, la bière et les serveuses à gros nichons.

29 avril 2014

3% sinon rien

À l'heure où je fais ce billet, je ne sais pas où en sont les débats à l'Assemblée. Les députés MRC voteront contre. Jean-Luc Laurent, le président de ce parti (et mon député maire), l'explique dans son blog. Je ne critique pas ses raisons mais un passage de son billet me déplaît. 

"La règle des 3% et le contrôle opéré par la Commission sur notre budget sont les symboles d'une Europe disciplinaire qui a vécu: il est du devoir du Premier Ministre de s'en affranchir et de faire entendre une autre voix à Bruxelles. En s'engageant dans cette voie, la France, assurément, trouverait des soutiens".

À quelques semaines d'une élection majeure, il est maladroit de mettre les responsabilités sur le dos de l'Europe. Nous avons voté pour ses 3%. C'était en 1992. On s'est peut-être faits entuber par tonton mais c'était un entubage au suffrage universel direct.

Manuel Valls n'a pas le droit de s'affranchir de règles. Il a seulement le droit de négocier avec nos partenaires pour qu'on change ces règles. 

Donner l'impression que l'on va voter pour des gougnafiers qui vont nous imposer des règles qu'on devra ne pas respecter ne me semble pas bienvenu. 

http://www.jeanluclaurent.fr/Programme-de-stabilite-2014-2017-je-vote-contre_a232.html





Envoyé de mon iPhone

28 avril 2014

Alstom, égérie de l'industrie française

Jean-François Copé a déclaré que l’Etat se comporte comme un pompier pyromane avec Alstom. Encore une fois, il pourrait faire preuve d’un peu de retenue dans ses propos vu que Nicolas Sarkozy présentait Alstom comme un modèle de sauvetage de l’industrie française par l’Etat quand il est était ministre de l’économie.

Sous son impulsion (que certains minimisent, Francis Mer aurait fait tout le boulot avant lui), l’Etat a pris une participation dans Alstom en 2004. Alstom a alors vendu une partie de ses activités (les Chantiers de l’Atlantique, les turbines industrielles – vendues au concurrent Siemens – et la division T&D) et, quelques mois plus tard, l’Etat a pu vendre sa participation (avec une confortable plus-value) à Bouygues, dont le patron est un ami (parrain de Louis Sarkozy, par exemple).

Martin Bouygues espérait pouvoir récupérer des parts dans Areva et créer un géant de l’énergie. Nicolas Sarkozy travaillait dans ce sens mais il a échoué pour ne pas fâcher Mme Merkel vu qu’Areva travaillait avec Siemens et d’autres raisons.

Alstom a connu quelques déconvenues depuis…

Depuis quelques temps, constatant son échec (ou celui de Nicolas Sarkozy, il cherche à vendre ses parts dans Alstom, ce qui lui ferait aussi une belle plus-value. D’où une partie du bordel actuel.

Mais Alstom paye aussi la déroute du développement d’un champion d’Europe de l’énergie, voire du TGV et la désindustrialisation de la France (l’industrie est passée de 35% du PIB de la France vers 1975 à environ 18% maintenant), pour partie lié au capitalisme de connivence…

C’est ainsi que Nicolas Sarkozy avec ses amis Martin Bouygues et Arnaud Lagardère aurait voulu faire quelques échanges avec l’Allemagne et proposé à Mme Merkel : EADS, toi, le nucléaire, à moi.

François Hollande devait recevoir le PDG de General Electric mais Nicolas Sarkozy l’avait reçu avant lui : pour tenter de lui faire acheter une partie de Areva…

C’est Anne Lauvergeon, ancienne patronne d’Areva débarquée par Nicolas Sarkozy, dénonçait le manque de stratégie industrielle de ce dernier et sa vision « clanique ». Elle déclarait, en 2012 : « Nous avions en 2000 un avantage de 16 % par rapport à l'Allemagne sur le coût du travail. Il a disparu. Si l'on veut redresser la barre, il va falloir maîtriser l'évolution des dépenses sociales, alléger les charges des entreprises et trouver un autre équilibre fiscal. Il n'est jamais trop tard pour faire, il suffit de s'y atteler. » C’est maintenant la gauche qui s’y colle…

Alors quand Jean-François Copé parle de pompier pyromane, il devrait regarder dans le rétroviseur. L’Etat français est arrivé comme pompier en 2004 et, 10 ans, l’incendie n’est visiblement pas éteint. Il dit : « cela fait des mois que ce dossier est connu. » Seulement des mois ? Ou depuis que Nicolas Sarkozy a échoué et que le sujet n’intéresse plus son copain Bouygues ? Il dit que General Electric « est aujourd'hui la seule offre concrète  » et qu’elle « pose le problème qu'Alstom ne serait plus une entreprise française, là où j'aurais préféré évidemment qu'Alstom, qui a besoin d'élargir son capital, trouve une solution européenne. » N’est-ce pas un peu facile ?

Je lui rappelle en outre qu’il est censé être dans un parti politique pour lequel votent les libéraux et ce n’est pas à l’Etat français d’intervenir d’autant qu’une telle industrie se fait nécessairement à l’échelle Européenne.

Bientôt, on vote, tiens ! J’imagine l’UMP travailler dans le même groupe que celui de Mme Merkel au Parlement

M. Copé devrait avoir un peu de retenue.

33% des tramways et 25% des métros au monde sont faits par Alstom, 70% des TGV, 25% des ampoules, rien qu’en dehors des centrales.

Créée à la fin des années 90, quatre ou cinq ans plus tard, il fallait que l’Etat la sauve et dix ans plus tard, c’est à nouveau le bordel.

Jean-François Copé et l’UMP défendaient le nucléaire au nom de l’indépendance énergétique de la France… Si Alstom est racheté par GE, « la seule offre concrète », c’est la fin de l’indépendance énergétique.

Il faut évidemment un rapprochement avec Siemens.

L’Etat a parfaitement raison d’intervenir dans l’urgence, comme pompier, parce qu’Alstom a annoncé son intention de vendre il n’y a que quelques jours…

La droite travaillait sur le long terme pour filer les fleurons de l’industrie française, éventuellement nationalisée, à ses copains.

On a vu ce que ça donnait d’un point de vue industriel. Il n'y a pas le feu au lac pour Alstom, Siemens, General Electric, il faut simplement cesser un processus qui serait probablement catastrophique pour la France. Les partis politiques n'ont pas à intervenir à ce stade... Si l'Etat n'était pas intervenu dans l'urgence, on n'aurait pas eu le loisir de s'inquiéter des détails.

Comme l'emploi, l'avenir des salariés, l'avenir du secteur de l'énergie en France, l'avenir de l'industrie nucléaire et ferroviaire,...

Comment sauver l'Europe ?

La construction Européenne a été bien lancée au lendemain de la guerre mais est partie en sucette ensuite. Elle ressemble parfois à n’importe quoi et semble souffrir d’un manque de démocratie qui pourrait aboutir à ce qu’elle nous pète à la gueule prochainement, ce qui serait dommage pour les musaraignes et les pizzas à l’andouille.

Tout allait bien jusqu’à 1973 mais cette année a été marquée par deux événements : une crise économique et l’entrée d’autres pays dans l’union dont le Royaume-Uni. Les Etats ont mené des politiques bien différentes, notamment quand Tata Thatcher et Tonton Mitterrand étaient au pouvoir dans leurs pays réciproques.

Et est arrivé Maastricht. Ah ! C’était bien ! On va avoir une monnaie communique, on est tous frères, l’Europe avance, ça s’arrose. Mais on a oublié de regarder les petites lignes, voire entre les lignes. D’une part, le fait d’avoir une monnaie unique nécessitait des critères de convergences (notamment le fameux 3% du déficit). Ils ont été fixés arbitrairement car il n’y avait pas d’autres solutions… D’autre part, les institutions sont devenues bien trop illisibles : j’en ai fait des billets.

Après Maastricht, il y a eu le traité l’Amsterdam puis celui de Nice pour améliorer un peu le fonctionnement et enfin celui de Lisbonne qui a remplacé la constitution qui avait été refusée par referendum. Le traité, du fait qu’il s’appelait « constitution », contenait un tas de textes antérieurs qui devenaient gravés dans le marbre. Il introduisait un contenu politique alors qu’une constitution doit se limiter ou presque au fonctionnement des institutions. « Lisbonne », s’il améliore le fonctionnement des institutions, il reste totalement illisible et est une usine à gaz et il lui sera toujours reproché d’avoir été imposé par la force contre la volonté des peuples.

Il y a eu, enfin, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (le TSCG), le fameux machin signé par Nicolas Sarkozy, que François Hollande avait promis de négocier mais n’a pas eu satisfaction et qui a fini par être ratifié par le Parlement avec une foireuse promesse de pacte de croissance. Il a beaucoup été critiqué mais, à mon avis, à côté de la plaque : il a rendu obligatoire ce qui l’était déjà avec le traité de Maastricht, suite à la crise de la zone euro.

Les deux derniers traités ont renforcé le sentiment (je ne juge pas du fond) de la construction d’une Europe par des élites, contre le peuple, et donc totalement antidémocratique.

Mais le principal fautif est bien Maastricht. Les « pères » pensaient que de cette union monétaire suivraient une union fiscale et une union sociale. C’est raté. Et le fait que Maastricht soit coupable, cela rend illisible les critiques de ses successeurs.

Un déficit de démocratie ?

Je ne sais pas s’il est réel mais, c’est comme pour la sécurité, le sentiment d’insécurité et le sentiment d’absence de démocratie sont bien réels !

La conséquence est le populisme dont je parlais et le fait qu’on fasse dire n’importe quoi à l’Europe quand ça arrange mais de l’oublier totalement quand elle va dans le bon sens. Par exemple, l’opposition de gauche à l’Aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne dit pas que c’est à cause de textes européens qu’elle va finalement probablement avoir gain de cause…

L’Europe doit donc combler ce déficit. Ou ce sentiment… On ne doit plus pouvoir dire : la Commission impose aux Etats de respecter la règle d’or alors qu’en adhérant aux différents traités les Etats se sont engagés à ne pas dépasser un taux de déficit et un taux de dette. On ne doit plus pouvoir dire : la troïka impose des conditions inadmissibles quand on prête du pognon aux Etats pour les sauver alors qu’ils n’ont pas respecté des engagements. Ce qui n’empêche nullement de critiquer les mesures prises ou la politique menée.

Sinon, l’Europe va exploser ce qui pourrait passer pour pas trop grave si les conséquences étaient vraiment évoquées. Je reste persuadé que l’union fait la force. Par exemple, on parle beaucoup du traité transatlantique en cours de négociation mais il me semble que face à la mondialisation, les pays occidentaux doivent aussi se protéger des économies émergentes…

Ce que je propose ?

Mes propositions ne serviront à rien, ce qui fait l’intérêt de pouvoir raconter n’importe quoi dans un billet de blog.

Premier volet : que l’Europe s’occupe de ses fesses !

Je n’ai pas pris l’exemple de Notre-Dame-des-Landes au hasard. Pourquoi des directives européennes vont-elles nous empêcher de construire un aéroport parce qu’on met vaguement en danger une musaraigne qui est de toute manière en voie de disparition pour un tas de raisons liées aux activités humaines ? Je sais : on pourra trouver un tas de raisons valables et démocratiques. De même qu’on pourra en trouver à l’Allemagne pour faire tourner des centrales à charbon ayant un impact sur la santé des Français quand les méchantes particules volent vers nous…

A contrario, il faut qu’elle ait des compétences bien plus fortes dans certains domaines. Par exemple, je veux être pour la libre circulation des biens et des personnes, c’est un peu son but, mais, dans ce cas, il me semble évident :
-         que l’immigration doit être du ressort exclusif de l’Europe,
-         que la fiscalité et les conditions légales de la vente de biens soient unifiées.

Deuxième volet découlant du premier : la construction européenne doit se poursuivre dans les domaines sociaux et fiscaux.

Je ne vais pas épiloguer.

Troisième volet : des institutions lisibles

Petit 1 : le Conseil de l’union européenne, qui regroupe les ministres des différents Etats, doit disparaître en tant qu’institution. Il n’a pas la légitimité démocratique. Ca n’empêche pas les ministres de se réunir pour débattre et faire des propositions mais ce machin n’a pas vocation à avoir un tel rôle dans les institutions.

Petit 2 : en conséquence du petit 1, le Conseil européen, qui regroupe les chefs d’Etat, doit avoir son rôle renforcé, pour reprendre totalement la représentation des Etats dans les processus de décision. Le Conseil européen doit avoir les pleins pouvoirs en matière de politique internationale et sur le volet « recettes » du budget.

Petit 3 : la Parlement doit avoir des élections nationales (et non pas régionales, comme chez nous…) sur scrutins de listes présentées par les partis européens, sur la base de programmes et de projets élaborés par les partis européens. Le Parlement doit avoir les pleins pouvoirs sur le volet « dépenses » du budget.

A ce propos, j’ai lu le programme de l’UMP, ce week-end (ben oui, j’avais bien lu celui du Parti Socialiste Européen, mais je n’ai pas trouvé le projet du PPE). C’est n’importe quoi.

Petit 4 : la Commission européenne doit ressembler plus au Conseil des ministres en France (et dans d’autres pays). Globalement, après les élections pour le Parlement, le Conseil européen doit choisir un président de la Commission en fonction de leur résultat. Ce dernier devra proposer des membres d’une Commission en fonction de la politique qu’il souhaite mener suite à l’élection et la faire valider le Conseil puis par le Parlement, devant qui elle sera responsable. Appelons-là « Gouvernement » plutôt que « Commission ».

Petit 5 : les statuts de la BCE doivent être du ressort du Conseil et du Parlement et plus des traités (en gros, hein !).

Petit 6 : le traité décrivant les nouvelles institutions ne doit pas faire plus de deux pages.

Petit 7 : le président de l'Europe doit être celui du Parlement, sinon, ça fait trop. Comme tout bon président, il ne doit avoir aucun pouvoir sauf celui de représentation. Le président de la Commission doit trouver un autre nom. Commissaire en chef ?

Quatrième volet : vers l’Europe fédérale et confédérale, et hop !

Je ne dis pas qu’il faut y aller maintenant mais il faut poursuivre la construction européenne en pensant à ces bricoles. Ce n’est pas un gros mot, il s’agit de définir qui est compétent en quoi…

Pour résumer, la situation actuelle est grotesque : l’Europe pond des directives qui doivent être retranscrites dans le droit des différents Etats. Cela renforce le « c’est à cause de l’Europe ». Ca serait plus simple si l’Europe pondait directement des lois…

Prenons notre exemple de musaraigne qui menace l’aéroport. Les autorités françaises jugent que l’aéroport est conforme à la loi française sur les musaraignes mais un recours est porté par les opposants auprès de la Cour de justice de l’Europe parce qu’elle serait contraire à la directive européenne sur les musaraignes. Si l’Europe a à légiférer sur les musaraignes, pourquoi avoir fait une loi nationale ? Il n’empêche que l’Europe pourrait dire (voir le premier volet) : je n’en ai rien à cirer de vos musaraignes et laisser chaque Etat légiférer à propos de ses propres musaraignes.

Et les confédérations ?

Prenons l’exemple d’une confédération que nous pourrions monter avec l’Italie à propos des pizzas à l’andouille. Compte tenu des échanges internationaux, il est logique que l’Europe légifère sur la sécurité sanitaire des aliments. Par contre, c’est bien aux Etats de légiférer sur leurs propres spécialités (les pizzas pour l’Italie et les andouilles pour la France). Cette confédération pourrait nous permettre de légiférer entre les deux pays pour les pizzas à l’andouille. On pourrait l’étendre à toutes les gastronomies française et italienne qui sont largement les meilleures d’Europe, avec celle du Maroc, nos accords bilatéraux au sein de la confédération pourraient faire en sorte que l’Italie soit spécialisée dans les escalopes de veau à la milanaise et nous dans les escalopes de veau à la Normande, que, dans un monde idéal, nous pourrions décentraliser au sein de la région concernée pour éviter les trolls normands.

Ils sont bien, mes exemples, aujourd’hui, non ?

Ca ne vous donne pas envie, une Europe, comme ça ?

(billet inspiré par celui de mon confrère Sarkofrance).

26 avril 2014

Google+ bande encore

Le patron du réseau social Google+, chez Google, a démissionné, officiellement pour des raisons familiales. Les geeks se sont immédiatement : c'est la fin de ce réseau social. Sur mon blog techno, j'ai donné mon avis mais ce sont maintenant les grands médias qui s'interrogent : est-ce un constat d'échec de la part de Google face à la montée en puissance de Facebook et de Twitter ? C'est à un point que l'on retrouve maintenant l'information en une de Google News, avec différents articles de la presse nationale donc celui-ci du Plus du Nouvel Obs.

Il est moqueur.

Il a peut-être raison : Google+ a relativement peu d'utilisateurs actifs comparé à ses concurrents. Il n'empêche que le problème n'est pas là : les services sont gratuits et Google+ ne génère aucun chiffre d'affaire. Il n'y a pas de publicité, par contre Google récupère un tiers du chiffres d'affaire mondial de la publicité sur internet, huit fois plus que Facebook.

Le 16 mars, Google a lancé "+Post Ads", un nouveau service lié à Google+ qui permet aux professionnels, moyennant finances,... de booster leurs pages sur internet. Ainsi, si vous cherchez un plombier au Kremlin-Bicêtre dans Google, vous trouverez en premier l'entreprise qui aura payé de la publicité pour une page à Google.

Ainsi, tous les professionnels vont être obligés de développer leurs pages Google+ et Google a trouvé une source de revenus supplémentaires.

Ce n'est pas parce qu'un type démissionne que le monde s'arrête et la mode des réseaux passera. Google sera maître du monde parce que le simple fait d'avoir un compte Google+, sans même le savoir, parce qu'il a été créé au moment de la création d'une messagerie Gmail, de l'achat d'un smartphone Androïd ou de l'ouverture d'un compte Youtube pour diffuser la vidéo du nouveau petit chien des enfants...

Alors, on s'emballe ! Google va tout savoir de notre vie privée. C'est mal. Mais personne n'explique vraiment où est le mal, ce que Google pourrait en tirer comme bénéfice. On nous dit qu'il pourrait proposer des publicités mais personne n'a jamais réussi à me faire savoir ce que Google pourrait faire de mes données privées pour faire gagner du pognon à une entreprise. Me faire changer de bistro ?

Les geeks sont ravis de pouvoir annoncer que Google+ est mort, ce qui n'est pas vrai, mais il reste que Google a un tiers du marché de la publicité et la quasi-exclusivité pour les recherches, la première place pour les OS de smartphone et de tablettes,...

Sans compter qu'ils hébergent mon blog.

Les comptes Google ne sont pas morts.

Pétard !

Dans mon blog annexe, j'ai diffusé cette photo avec comme titre, au billet : "Formation en communication à l'ENA". Une multitude de commentateurs (deux) sont venus en commentaires dénoncer un premier couac.

On m'explique que Gaspard aurait du nettoyer son statut Facebook quand il a été nommé à l'Elysée. C'est grotesque. On aurait trouvé les photos de lui fumant un truc louche quand il bossait avec Laurent Fabius, on l'aurait critiqué également et ainsi de suite jusqu'à la nuit des temps... 

Il avait 27 ans, était en soirée avec des potes, fumait un machin qui ressemblait à un joint, a diffusé la photo sur son compte Facebook, la belle affaire !

Ce n'est pas un couac. Au contraire, ça le rend beaucoup plus sympathique aux yeux d'une part des fumeurs de joints occasionnels et d'autre part de ceux qui aimeraient pouvoir faire les cons sans être emmerdés par des moralisateurs, y compris dans leur Facebook.

Un conseiller en communication d'un président de la République de gauche n'est pas là pour rendre le présent sympathique aux yeux de quelques chaisières (pas plus que celui d'un de droite n'est là pour améliorer l'image de marque de son chef auprès des fumeurs de pétards...).

La seule chose qui m'intéresse est si ce lascar est compétent. Il doit remonter la cote de popularité de Pépère ce qui risque de ne pas être simple...